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Section titre Sujet/thème Enjeux dans l’économie de Ecriture/caractéristiques formelles Citations Intertextualité/échos

l’œuvre/problématiques
Poème A Marcelle Le poète demande à - 1er poème, dédicace + place son recueil Pastiche fable : - Pastiche de « La Cigale et
liminaire Marcelle d’être la sous le parrainage d’une femme (tradition > polyphonie énonciative (narrateur, disc. Rapporté, la fourmi » de La Fontaine.
p. 58 Le poète et marraine de son poétique). poète, dialogue poète/Marcelle). > inversion de la situation te
la cigale recueil + son nom > « La Cigale et le poète » en réponse, brouillage des pistes : la
pour rimer, qu’elle poème de clôture dans lequel la marraine Texte entièrement en italiques (citation, réécriture ?) cigale n’est pas le poète
Bio : lui accorde sans déplore le recueil produit et enjoint le mais la figure féminine ; le
Marcelle = problème. poète de chanter. Heptasyllabes sauf V.2 + majuscules « IMPRIME » « Un poète ayant rimé, poète « crie famine », en
Joséphina > rupture IMPRIME, panne d’inspiration.
Armida - Mise en scène du poète dans le rôle de > rime riche Vit sa muse dépourvue
Cuchiani, la fourmi : négation du chant (déchant), > mise en valeur impression (fierté puérile du travail De marraine, et presque - Tradition courtoise :
amie- mise en valeur du travail, de accompli + ironie, préoccupation matérielle). nue » dédicace à une femme (M.
amante de l’amassement ? Mais aussi « dépourvu de > Même rythme que chez La Fontaine (mais Scève/Délie,
TC. muse » et en panne d’inspiration = dimension besogneuse du poète ?) Ronsard/Hélène).
position de faiblesse, imparfait.
Calembour « vers »/ « vermisseau » - Poésie romantique
- Femme = inspiratrice + marraine du (inspiration, muse, chant)
recueil + dédicataire. Garante de la Blanc séparant le dernier vers :
tradition poétique mais aussi « très > Mise en valeur injonction, conclusion (il ne s’agit
prêteuse » et « je vous paîrai » = cocotte pas de parler, faites vos preuves !) + raccroche
ou prostituée, se donne aisément sans avec La Fontaine.
pudeur mais ne prête que son nom (cf.
noms interchangeables des prostituées). Présence lyrique :
- Je/tu
Marcelle = figure impersonnelle, - dédicace
incarnation de la femme en général.
Tourne en dérision :
- Injonction finale : la suite du recueil est - poésie inspirée
le chant réclamé (mais déjà fini - poésie amoureuse
puisqu’imprimé) + Marcelle réclame une - poésie lyrique (chant)
poésie lyrique.

- Art poétique/programmation : la poésie


comme chant (lyrisme) est d’emblée
compromise = ironie, désacralisation,
dérision.

Ça Ça ? Interrogatoire du La poésie de Corbière ou comment la Ça ? = désignation péjorative et familière « Chansons ? – je voudrais Cf. Hugo « J’ai disloqué ce
p. 59 poète sommé de définir par ce qu’elle n’est pas. > Mise en doute par le ? bien, ô ma petite muse !... » grand niais d’alexandrin » +
= Préface définir sa poésie. //Préface = Art poétique + poésie placée sous l’égide de la modernité, de « Que veulent ces affreux
générale Dialogue poète > Une poésie inclassable, ne l’avant-garde (référence Hugo) « ...Ça c’est naïvement une novateurs ? ça, des vers ? »
du recueil suspect/ inspecteur correspondant pas aux catégories mais aussi poésie indéfinissable + parodie impudente pose ; » (Les Contemplations, 1856).
selon (cf. localisation existantes, donc qui résiste aux d’épigraphe (« What ?....... Shakespeare » =
Walzer. fantaisiste : conventions, marginale et qui dérange incompréhension familière) qui redouble le titre « C’est du... mais j’ai mis là
« Préfecture de (suspecte). ajoute une distanciation ironique, de la familiarité, mon humble nom d’auteur, Epigraphe parodique :
police, 20 mai de l’humour. Et mon enfant n’a pas même Shakespeare (non-sens,
1873 ») + se définit dans le lien filial avec son = dérision, modestie. un titre menteur. » absurde + dérision)
auteur et par son nom. = tentative pour parvenir à un équilibre juste, précis
(« c’est ça »), en suspens. « C’est un coup de raccroc, Baudelaire, « L’Etranger »
juste ou faux, par hasard... (structure dialoguée).
8 quatrains, alexandrins, rimes suivies (mais L’Art ne me connaît pas. Je
bousculés par le rythme du dialogue) ne connais pas l’Art. » Paulin Gagne (« fou
> désarticulation du chant lyrique. littéraire » voir note 2 p. 62)
Jeu graphique : contradiction structuration en Musset (figure du poète
quatrains d’alexandrins et typographie du dialogue romantique sentimental).
(tirets, ponctuation des modalités interrogatives et
exclamatives). L’art pour l’art, pour s’en
+ confusion des locuteurs qui se superposent (v. distancier + Boileau : « Cent
15-16 et 19-20) : celui qui interroge se met à fois sur le métier remettez
commenter (labilité = instabilité des locuteurs. votre ouvrage/Polissez-le
Endophasie ?) sans cesse et le repolissez »
+ italiques, majuscules (Art poétique)
(distanciation)
« faire de l’original à tout
Autoportrait ambivalent du poète : dépréciatif prix » (Laforgue)
mais qui en fait un être unique, insaisissable.
« Fainéant », pauvre mais écrivant par nécessité // « Raccrocs » 4ème section
(« vous croyez alors que ça m’amuse ? » sous- du recueil.
entend que l’entreprise est sérieuse), refusant
l’originalité recherchée par ses contemporains mais
aussi l’imitation (« Je n’ai jamais pillé »).

Définition de la poésie de Corbière en négatif :


« Trop broché pour être relié » = bas de gamme, n’a
pas sa place dans une bibliothèque d’esthète.
« Un poëme ? – Merci mais j’ai lavé ma lyre » (lavé
= vendu par nécessité, mis au mont de piété) = le
lyrisme est dévalué, ce n’est donc pas lyrique au
sens conventionnel.
« Un livre encore est une chose à lire » = illisible ?
Ou qui se distancie de « ce qui se lit » à l’époque de
TC.
« C’est cousu » = amalgame de fragments
raccommodés (esthétique du rapiéçage ?) // « c’est
trop décousu ».
« Album ? – Ce n’est pas blanc » = cf. « alba »/
blanc + attribut du héros romantique = refus de la
pureté, de l’innocence et du romantisme.
« Bouts-rimés » ? – Par quel bout ?... Et ce n’est
pas joli » = refus du jeu poétique savant et de la
joliesse comme but de l’écriture poétique.
« Un ouvrage ? - Ce n’est poli ni repoli » = refus de
l’art pour l’art qui domine à l’époque de TC +
référence à Boileau + refus de la politesse, du bon
usage et de la bienséance (double sens « poli »).
« Chansons ? – Je voudrais bien, ô ma petite
muse ! » = vers ambivalent, pourrait être positif
comme négatif : « chanson », œuvre facile,
populaire voir paroles en l’air ou air mille fois
entendu... Mais aussi musicalité (Verlaine,
Mallarmé), rythme... L’association avec l’interjection
« ô » (marquant un vif sentiment) et la muse
apparente la chanson à la poésie lyrique (mais la
muse est traitée familièrement par le possessif et le
qualificatif « petite »).
« Vous avez flué des vers... – Non, c’est heurté. » »
= refus de l’épanchement romantique apparenté
une diarrhée (Médical : écoulement corporel) et
revendication de l’aspect « heurté » qualificatif
définissant bien le rythme propre à la poésie de TC
(refus du vers harmonieux, scandé et césuré).
L’Originalité // prostituée qui échappe (cf. Laforgue)
« Pas râle ni d’aile » = à nouveau, refus de
l’élévation romantique comme de l’expression de la
souffrance (référence à Baudelaire, « spleen et
idéal » ?)
« Chose à mettre à la porte » = double sens, rejet
ou que l’on met sur sa porte en guise d’accueil.
« Une impudente pose » = poésie qui se confond
avec la posture, l’éthos du poète.
« Un chef-d’œuvre ? - Il se peut » = le poète
accorde de la valeur à son œuvre, malgré ses
dénégations dévalorisantes.
« C’est, ou ce n’est pas ça : rien ou quelque
chose... »// « C’est un coup de raccroc, juste ou
faux, par hasard... » = balancement, oscillation pour
trouver le juste milieu, la juste expression (sortir du
galvaudé ?).
« Raccroc » = coup heureux dû au hasard plutôt
qu’à l’habileté (billard), d’occasion, de hasard,
grâce à une chance inespérée/ racolage,
prostituée.

