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Sommaire

Introduction : 3Première partie : Le système des cartes bancaire. 5


A- Un système tripartite. 5
a- L’organisme émetteur (Issuing Bank) 5
b- Le fournisseur affilié (Supplier or Merchant) 5
c- Le titulaire de carte (Card Holde) 6
B- Typologie des cartes. 6
a- Les cartes bancaires en régression. 6
1- Les cartes de garantie de chèques ou accréditives. 6
2- Les cartes de retrait 6
b- Les cartes bancaires en progression. 7
1- Les cartes de paiement 7
1.1 Le paiement direct du commerçant : 7
1.2 Le paiement en ligne : 8
2- Les cartes de crédit 9
Deuxième partie : Les problèmes liés à l’utilisation des cartes. 11
A- Les obstacles à l’utilisation des cartes et le problème de la fraude. 11
a- Les obstacles socio-culturels. 11
b- La fraude de cartes. 12
B- Les limites législatives et réglementaires. 13
a- Les mesures prises par Bank Al Maghrib. 13
b- Les mesures législatives. 14
1- La nature de l’intervention législative. 14
2- Les limites de l’intervention législative. 15
Bibliographie. 16
Introduction :
. La carte bancaire est un document ou un moyen de paiement, sous forme de carte en plastique, équipé d’une bande
magnétique et/ou d’une puce électronique, qui est remis par une banque ou tout autre organisme habilité, à un client titulaire
d’un compte en banque et qui permet à ce dernier de réaliser les ou l’une des opérations suivantes :
ü Le paiement d’achats ou de prestations de services, auprès de fournisseurs possédant un "terminal de paiement"
susceptible de lire la carte, connecté ou non à sa banque ou dans un appareil de distribution automatique ;
ü Le retrait d’espèce au distributeur de billets (DAB) ou au guichet automatique (GAB) ;
ü Le télépaiement internet ; etc.

. Le législateur français, dans son article 57 de la loi 91-1382, du 30/12/1991, en donne la définition suivante :
« Constitue une carte de paiement toute carte émise par un établissement de crédit ou par une institution ou un service
mentionné à l’article 8 de la loi n°84-46 du 24 janvier 1984 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédits et
permettant à son titulaire de retirer ou de transférer des fonds.
Constitue une carte de retrait toute carte émise par un établissement, une institution ou un service visé au premier alinéa et
permettant exclusivement à son titulaire de retirer des fonds.

× Le législateur marocain en fait allusion à l’article 329 du code de commerce en les termes suivants : « Constitue un
moyen de paiement, (…), tout instrument qui, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé, permet à toute
personne de transférer des fonds » ; laissant ainsi la liberté aux parties de définir les modalités et les conditions d’utilisation
de ces nouveaux modes de paiement.

× Il existe, à côté des cartes bancaires, des "Cartes Fournisseur", que les grandes sociétés de distribution délivrent à
leurs clients pour leur permettre de régler leurs achats auprès de leurs différentes succursales. Il s’agit notamment de la carte
Marjane Alfaiz et de Napht Carte délivrée par la société Total Maroc, spécialisée dans la vente des hydrocarbures.

. Dans les temps anciens, on avait recours, dans le commerce, à la méthode du troc, puis aux pièces de monnaie
fabriquées en des métaux précieux. On leur a préféré ensuite des billets fabriqués en papiers, car l’on ne pouvait plus compter
sur des pièces en or ou en argent, dont le poids pouvait facilement faire l’objet de fraude et dont la valeur était, en sus,
instable vue les fluctuations continues que connaissent les cours des valeurs. Puis l’on a pensé à d’autres méthodes encore,
notamment à la lettre de change et au chèque et ce, dans le but de remédier aux problèmes liés à la perte et à la détérioration
facile des billets de banques. Puis, avec l’évolution considérable qu’ont connue les banques et en réaction contre les risques
d’inflation monétaire, ces dernières se proposèrent alors de jouer l’intermédiaire entre les personnes, en leur permettant de
régler leurs dettes suivant de nouveaux procédés tels que le virement et les prélèvements sur compte.

. Et ce n’est qu’au début du 20e siècle, que l’on a assisté, aux Etats-Unis, à l’apparition de petites cartes, fabriquées
d’abord en papier puis en plastique, qui offraient alors à leurs titulaires la possibilité de régler leurs dépenses de manière
différé (non immédiate).

