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LA SAINTE

BIBLE POLYGLOTTE

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Manuel blbllqne on Cotire d'Eorltnre Sainte & l'usage des Béminairee. AMiL.NTt.sT.iUKM.

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Prix du fascicule, ln-4', de [fSO

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t

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TTPoeRAPuiK riKMiJi-MOUT KT c". Huaii (Krsc).

LA SAINTE

BIBLE POLYGLOTTE

CONTENANT LE TEXTE HÉBREU ORIGINAL, LE TEXTE GREC DES SEPTANTE,

LE TEXTE LATIN DE LA VULGATE, ET LA TRADUCTION FRANÇAISE DE M. L'ABBÉ GLAIRE

AVEC LES DIFFÉRENCES

DE LHÉBREU. DES SEPTANTE ET DE LA VULGATE;

DES INTRODUCTIONS, DES NOTES, DES CARTES ET DES ILLUSTRATIONS

Par F. VIGOUROUX

IRÊTRE DK SAINT-SULPICE

NOUVEAU TESTAMENT

Tome VIII

LES ÉPITRES DE SAINT PAUL, DE SAINT JACQUES, DE SAINT PIERRE DE SAINT JEAN, DE SAINT JUDE. L'APOCALYPSE.

PARIS

R. ROGER ET F. CHERNOA'IZ, LIBRAIRES-ÉDITEURS

99, BOULEVARD RASPAIL, 99

1909

Droits résenés.

NIHIL OBSTAT

H. Garriguet,

Sup

^^

IMPRIMATUR :

Parisiis, die S8 f^hr. 1909.

f I.LO Adolphus,

Arch. Parisiens.

EXPLICATION

DES SIGNES ET ABRÉVIATIONS CONTENUS DANS LE TOME HUITIÈME

I. Textes grecs.

Nous reproduisons le textus receptus du Nouveau Testament vulgarisé par les

Elzévirs.

Quant aux variantes, on remarquera qu elles sont en général peu importantes,

ou proviennent parfois des fautes des mss. ou des omissions par suite dhomoioté-

leutie. Le textus receptus est basé plutôt sur les mss. écrits en minuscules, et le

texte de Tischendorf sur les anciens mss. (surtout le codex Sinaïticus] écrits en on- ciales et découverts ou mis en relief par lui. Ces anciens mss. sont d'ailleurs peu nombreux et de valeur inégale, il ne semble donc pas possible qu'on puisse faire

beaucoup mieux aujourdhui que saint Jérôme au iv<^ siècle.

Lorsqu'il constituait la Yulgate, les deux seuls manuscrits qui nous restent de son

époque (s B) auraient peut-être été les plus mauvais de ceux dont il disposait. Les

manuscrits occidentaux grecs-latins (D, codex Bezœ et Claromontanus) sont inté-

ressants à cause du nombre des transpositions, omissions et additions quils pré- sentent, mais il est fort à craindre cpie ces modifications n'aient été introduites dans le grec d'après des exemplaires latins, car ceux-ci étaient précisément caractérisés par des modifications de ce genre. Comme l'écrivait saint Jérôme : Si latinis exeni-

plarihus fides est adhibenda, respondeant quibus; tôt enini sunt exemplaria psene

quot codices. Sin autem veritas est quserenda de pluribns, car non ad grgecam

originem revertentes, ea quse vel a vitiosis interpretibus maie reddita vel a prae-

sumptoribus imperitis emendata perçersius, vel a librariis dormitantibus aut ad-

dita sunt, aut mutata corriginius ?

Les variantes que nous donnons ont donc surtout pour but de montrer les modi-

fications qui s'introduisent dans la tradition manuscrite et ne prétendent pas être

les matériaux d'une reconstruction, car nous l'avons dit on ne peut mieux

faire aujourd'hui que n'a fait saint Jérôme, du moins dans la mesure indiquée par

lui : « le sens de la Yulgate est celui des manuscrits grecs du i\•* siècle, les détails seuls n'ont pas été modifiés par saint Jérôme et peuvent donc n'être pas conformes aux anciens manuscrits ». Cf. In Evangelistas ad Damasum prsefatio. Cette phrase

devra servir de règle à qui voudra, avec l'aide des variantes et de la Vulgate, re-

toucher le texte grec pour le rapprocher davantage du texte primitif. Cette recons-

est d'ailleurs iovL\o\xvs personnelle et discutable, c'est pourquoi nous avons

titution

préféré reproduire le texte qui a pu se dire pendant longtemps ab omnibus recep-

M

EXPLICATION DES SIGNES.