Assertion finale (construction en chiasme, vers


parfaitement césuré et scandé, harmonieux) : l’Art +
majuscule = allégorisation et sacralisation, renvoie à
une autorité prégnante, despotique (valeur
reconnue par la société mais au nom de laquelle la
poésie de TC est inacceptable).

Localisation fantaisiste : le poète comme repris de


justice, comme suspect.
> ironie, distanciation + mise en scène,
théâtralisation de l’écriture.

Paris (p. 64- Succession de 8 Eléments disséminé : Tissage textuel (modernité ?) : 8 sonnets (forme « J’AIMAIS... – Oh, ça n’est Défense et illustration de la
70) sonnets : tableaux - autobiographiques (même si invention contrainte, unité formelle, traditionnelle) plus de vente ! » (p. 66) langue française = la poésie
Capitale de parisiens de la d’une mythologie personnelle) + d’octosyllabes qui forment un ensemble plus grand doit redonner vigueur à la
la poésie bohème. autoportrait (bâtard, créole, breton, perte intitulé « Paris ». « Va, comme le pélican langue par l’enrichissement
(cf. > mode déceptif de sa naïveté sur les trottoirs de Paris). blanc, de son lexique + Hugo,
Baudelaire) - Inscription de la poésie dans Présence lyrique : Jeu sur les pronoms personnels En écorchant le chant du « Réponse à un acte
et de l’expérience parisienne : motifs de la (il, tu, je = le poète) cygne, d’accusation ».
l’amour. dégradation au contact de la rue (perte de + adv LÀ : déictique (reprise du titre + connivence Bec-jaune, te percer le
l’innocence). avec le lecteur). flanc !... Le cygne = Baudelaire,
- Physiologie de la bohème. Lyrisme : amertume, rire (jaune), causticité. Devant un pêcheur à la Vigny, Mallarmé
+ ponctuation forte (exclamations, suspensions...) ligne. » (p. 69)
Le pélican = Musset
« Fais de toi ton œuvre
Révolution lexicale : métissage linguistique, posthume. Chanson populaire : A la
marqueurs discursifs, multiplication des colorations [...] ... Ou reste et bois ton claire fontaine (lyrisme naïf)
diatopiques (lieux), diaphasiques (usage fond de vie, + dicton : « Voir les
formel/informel) et diastratique (niveau social) de la Sur une nappe desservie... » planches, et puis mourir ».
langue poétique (// la bohème, la rue, le populaire). (p. 70)
Polyphonie : texte poétique troué ou cousu de « Evohé » = cri des
citations (chanson populaire). bacchantes lors des
bacchanales.
Amour : « J’AIMAIS » en majuscule
(capitales/capitale/Paris)
= 1ère occurrence du thème (//LAJ)
> aussitôt dégradé dans la suite du vers (« hors de
vente » = inaccessible ? démodé ?)
+ A la Claire fontaine
+ une amante éloignée (lyrisme).
> mauvaise conscience/amertume.

Bestiaire romantique : le cygne (Baudelaire,


Vigny), le vautour (Prométhée), le pélican (Musset)
= figures du poète (Corbière = « bec-jaune », jeune,
inexpérimenté, idiot).
Epitaphe Poème précédé d’un Paradoxe de l’épitaphe placée en début de Strophes variées, octosyllabes « et fut un Arlequin-ragoût Baudelaire : dédicace à
(p.71, 74) article parodique recueil. Mélange adultère de tout. » Arsène Houssaye des Petits
signalant la + portrait du poète : mouvement Genre de l’épitaphe : autoportrait distancié, (p. 72) poèmes en prose
réversibilité des systématique de définition paradoxale par paradoxale et déceptif. « Tout, au contraire, y est à
concepts de début l’opposition. « Il se tua », « mourut », « Ci-gît ». « Artiste sans art, - à la fois tête et queue,
et de fin. l’envers, » alternativement et
Portrait antithétique Fausse épigraphe en prose = pastiche Nombreuses syllepses (prise en compte du sens réciproquement. »
du poète, dénonçant la vanité d’un discours pseudo- propre et du sens figuré). « prenant pour un trait le mot
caricatural, sans philosophique hermétique et vain, qui se Ex : « Un drôle sérieux » très » (p. 73) > contre Final Cyrano de Bergerac :
concession. contemple lui-même. + jeux phoniques (trait/très) l’épanchement romantique. « Ci-gît Hercule Savinien de
Cyrano de Bergerac, qui fut
Présence lyrique (autoportrait) : altération du « je » « Ses vers faux furent ses tout et qui ne fut rien. »
> autoportrait diminué (mode mineur) jusqu’à la seuls vrais. » (1897)
dégradation (« raté »).
+ distanciation (« il »). « son naturel était la pose » Verlaine, « Gaspard Hauser
// « ÇA c’est naïvement une chante ».
Bestiaire : « pire étalon », « oiseau rare » impudente pose » (CA, p.
62) p. 74.
Polyphonie : autonymie (« très fille ») +
catachrèses (« les deux pieds dans le plat »).

Les 1. A Portrait de la femme Motif de la femme inspiratrice comme Sonnet, alexandrins « Les amours jaunes » =
Amours l’éternel inspiratrice en même cliché, désacralisation. Lucidité du poète + l’amour tourné en dérision,
jaunes Madame temps que causticité, ironie. Présence lyrique : apparition du « je » + jaune = rire + amertume +
p. 75 dénonciation du > prostituée, ange déchu ponctuation + interjection « ô femme » cocufiage
cliché > statue, mannequin > parodie Section assez homogène du
romantique/courtois. En creux : le poète destitué, la poésie point de vue formel (11
romantique parodiée. Motif de la femme inspiratrice = ici servilité sonnets/24 poèmes) et
(impératifs). thématique : l’amour, la
Multiplication des qualificatifs et des rôles. femme (en accord avec le
Misogynie. titre) mais un amour plutôt
déceptif, prenant le
contrepied de l’amour
romantique, tourné en
dérision (innocence,
profondeur des sentiments,
douleur de l’absence,
pudeur...).
Refus de l’épanchement
romantique, vers dont le
rythme est bousculé
(ponctuation, citations,
dialogue...) + mélange
d’idiolectes (argot, registres
divers...) + références
parodiques ou ironiques à
plusieurs poètes
romantiques.

De même, la femme est


dépeinte comme cruelle,
légère, vénale (prostituées,
cocottes) ou « imbécile » et
le poète-amant comme un
marginal, laid, cynique
(lucide), ironique (distance)
ou « pauvre garçon » que
l’on plaint pour sa faiblesse.
Plusieurs textes lui donnent
la parole (dialogues ou
monologues).

2. Féminin Portrait de la femme Pendant contraire du sonnet précédent : la Sonnet, alexandrin « Eternel féminin de l’éternel Rimbaud (mise à mal de
singulier cruelle et infidèle qui femme servile, faire-valoir du poète, se Jocrisse » (p. 78) l’éternel féminin)
se joue de l’homme. mue en femme qui le fait souffrir, sadique. Présence lyrique : « C’est le métier de femme Baudelaire, « Causerie »
Mais chute : elle en meurt. Je/tu, interpellation + impératifs. et de gladiateur » (p. 78) Verlaine, « Mon rêve
> réalité triviale de l’inégalité homme- Mais : le poète parle au nom des hommes (éternel familier »
femme. masculin ?) « nous ». Hugo, « Les Djinns »

Vers « heurté », désarticulé (ponctuation).

Les relations hommes-femmes = un combat


déséquilibré + un spectacle affligeant (métaphore
théâtrale) dont on connaît la fin (amusement
masculin).
+ bêtise de la femme qui ne comprend pas.

3. Bohème Portrait du poète en Retour du terme « chic » (cf. « Ca »). 17 quatrains d’hexasyllabes.
de chic contre-dandy ? (= la Nouvel autoportrait du poète.
bohème, un art de Jeu sur la graphie : majuscules, italiques.
vivre) Réfutation de
l’élégance, de Mélange des registres + modification de
l’affectation l’orthographe (nuance péjorative
revendication de la calotte/palotte/clignotte).
faiblesse, de la
laideur et de la Présence lyrique :
pauvreté de mise. Je + autoportrait
Impertinence,
pessimisme. Adresse à la muse à la fin du poème + entrée de la
P2 et du thème de l’amour (« je l’aime »,
« baiser »).
> Amour charnel associé à la maladie et à
l’animalité (« à crû », « cuir lépreux », « colle »).
+ Causticité, rire (« drôle », « j’en ris », « Je ris
comme une folle »)

Allusions grivoises
4. Gente Accumulation de Dimension picturale et théâtrale. 10 strophes (sizains), hexasyllabes + Rimbaud : « Ma Bohème »,
dame clichés romantiques décrochage des vers 3 et 6 (dissyllabes) liés par « Le Dormeur du Val ».
à la Dumas pour Femme légère, joueuse, changeante la rime. (rythme)
reconstituer un (l’amour n’est qu’un jeu de rôle). « sauce jaune » = allusion
tableau médiéval- Argot parisien. au titre du recueil + couleur
XVè siècle dans jaune associée au
lequel « jouent » le dandysme.
poète et son
amante.
Jeu de rôle et
d’emprunt.

