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Série 7 : Les coûts complets - Chapitre 32 : La méthode des coûts complets

UV 104 Comptabilité
Série 7 : Les coûts complets
Chapitre 32 : La méthode des coûts complets

Auteur : Didier CHADOURNE

Un coût complet comprend, comme nous l’avons déjà évoqué, un ensemble de charges directes et
indirectes.

I Historique et objectifs de la méthode des coûts complets


La méthode des coûts complets, constitue la méthode de calcul des coûts la plus ancienne ; elle a
cependant subi plusieurs améliorations pour tenir compte de l’évolution de la structure des coûts
résultant de changements de fond dans l’organisation du travail, de la production et des échanges
tout au long du 20ème siècle et encore de nos jours.

À l’origine, sa mise en œuvre est extrêmement simple : les charges indirectes sont imputées aux
coûts sans traitement préalable. Le coût de revient des produits est obtenu rapidement mais la
répartition des charges indirectes comporte inévitablement une grande part d’arbitraire.

À la fin de la seconde guerre mondiale, des travaux de recherche vont conduire à l’élaboration d’une
méthode plus élaborée : « la méthode des sections homogènes » ou « méthode des centres
d’analyse » qui sera reprise par le plan comptable général de 1947 et servira de base à la réflexion
et aux conseils donnés par le plan comptable général de 1982 en matière de comptabilité de
gestion.

La méthode des sections homogènes, permet de répartir les charges indirectes dans des centres
d’analyse et de les imputer aux coûts de manière plus pertinente grâce à la définition d’unités
d’œuvre et de taux de frais. L’arbitraire de la répartition des charges indirectes n’est pas supprimé
mais est simplement réduit. Cette méthode rencontrera un grand succès pour trois raisons
essentielles :
• elle fournit un système de calcul de coûts complets qui facilite la fixation du prix de vente d’un
produit ou d’une commande et l’élaboration des devis ;
• elle permet de répondre plus facilement aux obligations comptables et fiscales de l’entreprise en
matière de valorisation des stocks ;
• elle facilite le contrôle des conditions d’exploitation et des performances par produit dans un
contexte de production de masse au sein d’un environnement économique stable.

Face à la complexité croissante des produits et à l’automatisation croissante de la production dans


un contexte de concentration industrielle elle-même croissante, on assiste depuis plus de deux
décennies à une montée en puissance des charges indirectes dans la structure des coûts. Cette
évolution a fait perdre de sa pertinence à la méthode des sections homogènes ; en effet plus la
proportion des charges indirectes dans les charges incorporées est grande, plus l’arbitraire dans le
calcul des coûts est grand. (Rappelons que la méthode des sections homogènes ne supprime pas
l’arbitraire mais le réduit).

Pour pallier à cette insuffisance, des travaux de recherche conduits conjointement par des
universitaires américains et un consortium composé de cabinets conseils et de grandes entreprises
ont mis au point un nouveau cadre conceptuel de calcul des coûts complets centré sur la
compréhension de leur comportement et sur leur maîtrise : La méthode du coût complet par les
activités (méthode ABC : Activity Based Costing).

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC 1


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II La méthode des sections homogènes

La méthode des sections homogènes repose sur la hiérarchie des coûts.

1°) La hiérarchie des coûts dans l’entreprise commerciale


La hiérarchie des coûts dans l’entreprise commerciale peut être illustrée par le schéma ci-dessous :

Charges directes d’achat


+ Charges indirectes d’achat

= Coût d’achat des marchandises

Entrées

Stock
de
marchandises

Sorties

Coût d’achat des marchandises vendues

+ Charges directes de distribution


+ Charges indirectes de distribution
+ Charges indirectes liées à la structure

= Coût de revient

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Si l’on prend par exemple l’hypothèse d’une valorisation des stocks au coût moyen unitaire pondéré
(CMUP), les coûts seront calculés ainsi :

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2°) La hiérarchie des coûts dans l’entreprise industrielle

La hiérarchie des coûts dans l’entreprise industrielle peut être illustrée par le schéma ci-dessous :

Charges directes d’achat


+ Charges indirectes d’achat

= Coût d’achat

Entrées

Stock de
matières
premières

Sorties
Coût d’achat des matières
premières utilisées

+ Charges directes de production


+ Charges indirectes de production

= Coût de production

Entrées
Stock de
produits
finis

Sorties Coût de production des produits


finis vendus

+ Coûts hors production


(direct et indirect)

= Coût de revient

Voir Animation Flash

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Selon la nature des produits fabriqués par l’entreprise, le processus de production peut se
décomposer en plusieurs étapes aux cours desquelles apparaissent des produits intermédiaires
(produits semi-finis) et des produits dérivés (produits résiduels et sous-produits).

