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Thème 1 – Définitions et mesures de la pauvreté

et des inégalités

Fiches 1 à
3 du
chapitre démocratie et inégalité
Partie 1 - Définitions
I – Définitions de la pauvreté

Source :http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/RapportV12.pdf
Introduction- Les différentes formes de pauvreté

 Pauvreté monétaire ou
« de revenu »
 Pauvreté des conditions
de vie ou « d’existence »
 Pauvreté de potentialités
ou de « capacités »

Source : les diapos 4 à 12 , Eric Berr , Université de Bordeaux


:www.cadtm.org/.../ppt/Pauvrete_et_inegalites-OID_Liege_2008.ppt
A - Pauvreté monétaire ou « de revenu »

 Elle exprime un manque de ressources engendrant


une consommation insuffisante
 Sa mesure s’appuie soit sur le revenu, soit sur la
consommation (plus stable dans la temps), que l’on
traduit en valeur monétaire
 Ligne de pauvreté: seuil monétaire en deçà duquel on est
considéré comme pauvre
 Pauvreté absolue: revenu nécessaire à l’achat du panier minimal
de biens alimentaires indispensables à la survie quotidienne (qui
correspond, selon la FAO, à 2.400 calories pour la pauvreté et à
1.800 calories pour l'extrême pauvreté) auquel on ajoute le revenu
nécessaire à l’achat de biens non alimentaires indispensables
(habillement, transport, hygiène, eau, énergie, etc.)
 Pauvreté relative: on considère, sur la distribution des revenus ou
de la consommation, un pourcentage de population (les 20% de la
population les moins riches, ceux qui ont un revenu inférieur à la
moitié du revenu médian ou moyen)
A - Pauvreté monétaire ou « de revenu »

 Pauvreté absolue
 Plus adaptée dans les pays en développement, où une part
importante de la population vit autour du seuil de survie minimal
 Plus utile en période de crise économique, car elle permet de
suivre le nombre de personnes qui tombe au-dessous d’un seuil
objectif considéré comme détecteur de pauvreté
 Pauvreté relative
 Plus adaptée dans les pays développés où la pauvreté se fonde
davantage sur des comparaisons
 Plus utile en période de croissance car permet d’identifier les «
laissés-pour-compte » de la croissance
B - Pauvreté des conditions de vie ou
« d’existence »

 Pauvreté perçue dans sa dimension d’exclusion par rapport


à un certain mode de vie matériel et culturel
 Impossibilité de satisfaire les besoins essentiels
 Analyse élargie à l’ensemble des besoins qui permettent de mener
une vie décente dans une société donnée
 Renvoie à la notion d’intégration/exclusion sociale
 Vision plus « qualitative » de la pauvreté qui traduit une
situation de manque dans certains domaines
 Alimentation (déséquilibre nutritionnel)
 Santé (non accès aux soins primaires)
 Education (non-scolarisation)
 Logement, etc.
B - Pauvreté des conditions de vie ou
« d’existence »

 Causes multiples de la non satisfaction


d’un besoin jugé essentiel
 Non disponibilité d’un service
 Non-accessibilité
 Coût
 Différences de perception du caractère
essentiel du besoin, etc.
 Notion relative à l’environnement
socioculturel
 Difficulté dans le choix d’indicateurs
pertinents pour retracer la pauvreté de
conditions de vie
C - Pauvreté de potentialités ou de « capacités »

 Pauvreté quand impossibilité de choisir le mode de vie


souhaité, quand la liberté d’être et de faire d’un individu
est entravée
 Accent sur la notion de liberté, constitutive du bien-être,
comme un objectif en soi du développement (Sen)
 Prise en compte des caractéristiques personnelles et
des opportunités sociales qui permettent de tirer partie
des potentialités de chacun
 Caractéristiques personnelles: sexe, âge, appartenance
ethnique ou religieuse, handicap, etc.
 Opportunités sociales: ensemble des règles formelles et
informelles d’une société (libertés politiques, droits civiques,
conventions et usages en vigueur, etc.) et biens publics
(hôpitaux, écoles, réseau routier, etc.)
D - Autres approches de la pauvreté