. Au Maroc, l’introduction des cartes bancaires date des années quatre-vingt. Il s’agissait, au tout début, de cartes de
garantie de chèque et cartes accréditives et ce n’est qu’à partir des années quatre-vingt-dix, qu’on a pu voir émerger les cartes
dites de retrait. Et depuis cette date jusqu’à nos jours, ce nouveau mode de transfert de fonds n’arrête pas d’évoluer en
donnant lieu à une vraie diversification tant au niveau des types de cartes qu’au niveau de leur utilisation.

. Plusieurs sont les types de cartes bancaires. Pour les différencier les unes des autres, on se réfère généralement aux
fonctionnalités de chacune (Cartes de retrait, cartes de crédit réel, cartes de garantie de chèques, etc.). Mais les plus fameuses
et les plus répandues sont, sans conteste, les cartes de paiement d’une part et les cartes de crédits d’autre part. Les premières
sont actuellement les plus utilisées au Maroc et les secondes le seront forcément pour bientôt, grâce notamment aux efforts
fournis par les banques qui n’hésitent pas, dans le but d’en assurer la diffusion et d’en faire la promotion, d’associer l’offre
d’une possibilité de crédit à la remise de leurs cartes.

× Ces dernières sont réputées être un moyen efficace pour régler ses dépenses. Leur efficacité est due principalement
à la facilité de leur maniement et à leur fiabilité. Elles se distinguent des autres modes de paiement traditionnels, que sont la
monnaie et les effets de commerce, par le fait que ceux-là, contrairement à l’apparence que peuvent revêtir certains, se
fondent généralement sur une relation bipartite, entre le tireur et le bénéficiaire, puisque le tiré ne fait qu’exécuter l’ordre
qu’il a reçu de payer ce dernier. Ce n’est, en quelque sorte, que le mandataire du tireur. Alors que la carte de crédit par
exemple se fonde sur une relation tripartite : l’organisme émetteur, le titulaire de la carte et le fournisseur). Chacun de ces
intervenants jouit d’un certain nombre de droits et sur lui pèsent des obligations conformément à des contrats qui les lient
indépendamment les uns aux autres.

× Les cartes bancaires suivent une évolution assez rapide et intègrent de plus en plus les mœurs des gens de société.
Cette évolution certaine, nous oblige donc à fournir l’effort d’en faire plus ample connaissance et d’en apprécier même les
différentes subtilités.

× Il est à noter que le législateur ainsi que les différents organes de régulations s’efforcent tant bien que mal de
suivre cette évolution fulgurante que connaît actuellement ce nouveau mode de paiement à travers le monde et d’essayer
d’instaurer au Maroc, où les gens hésitent encore à épouser cette nouvelle technologie, une atmosphère de confiance propice
et nécessaire pour dissiper toute forme de crainte liée essentiellement aux risques de fraude.

× En quoi consiste donc ce système de cartes bancaires ? Quel est la nature des problèmes liés à l’utilisation des
cartes bancaires et que prévoit le Maroc en matière de protection des intérêts en jeu ?

× Avant de passer en revue les différents problèmes qu’engendre l’utilisation des cartes et avant d’apprécier la
réaction des autorités compétentes face à ces problèmes (II), il nous sera nécessaire d’examiner, en premier lieu, le système
des cartes bancaires dans son ensemble (I).

Première partie : Le système des cartes bancaire


A- Un système tripartite

× Le code du commerce dans son article 329, régit le système des cartes et prévoit ainsi que les conditions et les
modalités de leur utilisation sont déterminés par les conventions établies entre l’établissement émetteur et le titulaire du
moyen de paiement d’une part, et entre l’organisme émetteur et le commerçant adhérent, d’une autre part.

a- L’organisme émetteur (Issuing Bank)

× Il s’agit des sociétés de financements, les banques en l’occurrence. En matière de cartes de crédit, les banques sont
habilitées à signer des conventions avec des organisations internationales en vue d’émettre des cartes internationales au profit
de leurs clients.

× Chaque banque devra émettre des cartes qui lui sont propres. Sur ces cartes figure un numéro d’identification
composé des huit chiffres, partant de gauche, qui désigne la banque émettrice.

× En matière des cartes de crédit, la banque joue le rôle d’emprunteur, puisqu’elle se charge de régler les dépenses
du titulaire de la carte, alors même que la provision actuelle ne suffie pas.

b- Le fournisseur affilié (Supplier or Merchant)

× Le réseau affilié est composé d’un ensemble de commerçants qui ont accepté, par contrat, les conditions de
l’organisme émetteur quant au paiement électronique différé.

× Aucun commerçant ne pourrait accéder à ce service sans qu’il ait signé au préalable un contrat avec la banque
concerné. Aux termes de ce contrat, le fournisseur s’engage à mettre à la disposition des titulaires de cartes ses produits ou
services selon les modalités de paiement convenues (comme par exemple, la signature du client devant figurer sur la facture).