11. AhHKMATIONS et signes IMSKRÉs dans LKS variantes GRfcCQt'KS.

I. - LETTRES ou SWLES LSDUjUANT LES MASVSCRJTS OU LES ÙHERiiES EOtTloSS GRECQUES.

A Cette lettre indique les variantes empruntées au Coder AlexandrinuSf ma-

nuscrit datant de la di'uxième moitié du v" siècle, oITert en

tl Alexandrie, et conservé aujourd'hui k Londres, au British Muséum. Le Coder

Àlexandrinus a éié édité par C. Ci. Woide, 17H(i. et H. H. Cowper, 1800, et repro-

1098 au patriarche

duit depuis en pholotypie, I^ondres, 1879-1880. 11 ne contient plus : Matth.,

XXV, H; Joa

iv, 110 vin, .*)2 et II Cor. iv.

13 xii, U.

Codex Vdticaniu, du milieu du iv siècle, conservée la Bibliothèque du Vatican.

C'est ce manuscrit qui a servi de base à Y édition sixtine de 1587, ou textus receptns d«• l'Ancien Testament, que nous avons reproduit dans la Polyglotte. Il ne contient

plus Hebr., ix, lA lin, Tim

Tite, Phil, et lApoc.

V. (^ette lettre désigne le Codex Ephraemi Sijri resrriptits du milieu du >* siè<*le.

Il ne renferme plus que des fragments de tout le Nouveau Teslament.

I) Cette lettre désigne, pour les Kvangiles et les Actes, le Cndrx liez»'., du m' siècle,

conservé actuellement it Cambridge et, pour les Kpîtres de saint Paul, leiWe.i Cla-

romontanus, du vi*Ou du vu** siècle, conservé à Paris. (Fonds grec, n' 107.) Ces deux

manuscrits D portent le latin en face du grec.

mi-

Celte lettre di'signe, pour les Kvangiles, le Codex liasileen.si.s, l\. 1\ , .i.»

lieu du vin* siècle; pour les Actes, le Codex Laudianus, de la fin du vi* siècle, con-

V

X

G

H

L

servé à Oxford et, pour les Kpîtres de saint Paul, le San-Germanensis du ix' siècle,

conservé aujourd'hui à Saint-Pétersbourg, qui est une copie du Claromontanus I).

Cette lettre désigne pour les Kvangiles le ('odex Boreeli, du ix' siècle, conservé

àUtrechtet, pour les Kpîtres de saint Paul, le Codex Augiensi», du ix' siècle, con-

servé à Cambridge.

Cette lettre

désigne le Codfx Sinaïliius du iv siècle. Cl. Inliuilm tinn •^ ,<\

t. , p. XX. Ce manuscrit renferme tout le Nouveau Testament. Cette lettre désigne le Codex Sangallensis 'i8, du ix' siècle, qui contient les Kvan-

giles avec une version latine interlinéaire.

Nous n'indiquerons pas d'autres manuscrits. Tous sont décrits longuement d'ail-

leurs dans les Prolegomena que M. C. H. Gregory a écrits pour ÏEdilio octava cri•

tien major do C. Tischendorf [l. III, Leipzig, 1884, p. 337 sqq.^.

Sous celle lettre soni réunis des matuiserits moins inijtorl.uils (jn•

plus haut.

u\ 1• - _•

Cette lettre désigne les éditions de J. Griesbach. G' désigne plus particulière-

ment l'édition de Halle (17•.)) et G^ celle de Leipzig (1805).

G rell. désigne driesbach et les autres, c'est-à-dire : Knapp. Seholz. Lachmann,

Tischendorf, Hahn, Theile.

Cette lettre désigne 1 édition do A. Hahn (Leipzig, 1840;.

Cette lettre désigne 1 édition de G. C. Knapp (Halle, 17u7).

