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INSTITUT DE FORMATION EN MASSO-KINÉSITHÉRAPIE

- BERCK-SUR-MER -

Evaluation des effets du reconditionnement


physique sur l’amélioration des paramètres de
la lombalgie chronique chez les aides-
soignants en EHPAD
Assessment of the effects of physical reconditioning on the
parameters of chronic low back pain in auxiliary nurses in EHPAD

Directeur de mémoire :
Christophe ROOSEN, MKDE

Gaëtane SOUDAN
DE Session 2019
REMERCIEMENTS :

Je tenais à remercier :
Mr ROOSEN, mon directeur de mémoire,
Mes parents et ma famille qui m’ont soutenu dans mon travail,
Mes camarades de promotion qui m’ont accompagné tout au long de mes études,
Ainsi que toutes les personnes ayant contribués de près ou de loin à l’élaboration de ce
mémoire.
SOMMAIRE :

Introduction............................................................................................................................................1

I Cadre de référence....................................................................................................................3
I.1 Pathologie et traitement médical...............................................................................................3
I.2 Rappels anatomiques et biomécanique lombaire......................................................................9
I.3 Retour sur les facteurs de risque : les conditions de travail en EHPAD................................. 19
I.4 L’activité physique................................................................................................................. 23
I.5 Hypothèse............................................................................................................................... 30
I.6 Variables et indicateurs........................................................................................................... 30
I.7 Problématique......................................................................................................................... 31

II Matériel et méthode.................................................................................................................31
II.1 Population : recrutement, inclusion, non inclusion, exclusion........................................... 32
II.2 Matériel utilisé.................................................................................................................... 33
II.3 Protocoles........................................................................................................................... 35
II.4 Traitement statistique prévu............................................................................................... 42

III Résultats..................................................................................................................................43
III.1 Présentation de la population.............................................................................................. 43
III.2 Résultats des différentes modifications : modèles de présentation..................................... 44

IV Discussion...............................................................................................................................45
IV.1 Techniques utilisées dans le protocole comparatif............................................................. 45
IV.2 Techniques utilisées dans le protocole expérimental.......................................................... 46
IV.3 Techniques utilisées dans le protocole d’évaluation........................................................... 47

V Conclusion et perspectives......................................................................................................49
V.1 Les éventuelles retombées des résultats............................................................................. 49
V.2 Les recherches à effectuer dans le même cadre.................................................................. 50

Bibliographie......................................................................................................................................... I

Annexes.............................................................................................................................................. IV
RESUME
La lombalgie chronique est reconnue comme un important problème de santé publique et
une plainte récurrente chez les aides-soignants en EHPAD (Etablissement pour Personnes
Agées Dépendantes). Cette pathologie est principalement due aux manutentions de patients
très dépendants dans les activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, déplacements,
transferts, etc.). Les douleurs sont persistantes bien après le temps de travail et affectent le
personnel aide-soignant jusque dans ses activités non professionnelles. Enfin, le nombre
d’arrêts de travail dû à cette pathologie est relativement important, il correspond à plus de
12 000 cas selon les statistiques de 2010 de l’INRS (Institut National de Recherche et de
Sécurité). La Haute Autorité de Santé (HAS) a émis différentes recommandations concernant
les traitements et les attitudes à adopter pour les individus touchés par cette pathologie.
Cependant, aucune recommandation ne présente un niveau de preuve important et aucune
n’a été établie concernant la profession d’aide-soignant. L’une des recommandations de la
HAS est de pousser les patients lombalgiques à continuer d’avoir une vie active.

Cette étude cherche à déterminer si le réentrainement physique peut être bénéfique sur les
paramètres de la lombalgie chronique chez les aides-soignants. Un programme de
reconditionnement physique leur est proposé durant leurs heures de travail. Il consiste en
des exercices physiques de renforcement musculaire, cardiovasculaires et d’étirements sur
différentes séances.

Les résultats obtenus, regroupés dans les tableaux proposés pouvant faire, par la suite, une
base pour des diagrammes, permettraient de voir l’évolution des différents paramètres
évalués. Par ailleurs, il est possible d’envisager un apport éducatif aux aides-soignants sur les
connaissances de la physiologie lombaire et dans l’utilisation de leur dos afin de changer
définitivement les habitudes.

L’analyse de la littérature montre que l’activité physique a des effets bénéfiques sur les
paramètres de la lombalgie chronique. Si l’étude proposée s’avère être positif, l’intérêt
principal est économique puisque la mise en place d’un tel réentrainement réduirait les
coûts relatifs à cette pathologie.

Mots-clefs : aide-soignant, éducation, kinésithérapie, lombalgie, réentrainement physique


ABSTRACT
Chronic low back pain is recognized as a serious Public Health problem and a recurring
complaint by auxiliary nurses who work in care homes for the dependent elderly (EHPAD).
This pathology is mainly due to handling of very dependent patients in all daily activities
(washing, dressing, transfers, etc.). The pain persists long after working hours and affects
auxiliary nurses in their other activities. Moreover, the amount of sick leave in relation to
low back pain is very high: we can count more than 12 000 sick leave days in 2010 according
to the French national institute of statistics (INRS). Low back pain affects people in their
muscular aspect (muscle loss, bad physical capacity and also cardio-vascular function). The
National Institution of Health (HAS) writes different recommendations about treatments and
actions to adopt for people affected by low back pain. However, no recommendation has a
significant level of evidence and none has been established specifically for auxiliary nurses.
One of the recommendations is to urge the patients to continue to have an active life.

This study asks whether physical rehabilitation can be beneficial on the parameters of low
back pain in the population of auxiliary nurses. A physical reconditioning program for
auxiliary nurses is proposed during their working hours. It consists of doing physical exercises
like muscular and cardio-vascular strengthening in different sessions. The results of this
protocol will be displayed in tables proposes. These would have allowed to see the evolution
of the participants using diagrams.

With regard to the discussion, it would be interesting to bring to auxiliary nurses knowledge
about lumbar physiology and education in the use of their backs in order to permanently
change the habits.

Finally, different literature shows that physical activities have beneficial effects in
parameters of low back pain. If the protocol turns out to be positive, the main interest is
economic because it would allow to reduce the number of sick leaves due to the low back
pain and by so even the costs of Public Health relative to this pathology.

Key words: auxiliary nurses, low back pain, physical reactivity, physiotherapy
Introduction

Le cadre de ce travail porte sur la prise en charge préventive et rééducative des lombalgies
chroniques (prévention primaire et secondaire) pour une population constituée d’aides-
soignants en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). La
lombalgie chronique est définie comme suit par la Société française de rhumatologie : « une
douleur lombo-sacrée à hauteur des crêtes iliaques ou plus bas, médiane ou latéralisée avec
possibilité d’irradiation ne dépassant pas le genou mais avec une prédominance des douleurs
lombo-sacrées, durant au moins trois mois, quasi quotidienne, sans tendance à
l’amélioration ». Elle représente la 1 ère cause d’absentéisme au travail et la 1 ère cause
d’invalidité avant 45ans [1]. En France, elle représente la 3 ème cause d’invalidité d’après la
conférence de consensus de 2005 de la HAS [2]. De même, elle représente près de 6 millions
de consultations chaque année (sans compter toutes les personnes souffrant de lombalgie
qui ne consultent pas). De plus, elle représente 30% des arrêts de travail de plus de 6 mois.
Certaines professions sont plus particulièrement touchées par cette pathologie.

En effet, les salariés du bâtiment et les professionnels du service à la personne sont les plus
exposés [3]. Le personnel aide-soignant en EHPAD est donc une population fortement
touchée par les problèmes de lombalgie chronique. La charge physique, mentale et
émotionnelle de travail est considérable [4]. Nous pouvons noter les contraintes d’ordres
physiques représentées par les stations debout prolongées, la manutention des personnes
souvent difficile due aux capacités amoindries des résidents en EHPAD (personnes
grabataires ou lourdement handicapées). En effet, la grande dépendance physique des
résidents implique une aide au transfert importante par les soignants, il en résulte que la
quasi-totalité des maladies professionnelles concernent les troubles musculosquelettiques.
A cela, nous pouvons également ajouter les déplacements et postures inconfortables
effectuées tout au long de la journée par ces professionnels. Par ailleurs, le facteur
psychologique avec la notion de stress rentre aussi en jeu. En effet, les horaires de travail
sont contraignants, les soignants sont souvent en sous-effectifs par rapport au nombre de
résidents à prendre en charge. Les mouvements de grève de janvier 2018 du personnel aide-
soignant pour dénoncer les difficultés de travail démontrent leur insatisfaction. Or, le stress,
l’anxiété sont des facteurs aggravants de chronicisation de la lombalgie [5].

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Les personnes affectées par la lombalgie chronique sont victimes d’un déconditionnement
physique [1] caractérisé par une atrophie musculaire avec diminution de la force, par des
raideurs articulaires avec perte de souplesse musculaire et par une capacité d’adaptation à
l’effort diminuée. Tom MAYER, créateur du programme PRIDE « Productive Rehabilitation
Institute of Dallas for Ergonomics », précise ce constat. Il ajoute que le syndrome de
déconditionnement montre une insuffisance des muscles du tronc prédominant sur les
extenseurs par rapport aux fléchisseurs ; c’est-à-dire des extenseurs du rachis
comparativement aux abdominaux. S’ajoute à cela une hypo mobilité pelvienne, une
rétraction musculo-tendineuse notamment des ischios-jambiers qui sont accompagnés
d’une désadaptation cardio-respiratoire.

Les traitements conventionnels comme le massage, les manipulations vertébrales, la


contention lombaire ou encore la physiothérapie (électrothérapie et cryothérapie) ne sont
pas recommandés par la HAS comme faisant preuve d’une quelconque efficacité à long
terme [7, 8]. A l’inverse, la reprise d’une activité physique après la période aigue est
préconisée.

C’est pourquoi, je me suis posé la question de l’utilité que pouvait apporter un programme
de reconditionnement physique chez les aides-soignants en EHPAD sujets aux lombalgies
chroniques notamment quant à la réduction du nombre d’arrêts de travail survenant à la
suite de lombalgie. Ma recherche s’intéresse aux personnes déclarées souffrantes de
lombalgie chronique (prévention secondaire) mais également au personnel aide-soignant
pouvant potentiellement être touché par la lombalgie (prévention primaire). Par ailleurs,
nous devons considérer le fait qu’un protocole de ce type ne pourra être efficace que s’il est
bien effectué, aussi il semble important d’inculquer une prise de conscience du personnel
soignant [9, 10] ainsi que la nécessité de l’éducation des professionnels à la bonne utilisation
de leur corps. Ceci passe notamment par le respect des courbures physiologiques et
l’apprentissage des positions dites « économiques » pour la région lombaire.

L’analyse des résultats permettra d’évaluer l’efficacité du protocole expérimental


comparativement à l’absence de réentrainement. D’éventuelles améliorations pourront être
proposées, au vu des résultats obtenus, dans la prise en charge kinésithérapique.

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I Cadre de référence

Le cadre de référence vient apporter les éléments ayant permis de définir la problématique et
les références sur lesquelles est basé le protocole d’étude. Dans un premier temps sont
évoqués la physiopathologie de la lombalgie, ses facteurs de risque de passage à la
chronicité ainsi que les traitements actuels suivant les recommandations de la littérature. Dans
un deuxième temps, les conditions de travail des aides-soignants en EHPAD sont
répertoriées afin de cerner les spécificités de ce métier. Dans une troisième partie, un rappel
anatomique et une présentation de la biomécanique lombaire est proposée pour permettre la
compréhension du fonctionnement de la région lombaire. Enfin, la dernière partie
retranscrit quelques notions concernant l’activité physique.

I.1 Pathologie et traitement médical

Cette partie vient reposer les bases de la lombalgie et son évolution. Dans un second temps,
sont rappelés les recommandations établies par la HAS sur les traitements et les conduites à
tenir face à cette pathologie.

I.1.1 Physiopathologie

La lombalgie commune, aigue ou chronique, est souvent la conséquence de lésions discales


qui sont soit traumatique (sur un disque sain) soit, comme c’est le plus souvent le cas,
dégénérative. Dans le second cas, la pathologie survient lors de la deuxième moitié de vie ou
lors d’un surmenage de la colonne vertébrale.

La lombalgie aigue
C’est la première étape avant le passage à la chronicité. Le début est brutal, souvent après un
effort de soulèvement ou un faux mouvement. Il correspond à une douleur vive de la
région lombaire, quelquefois associée à un blocage douloureux et souvent accompagnée par
une impotence fonctionnelle plus ou moins importante. Pour sa définition, on retient que la
durée de l’épisode douloureux doit être inférieur à 3 mois.

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L’examen clinique met en évidence des points douloureux au niveau des derniers disques
lombaires, une contracture musculaire para lombaire qui prédomine souvent d’un seul côté.
De même, le patient présente une posture en position antalgique : de face l’individu s’incline
d’un côté, de profil, une disparition de la lordose physiologique est observée, ce qui
empêche les mouvements de la colonne. Différentes structures peuvent être impliquées
dans cette pathologie : le disque, les vertèbres adjacentes, les articulations inter
apophysaires, les ligaments ou les muscles dorsaux. Chez les sujets jeunes, la prédominance
des protrusions et des hernies discales explique l’apparition de la pathologie, chez les
personnes plus âgées, les atteintes dégénératives disco vertébrales et inter apophysaires en
seraient la source. Cependant, en pratique, il est souvent compliqué d’identifier clairement
la lésion responsable. De même, un individu dont l’imagerie radio ou IRM révélerait ces
lésions, ne souffrira pas forcément de lombalgie.

Dans 90% des cas, la lombalgie aigue est rapidement favorable et guérit spontanément, la
guérison peut facilement être obtenue en 5 à 15 jours. Dans 10% des cas cependant,
l’évolution se fait par la récidive des épisodes douloureux ou la survenue d’une lombalgie
chronique. De plus, la lombalgie aigue peut se compliquer en évoluant vers une compression
radiculaire (sciatique ou crurale).

