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Infections nosocomiales

Dr. ILES FZ
I- Introduction:
L’hôpital est un lieu où l’on peut contracter des maladies infectieuses
=> sont les infections nosocomiales
• En effet, la multiplication et la sophistication des techniques de soin
devenues de plus en plus invasives

• état d’immunodépression profonde de certains patients,


représentent des terrains propices à ces infections
mais aussi
• l’émergence de souches multi résistantes posant des
problèmes d’impasses thérapeutiques, a compliqué la prise en
charge de bon nombre de ces infections acquises à l’hôpital.
II-Historique:
 Les IAS ou infections nosocomiales, longtemps dénommées
« surinfections », « infections hospitalières », « infections
acquises à l’hôpital » existent depuis la création des premières
structures de soins.

 d’Ignace Philippe SEMMELWEIS (1818-1865) :


mis en place les premières recommandations concernant
l’hygiène des mains chez le personnel soignant

 Dans l’histoire de l’hygiène hospitalière : On peut citer plusieurs


noms célèbres, parmi eux Joseph Lister (1827-1912) avec les
notions d’antisepsie, POUPINEL, inventeur de l'étuve sèche à
180°C et CHAMBERLAND, l'autoclave dans les années 1880.
III- Définition
« Les infections nosocomiales (IN) sont les infections
contractées dans un établissement de santé. »
Cette définition de 1999, reposant sur le critère discriminant
du lieu d'acquisition de l'infection, infections communautaires
versus infections nosocomiales. Cette définition, qui
nécessitait une adaptation aux pratiques de soins, a été
actualisée en novembre 2006, par le Comité technique des
infections nosocomiales et des infections liées aux soins
(CTINILS).
L'infection nosocomiale est désormais intégrée dans les
infections associées aux soins (IAS).
« Une infection est considérée comme IAS si elle survient au
cours ou au décours d'une prise en charge (diagnostique,
thérapeutique, palliative ou préventive) d'un patient, et si elle
n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en
charge. »
• L’infection nosocomiale survient donc :
- Après les 48 premières heures d’hospitalisation : le délai de
48h correspond à la durée d'incubation minimum d'une infection
aiguë liée à une bactérie à croissance rapide

- Dans les 30 jours après intervention chirurgicale (si


chirurgie) .
- Dans l’année qui suit la mise en place de matériel
chirurgical (implant ou prothèse…).
IV- Epidémiologie:
1 fréquence:
• Selon l’O.M.S: 190 millions de personnes sont hospitalisées
chaque année dans le monde et 9 millions d'entre elles
contractent une infection à cette occasion. Un million de
personnes en meurent chaque année.
2. Donnés Algériennes:
 La prévalence en Algérie avoisine 25% des cas
3. Agents d’infections nosocomiales:
 Bactéries : Les plus fréquents agents d’IN
Les plus impliquées sont : BGN, Stapylococcus aureus,
pseudomonas aeruginosa, enterocoques…

Ces bactéries sont caractérisées par:


 Leur grande vitalité
 Leur capacité a former un biofilm
 leur résistance dans le milieu extérieur et leur résistance aux
antibiotiques(BMR)

 Virus, Parasites et Levures peuvent être également en cause.


4. Réservoirs :
 réservoir endogène:
À partir des propres germes du malade;
(flore qui se modifie au cours de l’hospitalisation)

 Réservoir exogène :
A partir de l’environnement du malade
• Infection croisée manu portée (personnel soignant)
• Flore importée par les autres malades ,visiteurs…
• Environnemental [ eau (legionella), air (aspergillus) ]
• Alimentaire
4. Transmission et dissémination:

Auto-
infection

Xéno- Hétéro-
infection
PATIENT infection

Exo-
infection
Le malade s’infecte par sa propre flore,
2 Origines :
Auto- Infection endogène : le point de
infection départ est la flore commensale

Infection per-opératoire : suite a un


acte chirurgical ex: ouverture d’une
viscère.
l'agent responsable d'une infection chez
un malade peut être transporté chez un
autre malade et provoquer une infection
Hétéro- dite croisée ou hétéro-infection.
infection Manuportée : 85% des cas

Rarement aeroporté 15%)


infections sévissant sous forme d'endémie
ou d'épidémie dans la population extra-
hospitalière. Les agents pathogènes sont
Xéno- importés à l'hôpital par des malades, par
infection du personnel, par des visiteurs qui en sont
atteints ou sont en incubation.
infections liées à la contamination de
l'environnement hospitalier (eau, air,
matériel, alimentation).
Erreurs techniques : Stérilité , asepsie
Exo- …
infection
5. Facteurs de risque :
Les facteurs de risque liés au patient :
Age extrême
Immunodépression (corticoïdes, chimiothérapie, …)
Maladies associes : Diabète ,…
Etat nutritionnel :Obésité, dénutrition

Les facteurs de risque liés aux soins et aux interventions:

Tous les actes agressifs de la pratique hospitalière (KT,


sondage urinaire, trachéotomie…), les explorations
endoscopiques ou la chirurgie.

Les facteurs de risque liés à l'agent infectieux :


Virulence
Résistance aux antibiotiques
VI- Aspects cliniques:
•Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont :

Les infections urinaires (IUN).