5. I Sonnet Sonnet expliquant la Formalisme poétique tourné en dérision de Sonnet Dumas, Rembrandt, Dante,
manière de même que le débordement lyrique que la l’Arioste
construire un sonnet forme du sonnet tente de contenir. Réduit à une mécanique bien huilée, sans autre but
(autoréférence). que le respect de sa forme structurelle.

Métaphore filée militaire et mathématique (ordre,


rythme, absence de fantaisie)

6. Sonnet à Fantasme du poète Thématique sensuelle – fantasme de la Sonnet « Mais moi je ne suis pas Pindare (antonomase « le
Sir Bob qui se verrait bien domination féminine. Portrait du poète en bâtard par opposition au chien pur sang. – Par maladresse, Pinde »)
en chien de cocotte. pur-sang + braque (= écervelé). on m’a fait braque aussi...
mâtiné de chrétien. »
Désacralisation de l’amour et de la fidélité, dédiés à
un chien.
+ titre de noblesse « Sir Bob »
7. Steam- Un « pilotin » Première évocation de l’amour sur un 11 quatrains, 3 octosyllabes + 1 tétrasyllabe. « En fumée elle est donc
Boat regrette l’absence mode positif mais déceptif (absence de chassée
d’une passagère et l’amante). L’éternité. » // Rimbaud
de leurs amours
avant qu’elle
débarque.
8. Poème Thématique libertine et iconoclaste. Sonnet
Pudentiane blasphématoire : « pudentiane » néologisme italianisant = sainte-n’y-
bribes des touche ou dévotieuse.
commandements de 15 août = Assomption (datation et localisation
l’Eglise détournés. ironiques)

Polyphonie : bribes de citation des


commandements.

Paronomase « donne »/ « damne »

Inversion « pudeur-d’-attentat »
9. Après la Poème égrenant les Thème de l’amour passager, léger, sans 15 strophes, alternance d’heptasyllabes et de « J’aime la petite pluie
pluie noms d’emprunt des conséquence. trissyllabes. Qui s’essuie
prostituées/cocottes. Vie quotidienne/banalité. Les deux dernières strophes sont séparées du reste D’un torchon de bleu troué »
Scène de rue après par deux lignes parallèles (la nuit ?)
la pluie : cocotte
subissant la Dialogue poète/prostituée ou cocotte.
« drague »,
protestant puis finit
par se donner.
10. A une Dénonciation de la L’amour, la femme = apparences 11 strophes quatrains octosyllabes en Hugo (Gastibelza)
rose fausseté de la trompeuses. alternance avec tétramètres (sauf strophe 5 : 6 Héloïse et Abélard
femme vénale : sous vers). Roméo et Juliette
son apparence de
beauté se cache Bestiaire :
une réalité Strophe 5, poète = hanneton d’or ?
décevante.
Le poète n’est pas Réactualisation de la métaphore femme-fleur,
dupe. attirante pour mieux manipuler, tromper.
11. A la Vie et déchéance Prostitution, déchéance, misère. 5 strophes (quintil – quatrain –quintils x2 –
mémoire de d’une prostituée quatrain) d’octosyllabes.
Zulma, communarde avec
vierge-folle qui le poète fit un Polysémie : trous, commune, lune.
hors temps « bourse + jeu sur l’expression « faire un trou à la lune » = ne
barrière et commune ». pas payer ses dettes.
d’un Louis.
« vierge-folle » voir Evangile selon St-Matthieu.
12. Bonne Parodie d’ « A une Le poète est placé en position d’infériorité 4 strophes quatrain en alternance avec distique, Moi, je fais mon trottoir,
fortune et passante » de vis-à-vis de la passante : « fait mon alexandrins. quand la nature est belle,
fortune Baudelaire. Une trottoir », « promener un peu sa faim », « Pour la passante qui, d’un
passante fait la « gueux ». petit air vainqueur,
charité au poète. Il semble attendre la passante, pas de Voudra bien crocheter, du
fulgurance mais une connivence. bout de son ombrelle,
Un clin de ma prunelle ou la
peau de mon cœur... »
13. A une Eloge d’une « amitié Définition d’un amour idéal sur le mode 9 quatrains, décasyllabes. « Mon amour, à moi, n’aime Baudelaire.
camarade calmée », refus des mineur, la légèreté et la bonne humeur pas qu’on l’aime ; »
grands sentiments (une camaraderie »). « C’est un lazzaronne enfin,
qui viennent gâcher Métaphore de la pomme (voir un bohême,
l’entente. « Pudentiane »), cette fois-ci conservée Déjeûnant de jeûne et de
« verte » liberté. »
« Si nous en mourons – ce
sera de rire... »
14. Un Le poète s’adresse Le romantisme est tourné en dérision : 26 quatrains d’octosyllabes. « Mais non, la poésie est :
jeune qui à sa maîtresse pour « larme écrite », « art-hôpital » vivre »
s’en va la rassurer : il ne va
pas mourir. Or elle
semble déçue car
c’est contraire aux
poètes romantiques.
15. Poème adressé à Renouvellement du thème du poète 7 sizains d’octosyllabes Musset (Rolla), Hugo,
Insomnie l’insomnie comparée tourmenté, en proie à l’ennui. Chénier, Byron, Baudelaire,
à une femme qui Poème allégorique : l’insomnie = femme lubrique, Lamartine
vient déranger le prostituée qui vient tourmenter le poète sans
dormeur. coucher avec lui (amour conflictuel).
+ « impalpable bête » // « bête féroce »
Baudelairienne et poèmes suivants.
16. La pipe C’est la pipe qui Mise en scène du poète : Figure du poète 6 strophes (distique introductif, quatrain, tercets « Il laisse errer là son œil
au poète parle, elle embrume tourmenté (« Mon pauvre ! »), fou ou x3 = neuvain, quatrain) d’octosyllabes. mort ... »
l’esprit du poète, le perdu dans les paysages vides que lui fait > sonnet déguisé, détourné (quatrains = rimes
fait rêver, « endort sa pipe. = Absence d’inspiration, de génie. embrassées) = irrévérence, pied de nez.
sa bête », le
tranquillise voire La pipe = attribut du poète-bohème, du Titre : « La pipe au poète » = expression familière +
l’anesthésie. pauvre et de l’artiste ou de l’étudiant, maladresse phonétique (puéril, jeu, populaire,
> Contrepoint au comme favorisant la créativité et blague).
poème précédent l’imagination.
(autocitation « sa Enonciation = je = la pipe = prosopoppée
bête »). Echos « araignées » : « Le poète Allégorisation de la pipe = figure maternelle
> continuité d’un Contumace » et « Sonnet posthume ». (« nourrice », familiarité, consolatrice, elle endort le
poème à l’autre, je poète > figure enfantine du poète).
de correspondances > Reprend sur le mode familier les images + dans sa bouche mais le nourrit de fumée.
(cf. « Sérénade des poétiques = le déchant.
sérénades »). Action de la pipe + conséquence sur le poète :
> Elaboration extrêmement savante : « Chimères éborgnées » = par la corne au front du
reprend les représentations + plan formel poète (jaune).
(sonnet dissout) + bascule sur le mode « front » = siège de l’inspiration + imagination.
familier. « araignées dans son plafond » = reprend « Spleen
4 » + exp familière de la folie douce en une seule
image.

Surponctuation = dissonance.

Tercet 1 : pts de suspension d’ouverture = blanc


narratif, comme si un peu de temps était passé.
+ immensité, vide, mirages (= imagination)
> La fumée fait comme un écran dans la chambre
mentale du poète sur laquelle sont projetés des
fantasmes, des images (mélancolie, Saint-Antoine
au Désert).
> enfermement à l’intérieur de soi.
« œil mort » = absence de vivacité.

Tercet 2 : apparition « ombre connue » + émotion


(femme aimée infidèle ?)

Tercet 3 : Tourbillon intérieur du sommeil libérateur


(pipe = muse = sommeil, non l’inspiration.

