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I-Petite histoire sur les capteurs de pression :

À l'époque de Galilée, les fontainiers de Florence ne disposaient d'aucune pompe


aspirante pour hisser l'eau à plus de dix-huit brasses, soit une dizaine de mètres, au-
dessus du fleuve Arno. Même celles qui avaient été inventées par les grands ingénieurs
de la ville n'y arrivaient pas. En désespoir de cause, les fontainiers décident de
s'adresser à quelqu'un de bien plus savant que tous ces ingénieurs réunis : l'illustre
Galilée en personne. Malheureusement, le grand homme est arrivé au soir de sa vie et
meurt en 1642. Mais le problème est maintenant bien installé dans l'esprit de
nombreux savants : qu'est-ce qui s'oppose à la montée de l'eau au-delà d'une certaine
hauteur ? Deux ans passent et voici que Torricelli, mathématicien et disciple de
Galilée, reprend le flambeau. Mais « comprendre » implique, déjà à cette époque, de «
faire des expériences », et manier des colonnes d'eau de 10 mètres n'est pas chose
facile. Torricelli a donc l'idée de remplacer l'eau par du mercure, un liquide beaucoup
plus dense, aussi nommé vif-argent. Torricelli remplit un tube de verre de mercure, la
bouche avec le doigt et le retourne sur un bassin rempli, lui aussi, de mercure. Et alors,
Torricelli observe que le mercure ne se vide pas dans le bassin, et qu'il en reste
toujours environ 76 cm dans le tube, et ce, quelle que soit la hauteur du tube. Il pense
alors que c'est l'air qui fait pression sur le bassin et empêche le tube de se vider. C'est-
à-dire que la pression de l'air contrebalance le poids du mercure. Bref, si les fontainiers
de Florence ne pouvaient pas aspirer l'eau de l'Arno à plus de 10 mètres, c'était à cause
de la pression atmosphérique qui est trop faible. Et voilà comment Torricelli inventa le
baromètre ? Eh bien, pas tout à fait ; avant d'en arriver là, il nous faut parler d'un jeune
Français, un certain Blaise Pascal. Dans ces années 1640, Pascal n'est pas encore un
philosophe, mais un remarquable homme de sciences et un infatigable
expérimentateur. À 22 ans, il a déjà inventé une machine à calculer. Et maintenant,
cette expérience de Torricelli, dont on parle dans tous les cercles savants, lui suggère
une hypothèse. Il lui faut la confirmer. Il se met donc au travail. Après avoir
reconstitué la fameuse expérience, il décide d'aller plus loin, enfin plus haut. Si la
hauteur du mercure est bien liée à la pression de l'air, cette hauteur doit être plus faible
en altitude. Mais où trouver un peu d'altitude quand on habite à Paris ? Au sommet
d'une tour peut-être ? Ah non, pas la tour Eiffel, nous sommes au XVIIe siècle. Il
choisit donc d'expérimenter au sommet de la tour Saint-Jacques, à 52 mètres au-dessus
de la chaussée. Une hauteur suffisante pour permettre à Pascal de vérifier que la
pression atmosphérique varie avec l'altitude. Toutefois, les résultats ne sont pas
suffisamment précis pour trancher une des questions les plus controversées de
l’époque : l'air a-t-il un poids ? Cela méritait de refaire l'expérience à plus grande
échelle. Pour cela, Pascal s'adresse à son beau- frère, Périers, qui habite en Auvergne,
au pied du Puy-de-Dôme. Celui-ci refait l'expérience à différentes altitudes le 19
septembre 1648. Les résultats sont convaincants : la hauteur du mercure diminue à
mesure que l'on monte en altitude. La pesanteur de l'air, comme on disait à l'époque,
est démontrée. Trente ans plus tard, en 1676, l'Académie des sciences nommera le tube
de Torricelli : baromètre. En hommage à Pascal, on donnera plus tard son nom à
l'unité de pression. C'est ainsi que les hommes disposent depuis ce temps d'un appareil
pour mesurer la pression atmosphérique.
II- l’expression de la pression :
1- La pression d’un fluide :
Un fluide est une substance déformable, c'est-à-dire qu'elle a la capacité de prendre la
forme du contenant dans lequel elle se trouve. On regroupe sous cette appellation les
gaz qui sont l'exemple des fluides compressibles et les liquides qui sont des fluides
peu compressibles. Les gaz et les liquides sont constitués de molécules qui sont
toujours en mouvement. Leurs molécules se frappent continuellement entre elles et
frappent les parois du contenant qui les renferme. Ces molécules exercent donc une
force sur la surface du contenant et c’est cette force, causée par le nombre de
collisions, qui est à l’origine de la pression. La pression est une force appliquée sur
une surface.
Immergeons un corps solide (S) dans un fluide au repos (à l’équilibre). Soit un point
M quelconque de la surface du solide (S) et dS un élément de surface entourant le
point M.