× Les commerçants affiliés disposent soit d’un matériel qui permet l’enregistrement des empreintes de la carte (fer à
repasser), soit d’un terminal[1] connecté à l’organisme émetteur.
c- Le titulaire de carte (Card Holde)

× Il peut s’agir d’une personne physique ou morale.

× Le titulaire d’une carte s’engage auprès de la banque de respecter les conditions d’utilisation de ladite carte, d’en
faire bon usage et de se soumettre aux obligations qui en découlent. Lorsque le bénéficiaire signe la demande d’octroi d’une
carte bancaire, il s’engage automatiquement à tout cela. Cette demande est en réalité un contrat auquel on joint les conditions
et les modalités d’utilisation. Toutefois, rares sont les gens qui y prêtent attention.

× La distribution des cartes par les organismes émetteurs est tributaire d’une sélection sévère, en fonction de la
nature des risques liés aux services que procurent les différentes cartes. La délivrance d’une carte de crédit, par exemple, est
étudiée comme une opération de crédit.

B- Typologie des cartes

a- Les cartes bancaires en régression

1- Les cartes de garantie de chèques ou accréditives

× Instaurée pendant les années 80, précisément au début de la mise en place de la monétique[2] au Maroc, par
certaines banques pour susciter la confiance des commerçants dans le paiement par chèques. Ces cartes ont disparu, elles sont
associés actuellement aux cartes de retrait.

2- Les cartes de retrait

× Les cartes de retrait d’espèce permettent le retrait d’un montant limité de toute agence du réseau de l’organisme
émetteur, directement du service de caisse de ces agences, ou par prélèvement effectués à partir d’un distributeur[3] ou d’un
guichet[4] automatique appartenant à ce réseau.

× Il n’y a pas de différence notable entre les différents models proposés par les banques, même si les appellations
sont diverses (carte visa, master carte…).

× « En cas d’absence de distributeur ou de guichet automatique, le titulaire de la carte peut s’adresser directement
ou à n’importe quelle agence ou bureau du réseau concerné pour effectuer des retraits par chèque (en présentant le chèque
et la carte). Les retraits sont toutefois plafonnés par chèque »[5].

× Les banques ont signé un accord pour créer un réseau interbancaire de retrait[6], dans le but de la modernisation
et de la mise en conformité des systèmes et des moyens de paiement avec les pratiques internationales. L’interopérabilité des
paiements effectués dans le cadre du Centre monétique interbancaire[7] (CMI) est devenue effective depuis février 2004[8],
et a effectivement débuté en juillet 2005[9].

× Les cartes bancaires connaissent depuis des années une diffusion remarquable au Maroc, même si leur utilisation
est encore limitée aux opérations de retrait[10] auprès des DAB, c’est aussi le cas en Tunisie[11]. Les cartes de paiement
jouent généralement le rôle de carte de retrait.

b- Les cartes bancaires en progression

1- Les cartes de paiement


× A coté, du chèque, des effets de commerce, du virement, de l’avis de prélèvement, la
carte de paiement fait aussi partie des instruments de paiement scripturaux.

× Il existe plusieurs systèmes de cartes de paiement dont l’utilisation connaît une ascension fulgurante[12].
Certains établissements ont lancé leurs propres cartes, directement ou par l’intermédiaire d’une filiale comme Interbank[13],
d’autres se sont liés aux réseaux internationaux comme Dinners-club, visa, Mastercard et Americain express, il s’agit
d’Attijariwafa Bank, la BMCE, la BP et mme interbank.

1.1 Le paiement direct du commerçant :

× Ces cartes de paiement sont utilisées pour le règlement des achats de biens ou de prestations de services[14]
auprès des commerçants adhérents.

Procédure de règlement : Une fois, l’acheteur présente sa carte de paiement au commerçant, ce dernier procède
aux vérifications d’usage, à savoir (la validité de la carte, liste d’opposition remise par l’organisme émetteur, conformité de la
signature apposé sur la facture avec le spécimen figurant sur la carte ; il porte ensuite sur la facture son nom et son numéro
d’affilié.
Par la suite, le commerçant complète la facture au moyen de la machine[15] spéciale fournie par l’organisme émetteur,
quand il s’agit de traitement manuel.
Mais dans le cas de traitement électronique par TPV ou TPE, les commerçants affiliés se connectent à la centrale de
l’émetteur en mentionnant le montant t en laissant le porteur indiquer son code secret.
L’organisme émetteur valide alors le code et transmet un numéro d’autorisation signifiant qu’il accepte l’opération. Suite de
quoi, le commerçant remet un exemplaire de la facture au client, en conserve un et expédie le troisième à sa banque ou à
l’organisme émetteur, dans les délais fixés par ce dernier. L’établissement bancaire se charge enfin du recouvrement auprès
de l’organisme émetteur.