Les produits semi-finis suivent le cours de la fabrication. Les produits résiduels peuvent, selon le
cas, être réutilisés par l’entreprise, évacués ou vendus. Les sous-produits sont vendus.

Lorsque la durée de fabrication s’étend sur une période plus ou moins longue, il peut exister en fin
de période, des produits inachevés appelés « en-cours ».

a) Le traitement des en-cours et des produits dérivés

Le traitement des « en-cours »

Les productions inachevées en fin de période sont qualifiées d’en-cours. Il peut s’agir aussi bien de
produits que de travaux ou de services.
L’évaluation des en-cours est toujours délicate ; ils sont en conséquence, généralement valorisés
forfaitairement par sommation des consommations les concernant.

Les en-cours initiaux doivent être ajoutés au coût de production de la période ; les en-
cours finaux doivent être retranchés.

Le traitement des produits résiduels

Les produits résiduels sont des déchets (résidus de fabrication) ou des rebuts (produits finis
détériorés, cassés ou non conformes). Plusieurs cas de figure peuvent être envisagés :

Destination des produits résiduels Traitement en comptabilité de gestion

Produits résiduels vendus par l’entreprise Deux solutions :


• leur prix de vente vient en déduction du coût de
production du produit dont ils sont issus ;
• leur prix de vente est ajouté au résultat
analytique.

Produits résiduels réutilisés par l’entreprise Ils sont valorisés au prix du marché ou
forfaitairement, leur valeur est alors :
• déduite du coût de production du produit dont
ils sont issus ;
• ou ajoutée au coût de production du produit fini
dans lequel ils sont utilisés pour sa fabrication.

Produits résiduels non réutilisables Ils ne sont pas valorisés, mais si leur évacuation
entraîne des frais, ceux-ci doivent être incorporés
au coût de production.

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Le traitement des sous-produits

Les sous-produits sont des produits secondaires obtenus au cours de la fabrication d’un produit
principal. Le coût d’un sous-produit est généralement évalué de manière forfaitaire à son coût avant
traitement complémentaire à partir de son prix de vente diminué du bénéfice et des frais de
distribution estimés ainsi que des charges de traitement spécifique. Le coût de production du produit
principal se calcule alors de la manière suivante :

Coût de production = Coût de production global - Coût du sous-produit


du produit principal (principal + sous-produit) avant traitement spécifique

Exemple :
La fabrication de 2 000 unités d’un produit principal A, permet également d’obtenir 2 200 unités
d’un sous-produit B. Les données de la comptabilité de gestion indiquent que le coût de production
global du produit A et du sous-produit B s’élèvent à 300 000 €.

Le sous-produit B a par ailleurs fait l’objet d’un traitement spécifique avant distribution, ayant
nécessité l’engagement de charges directes et indirectes à concurrence de 16 000 €.
Le prix de vente unitaire hors taxes du sous produit B est de 15 €. Le bénéfice et les frais de
distribution estimés sont respectivement de 25 % et de 5 % du prix de vente.

Le coût de production du sous-produit B se calcule ainsi :


Chiffre d’affaires sous-produit B (2 200 × 15) 33 000
- Résultat estimé sur sous-produit B : 33 000 × 25 % -8 250
- Frais de distribution sur sous-produit B : 33 000 × 5 % -1 650
= Coût du sous-produit B après traitement spécifique 23 100
- Charges directes et indirectes de traitement spécifique 16 000
= Coût du sous-produit B avant traitement spécifique 7 100
D’où : coût de production du produit A = 300 000 – 7 100 = 292 900

b) Le traitement des différences d’inventaire

Dans le cadre de la comptabilité de gestion, les stocks, comme nous l’avons déjà évoqué dans la
série précédente, font l’objet d’un inventaire permanent. Cela signifie que toutes les entrées et
toutes les sorties font l’objet d’un suivi grâce à des bons d’entrée et des bons de sortie ou par
procédé informatique (gestion des stocks par codes barres par exemple).
Lorsqu’en fin de période, un inventaire physique (donc réel) est effectué, il peut arriver qu’il soit
différent de l’inventaire permanent (qui lui, est théorique). Ces différences d’inventaire proviennent
le plus souvent d’erreurs d’enregistrement des entrées et/ou des sorties ainsi que de pertes, de
destructions ou de vols.