 Pauvreté subjective
 Définie par rapport aux ressenti
des individus interrogés
 Dans le cas la pauvreté monétaire,
permet de construire une ligne de
pauvreté subjective
 Pauvreté transitoire / structurelle
 Apprécie le degré de permanence
dans l’état de pauvreté
 Enquêtes lourdes qui nécessitent
des méthodes de suivi individuel
Conclusion - Articulation des diverses formes de
pauvreté

Pauvreté monétaire Pauvreté des conditions de vie


ou de « revenu » ou « d’existence »

Pauvreté de potentialités
ou de « capacités »
Conclusion – Pauvreté et inégalités sont des
notions complémentaires

 Pauvreté et inégalités sont


des notions proches
 Il n’y a de pauvres « relatifs »
que parce qu’il y a des riches,
donc des inégalités de revenu
II – Définitions : Inégalité-Egalité-Equité

A – L’inégalité, un concept complexe


1 – La distinction différence – inégalité -
injustice

Inégalité :
Différence : sur une avantage ou Injustice : 
différence
contraire de peut être désavantage lié Une inégalité
différence tenue
peut être tenue
identité fondée une... à une différence pour une... pour illégitime ou
inéquitable
certaines
inégalités
sont des... La notion n’a de
sens qu’au
Critères : regard d’une
caractéristiques conception
Inégalités  éthique, morale
physiques (sexe), Elles
économiques reposent sur
sociales : ou juridique
(place dans la des... inégalités
division du travail) instituées,
ou culturelles résultant des
(religion, ethnie) elles se Registres :
règles qui
qui différencient les traduisent dans droits, niveaux de
régissent une différents... vie, conditions de
individus société vie, de travail

Source: diapos 14,16,17,18Télécharger la PréAO au format pps http://www.ses.ac-versailles.fr/index.php


2 – Les différentes formes d’inégalités

 Inégalité des conditions de vie


 Retrace les différences qui existent dans les possibilités d'accéder à
des services collectifs permettant de satisfaire aux besoins
fondamentaux (santé, éducation, etc.)
 Elle résulte tout autant de l'insuffisance d'équipements, du temps
d'accès et de la difficulté de communication, de l'insécurité
alimentaire, des différences de niveau d'éducation, etc., que de la
stricte différence de revenu

 Inégalité des potentialités


 Assimilée à une « inégalité des chances », c’est-à-dire à la
différence dans les probabilités de pouvoir mettre en valeur ses
potentialités
 On considère qu'il y a égalité des chances si l'avenir d'un individu
ne dépend pas du capital économique, culturel ou social, qui est
mis à sa disposition, mais de ses seuls talents
La complexité des inégalités

 Dans quels domaines (registres) observe-t-


on des inégalités ?
Equipement
Revenu
Certaines électroménager
inégalités
sont quantifiables Nombre d’amis

Confort du logement
patrimoine
Espérance de vie
Réussite scolaire
Accès aux soins de santé
Départs en vacances Sorties culturelles
Conclusion- La complexité des inégalités

D’autres sont malaisées Qualité du cadre de vie


voire impossibles à
quantifier
Caractère épanouissant du travail

Type de pratiques culturelles


(ex. type de musique écoutée, Maîtrise de la langue
d’émissions regardées)

Accès à une alimentation équilibrée


Accès aisé aux transports

Sentiment de compétence en matière politique


La complexité des inégalités

L’inégalité repose sur divers facteurs ou


critères
Qu’est-ce qui conditionne l’inégalité
dans notre société ?