Facteurs de risques de passage à la chronicité


De nombreux facteurs de risques sont mis en cause dans le passage à la chronicité de la
lombalgie, de récidive ou encore de non reprise du travail qui correspondent à une
incapacité partielle selon l’institut national de recherche et de sécurité (INRS) [3, 5]. Ceux-ci
sont classés en fonction de leur niveau de preuve et de leur catégorie : médicale, socio-
professionnelle et psychologique.

Parmi les facteurs constituant un fort niveau de preuve scientifique, les facteurs médicaux
sont prépondérants avec, par exemple, des antécédents de lombalgie chez l’individu, des
antécédents de chirurgie lombaire ou d’arrêt de travail pour lombalgie ainsi que la sévérité de
la douleur et de l’incapacité fonctionnelle.
Dans les facteurs socio-professionnels, l’insatisfaction au travail évaluée par le patient ou
encore les litiges financiers représentent des facteurs de risque de chronicisation.

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Concernant les facteurs psychologiques, un mauvais état général jugé et décrit par le patient
est un risque important de développer une lombalgie chronique.

D’autres facteurs, avec un niveau de preuve scientifique intermédiaire sont mis en évidence
comme le tabagisme, un âge supérieur à 50 ans pour les facteurs médicaux, la pénibilité du
travail (mauvaise posture lors du travail, port de charge et durée de soulèvement important,
rotations et flexions de tronc répétées, les positions debout prolongées) et le salaire pour les
facteurs socio-professionnels. Pour les facteurs psychologiques, un syndrome dépressif et les
peurs et croyances de l’individu sont jugés comme pouvant aggraver la survenue d’une
lombalgie chronique.

D’autres facteurs de risques sont également proposés comme le poids de l’individu et sa


corpulence, ainsi que les facteurs génétiques. Cependant aucun accord n’a été trouvé pour les
inclure ou non dans les facteurs de risque significatifs.

Lombalgie chronique
On parle de lombalgie chronique lorsque la douleur lombaire due à un épisode de lumbago
perdure depuis au moins 3 mois. Il s’agit d’une douleur de type mécanique, qui n’est
habituellement pas associée à des raideurs matinales ou dont la durée est inférieure à 30
minutes et cédant ou diminuant après un dérouillage matinal. Cette douleur apparaît lors
d’un effort et cède immédiatement à l’arrêt de celui-ci.

L’examen clinique montre des points douloureux ainsi qu’une raideur que l’on peut mettre en
évidence par la diminution de l’amplitude des mouvements dans les différentes
directions (flexion, extension, inclinaisons et rotations).

La lombalgie chronique est souvent le fait d’une dégénérescence discale mais elle peut aussi
être la conséquence d’arthrose postérieure. Cependant, sa physiopathologie est mal
comprise, les modifications dégénératives citées avant sont également très fréquentes dans
la population générale sans pour autant que toutes les personnes les présentant souffrent
de lombalgie. Il ne s’agit donc pas de déterminants pathogéniques exclusifs. A ces
déterminants, s’ajoute l’altération qualitative et fonctionnelle des muscles paravertébraux.
En effet, les extenseurs du rachis des patients présentant une lombalgie sont tout à la fois

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déficitaires par rapports aux fléchisseurs (abdominaux) du sujet lui-même mais sont
également modifiés par rapport aux muscles d’une population saine. Cette modification est à
la fois quantitative et qualitative [11] :
- Quantitative, avec diminution du nombre de fibres de type I (correspondant aux
fibres dites lentes, elles sont très endurantes mais développent peu de force) et
augmentation du nombre de fibres de type II (correspondant aux fibres dites rapides,
développant beaucoup de force mais sont très peu endurantes et donc fatigables) et
notamment des fibres de type IIc (leur présence est rare chez un sujet sain) et du
tissu graisseux.
- Qualitative, par atteinte des propriétés des extenseurs du tronc que sont la force et
l’endurance. La perte de force entraine une modification du rapport de fléchisseurs-
extenseurs du tronc avec une tendance à avoir une inversion du ratio
fléchisseurs/extenseurs chez le lombalgique (supérieur à 1) tandis que celui-ci est
situé entre 0,7-0,8 chez un sujet sain non sportif [12].
Une sous-utilisation des muscles sous-pelviens est aussi mise en évidence.

De plus, les facteurs de risque de chronicité psychologique, socioprofessionnel et


comportemental qui ont été évoqués plus en amont, sont désormais intégrés dans le
modèle physiopathologique de la maladie, il faut donc en tenir compte dans le diagnostic de
cette pathologie.

L’évolution est variable, la lombalgie peut évoluer de différentes manières : vers


l’atténuation ou la disparition des douleurs pendant des périodes plus ou moins longues, la
récidive d’épisodes douloureux ou encore l’augmentation progressive des douleurs. Le
retentissement psychologique est à prendre en compte. Les complications qui découlent de la
lombalgie sont une altération significative de la qualité de vie ressentie par le patient
pouvant entrainer une désinsertion socioprofessionnelle.

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I.1.2 Traitements et recommandations

Le traitement de la lombalgie et les recommandations de soins pour cette pathologie sont en


constantes évolutions. La Haute Autorité de Santé a néanmoins défini de grandes lignes qui
organisent le traitement à la fois pharmacologique, physique et chirurgical [8].

Traitement médicamenteux
Dans le cadre de la lombalgie chronique, l’utilisation d’un traitement pharmacologique vise à
diminuer la douleur. Voici le type de médicaments qui peuvent être prescrits d’après les
recommandations établies en 2000 par l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en
Santé (ANAES) et reprise en 2005 par la Haute Autorité de Santé (HAS) :
Traitement par voie générale :
- Paracétamol : la dose journalière est établie en fonction de l’intensité de la douleur
ressentie par le patient sans dépasser toutefois 4 grammes par jour. Il appartient aux
groupes des antalgiques de type I.
- AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien) : c’est la médication principale pour la
lombalgie aigue, leur prescription est effectuée dès l’apparition de la douleur lors
d’un épisode de lumbago ou lors de récidive. Cependant, il existe un risque d’ulcère
et d’hémorragie digestive surtout si la prise d’AINS est associée avec une prise
d’autres anti-inflammatoires. Le patient doit donc en être informé. De plus, la durée
de traitement doit être courte pour les raisons citées précédemment. Comme pour le
paracétamol, les AINS entrent dans le groupe de médicament correspondant aux
antalgiques de type I.
- Antalgiques de niveau II, antalgiques opiacés faibles : proposés s’il n’y a pas d’effet
positif des antalgiques de niveau I vu précédemment.
- Antalgiques de niveau III, antalgiques opiacés forts : uniquement prescrits dans le cas
de douleurs intenses, résistantes aux antalgiques de niveau I et II. Leur prescription
est faite en fonction du patient, la durée du traitement doit être limitée et l’arrêt de
celui-ci doit être progressif.
- Myorelaxants : le tétrazépam a un effet antalgique sur la lombalgie chronique
démontré. La HAS préconise son utilisation chez un patient ayant une accentuation de
la douleur sur une période ne devant pas dépasser 2 semaines.

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- Antidépresseurs tricycliques : leur effet antalgique est relativement fiable dans le cas
de la lombalgie chronique. La HAS recommande aux praticiens d’évaluer le rapport
bénéfice-risque avant sa prescription chez les patients lombalgiques en dehors d’un
contexte de dépression.

Traitement par voie locale :


- AINS par voie locale, sous forme de pommades ou gels ou patchs : l’efficacité de leur
utilisation dans le soulagement des douleurs du lombalgique n’a pas fait objet d’une
quelconque étude bien qu’un grand nombre soient en vente libre dans les
pharmacies et parapharmacies.
- Les infiltrations épidurales de corticoïdes : il semble qu’ils aient un effet antalgique à
court terme chez les patients lombalgiques mais sans preuve fiable. Cependant, la
HAS stipule que « cette modalité thérapeutique ne doit pas être un traitement de
première intention ».

Cependant, le traitement médicamenteux doit toujours intervenir en complément d’une


pratique d’activité physique [13]. De plus, il est mentionné que le traitement repose avant
tout sur la rééducation et l’éducation du patient dans l’utilisation de sa colonne vertébrale et
non pas dans la prise de médicaments.

Traitement chirurgical
La HAS ne recommande pas les systèmes de stabilisation dynamique et les dispositifs
interépineux dans le traitement de la lombalgie chronique dégénérative. Par ailleurs, le
traitement chirurgical est réservé à quelques indications exceptionnelles. L’utilisation d’un tel
traitement doit être scrupuleusement évaluée au cas par cas.

Traitement physique, non médicamenteux


Les massages, bien que leur efficacité ne soit pas prouvée, peuvent être proposés en début de
séance afin de préparer le patient aux autres techniques et permettent également d’avoir un
premier contact avec celui-ci.

Les ionisations, les ondes électromagnétiques et le rayonnement laser n’ont pas fait preuve
d’efficacité.

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La stimulation électrique transcutanée (TENS) montre une efficacité antalgique durant
l’application mais sans preuve fiable. En effet, la HAS considère cette recommandation
comme ayant un grade C, c’est-à-dire qu’elle possède un faible niveau de preuve. Cette
gradation est établie à partir du guide de niveau de preuve et gradation des
recommandations de bonne pratique d’avril 2013 de la HAS [14].

La balnéothérapie aurait probablement un effet antalgique à court terme. Elle obtient


également un grade C à ce niveau, mais à long terme, cet effet antalgique n’est pas prouvé.
Les recommandations de la HAS, stipulent qu’à court terme, l’activité physique a un effet
antalgique. Dans le même ordre d’idée, le repos au lit n’est pas recommandé. On retrouve
également cet avis dans la fiche d’informations destinée aux professionnels de santé de
2017, réalisée par la caisse d’assurance maladie [13]. Celle-ci propose aux professionnels
d’encourager dès le début de la prise en charge du patient lombalgique, le maintien d’une
activité physique et ou professionnelle pour permettre la restauration de la fonction
rachidienne. De même, la reprise rapide des activités de la vie quotidienne serait favorable à
la guérison et permettrait donc de limiter l’arrêt de travail.

Actuellement, il est recommandé aux personnes souffrant de lombalgie chronique de


maintenir ou d'instaurer une activité physique régulière, de faible à moyenne intensité, en
tenant compte des plaintes douloureuses et des limitations fonctionnelles. Cette
recommandation se base sur les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé [15] dans
sa stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé.

I.2 Rappels anatomiques et biomécanique lombaire

Dans cette partie sont rappelés, dans un premier temps, les éléments essentiels et les
spécificités anatomiques du rachis lombaire [16]. Dans un second temps, une présentation de
la biomécanique de la région lombaire est proposée [17, 18].

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I.2.1 Rappels anatomiques

Le rachis est constitué d’os : 33 vertèbres, 24 côtes et du sternum. Il comprend aussi des
fibrocartilages : 23 disques et 14 cartilages costaux participant à la formation d’un ensemble
de 120 articulations. Cet ensemble d’éléments reflète la complexité de cette structure. Au
niveau osseux, la colonne vertébrale se compose d’une partie inférieure fixe : sacrum et
coccyx, et d’une partie mobile composée par les vertèbres (7 cervicales, 12 thoraciques et 5
lombaires plus les vertèbres soudées formant le coccyx et le sacrum). Elle a deux rôles
principaux :
- Stabilité : lors des ports de charge, permettant la rigidification du tronc.
- Mobilité : cette fonction est surtout présente au niveau cervical.

La colonne vertébrale est aussi constituée de trois courbures physiologiques permettant


d’augmenter la résistance en compression et d’amortir les contraintes pendant la marche et la
course. La formule d’Euler explique ce phénomène : R= n2+1
Avec R correspondant à la résistance et n au nombre de courbures.

Physiologiquement, une colonne vertébrale humaine a donc une résistance 10 fois


supérieure à une colonne sans courbure. Cependant, l’effacement d’une courbure (comme
c’est le cas de la lordose lombaire chez les personnes lombalgiques) provoque une
diminution de cette résistance ; celle-ci est divisée par 2. L’éducation des personnes au
respect des courbures physiologiques a donc une importance capitale dans la prévention des
contraintes pouvant être appliquées sur le disque intervertébral.

Particularités du rachis lombaire


C’est la région inférieure du rachis, jonction mobile entre deux régions moins mobiles que
sont le thorax et le bloc pelvien, assez courte (constituée de 5 vertèbres). C’est une région
massive avec des vertèbres de tailles imposantes par rapport à leurs homologues du rachis
cervical et dorsal, et qui présente des masses musculaires compactes. Sa dominante
fonctionnelle est avant tout la stabilité.

La mobilité du rachis lombaire est couplée avec celle de l’articulation coxo-fémorale et de


celle du bassin (complexe lombo-pelvi-fémoral). Sa partie inférieure constitue une zone de

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transition avec le sacrum : elle est nommée charnière lombo-sacrée et est le siège de
nombreuses pathologies. La partie supérieure du rachis lombaire est en continuité avec le
rachis thoracique au moyen d’une autre zone de jonction : la charnière thoraco-lombale,
jouant elle un rôle de rotule entre la zone thoracique et la zone lombaire.

Vertèbres
Les vertèbres sont composées de différentes parties : d’une part le corps vertébral qui
constitue la partie antérieure, d’autre part deux pédicules, deux lames, les processus
transverses et épineux qui constituent l’arc postérieur (Figure 1).

Figure 1: vertèbre lombaire type (DUFOUR, 2015)

Les corps vertébraux


Les corps vertébraux sont formés d’une corticale peu épaisse mais très résistante puis d’os
spongieux. Ils constituent la partie la plus stable de la vertèbre car ils reçoivent toutes les
contraintes en compression. Leur forme est cylindrique, convexe sauf en arrière. A l’étage
lombaire, ils sont réniformes et volumineux. Les surfaces supérieures et inférieures sont
concaves et recouvertes de cartilage.

Les corps vertébraux comportent des travées osseuses selon les lignes de résistance, la zone
de résistance la plus importante se trouvant en arrière (mur postérieur) ceci permet la
protection du foramen vertébral qui comprend la moelle osseuse. La zone de plus grande
fragilité se situe en avant. Elle forme un triangle à base antérieure, c’est dans cette zone que
se situe la majeure partie des fractures vertébrales.

