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D O C U M E N T R É S E R V É A U C A N D I D AT - É P R E U V E I N D I V I D U E L L E

4 Production orale 25 points

Vous tirerez au sort deux documents parmi ceux proposés par l’examinateur 30 min
et vous en choisirez un. de préparation

Vous dégagerez le problème soulevé par le document choisi puis vous présenterez 20 min
votre opinion sur le sujet de manière claire et argumentée. de passation
Si nécessaire, vous défendrez votre opinion au cours du débat avec l’examinateur.

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Épreuve de production orale 25 points

Le candidat choisit un document déclencheur parmi deux tirés au sort.


Il dispose de 30 minutes de préparation
Il devra dégager et défendre un point de vue construit et argumenté à partir d’un court texte
déclencheur.
Son exposé sera suivi d’un débat avec l’examinateur.
La durée de passation de l’épreuve est de 20 minutes.

Consigne au candidat :
Vous dégagerez le problème soulevé par le document que vous avez choisi. Vous présenterez votre
opinion sur le sujet de manière claire et argumentée et, si nécessaire, vous la défendrez au cours
du débat avec l’examinateur.

! SUJET 1

Langues en danger
« Si on ne réveille pas la langue auprès des enfants, nous allons vers une situation dangereuse : il n’y aura
plus de rêves, plus de nuances, plus de subtilités. Bientôt si nous n’y prêtons pas attention, nous n’utilise-
rons plus que cinq cents mots pour communiquer. C’est ainsi que la vie se rétrécit.
La grammaire et le vocabulaire, il faut les prendre au sérieux. Il y va de la vie même de la langue. Le fran-
çais souffre de nombreuses maladies. Des centaines de mots meurent, faute d’être employés. Nous avons
mis mille deux cents ans à inventer ce chef-d’œuvre. Je veux tout faire pour éviter qu’il ne se réduise à une
peau de chagrin* ».
D’après Erik Orsenna - La Gazette, novembre 2004 - n° 119.
* se réduire à une peau de chagrin : se réduire à peu de chose.

! SUJET 2

Plus vrais que la téléréalité, les procès télévisés


Les Etats-Unis ont toujours une longueur d’avance. Alors que les Français sont encore des aficionados* de
la téléréalité, les Américains ne regardent plus que les procès télévisés « en direct ». Les raisons d’un tel
intérêt ? Contrairement aux séries télévisées, les criminels sont tout ce qu’il y a de plus réels, et une fois le
procès fini, les peines s’exécutent vraiment. Mais la trop forte exposition médiatique des procès a sans conteste
entravé leur bon déroulement, modifiant le comportement des témoins et accusés. […]
Pour l’heure il est interdit en France de filmer des audiences, contrairement à d’autres pays européens tels
que la Belgique par exemple. Il est cependant à craindre qu’une directive européenne aligne l’ensemble des
pays de l’Union sur une autorisation de retransmission des procès, faisant ainsi sauter le bouclier qui nous
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préserve de ce genre de programmes. […]


Elodie Vialle - Marianne - 27/01/2005
* aficionado : amateur

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! SUJET 3

Un ballon pour ne plus être sur la touche*


Mel Young, président et cofondateur de la Coupe du monde des sans-domicile fixe (SDF)

(…) « En 2001, à l’issue d’une réunion des éditeurs de journaux de rue, Harald Schmeid, mon alter ego autri-
chien, et moi-même avons cherché à offrir aux SDF les moyens d’échanger entre eux et d’échapper à leur
condition. Il fallait trouver un langage commun à tous. Très vite, le football s’est imposé à nous comme la
meilleure façon de favoriser les échanges entre tous ces individus en mal de reconnaissance. Cela a donné
lieu, en 2003, au premier tournoi international de football pour les SDF. Organisé à Graz, en Autriche, il a connu
un tel succès que nous avons décidé de pérenniser l’expérience », ajoute Mel Young.
Chaque année, une ville organise la compétition et accueille des joueurs venus des quatre coins du monde.
Après Graz, Göteborg et Edimbourg, c’est au tour de la ville du Cap, en Afrique du Sud, de recevoir la Coupe
du monde des SDF du 23 au 30 septembre 2006. « Le choix s’est porté sur cette ville parce que sa candida-
ture était la meilleure, mais aussi parce que nous voulions que le tournoi se déroule sur un autre continent. »
Courrier international, 30 septembre 2006
* Être sur la touche : sur le bord du terrain de jeu au sens strict, mal intégré ou exclus plus généralement.