1° La position sociale déterminée par 2° Le sexe : 3° L’âge et/ou la


l’activité professionnelle mais aussi le inégalités génération : inégalités
patrimoine détenu. hommes-femmes intergénérationnelles

4° L’origine , la
culture, 5° L’allure extérieure : aisance 6° L’aisance
l’appartenance physique, apparence plus ou intellectuelle, verbale
ethnique, le type moins gracieuse, corpulence,
physique. taille, handicap... Liste non limitative...
B - L’égalité, un concept complexe

C’est un concept
très délicat à
définir qui varie,
en particulier, en
fonction du
niveau auquel
on se place
1- Egalité de droit-Egalité de fait

Principe de l’égalité de droit : Selon l’article premier de la Déclaration des


droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « les hommes naissent
libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées
que sur l’utilité commune. » Les mêmes règles s’appliquent à tous : c’est
une égalité de droit. Cette conception est à la base la démocratie libérale

Cette vision a été critiquée par Marx qui considère qu’il s’agit d’une
démocratie formelle conférant au peuple des droits et des libertés
précieux, mais aps les moyens de les exercer ; Ainsi ? le maître de forges
et son ouvrier sont libres et égaux en droit , mais le second est surtout
libre de mourir de faim s’il ne se vend pas.
2 - Égalité des chances – Egalité des résultats

L’égalité de départ ou égalité des chances

Consiste à traiter tous les individus de la même manière au départ et à


accepter les différences de situations .Aussi cette forme d’égalité s’en
prend elle d’abord aux diverses modalités de l’héritage, non pas
seulement au patrimoine, mais aux divers avantages que les privilégiés
souvent dans leur berceau.

L’égalité d’arrivée ou égalité des résultats

Consiste à traiter les individus de la même manière à l’arrivée. R


Boudon écrit ainsi : « aujourd’hui , ce n’est pas seulement l’égalité de
départ qui est revendiquée , c‘est aussi l’égalité des résultats. Ce n’est
plus seulement le privilège de la naissance qui est scandaleux, c’est
l’existence même d’un écart entre les performances des divers
concurrents qui est tenue pour suspecte. ».
C – Egalité - Equité

On peut recourir à un exemple simple : supposons que


les créateurs d'entreprises liées à l'Internet aient vu leurs
revenus augmenter considérablement à la faveur du
développement des nouvelles technologie, sans que le
revenu des plus pauvres en soit affecté en aucune
manière, à la hausse comme à la baisse. L’économiste
rompu aux raisonnements de I‘ économie du bien-être
considérera une telle évolution comme positive (...) : le
bien-être de certains agents économiques s'est accru sans
que personne n’ait vu sa situation se détériorer.
Source: Tony Atkinson, Michel Glaude, Lucile Olier, Inégalités
économiques, Rapports Conseil d'analyse économique (CAE) n.33

1. En quoi peut-on dire que l’augmentation des inégalités peu-elle être conciliable
avec l’amélioration du sort des plus pauvres?
2. En quoi cette hausse des inégalités est-elle équitable?
Définition de l’équité

Définition : Principe qui est fondé sur le sentiment du


juste et de l'injuste, au-delà des normes juridiques.

L'équité tient compte des caractéristiques spécifiques


des individus ou des groupes afin de les placer sur un
pied d'égalité ou, tout au moins, d'obtenir plus
d'égalité.
Elle s'oppose à l'uniformité dans l'application
aveugle d'une norme sans tenir compte des
différences et de la diversité. Par exemple, si chaque
famille a droit aux allocations familiales, sans égard à
son revenu, les inégalités de revenus seront
renforcées.

L'équité est invoquée dans les cas d'exception afin


d'éviter une application qui équivaudrait à une
injustice.
L’équité , une notion ambigue

La faillite du marxisme a en effet terni l’idéal


de l’égalité sociale, et l’idée que les inégalités
sont partiellement légitimes a gagné du terrain.
On peut parler à ce sujet d’un "mythe de
l’équité", qui véhicule l’idée que l’égalité pure
et simple n’est plus un idéal légitime, et qu’il
faut lui substituer une notion plus complexe
d’équité. Dans ce type de discours, cette notion
d’équité reste mal définie, et fonctionne surtout
comme alibi pour se désintéresser du problème
des inégalités.
Source: M.Fleurbaey, Refonder l’égalité, L’observatoire des
inégalités