L’arc postérieur
Aussi appelé arc neural, il est relié au corps vertébral par les pédicules, au nombre de deux
par vertèbre. Ces pédicules sont reliés ensemble par les lames. A la jonction postérieure des

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lames se trouvent les épineuses. C’est le segment de la mobilité, il comporte les processus
articulaires postérieurs (PAPs). Les facettes articulaires des PAPs, initialement orientées dans
le plan sagittal, deviennent de plus en plus frontales à mesure que l’on descend le long du
rachis lombaire. Ces facettes articulaires ont une orientation clairement frontale au niveau de
la jonction L5-S1. Cette configuration est une particularité du rachis lombaire qui entraine des
conséquences au niveau biomécanique (voir partie biomécanique).

L’unité fonctionnelle rachidienne


C’est l’articulation de deux vertèbres entre elles (Figure 2), mettant en présence le complexe
disco-corporéal (articulation de type symphyse) et les processus articulaires postérieurs
(articulations de type trochoïde au niveau lombaire) de deux vertèbres.

Cette articulation disco-corporéale est possible grâce à la présence entre deux corps
vertébraux d’un disque intervertébral. Celui-ci permet le lien entre les surfaces osseuses des
corps vertébraux. La structure particulière du disque lui permet de jouer un rôle
d’amortissement des contraintes. On retrouve deux parties, l’une centrale, l’autre
périphérique.

La partie centrale est formée par le nucléus pulposus. Il est richement hydraté (70 à 90%
d’eau) et hydrophile. Cependant, avec l’âge, la capacité d’hydrophilie diminue. De plus le
noyau n’est ni innervé ni vascularisé, il est déformable mais incompressible et se trouve en
pression entre les lamelles de l’annulus fibrosus.

La partie périphérique est l’annulus fibrosus, constitué d’eau (60 à 70%), de collagène
(représentant 50 à 60% du poids sec) et de protéoglycane. Il est composé de lamelles qui
forment des couches, son but principal est d’emprisonner le nucléus pulposus.

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Figure 2: L'unité fonctionnelle rachidienne (DUFOUR, 2015)

Le système ligamentaire
Il est plus important à l’arrière, recouvre l’arc postérieur et se compose du ligament
longitudinal postérieur qui s’étend tout le long du rachis, ainsi que des ligaments jaunes,
intertransversaire, interépineux et supra épineux. Ce système ligamentaire postérieur forme un
frein au mouvement de flexion.

A l’avant, seul le ligament longitudinal antérieur est présent. Il s’étend de la partie


antérieure du foramen magnum jusqu’à la face antérieure du sacrum. Il vient limiter le
mouvement d’extension rachidien.

Le système musculaire
Le système musculaire du rachis lombaire peut être réparti en différents groupes : d’abord les
muscles postérieurs, avec distinction des muscles profonds et les muscles superficiels puis
les muscles antérieurs constitués des abdominaux et enfin, le carré des lombes.

Les muscles profonds


Parmi les muscles profonds, plusieurs groupes se distinguent :
- Le groupe des sacro-épineux formé par l’ilio-costal dans sa partie lombale, le
longissimus avec sa portion thoraco-lombale et enfin l’épineux dont la présence
permet la stabilisation de la charnière thoraco-lombale.
- Le groupe des intertransversaires est responsable de l’inclinaison homolatérale et les
interépineux ayant un rôle dans l’extension rachidienne.
- Le groupe des transversaires épineux est constitué par les rotateurs et multifides. Ces
deux muscles sont composés chacun d’un faisceau long et d’un faisceau court. Par

13/50
ailleurs, au niveau lombal, le long multifide possède plusieurs faisceaux. Leur rôle de
stabilisation est important surtout pour le court rotateur du fait qu’il soit mono
articulaire et au contact de l’articulation postérieure.

Les muscles superficiels


Au niveau lombaire, il s’agit du grand dorsal et du dentelé postéro-inférieur.
- Le grand dorsal, dont toute la partie lombale est aponévrotique, il forme un losange
avec son homologue controlatéral et dont nous reparlerons dans la partie du
système fibreux. Globalement, il permet le placage aponévrotique des érecteurs du
rachis.
- Le dentelé postéro-inférieur (DPI), s’étend des processus épineux de T11 à L3
jusqu’aux dernières côtes, il permet la stabilisation de la charnière thoraco-lombale.

Les muscles antérieurs


Ce groupe musculaire est formé des abdominaux : les droits, le transverse et les obliques
internes et externes. Leur action statique est la plus importante avec 95% de fibres toniques
contre 5% de fibres phasiques entrant dans leur composition. Les fibres toniques,
correspondant aux fibres de type I qui sont essentiellement présentent dans les muscles
ayant un rôle de maintien postural, d’équilibre et ont de ce fait un travail en endurance. Les
fibres phasiques, autrement appelées fibres de type II sont présentes en majorité dans les
muscles rendant possible le mouvement et sont plus fatigables.

L’activité principale des muscles antérieurs est la contention du caisson abdominal et la


stabilisation du rachis lombal puisqu’ils forment « la poutre rigide prévertébrale de
Raischong et Avril » [18]. En effet, le caisson abdominal est le garant de la stabilité
rachidienne, en assurant une action protectrice sur la colonne vertébrale.

Le carré des lombes


Ce muscle est l’un des muscles périphériques de l’abdomen. Il est composé de trois
faisceaux, difficilement dissociables et fortement entrecroisés : le costo-transversaire, l’ilio-
costal et l’ilio-transversaire. Ainsi, le carré des lombes forme un important haubanage
frontal du rachis lombal.

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Le système fibreux
Les muscles postérieurs du tronc sont à prédominance aponévrotiques, ce qui renforce le
rachis dans son rôle de stabilité tout en étant économique pour l’individu.
- L’aponévrose lombo-sacrale, appartient au grand dorsal, c’est une puissante couche
aponévrotique en forme de losange tendue entre le rachis thoracique inférieur et la
crête sacrale médiane. Cette aponévrose permet le placage des muscles érecteurs du
rachis lors des efforts de soulèvement et de ports de charges.
- La charnière aponévrotique lombaire est un carrefour fibreux entre l’aponévrose
lombo-sacrale et l’aponévrose postérieure du transverse abdominal.
- Le placage aponévrotique de la portion caudale des érecteurs du rachis est une
couche aponévrotique qui parcourt la région lombaire de la 12 ème côte jusqu’à la
crête iliaque. Elle engaine la masse commune.
Le système fibreux possède donc un important rôle de maintien au niveau lombaire en
venant recouvrir les muscles et en les plaquant sur le rachis (figure 3).

Figure 3: plaquage aponévrotique du grand dorsal (DUFOUR, 2015)

I.2.2 Biomécanique

Afin de permettre une compréhension de la lombalgie, il est essentiel d’avoir des notions de
la biomécanique de la région lombaire. Cette partie est déclinée en deux sous-parties : le rôle
statique du rachis lombaire et son rôle dynamique.

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Rôle statique
Le rôle le plus important du rachis est la stabilité ; la colonne doit être capable de soutenir la
charge constituée par le poids des membres supérieurs (c’est l’axe portant de la moitié du
corps), de la tête et de la masse musculaire abdominale et dorsale. Cette stabilité est rendue
possible par un amortissement direct passif en avant constitué par l’empilement des corps
vertébraux entre eux, et entre lesquels s’intercale un disque articulaire. Ce phénomène
d’amortissement direct est permis par l’existence d’un équilibre intrinsèque à l’intérieur du
disque, lié à l’état d’hydrophilie du noyau : état de précontrainte du nucléus pulposus
permettant une résistance aux efforts de compression. En effet sous, l’action d’une
compression axiale, le nucléus absorbe 75% de la charge contre 25% pour l’annulus. C’est ce
qui est nommé équilibre intrinsèque intercorporéal. En arrière, on trouve également un
amortissement, indirect cette fois, assuré par les processus articulaires postérieurs formant
un système de bras de levier. Ce système permet un point d’appui pour le système
musculaire environnant.

L’empilement des corps vertébraux entre eux et des 2 colonnettes de processus articulaires à
l’arrière, forment un système de 3 colonnes de transmission des forces. Cette répartition des
appuis peut être comparé à un trépied qui va venir protéger le disque intervertébral en
dirigeant axialement les contraintes. Pour se faire, la lordose physiologique doit être
respectée, car dans le cas contraire, les pressions sont dirigées obliquement ce qui est
délétère pour le disque intervertébral.

Au niveau lombaire, tout permet la stabilité. Parmi les structures passives, se trouve les
vertèbres peu nombreuses, le puissant appareil ligamentaire, les muscles superficiels
essentiellement aponévrotiques, les téguments épais et adhérents avec la présence d’un
matelas cellulo-graisseux ou encore la limitation des mouvements entre les côtes et le bassin
sont des garants de la stabilité.

Sur le plan des éléments actifs, les muscles postérieurs sont compacts formant une masse
commune, et sont fortement engainés, ce qui permet un maintien efficace. La co-
contraction des muscles postérieurs avec les muscles antérieurs participe également au
renfort de cette stabilité. En effet, ils ont un rôle d’étau qui forme une poutre composite
quasi parfaite (les muscles étant plaqués sur les vertèbres) et ces muscles permettent un

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verrouillage lombaire très efficace. De plus, la partie aponévrotique du système musculaire
est forte et partage son rôle avec le système passif (fibres postérieures du transverse et des
obliques, grand dorsal). Par ailleurs, on peut noter la présence des « 4 colonnes du rachis »
évoquées par DOLTO comprenant les deux psoas, les deux parties caudales des érecteurs du
rachis, les plans musculaires latéraux avec les deux carrés des lombes et enfin le dentelé
postéro-inférieur qui permettent un maintien solide dans le plan frontal [18].

Rôle dynamique
Au niveau lombaire, il s’agit surtout de mouvements de flexion/extension puisqu’ils
représentent 50% de la mobilité de tout le rachis lombal. En effet, comme nous avons pu le
voir précédemment le rôle préférentiel du rachis lombaire est la stabilité et de ce fait, de
nombreux éléments physiologiques et anatomiques lui permettent ce rôle et constituent des
freins. Les amplitudes des mouvements sont donc moindres par rapport aux régions
cervicale ou thoracique.

Flexion
La flexion est le mouvement qui, dans un plan sagittal, consiste à rapprocher par voie
antérieure la cage thoracique du bassin. L’amplitude du mouvement est de plus ou moins
40° en fonction des auteurs, la majorité du mouvement ayant lieu au niveau de la jonction
articulaire L5-S1.

En station debout, c’est la pesanteur qui va permettre le mouvement avec l’action des
muscles postérieurs pour le freiner à la condition que la lordose physiologique soit
respectée. Les abdominaux (droits, obliques internes et externes) sont les acteurs de la
flexion en position couchée dos, ce sont alors des fléchisseurs directs. A l’inverse, on trouve
des fléchisseurs indirects, les ischios-jambiers et le grand fessier qui servent à retenir le
mouvement en position érigée. Les muscles antagonistes, c’est-à-dire les extenseurs du
rachis, ont un rôle dans le contrôle du mouvement en venant le freiner.

Ensuite, les limites situées en arrière de l’axe sont les téguments postérieurs, les ligaments
supra-épineux, inter-épineux, inter-transversaire, le ligament jaune et le ligament
longitudinal postérieur. Au niveau articulaire, la capsule et la partie postérieure du disque

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intervertébral sont des freins au mouvement, au niveau osseux, la butée des processus
articulaires postérieurs est également un élément limitant.

Extension
L’extension est le mouvement qui dans un plan sagittal, vise à éloigner la cage thoracique du
bassin par voie antérieure. L’amplitude du mouvement est d’environ 30 à 45° et comme
pour la flexion, le mouvement à une amplitude maximale en L5-S1.

Quelle que soit la position, les muscles moteurs sont les érecteurs du rachis, le carré des
lombes et le grand dorsal formant les extenseurs directs. Le psoas et les fléchisseurs de
hanche (droit fémoral, tenseur du fascia lata (TFL), sartorius) viennent freiner l’extension.

Les freins au mouvement sont représentés par :


- Au niveau osseux : le contact osseux des processus épineux et la butée du processus
articulaire postérieur (PAP) inférieur sur la lame sous-jacente.
- Au niveau capsulaire et ligamentaire : la partie antérieure du disque intervertébrale,
le piégeage du ligament inter épineux entre les processus épineux et la tension du
ligament longitudinal antérieur.
- Au niveau musculaire et tégumentaire : la tension musculaire de la sangle
abdominale et de la peau forme une limite à l’extension, de même que la raideur des
muscles sous-pelviens.

Inclinaison
L’inclinaison consiste à rapprocher par voie latérale la partie inférieure du thorax vers l’aile
iliaque homolatérale. Ce mouvement intègre une rotation automatique du côté convexitaire.
L’amplitude est relativement faible du fait de la présence des côtes, selon les auteurs elle est
d’environ 20° avec un maximum d’amplitude située dans la partie moyenne lombaire soit
entre les vertèbres L3 et L4.

Les muscles moteurs sont composés du carré des lombes et des obliques du côté de
l’inclinaison.

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Les limites se situent du côté de la convexité avec les deux faisceaux du ligament
iliolombaire et les fibres du disque intervertébral. Au niveau musculaire, la rétraction des
muscles carré des lombes et obliques controlatéraux sont un frein à l’inclinaison.

Rotation
Il existe très peu de rotation lombaire à cause de la configuration des processus articulaires
postérieurs (PAP) qui a été évoquée précédemment. L’amplitude est de 5° au total soit plus ou
moins un degré par étage. Cependant, des auteurs évaluent que l’amplitude est plus
importante au niveau lombaire inférieur ce qui est expliqué par la configuration plus
sagittale des PAPs aux étages supérieurs. Par ailleurs, les rotations ne sont pas pures, elles
intègrent une inclinaison simultanément due à la conformation cunéiforme des disques. De
plus, la rotation est un mouvement impliquant un cisaillement important au niveau discal ce
qui le contre-indique en amplitude extrême.