Les pneumonies .
Les Infections du site opératoire (ISO)
Les infections sur cathéter.
Les bactériémies.
Les gastroentérites.
1-Les infections urinaires (IUN)

 La plus fréquente.
2.Facteurs de risques:
 Extrinsèques:
 80% des IUN surviennent en présence d’un sondage urinaires le
risque augmente avec sa durée.
 20% des IUN sont liées a un geste sur les voies
urinaire(cystoscopie ,chirurgie)
 Intrinsèques:
 Sexe féminin, âge>50 ans, diabète, antibiothérapie antérieure
(prolongée, a large spectre), pathologie sous jacente (IRC,…).
Mesures préventives:
• Sondage si nécessité absolue
• Retirer le plus rapidement possible
• Système de drainage clos, valve anti-reflux
• Manipulations aseptiques et réduites
au strict minimum
• Respect des mesures d’hygiène .
2- Les pneumonies
 2ème IAS en terme de fréquence.
 1ère cause de mortalité par IN

Classification des pneumonies et germes en cause:


 PN précoces: survenant avant le 5ème jour d’hospitalisation
,causées par des bactéries commensales (S.pneumoniae
,H.influenzae,SASM…)
 PN tardives: survenant après le 5ème jour d’hospitalisation ,les
bactéries en cause sont d’origine hospitalière , multi-
résistantes ( Pseudomonas.sp , Acinetobacter sp ,MRSA,
KES..) .
Mesures préventives:
• Asepsie du matériel d’assistance respiratoire
• Eviter l’instrumentation des voies aériennes
• Eviter l’administration des modificateurs de pH gastriques ,les
sédatifs et toute sorte médicament susceptibles d’altérer les défenses
contre les infections.
3- Infection du site opératoire:
 3eme cause d’IN , surviennent dans les 30 j suivant
l’intervention et jusqu’à 1 an pour tout matériel étranger.
 On distingue:
 Infections superficielles de l’incision : affecte la peau et au
dessus de l'aponévrose.

 Infections profondes de la plaie opératoire : affecte les


tissus ou espaces situés au niveau ou au dessous de
l'aponévrose

 Infection de l’organe du site ou de l’espace : affecte les


organes ou espaces ouvert ou manipulés durant l'intervention.
2. Facteurs de risques:
 Facteurs généraux:
Age , maladies associées ,état général , infection a
distance…

 Facteurs locaux:
Nécrose tissulaire , sérosité, mauvaise vascularisation,
hématome…

 Facteurs opératoire: pré/per/post opératoire


Durée du séjour et préparation pré-op
Type (propre , contaminée , sale) et durée de l’intervention ,
contexte (urgence, intervention programmée, respect des
règles d’aspesie…)
désinfection et nettoyage de la plaie , changement de
pansement ...
 4. Prévention
 Antibioprohylaxie
 Surveillance des infections postopératoire
4- Infections Sur cathéter
2. Modes de transmission:
 site d’insertion : par migration des bactéries du revêtement
cutané
 Pavillon et raccord (main du personnel)
 Soluté de perfusion
 Voie hématogène
Mesures préventives:

 Restriction des indications de la perfusion intraveineuse


 Asepsie rigoureuse lors de la pose du KT
 favoriser les KT en polyuréthane et silicone
PREVENTION DES INFECTIONS

NOSOCOMIALES
PREVENTION DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

STRATIFICATION DU RISQUE

REDUIR LE RISQUE REDUIR LA


INFECTIEUX DU PATIENT TRANSMISSION DE
STAFF MEDICAL PERSONNE A PERSONNE

REDUIR LA TRANSMISSION A
PARTIR DE L’ENVRONNEMENT
REDUIR LA
TRANSMISSION DE
PERSONNE A PERSONNE

HIGIENE DES LAVAGE : simple , antiseptique , chirurgical


MAINS

PORT DE GANTS Protection du soignant et du soigné


STERILS

LA TENUE Barrière de transmission de personne a personne et


PROFESSIONELLE vers l’environnement

Protecteur pour les patients sévèrement immuno


compromis
LES ISOLEMENTS
Septique pour les patient contagieux ou porteurs de
BMR
REDUIR LA TRANSMISSION A
PARTIR DE L’ENVRONNEMENT

NETTOYAGE Compartimentation en zones selon le type d’entretient requis

EAU/AIR/FOOD Nécessité de contrôle rigoureux selon la catégorie de


patients et l’usage (eau pour bloc opératoire , air pour
isolement protecteur …)
TRAITEMENT DES
DECHETS Tri des déchets et traitement séparé de chaque
HOSPITALIERS catégorie

Intéresse aussi bien l’environnement que me matériel


STERILISATION stérile , certains locaux , la lingerie …
REDUIR LE RISQUE
INFECTIEUX DU STAFF
MEDICAL

HEPATITE B , DIPHTERIE , TETANOS , MENINGOCOQUE


VACCINATION
TUBERCULOSE , ROR , PNEUMOCOQUE…

RESPECT DES BONNE


HYGIENE DES MAINS, TENUE PROFESSIONNELLE,
PRATIQUES
D’HYGIENE MASQUES , GANTS…

RESPECT DES
BONNES PRATIQUES SELON LE SERVICE CONSIDERE
DE LABORATOIRE
VI- Conclusion:

Les infections associées aux soins sont la responsabilité de tous . En raison du


taux de morbidité ou de mortalité élevé et d’un surcout important dans les
dépenses de soins . Elles nécessitent donc une meilleure prise en charge
thérapeutique basée sur la prévention ,d’où le rôle majeur du microbiologiste
qui contribue d’une part au diagnostic étiologique de ces infections et d’autre
part à la surveillance de leur évolution. Toutefois il faut mettre l’accent sur les
mesures préventives notamment l’hygiène qui reste le meilleur remède contre
les infections associées aux soins