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Monisme et dualisme

dans le régime
parlementaire

Dualisme et monisme sont deux formes de régime parlementaire.

Sommaire :
Définitions
Le régime dualiste
Le régime moniste
Une exception : la Ve République française
Définitions
On distingue en droit constitutionnel le parlementarisme dualiste ou orléaniste du parlementarisme
moniste.
● Le parlementarisme moniste se définit par le fait que le gouvernement n'est responsable que
devant le Parlement et pas devant le chef de l'État (qui peut être un monarque ou un Président).
● À l'inverse, dans le cadre d'un régime parlementaire dualiste, le gouvernement est responsable
politiquement à la fois devant le Parlement et devant le chef de la nation.

Le régime dualiste
Le régime parlementaire dualiste était initialement le seul régime parlementaire pratiqué. Apparu dans
des monarchies européennes, en Angleterre (de 1792 à 1834), en France (de 1814 à 1848) et en
Belgique (à partir de 1831), il marque une étape majeure entre l’absolutisme royal et la souveraineté du
peuple.

Dans un régime parlementaire dualiste, le gouvernement est à la fois responsable devant le parlement et
devant un chef de l’État actif, héritier de l’ancien monarque absolu (devenu roi du peuple ou président).
Cette responsabilité de l’exécutif devant le législatif se fonde sur le principe d’égalité et de collaboration
des pouvoirs, et, comme l’écrivit Auguste Burdeau à propos de la monarchie de juillet de 1830 à
1848, sous un « régime parlementaire authentique » (autrement dit dualiste), « le Parlement et le Roi
[constituent] des forces sensiblement égales ».

La théorie dualiste repose sur deux postulats :


● la possibilité d’une égalité entre les pouvoirs;
● le fait que cette égalité soit réalisable à l’aide d’un jeu équilibré entre responsabilité ministérielle et
droit de dissolution.

Dans les monarchies, l’effondrement de la légitimité royale en faveur de celle du gouvernement (en
Angleterre notamment à partir du début du xixe siècle), entraine une transformation des régimes. Le chef
de l’État ne jouera de plus en plus qu’un rôle formel dans l’exercice des pouvoirs. On passe donc souvent
à un système de type moniste.
Le régime moniste
Sous un régime parlementaire moniste ou classique, le chef de l’État ne joue un rôle politique que très
minime, son statut est avant tout honorifique et il est principalement le symbole et le garant de l’unité
nationale.

Le gouvernement n’est responsable que devant le Parlement (d’où le nom de parlementarisme moniste)
et le chef du gouvernement (généralement appelé Premier ministre) ne peut être révoqué par le chef de
l’État (même si dans certains pays, le pouvoir de nomination est formellement dans ses mains).

Le parlementarisme moniste s’est imposé en Europe au cours du xixe siècle et il constitue aujourd’hui
le type de régime parlementaire de loin le plus répandu à travers le monde. Dans des pays comme
la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou la Belgique, le passage d’un parlementarisme dualiste à un
parlementarisme moniste s’est effectué au cours du xixe siècle, sans troubles (excepté en Angleterre en
1834) et ce dernier s’est trouvé enraciné dans le système politique par l’introduction du suffrage universel
ainsi que la transformation de nature et de rôle des partis politiques au début du xxe siècle notamment.
Dans le même temps, l’évolution française vers un parlementarisme moniste est à la fois plus brutal et
plus tardif : c’est à la suite de la crise du 16 mai 1877, soit 29 ans après l’adoption du suffrage universel
(masculin), que le régime moniste français si particulier est apparu, avec prépondérance et intangibilité
du parlement, faible pouvoir et légitimité de l’exécutif.

En France, au moment où les régimes parlementaires dualistes s’effacent et où les régimes


parlementaires monistes se développent, Carré de Malberg fait une critique forte à l’encontre du régime
dualiste et formule le vœux de voir s’établir un « dualisme des fonctions » associé à un « monisme des
responsabilités », un système où le gouvernement dont la nomination reviendrait au chef de l’État seul
pourrait contrebalancer le pouvoir législatif.

La responsabilité politique du Gouvernement envers le Parlement peut s'exprimer de différentes


manières :
● la motion de censure, qui est à l'initiative des Parlementaires, permet à ces derniers de se
prononcer sur la politique du gouvernement. S'ils la désapprouvent, le gouvernement est forcé de
démissionner.
● la question de confiance est posée par le gouvernement directement à l'Assemblée. Par cette
procédure il met sa responsabilité en jeu et sera contraint de démissionner en cas d'échec. En
revanche une réussite peut permettre de mettre fin à un désaccord entre le gouvernement et les
parlementaires ou aider à rassembler une majorité divisée au sein du Parlement.

Le parlementarisme moniste se manifeste également par un effacement du chef de l'État. Cet effacement
peut même aller jusqu'à ne réserver au président qu'un rôle de représentation : il exerce alors une simple
magistrature morale.
Une exception : la Ve République française
Croire, face au développement des régimes monistes et au déclin des régimes dualistes dans le monde,
que le parlementarisme dualiste doit être relégué aux manuels d’histoire serait illusoire. En effet, en
France, la Constitution de la Vème République affirme la responsabilité du gouvernement devant le
parlement, et, en pratique, le gouvernement est responsable également devant le chef de l’État : l’histoire
de la Ve République montre bien que (sauf une exception en 1962) le parlement ne renverse pas les
gouvernements et que les Premiers ministres qui ont démissionné l’ont fait à la demande du président de
la République.

Cette situation de « néo-dualisme » résulte de la légitimité engrangée par le chef de l’État au cours de
son élection au suffrage universel direct, transformant le monisme constitutionnel en un « monisme de
façade » (excepté en période decohabitation), et redonnant vie au dualisme auparavant condamné à être
dépassé partout par un monisme triomphant.