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SOUALAH KELTOUM ETL 2019 SOUALAH KELTOUM

IV-3-Les composantes du récit


Selon les théoriciens, la réalisation du récit doit passer nécessairement par deux
niveaux textuels principaux : la diègse et la narration pour qu’il y ait une mise en
texte.
IV-3-1- La diégèse (Le raconté)
Elle se définit de prime abord en tant qu’histoire, objet du récit ou ce qu’il raconte.
Etymologiquement parlant, la diégèse est un mot d’origine grecque « diégésis »,
appelée aussi « fiction ». Diégèse, terme que Genette a emprunté aux théoriciens
du récit cinématographique, pour dire que l’histoire est : « le signifié ou contenu
narratif (même si ce contenu se trouve être, en l'occurrence, d'une faible intensité
dramatique ou teneur événementielle), récit proprement dit le signifiant, énoncé,
discours ou texte narratif lui-même. »124 ,établissant ainsi la différence entre la
diégèse et le récit.
Les travaux effectués dans ce domaine par les théoriciens montrent que toute
diégésè contient quatre éléments : actions, personnages, espace et temporalité.
IV-3-1-1-Actions
Pour analyser les actions d’un récit, deux points de vue doivent être pris en
considération : la répétition des actions et leur organisation commune, en d’autres
termes, la mise en intrigue, et les effets que produisent les actions sur le lecteur,
donc la tension narrative.

IV-3-1-1-1-L’intrigue
L’intrigue fait l’objet d’étude de la sémiotique narrative et des travaux de
beaucoup de narratologues vu son importance pour l’analyse du récit. Le constat
fait par la sémiotique narrative explique, comme l’a également développé V.
Jouve (Poétique du roman), que toutes les histoires sont identiques même si le
contexte spatio-temporel est différent, car les personnages sont toujours animés
par la volonté d’agir dans le dessein d’atteindre un but précis mais tout en luttant
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contre des êtres, objets, sentiments, etc., qui entravent leur chemin et rendent leur
mission difficile voire même impossible.
Exemple : Robinson Crusoé (1719) de Daniel Defoe est un roman d’aventures
par excellence, il raconte les péripéties de l’aventure de Robinson Crusoé qui a
quitté York en Angleterre allant ainsi à l’encontre de la volonté de ses parents qui
voulaient le voir un jour avocat. Son but fut de devenir marin et naviguer
librement. Cependant, les pirates de Salé entravent son chemin et font de lui un
esclave.
Si on compare La désirante (2011) de Malika Mokeddem à Robinson Crusoé, on
peut remarquer que le contexte spatio-temporel n’est pas le même, car dans
Robinson Crusoé, les évènements de l’histoire se déroulent à l’océan Orénoque,
sur une île désert en 1651, tandis que l’intrigue de La désirante se déroule
essentielle en Méditerranée pendant les années 90-2000. Cependant, on constate
qu’effectivement les deux histoires que relatent les romans précités se ressemblent
en ce que Shamsa, héroïne de Mokeddem, s’aventure, tout comme Robinson
Crusoé, et traverse la mer à la recherche de son mari disparu Léo mais Bertrand
le traitre tente de contrecarrer cet objectif noble, celui de sauver son mari.
Dufays et al ont expliqué que l’intrigue est « déterminée par le couple
fondamental noeud/dénouement. »125. Ce couple peut apparaître à plusieurs
niveaux du récit. Prenons l’exemple de Robinson Crusoé, on constate que tout le
roman est une série de noeud/dénouement, le héros rencontre plusieurs problèmes
qui sont tributaires du noeud principal du récit, jusqu’arriver au dénouement
définitif, celui exprimé par le retour de Robinson Crusoé à sa famille après vingt-
huit ans d’absence.