Lorsque le stock final réel est inférieur au stock final théorique, un mali d’inventaire doit être pris en
compte en comptabilité de gestion et traité comme une sortie :

Compte de stock (inventaire permanent)

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial Q1 MT1 Sorties Q3 CMUP MT3


Entrées Q2 MT2 Stock final Q4 CMUP MT4
Mali d’inventaire Q5 CMUP MT5
Totaux Q1+Q2 CMUP MT1+MT2 Totaux Q3+Q4+Q5 CMUP MT3+MT4+M
T5

MT 1 + MT2
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
Q1 + Q2

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Dans l’hypothèse (à titre d’exemple) d’une valorisation des stocks au coût moyen unitaire pondéré
(CMUP), le coût de revient complet sera obtenu par l’emboîtement de coûts suivant :

Compte de stock (inventaire permanent)

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial Q1 MT1 Sorties Q3 CMUP MT3


Entrées Q2 MT2 Stock final Q4 CMUP MT4
Boni d’inventaire Q5 CMUP MT5
Totaux Q1+Q2+Q5 CMUP MT1+MT2+MT3 Totaux Q3+Q4 CMUP MT3+MT4

MT 1 + MT2
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
Q1 + Q2

Exemple :
Les informations relatives à la tenue du stock en inventaire permanent dans l’entreprise GUERIN
sont les suivantes pour le mois de février N :
• Stock initial réel : 20 unités à 115 € ;
• Entrées : 30 unités à 120 € ;
• Sorties : 38 unités ;
• Stock final réel : 10 unités.

Compte de stock (inventaire permanent)

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial 20 115 2 300 Sorties 38 118 4 484


Entrées 30 120 3 600 Stock final 10 118 1 180
Mali d’inventaire 2 118 236
Totaux 50 118 5 900 Totaux 50 118 5 900

2 300 + 3 600
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 118
20 + 30

Exemple :
Les informations relatives à la tenue du stock en inventaire permanent dans l’entreprise GIRARD
sont les suivantes pour le mois de mars N :
• Stock initial réel : 27 unités à 230 € ;
• Entrées : 45 unités à 254 € ;
• Sorties : 55 unités ;
• Stock final réel : 20 unités.

Compte de stock (inventaire permanent)

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial 27 230 6 210 Sorties 55 245 13 475


Entrées 45 254 11 430 Stock final 20 245 4 900
Boni d’inventaire 3 245 735
Totaux 75 245 18 375 Totaux 75 245 18 375

6 210 + 11 430
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 245
27 + 45

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C) Le calcul du coût de revient complet

Dans l’hypothèse (à titre d’exemple) d’une valorisation des stocks au coût moyen unitaire pondéré
(CMUP), le coût de revient complet sera obtenu par l’emboîtement de coûts suivant :

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d) La concordance entre le résultat de la comptabilité de gestion et le résultat de la


comptabilité générale

Les différences d'incorporation sont des facteurs de non-corcondance entre le résultat de la


comptabilité générale et le résultat de la comptabilité de gestion. Pour retrouver le résultat de la
comptabilité générale, il faut à partir du résultat analytique :
• ajouter les charges supplétives, les bonis d'inventaire, les arrondis par excès car ils contribuent à
majorer les coûts et à minorer le résultat ;
• ajouter les produits non incorporés car leur absence contribue à minorer le résultat (la
comptabilité de gestion ne tient compte que des ventes et de la production stockée) ;
• retrancher les charges non incorporées, les malis d'inventaire et les arrondis par défaut car ils
contribuent à minorer les coûts et à majorer a fortiori le résultat.