1.2 Le paiement en ligne :

× Le 19 novembre 2007, le paiement par Internet[16] a été rendu possible au Maroc[17]. Le Centre monétique
interbancaire[18] (CMI) et Maroc Télecommerce[19] (MTC) ont annoncé lundi 19 novembre, le lancement du paiement en
ligne par carte bancaire au Maroc. Désormais, il est possible d’effectuer des achats sur internet en utilisant les cartes déjà
distribuées par les banques nationales.

× En raison du nombre croissant des internautes et de cartes distribués par les banques[20], il est devenu nécessaire
d’accélérer le processus pour répondre à un besoin existant, a expliqué Rachida Benabdellah, directrice générale du CMI à la
presse.

× Rentrant dans le cadre du programme Qualité 2008-2010, la CIMR[21] lance une carte bancaire en vue de
faciliter la vie à ses allocataires retraités. Cette carte donne accès gratuitement à une panoplie de services : le retrait d'espèces,
le règlement des factures de Maroc Telecom (fixe, mobile et Internet), la recharge de téléphone mobile, la consultation du
montant disponible sur la carte, etc.[22].

× Le paiement des factures des produits du Fixe, Mobile et Internet de Maroc Telecom est désormais possible via
Internet[23].

La procédure de règlement : Au moment où l’internaute clique sur le bouton de paiement pour un achat en ligne
effectué à partir d’un site référencé sur le site de Maroc Telcom ou ailleurs, il est repris par la plate-forme de Maroc Telecom
pour le traitement de la transaction. Le vendeur a au préalable établi un contrat portant sur des critères de sécurité et de
qualité. Ceci est par ailleurs un gage d’existence (il ne s’agit en aucun cas de mettre en relation un acheteur avec un vendeur
fantôme).
Une fois la commande passée, la plate-forme, en fonction des paramètres mis par le marchand, génère un bon de commande
automatique incluant l’ensemble des éléments propres à l’opération de vente (le prix, la livraison, les taxes…).
Lors du paiement par carte, une demande d’autorisation est faite à la banque du porteur de la carte. La transaction n’est
conclue qu’après acceptation des différentes parties en cause. A ce moment un reçu d’authentification est délivré à l’acheteur.
Ce reçu est composé de deux parties : une partie visible qui est l’équivalent d’un reçu d’achat et une partie invisible qui
contient des informations chiffrées sur les éléments de traitement de la transaction (en cas de litige elle peut jouer un rôle
notariale). Par ailleurs, la mise en débit de l’acheteur et la mise en crédit du vendeur est effectuée instantanément dans le cas
d’achat de services immatériels. Pour les biens matériels, l’opération n’est effectuée que lorsque le vendeur confirme de
manière déclarative la mise en livraison.
Une fois la transaction traitée, l’espace d’administration des ventes côté marchand rentre en jeu. Le vendeur utilise les
fonctions d’administration de son web magasin pour visualiser par exemple les commandes passées, les articles
achetés…Deux cas de figure se présentent : les biens immatériels livrables via le réseau et les biens matériels que le vendeur
doit prendre en charge. Pour le deuxième cas, une phase de confirmation par le vendeur est nécessaire pour éviter toute
commande d’articles non disponibles[24].
Malgré les multiples avantages qu’offre la carte de paiement, dont l’utilisation paraît assez commode, elle est moins utilisée
au Maroc comparée aux autres moyens de paiement.

2- Les cartes de crédit

× La carte de crédit offre à son titulaire une vraie possibilité de crédit. Elle garantit au fournisseur le paiement sur la
totalité des biens ou services qu’il a fourni au client, titulaire de ladite carte, avec une possibilité d’un remboursement par
échéances débitées périodiquement au compte de ce dernier. Il s’agit d’un crédit-revolving (renouvelable).

× Les cartes de crédit sont de deux sortes : nationales et internationales. Ces dernières étaient initialement réservées
aux exportateurs et aux marocains résidants à l’étranger. Elles permettent le paiement en devise et le retrait de fonds à
l’étranger. En 2004, l’Office des Changes, par une circulaire n°1.700 du 17 février, a procédé à l’élargissement de
l’utilisation de ce genre de cartes pour en faire bénéficier tous les opérateurs économiques et toutes les personnes physiques
jouissant d’une donation en devises en vertu d’une autorisation de l’Office (stage à l’étranger, pèlerinage, etc.).