1. Comment M.Fleurbaey explique-t-il le succès de la notion d’équit2?


2. En quoi celle-ci s’avère-t-elle contestable selon lui?
Partie 2 – La mesure de la pauvreté et
des inégalités

I- Les indicateurs de
mesure de la pauvreté
A – Le seuil de pauvreté

1- La conception américaine
En 64 les États-Unis furent les premiers à instaurer un seuil de pauvreté . Le président Kennedy venait d’être
assassiné et son successeur, Lindon Johnson avait convaincu le Congrès qu'il fallait poursuivre dans la voie tracée par
son prédécesseur, celle de la nouvelle société dans laquelle personne ne devrait manquer du minimum, de sorte que la
richesse du pays bénéficie à tous, et pas seulement aux mieux lotis. Il fallait donc, dans ce pays où la protection
sociale était très embryonnaire, verser aux pauvres des aides sociales et financer une assurance maladie qu'ils étaient
dans l'incapacité de se payer eux-mêmes. D'où la nécessité de déterminer un seuil : en dessous, l'État vous versait des
aides, au dessus, il cessait de le faire. Le seuil de pauvreté était né
Mais où placer la barre ? La majorité des citoyens américains craignait qu'à le situer trop haut, on incite certains à
vivre de l'aide sociale plutôt que de leur travail. Les enquêtes de consommation avaient démontré que, dans le bas de
la pyramide sociale, les gens consacraient à leur nourriture un tiers de ce qu'ils dépensaient au total. Il fut donc décidé
de mesurer le prix d'un panier de produits alimentaires de base, suffisant pour nourrir correctement une famille
pendant un mois, et de multiplier le prix de ce panier par trois : c'est, encore aujourd'hui, la définition du seuil de
pauvreté américaine. Chaque année le niveau du seuil de pauvreté est revalorisé en fonction de la hausse des prix du
panier alimentaire retenu.
Source : D Clerc , la paupérisation des français , A Colin

1. Quel est le critère retenu aux Etats-Unis pour définir le seuil de pauvreté?
2. Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer ce choix
3. Le seuil de pauvreté aux Etats-Unis relève-t-il d’une conception absolue ou relative de la pauvreté?
2- La conception française et européenne

En France, un autre choix a été fait. Et ceci bien plus tardivement, puisque c'est seulement au début des années 1990 que l'on a décidé
de calculer un seuil de pauvreté. Pas pour des raisons de politique sociale : l'assurance maladie avait été étendue à l'ensemble de la
population depuis plusieurs années, et, outre les prestations familiales, des minima sociaux avaient été mis en place depuis plus ou
moins longtemps. (..) Le choix français fut très différent du choix américain. Il fut en effet décidé de s'appuyer sur le niveau de vie
médian : celui qui partage la population exactement en deux parties égales, ceux qui ont un niveau de vie supérieur et ceux qui ont un
niveau de vie inférieur. Le niveau de vie en question était mesuré à partir de tous les revenus après impôts de chaque ménage et du
nombre de personnes composant le ménage. Par exemple en 2007, ce niveau de vie médian correspond à 1510 € par mois pour une
personne seule. Toute personne vivant dans un ménage disposant d’un niveau de vie inférieur de moitié au niveau de vie médian est
considérée comme pauvre. Lier le seuil de pauvreté au niveau de vie médian implique que le seuil de pauvreté augmente comme ce
dernier, alors que, aux États-Unis, le seuil de pauvreté est revalorisé en fonction de la seule hausse du prix des produits alimentaires.
Là-bas, on se contente de maintenir le pouvoir d'achat des personnes en situation de pauvreté, puisque les prestations d'aide sociale liée
à la pauvreté évoluent comme les prix. (…)
En 2000, les pays de l'Union Européenne décidèrent, à Lisbonne, de se fixer des objectifs chiffrés en matière économique et sociale, et
de se doter d'indicateurs identiques de manière à pouvoir comparer les évolutions de chacun des pays membres dans les domaines
suivis. Parmi ces derniers figurait la lutte contre la pauvreté et la méthode française de mesure du seuil de pauvreté fut alors retenue.
Mais avec un seuil à 60 % du niveau de vie médian. (…)
La France fit de la résistance, craignant que, ainsi calculé, ce nouveau seuil ne fasse augmenter dans des proportions sensibles le
nombre de personnes pauvres, ce qu'aucun gouvernement ne souhaite vraiment, pour des raisons d'image essentiellement,
puisqu'aucune prestation sociale est indexée sur ce seuil.(…) La crainte n'était pas vaine : en 2007, à 60 % du niveau de vie médian, on
comptabilisait 8 millions de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté et le taux de pauvreté était de 13,4 %. Si l'on avait retenu
le seuil à 50 % ces chiffres auraient quasiment été divisés par deux :4,3 millions de personnes jeunes et le taux de pauvreté de 7,2 %.
Une petite différence (à peine plus de 150 € entre les deux seuils) entraîne donc un gros effet sur les effectifs concernés
Source : D Clerc , la paupérisation des français , A Colin