Ligne de points = assoupissement (temps passé) =


rythme + image (« gesticulation typographique »,
Herbelin ?)//Hugo

Quatrain :
« mon pauvre » = dignité du poète, pauvreté
superlative.
Antanaclase + Poème vanité ou nature morte : tout
est fumée = matière, rien, cendres (L’Ecclésiaste)
// Mélancolie
(« la fumée est tout » = imagination)

17. Le Portrait du poète en Mise en scène du poète : laideur, dans Sonnet inversé « Un chant dans une nuit Variation inspirée de
Crapaud crapaud, écho l’ombre, d’outre-tombe, « ça » mais aussi sans air Baudelaire (« La pipe » et
grinçant à l’Albatros. « il chante », « œil de lumière », Présence lyrique : La lune plaque en métal clair « Spleen » n°4., L’étranger)
« rossignol de la boue ». Adresse à une femme, impératifs. Les découpures du vert + La muse malade
+ identification explicite au crapaud. sombre. »
Bestiaire : crapaud, poète tondu, sans
aile. Répétition « chant » x 3.
« ... Un chant ; comme un
Art poétique : un chant comme un écho écho, tout vif »

« Bonsoir- ce crapaud-là
c’est moi. »
18. Femme Monologue d’une Se dessine en creux le poète : fier, 11 quatrains, alexandrins/octosyllabes « Comme Eve – femme Victor Hugo, « Le Crapaud »
femme qui veut ombrageux, laid, faussé, dédaigneux... aussi- qui n’aimait pas la Baudelaire, « L’albatros »
séduire par orgueil Proie chassée par la « bête féroce ». Monologue : flux de conscience avec ses pomme
un homme parce hésitations, revirements, justifications. Je ne l’aime pas – et j’en
qu’il la snobe. Bestiaire : « animal ombrageux » veux ! »
Femme = chasse sa proie.
19. Duel Duel au soleil Poète en position de faiblesse. Sonnet Baudelaire (« La bête
aux auquel le poète féroce »)
camélias participe ? Jeux sur les couleurs, les matières, visions fugitives
Duel dont l’enjeu est et imparables.
une femme ? Polysémie/métaphores.
Fatal au poète
touché, sanglant à la
fin du poème.
20. Fleur Le poète remercie La cruauté de la femme est élevée au rang Sonnet « L’amour est un duel :-Bien Baudelaire, « Duellum »
d’art avec amertume une d’art élégant (art de séduire puis de touché ! Merci. » Dumas , « La Dame aux
femme de l’avoir tromper). Nombreux échos au poème précédent : duel, camélias »
trompé et blessé. Ton railleur du poète lucide qui refuse les boutonnière, rouge, sang, fleurs, mort...
Peinture et constat, larmes et la mémoire.
sans plainte, de Jeu de mots sur expressions médiévalisantes :
l’amour décevant. « fine histoire » // fin’Amor et « mâle-mort ».
21. Pauvre Poème qui fait suite Femme cruelle et légère, « bête féroce ». Sonnet « Quel instrument rétif à
garçon à « Femme » : une Poète vu par l’amante : plat, bête, drôle, jouer, qu’un poète ! »
femme évoque un qui « aurait pris trop au sérieux son rôle » Monologue de la femme : réflexions,
ancien amant poète remémoration, suppositions.
avec qui elle s’est
amusée et qui en L’amour romantique est tourné en dérision :
est peut-être mort. Poète comparé à un instrument de musique, à un
« héros » incapable.

L’amour comme un jeu (musique, théâtre, ricochets)


enfantin, mais aux conséquences fatales.

22. Déclin Poème sur le Ethos du poète : la célébrité, la Sonnet « Son cœur a pris du ventre
succès du poète reconnaissance sonne le glas de la poésie et dit bonjour en prose »
bohème devenu authentique. Définition du poète réduit à peu de de chose : une
célèbre et donc période de la jeunesse dont on sourit, « Rien ». La
« fini, banal » poésie est ailleurs ?
23. Bonsoir La poésie lyrique est Art poétique : dénonciation de la poésie Sonnet « Tout cela – n’en faut plus »
un miroir aux lyrique comme une apparence clinquante
alouettes, un piège de préciosité trompeuse. « Astre jaune » = lune ? « Croyez – Mais lui n’a plus
dans lequel la Le poète, Dieu déchu, n’y croit plus, cette ce mirage qui leurre.
femme frivole se poésie est niée, dépassée. Pleurez – Mais il n’a plus
prend. Elle n’existe cette corde qui pleure.
pas. Ses chants... – C’était d’un
autre ; il ne les a pas lus. »
24. Le A l’intérieur d’un Portrait du poète marginal, exclu. Long poème de strophes et de vers variés. « Condamné des huissiers, Bernardin de St Pierre, Paul
poète récit (un poète venu comme des médecins, et Virginie ;
contumace chercher refuge Lettre-poème : le poète annonce qu’il est « Armor » = lieu imaginaire de la rencontre entre Il avait posé là, soûl et Robinson Crusoë
dans un vieux vivant + déclaration d’amour et injonction à l’art, l’amour et la mort. cherchant sa place La Tour de Nesle
= le poète couvent en ruine), la la belle de venir + description ironique du Pour mourir seul ou pour Roméo et Juliette
maudit, lettre du poète à sa paysage breton et de la vie à la Bestiaire : poète associé aux animaux nocturnes ou vivre par contumace... » Nodier, Inès de La Sierra
rebelle, belle inconstante par campagne. proscrits (chiens errants, rats, hiboux). (conte gothique)
opiniâtre. laquelle il lui « Faisant, d’un à-peu-près
demande de venir le Polyphonie/citations (idiolectes) en italiques. d’artiste,
rejoindre. Reprise Un philosophe d’à-peu-près,
du récit : le poète rit Autoportrait du poète en marginal, incomplet. Râleur de soleil ou de frais,
et déchire la lettre. En dehors de l’humaine
piste. »

Sérénade « Sérénade des sérénades » = parodie de la formule superlative (génitif hébraïque) du Cantique des cantiques dont le thème principal est l’amour. Chez Corbière, l’amour n’a plus rien de la gravité
des biblique, il est tourné en dérision sur le mode iconoclaste et blasphématoire.
sérénade > Détournement du lexique religieux.
s. P. 127 - Orientation métapoétique du recueil qui se met en scène dans son dispositif (cf. Laforgue, dernière « complainte » = « Complainte des complaintes »).

Section à l’unité thématique très forte, affirmée : chaque poème renouvelle la même situation sans la résoudre : le poète-troubadour adresse une sérénade à sa dame et lui demande ses faveurs, un
signe, mais la porte et la fenêtre restent définitivement closes, ce qui provoque l’impatience du poète (Enonciation : Je (le poète-troubadour) à tu (la dame), sauf pour « Heures » et « Grand Opéra »).
Permanence de la thématique musicale (instruments divers, références à l’opéra, chant...) et de la coloration hispanisante, parodie de Musset, Mérimée, Gautier.
Présence forte et blasphématoire de la thématique religieuse (en particulier mariale).
Nombreuses mentions des parties extérieures du bâtiment dans lequel se cache la dame (synecdoques ?), notamment dans les titres des poèmes + termes renvoyant à la situation (nuit, attente,
guitare...)= atomisation, vision incomplète, effets de détails.
Lexique+ formes + thématique médiévale ou archaïsante détournée, actualisée par la posture irrévérencieuse du poète.

Sérénade : 1. Composition vocale, accompagnée ou non par un ou plusieurs instruments, que l'on interprétait la nuit sous les fenêtres d'une personne pour l'honorer ou la séduire. − P. anal.
♦ Mélodie que l'on chante dehors (souvent en s'accompagnant d'un instrument) pour amuser ou séduire un auditoire. ♦ Compliment que l'on adresse à une femme pour la conquérir. 2. Composition
vocale ou instrumentale, de style libre et léger, destinée en principe à être jouée la nuit en plein air par un petit ensemble à vent (bois, cor) auquel peuvent s'adjoindre des cordes.

1. Sonnet Sonnet plantant le Musique : elle ne correspond pas à l’idée Sonnet (heptasyllabes)
de nuit décor et la situation : de la sérénade puisqu’elle est « atroce ».
la nuit, le poète à Titre = précision du cadre nocturne que viennent
l’extérieur se heurte Femme : dans la tradition courtoise, elle compléter d’autres éléments constitutifs du décor :
aux multiples fait souffrir le poète par son attitude « croisée ensommeillée » (hypallage), « vitre en
obstacles le hautaine et muette et par son éloignement diamant » (dureté), « herse hérissant rouillée »
séparant de sa spatial. On retrouve ce motif ici : la femme (paronomase), « oubliette verrouillée »
dame à l’intérieur. est invisible derrière une série d’obstacles
qui sont autant de pièges, d’instruments La femme = inaccessible et cruelle
de torture qui « enferment » le poète Univers de condamné à mort ou à la torture que
« dehors ». viennent confirmer le terme « bourreau » : « Pour
+ scène du balcon // Roméo et Juliette Toi, bourreau que j’encense » (sacralisation par la
Mais ces motifs sont traités avec dérision : majuscule + encenser = parfumer et honorer)
caricature, burlesque, image dévalorisé du + « ton balcon = gril à braiser » (ironique = cuisine
poète et de la dame. ou torture) > Femme en position élevée.
+ ton col = collier de garotte (supplice du garrot
pratiquer sous l’inquisition espagnole).
> ici, la comparaison ne fonctionne que par
association d’idée et les paronymes
« col »/ « collier », non par analogie visuelle.
Métaphore finale : femme = Judas = traitresse
+ calambour Judas Iscariote/ouverture.