Les muscles moteurs de la rotation sont les fibres obliques des muscles alentours avec
principalement les abdominaux obliques internes et externes.

En outre, l’étude de l’anatomie et de la biomécanique de la région lombaire permet de faire


ressortir certains points essentiels à prendre en compte dans la réalisation des exercices :
- La fonction principale de cette zone est la stabilité et ceci est permis par l’ensemble
des éléments anatomiques en présence,
- Importance de la co-contraction des muscles du tronc, abdominaux en avant et
muscles postérieurs qui doivent donc être travaillés en synergie
- Importance du respect de la lordose physiologique dans les exercices proposés mais
également dans tous les mouvements quotidiens. L’éducation au respect des
courbures physiologiques permet de protéger l’intégrité du disque intervertébral, qui
comme vu précédemment est souvent la cause des problèmes de lombalgie.

I.3 Retour sur les facteurs de risque : les conditions de travail en EHPAD

Les informations citées précédemment mettent en évidence des facteurs de risque généraux
de passage à la chronicité de la lombalgie. La nécessité de décrire les conditions de travail

19/50
des aides-soignants en EHPAD est évidente afin de bien cerner les difficultés qu’ils peuvent
rencontrer dans leurs tâches et mettre en évidence les facteurs de risques auxquels ils font
face dans leur vie professionnelle. Ces difficultés se retrouvent tout à la fois au niveau
physique et au niveau psychologique.

I.3.1 Aspect physique : pénibilité physique du travail

Une des définitions du métier d’aide-soignant retrouvée dans la littérature est la suivante : «
l’aide-soignant réalise des soins liés aux actes de la vie quotidienne, en compensant ainsi un
déficit ou une perte d’autonomie de la personne tout en cherchant le maintien de
l’autonomie restante » [19]. Cette définition permet de faire ressortir l’aspect physique du
travail d’aide-soignant en EHPAD.

En effet, les personnes résidentes en EPADH sont de plus en plus âgées (78% des résidents
ont 80 ans ou plus en 2011) et le niveau de dépendance est de plus en plus élevé. En 2012,
60% des personnes résidant en EHPAD sont recensées comme faisant parti du GIR 1 (Groupe
Iso Ressource 1). Le GIR 1 concerne les personnes âgées dont les fonctions physiques et
mentales sont gravement altérées. Souvent, les personnes diagnostiquées comme faisant
partie de ce groupe sont confinées au lit ou au fauteuil et ont besoin d’un accompagnement
continu. Ainsi, la forte proportion de ces personnes dans les EHPADs alourdit la charge de
travail (plus de temps nécessaire pour les soins et plus d’implication physique). De ce fait, la
pénibilité physique du travail est jugée prononcée par les professionnels. Cette pénibilité est
due aux gestes répétitifs réalisés (toilette au lit, transferts, etc.) et aux efforts de
manutention (lever les personnes, les porter, etc.) accentuée par la perte de mobilité des
résidents.

D’après le rapport remis à la DREES de septembre 2016, 69% des accidents de travail chez
les aides-soignants en EPADH sont causés par la manutention manuelle.
Du point de vue du personnel, les risques d’accidents professionnels sont vécus comme
inévitables et faisant partie du métier. Ce sentiment est majoré par la réalisation de
nombreuses tâches qui ne peuvent ou ne sont pas (du fait d’un manque de temps) réalisées

20/50
avec un matériel spécifique. Ainsi, ressort l’idée que les aides-soignants subissent les
contraintes inhérentes à leur métier.

I.3.2 Aspect psychologique du travail, notion de « charge mentale »

La charge mentale se définit comme suit : « ensemble des opérations mentales effectuées
par un travailleur lors de son activité professionnelle qui contribuent à la pénibilité de cette
fonction : effort de concentration, de compréhension, d’adaptation […] mais aussi pressions
psychologiques liées aux exigences de rapidité, délai, qualité d’exécution. » [20]. Le travail en
EHPAD se rattache directement à cette définition dans de nombreuses dimensions :
contraintes de temps et temporalité (planning de travail, horaires à respecter pour les repas
etc.), charges émotionnelles exigeantes face à la perte d’autonomie, face aux violences, aux
problèmes de démence et aux problématiques organisationnelles. La charge mentale se
retrouve également à plusieurs niveaux, dans les relations avec les résidents et dans les
relations avec les familles des résidents.

Les contraintes de temps et la temporalité


La temporalité est spécifique au travail de soignant, chaque plage de la journée est
consacrée à la réalisation de certaines tâches (lever, repas, coucher, changes). Elle constitue
une contrainte psychologique, génère du stress afin de respecter les délais liés au planning
imposé par l’établissement. Les aides-soignants, déclarent donc faire face, tous les jours, à
« la pression de la pendule » correspondant au fait de travailler dans l’urgence afin de
respecter les horaires.

A ce stress dû au respect des règles temporelles, s’ajoute un stress supplémentaire constitué


par les sollicitations des résidents auxquelles doivent faire face les aides-soignants :
utilisation parfois jugée abusive des sonnettes qui peuvent en plus ajouter un sentiment
d’agacement. Ces interruptions fréquentes, ont donc une répercussion directe sur la gestion
du temps de travail et sont appréhendées par les aides-soignants de peur d’être en retard
sur le planning ou engendrent une frustration de faire vite au risque de mal faire.

21/50
Par ailleurs, un autre élément entre en compte dans l’organisation et la gestion du temps de
travail : la proportion de résidents de plus en plus dépendants associé à un manque de
personnel. En effet les prises en charges induites par la présence de personnes dépendantes
sont plus lourdes à la fois en termes de temps mais également en termes de contrainte
physique. Ceci est insuffisamment compensé par les moyens humains (sous-effectif).

Le manque de personnel, élément majorant le stress au travail


Ce sous-effectif est accentué par un taux d’absentéisme important. Celui-ci est en moyenne
de 1,3 fois plus important à la moyenne constatée dans le secteur de la santé en 2012 [19].
Ainsi, l’absentéisme induit une réorganisation du temps de travail : bien qu’il y ait un
manque de personnel, les soins aux résidents doivent être effectués et ce, dans le même
laps de temps, générant un stress supplémentaire. Par ailleurs, le sous-effectif peut
également entrer en compte dans les facteurs de pénibilité physique du travail. Les
soignants restants doivent effectuer plus de prises en charge que si l’équipe était au
complet : l’épuisement physique engendre alors un épuisement émotionnel, conduisant à la
création d’un cercle vicieux.

La gestion des relations avec les résidents et les familles


Un aspect important à prendre en compte correspond aux relations qu’entretiennent les
aides-soignants avec les résidents. Cependant, les professionnels sont souvent démunis face
à certaines situations de violences physiques ou verbales dont ils sont victimes. Ce genre de
situation provoque souvent une angoisse face au risque de survenue de telle situation, les
soignants ayant parfois du mal à contrôler les personnes âgées et à les raisonner. S’ajoute
donc une charge émotionnelle au travail des aides-soignants ; ils doivent réprimer leurs
émotions (sentiment d’injustice par exemple) pour favoriser celles des résidents. Les
professionnels ont donc obligation d’être continuellement à l’écoute, calmes et patients et
ce quelle que soit la situation. Le fait de recevoir des coups ou des insultes de la part des
résidents est fréquent et peut avoir un impact direct sur le moral du professionnel.

Par ailleurs, les professionnels évoquent souvent des difficultés dans les relations avec les
proches et les familles des résidents. Les familles sont exigeantes vis-à-vis de la structure en
elle-même (qualité de l’hôtellerie, tenue des locaux et accompagnement relationnel) et les
aides-soignants sont directement pointés du doigt car ils sont le lien direct avec les familles.

22/50
Celles-ci les considèrent souvent comme responsables d’une majoration de la perte
d’autonomie des résidents, en général par déni de l’avancée de la maladie de la personne
âgée. De plus, les aides-soignants définissent un manque de considération de la part des
familles qui se placent en position dominante. Ce manque de considération comme
l’exigence élevée sont généralement justifiées par le coût onéreux d’un EHPAD. Ainsi, le
soutien hiérarchique (infirmières et direction de l’établissement) et le soutien du reste de
l’équipe est perçu comme une nécessité. L’entente entre collègues est donc primordiale
pour le bien-être du professionnel, et l’esprit d’équipe est donc à entretenir.

Le sentiment de décalage avec la société


La fatigue et la difficulté à articuler vie familiale et vie professionnelle entrent aussi en jeu
dans l’aspect psychologique du travail d’aide-soignant. L’articulation vie professionnelle et
vie familiale se définit comme : « la capacité, pour un individu, à séparer physiquement et
psychologiquement les sphères de travail et de la vie privée. » [19]. En EHPAD, cette
distinction entre vie professionnelle et vie personnelle est essentielle compte tenu de
l’intensité de l’investissement physique et psychique du travail. Cependant, les horaires de
travail sont souvent jugés en décalage par rapport au reste de la société. Par exemple :
travail le week-end, les jours fériés et jours de fêtes. Ce décalage altère la vie sociale,
culturelle et familiale des professionnels.

De plus, afin de pallier l’absentéisme, les établissements effectuent souvent des rappels de
soignants lors de leurs journées de repos, ceci ajoute une pression psychique
supplémentaire et donne le sentiment aux aides-soignants de ne jamais quitter réellement
le lieu de travail.

I.4 L’activité physique

L’activité physique se définie par l’OMS comme « tout mouvement du corps produit par la
contraction des muscles squelettiques entrainant une dépense d’énergie » [15]. Ceci englobe
le sport et les loisirs mais également les activités de la vie quotidienne comme les
déplacements (par exemple la marche, le vélo, rollers etc.), les activités ludiques (jeux de
ballons avec des enfants), les activités professionnelles ou les tâches ménagères. En soit,

23/50
tout activité permettant une dépense d’énergie est considérée comme une activité physique
[15]. Toujours d’après l’Organisation Mondiale de la Santé, de nombreux bénéfices sont
apportés par la pratique d’une activité physique régulière chez les personnes dont l’âge se
situe entre 18 et 64 ans. Ces bénéfices peuvent être divisés en deux groupes, physique et
psychique.

Les bénéfices physiques d’une vie active


Par rapport à une population sédentaire, une population de personnes actives présentera un
risque moins important de développer une hypertension artérielle, une cardiopathie
coronarienne, du diabète et enfin un accident vasculaire cérébral. De plus, il a été reconnu
que l’activité physique diminuait le risque de survenue de cancer du sein ou du côlon et qu’à
l’inverse, la sédentarité était responsable de 21 à 25% des cas de ces types de cancers. Par
ailleurs, la pratique d’une activité physique chez les individus permet d’obtenir de plus
grandes capacités cardiorespiratoires et musculaires qu’une personne qui n’en pratique pas.
La qualité osseuse est également améliorée ainsi que la santé fonctionnelle : les personnes
actives ont un meilleur maintien de leur poids (masse corporelle entrant dans les normes de
l’Indice de Masse Corporelle) et une répartition des tissus plus saine avec un taux de masse
grasse entrant dans les normes (c’est-à-dire 22 à 25% chez la femme et 12 à 15% chez
l’homme pour la population générale [21]).

Bénéfice de l’activité physique sur le moral


Par ailleurs, comme le révèle la partie précédente sur les conditions de travail des aides-
soignants en EHPAD, le stress est un élément récurrent auquel sont confrontés les
professionnels. Or, l’activité physique et sportive a prouvé son efficacité sur le stress,
l’anxiété et la dépression [22]. En effet, elle est fréquemment utilisée en complément des
traitements pour ces pathologies. Cet effet est notamment expliqué par le fait que la
pratique d’activité physique entraine la libération par le corps d’endorphine, une hormone
responsable d’une sensation de bien-être. Ainsi, l’activité physique régulière permettrait de
réduire le stress vécu par les aides-soignants et jouerait donc un rôle dans la réduction de ce
facteur de risques de chronicisation de la lombalgie.
Par ailleurs, sa pratique, notamment en groupe, permet d’améliorer la socialisation et donc,
d’améliorer les rapports et la communication entre les membres de l’équipe d’aides-
soignants. Ceci est un point important puisque les professionnels considèrent essentiel le fait

24/50
d’être soutenus par leurs collègues de travail [19]. De plus, la pratique physique régulière
améliore le sommeil. En effet, des études épidémiologiques ont permis de mettre en
évidence un effet positif de l’activité physique sur le sommeil, les personnes actives disent
avoir un sommeil plus réparateur [23]. La fatigue et la sensation de ne pas arriver à se
reposer sont deux des éléments de pénibilité psychique décrites par les professionnels.
Ainsi, l’activité sportive proposée par le protocole de réentrainement pourrait améliorer ces
facteurs. Eux-mêmes sont générateurs de stress et donc indirectement, l’activité physique
peut avoir un effet bénéfique sur la diminution des facteurs de risques. Enfin, la valorisation
de l’estime de soi est un autre bénéfice qui est apporté par l’activité physique. Ce
phénomène peut être expliqué par le fait que se dépenser physiquement permet dans une
certaine mesure un « lâcher prise ». Des études de cohortes ont été menées et montrent
que le sport adapté à la personne a un impact positif sur l’estime de soi [24].

Finalement, l’activité physique pourrait aussi jouer un rôle sur l’amélioration des facteurs de
risque psychique responsables d’une chronicisation de la lombalgie, à condition que l’activité
physique soit bien menée et donc qu’il y ait préalablement un apprentissage des exercices
proposés. L’intérêt d’offrir une activité physique aux aides-soignants semble donc justifié.

En pratique, les recommandations


Ainsi, l’OMS recommande aux personnes adultes d’avoir une activité physique répartie
comme suit :
- Au moins 150 minutes d’une activité d’endurance à intensité modérée par semaine
ou 75 minutes à intensité soutenue ou encore de combiner les deux types d’intensité
pour obtenir la même équivalence en termes de dépense énergétique.
- La pratique de l’activité physique doit, pour en tirer les bénéfices attendus, être
réalisée sur des sessions d’une durée d’au minimum 10 minutes.
- En complément de l’activité physique d’endurance, la pratique de renforcement
musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires doit être effectuée au
moins deux jours par semaine.
Cependant, ces recommandations constituent le minimum pour améliorer son état de santé.
Dans le cadre de ce mémoire, l’idée est d’augmenter davantage les capacités
cardiorespiratoires et musculaires du personnel aide-soignant afin qu’il puisse pratiquer son
activité professionnelle dans les meilleures conditions possibles pour prévenir la survenue

25/50
ou les récidives de lombalgies. Ainsi, la qualité du renforcement musculaire constituera une
priorité dans le protocole de réentrainement et celui-ci sera ciblé sur les muscles jugés
déficitaires chez les lombalgiques.