× L’utilisation des cartes de crédit présente une multitude d’avantages et ce, à bien des égards :

Les avantages des cartes de crédit à l’égard de l’organisme émetteur : C’est une source supplémentaire de
bénéfice pour les banques qui perçoivent en contre partie de la remise ou du renouvellement périodique des cartes des
sommes d’argent, lesquelles varient d’une banque à l’autre.
La banque émettrice de cartes bénéficie, en sus, d’un pourcentage sur les bénéfices enregistrés par l’organisation à laquelle
elle est affiliée, sans compter les multiples commissions que perçoit celle-ci à l’occasion de chaque opération exécutée par le
biais d’une carte, que ce soit du côté du fournisseur affilié ou du client titulaire de ladite carte, ainsi que la marge sur la valeur
des devises qu’elle récupère lorsque le client paye avec la monnaie nationale.
La banque émettrice perçoit également des intérêts lorsque son client tarde à rembourser ses achats effectués par sa carte.
Les cartes de crédit permettent aux banques d’éviter le recours aux liquidités et d’en faire l’économie.
L’utilisation des cartes de crédit permet aux banques d’attirer plus de clientèle et rend les opérations bancaires plus faciles et
plus souples. Cela permet donc de dématérialiser les procédures en les rendant plus rapides et plus sûres.

Les avantages du côté du titulaire de la carte de crédit : Il en tire un réel profit. La carte lui évite de trimbaler des
sommes d’argents susceptibles d’être perdue à tout moment.
La carte de crédit lui permet également de faire face à des dépenses inopinées et lui évite de porter sur lui un carnet de chèque
qui, lui aussi, est susceptible d’être perdu ou d’être utilisé frauduleusement. D’autant plus qu’un nombre considérable de
fournisseurs et de commerçants n’accepte plus de paiement par chèque.
La carte est en outre un moyen de paiement personnel qui ne peut, en principe, être utilisé que par son titulaire.
La carte de crédit permet également à son titulaire de régler ses dépenses quelle que soit la devise du pays où il se trouve. Elle
lui donne également la possibilité d’échelonner le paiement de ses dépenses.
Le paiement des billets de voyage par carte de crédit, permet à l’intéressé de souscrire à une assurance vie, à titre gratuit,
contre d’éventuels accidents en cours de voyage.
Les cartes de crédit permettent également à leurs titulaires d’effectuer des réservations dans des restaurants et à des hôtels et
leur donne aussi la possibilité d’effectuer des achats en ligne (par internet ou par téléphone).
Le principal avantage qu’offre la carte de crédit est bien le fait qu’elle permet à son titulaire de dépenser plus qu’il n’a
d’argent et cela fait tourner plus vite la roue de l’économie.

Les avantages du côté du commerçant : Augmentation de la clientèle due à l’amélioration du pouvoir d’achat et
aux campagnes de publicité menée par les organismes émetteurs qui font en même temps la promotion des commerçants
affiliés à ce service en intégrant leur nom dans les guides remis aux clients lors de la délivrance des cartes.
Le commerçant n’a plus besoin de garder chez lui des sommes d’argent importantes, comme s’était le cas avant, ce qui va
réduire ainsi les risques cambriolage.
Le paiement par carte de crédit est une garantie supplémentaire pour le commerçant, qui n’aura plus à craindre les retards
dans le règlement des achats effectués par des clients qui payent à terme. Les commerçants, quant à eux, n’hésitent pas à
afficher, sur leurs locaux, l’emblème de la carte admise par leur commerce et ce, dans l’espoir de paraître plus compétitifs.

Deuxième partie : Les problèmes liés à l’utilisation des


cartes
A- Les obstacles à l’utilisation des cartes et le problème de la fraude

× Comparés aux avantages qu’elles offrent, peu sont les inconvénients des cartes bancaires. Le premier reproche
que l’on pourrait formuler à l’encontre des cartes de crédit est le risque d’endettement ou de surendettement que peut
engendrer leur utilisation non appropriée. La possibilité de crédit renouvelable qu’elles présentent peut amener son titulaire à
ne plus mesurer ses achats.

× En outre, le commerçant est lui aussi exposé à des risques liés essentiellement aux arnaques dont il peut être
victime s’il ne fait pas attention lors des transactions effectuées par carte.