> L’amour est réduit à la cruauté de la femme et à


l’idée de souffrance : « L’amour n’est donc que
vengeance ? »
Malgré tout, mouvement de rapprochement tout au
long du poème : « croisée » > « Judas », « col »,
« baiser ».

« Trente-six morts » = 36 chandelles mortes ?


(temps passé/étourdissement du poète).

Posture lyrique : je/tu, adresse à la dame cruelle +


musique (« atroces accords ») mais tourné en
dérision : « éraillée » + « rouillée ».
Poète = posture de frustration, enfermé, réaction
bestiale face aux obstacles eux-mêmes
personnifiés : « Herse hérissant ... tes crocs où je
pends et mords ! »
+ ponctuation = exacerbation des sentiments.
+ injonction qui reviendra dans les poèmes suivant :
« Eh bien ! ouvre »

2. Guitare Le poète s’adresse Revendication du caractère éphémère de 5 quatrains octosyllabes + tétrasyllabes en 2ème « Connais-tu Psyché ?-
à la dame pour la l’amour réduit à une aventure charnelle, position (st. 1 et 5) ou en 4ème (st. 2, 3, 4). Non ? – Mercure ?...
rassurer : leurs sans lendemain : « Ne crains pas de Cendrillon et son aventure ?
amours ne dureront longueurs fidèles ». Titre : instrument de la culture hispanique (+ - Non ?- ... Eh bien tout cela
qu’une nuit. romantisme) accompagnant le chant. c’est moi :
Autoportrait du poète en créature + Rengaine, plainte banale, blague sentimentale. Nul ne me voit. »
nocturne et furtive.
Chanson, musique : la dernière strophe reprend
en la modifiant la première strophe (ritournelle). +
rythme particulier des strophes.

Détournement, réactualisation d’expressions


figées :
« rouler une amourette en cigarette », « les filles
dans de beaux draps », « Mettre les filles dans les
plats »
+ Allusion blasphématoire au « petit jésus en
crèche » (« Mettre Jésus dans la crèche » = faire
l’amour).

Portrait du poète : « Je suis si laid ! » + « voleur de


nuit » = créature nocturne (Psyché, Mercure,
Cendrillon = voués à l’obscurité, à la dissimulation).

Bestiaire : « hibou d’amour »


« Mes pieds ont des ailes » // Mercure + furtivité

Amour : Amourette//cigarette = analogie soulignant


le caractère éphémère de l’amour.
« M’envole au jour » + « Avant le rayon indiscret » //
Roméo et Juliette, l’amour en moins.
+ un amour à consommer tout de suite : « mettre
les filles dans les plats » + associé au feu (« comme
un feu de paille ? ») : « flamber les draps »
+ revendication d’un savoir-faire (« Je sais » x2)
3. Poème anaphorique Poète incapable de séduire la dame + 6 quatrains tétrasyllabiques + vers final détaché. « Vais m’en aller » (clausule)
Rescousse évoquant la difficulté allusion au « métier de chien ».
de composer une
sérénade > le poème est la négation du titre, un Titre : « Rescousse » = Reprise d'une personne ou
convaincante. constat d’incapacité. Le poète désavoue d'une chose enlevée de force. / Aide, renfort.
un par un les « trucs » qui, selon la
tradition courtoise, devraient l’aider à Structure : poème construit sur un système
séduire sa dame. hypothétique « Si... + conséquence » : Si le poète
ne parvient pas à convaincre la dame avec ses
armes (sa guitare, sa voix, son cigare, sa menace,
son âme), il s’en ira.

Motif musical : la guitare est assimilée à un


instrument imparfait (« que je répare ») et de
torture : « trois fois barbare », « Kriss indien » (long
poignard), « cric de supplice », « bois de justice » (=
guillotine), « boîte à malice »... et inefficace (« ne
fait pas bien »).
> A mettre en relation avec la rengaine, la litanie qui
scie les nerfs.

Le chant, la voix, la poésie (St. 3), « métier de


chien » + incapacité à dire.
« Mon doux martyre » = souffrance de l’amoureux
(poésie courtoise) // La menace doit être gracieuse
(st. 5).
« Muet de hurler » = le poète devient muet à force
de hurler ?

Le cigare (St. 2) = attribut du séducteur ? (+ phallus


// Kriss, phare) + « viatique » (Sacrement de
l’Eucharistie / aide, soutien / pièce de monnaie
placée dans la bouche du mort), guide le poète
mais échoue à égarer (séduire ?) la dame.
« Feu de brûler » = calembour feu amoureux et
mortuaire.

St. 6 : Feux de l’amour // mer. « lame » = vagues +


arme ?
« Cuit de geler » = le poète est condamné à geler ?
Froid et immobilité s’opposent au feu, au
mouvement de la lame ?

Clausule : « Vais m’en aller » = tournure


archaïsante (abs pronom sujet – cf. « Chanson en
Si ») + constat d’échec et abandon du combat.
4. Toit Le poète décide de Situation poussée jusqu’à l’absurde : le Sonnet (alternance hepta + penta) + dernier vers « Tiens non ! » (Fait suite au Perrault, Peau d’âne.//
rester quoi qu’il poète ne lâche rien mais n’obtient rien. isolé par une ligne de pointillés. poème précédent) Cendrillon (« Guitare »).
arrive sous la > dimension burlesque.
fenêtre. « Tiens non ! J’attendrai tranquille » = en réponse à
la clausule du texte précédent.

Registre familier : « planté », « crever » (double


sens de « mourir » (d’où l’incise « Dieu me
damne ! ») et « percer » + expression populaire
« tuile » = problème.
« Je lèche la pierre » = manifestation de frustration
extrême ?

Allusion triviale à la maladie « Colique-sèche de


miserere » + expression blasphématoire.

Retour du motif musical comme torture, provoquant


la douleur et un son désagréable : « Je crèverai ...
ton tympan ou la peau d’âne de mon bon tambour !
» (Zeugma ?)
> sens figuré (volume insupportable) et littéral
(instrument déchiré).
+ allusion ironique au conte de Perrault

Tercet n°2 : adresse poétique (ironique) à la


fenêtre, seule ouverture au « boîtier » contenant
l’objet de désir du poète : la dame (« calme et
pure » = inviolée, inaccessible) comparée, dans le
vers final, détaché (pointillés = durée, temps,
suspens) à un « vieux monsieur sourd » =
comparaison désobligeante.
5. Litanie Le poète poursuit sa Dimension blasphématoire : imitation Sonnet, octosyllabes
tentative de des litanies de la vierge + allusion au
« sérénade jamais Cantique des cantiques + « au Diable ». Titre : longue suite d’invocations à Dieu ou à la
finie », qu’il prolonge > La femme remplace vierge (« Litanie de Lorette ou litanies de la Sainte
par des invocations irrévérencieusement la Vierge. Vierge »). Verset + répons. / Répétition insistante et
poétiques à la monotone.
dame, qui ne répond
pas. Allusion à la situation qui perdure : Le poète est
« sur le pavé », « Passer ma nuit, si longue encor »
et la sérénade se transforme en « berceuse » pour
la dame qui dort.

Présence lyrique : Je /tu + pastiche des litanies de


la vierge : invocations poétiques.
Le chant = sérénade jamais finie = « haleine de
baiser » + « senora ».

Bestiaire : « rat mort » // s’ennuyer comme...