En outre, les recherches effectuées pour ce mémoire ont permis de faire ressortir plusieurs
recommandations et implications pratiques dans l’utilisation d’une activité physique pour le
traitement de la lombalgie :
- Les activités physiques et de loisirs sont conseillées, à condition d’avoir une pratique
progressive, adaptée et régulière. L’intensité de la pratique sportive doit se faire en fonction
de la douleur.
- La combinaison d’exercices de renforcement, de travail postural, d’étirements et
d’activités aérobies est un axe principal de traitement.

I.4.1 Apport de la pratique sportive sur le lieu de travail

Les travaux réalisés pour étudier les effets d’une pratique sportive sur le lieu de travail sont
essentiellement portés sur les entreprises. Aucune étude n’a été réalisée dans le cadre d’une
profession de santé. Toutefois, l’activité physique pratiquée sur le lieu de travail présente
des avantages. Tout d’abord, bien que la majorité des individus soient conscients des
bénéfices d’une vie active, peu pratiquent une activité physique ou sportive de manière
régulière, l’argument principalement avancé étant le manque de temps, en effet en
moyenne en France, une personne va passer environ 40 heures par semaine sur son lieu de
travail [25]. Or, effectuer un sport sur le lieu de travail permettrait de pallier ce problème.
Par ailleurs, les études effectuées démontrent que du point de vue des entreprises, les
employeurs ont tout à gagner à proposer à leurs employés du temps et un lieu dédié au
sport. En effet, face au risque de burn-out, la mise en place d’activités physiques régulières
au sein de la journée de travail apporte un élément de prévention en réduisant le stress et
les problèmes de santé mentale [26]. De plus, le sport, pratiqué entre collègues travaillant
en équipe (comme c’est le cas dans les EHPADs) renforce la cohésion. Ceci est l’une des
valeurs qui est mise en avant par le sport, parmi elles se trouvent aussi la performance et la
compétitivité. Dans toutes les entreprises où a été proposé aux employés de pratiquer une
activité sportive, les études démontrent une amélioration de ses valeurs [26 ; 27]. La

26/50
diminution du taux d’absentéisme fait également parti des autres éléments démontrés [27 ;
28].

Ces avantages viennent justifier le choix d’un réentrainement physique sur le lieu de travail
des aides-soignants en EHPAD où ils seront mis à profit.

I.4.2 Renforcement musculaire et circuit training

Le circuit-training est une méthode d’entrainement, élaborée à l’origine pour améliorer la


forme physique des athlètes de haut niveau. Il consiste à réaliser plusieurs exercices les uns
à la suite des autres sans temps de récupération entre chaque exercice. Le temps de
récupération est effectué à la fin du circuit, c’est-à-dire à la fin de l’enchainement de tous les
exercices. Le circuit est ensuite repris depuis le début. L’utilisation du circuit-training dans le
protocole expérimental présente plusieurs avantages. En effet, cette méthode de travail
permet à la fois un renforcement musculaire fonctionnel ainsi qu’une amélioration des
performances cardio-vasculaires des sujets, son objectif initial étant de développer la force
et l’endurance. Les exercices peuvent être effectués au nombre de répétitions du
mouvement ou au temps. Dans le cadre du protocole, toujours dans une logique
d’optimisation du temps et afin que tous les participants aient la même durée de séance,
l’utilisation d’un circuit-training basé sur le temps semble plus pertinent.

Pour ce mémoire, l’objectif principal du renforcement musculaire est d’améliorer la force


musculaire notamment des membres inférieurs dans leur fonction principale d’endurance
mais aussi des extenseurs du rachis. En effet, les muscles des membres inférieurs servent en
premier lieu à nous mouvoir ce qui demande donc une force suffisante en endurance. De
même, ces muscles aident au mouvement lors d’un port de charge et permettent de
préserver le dos. Il est donc nécessaire d’obtenir une musculature suffisante et globale de
ceux-ci. Par ailleurs, les extenseurs du rachis sont un des éléments actifs qui permet le
maintien de la colonne vertébrale en synergie avec les muscles de la paroi antérieure de
l’abdomen. La physiopathologie de la lombalgie montre qu’ils sont fortement déficitaires.

27/50
Les exercices proposés dans le protocole expérimental devront répondre à ce cahier des
charges et privilégier la fonctionnalité. L’ajout de poids à ces exercices permettra
d’augmenter la difficulté de ceux-ci.

Bénéfices du circuit-training et intérêt de son utilisation


L’un des avantages du circuit-training est que cette pratique d’entrainement peut être
utilisée par tous les individus quel que soit le niveau physique et sportif initial du fait de son
adaptabilité. De ce fait, il est avantageux de l’utiliser dans le cadre d’un protocole de
réentrainement puisque la difficulté des exercices pourra évoluer en fonction des capacités
de chacun. Un autre avantage du circuit-training est que contrairement à des entrainements
traditionnels de musculation ou d’endurance, le temps d’exercice et de récupération est
faible, permettant un gain de temps conséquent, ce qui est un point important car le temps
d’entrainement est compté puisque les pratiquants devront l’effectuer durant leur temps de
travail. Par ailleurs, le gain de temps pour chaque séance d’entrainement donne la possibilité
de travailler différents groupes musculaires au sein d’une même séance. Ceci permet
d’intégrer des exercices divers (gainage, exercices de musculation, etc.) ce qui permet
d’effectuer une séance d’entrainement complète de tout le corps. De plus, la méthode
d’entrainement en circuit-training est intéressante dans le cadre du protocole puisqu’elle
permet d’effectuer des séances de groupe avec peu ou pas de matériels. En effet, on peut
imaginer par exemple que chaque participant effectue un exercice puis qu’à la fin du temps
imparti, il y ait un roulement pour qu’au final tout le monde ait effectué le circuit mais en ne
faisant pas tous les exercices dans le même ordre.

Gainage
Le gainage se définit comme un exercice physique et de musculation qui permet de
renforcer les muscles abdominaux et dorsaux en contraction isométrique. Cet exercice
sollicite les muscles de l’abdomen et du dos en profondeur, ce qui participe au maintien et à
la protection de la colonne vertébrale. De même, l’utilisation d’un mode de contraction
isométrique développe les qualités proprioceptives d’équilibration et assure une tonicité
globale du tronc.

Les muscles sollicités sont les muscles du tronc et de la ceinture abdominale : psoas,
transverse, obliques interne et externe, érecteurs du rachis, dorsaux et carrés des lombes.

28/50
Comme il a été décrit précédemment, ces muscles travaillent en synergie dans un but de
maintien statique du tronc en formant une véritable ceinture musculaire. C’est pourquoi,
leur renforcement de manière commune est nécessaire. Néanmoins, un renfort plus
particulier sera accordé aux muscles postérieurs du tronc du fait du déficit de force marqué
sur ces muscles [11].

D’après l’Institut de Recherche du Bien-être de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS), le


gainage à un effet positif sur la statique du rachis et du buste et permettrait d’éviter la
survenue de lombalgie [29, 30]. De plus, ce type d’exercice ne nécessite pas de matériel
particulier, mis à part un tapis, et peut être effectué n’importe où. Par ailleurs, il est possible
d’augmenter la difficulté de l’exercice en utilisant des variantes du gainage de base, en
allongeant le temps de maintien de la position ou bien encore en utilisant un support
instable comme une Swissball.

I.4.3 Etirements

En plus des séances de renforcement musculaire et cardio-vasculaire, une séance


d’étirements sous forme de « routine » pratiquée chaque jour lors de la prise de fonction
sera proposée aux patients.

Le type d’étirement utilisé lors de cette routine est l’étirement passif court. L’étirement est
défini comme : « un allongement lent d’un groupe musculaire à la recherche d’un gain
d’amplitude. Il permet à l’organisme de retrouver son état d’équilibre, de fonctionnement le
plus rapidement possible : d’accélérer la récupération après l’effort » [21]. Dans le cas de
cette étude, le but ne sera pas d’améliorer la récupération post-effort mais d’obtenir un gain
en amplitude. En effet, les études stipulent que chez les individus souffrant de lombalgie on
retrouve quasi systématiquement un manque de mobilité dû au manque d’extensibilité de
certains muscles : l’iliopsoas, le groupe musculaire des adducteurs, les ischios-jambiers, le
droit fémoral, le carré des lombes et les muscles glutéaux [6].

Un certain nombre d’auteurs évoquent le fait que la pratique quotidienne d’étirement, à


raison de quelques minutes, pourrait être bénéfique dans le gain d’extensibilité des muscles

29/50
cités et donc pourrait avoir un impact bénéfique chez le lombalgique en réduisant la raideur
[1, 6, 21]. L’efficacité du gain en amplitude est accrue si l’exercice d’étirement est réalisé
plusieurs fois [31]. C’est pourquoi, la routine présentée dans ce protocole sera effectuée 3
fois. De plus, l’utilisation de la respiration est nécessaire lors d’un étirement : le gain
d’amplitude se fera sur le temps expiratoire, celui-ci doit donc être forcé et lent en
cherchant à rentrer le ventre.

Au niveau de la sécurité, certaines attitudes et comportements sont déconseillés voire


même interdits lors de la pratique des étirements. En premier lieu, les tractions brusques et
répétées, les « à-coups » sont à bannir puisqu’ils n’améliorent pas l’extensibilité musculaire
et au contraire auraient tendance à développer la raideur. De même, il faut écouter son
corps et ne pas vouloir s’étirer au-delà d’une certaine limite, cela peut entrainer des
blessures. Le fait d’avoir très mal ne signifie pas que l’on va gagner de l’amplitude de
mouvement : l’étirement ne doit pas rechercher de grande amplitude.

I.5 Hypothèse

L’hypothèse amenée par ma problématique est la suivante : le reconditionnement physique


du personnel aide-soignant en EHPAD diminue les récidives de lombalgie chronique en
améliorant leurs qualités intrinsèques et permettrait de réduire le nombre d’arrêts de travail
suite aux lombalgies. Pour confirmer ou infirmer cette hypothèse, il est nécessaire de mettre
en place un protocole de réentrainement physique dans une population d’aides-soignants en
EHPAD et de comparer différentes variables avec un groupe d’aide-soignant n’effectuant pas
de réentrainement. Ce mémoire a pour objet la présentation de cette étude.

I.6 Variables et indicateurs

Les variables que nous allons chercher à évaluer au moyen du protocole d’évaluation sont :
d’abord la douleur, qui constitue la plainte prioritaire et majeure de tous les individus
souffrant de lombalgie chronique. La force musculaire des extenseurs du rachis, des
abdominaux et des membres inférieurs constitue également une variable à évaluer puisque
les personnes lombalgiques présentent un déficit musculaire au niveau de ces muscles. De

30/50
même, les lombalgiques présentent une raideur rachidienne et des membres inférieurs, la
mobilité rachidienne et la souplesse des membres inférieurs sont donc deux autres variables à
prendre en compte afin d’affirmer ou d’infirmer l’hypothèse précédente.

Les indicateurs positifs : concernant la douleur, la diminution voire la disparition des


douleurs lombaires serait un indicateur favorable qui participerait à la validation du
protocole expérimental. Pour l’aspect musculaire, l’amélioration de la force et de
l’endurance musculaire des extenseurs du rachis, des abdominaux et des membres inférieurs
est l’un des indicateurs positifs de même que l’amélioration de souplesse des membres
inférieurs et de la mobilité rachidienne pour l’aspect articulaire. D’un point de vue
fonctionnel, l’amélioration de la qualité de vie des soignants au travail et la prise ou la
reprise d’une activité physique en dehors du temps de travail semblent être des indicateurs
d’un apport bénéfique de l’étude.

Les indicateurs négatifs : à l’inverse des indicateurs positifs cités précédemment, d’autres
indicateurs vont réfuter l’hypothèse proposée : l’aggravation ou la non amélioration des
douleurs lombaires, le maintien ou la perte de force et d’endurance musculaire des
abdominaux, extenseurs du rachis et des membres inférieurs. De même, le maintien ou la
perte de mobilité rachidienne et de souplesse des membres inférieurs irait contre la
validation de l’étude.

I.7 Problématique

Ainsi, la problématique soulevée par ce mémoire est la suivante : l’utilisation d’un protocole
de réentrainement physique chez les aides-soignants exerçant en EHPAD aurait-elle un effet
bénéfique sur les paramètres de la lombalgie chronique ?

II Matériel et méthode

Dans cette partie seront développés les modalités du protocole expérimental et du


protocole d’évaluation ainsi que le matériel qui sera nécessaire à la réalisation de ces

31/50
protocoles. Néanmoins, le matériel proposé est une liste non exhaustive qui pourra être
modifiée en fonction des disponibilités présentes sur le lieu de réalisation du protocole.
L’étude réalisée est une étude prospective, randomisée et comparative.

II.1 Population : recrutement, inclusion, non inclusion, exclusion

Le recrutement des sujets se fera par proposition aux EHPAD, avec présentation du projet de
réentrainement à la direction de l’établissement mais également aux équipes d’aides-
soignants. A l’issu de cette présentation, un questionnaire sera distribué (Annexe 1).

Les personnes pouvant être inclues dans cette étude sont les aides-soignants en EHPAD
lombalgiques chroniques (déclarés comme tel par la médecine du travail), ou ayant eu au
cours de leur activité professionnelle un épisode de lombalgie (lumbago). De préférence
seront choisies des personnes ayant une activité professionnelle à temps plein, exerçant
avec un contrat à durée indéterminée. L’âge, le sexe et l’IMC ne constituent pas des critères
d’inclusion.

