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Comptabilisation des réévaluations

d’immobilisations
Publié par : Thibaut Clermont Publié dans la catégorie Les immobilisations
Les immobilisations rentrent dans le patrimoine d’une entreprise et y sont évaluées à un coût d’entrée. Celui-ci
est un coût historique, basé sur le cours de l’euro au jour de l’acquisition du bien. En théorie, ce coût n’est jamais
modifié. Pourtant, dans certains cas (et notamment du fait de l’inflation), certaines immobilisations peuvent prendre
de la valeur. Leur valeur réelle s’éloigne ainsi de leur valeur nette comptable. Afin de respecter le principe d’image
fidèle, le Code de Commerce et le Plan Comptable Générale ont introduit la notion de réévaluation libre. Compta-
Facile vous détaille les écritures comptables de réévaluation libre des immobilisations.

1. Rappels concernant la réévaluation libre d’immobilisations


La réévaluation libre est une pratique qui ne peut concerner que les immobilisations corporelles et
les immobilisations financières. Les immobilisations incorporelles en sont expressément exclues.
L’écart de réévaluation qui est dégagé suite à une réévaluation libre ne peut jamais être distribué, ni imputé sur
des pertes (sauf s’il a été, au préalable, incorporé au capital).
En pratique, c’est la valeur nette comptable qui est comparée à la valeur actuelle du bien (et donc réévaluée).

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2. Comptabilisation d’une réévaluation libre d’immobilisations


A. Écritures comptables lors de la pratique de la réévaluation libre
Voici les écritures comptables à enregistrer lorsque l’immobilisation est réévaluée :
 On débite le compte 21 « Immobilisations corporelles » ou le compte 26 « Participations » ;
 Et on crédite le compte 1052 « Écart de réévaluation libre » pour la différence entre la VNC et la valeur actuelle
réévaluée.
Si l’entreprise avait pratiqué des amortissements dérogatoires sur le bien réévalué, elle doit rapporter au compte
de résultat ceux qui ne l’auraient pas encore été :
 On débite le compte 145 « Amortissements dérogatoires » ;
 Et on crédite le compte 78725 « Reprise sur amortissements dérogatoires ».
Fiscalement : le produit issu d’une réévaluation libre est imposable immédiatement et en totalité. Il convient donc,
lors de l’exercice de réévaluation libre, de procéder à une réintégration extra-comptable de l’écart.
Exemple : une entreprise avait acquis un bien amortissable le 01/01/N-5 pour 100 000 euros HT (amorti sur 10
ans). Au 31/12/N-1, ce bien est réévalué à 150 000 euros. Sa valeur nette comptable est de 50 000 euros. L’écart
de réévaluation est donc de 100 000 euros. Il doit être comptabilisé selon l’écriture ci-dessus : débit du compte 21
« Immobilisations corporelles » pour 100 000 euros par le crédit du compte 1052 « Écart de réévaluation libre »
pour 100 000 euros. Cette somme (100 000 euros) va devoir supporter l’impôt malgré qu’elle soit comptabilisée
dans un compte de bilan.
B. Écritures comptables au cours des années suivantes
L’immobilisation réévaluée est amortie sur sa nouvelle valeur sur le même plan d’amortissement qu’auparavant.
Si l’entreprise réalise un bénéfice, elle devra transférer une partie de l’écart de réévaluation libre dans un compte
de réserve distribuable (uniquement pour la fraction du supplément d’amortissement relatif à la partie réévaluée
de l’immobilisation).
Reprise de l’exemple ci-dessus : au 31/12/N-1, il reste 5 années d’amortissement sur le bien. Les dotations aux
amortissement se calculent sur la valeur nette comptable réévaluée (soit sur 150 000 euros). L’écriture qu’il
conviendra d’enregistrer au 31/12/N est la suivante : débit du compte 681 « Dotations aux amortissements » pour
30 000 euros par le crédit du compte 281 « Amortissements des immobilisations corporelles » pour 30 000 euros.
Imaginons que l’entreprise ait réalisé des bénéfices au titre de l’année N, elle devra également procéder à la
comptabilisation de l’écriture suivante : débit du compte 1052 « Écart de réévaluation libre » par le crédit du compte
1068 « Autres réserves » pour 20 000 euros [(150 000/5)-(100 000/10)].
C. Écritures comptables lors de la cession du bien réévalué
La comptabilisation de la cession d’un bien réévalué est identique à celle d’une cession d’une immobilisation
classique (voir notre article : la comptabilisation des cessions d’immobilisations).
Enfin, le solde du compte 1052 « Écart de réévaluation libre » doit être transféré dans un compte
de réserve distribuable.
Fiscalement : aucune correction ne doit être effectuée. L’écart de réévaluation ayant déjà été imposé, le calcul de
la plus ou moins-value de cession se fait à partir des valeurs réévaluées.
Reprise de l’exemple ci-dessus : le 31/12/N+1, l’entreprise vend le bien réévalué pour 100 000 euros. Voici les
écritures comptables qu’elle va enregistrer :
 Comptabilisation de la facture de vente : débit du compte 411 « Clients » pour 120 000 euros, crédit du compte
4457 « TVA collectée » et crédit du compte 775 « Produits de cession d’éléments d’actif » pour 100 000 euros ;
 Constatation de la sortie de l’immobilisation : débit du compte 675 « Valeur nette comptable des éléments d’actif
cédés » pour 90 000 euros, débit du compte 281 « Amortissements des immobilisations corporelles » pour 110
000 euros et crédit du compte 21 « Immobilisations corporelles » pour 200 000 euros ;
 Transfert du solde du compte d’écart de réévaluation libre : débit du compte 1052 « Écart de réévaluation libre »
et crédit du compte 1068 « Autres réserves » pour 80 000 euros.
Conclusion : la pratique de la méthode de réévaluation libre des immobilisations a des conséquences
comptables. Elle occasionne des écritures comptables particulières et certains retraitements fiscaux. De
plus, une information spéciale doit être insérée dans l’annexe des comptes annuels.