× La banque émettrice encoure elle aussi un certain nombre de risques, dont notamment l’insolvabilité des titulaires
de cartes de crédit et la possibilité d’être victime d’escroquerie, comme par exemple le fait de délivrer une carte valide mais
avec un faux nom et une fausse adresse.

× Cependant, il faut dire que le vrai problème, en matière de cartes bancaires, réside dans les risques de fraude dont
elles font fréquemment l’objet.

a- Les obstacles socio-culturels

× Les Marocains restent méfiants à l’égard du paiement par carte bancaire et ce, pour plusieurs raisons.
L’une des causes est que «les consommateurs marocains redoutent les arnaques et rechignent à communiquer des
informations personnelles. Il ne faut pas oublier que le Maroc reste toujours une société de cash » explique Mohammed
Horani, président de HPS[25]. Il y a aussi le fait que le niveau des commissions pousse certains sites de commerce en ligne
à opter pour le paiement à la livraison. Par exemple, des sites marchands tels qu’épicerie.ma ou lescourses.ma, en raison des
marges de bénéfice très faibles, ne proposeront jamais le paiement en ligne. C’est pourquoi le Centre monétique interbancaire
(CMI) est en train de négocier une baisse des commissions avec les sociétés de financement qui émettent les cartes de crédit,
Visa et Mastercard[26].

× En effet, de nos jours, personne n’est à l’abri des risques de fraude, laquelle peut ruiner ses victimes. Et même
lorsqu’il y a indemnisation, celle-ci ne dépasse pas, dans les meilleurs des cas les 30% des sommes perdues.

× Plus la technologie évolue, plus le risque de piratage augmente. Cependant, selon Abdelhamid El Aâji, directeur
de la monétique à la BMCE, «le piratage des cartes émises par les banques marocaines est aujourd’hui rare». «Probablement
parce que les Marocains d’ici ne disposent pas encore de moyens sophistiqués pour réaliser leurs forfaits »[27]. Ce sont
surtout les cartes internationales, (Visa et MasterCard) ramenées au Maroc par des informaticiens de génie, qui sont souvent
piratées, puis employées pour soutirer d’importantes sommes d’argent sur les comptes de clients à l’étranger.

× Quant aux cartes marocaines, dont on dit qu’elles sont moins touchées par le piratage que les cartes
internationales, d’aucuns estiment qu’elles sont facilement falsifiables du simple fait qu’elles ne disposent que de la très
vulnérable piste magnétique. Vulnérable parce que aisément copiable[28].
b- La fraude de cartes

× D’après un article publié dans la gazette du Maroc, en date du 10 avril 2009, les différents services de postes
frontières auraient reçu une circulaire relative à un appareil électronique dont se servent des pirates pour falsifier les numéros
de séries des cartes bancaires. Le système consiste dans le fait de copier les numéros dont il est question pour les coller
ensuite sur des cartes vierges. Ces cartes piratées ont été découvertes par des guichets automatiques bancaires se situant en
Europe.

× En l’espace de quatre ans, de 2000 à 2004, ce genre de fraudes a connu une véritable expansion. Ainsi, le nombre
de cartes bancaires contrefaites est passé de 1694 cartes en 2000 à 3508 cartes en 2004, soit le double. En parallèle, le
montant des sommes détournées connaît lui aussi une hausse vertigineuse. De 4,4 millions de dirhams en 2000, ce montant
est passé en 2004 à 10 millions de dirhams.

× Pour parvenir à leurs fins, les fraudeurs ou les pirates, procèdent de plusieurs manières, notamment en copiant par
le biais de la piste magnétique (la bande noire qui se trouve au verso de la carte) toutes les informations concernant le
propriétaire, y compris le code d’accès à 4 chiffres. Une fois copiées sur un disque dur, ces informations peuvent servir à
créer une nouvelle carte falsifiée, dont l’apparence est quasi identique à l’originale. En 1996, il y’a eu une affaire de fraude
de cartes bancaires qui avait soulevé un tollé : un marocain avait réussi à subtiliser à la banque une somme de 20 millions de
dirhams grâce à un bon nombre de cartes qu’il avait ramené de l’étranger, toutes appartenant à des clients domiciliés chez des
banques internationales. Il y’a eu depuis de nombreux cas de fraude de cartes bancaires.

× En France, les premiers cas de fraude datent de 2000, et d’année en année leur nombre augmente de plus en plus.
Ceci s’explique, en partie, par le fait qu’il existe plusieurs facteurs qui facilitent ce genre d’arnaque, notamment le commerce
en ligne où la relation vendeur / acheteur reste anonyme, d’autant plus qu’il y’a une sorte de dématérialisation de l’acte de
paiement.