Toute personne présentant une anomalie rachidienne (à type de scoliose, spondylolisthésis,


etc.) ne pourra être inclue dans l’étude ; les résultats de leurs tests n’étant pas comparables
avec des individus dont la structure de la colonne vertébrale est saine. De même, tout
individu ayant eu recours à une intervention chirurgicale suite à une anomalie rachidienne ne
pourra pas participer à l’étude du fait des contre-indications à certains mouvements
pouvant altérer le dispositif mis en place.

Plus généralement, ne pourront être inclus dans l’étude, les personnes présentant des
anomalies cardio-respiratoires telles qu’une insuffisance cardiaque, ou encore des individus
présentant des pathologies où la pratique d’une activité physique est contre-indiquée
(cancer, ostéoporose) etc. De même, l’existence de troubles psychiatriques est un critère de
non inclusion.

A la suite de l’étude, les résultats de certains individus ne pourront être utilisés. Seront
exclus de l’étude toute personne n’ayant pas suivi l’intégralité du protocole, une personne

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ayant eu recours, durant le protocole, à un quelconque autre moyen thérapeutique (rendez-
vous avec un autre thérapeute dans le cadre d’une douleur de dos : ostéopathe,
chiropracteur … Ou bien encore prise d’antalgiques).

Figure 4: schéma explicatif de constitution de la population d'étude

II.2 Matériel utilisé

L’objectif principal du protocole proposé est que le personnel aide-soignant puissent réaliser
les exercices avec du matériel qui soit disponible sur les lieux de travail ou à moindre coût.
L’idéal serait également d’intégrer des exercices qui utilisent le matériel professionnel dont
disposent les aides-soignants.

II.2.1 Matériel pour les étirements

Pour les exercices d’étirement, l’utilisation de tapis de gym ou de yoga semble utile pour les
pratiquants. Leur utilisation sera plus confortable et permettra d’obtenir une meilleure
efficacité des étirements et une meilleure acceptation de l’effort.

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II.2.2 Matériel pour le renforcement musculaire

Dans le protocole expérimental, une partie est consacrée au renforcement musculaire.


L’utilisation de petit matériel de musculation que l’on trouve facilement en magasin de sport
tel que des haltères (allant de 1 à 5 kilos) ou des kettlebells, plus lourdes (poids variant de 2
à 24 kg) peut être proposée. Si le coût peut rebuter, il est possible de remplacer dans un
premier temps les haltères par des bouteilles d’eau ou remplies de sable voire même des
packs d’eau. A cela, nous pouvons ajouter des élastiques de résistance. En effet, le coût
d’achat est relativement faible et les élastiques (ou chambre à air de vélo), avec leur
résistance variable, sont intéressants pour augmenter la difficulté des exercices dans une
logique de progression. Pour les exercices de gainage, il peut être intéressant de se procurer
une Swissball afin d’intensifier les exercices.

Concernant le travail cardio-vasculaire, la réalisation d’exercices de renforcement musculaire


sous la forme d’un circuit training fait déjà travailler cette fonction. Cependant, si l’on veut
spécifiquement travailler cette fonction, l’utilisation d’une corde à sauter peut-être
envisagée. Cet outil rentre bien dans les critères énoncés puisque son coût à l’achat est
faible, comme pour les haltères on peut le retrouver en magasin de sport et son utilisation
est possible dans n’importe quel endroit. Cependant le risque est que le fait de sauter à la
corde puisse rebuter les pratiquants du protocole ou bien qu’ils ne soient pas à l’aise dans la
réalisation de cet exercice. C’est pourquoi l’utilisation d’un vélo d’appartement peut être
privilégiée bien que son coût soit plus important. Par ailleurs, l’utilisation d’une application
gratuite type Tabata Timer pour smartphone est pratique et simple pour la réalisation de
circuits training. Il suffit d’entrer dans l’application la durée de chaque exercice, le nombre
d’exercice et le nombre de tours que l’on veut réaliser pour que l’application calcule la durée
de la séance. Une alarme retentit pour signaler le début de la séance et dès qu’un
changement d’exercice doit avoir lieu. Ainsi, la présence d’une personne gérant le temps
avec un chronomètre n’est pas indispensable.

34/50
II.2.3 Matériels spécifiques pour le protocole d’évaluation

La réalisation des bilans pour le protocole d’évaluation impose l’utilisation d’un matériel
spécifique pour les mesures. L’utilisation d’un mètre-ruban, d’un chronomètre et d’un
inclinomètre est préconisée. Pour effectuer l’évaluation du retentissement fonctionnel les
questionnaires utilisés seront développés dans la partie suivante.

II.3 Protocoles

Dans cette partie sont développés les protocoles utilisés dans la réalisation de l’étude. Elle
comprend la description et les consignes des différents tests et exercices.

II.3.1 Protocole d’évaluation

Les tests d’évaluation seront réalisés une fois en début et une fois en fin de protocole. Le
recueil des données se fait à l’aide d’un tableau individuel pour chaque sujet où figure les
différents tests (annexe 2).

Afin de permettre limiter les biais possibles dans les résultats obtenus, quelques consignes
sont à respecter dans la réalisation des évaluations. Tout d’abord, le moment de réalisation des
tests devra toujours être le même et dans les mêmes conditions (le moment de la
journée pouvant être vu en fonction des disponibilités du service).

Un échauffement musculaire et articulaire de 10 minutes est préalablement réalisé. L’ordre


de passage des tests sera toujours le même afin de ne pas biaiser les résultats. Les tests
musculaires réalisés ciblent uniquement les muscles reconnus comme étant déficitaires en
cas de lombalgie. Les capacités d’endurance et de flexibilité musculaire de ces muscles sont
évaluées. Les tests d’extensibilités seront toujours réalisés bilatéralement sur les deux
jambes.

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Extensibilité des ischios-jambiers : ce test est réalisé en demandant au patient de se placer
en décubitus dorsal sur une table. La jambe que l’on veut mesurer est alors amener hanche
et genou à 90°. Le praticien place alors un inclinomètre au niveau de l’épine tibiale du
patient et élève le segment jambier tout en veillant au maintien de la position hanche fléchie
à 90°. Pour assurer la tenue de la position et le confort du patient, il est possible de
demander à celui-ci de maintenir son membre inférieur en croisant ses mains sous sa cuisse.
Ce test est réalisé en bilatéral.

Extensibilité du droit fémoral : pour effectuer ce test, le patient se positionne en décubitus


ventral sur une table. Le praticien va ensuite amener le talon du membre mesuré le plus
proche de la cuisse homolatérale, genou fléchis. Il sera nécessaire de veiller à ce que le
patient conserve une rectitude entre le tronc, le bassin et le membre inférieur.
L’extensibilité du droit fémoral sera mesurée avec un mètre ruban en objectivant la distance
talon-ischion homolatéral. De même que pour les autres tests, ce test sera réalisé sur les
deux membres inférieurs.

Extensibilité des fléchisseurs de hanche (psoas) : le patient est positionné en décubitus


dorsal en débord de table. Le patient doit ramener et maintenir le membre inférieur non
mesuré le plus proche possible de son thorax. L’autre membre est laissé dans le vide. Le
thérapeute mesure par inclinométrie le degré entre l’horizontale et l’axe de la cuisse ce qui
permettra de définir l’extensibilité des fléchisseurs de hanche. L’inclinomètre est positionné
10 cm au-dessus de la base de la patella (ceci permet d’obtenir une mesure fiable et
reproductible entre chaque évaluation et entre les participants au protocole).

Test de Ito Shirado : ce test mesure l’endurance musculaire des abdominaux. Pour le
réaliser, le sujet se place en décubitus dorsal, les pieds posés sur la table et les bras croisés
sur le sternum. Le patient doit ensuite décoller le dos de la table jusqu’au niveau de la pointe
des scapulas, et maintenir la position. Il faudra veiller à la bonne position du tronc tout au
long du test. Celui-ci est stoppé lorsque le patient ne peut plus tenir la position (dos décollé à
hauteur des pointes des scapulas). La tenue de position de 2 minutes chez un sujet sain,
témoigne d’un bon tonus des fléchisseurs du tronc.

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Normes
Hommes 183 sec (+/- 69 sec)
Femmes 128 sec (+/- 44 sec)

Test de Ito Shirado en extension: la réalisation de ce test permet d’objectiver l’endurance


musculaire des extenseurs du rachis. C’est l’un des tests alternatifs au test de Sorensen,
difficilement évaluable ici compte tenu de la position de départ. Lors de ce test, le sujet se
place en décubitus ventral, pieds joints et bras le long du corps. La consigne est de décoller
le buste du plan de table et de maintenir la position le plus longtemps possible. Le test est
arrêté lorsque l’individu repose le buste sur le plan de la table ou s’il ne peut rester immobile
dans la position demandée.

Normes
Hommes 128 sec
Femmes 208 sec

Test de la chaise (test d’endurance du quadriceps) : ce test est destiné à mesurer


l’endurance des membres inférieurs. Le sujet est debout, dos contre un mur ou un plan dur et
les pieds éloignés d’environ 50 centimètres en avant et écarté de la largeur du bassin (les pieds
ne sont pas joints). On demande ensuite au sujet de s’abaisser jusqu’à arriver à une position
de hanches et de genoux fléchis à 90°. L’individu doit veiller à ne pas prendre appui sur ses
cuisses avec ses mains, mais garder les bras le long du support, sans le tenir. La consigne
est là encore de maintenir la position le plus longtemps possible, le test prend fin lorsque le
patient ne peut plus tenir la position.

Afin de mesurer les paramètres cardio-vasculaires, il semblait plus commode d’effectuer des
tests de marche des 6 minutes. Ce test permet d’objectiver l’existence d’une désadaptation
cardio-vasculaire.
Normes
Femmes 2,11 x Taille (cm) - 2,29 x Poids (kg) - 5,78 x Age + 667
Hommes 7,57 x Taille (cm) - 1,76 x Poids (kg) - 5,02 x Age - 309

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Le test est réalisé sur un terrain plat, en intérieur et dans un environnement calme. Les
conditions seront les mêmes pour tous les individus évalués. Le parcours pourra être
effectué dans un couloir d’une longueur de 50 mètres. La distance sera matérialisée en
plaçant en début et en fin de parcours une marque (à la craie par exemple) au sol ou bien
par l’utilisation de cônes en plastique. Tout le long du parcours devra être balisé et sans
obstacles, afin d’avoir une mesure de la distance parcourue la plus précise possible.

Les instructions données au sujet sont les suivantes : « le but de ce test est de mesurer la
distance maximale que vous pouvez effectuer en marchant pendant 6 minutes. Durant le
test, vous pouvez vous arrêter pour vous reposer mais vous devez reprendre la marche dès
que cela est possible. » Toutes les minutes, le thérapeute indiquera le temps restant au
patient. Celui-ci commencera la marche et l’arrêtera lorsque le praticien lui signalera le
début et la fin du test.

Bilan de la douleur et du retentissement fonctionnel : il est important de prendre en compte


l’aspect psychologique des patients atteints de lombalgies chroniques ainsi que les
répercussions qu’ils considèrent avoir dans leur vie sociale, familiale et professionnelle suite à
cette pathologie. Ceci permet entre autres d’avoir une approche plus globale du patient et
d’intégrer sa rééducation à sa vie quotidienne.
Le bilan de la douleur est effectué en même temps que les autres tests d’évaluation, et
avant la réalisation de tous les autres exercices. La douleur est mesurée à l’aide d’une
échelle numérique. Il est demandé au patient de doser sa douleur sur une échelle de 0 à 10
sachant que 0 ne correspond à aucune douleur et 10 à une douleur insoutenable.

Bilan psychologique et du retentissement fonctionnel : afin d’évaluer ces paramètres,


l’utilisation de questionnaires référencés et certifiés par la HAS est indiquée. Ils seront
distribués aux participants en début de protocole et en fin de celui-ci.

Pour la composante psychologique, le questionnaire HAD (Hospital Anxiety and Depression


scale) mesure les composantes à la fois anxieuse et dépressive (annexe 3). Concernant le
retentissement fonctionnel, le questionnaire EIFEL (échelle d’incapacité fonctionnelle pour
l’évaluation des lombalgiques) est utilisé. En effet, il est décrit comme simple, rapide et

38/50
reproductible ainsi que sensible au changement ce qui intéressant dans la mesure où l’on
souhaite voir s’il y a un changement significatif entre le début et la fin de l’étude (annexe 4).

II.3.2 Protocole expérimental

Prérequis : l’intervention est effectuée sur une période de 4 semaines durant la journée de
travail des aides-soignants. Elle se décline en deux séances par jour au maximum et une
séance par jour au minimum pendant toute la durée du protocole.

Les journées comprenant deux séances sont constituées d’une séance d’étirement et d’une
séance de renforcement musculaire. Les autres journées, il ne sera effectué qu’une séance
d’étirements.

La semaine est formée de trois jours constitués de 2 séances par jour et le reste de la
semaine est réservée à une séance d’étirements. Les séances de renforcement musculaire
seront obligatoirement espacées d’une journée. Par exemple, en se basant sur une semaine de
travail du lundi au vendredi, les lundis, mercredis et vendredis comprendront 2 séances
(étirements et renforcement musculaire) tandis que les mardis et jeudis n’auront lieu que
des séances d’étirements. La durée des séances d’étirements s’effectue sur 15 minutes et
celle des séances de renforcement musculaire est de 45 minutes.

La séance d’étirement aura lieu chaque jour, sur une durée de 15 minutes sous la forme
d’une routine. Cette séance est effectuée à la prise de service de l’aide-soignant, durant le
temps de transmission par exemple. Les étirements sont réalisés dans une position de repos,
de confort, favorisant la détente et éliminant toute contrainte et travail musculaire. La tenue
de la position et de l’étirement du muscle doit durer entre 20 à 25 secondes pour être
efficace. Chaque étirement est répété 3 fois.

Etirement du droit fémoral : cet étirement est réalisé en position assise sur tapis. Le but est
de plier le genou de la jambe qu’on cherche à étirer et de la ramener vers l’ischion
homolatéral tout en ayant l’autre jambe tendue. Le bassin doit rester horizontal et ne doit

39/50
pas s’incliner d’un côté ou d’un autre. Le segment fémoral doit rester parallèle à la jambe
controlatérale.