! SUJET 4

Le projet de carte d’identité électronique suscite des interrogations


La nouvelle Carte nationale d’identité (CNI), dont le projet a été présenté le 11 avril, est, selon le ministère
de l’Intérieur, « un enjeu majeur » pour la sécurité du territoire et des citoyens et permettra notamment de
lutter contre l’immigration clandestine, la fraude et l’usurpation d’identité. Outre les empreintes des deux
index, elle comportera une photo numérisée et une signature électronique. […]
Le ministère a assuré qu’aucune donnée relative à la vie privée, notamment à la santé, ne figurera sur le
nouveau document et que seuls les policiers, gendarmes, douaniers auront accès au fichier d’empreintes
digitales. Le professeur de droit Jean-Jacques Lavenue s’est toutefois dit « préoccupé par les différents usages
qui pourraient être faits de cette carte », des informations personnelles pouvant, selon lui, y être ajoutées.
[…] Autre source d’inquiétude: la constitution de « bases de données » centralisées (état civil, empreintes
digitales et photos) qui pourrait donner lieu à d’éventuels « croisements de fichiers ».
Dépêche AFP, 28 avril 2005
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! SUJET 5

La délation peut-elle être civique?


La délation est acceptable et même encouragée lorsqu’elle est le moyen le plus efficace de protéger les
victimes, la dénonciation s’avère détestable dans d’autres situations. Mais les frontières ne sont pas tou-
jours très claires. Quels critères moraux retenir ? Quand s’agit-il d’une affaire de conscience individuelle,
quand cela relève-t-il de la collectivité ?
Les termes péjoratifs abondent dans la langue française pour stigmatiser* celui qui dénonce : mouchard,
cafteur, balance, corbeau… Bref, on abhorre* la délation ! La délation est coupable par définition, comme
le confirme le Petit Larousse : « Dénonciation intéressée et méprisable. » […] La délation est une faute, car
elle n’est pas fondée sur l’amour de la justice, sur la volonté de protéger les victimes ou les faibles, mais
sur l’intérêt personnel.
André Comte-Sponville, L’Express du 04/04/2005
* stigmatiser : critiquer, réprouver
* abhorrer : détester

! SUJET 6

Internet : Libérez la musique !


8 millions de Français ont déjà téléchargé de la musique sur internet. A défaut de pouvoir l’empêcher, les
majors de l’industrie musicale tentent d’intimider les « pirates » en multipliant les poursuites pour « contre-
façon ». Sans doute l’industrie du disque se porte mal. Et la révolution numérique ne saurait se faire au détri-
ment des artistes et des producteurs, dont le travail doit être protégé et rémunéré. Mais d’autres solutions
existent. De nouveaux systèmes de financement sont à inventer. Les professionnels devraient s’y employer.
C’est ce à quoi les invitent tous ceux, artistes, acteurs de l’industrie musicale, politiques, qui ont signé
l’appel de l’hebdomadaire « Le Nouvel Obs » : Internet : Libérez la musique !
Nouvel Observateur, 3 février 2005
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! SUJET 7

Libérer la science : OGM : assez fauché !


Même si les surfaces qui leur sont consacrées augmentent de 15 % par an dans le monde, on ne saurait
acclamer sans réserve toutes les cultures d’OGM. Est-ce une raison pour tolérer les arrachages systéma-
tiques de ces plantes – y compris lorsqu’il s’agit de recherches scientifiques destinées à en tester l’éven-
tuelle nocivité* ? Evidemment non, […] car là est le vrai risque de passer à côté d’un fantastique progrès.
Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche à l’Inra*, […] constate que les arguments des adversaires
« ne tiennent plus debout : les animaux (et les humains) qui consomment des OGM depuis des années ne
s’en portent pas plus mal, aucune toxicité n’ayant pu être mise en évidence. […] Conclusion : avec toutes
les précautions qui s’imposent, il faut, au nom du progrès (hé oui !), poursuivre les recherches sur les
OGM, car « une société incapable de courir des risques de ce niveau-là serait bien malade », dit Louis-Marie
Houdebine.
Fabien Gruhier - Nouvel Obs, 25/11/2004
* nocivité : toxicité
* Inra : institut national de la recherche agronomique.