6. Chapelet Le poète égrène une Idem poème précédent : Femme remplace Sonnet, alexandrins « A moi grand chapelet ! La ballade du juif errant,
succession Vierge Marie (voir les majuscules pour égrener mes plaintes, poème populaire.
d’expressions sacralisante) + citations approximatives Titre : le chapelet est un objet de dévotion mariale / Avec tous les AVE de Sa
religieuses mêlées à (espagnolisme) du Calendrier liturgique. liste, succession d’éléments d’une même catégorie. Perfeccion, » Le Juif errant = roman-
diverses allusions à Tirets = effet de liste, de succession + « égrener feuilleton d’E. Sue (1844).
la situation qui se mes plaintes »
prolonge. Isaac Laquedem = le juif
« AVE » = Ave Maria errant, roman inachevé
d’Alexandre Dumas père
Dimension parodique des espagnolismes + dont la publication en
Mardi-gras, absinthe, circoncision, Isaac Laquedem, feuilleton (1852) est
fonds de bouteilles...= irrévérencieux. interrompue (hostilité des
catholiques).
« circoncicion » = fête de l’Eglise commémorant le
jour de la circoncision du Christ. Laforgue, « Complainte du
« Navaja » = long couteau à lame effilée (cf. juif errant »
« Kriss » dans « Guitare »).
Le juif errant est condamné
« Le christ avait au moins son éponge d’absinthe » à errer éternellement pour
= allusion à l’éponge imbibée de vinaigre donnée au avoir insulté le Christ lors de
Christ au moment de la Passion = minimalisation du la passion. Son errance se
geste + substitution (absinthe = alcool contemporain finira lorsque le Christ
de TC mais aussi « amertume ». Cf. Hugo). rédempteur lui dira :
« Ascension » = fête religieuse + allusion à la « couche-toi et ne marche
situation du poète au pied du bâtiment. plus ».
> Mythe ancien (XIIIè)
« Isaac Laquedem, prête-moi ta complainte » =
comme le juif errant, le poète est condamné à
poursuivre la sérénade éternellement (malédiction).

« Todas-las-santas » = Toussaint
« Secundum ordinem » = formule prononcée à
l’ordination des prêtres.

« Quasimodo » = fête au cours de laquelle, en


Bretagne, on casse de la vaisselle + personnage du
roman de Hugo.
> désir de casser les vitres

Musique : « mandore » (guitare) = « casse-tête »


(douleur, torture).
« Raquando » (gérondif fautif) = rascando = gratter
une guitare.
> La musique pourrait casser les vitres ?

7. Elizir Autoportrait du Thème de la musique qui « écorche au 10 quatrains, heptasyllabes « Tu ne me veux pas en Lesage, Le Bachelier de
d’amor poète en troubadour vif sans trêve » = énervante, insistante, rêve, Salamanque = roman
insistant, devenant instrument de torture. Titre : reprise hispanisante du titre de l’opéra-bouffe Tu m’auras en mettant en scène un
le « cauchemar » de de Donizetti, L’Elisir d’amore (reprend le motif du cauchemar ! » bachelier démuni.
la dame. Défilé de figures d’amoureux philtre d’amour).
stéréotypés tels que les a mis en scène la > L’amour s’impose par la force. « T’écorchant au vif, sans La Fontaine, « Le laboureur
poésie sentimentale. trêve, et ses enfants »
Musique : « Maudite », « assourdi(t) les recluses », - pour moi...pour l’amour de
« éreintant à coups de pieux, / Les neuf et les l’art. » Molière, Don Juan
autres muses » (les 9 muses de la mythologie sont
sarcastiquement démultipliées). « Mais ma musique est Abélard et Héloïse (XI-XIIè) :
> # harmonie maudite, amours scandaleusement
« Viole d’amour » = instrument baroque + jeu de Maudite en l’éternité ! » libres. Abélard fut condamné
mot de TC (attribuée aux figures religieuses + à l’émasculation, punition
rosaire = grand chapelet Ave + Pater)// « Chapelet » réservée aux adultères et
aux violeurs.
+ St. 8 = cacophonie (« retapeur de Cf. « Après la pluie »
casserolles »/ « claque des castagnoles »/
« chatouille le jambon » (= jouer de la guitare). Platon, Le Banquet.

Motif amoureux :
Poète = comédien répétant ses « rôles » = haut
cavalier, pèlerin, Capucin, troubadour, bachelier de
Salamanque, gitan retapeur de casseroles et joueur
de guitare, Dom Juan...
= tous figures d’amoureux potentiels, jeunes et
pauvres.
= tous borgnes ou aveugles – calembour sur « bon
œil » (revendication de lucidité du poète-Corbière).
« Ce fonds jamais ne me manque » = la poésie
romantique est un fond jamais épuisé de
stéréotypes amoureux.
« Tout vœux ! Et pas un denier ! » = engagement
précaire, naïf.

St. 9 : Variation sur l’amoureux nocturne, masqué


(« loup sur la face », « maraudeur »).

St. 10 : Le poète peut « honorer » sa maîtresse,


contrairement à Abélard (émasculé) et au chien
d’Alcibiade dont il a coupé la queue (Amant de
Socrate, incarnation de l’amour grec).

8. Vénerie Poème écrit sur le Thème de l’amour détourné de son 4 quatrains heptasyllabiques avec le dernier « Souvent femme varie, bien
calembour initial image noble, innocente aussi bien que vers séparé par des pointillés. fol est qui s’y fie », dicton
vénus/vénerie, grave et tragique. popularisé par Hugo dans Le
associant l’amour à Titre : art de chasser à courre / calembour avec Roi s’amuse (1832) et Verdi
la chasse et la La femme = une laie (dimension « Vénus », déesse de l’amour. dans Rigoletto (1851).
femme à une bête burlesque et misogyne).
sauvage (laie). > le poète est alors limier, piqueur, valet Réactualisation d’expressions et dictons
de chien puis chien aboyant après sa proie populaires : « à cors, à cris, à pleine voix » (motif
sans pouvoir la saisir // renouvellement de musical : allusion à la sérénade), « femme varie »,
la situation du poète dans la rue, devant la « pied de biche », « faire le pied de grue »
porte fermée de la dame.
+ Lexique de la chasse : Faire le pied (obs des
+ Renversement de la situation habituelle : empreintes), faire le bois (rechercher le gibier avec
c’est le poète qui est en position de « faire le limier).
le trottoir ». « Que Diane aussi me sourie !... » = sollicite l’aide
des 2 déesses concernées.

La métaphore est filée sur l’ensemble du poème


avec plusieurs jeux d’analogie :
« pied de biche »// « cordon de sonnette »
« bois de cerf »// « porte »
« pied-de-grue » // attente du poète + grue = femme
facile, vénale ou niaise.
Femme = « fauve », « bête », « sauvage » (cf.
« bête féroce »).

+ Fatigue du poète devant la situation qui perdure :


« Je suis fourbu, qu’on me relaie ! »
« Bien moins sauvage te croyais ! » (tour archaïque)

Pointillés : image du silence en réponse à la


question posée au vers 15.

9. Vendetta Discours de mépris Thème de l’amour dévoyé : conflit, 5 quatrains heptasyllabiques « Vaux-tu ma chanson La Genèse, la chute.
et de menaces mépris, misogynie, menaces... encore ?... Carmen (1875)
adressés à la Titre : vengeance ou esprit de vengeance, hostilité Me vaux-tu seulement
femme qui se refuse Portrait du poète : être faux (jésuite, transmise de génération en génération entre deux moi !... »
(menaces de serpent), repoussant (crapaud, punaise) et clans, suite à une injure.
vengeance). menaçant.
Ici, le poète profère des menaces suite au refus de
la dame ; « Tu ne veux pas de mon âme »/ « Tu ne
veux pas de ma peau »
> « Tu me le payeras !... », « Prend garde !... »

+ dévaluation de l’ « âme », dont précieux de


l’amour romantique, ici « jeté » à « tour de bras ».

Bestiaire : serpent, crapaud, venimeux, punaise,


poisson rampant (danger dissimulé, traîtrise, qui
provoque le dégoût, la méfiance)
// Jésuite = hypocrite, retors, faux
+ misère, pauvreté (la punaise, « compagne que j’ai
sur moi », en lieu et place de la femme convoitée.
« Pure...mais, ... Je te préfèrerais, Toi » = sous-
entend que la femme n’est pas pure (exempte de
souillure, qui ne fait pas le mal).
+ péché originel (« qui fit pécher ta grand’mère »=
Eve)
+ image du christ (blasphème)

> Le poète se dévalorise mais la femme qu’il


courtise vaut encore moins que lui (Pécore =
prétentieuse, impertinente) + 2 derniers vers, dont
le dernier n’est pas une interrogation.
10. Heures Les heures qui Prolongement du conflit (St. 1) qui se mue Sonnet, heptasyllabes + dernier vers de chaque « L’heure est une larme – Tu
passent provoquent en mélancolie devant le temps qui passe. strophe (y compris les 2 tercets) plus long : pleures,
la mélancolie du décasyllabes. Mon cœur !... Chante encor,
poète. va – Ne compte pas. »
Titre = allusion aux heures qui s’écoulent, au temps
passé à attendre.
+ « Dans le creux des nuits tombe : un glas...deux
glas/ J’ai compté plus de quatorze heures... »
> le glas = tintement lent sur une seule note
annonçant l’agonie ou la mort de qqn.
Associé aux « larmes » (« L’heure est une larme »).
> Mais le poète s’exhorte lui-même à poursuivre
son entreprise : « Tu pleures,/Mon cœur !... Chante
encore, va – Ne compte pas »
+ mise en valeur des pleurs par le contre-rejet.
Cf. Dicton « Quand on aime, on ne compte pas »

St. 1 « Mauvais œil à l’œil assassin » (une œillade


assassine = coup d’œil appuyé qui repousse l’invite
amoureuse.) = anathème lancé par le poète,
« malandrin en chasse » (brigand, mauvais garçon)
demandant l’ « aumône ».