Etirement de l’iliopsoas : l’étirement est effectué en position semi-assise. Le membre que


l’on cherche à étirer est placé allonger vers l’arrière, l’autre membre plié devant lui. Le sujet
place ses mains de chaque côté pour se stabiliser et vient redresser son tronc.

Etirement des adducteurs de hanche : la position de départ se fait allongé au sol sur le dos.
Le sujet place ses deux membres inférieurs, genoux pliés et accolés et pieds à plat.
L’étirement consiste ensuite à écarter ses genoux en les laissant tomber de part et d’autre
du tronc et les pieds restent joints. La précaution à avoir ici est de conserver les lombaires
plaquées au sol.

Etirement des muscles glutéaux : l’étirement de ce groupe musculaire est réalisé en position
assise sur tapis. Il est demandé au sujet de croiser le membre inférieur devant être étiré de
l’autre côté du membre tendu face à lui et d’amener le genou vers le bas grâce à l’avant-bras
opposé. Le bassin doit rester en position de rectitude tout au long de la posture, le côté du
membre étiré ne devant pas se soulever par rapport à l’autre.

Etirement du piriforme : pour réaliser cet étirement, le sujet se positionne en position


couché dos. L’objectif est ici de venir placer la cheville du membre à étirer sur le genou du
membre opposé, puis de ramener ce genou vers soi avec la main externe et, avec la main
interne, de repousser le membre à étirer.

Etirement des ischios-jambiers : l’étirement de ce groupe musculaire est fait en position


allongée. Le membre cherchant à être étiré étant tendu en l’air à l’aide d’un élastique par
exemple ou en appui sur un support vertical. L’autre membre est allongé dans l’axe du
corps. Le sujet doit conserver le membre à étirer genou tendu et ramener la pointe de pied
vers lui.

Etirement du carré des lombes : l’étirement du carré des lombes s’effectue en position
debout, les bras tendus au-dessus de la tête et les membres inférieurs croisés, le but est de

40/50
se pencher d’un côté ou de l’autre selon le côté du corps que l’on souhaite étirer. Une
flexion et inclinaison controlatérale permettra d’intensifier cet étirement.

L’ensemble des étirements avec le visuel des exercices sont regroupés sur la fiche
d’étirement. Cette fiche sera distribuée aux participants et pourra éventuellement être
affichée (Annexe 5).

Renforcement musculaire et cardio-vasculaire : la séance de renforcement musculaire peut


être réalisée durant un temps vide dans le service de l’aide-soignant. Elle se base sur des
mouvements fonctionnels et vise en un renforcement global du corps tout en ciblant les
muscles déficients dans le cadre des lombalgies : les muscles extenseurs du tronc, la ceinture
dorso-abdominale et les muscles des membres inférieurs.

Afin d’optimiser le temps, cette séance de 30 minutes sera construite sur la base d’un circuit
training fonctionnant sur un temps défini pour chaque exercice. Chaque séance de
renforcement musculaire est précédée d’un échauffement articulaire et musculaire
d’environ 15 minutes.

Sont ici proposés les exercices de gainages types pouvant être intégrés dans une des séances
de renforcement musculaire. Il n’est pas possible du fait de leur grande variabilité de
présenter l’ensemble des exercices pouvant être pratiqués. De plus la composition des
entrainements pourra varier afin de ne pas lasser les pratiquants.

Une fiche de circuit training type est proposée en annexe (Annexe 6).

Position de départ pour le gainage frontal : le sujet est au départ allongé sur le ventre, puis va
ensuite se mettre en appui sur les deux avant-bras et sur la pointe des pieds. Le corps doit être
sur une même ligne : tête-colonne vertébrale-fessiers et jambes. Le sujet doit
impérativement conserver cette position durant tout l’exercice en veillant à ne pas creuser le
dos et à bien engager les abdominaux. Pour se faire, le sujet doit maintenir le ventre serré,
rentré comme s’il cherchait à aspirer son nombril vers l’intérieur. Attention toutefois à ne
pas effectuer cet exercice en apnée, la respiration doit être normale.

41/50
Position de départ pour le gainage latéral : cette variante de gainage permet de cibler les
abdominaux obliques. Le sujet se positionne allongé sur le côté en appui sur son avant-bras,
l’angle du coude devant former 90°. Les hanches sont ensuite décollées du sol et seuls le
coude et la face latérale du pied sont en contact avec le sol. Comme lors du gainage frontal,
il faut veiller à être sur une même ligne, c’est-à-dire qu’il y ait un alignement pied-genou-
hanche-épaule. Si la position en appui sur l’avant-bras n’est pas envisageable du fait de
douleur d’épaule, l’utilisation d’un ballon de Klein est préconisée, le sujet s’appuyant sur
celui-ci.

Position de départ pour le gainage dorsal : ce type de gainage permet de faire travailler plus
particulièrement les muscles postérieurs du tronc ainsi que les muscles glutéaux et les
ischios-jambiers. Pour se faire, le sujet se positionne allonger sur le dos. L’objectif est ensuite
de se mettre en appui sur les bras ou les coudes en gardant les membres inférieurs tendues. La
précaution principale est de maintenir l’alignement épaule-fesse-cheville sur une même ligne
(visuel disponible sur la fiche circuit training en Annexe 6).

Les positions de gainage peuvent être intensifiées : suppression d’un appui au sol par
exemple ou réalisation de l’exercice sur un support instable (Swissball).

II.3.3 Protocole comparatif et témoin

Le protocole comparatif correspond au groupe témoin, c’est-à-dire à la population ne


recevant aucun traitement kinésithérapique ou médicamenteux.

II.4 Traitement statistique prévu

Une comparaison des moyennes des résultats aux tests obtenus entre le groupe test,
effectuant le protocole de réentrainement, et le groupe témoin ne bénéficiant d’aucun
traitement sera effectué et ce, en début et en fin d’étude. Le test le plus adéquat pour la
comparaison des moyennes est le test t de Student. Pour effectuer les calculs d’écart-types,
la loi normale sera utilisée. Pour cela, l’utilisation du logiciel Excel, afin de constituer la base
de données, effectuer une comparaison de moyennes et calculer l’écart-type est préconisée.

42/50
De même, l’utilisation du logiciel de statistique R permettra d’avoir la p-value de ces
données. Dans une étude statistique avec comparaison, la p-value est considérée comme
significative si p est inférieur à 0,05. Dans le cas où cette valeur est supérieure ou égale à
0,05 il ne peut rien être déduit des résultats et la différence entre les deux objets comparés est
jugée non significative.

III Résultats

Bien que l’étude proposée n’ait pu être réalisée, la présentation du recrutement de la


population d’étude et les tableaux recensant les éventuels résultats sont évoqués dans cette
partie.

III.1 Présentation de la population

Le tableau (tableau I) ci-dessous recense les caractéristiques épidémiologiques de la


population d’étude. Un questionnaire sera remis aux participants en début d’étude afin de les
déterminer (Annexe 1).

Tableau I: caractéristiques épidémiologiques de la population


Groupe Test Groupe Témo
(n= ) (n= )
Age (ans)
Sexe
Homme
Femme
IMC
Nombre d’années de travail
Nombre d’arrêt de travail pour
épisode de lumbago
Consommation de tabac
Oui
Non
Pratique d’une activité physique
Oui
Non

43/50
III.2 Résultats des différentes modifications : modèles de présentation

Afin de présenter les résultats obtenus, le plus révélateur est de réaliser des tableaux afin de
pouvoir comparer l’évolution avant/après. Pour obtenir ces tableaux, la première étape à
effectuer sera de recenser les résultats des tests d’évaluation sur un même document pour
chaque individu. Ce document correspond au tableau individuel de recueil des résultats
évoqué dans le protocole d’évaluation (Annexe 2). Sa conception pourra être effectuée sur un
logiciel comme Excel, afin de permettre par la suite, de pouvoir réaliser des tableaux de
moyennes comparatifs entre les groupes. De même, il est possible et plus visuel d’ajouter
des diagrammes à partir de ces tableaux après l’obtention de résultats.

Tableau II: évaluation quantitative des tests musculaires


Nombre de sujets Semaine 0 Semaine 4 Ecart-type
(n= ) (en (en
secondes) secondes)
Ito Shirado Femme Homme

Ito Shirado en Femme Homme


extension
Test de la chaise Femme Homme

Test des 6 minutes Femme Homme

Ce tableau (Tableau II) présente les moyennes des différents tests musculaires utilisés dans le
protocole d’évaluation. La moyenne est établie à partir des normes des tests, ce qui
implique donc de proposer une colonne correspondant au sexe, sachant que les normes sont
différentes en fonction de celui-ci. De même, comme il existe deux groupes, le groupe test et le
groupe témoin, deux tableaux de données seront proposés. Cette décomposition permet de
comparer les résultats d’un même groupe entre eux mais également d’effectuer une
comparaison entre les deux groupes.

Tableau IIII: évaluation quantitative des tests d'extensibilité musculaire


Nombre de sujets (n= ) Semaine 0 (en Semaine 4 Ecart-type
cm) (en cm)
Extensibilité des
ischio-jambiers
Extensibilité du
droit fémoral
Extensibilité de
l’ilio-psoas

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Le tableau III, ci-dessus propose la moyenne pour tous les sujets des tests d’extensibilité des
muscles évalués lors du protocole d’évaluation. Dans ce cas il n’est pas utile de séparer les
individus en fonction de leur sexe puisque l’extensibilité est variable pour chaque individu.
L’intérêt est ici de voir l’évolution obtenue en moyenne en termes d’extensibilité sur les
muscles ciblés. Comme pour le premier tableau de données, un tableau sera réalisé pour le
groupe test, un autre pour le groupe témoin.

Tableau IV : évaluation de la douleur et du retentissement fonctionnel


Nombres de Semaine 0 Semaine 4 Ecart-type
sujets (n= )
Douleur (EVA)
Questionnaire
HAD
Questionnaire
EIFEL

Le tableau IV recense les scores obtenus lors de l’évaluation des tests sur le retentissement
fonctionnel des sujets et sur la douleur. L’intérêt ici est d’observer si les scores obtenus ont
significativement évolué entre le début et la fin du protocole et également entre le groupe
test et le groupe témoin. Ce tableau est le tableau type pour le groupe test et pour le groupe
témoin. Au final, deux tableaux seront obtenus.

IV Discussion

L’objectif de l’étude proposée dans le cadre de ce mémoire est de donner au personnel aide-
soignant en EHPAD un moyen de réentrainement physique permettant de prévenir la
lombalgie chronique et/ou ses récidives. Sont ici exposées les critiques pouvant être faites
par rapport aux protocoles utilisés ainsi que les moyens d’amélioration complémentaires aux
différents protocoles.

IV.1 Techniques utilisées dans le protocole comparatif

Le protocole comparatif consiste à ne proposer aux patients aucun traitement


médicamenteux, kinésithérapique ou autre. Cependant, il semble compliqué de s’assurer
que les sujets n’aient pas recours à des antalgiques, type paracétamol, qui peuvent être

45/50
obtenus sans prescription médicale. Il faudra donc compter sur la bonne coopération des
sujets pour qu’ils respectent le fait de ne pas bénéficier d’un quelconque autre moyen
thérapeutique (ostéopathe, chiropracteur, etc.) pour soulager les douleurs.

IV.2 Techniques utilisées dans le protocole expérimental

Cette sous-partie propose les limites possibles à la mise en pratique de l’étude et les
éventuelles améliorations pouvant être apportées. La proposition d’étude faite dans le cadre
de ce mémoire présente plusieurs limites qui doivent être présentées. En premier lieu,
l’étude n’a pu être mise en place du fait d’un manque de temps et de moyens financiers. De
plus, la loi Jardé du 5 mars 2012 et modifiée par le décret du 16 novembre 2016, ne permet
pas aux étudiants de réaliser des études sur des personnes sans avoir réalisé un dossier au
préalable. Or, la réalisation de ce dossier nécessite plusieurs mois de préparation, ce qui n’est
pas compatible avec le reste des études de kinésithérapie.

Cependant, bien que l’étude ne puisse être réalisée, certains points qui pourraient poser
problèmes à sa mise en pratique demeurent. Tout d’abord, pour qu’elle soit efficace, les
soignants doivent adhérer à l’idée de réaliser une activité sportive sur leur temps de travail,
de même que de réaliser quotidiennement des étirements. L’un des freins serait que
l’adhésion ne soit pas totale et que donc les sujets ne s’investissent pas réellement dans
l’étude. D’autres freins peuvent apparaitre d’un point de vue organisationnel puisque les
séances réalisées dans le cadre de l’étude doivent pouvoir s’intégrer sans gêne dans le
planning très protocolisé des aides-soignants. D’un point de vue matériel, il est nécessaire
que l’établissement mette à disposition une salle suffisamment grande pour accueillir au
moins la totalité d’une équipe d’aides-soignants, afin de réaliser les séances. De plus, bien
que le matériel préconisé ne soit pas d’un coût très important, les établissements doivent
investir dans celui-ci, ce qui peut être une limite financière à sa mise en place dans certains
EHPADs.

Par ailleurs, des pistes d’améliorations peuvent être apportées à la méthode utilisée.
Comme nous l’avons vu précédemment, la lombalgie comporte un cadre bio-psycho-social.
De ce fait, il paraitrait intéressant d’associer au réentrainement physique une prise en

46/50
charge psychologique, par exemple avec un groupe de parole encadré par un psychologue
afin que les aides-soignants puissent échanger sur leurs conditions de travail, leurs attentes par
rapport au programme mis en place etc. De plus, bien qu’il soit intéressant de traiter les
conséquences de la lombalgie, une éducation à l’utilisation du corps et des apports
théoriques sur la biomécanique rachidienne permettrait une prise de conscience des aides-
soignants. De même, l’adhésion sera plus importante s’ils comprennent l’utilité d’effectuer
des étirements et du renforcement musculaire mais surtout la nécessité de bien les
effectuer. Une sorte de mini formation dans les EHPADs peut être envisagée avec par
exemple distribution d’un livret récapitulatif regroupant les points importants sur l’intérêt de
pratiquer une activité physique, des conseils d’hygiène de vie et de mouvements
économiques pour le dos ainsi que la routine d’étirements.