Cette lettre désigne les éditions de C. Lachmann. L' désigne plus particulière-

ment lédition grecque Berlin, 1831) et L' l'édition grec-latin Berlin, 1842).

EXPLICATION DES SIGNES.

R

S

Cette lettre désigne le Textus leceptus (Elzévir 1624).

Cette lettre désigne l'édition de J. M. A. Scholz (Leipzig, 1830).

Cette lettre désigne les éditions de C. Tischendorf. T^ désigne plus particulière- ment ïEditio octava major (t. I, Leipzig, 1869; t. II, Leipzig, 1872) et T' les édi-

tions antérieures Leipzig, 1841, 1859; Paris, 1842 . Cette lettre désigne l'édition de C. G. G. Theile Leipzig, 1844 .

Quelques autres éditions sont indiquées dans les variantes par le nom de leur

auteur sans abréviation. Tous les détails désirables sur les éditions sont donnés

dans les Prolégomènes de C. R. Grégory dt^'à cités, p. 202 sqq.

II. - SIGNES.

F. Nau.

-j- indique une addition, et doit se traduire par habei ou addit, habent ou addiint.

* indique une omission, et doit se traduire par omittit ou omittunt.

: marque que ce qui suit est une leçon divergente ou une traduction différente.

[ ] indique que l'éditeur dont le nom est enfermé dans les crochets, place la

leçon suivante entre crochets dans son édition.

III. - ABRÉVIATIONS.

a.

veut dire anie.

 
 

al.

a lu ou alibi.

 

ait.

allerum.

 

ait.

m.

altéra manu.

 

c.

contra.

 

cett.

ceteri.

 

dist.

distingiiit (indique qu'on fait intervenir un

signe de ponctuation),

 

e ou ex conj.

 

e conjectura.

eti.

etiam.

fin.

usque ad finem.

in.

initio.

 

in f.

in fine.

 

interp.

interpungit (variantes consistant dans une

ponctuation différente),

 

inv. ord.

 

inverso ordine.

1.

loco.

 

p.

post.

 

primum, secundum, tertium.

pr

sec, tert.

 

pen.

penultimum.

 

praem.

praemittit.

pr. m. ou man.

prima manu.

Mil

sec. m.

EXPLICATION DES SIGNES.

veut dire gecunda manu.

roll.

reliqtti.

s. «m ss. procédés d'un cliifTrc )

versiculns sequens ou veraicuit seqiientes.

Si'.

scUicet.

si m.

similiter.

st|.

sequens.

loi.

totum.

ult.

ultimnm.

une. incl.

iincU incluait.

Exemples : D'après ces explicntions :

Les variâmes de la page 482 qui

11. G rell.* . 12. G rell. :

sont :

«. 1'». kABCG relI.:T. iv A«o5ixiia ».

15. kBCG rell. : i« (pro ). 16. »BCT : .

. 17. ACLT : . G rell.

tia.iX.)6.

Se liront donc :

f. 11. Griesbach et les autres omettent .

jÎ*. 12. Griesbach et les autres por-

.

tent

f.

14. Les

manuscrits

Sinalticus, Alexandrinus, V^aticanus,

h «5. j-. 15.

Ephraemi rescriptus, Griesbach et les autres portent

Les manuscrits Sinaïticus, Vaticanus, Kpliraemi rescriptus, Griesbach et les autres

portent ^c (au lieu de %). f. 16. Les manuscrits

Griesbach et les autres ajoutent

Vaticanus, Ephraemi

/. f. 17. Les manuscrits Alexandrinus,

Sinaïticus,

rescriptus ot Tischendorf portent

Ephraemi rescriptus et les éditions de Lachmann et de Tiscliendorf portent oOîîv.

(avant ] 6.

Dans ce tome huitième, le texte grec receptus a été revu par M. Tabbé

ÎWu^^ï

professeur ii l'Institut catholique de Paris, qui a également relevé les variantes et noté les principales divergences qui existent entre le texte grec et la Vuigate. Les références placées à droite de la version française «mt été colligées par^H

M. l'abbé Martel, chanoine de Kréjus, aumônier de rhûpitd d'Hyères. Tout ce quî^"

regarde l'agencement du latin et du français, les divisions et annotations, est dû

à M. l'abbé Igonel, premier vicaire de Saint-Antoine des Quinze-Vingts, à Paris.