On note la normale à la surface dS orientée du liquide vers le solide (action du


liquide sur le solide). Il existe une force élémentaire, notée , exercée par le fluide
sur l’élément de surface dS telle que :

Avec :  : la force de pression en Newton, normale (perpendiculaire) à la surface.


-p : la pression en Pascal (Pa) qui est une grandeur scalaire positive.
La pression p est définie par :

2- Pression exercée par un solide :


Un corps solide repose sur une surface d’appui S, exerce sur cette surface un effort égale à
son poids F et la pression correspondante est égale à

P : pression en N/m² (1 Pa = 1 N/m²)


F : force en Newton
S : surface en m²

III-
1- les capteurs de pression inductifs :
Un bobinage de fils conducteurs, parcouru par un courant électrique, crée un
champs magnétique B. On peut canaliser les lignes de champs en ajoutant un circuit
magnétique Dans ce dernier cas, on peut écrire :

Figure 1 Lien entre le nombre de spire et l'effet magnétique

Un circuit magnétique comporte une partie fixe C et une culasse mobile M susceptible de se
déplacer par translation et de modifier l'entrefer .
La variation de l’induction en fonction de l’entrefer est comme suit :

Avec :
μ0 : perméabilité du circuit magnétique
N : Nombre de spires
S : section du circuit magnétique
l0 : l’entrefer au repos
Figure 2 Principe des capteurs inductifs

Quand on applique un courant alternatif à la bobine, tout déplacement du noyau crée une
variation de l’inductance de la bobine. Comme le courant varie, en fonction inverse de
l’inductance, tout déplacement du noyau cause un changement de courant dans la bobine. La
valeur de ce changement est proportionnelle au mouvement de l’objet. C’est le principe des
capteurs de pression.

Figure 3 Principe du capteur de pression inductif

Avantages :
- faible hystérésis ;
- très bonne résolution ;
- signal de sortie élevé.
Inconvénients :
-sensible aux chocs et aux vibrations
Cas des capteurs Inductifs de pression différentielle :
Un capteur comportant non seulement un seul bobinage mais deux symétriques par rapport à
la position de référence d’un noyau ferromagnétique, ce dernier est déplacé par l’action d’un
piston, de géométrie plus ou moins complexe, chacune des inductances varie en sens inverse,
en fonction de d + x pour l’une et d – x pour l’autre, on pourra donc obtenir via une
connexion électrique adéquate, une différence de potentiel en fonction du déplacement
entraîné par les deux pressions P1 et P2. L’inductance étant directement en fonction de L1
(l’inductance de la bobine B1) et L2 (l’inductance de la bobine B2) est liée au déplacement
relatif, il en résulte une variation d’impédance qu’on va l’exploiter dans un dispositif oscillant
aussi bien que dans un simple montage en tension.la figure ci-dessous montre un exemple de
réalisation pratique du cœur du capteur. Le noyau magnétique se déplace à l’intérieur des
deux bobines, ce déplacement entraine une variation des inductances B1 et B2. Notons que ce
déplacement peut être provoqué par une pression mais aussi par une force ou même un
déplacement quelconque d’une pièce. C’est donc une structure utilisable aussi bien comme
capteur de déplacement, de force ou de pression.

Figure 4 Capteur inductif à noyau variable

1. Entré de la bobine B1.


2. Entré de la bobine B2.
3. Point milieu des deux bobines B1 et B2.
4. Arrivée d’air (pression P1).
5. Arrivée d’air (pression P2).
6. Noyau magnétique mobile.
7. Bobine B1 en série avec la bobine B2.
8. Piston.

Figure 5 Principe du capteur inductif à noyau variable

La différence de pression appliquée sur chacun des faces va entraîner un


déplacement au niveau des pistons (fixé d’un côté et de l’autre d’un noyau) qui
assurent la variation de l’inductance des bobines.