× Cependant, selon un rapport établi, en 2003, par Fia-Net, une société spécialisée dans la sécurisation des achats
sur le Web, la fraude sur Internet ne représenterait que 1,25 pour cent du problème.

× Etant donné que ce phénomène de fraude des cartes bancaires s’accroit de plus en plus provoquant des dégâts des
fois de grande envergure, on pourrait se demander ce que fait notre pays pour limiter les possibilités de fraude pour une
meilleure protection des citoyens.

B- Les limites législatives et réglementaires

a- Les mesures prises par Bank Al Maghrib

× Une campagne de sensibilisation dédiée à une meilleure utilisation des cartes bancaires s’est déroulée durant la
période allant de novembre 2005 à février 2006. Le but étant de reformer les textes juridiques et réglementaires régissant les
moyens de paiement afin d’y apporter les précisions capables de renforcer la sécurité et partant, la confiance des citoyens par
rapport aux différents moyens de paiement.

× BANK AL MAGHRIB a mis en place une commission ministérielle, le 14 avril 2006, pour mener cette reforme.
En ce qui concerne les cartes bancaires, les débats ont porté sur la mise en place d’un cadre sûr conforme aux normes
internationales.

× C’est aussi pour cette raison que BANK AL MAGHRIB a crée un comité sur la fraude monétique composé des
représentants de BANK AL MAGHRIB, du GPBM, du CMI, de la Direction Générale de la sûreté nationale, de la
gendarmerie royale et des ministères du tourisme et de la justice. Les réunions du comité ont porté sur la réglementation des
cartes bancaires et des cas de fraude enregistrés au niveau national. Il a aussi examiné la proposition concernant la mise en
place d’une saisie obligatoire du code confidentiel lors des transactions de paiement sur les terminaux de paiement
électroniques(TPE).
× Pour veiller à la sécurité des paiements en ligne, BANK AL MAGHREB tente de mettre en place une
réglementation qui tient compte des exigences minimales de sécurité auxquelles doivent satisfaire les prestataires de services
de paiement pour instaurer plus de confiance chez les utilisateurs.

. Le Maroc essaie de prendre les mesures adéquates permettant d’assurer la protection et la sécurité de la carte
bancaire pour une plus grande et meilleure utilisation de celle-ci. Cependant, il faut reconnaitre que la France a une longueur
d’avance dans ce domaine : HSBC, un réseau international de service de proximité bancaire, qui regroupe l'ensemble des
banques de l'ancien groupe CCF, en partenariat avec la SAS, a inclus dans le processus de vérification toutes les données
disponibles à savoir, le client, le marchand ainsi que les historiques de transaction et les modifications éventuelles de
comportement, tout cela en 30 millisecondes. Il s’agirait en réalité de pouvoir de détection de fraude en temps réel. Le Maroc
en est loin car il utilise encore les cartes à bande magnétique ; alors que cette technologie ne peut se réaliser que dans le cadre
de cartes à puce.

. Les sites marchands eux procèdent à travers une technique appelée le « scoring » qui est un outil d’aide à la gestion
des commandes permettant de prendre en compte des critères pour évaluer les risques de fraude pour chaque commande
passée.

b- Les mesures législatives

× Il y a lieu de rappeler ici, encore une fois, que le législateur marocain a préféré ne pas réglementer le système des
cartes bancaires, dans ses moindres détails et s’est contenté de définir ces dernières en laissant ainsi le champ libre aux
différents intervenants (l’organisme émetteur, le fournisseur affilié et le titulaire de la carte) pour fixer eux même les
modalités et les règles qui régissent leur relation.

× Le législateur a prévu également quelques règles d’ordre pénal, dans le but de contrecarrer et de prévenir aussi tout
agissement frauduleux susceptible d’ébranler le système et de même ainsi en péril la confiance des usagers.

1- La nature de l’intervention législative

× Le législateur a consacré les articles 329 à 333 du code de commerce à ce qu’il a appelé : "autres moyens de
paiement", sans pour autant en définir avec exactitude la nature ni les principales caractéristiques[29]. Chose qui rend ses
articles applicables aussi bien dans le présent que dans le futur. Cette position du législateur est d’autant plus compréhensible
qu’il n’est pas du tout raisonnable de prévoir un texte qui réglemente, tout en décrivant d’une manière précise, une chose
vouée au changement.

× Le législateur, bien qu’il ait consacré tout un titre à ce nouveau mode de paiement, ne s’est, d’aucune manière,
incrusté dans l’organisation des rapports qui naissent entre les parties, en laissant ainsi le soin à celles-ci de s’organiser
librement par un mode purement contractuel, soumis toutefois au respect des principes généraux de droit et aux règles d’ordre
public.