St. 2 « Fou de Pampelune » = connotation


hispanisante + personnage fantasque, lunaire
(//Pierrot). Paysage mélancolique (« Cafarde ») et
sombre, endeuillée (« Crêpe noir », « sous un
éteignoir » = sans entrain, sans enthousiasme),
suscitant un sentiment d’effroi : « Horreur ! » (Cf.
« Le Crapaud ».)
+ « J’ai peur du rire de la Lune » = peur des
moqueries ?
+ « male heure » = expression ancienne pour
« malheur », « mauvaise heure ».
+ Crécelle = bruit aigre, criard, crépitant + annonce
les lépreux + appel à la messe pendant la semaine
sainte.

Tonalité élégiaque du 2ème tercet (lyrisme : chant et


larmes).

11. Litanie des souhaits, Dimension blasphématoire : 10 Quintils (heptasyllabes) avec reprise partielle « Magali » de Mistral,
Chanson fantasmes du poète nombreuses références religieuses à du vers 4 en écho/refrain au vers 5 (3 syllabes) = Mireille (1959)
en si selon la structure l’Evangile et au catéchisme (allusions rondel ?
hypothétique Si licencieuses) additionnées d’allusions Musset, « Madrid ».
j’étais + action. graveleuses. Nombreux archaïsmes + tours de langue
archaïsants (absence du pronom sujet) = imitation
poésie médiévale.

Titre : Allusion à la structure hypothétique utilisée


dans le texte + nombreux échos qui apportent un
rythme particulier (= chanson).
+ homophonie « une scie » = chanson monotone et
répétitive provoquant l’ennui//sérénade.
+ Note de musique

Bestiaire : « noble Faucon/tournoîrais » (double


sens tournoyer et faire un tournoî//médiéval),
« taureau », « rat ».

+ Emprunts aux univers imaginaires, gothiques :


« pendu » et « vampire ».

Emprunts à l’univers religieux : « gros


confesseur/te fouaillerais, ô Ma Sœur » qui vient
ironiquement en première pénitence, avant le
sermon (« te dirais ce que je pense ») # « Maigre
apôtre », à l’origine d’un discours ambigu (« faim »,
« un baiser ») ; « Frère-Quêteur » (qui quête pour
son couvent) # « Madone riche » (Statue de la
vierge dans une niche) ; « vieux bedeau »,
« cierge », « goupillon d’eau bénite », « vespre » >
figures du quotidien, pleines de duplicité dans leurs
actes et leur discours.
+ allusions sensuelles/sexuelles : « foncerais ta
porte ! », « te boirais », « lèverais l’écrou », « ferais
un petit trou », « Te mouillerais de rosée », « Te
fouaillerais », « un cierge au rideau », « goupillon
d’eau bénite », « roide pendu » (forme ancienne,
littéraire de « raide »)

Homosexualité féminine : St.9.

La fin du poème raccroche avec la situation des


poèmes précédents : « Senora, si j’étais Toi.../
J’ouvrirais au pauvre Moi,/ - Ouvrirais ! - »
12. Portes Invectives du poète Dimension comique découlant de la 4 quatrains, octosyllabes, rimes croisées. « Je n’ai fait que me damner Musset, « L’Andalouse » :
et fenêtres qui s’impatiente. répétition d’une situation qui n’évolue pas moi, « Allons, mon page, en
+ gesticulations du poète qui perd son Titre : Allusion par métonymie au bâtiment où se En serinant mes embuscade !
calme. cache la dame et aux ouvertures sur lesquelles se sérénades... » Allons, la belle nuit d’été !
focalise l’attention du poète-troubadour. Je veux ce soir des
+ dimension triviale, anti-poétique du titre (cf. sérénades
« Toit ») A faire damner les Alcades
De Tolose au Guadalété. »
« Sang et guitare ! » = juron fantaisiste et comique.

« Nulle ne m’a laissé, Barbare,


Aussi longtemps me crier mort ! » = protestation
d’injustice (habituellement, cette situation ne se
prolonge pas autant > il semble que le séducteur ait
tout de même souvent attendu !)
+ comique de « me crier mort » (on ne peut mourir
qu’une fois > exagération du poète poussé dans ses
retranchements).

Dicton populaire : « L’Enfer est pavé de bonnes


intentions » détourné + nombreuse allusions à
l’enfer : damner (X5), purgatoire, mort...
> Sa situation est assimilée au purgatoire = lieu ou
état intermédiaire qui se prolonge, suspendu entre
un bonheur et un malheur.

Adresse à la femme : impératifs et imprécations


parce qu’elle ne se manifeste pas + le poète en
représentant de la divinité puisqu’il peut « damner ».
Femme = « Barbare » + absence totale de signes
de sa part, au point que le poète finit par douter de
sa présence dans les murs : « Si tu n’es pas là...
Préviens-moi ! »
> Renforce le ridicule de la situation.
+ « Trop incomparable inconnue » = sens figuré
(éloge de la beauté) mais aussi littéral (si elle ne se
montre pas, on ne peut la comparer !) = ironie,
dérision.

St. 4 : sonne comme une conclusion apportée à la


section, englobant toutes les sérénades (« Je n’ai
fait que me damner moi, /En serinant mes
sérénades » = jeu sur les sonorités/répétitions) :
constat d’échec.
13. Grand Poème dénonçant 1er acte (vêpres = le soir) = blasphèmes, 1er acte = six strophes hétérométriques, rimes « Comme les trucs sont Musset, « L’Andalouse »
Opéra l’illusion des nb évocations religieuses. Le poète suivies. démolis ! » (Voir « Portes et fenêtres »)
« trucs » de la s’adresse à une « châsse », une vierge 2è acte = sonnet
religion catholique martyre, « figure de cire » (relique ? Statue 3è acte = 5 strophes hétérométriques.
puis tournant en de sainte ?) et fait le constat que l’espace
dérision la poésie religieux est déserté, vide.// métaphore Titre : un « grand opéra » est une œuvre à sujet
sentimentale à la filée pour la dame, enclose dans son tragique. Ici, parodie relevant de l’opéra-bouffe.
Musset. logement.
1.
St.1 : « tabernacle » = lieu qui recèle qqc de
sacré/qui dissimule une présence divine. Le texte
2ème acte (Sabbat = nuit) = le poète insiste sur la matérialité du décor religieux et de la
angélique se mue peu à peu en diable figure féminine, statue de vierge ou de sainte.
cornu avec des prétentions sexuelles. + détournement de la prière « Notre père » au v. 4.

3ème acte (Sereno) = le matin (« aubade ») St. 2, interrompue pour intercaler entre 4
= poésie romantique sentimentale + alexandrins, un petit quatrain de tétrasyllabes
Musset raillés. (comptine, tonalité naïve dc irrévérencieuse,
+ dialogue avec un passant. contrastante et qui affirme l’absence du sacré par le
subst « éteint » X2).
Interrogations adressées à la sainte, dans une
tonalité lyrique et mystique relevant de la poésie
romantique (alliance de la nature et du sacré,
beauté et richesse des ornements attestant de la
présence divine) = le sacré est mis en doute.

St 3. Allusion à la poésie de TC, qualifiée de


« barbare » (= qui va à l’encontre des valeurs
morales, cruauté, férocité, violence + qui contrevient
aux formes intellectuelles, esthétiques et morales
d’une certaine civilisation) et d’ « orgue infernal »,
par opposition à « l’orgue sacré » de la st. 2. >
affirmation de la vitalité de cette poésie par oppo ?
+ Calembour sur « orgue de barbarie » = instrument
de la rue, de la bohème, profane, emblématique de
la poésie de TC ? Affirmation de la dimension
anticléricale de sa poésie + importance de ce
détail pour TC !
V. 15-16 Mise en parallèle des « pas du prêtre »
(trivial + double sonorité cocasse « pas/pas ») avec
les mots murmurés à l’Hostie.

St 4. Mise en attente du sentiment religieux du


poète = mise en doute + irrévérence (légèreté du
ton + trivialité du lexique : « oreiller »).
+ Trompette = annonce la résurrection des morts.

Séparation par des pointillés : temps de suspens,


attente.