Cette relation montre bien la proportionnalité entre le déplacement du noyau et la


variation relative des deux inductances.
2- Les capteurs à effet piézoélectriques (capteurs actifs)  :
Les structures piézo-électriques utilisées comme corps d’épreuve assurent directement la
transformation de la contrainte, produite par l’application d’une force F, en une charge
électrique Q. Des structures piézo-électriques tubulaires ont été développées sous forme de
câble coaxial blindé. Elles permettent la mesure de faibles variations de pressions en milieu
haute pression ou pour le contrôle de trafic.

L'application d'une force et plus généralement d'une contrainte mécanique à certains


matériaux dits piézoélectriques, le quartz par exemple, entraîne une déformation qui
suscite l'apparition de charges électriques égales et de signes contraires sur les faces
opposées.

Figure 6 L'effet piézoélectrique

Lorsqu'une pression, une force ou une accélération est appliquée à un cristal de quartz, une
charge est développée sur le cristal proportionnellement à la force appliquée. La différence
fondamentale entre ces capteurs à cristaux et les dispositifs à force statique tels que les jauges
de contrainte réside dans le fait que le signal électrique généré par les cristaux décroît
rapidement. Cette caractéristique rend ces capteurs inappropriés pour la mesure de forces ou
de pressions statiques mais utiles pour les mesures dynamiques. 
Avantages :
- excellente réponse en fréquence ;
- miniaturisation.
Inconvénients :
- sensibilité à la température ;
- nécessite un câble de liaison de faible bruit ;
Les applications des capteurs de pression dans le domaine biomédical :

1- Le concentrateur de pression :
Un concentrateur d'oxygène aspire l'air provenant de l'environnement et sépare l'oxygène de
l'azote (l’air contient environ 80 % d'azote et de 20 % d'oxygène). Il libère alors de nouveau
l'azote dans l'air ambiant et il en résulte un mélange d’air à haute concentration en oxygène
d’environ 90%, qui peut être livré directement aux poumons d’un patient
Les concentrateurs d'oxygène sont aussi utilisés pour des besoins non-médicaux dans les
avions avec des cabines non-pressurisées pour compenser le manque de dioxygène dans l'air
ambiant.

Figure 7 Générateur de dioxygène médical type PSA R-OXY RIFAIR

Figure : Le principe de fonctionnement d’un concentrateur d’oxygène


 Le rôle des capteurs de pression dans les concentrateurs d’oxygène 
Les fabricants d'appareils à concentrateur d'oxygène ont besoin de capteurs de pression à la
fois très précis et reproductibles. Les capteurs de pression médicaux mesurent le niveau du
réservoir d'oxygène ( environ 136 bars (2 000 psi )) ou plus, ainsi que le débit d'oxygène
(environ 4 kPa) administré au patient. Des capteurs de pression sont également nécessaires
dans le module qui concentre l'oxygène (généralement 2 bars) directement de l'atmosphère.

2- La bouteille d’oxygène utilisée pour l’oxygénothérapie :


Le stockage de l'oxygène se fait par compression ou liquéfaction La bouteille d'oxygène
comprimé est le matériel utilisé par l'ambulancier. C'est une bouteille légère intégrant un
manomètre et un débilitre. La bouteille classique est toujours d'actualité mais dangereuse Le
détendeur transforme un gaz comprimé (de 2 à 200 fois ou 200 bars) en un gaz à la pression
atmosphérique. Le manomètre mesure la pression de la bouteille et le débilitre la quantité
d'oxygène délivré en l/mn. Pour savoir le nombre de bouteilles nécessaire au transport, il faut
connaître sa contenance. Il suffit de multiplier la pression du manomètre avec la capacité de la
bouteille. Par ex. une bouteille de 5 l à 200 bars contient 1000 litres.

Figure 8 Bouteille d'oxygène

 Les capteurs de pressions utilisés pour la bouteille d’oxygène :

La bouteille est en matière composite légère, équipée d'une poignée de transport et à


l'intérieur du chapeau, on trouve :- un détendeur-manomètre - un débitlitre intégré.- une sortie
pour tuyau d'oxygène- une sortie pour respirateur .Le débilitre affiche le débit prescrit en
litre/mn. Le manomètre affiche la pression du gaz.
Figure 9 Manomètre de la bouteille d'oxygène

Figure 10 Schéma synoptique de la bouteille d'oxygène

Le manomètre est souvent couplé au détendeur : C'est alors un manodétendeur. La pression se


mesure en bars (le multiple de la pression atmosphérique)
Il est important connaître la capacité d'O2 disponible dans la bouteille, c'est à dire le nombre
de litres comme si on la remplissait en eau (la capacité en eau). Ensuite on regarde sur le
manomètre, la pression de la bouteille. La pression atmosphérique correspond à 1 bar. Si on
augmente la pression dans la bouteille à 10 fois la pression de l'extérieur de la bouteille, on dit
que la pression est de 10 bars. La bouteille contient ainsi 10 fois plus d'oxygène.