On peut pour cela, s’aider du tableau ci-dessous :

Résultat de la comptabilité de gestion (résultat analytique)


+ Charges supplétives
+ Bonis d’inventaire
+ Arrondis par excès
+ Produits non incorporés
- Charges non incorporées
- Malis d’inventaire
- Arrondis par défaut
= Résultat de la comptabilité générale

III Application
L’entreprise MARTINAUD fabrique un produit fini PF à partir de trois matières premières MP1,
MP2 et MP3. Les matières premières MP1 et MP2 sont transformées dans l’atelier A pour obtenir
la fabrication d’un produit semi-fini PSF qui passe alors sans phase de stockage dans l’atelier B.
Au cours du travail, l’atelier A produit des déchets que l’entreprise vend.
La matière première MP3 est travaillée dans l’atelier B et assemblée au produit semi-fini PSF pour
aboutir à la fabrication du produit fini PF.
En fin de périodes, des en-cours peuvent exister dans les ateliers.
Les produits finis sont alors stockés puis vendus à deux catégories de clients : « Entreprises » et
« Collectivités territoriales ».

Un schéma représentatif des différentes étapes de l’activité du mois de mai N est présenté en
annexe 1. Les données de la comptabilité de gestion pour ce même mois sont communiquées en
annexe 2.

Travail à faire :

Pour le mois de mai N :

1°) Compléter le tableau de répartition des charges indirectes (annexe A).


2°) Calculer le coût de revient et le résultat analytique pour chaque catégorie de ventes.
Il est précisé que les stocks sont valorisés selon la méthode du coût moyen unitaire
pondéré (CMUP).
3°) Vérifier la concordance des résultats de la comptabilité de gestion et de la
comptabilité générale.
4°) Présenter ⎯ de manière simplifiée ⎯ le compte de résultat de la comptabilité
générale pour la période du 01/05/N au 31/05/N.
5°) Commenter brièvement les résultats obtenus.

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Annexe 1 : Processus de production de l’entreprise MARTINAUD

Achats de matière Achats de matière Achats de matière


première MP1 première MP2 première MP3

Stock de MP1 Stock de MP2 Stock de MP3

Atelier A
[Fabrication du
produit semi-fini PSF]

En-cours

Atelier B
[Fabrication du produit fini PF] Vente de déchets industriels

En-cours Stock de PF

Ventes aux entreprises

Ventes aux collectivités territoriales

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Annexe 2 : Données de la comptabilité de gestion pour le mois de mai N

État des Stocks :

Stocks au 01/05/N Stocks 31/05/N


Matière première MP1 2 000 kg pour 23 410 € 1 550 kg
Matière première MP2 2 900 kg pour 23 970 € 1 800 kg
Matière première MP3 1 900 kg pour 19 780 € 800 kg
En-cours de fabrication atelier A 32 948 € 66 000 €
En-cours de fabrication atelier B 34 000 € 42 000 €
Produits finis PF 200 unités pour 70 420 € 300 unités

Achats :
• matière première MP1 : 7 000 kg à 9,80 € le kg ;
• matière première MP2 : 5 000 kg à 8,40 € le kg ;
• matière première MP3 : 4 000 kg à 10,50 € le kg.

L’activité du mois a nécessité :


• 7 400 kg de matière première MP1 ;
• 6 200 kg de matière première MP2 ;
• 5 100 kg de matière première MP3 ;
• 2 933 € de fournitures diverses au niveau de l’atelier B ;
• 240 heures de main d’œuvre directe au niveau de l’approvisionnement à 14 € de l’heure charges
sociales comprises, réparties à raison de 100 heures pour la matière MP1, 80 heures pour la
matière MP2 et 60 heures pour la matière MP3 ;
• 5 085 heures de main d’œuvre directe au niveau de l’atelier A à 16 € l’heure charges sociales
comprises. Il est passé 1,5 fois moins de temps au niveau de l’atelier B à 20 € l’heure, charges
sociales comprises.

Déchets industriels :
• au niveau de l’atelier A, leur évacuation par une entreprise spécialisée coûte 1 556 € par mois ;
• au niveau de l’atelier B, ils sont vendus à une entreprise de récupération : 1 200 € pour le mois
de mai N.

Production :
• 1 200 unités de produits finis PF.

Ventes :
• ventes aux entreprises : 800 unités à 430 € l’unité ;
• ventes aux collectivités territoriales : 300 unités à 380 € l’unité.

Emballages :
Les produits finis sont emballés au moment de la vente par carton contenant 10 unités. Coût d’un
carton : 0,80 €. Il est précisé que les emballages ne font pas l’objet d’une fiche de stock.