1.Quel est le critère retenu par la France pour mesurer la pauvreté?


2.Relève-t-il d’une conception absolue ou relative de la pauvreté?
3.Montrez que le choix du seuil a des conséquences importantes et qu’il résulte donc d’un choix politique
B- Les indicateurs de pauvreté humaine

1 – L’IPH-1 pour les PED


2 – L’IPH-2 pour les PDEM
II - Les indicateurs de mesure des inégalités
Introduction – Les différents indicateurs de mesure
des inégalités

On peut mesurer les inégalités de revenus avec trois


instruments :

La disparité : l’écart de salaire moyen

La dispersion : Le rapport interdécile

La concentration : La courbe de Lorenz

M. Kintzler
A . La disparité: l’écart de salaire
moyen
Définition : On parle de disparité lorsqu’on mesure l’écart qui
existe entre les valeurs moyennes de deux groupes différents .

Évolution de la dispersion des salaires entre 1959 et 1999

Entre 1967 et
Le SMIC net 1982
représente l’écart entre le
42% du SMIC
salaire net net moyen et le
moyen en salaire moyen a
1969 fortement cru
Passant de 34% à
52% pour se
Stabiliser à 50 %
Entre 1982 et
1999
M. Kintzler
B . La dispersion

Définition : On parle de dispersion lorsqu’on mesure l’écart


qui existe entre les valeurs extrêmes prises par une série de
grandeurs .

On classe une population par ordre croissant de revenus, de salaires, ou de


patrimoine… puis on la divise en dix groupes de taille égale (rassemblant chacun
10 % de la population)
B . La dispersion

Les déciles sont les seuils de revenus qui séparent


chaque groupe du groupe suivant

plus riches
pauvres

10% les

10% les
plus

D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7 D8 D9

M. Kintzler
Les différents quantiles

Il existe différents quantiles . Les différents quantiles sont :

• 1. Les déciles : partagent les effectifs en 10 parts de même effectif. Il y a donc 9 déciles. C'est
ainsi que si nous étudions la dispersion des patrimoines, le premier décile (D1) est la valeur du
patrimoine telle que les 10% des ménages les moins favorisés ont un patrimoine inférieur à cette
valeur. Donc 90 % des ménages ont un patrimoine supérieur à cette valeur.

• 2. Les centiles : partagent les effectifs en 100 parts(1%) de même effectif. Il y a donc 99
centiles.

• 3. Les quintiles : au nombre de 4, ils partagent les effectifs en 5 parts(20%) de même effectif.

• 4. Les quartiles : au nombre de 3, ils partagent les effectifs en 4 parts(25%) de même effectif.

• 5. La médiane : partage l'effectif total en 2 parts de même effectif. Elle correspond donc au 5e
décile (D5). M. Kintzler
Exemple

Les inégalités de salaires en 2000 (salariés à temps


En 2000 (selon l’INSEE), 50 
complet)
% des hommes salariés à 
temps complet ont perçu 
un salaire net < à 17 130 €

(il correspond au salaire 
médian (D5) partageant 
la population en deux 
parties égales)

D’après INSEE, T.E.F. 
2002/2003
En 2000, parmi les 10 % des salariés 
En 2000, parmi les 10 % des salariés à 
à temps complet les plus rémunérés, 
temps complet les moins rémunérés, 
les hommes perçoivent  32 % de plus 
M les hommes perçoivent 8 % de plus 
que les femmes
.  
K que les femmes 
Ensuite, ne confondons pas