Figure 11 la compression de l'oxygène


Figure 12 l'importance de la pression pour l'oxygénothérapie

Manomètre 53mm:

Figure 13 Manomètre 53 mm d'oxygène

3- Le pousse seringue électrique :

Un pousse-seringue ou seringue auto pulsée (SAP) ou encore pousse-seringue électrique


(PSE) est un dispositif médical utilisé pour administrer de faibles quantités de fluide (avec ou
sans médicament) à un patient à travers une seringue. On le retrouve également en chimie ou
en recherche biomédicale. On les retrouve majoritairement dans les services de soins des
Centres Hospitaliers.
Figure : pousse seringue électrique

Ce pousse seringue est équipé d’un système de surveillance exclusif de la pression de


perfusion qui surveille en permanence la pression à laquelle la seringue est actionnée pendant
la perfusion. Si le déroulement de la perfusion est gêné, par exemple par un robinet fermé ou
une occlusion (fermeture d’un canal) du cathéter (tuyau souple et fin introduit dans une
veine), au point que la pression de perfusion atteigne le seuil d’alarme préréglé, la pousse
seringue s’arrête automatiquement et l’alarme se déclenche.

 Le capteur de pression utilisé pour le pousse seringue est une jauge de contrainte
Figure : principe du capteur de pression dans un pousse seringue

 A et A’ sont les zones où sont collées les jauges de contraintes.


 B est le point où est appliqué l’effort F de la tige sur le capteur. Cet effort est dû à la
pression dans la seringue.

4- Le moniteur de suivi PI et PNI :


Le moniteur de suivi permet une vérification visuelle des données et des courbes
physiologiques en tout temps. Le moniteur permet de mesurer plusieurs paramètres
physiologiques, tels que: ECG, rythme respiratoire, pression sanguine, température,
saturométrie, débit cardiaque, gaz anesthésique, etc. Obtenir des soins mieux adaptés. Ces
appareils électroniques qui permettent ; de visualiser sous formes de tracés et d’affichages
numériques les paramètres pphysiologiques du patient, de mesurer par une série de capteurs
placés sur le patient.

Figure 14 Moniteur de SUIVI

 Les capteurs de pressions utilisés pour le moniteur de suivi :


La méthode PNI : (mesure de la Pression Non Invasive) : mesure la tension artérielle, utilise
un capteur pneumatique qui se place autour du bras du patient (brassard).
Lors d’une prise de tension, le moniteur exécute le cycle suivant :
 Le brassard se gonfle à la pression prédéterminée par l'utilisateur (environ 30-40
mmHg, soit 4,0 - 5,3 kPa au-dessus de la pression attendue soit une valeur initiale de
180mmHg pour un adulte), coupant la circulation sanguine dans les artères du
membre contrôlé.
  La pression du brassard est supérieure à la pression artérielle.
 Le brassard se dégonfle progressivement.
 Lorsque la pression du brassard est suffisamment basse, la circulation sanguine
reprend dans les artères du patient reprend.
 Lecture de la pression artérielle systolique.
 La pression du brassard diminue encore jusqu'à ce que l'écoulement redevienne
normal et ne crée plus de pulsation dans l'air du brassard.
 Lecture de la pression artérielle diastolique.

Figure 15 La méthode PNI

Capteur de pression analogique 0-10v:

Figure 16 Capteur de pression analogique 0-10V

Il détecte les variations pression délivrés par la pompe mécanique de gonflage du brassard
La méthode PI : La mesure de la pression invasive est utilisée par cathéter intraartériel.
Après cathétérisme d’une artère, l’onde de pression est envoyée par un transducteur et un
amplificateur à un moniteur. Ce qui permet une mesure de la tension artérielle en continu.

Figure 17 Méthode PI

Transducteur de pression numérique:

Figure 18 Transducteur de pression numérique

Il transforme les impulsions mécaniques de pression en un signal électrique numérique.