Charges indirectes :
Les charges indirectes (annexe A) comportent 1 400 € de charges supplétives. Par ailleurs les
charges non incorporées en comptabilité de gestion s’élèvent à 1 000 €.

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Annexe A : Tableau de répartition des charges indirectes du mois de mai N (Entreprise MARTINAUD)

TOTAUX Gestion du Gestion du Approvi- Atelier A Atelier B Distribution Administra-


Charges indirectes
personnel matériel sionnement tion

TOTAUX APRÈS RÉPARTITION PRIMAIRE 178 901 23 420 34 300 20 970 15 735 24 192 22 026 38 258

Répartition Gestion du personnel 10 % 5% 30 % 30 % 20 % 5%

Répartition Gestion du matériel 15 % 15 % 30% 10 % 20 % 10 %

TOTAUX APRÈS RÉPARTITION SECONDAIRE 178 901

100 € Coût de
Kg de Heures Heures
de chiffre production
matières de MOD de MOD
d’affaires des produits
Unités d'œuvre ou assiette de frais achetées
finis vendus

Nombre d'unités d'œuvre

Coût de l'unité d'œuvre

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Annexe A : Tableau de répartition des charges indirectes du mois de mai N (Entreprise MARTINAUD)

TOTAUX Gestion du Gestion du Approvi- Atelier A Atelier B Distribution Administra-


Charges indirectes
personnel matériel sionnement tion

TOTAUX APRÈS RÉPARTITION PRIMAIRE 178 901 23 420 34 300 20 970 15 735 24 192 22 026 38 258

Répartition Gestion du personnel - 29 000 2 900 1 450 8 700 8 700 5 800 1 450

Répartition Gestion du matériel 5 580 37 200 5 580 11 160 3 720 7 440 3 720

TOTAUX APRÈS RÉPARTITION SECONDAIRE 178 901 0 0 28 000 35 595 36 612 35 266 43 428

100 € Coût de
Kg de Heures Heures
de chiffre production
matières de MOD de MOD
d’affaires des produits
Unités d'œuvre ou assiette de frais achetées
vendus

Nombre d'unités d'œuvre (1) 16 000 (2) 5 085 (3) 3 390 (4) 4 580 (5) 361 900

Coût de l'unité d'œuvre 1,75 7 10,80 7,70 0,12

Soit :
X = Total du centre Gestion du personnel après prestations réciproques
Y = Total du centre Gestion du matériel après prestations réciproques

X = 23 420 + 0,15Y X - 0,015X = 28 565


Y = 34 300 + 0,10X 0,985X = 28 565 => X = 28 565/ 0,985 = 29 000

X = 23 420 + 0,15 (34 300 + 0,10X) Y = 34 300 + (0,10 × 29 000) = 37 200


X = 23 420 + 5 145 + 0,015X

(1) 7 000 + 5 000 + 4 000 = 16 000 kg (2) Selon données de gestion (3) 5 085 / 1,5 = 3 390 heures de MOD

(4) [(800 × 430) + (300 × 380) ] / 100 = 4 580 (5) Calcul mis en attente : montant obtenu au moment de la création de la fiche de stock de produits finis (sorties)

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2°) Calcul du coût de revient et du résultat analytique

Coût d'achat des matières premières


Matière première Matière première Matière première
Éléments MP1 MP2 MP3
Q CU MT Q CU MT Q CU MT
Charges directes
Achats 7 000 9,80 68 600 5 000 8,40 42 000 4 000 10,50 42 000
Main d’œuvre directe 100 14,00 1 400 80 14,00 1 120 60 14,00 840
Charges indirectes
Centre approv. 7 000 1,75 12 250 5 000 1,75 8 750 4 000 1,75 7 000

Coût d’achat 7 000 82 250 5 000 51 870 4 000 49 840

Fiche de stock (inventaire permanent) de matière première MP1

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial 2 000 23 410 Sorties (Consommations) 7 400 11,74 86 876


Entrées (Coût d’achat) 7 000 82 250 Stock final 1 550 11,74 18 197
Mali d’inventaire 50 11,74 587
Totaux 9 000 11,74 105 660 Totaux 9 000 11,74 105 660

23 410 + 82 250
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ ⎯ = 11,74
2 000 + 7 000 A

Fiche de stock (inventaire permanent) de matière première MP2

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial 2 900 23 970 Sorties (Consommations) 6 200 9,60 59 520