Ecart interdécile rapport interdécile

D9

D9 – D1 D1

Le plus pertinent, c’est 

M. Kintzler
C . L’ indicateur de concentration:
la courbe de Lorenz

Définition : Pour mesurer la


concentration des revenus on utilise la
courbe de Lorenz qui est une
représentation graphique des inégalités.
La courbe de Lorenz permet de donner
une mesure précise de la concentration
appelée coefficient de Gini ( ce
coefficient varie de 0 à 1) :
M. Kintzler
Représentons une courbe de Lorenz
.
Que représente la 1e
%  bissectrice ?
cumulés 
100
du revenu  Sur cette droite, on a une
ou du 
répartition égalitaire et…

n
patrimoine  80

io
tit
ar
Plus on s’en écarte, plus la
60
p
répartition est inégalitaire

ui

40
éq

20

0 % cumulés des ménages par 
0 20 40 60 80 100 revenu croissant 
M. Kintzler
L’interprétation de la courbe de Lorenz

50% des ménages 
 détiennent 50% du 
patrimoine ou 50 % des 
revenus (situation d’équi-
répartition) 

75% des ménages 
 perçoivent 50 % des 
revenus

90% des ménages 
 perçoivent 50 % du 
patrimoine brut
Interprétons la courbe de Lorenz :
 La répartition du patrimoine est bien plus inégalitaire que celle des revenus 
M. Kintzler
Cette courbe de Lorenz permet de mesurer l’inégalité en
calculant le cœfficient de Gini qui est :

aire S
0 <                            < 1
répartition   surface de AOB   répartition
égalitaire                                           inégalitaire

Coefficient de Gini

M. Kintzler
Distribution du patrimoine en actions en France
en 1992 et 1998

Quelle est la
proportion du
patrimoine en
action détenue
par les 60% les
plus pauvres en
France en 1998,
par les 10 % les
plus riches ?

M. Kintzler
Document du Sénat http://www.senat.fr/rap/r02-367/r02-3676.html
Partie 3 – L’évolution de la pauvreté et des
inégalités

I- L’évolution
de la
pauvreté
A - L’évolution de la pauvreté dans les PED

Statistiques sur la pauvreté monétaire

1. Quelle est la part


de la population
disposant de
moins de 2 $ par
jour en 1980?
2. Comment évolue-t-
elle entre 1981 et
2005?
3. Si l’on exclut la
Chine, quelle
différence observe-
t-on entre 1981 et
2005?

(Source: Chen et Ravallion, 2008)


A - L’évolution de la pauvreté dans les PED

Statistiques sur la pauvreté monétaire


1. La
diminution
de la part des
personnes
vivant avec
moins de 2$
par jour se
traduit-elle
par une
baisse
proportionne
lle du
nombre de
pauvres?
2. Que pouvez-
vous en
conclure?

Source: Chen et Ravallion, 2008


A - L’évolution de la pauvreté dans les PED

1. Opérez une
typologie de la
pauvreté en
1981(moins de
2$)
2. L’évolution de la
part des pauvres
entre 1981 et
2005 est-elle
similaire entre
tous les pays?
Opérez des
calculs
3. Que pouvez-vous
en conclure?

Source: Chen et Ravallion, 2008


B – L’évolution de la pauvreté dans
les PDEM
1 – L’évolution de la pauvreté aux Etats-Unis

1. Donnez le
mode de
lecture et de
calcul des 2
chiffres de
l’année 1970
2. Opérez une
périodisation
des 2
indicateurs
de la
pauvreté
3. Que pouvez-
vous en
conclure?
2 – La pauvreté en Europe

1. Opérez une typologie


des taux de pauvreté en
Europe
2. Pouvez-vous faire
apparaître une relation
entre seuil de pauvreté
et taux de pauvreté?
3 – L’évolution de la pauvreté en France

1. Quelle est
l’évolution du
taux de
pauvreté
monétaire entre
1998 et 2007?
2. Peut-on dire
que la pauvreté
est une
situation
transitoire?
3. Quels sont les
indicateurs qui
prouvent que la
pauvreté ne
s’analyse pas
seulement en
fonction
d’indicateurs
monétaires?
Source :http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/RapportV12.pdf
II- L’évolution des inégalités
A – Une convergence réelle
1 -Evolution des inégalités mondiales de revenu