LES

ÉPITRES DE SAINT PAUL

SAINT PAUL

le

Paul, selon Fexpression de Bossuet, a été

plus zélé des Apôtres et le plus illustre des

prédicateurs. Non content de prêcher l'Évangile

de voix, il l'a prêché pai' ses écrits à ses

contemporains et il nous le prêche encore dans

ses Épitres immortelles qui ont fait l'admiration de tous les siècles et qui seront à jamais la

consolation, l'instruction et l'édification de l'É-

glise. 11 a bien réalisé la parole qu'avait dite de

lui le divin Maître : « C'est un vase d'élec-

tion, pour porter mon nom devant les Gentils, les

rois

et

les enfants d'Israël ».

Paul, appelé d'abord Saul, était à Tarse en Cilicie (voir la note Actes,

IX, 30), d'une famille juive, de la tribu de Benjamin, vers le commencement de

l'ère chrétienne. Son père était pharisien. Envoyé encore jeune à Jérusalem,

Saul y reçut les leçons de Gamaliel (voir la note Actes, v, 34). Quand le christianisme commença à se propager, il se fit remarquer entre tous par sa haine et son animosité contre les disciples de Jésus-Christ, Pendant le martyre de saint Etienne, il gardait les vêtements de ceux qui le lapidaient. Quelque

temps après cet événement, il se fit charger par les princes des prêtres d'aller

ousui'^re les Juifs convertis dans les \411es étrangères. Mais le Sauveur l'atten-

dait sur le chemin de Damas, et de persécuteur, il le fit apôtre (an 35). Saul

avait alors environ 35 ans.

Lorsque la Providence l'eut suffisamment préparé à l'œuvre de^la conversion

des Gentils, à laquelle elle l'avait particulièrement appelé, saint Paul commença

ses courses et ses missions à travers l'empire romain. C'était vers l'an 45.

« On peut distinguer, dit M. Bacuez, trois voyages apostoliques de saint Paul, ayant pour point de départ, non Jérusalem, capitale de la Judée, mais

Antioche, la métropole de l'Orient, dont la population mélangée et trafiquante était en rapport avec toutes les nations du monde et les disciples du Sau-

veur portaient déjà le nom de chrétiens.

BIBLE POLYGLOTTE. T. VUI.

1

LES ÉIMTHES DE SAINT PAIL.

» Le premier se fît avant le concile de Jëruealem, de 45 a 47 ou 48. Parti

avec saint Barnabe, après avoir reçu le caractère épiscopal et avoir appris, dans un ravissement, des secrets merveilleux, l'Apôtre commence par évaiigéliser

Tile de Chypre, puis il revient sur le continent, proche à Perge en Pamphylie,

à Antioche de Pieidie, à Icône, à Lystre, à Derbe de Lycaonie;

et enfîn,

après une nouvelle visite à Lyslre, Icône, Antioche de Pieidie, il rentre à

Antioche.

» Le second voyage eut lieu peu après le concile et dura environ trois ans,

de 51 à 53 environ. 11 a plus d'importance encore «pie le premier. Saint Paul, se séparant, dès le début, de Barnabe, qui retourne en Cliypre, sa patrie,

s'avance avec Silas vers le nord de l'Asie Mineure. Il parcourt la Phryg^e, et

jette les premières semences de la foi en Galatie. Ensuite, sur un avis qu'il reçoit du ciel, il passe en Europe. Il fonde les églises de Philippes, de Thes-

salonique et de Bérée dans la Macédoine; puis, en Grèce, celle d'Athènes,

et celle de Corinthe, où il séjourne dix-huit mois chez Aquila, et d'où il écrit ses deux Lettres aux Thessaloniciens. Enfin il regagne Antioche par Éphèse,

Gésarée, Jérusalem.