St. 5 Reprise des demandes du poète à la dame,


cette dernière se confondant avec la « châsse » :
double lecture lexique religieux / allusions
scabreuses.

St. 6 interrompue par une ligne de pointillés qui fait


rupture (+ mime le silence de la dame) et isole le
dernier vers, prosaïque retour à la situation de
départ (tonalité de vaudeville) et marquant
l’exaspération du poète.

2.
Sonnet octosyllabique.
Multiplication des points de suspension :
étouffement, suffocations de l’ange / et des tirets :
prise de pouvoir du diable.
> polyphonie énonciative (3 voix)
St. 1 Poète se compare au « bon ange » mais
rupture de ton par allusion à l’acte sexuel : « pour te
couvrir ».
+ évocation de la poésie ? « terre maudite »,
« fange » > allusion à l’incapacité du poète TC à
reprendre les poncifs innocents de l’amour
romantique.

St. 2 Ds la continuité de la st. 1, portrait du poète


en ange déchu, possédé par le diable (progressive
contamination du poème : intervention intempestive
du démon / tiret + rupture de ton et de lexique).

St. 3 Idem, portrait d’un ange dont les attributs sont


défaits (déchéance du poète-prophète).

St 4 Réalisation de la métamorphose : attribut du


diable remplace les attributs du poète (la corne) +
exclamation (« Par Belzébuth ! ») + tiret.
Mais humour de TC : le diable est aussi dédiabolisé
que l’angé était désacralisé : il est plus comique
qu’effrayant, sa corne est rompue + apparenté au
cocu.
D’où le commentaire (du poète : 3è voix ?) séparé
du reste par une ligne de pointillés et faisant un
double constat : la poésie traditionnelle était
constituée de « trucs » (registre familier apparentant
la poésie à un numéro d’illusionniste) qui ne
fonctionnent plus.

3.
Poème de strophes inégales (1 tercet, 1 quatrain, 3
quintils).
Dialogue entre le poète aspirant et le « séréno » ( ?)
auquel il demande s’il n’aurait pas arrêté « un
musset pour sérénade » > raillerie de la poésie
sentimentale.
Paroles du séréno pleine de voc. Religieux #
registre familier + irrévérence du poète qui lui
répond + tutoiement.

St. 1 « fanal oblique » = le jour ?


« Mettre flamberge au vent » = tirer l’épée, montrer
une ardeur combative.
« muguet » = homme se piquant d’élégance et de
galanterie.
« rosser le guet » = bastonner les gendarmes.

St. 2 « sereno » (paronyme « sérénade ») = crieur


de nuit annonçant les heures (et de fait : « Minuit :
second jour de carême »)

St. 3 Peu de valeur apportée à son activité nocturne


(« pas grand-chose »)/ou dissimulation ?
« Je sens la moutarde » = me monter au nez ? Exp.
Pour l’impatience, l’exaspération ? + Couleur jaune.

St.4 Citation ironique de Musset : le poète occupe la


même fonction (distance parodique) > génère un
risque d’emprisonnement (« violon » = prison).
+ « musset » devient un nom commun.

St 5 Sérénade réduite à une fanfaronnade, une


supercherie de vantard liée à l’esprit français
(poésie française ?).
« à l’aubade » = marqueur temporel (le matin) + « à
l’esbroufe »

14. Pièce à Dernier assaut Le poète à nouveau s’adresse à la dame 9 strophes, alternance octo/tétra. « ... Je soupire en vache
carreaux contre la vitre et la et commente la situation, évoquée comme espagnole
porte fermées au un duel dont il doit obligatoirement sortir Titre = la chambre et la fenêtre où se tient la dame. Ton numéro
poète. Echec de la un vainqueur. Mais aussi tissus bigarré faite de plusieurs Qui n’est, en français, vierge
sérénade mais le motifs/morceaux (// poésie de TC). molle !
bras de fer continue, Qu’un grand ZERO. »
le poète ne fait pas Imaginaire hispanisant : « Tolède, Cordoue, lame,
mine d’abandonner castagnette, Figaro, vache espagnole, Cadix »,
(pas de fin à la théâtre d’un piètre donneur de sérénade.
litanie des + verbes liés au duel (fendre, rompre, darder)
sérénades).
St. 1 à 3 = préparation des armes
St. 4 à 6 « Donc » (en conséquence) = évocation de
la relation poète/dame comme un combat, la
musique et la poésie étant les armes tentant de
venir à bout de la patience de la belle.

« corde-à-boyaux » = cordes d’instrument //


« nerfs » > dimension organique (idem « dents ») +
musique portée à la phase ultime de l’insupportable,
qui irrite les nerfs (et n’adoucit pas les mœurs !)

St. 5 Construction en chiasme :


« Castagnette/dents-idole en grès (//dureté de la
dame)/ squelette aux yeux dardants. »
> la dame emprisonnée, piégée dans l’opiniâtreté
du poète décidé à ne rien lâcher.

St. 6 « mes cierges » > voir « Sonnet de nuit »


(« trente-six morts » = chandelles).

Calembour numéro/zéro = tout cela n’est rien, un


numéro que l’on répète, réduit à néant.

Raccrocs
p. 151
« […] Et sur l’Académie, aïeule et douairière,
Cachant sous ses jupons les tropes effarés,
Et sur les bataillons d’alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l’encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l’essaim blanc des idées ;
Et je dis : Pas de mot où l’idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d’azur ! […] » (Hugo, « Réponse à un acte d’accusation », Les Contemplations)

La variation externe

Comme nous l'avons déjà souligné, les linguistes variationnistes tentent d'expliquer les phénomènes de variation linguistique à partir de contraintes internes à la langue, mais aussi à partir de contraintes externes à la
langue. Selon Bulot et Blanchet (2013, p. 48), la variation externe s'organise autour de cinq dimensions : diachronique, diatopique, diastratique, diaphasique et diagénique.

1) La première de ces variations, la variation diachronique, concerne l'évolution de la langue dans le temps. Elle permet de distinguer les formes anciennes des formes plus récentes d'une même langue. Par
exemple, on délimite dans l'ordre chronologique les différentes périodes historiques du français de la façon suivante : le proto-français (au VIIIe siècle), le vieux français (du IXe au XIIIe siècle), le moyen français (du
XIVe au XVe siècle), puis le français contemporain (du XVIe siècle à maintenant). Évidemment, le français contemporain peut lui-même être divisé en périodes variables, comme par exemple, le début du XXe siècle, la
période des années 50 ou le temps présent.

2) La variation diatopique permet d'identifier les variétés d'une même langue sous un angle géographique. Les variétés wallonne, marseillaise, québécoise seront ainsi définies comme « régiolectes », « topolectes »
ou « géolectes » parce qu'elles sont parlées dans des territoires géographiques précis (états, provinces, régions, départements, etc.).

3) La variation diastratique relève les différences d'usage d'une même langue au sein des couches sociales. Le français des classes sociales élevées de Paris représente en France, la norme, le modèle à suivre,
contrairement à certaines variétés dépréciées, voire stigmatisées (l'accent dit « de banlieue », par exemple). On parlera ici de « sociolectes ».

4) La variation diaphasique rend compte des usages différant d'une situation de discours à une autre. La production langagière est déterminée par le caractère « formel » ou « informel » de la situation de
communication. Labov (1976) l'appelle « variation stylistique ». Selon lui, chaque locuteur apporte à son langage une forme « d'autosurveillance ». Il précise d'ailleurs que : « La variation stylistique suit la même
direction quelle que soit la classe ; plus le contexte est « formel », plus apparaissent, chez tous les locuteurs, les variantes « de prestige » (celles que les classes supérieures utilisent le plus). » (Labov, 1976, p. 21).
Inversement, plus le degré de formalité de la situation décroit, plus l'usage des variantes vernaculaires (c'est-à-dire les variantes produites spontanément, lorsqu'on ne fait pas attention à notre façon de parler)
augmente. Pour différencier les styles entre eux, on parlera alors d'« idiolectes ».

5) La variation diagénique concerne les différences de parler relevées entre les hommes et les femmes. Elle permet de rendre compte, par exemple, que les hommes et les femmes n'ont pas les mêmes
représentations linguistiques (une variante peut être perçue positivement par les hommes, mais négativement par les femmes) et donc qu'ils n'emploient pas nécessairement les mêmes formes dans des contextes
sociaux similaires.

Terminons en soulignant qu'il existe une dernière dimension, la dimension diamésique, qui concerne les différences liées au canal employé par les locuteurs. Elle permet notamment de mettre en lumière les écarts
entre l'oral et l'écrit et de « prendre en charge les formes liées aux nouvelles technologies [...]. » Bulot et Blanchet (2013, p. 48)

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Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole (Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 171)