Evaluation des formes d’inégalités


1 -Evolution des inégalités mondiales de revenu

1. Les données des graphiques vérifient-elles l’analyse opérée dans le tableau précédent?
2. L’augmentation des inégalités entre 1820 et 1992 est-elle principalement due à une augmentation des
inégalités entre pays ou entre catégories d’un même pays?
3. En quoi la prise en compte de la Chine modifie-t-elle l’analyse des inégalités mondiales?
2 - L’évolution des inégalités de revenus
depuis 1900 en France
a – Une augmentation du revenu moyen par
habitant

Le revenu annuel moyen


par habitant en France en
1970 est de 37000 fr de 1998
Opérez une
périodisation
b -Corrélée avec une baisse des inégalités

En 1933 les 10 %
les plus riches
Détiennent 47% du
revenu en France

Opérez une
périodisation
Le strobiloïde: une représentation des
inégalités de revenu

Pour comprendre comment se répartit le revenu disponible d'un pays, et le partage entre riches,
moyens et pauvres qui en découle, Louis Chauvel a mis au point une méthode permettant une
représentation sous formes de courbes appelées « strobiloïdes » (du grec strobilos, toupie). L'intérêt
de cette représentation est de mettre en évidence les proportions et les positions relatives des pauvres,
des gens moyens et des riches. A partir d'un axe vertical de revenu croissant où le niveau 100 est le
revenu médian,on peut construire une courbe dont la largeur est proportionnelle au nombre
d'individus pour chaque niveau de revenu.
La forme de société qui naît de cette répartition donne une sorte de toupie,le « strobiloide » :
- en haut, les revenus élevés, de plus en plus rares lorsqu'on s'élève sur l'axe vertical ;
- au centre, un corps dodu représentant les classes moyennes qui se regroupent
autour du revenu médian ;
- au-dessous, les pauvres dont le revenu peut être inexistant (niveau 0).
Même si les critères sont arbitraires,on considère généralement que les « pauvres » sont définis
comme les personnes qui perçoivent moins de la moitié du revenu médian (50% ).Les classes
moyennes se situent entre 50 % du revenu médian et 200%.

Source : L Chauvel, la toupie et le sapin, op cité


Le strobiloïde: une représentation des inégalités de
revenu

En 1956: 0.4
Millions
d’habitants
ont un revenu
Représentant
25%
Du
Revenu
En
Médian millions
0.2 0,2 1,2
Une évolution divergente selon les pays

En 2000 , l’indice
Que pouvez De Gini des
vous en Revenus des
conclure ? ménages
Avant impôts aux
Etats-Unis est
de 0,46
c – Une baisse des inégalités de salaire

Opérez une
périodisation

L’écart interdécile de
salaires en France en
1967 est de 4.2
3 – Evolution des inégalités de patrimoine en
France depuis 1900
a - Constat

Le montant moyen de la succession


des 200 plus riches familles
de France était en 1912 de 240 millions
De francs de 1998
Périodi-
Sation ?
b - Explications

Quels sont les deux facteurs :


-conjoncturels
-structurels
Qui expliquent la réduction des grosses fortunes ?
4 – Les politiques de redistribution visant à réduire les
inégalités
a– L’effet de l’imposition

Le taux moyen
d’imposition des 1%
les plus riches en 1960
En France est de 23%
b- L’effet de la
redistribution

Montrez que la
redistribution
Opérée par l’Etat
Permet de
réduire les
Inégalités de
revenus?
Justifiez
votre réponse

Complétez
les trous laissés
Dans le texte
5 – Vers une convergence des modes de vie et
de consommation

Le taux d’équipement des logements


En baignoire ou douche est de
48% en 1968.
5 – Vers une convergence des modes de vie et de
consommation

Le taux d’équipement en
connexion internet en France
est de 20% en 2001
B – Vers l’apparition de nouveaux clivages

1 – Un blocage de la
réduction des inégalités de
revenu
a- Une augmentation des inégalités des
salaires

Donnez le mode
de lecture et de
calcul du chiffre

Que pouvez-
vous
en conclure sur
l’évolution des
inégalités de
salaire
depuis 1996?