Entrées (Coût d’achat) 5 000 51 870 Stock final 1 800 9,60 17 280
Boni d’inventaire 100 9,60 960
Totaux 8 000 9,60 76 800 Totaux 8 000 9,60 76 800

23 970 + 51 870
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 9,60
2 900 + 5 000 B

Fiche de stock (inventaire permanent) de matière première MP3

Libellés Q CU MT Libellés Q CU MT

Stock initial 1 900 19 780 Sorties (Consommations) 5 100 11,80 60 180


Entrées (Coût d’achat) 4 000 49 840 Stock final 800 11,80 9 440

Totaux 5 900 11,80 69 620 Totaux 5 900 69 620

19 780 + 49 840
CMUP = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 11,80 C
1 700 + 4 200

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3°) Concordance avec le résultat de la comptabilité générale

Résultat analytique ventes aux entreprises 22 664


Résultat analytique ventes aux collectivités territoriales - 5 346
= Résultat analytique global 17 318
+ Charges supplétives +1 400
- Charges non incorporables -1 000
- Mali d’inventaire (matière M1) - 587
+ Boni d’inventaire (matière M2) + 960
= Résultat de la comptabilité générale 18 091

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4°) Compte de résultat simplifié

Compte de résultat : période du 01/05/N au 31/05/N


Charges Montants Produits Montants
Achats de matière M1 68 600 Ventes de produits finis
Achats de matière M2 42 000 Ventes aux entreprises 114 000
Achats de matière M3 42 000 Ventes aux collectivités territoriales 344 000
Variation de stock de matière M1 5 213 Ventes de déchets 1 200
(SI – SF) (23 410 – 18 197) Production stockée (produits finis) 28 280
Variation de stock de matière M2 6 690 (SF - SI) (98 700 – 70 420)
(SI – SF) (23 970 – 17 280) Production stockée (en-cours atelier A) 33 052
Variation de stock de matière M3 10 340 (SF - SI) (66 000 - 32 948)
(SI – SF) (19 780 - 9 440) Production stockée (en-cours atelier B ) 8 000
Frais d’évacuation des déchets 1 556 (SF - SI) (42 000 – 34 000)
Fournitures diverses 2 933
Emballages de distribution (64 + 24) 88
MOD Approvisionnement 3 360
(1 400 + 1 120 + 840)
MOD Atelier A 81 360
MOD Atelier B 67 800
Charges indirectes 178 501
(178 901 – 1 400 + 1 000)

Somme des charges 510 441 Somme des produits 528 532
Solde créditeur (Bénéfice) 18 091
Totaux 528 532 Totaux 528 532

5°) Bref commentaire des résultats obtenus

Globalement l’activité est rentable, cependant les ventes aux collectivités territoriales sont
déficitaires. Il faut se garder d’un jugement hâtif car les deux types de ventes peuvent être liés : la
confiance accordée par les collectivités locales au produit peut agir positivement sur les ventes aux
entreprises. La perte constatée sur les collectivités territoriales peut alors résulter d’une nécessité
commerciale. Nous ne disposons pas cependant d’informations en ce sens.
Si nous laissons de côté ce scénario, il faut alors :
• revoir le détail des coûts et chercher des économies possibles ;
• et/ou revoir le prix de vente pratiqué avec les collectivités territoriales pour l’augmenter s’il
existe une marge de manœuvre bien entendu.

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Série 7 : Les coûts complets - Chapitre 32 : La méthode des coûts complets

IV Les limites de la méthode des sections homogènes

C’est l’objectif lui-même de cette méthode qui en limite l’intérêt : en effet le calcul du coût de
revient est une action rétrospective qui n’a pas pour finalité première d’apporter une aide à la
décision en vue de la maîtrise des coûts. Il s’agit simplement de fournir une mesure du coût de
revient qui peut cependant être utilisée dans un cadre prévisionnel (fournitures de devis par
exemple).

La méthode des sections homogènes a également perdu de sa pertinence en raison de l’évolution de


la structure des coûts incorporant une part toujours plus grande de charges indirectes. L’arbitraire
inévitable de la répartition peut conduire à des décisions non optimales

Enfin ; la mie en œuvre de cette méthode est souvent fastidieuse et coûteuse en raison de la
complexité croissante du réseau des coûts.

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