» Le dernier voyage est le plus long. 11 eut lieu de 55 à 58 environ. Après avoir visité les églises de Galatie et de Phrygie, saint Paul fait à Éphèse

et aux environs un séjour d'en\'iron trois ans. Une sédition le forçant de

quitter Kphèse, il en laisse le soin à Timothée, et part pour la Macédoine. De là il revient à Troade, passe en Grèce, retourne à Corinthe où il demeure trois mois; puis, revenant par la Macédoine, il s'embarque à Philippes, passe à Troade, à Asson, à Milet. Quelques jours après, il est à Césarée, chez bi diacre Philippe. Enfin il arrive à Jérusalem, il tombe au pouvoir de see

ennemis, et après deux ans de captivité il se voit forcé d'appeler au tribunal

de César. Dans le cours de ce dernier voyage il avait écrit quatre Epitres nou-

velles, deux aux Corinthiens, la première d' Ephèse, la seconde

lippes ; puis rÉpître aux Galates et celle aux Romains, de Corinthe »

de

Phi-

« Il court ainsi, dit Bossuet, il court par toute la terre, jtortant partout la cr

deJésus; toujours menacé, toujours poursuivi avec une fureur implacable; s

repos durant trente années, il passe d'un travail à un autre, et trouve partout

1

nouveaux périls ; des naufrages dans ses voyages en mer, des embûches dane

ceux de terre; de la haine parmi les Gentils, de la rage parmi les Juifs; des calom-

niateurs dans tous les tribunaux, des supplices dans toutes les villes; dans l'É-

glise même et dans sa maison des faux frères qui le trahissent, tantôt lapidé

et laissé pour mort, tantôt battu outrageusement et presque déchiré par le

peuple; il meurt tous les jours pour h? Fils de Dieu, qiiolidie morior; et il mnrqu»; l'ordre de ses voyag4*s par les traces de sang qu'il répand et jmr lee

peuples qu'il convertit »

Saint Paul fut emprisumif vers 1 an 58. Arrétt• a rusaiiiu. «mulnit ^l^^ulle à Césarée, il fit, dans cette dernière ville, appel à César et fut conduit à Rome,

où il comparut peut-être devant Burrhus et Sénèque, les ministres de Néron, de

qui dépendait son sort. On croit qu'il recouvra sa liberté en 62, mais di>puis son

LES EPITRES DE SAINT PAUL.

arrivée à Rome nous n'avons plus sur sa vie et ses actes les renseignements

détaillés et authentiques que nous avait fournis jusque-là saint Luc.

« Après les derniers récits des Actes, récits qui vont jusqu'en 58, 60 ou 63,

suivant les systèmes, tout ce qu'on sait de certain, c'est qu'il travailla avec

succès à la propagation de l'Evangile dans la capitale de l'empire, sans cesser

de veiller sur les Eglises d'Asie ; qu'il écrivit du lieu de sa captivité au moins

quatre Epitres : aux Ephésiens, aux Colossiens, à Philémon, aux Philippiens,

Ceux qui n'admettent qu'une captivité le font mourir en 64, sous la persécution de Néron ; mais le sentiment le plus commun est qu'il fut martyrisé avec saint

Pierre, en l'an 67. Quant aux autres faits qui remplirent les dernières années de sa vie, ils ne sont pas connus avec certitude. Néanmoins on s'accorde gé-

néralement à penser qu'après avoir comparu devant Néron et avoir été absous

à son tribunal, saint Paul reprit ses courses apostoliques, qu'il se rendit en

Espagne, suivant son ancien projet, en passant par les Gaules; qu'il revint

en Orient, s'arrêta à Colosses, à Troas, à Milet, dans l'île de Crète, en Macé- doine, à Corinthe, à Nicopolis ; puis qu'étant rentré à Rome, vers 66, il fut arrêté de nouveau avec saint Pierre et soumis à une dure captivité, enfin

condamné à mort et décapité sur la route d'Ostie. D'autres pensent qu'il se rendit d'abord en Orient, en passant par l'île de Crète, qu'il 'isita Jérusalem,

Colosses, puis qu'après plusieurs voyages dans la Macédoine, dans la Grèce

et à Ephèse, il arriva en Espagne en passant par Rome il revint pour

terminer sa vie » i^L. Bacuez.

En mourant, saint Paul laissait en héritage à l'Eglise ses