Comparez
l’ évolution
des salaires
des différents
fractiles
depuis 1996?
b- Une augmentation des inégalités de revenu

Donnez
le mode
de lecture
et de calcul
des chiffre

Comment
a évolué
le revenu
total depuis
1998?

Quels sont les


types de revenu
qui connaissent
la croissance
la plus forte
depuis 1998?
la croissance
la plus faible?
b- Une augmentation des
inégalités de revenu
Dans cette étude, l’expression « personnes
à très hauts revenus » désigne le dernier
1%de la distribution des revenus déclarés
par unité de consommation
Les personnes à très hauts revenus sont
réparties en trois classes :
le terme « les plus aisés » correspond au
dernier dix-millième des personnes, soit les
0,01 %personnes aux plus hauts revenus
déclarés par unité de consommation ;
l’expression « très aisés » désigne les 0,09
% suivants ;
enfin les « aisés » seront définis comme le
reste du dernier centile de revenus, soit les
0,9 %suivants.

Que pouvez vous en conclure sur l’évolution des inégalités en haut de


l’échelle sociale ?
c – Une augmentation des inégalités de niveaux
de vie

Faites
une
phrase

Comparez
l’évolution
du niveau
de vie des
différents
Groupes
•Depuis
• 1996

Périodisez
l’évolution de
l’inégalité
des niveaux
Source : Luc Goutard, Jérôme Pujol, INSEE, « Les niveaux de vie en 2006 », Insee Première, juillet
2008 de vie
depuis 1996
d – la carte des inégalités et de la
pauvreté en France en 2008
1. Opérez une
typologie des
départements:
• En fonction de
la pauvreté
• Des inégalités
2. Constatez vous
une relation
entre les deux,
que cela
traduit-il?
2 – Une augmentation des inégalités de
patrimoine

Faites
une
phrase
avec les
chiffres

Comment ont évolué les inégalités de patrimoine depuis


1997 ?
3 – Les effets des politiques des
redistribution
a – Le rôle de l’imposition

Quel est le taux


de prélèvement
du premier décile?
Le système de
Donnez son
Prélèvement
Mode de calcul?
Français
Est-il
redistributif

Source : T Piketti, http://www.revolution-fiscale.fr


b – Le rôle de la redistribution

La politique de
redistribution
Réduit-elle
Fortement
Les inégalités de
revenus

Source : op. cité


4 – Vers le retour des clivages de
consommation et de modes de vie

Taux d’équipement
Internet selon le
diplôme: cliquez ici
Conclusion – Vers une société du sablier ?

Dans son ouvrage publié en 1996, La société en sablier, Alain Lipietz retrace
la " déchirure sociale ". L'auteur ne décrit pas l'univers des groupes sociaux
mais l'inégalité de la répartition des revenus : notre société aurait une forme
de sablier (voir illustration) qui apparaît lorsque l'on superpose deux
graphiques différents. En haut, la répartition par décile (fraction de 10 %)
des contribuables en fonction de la part du revenu dont chacun de ces déciles
dispose. En bas, celle des déciles de revenus en fonction de la part de
contribuables qu'ils représentent. Le gonflement du haut du sablier tient au
fait que les 10 % les plus riches des contribuables disposent d'une part
importante (un tiers environ) des revenus, le socle au fait que les premiers
10 % de revenus représentent une part importante (plus d'un tiers) des
contribuables.
Selon l'économiste Alain Lipietz la France est marquée par une
" polarisation des revenus entre une minorité de riches, qui gagnent
beaucoup, et une majorité de pauvres, qui gagnent peu, tandis que fond la
part des classes moyennes ". Un peu partout dans le monde, on notait des
tendances similaires et on cherchait à établir un lien entre mondialisation,
révolution technologique et creusement des inégalités.

Source :
http://etablissements.ac-amiens.fr/0801853e/info_eleves/ressources/lycee_ses/terminale_es/chap6/toupie-sablier.htm