! SUJET 8

« La moitié des langues du monde menacée de disparaître », avertit l’Unesco


Du totonac d’Amérique au so de l’Afrique en passant par le livonien d’Europe, environ la moitié des
6 000 langues de la planète sont menacées de disparition au cours du siècle selon l’Unesco. Le directeur
général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture a souligné que la langue
était profondément liée à l’identité d’une personne. Quand une langue meurt, « c’est une vision du monde
qui disparaît », a-t-il dit alors qu’une langue s’éteint toutes les deux semaines en moyenne. « Il ne faut pas
que de telles langues disparaissent sous le poids d’autres langues, mais il faut en faire des moyens
d’expression qui vivent et agissent aux côtés des grandes langues de cette Terre », a pour sa part déclaré
Musa Bin Jaafar Bin Hassan, président de la Conférence générale de l’Unesco. Mais il a reconnu qu’il
était « difficile de faire face à cette marée de la globalisation » qui place l’anglais, lingua franca mondiale
notamment portée par la culture de masse anglo-saxonne – films et musique – dans une position de
domination totale.
AFP, 3 mars 2006
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! SUJET 9

Cracher n’est pas jouer


Même les champions du monde ne sont pas au-dessus des lois. Surtout lorsqu’ils crachent sur les arbitres,
comme Fabien Barthez lors d’un match amical au Maroc. En faisant appel de la première sanction très
clémente (trois mois de suspension) infligée au gardien par une commission de discipline irresponsable, la
Fédération française de Football (FFF) sauve l’honneur de son sport. Coupable d’un geste antisportif
gravissime, Barthez sera donc sanctionné plus durement. Quitte à mettre le monde du foot sens dessus
dessous. […] Rappelons que les règlements prévoient explicitement une suspension minimale de « six mois
incompressibles* » en cas de crachat à l’encontre d’un officiel. Et tant pis si l’absence de Barthez compro-
met les chances de qualification des Bleus pour le Mondial. Ethique… et toc!
D’après Olivier Toscer - Le nouvel OBS - 28 avril 05
* incompressible : qui ne peut être réduit

! SUJET 10

Faut-il simplifier l’orthographe ?


[…] Les moins de 30 ans, même les plus instruits, sont dysorthographiques, et la France entière massacre
l’orthographe. Mais ce n’est pas une raison pour la simplifier. Pour envisager une réforme, il faudrait avoir
fait le constat que les efforts engagés pour permettre à la population d’acquérir une bonne connaissance
de l’orthographe sont restés infructueux. Or ce n’est pas le cas. […] La tentative de réforme de l’orthographe
menée en 1990 a bien montré toute la difficulté d’une simplification – outre son coût élevé, puisqu’il faudrait
mettre au pilon* l’ensemble des livres, dictionnaires, manuels, etc. …
La France a un devoir de préservation de la langue et de la littérature françaises à l’égard de la communauté
francophone. En gommant les particularités du français, c’est aussi son histoire qu’on effacerait. L’ortho-
graphe est un peu comme la République: elle est une et indivisible.
Geneviève Zehringer - L’Express du 18/04/2005
* mettre au pilon : détruire
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! SUJET 11

Saurons-nous sauver la nature ?


En France, les politiques de protection de la nature sont à bout de souffle.[…] C’est un appel d’urgence que
nous adressons à tous les responsables de notre pays. La nature est notre maison à tous. Sans elle, sa richesse,
sa vitalité, sa diversité et sa beauté, nous ne pourrions pas vivre, notre espèce et notre civilisation seraient
condamnées. Sa protection relève de la responsabilité de tous les hommes et, en particulier, dans les pays
développés. L’opinion est de plus en plus consciente des dangers que l’homme fait courir à la nature et
de la nécessité de la protéger contre les nombreuses dégradations, spoliations, destructions, dont il est
l’auteur. […]
Oui, notre maison brûle ! Continuerons-nous, par une passivité coupable, à alimenter l’incendie ?
Terre Sauvage - Mai 2005 - n° 205

! SUJET 12

Comment repérer le moment où tout peut basculer chez un adolescent ?


La question était posée lors du Forum Adolescences, organisé par la Fondation Wyeth. A partir d’une enquête
Ipsos*, d’une étude qualificative, de documentaires et de témoignages d’adolescents, des scientifiques,
psychiatres et sociologues ont développé des éléments de réponses. L’adolescence est une période de
fragilité et d’errance où, par défi ou désespoir, un jeune peut commettre le geste de trop : fuguer, tenter de
se suicider, prendre une seringue… Un moment de bascule souvent associé à une succession de
problèmes : discordes familiales auxquelles s’ajoutent des pressions scolaires, voire des dépits amoureux.
[…] « Ce qui ressort des études et témoignages, c’est la très forte solidarité qui existe entre les adolescents.
Ils s’entraident, se soutiennent, s’écoutent, se confient. Lorsqu’ils se trouvent en difficulté, ils se tournent
non pas vers leurs parents mais vers leurs amis », résume le Pr Claude Griscelli, président de la Fondation
Wyeth.
Martine Betti Cusso - 13 Mai 2005
* Ipsos : institut de sondage
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