× On peut dire que le législateur, cette fois-ci, s’est montré d’une grande sagesse, en déléguant, aux parties, le
pouvoir d’organiser leurs relations par eux-mêmes, notamment par le biais de conventions. Car, d’une part, ceux-là sont plus
connaisseurs dans le domaine que lui et d’autre part, toute convention peu facilement être revue puis corrigée, chose qui n’est
pas aussi aisée en matière de textes législatifs. Ce n’est pas à tort qu’on dit que la machine législative est lourde à faire
bouger. Et un domaine aussi étroitement lié à la technologie est tout sauf figé. Ce qui est aujourd’hui admis en technologie
peut ne plus l’être demain. Comment donc pourrait-on concevoir l’idée qu’un domaine aussi imprévisible que celui-ci soit
régi par des textes de loi qui, pour subir un quelconque changement, doivent suivre une multitude de procédures auprès de
multiples organismes d’Etat, chose qui peut durer des années et des années ?

× Toutefois, le législateur s’est assigné la tâche de prévoir une certaine protection tant à l’égard de la carte en elle-
même qu’à l’égard des personnes qui y ont recours, par la protection de leurs patrimoines en l’occurrence, en incriminant
certains faits illicites se rapportant à l’utilisation de ce mode de paiement. Mais il faut dire toutefois que le législateur à
préféré ne pas incriminer le défaut ou le manque de provision et ce contrairement à ce qui est en vigueur concernant le
chèque. Cette position ne peut que satisfaire les tenants et les défenseurs de la théorie de dépénalisation du chèque.
× Le législateur a donc précisé, en guise de protection des intérêts en jeux, dans l’article 330 du Code de Commerce,
que « L’ordre ou l’engagement de payer donné par le biais d’un moyen de paiement est irrévocable ».

× Ce même législateur, conscient des risques qui entourent l’utilisation de ces moyens de paiement, a prévu toute
une série de sanctions pénales, allant de l’emprisonnement d’un an à cinq ans, jusqu’à l’interdiction bancaire, en passant par
les peines d’amendes, à l’encontre de toute personne ayant contrefait ou falsifié une carte bancaire ou tout simplement ayant
utilisé ces cartes falsifiés en toute connaissance de causes.
2- Les limites de l’intervention législative

× Comparé à d’autres pays arabes, il est vrai que le législateur marocain a fourni un effort louable en franchissant le
pas et en consacrant une partie de sa législation aux rapports qui naissent de l’utilisation des cartes bancaires. Toutefois, il
demeure assez loin des attentes formulées à son attention, surtout celles concernant la protection du maillon le plus faible de
la chaîne économique, c’est-à-dire le consommateur titulaire de la carte. Celui-ci se trouve souvent victime d’un certain
nombre de clauses qui mettent à sa charge des obligations disproportionnées par rapport à celles endossées par l’autre partie
qui n’est autre que l’organisme émetteur de la carte, la banque en l’occurrence, et qui est en même temps le rédacteur du
contrat. La loi sur la liberté des prix et la concurrence n’a pratiquement rien fait pour remédier à cette situation ; pourvu que
celle portant sur la protection du consommateur, en cours de discussion, ne fasse pas de même.

× C’est dire, qu’en somme, notre législateur a omis de régler bien des questions qui suscitent un bon nombre de
problèmes, tel que la charge de la preuve, la compétence juridictionnelle et bien entendu la protection du consommateur.

× Les mécanismes de protections prévues par notre législateur demeurent insuffisants et ne couvrent pas toutes les
éventualités d’atteinte aux droits des usagers. Beaucoup sont les faits et actes dont les résultats sont illicites mais qui ne sont
pas punis faute d’un texte explicite les incriminant. Il est donc temps pour notre législateur de suivre l’exemple de pays
développés comme la France, et de suivre de plus près les avancées technologiques en la matière. Seule une protection
efficace et globalisante pourrait inciter les gens à aller vers ce nouveau mode de paiement, dont les avantages, tant au niveau
microéconomique qu’au niveau macroéconomique, sont indéniables.
Bibliographie

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KNANI Youssef, « Droit Commercial », 3ème édit Centre de publication universitaire, Tunis, 2005.

HESS-FALLON B., SIMON A., « Droit des affaires », 17è édit, Collection aide-mémoire, Paris, 2007.

Rapport annuel de l’exercice 2004 ; 2005 de BAM.

Rapport annuel sur les systèmes et moyens de paiement de l’exercice de 2006 ; 2007, BAM.