IV.3 Techniques utilisées dans le protocole d’évaluation

Comme pour le protocole expérimental, il est nécessaire de déterminer les biais possibles
pouvant entraver la mise en place du protocole d’évaluation. Un élément essentiel peut
être considéré comme un biais de l’étude : les tests choisis sont des tests dits « thérapeute-
dépendant ». Ils ont été choisis d’abord selon la fonctionnalité et la simplicité afin qu’ils
nécessitent peu de temps de réalisation. Cependant, bien que les tests soient codifiés, les
mesures prises varient en général d’un thérapeute à un autre. L’idéal aurait été, par exemple
pour les tests d’endurance musculaire, d’effectuer des tests avec machine isocinétique afin
d’obtenir des valeurs très précises [12]. Toutefois, le coût d’une telle pratique est important,
de même que le temps à y consacrer. De plus, la possibilité de réaliser ces tests demanderait
d’avoir à disposition une machine d’isocinétisme à proximité des établissements, ce qui n’est
pas envisageable pour tous les EHPADs.

De même, doivent aussi être évoquées les améliorations possibles aux techniques
d’évaluation. Pour ceci, l’observation et l’évaluation des connaissances des professionnels
seraient bénéfiques. En effet, cela permettrait d’obtenir une idée plus précise de la façon
dont travaillent les aides-soignants mais également de trouver des exercices ciblés.

47/50
En outre, l’intérêt d’écrire une partie discussion dans le cadre de ce mémoire est discutable
puisque l’étude n’a pu être pratiquée. Cependant, les moyens mis en œuvre dans les
différents protocoles sont basés sur des références d’études et des recommandations issues
de la littérature. Les tests utilisés dans le protocole d’évaluation sont fiables, reproductibles
et validés par un consensus d’expert. Ceci conforte les propositions de protocoles.

48/50
V Conclusion et perspectives

La lombalgie chronique est une pathologie fréquente, responsable d’un coût important pour
la société tant sur un plan financier que social et est la cause de nombreux arrêts de travail
et de maladies professionnelles. Certains corps de métier sont plus touchés que d’autres,
notamment les professions réalisant des manutentions, du port de charges lourdes,
l’utilisation de mouvements répétitifs, la station debout prolongée ou encore les postures
inconfortables. Parmi celles-ci, on retrouve la profession d’aides-soignants en EHPAD. L’objet
de cette étude était de proposer un protocole de réentrainement physique à destination de
cette population qui viendrait répondre à la problématique suivante : un réentrainement
physique des aides-soignants en EHPAD aurait-il des bénéfices sur les paramètres de la
lombalgie chronique ?

V.1 Les éventuelles retombées des résultats

D’un point de vue socio-économique, si le protocole s’avérait être positif, l’intérêt, à long
terme, serait la diminution du nombre d’arrêts de travail causé par la lombalgie. En effet,
comme nous avons pu le voir dans la partie cadre de référence, cette pathologie est l’une
des causes principales d’arrêt de travail pour cette population.

Pour le personnel aide-soignant, le principal objectif de l’étude est de leur permettre une
diminution des douleurs et de la gêne occasionnée voire l’élimination de celles-ci. En effet,
l’intérêt pour cette population est avant toute chose, une amélioration de leurs capacités
fonctionnelles et de leur bien-être et de ce fait, une meilleure qualité de vie au travail.

D’un point de vue pratique, les études et recommandations démontrent que l’activité
physique a des retombés bénéfiques sur la lombalgie chronique à court terme (HAS 2005)
mais que la pratique doit être maintenue, constante et régulière pour obtenir un effet à long
terme. L’une des attentes pouvant être formulée est donc que le personnel soignant
acquière une autonomie et une auto prise en charge vis-à-vis de la lombalgie en continuant à
pratiquer ce type de réentrainement.

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V.2 Les recherches à effectuer dans le même cadre

Un constat fait dans la population générale est que la plupart des personnes n’ont pas
connaissance de leur corps et de la manière de l’utiliser ; elles reconnaissent volontiers mal
utiliser leur dos. Cependant, cette façon d’agir n’est pas volontaire, elle démontre une
absence d’éducation dans l’utilisation et l’hygiène du corps : les individus n’ont jamais appris
la nécessité de respecter les courbures physiologiques du rachis, si tant est qu’ils aient
connaissance de leur existence.

Aussi, bien que les recherches effectuées dans le cadre de ce mémoire tendent à penser que
les assouplissements et le renforcement ciblé sur certains muscles aient un bénéfice sur les
paramètres de la lombalgie, l’idéal serait, avant toute chose, de proposer aux individus des
ateliers d’apprentissage de l’utilisation du corps. Cette éducation apportera un bénéfice non
pas seulement sur le lieu de travail mais au quotidien.

Par ailleurs, l’étude proposée dans le cadre de ce mémoire, du fait de sa durée courte, ne
permet pas d’observer si la pratique régulière de ce type de réentrainement pourrait avoir
un effet sur la réduction du nombre d’arrêt de travail lié aux lombalgies. Effectuer une
troisième évaluation après plusieurs mois de pratique du programme de réentrainement
permettrait d’observer les éventuels changements. Cependant, il semble peu probable que
les établissements ne se contentent uniquement que de ce protocole mais qu’en plus
d’autres moyens de prévention soient mis en œuvre. De ce fait, une évaluation plus globale
sera sans doute plus pertinente.

En outre, bien que les éléments des études déjà effectuées dans la littérature soient en
faveur d’un apport bénéfique d’un programme de réentrainement physique chez les
lombalgiques de façon générale, la mise en place de ce protocole apporterait un nouvel
argument en sa faveur et permettrait éventuellement d’envisager une réorganisation du
métier d’aide-soignant dans le but tant à la fois d’améliorer la qualité de vie au travail des
sujets mais également d’abaisser les coûts relatifs aux arrêts de travail causés par cette
pathologie. Une évaluation à distance est indispensable afin d’observer s’il y a maintien dans
le temps des résultats obtenus.

50/50
Bibliographie
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2. « Haute Autorité de Santé - Lombalgie chronique de l’adulte et chirurgie ». [En ligne].


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3. INRS, institut national de recherche et de sécurité. « Lombalgie. Prévention - Risques


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dossiers de la DREES : des conditions de travail en EHPAD vécues comme difficiles par
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Casillas J.-M. Réentrainement à l’effort et lombalgie chronique. La lettre de médecine
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11. Kerkour K. Les muscles paravertébraux chez le lombalgique quelles sont les
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12. Kerkour K, Meier J. Evaluation comparative isocinétique des muscles du tronc de
sujets sains et de lombalgiques. Kinésithérapie, les annales ; 1994 : 27-31.

13. Assurance Maladie. Quelques éléments d’informations destinés aux professionnels


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de bonne pratique. [En ligne]. https://www.has-
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17. Kapandji A.I. Physiologie articulaire tome 3. 6ème édition. Paris : Maloine ; 2007, 329.

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II
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2018.

25. European Commission. Eurobarometer 80.2. [En ligne].


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salariés sur le lieu de travail état des lieux et préconisations rapport final. [En ligne].
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Mechelen Willem. Costs, benefits and effectiveness of worksite physical activity
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28. Centre d’analyse stratégique. Comment mettre le sport au service de la santé des
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29. Bigard D, Jouret C. Stabilisation lombaire … le problème des patients lombalgiques.


Kinésithérapie, la revue. 2009 ; 58-59.

30. Geoffroy C. Les étirements … méthodes et exercices pour tous. 7ème édition.

31. Portero P, McNair P. Les étirements musculo-tendineux : des données scientifiques à


une pratique raisonnée. Kinésithérapie, la revue. 2015 ; 15 : 32-40.

III
Annexes
Annexe 1 : questionnaire de début d’étude
Annexe 2 : tableau individuel de recueil des données des différents tests
Annexe 3 : échelle HAD
Annexe 4 : échelle EIFEL
Annexe 5 : fiche de routine d’étirement
Annexe 6 : fiche d’entrainement circuit training

IV
Annexe 1 : Questionnaire de début d’étude
Ce questionnaire vous est adressé car vous participez à une étude évaluant les effets d’un
entrainement physique sur votre mal de dos. Il va nous permettre d’établir les
caractéristiques de l’ensemble de la population étudiée en recensant certaines données.

Nom : Prénom :
Age :
Sexe : Femme Homme

Nombre d’années de travail :

Nombre d’épisode de lumbago survenus durant la période de travail :


Cet ou ces épisode(s) de lumbago a-t-il entrainé un/des arrêt(s) de travail ? Oui Non
Si oui, quelle était la/les durée(s) de cet/ces arrêt(s) ?
De quand remonte le dernier épisode ?
Actuellement, avez-vous des douleurs au niveau du bas du dos ? Oui Non
Si oui, prenez-vous des antalgiques pour diminuer cette douleur ? Oui Non
Si oui, de quel type d’antalgiques s’agit-il ?

Pratiquez-vous actuellement une activité sportive/physique ? Oui Non


Si oui, précisez :

Etes-vous fumeur(euse) ? Oui Non

Avez-vous des pathologies respiratoires ? Oui Non


Si oui, le ou lesquel(s) ?

Quel est votre poids, votre taille ?

V
La deuxième partie du questionnaire nous permettra de cibler vos habitudes dans
l’utilisation de votre dos, durant votre temps de travail mais également dans tous les
mouvements du quotidien. Ceci nous permettra de cibler les exercices qui vous seront le
plus bénéfiques.
Chaque test donne un score, à la fin de tous les tests vous devez remplir le tableau
d’évaluation qui détermine le risque que vous avez d’avoir un problème de lombalgie et
nous aideras à déterminer les pistes de travail préférentielles pour vous.

Test n°1 : Les gestes quotidiens :

Depuis la position debout, comment ramassez-vous un objet au sol ?


En vous penchant vers l’avant en courbant le dos, les genoux étant tendus ou pliés
En pliant les genoux et en maintenant la courbure lombaire
Depuis la position en fente avant, vous descendez votre centre de gravité avec maintien de la
courbure lombaire
En appui sur une jambe, vous faites un balancier avec l’autre jambe qui reste alignée avec votre
buste

Comment lacez-vous vos chaussures ?


Vos mains vont à votre pied et vous courbez le bas du dos 1
Vous rapprochez votre pied au plus près possible de votre buste et de vos mains 0

Depuis la position couchée, comment vous relevez-vous ?


Vous pliez les genoux, puis, après une prise d’élan vous rapprochez votre buste de vos genoux 1
Vous passez sur un côté, vous pliez les jambes puis vous pivotez en monobloc en poussant sur vos 0
mains pour vous redresser

Test n°2 : extensibilité des ischio-jambiers :


Depuis la position allongée sur le dos, à l’angle d’un mur ou d’une porte. La fesse du côté à
tester doit toujours être en contact avec le mur, l’objectif est de tendre la jambe contre le
mur.
Votre genou est tendu et la fesse est en contact avec le mur, ceci des 2 côtés 0
Votre genou est plié mais la fesse reste en contact avec le mur, ceci des 2 côtés 2
Vous n’arrivez pas à réaliser cette position des 2 côtés 3

VI
Test n°3 : extensibilité des psoas : (à effectuer des 2 côtés)
Depuis la position allongée, le dos sur une table et les fesses en bord de table, plier un genou et
ramenez-le à la poitrine : observez la position de la cuisse pendante par rapport à une ligne
horizontale qui vient en prolongement de votre buste.

Votre cuisse est en dessous de la ligne horizontale, ceci des 2 côtés


Votre cuisse est au-dessus de la ligne horizontale, ceci des 2 côtés
Vous n’arrivez pas à effectuer cette position

Test n°4 : extensibilité des adducteurs :


En positon assise dans l’angle d’une pièce, le dos plaqué contre le mur, les membres
inférieurs doivent être au contact avec les murs.

Vos 2 cuisses et pieds touchent le mur 0


Le contact entre les cuisses et les pieds n’est fait que d’un seul côté 3

Test n°5 : endurance des muscles paravertébraux lombaires :


En position à genou, les fesses en appui sur les talons, inclinez votre buste vers l’avant pour
former un angle à 90° avec les cuisses. L’objectif est de maintenir la position le plus
longtemps possible.

Temps de maintien
Supérieur à 2 min 30 sec 0
Entre 1 min 46 sec et 2 min 29 sec 1
Entre 46 sec et 1 min 45 sec 2
Inférieur à 45 sec 3

VII
Test n°6 : endurance des abdominaux :
En position allongée sur le ventre, installez-vous en appui sur les avant-bras et sur la pointe
des pieds puis décollez le corps du sol, en conservant un alignement épaule-fesse-genou-
cheville.
Temps de maintien
Supérieur à 1min 30 sec 0
Entre 1 min et 1 min 29 sec 1
Entre 31 sec et 59 sec 2
Inférieur à 30 sec 3

Test n°7 : endurance des muscles des cuisses


Placez-vous debout, le dos contre un mur puis descendez les fesses en veillant à placer les
jambes et les cuisses à 90°. L’objectif est de maintenir la position le plus longtemps possible.

Temps de maintien
Supérieur à 2 min 30 sec 0

Entre 1 min et 2 min 29 sec 2

Inférieur à 59 sec 3

Test n°8 : maitrise de la bascule du bassin


En position debout, êtes-vous capable de basculer votre bassin en avant (antéversion) puis en
arrière (rétroversion) et de l’arrière vers l’avant sans bouger les bras ou les jambes et le haut
du dos ?

Position de rétroversion Position d’antéversion

Oui 0
Non (vous n’y arriver pas ou vous y arriver en bougeant les jambes, les bras ou le haut du dos 3

VIII
Résultats des tests : reportez les points obtenus en fonction des tests
Test 1 Test 2 Test 3 Test 4 Test 5 Test 6 Test 7 Test

Evaluation des risques de lombalgie


De 0 à 6 points Peu de risque
De 7 à 14 points Risques existants
De 15 à 24 points Risques élevés

Annexe 1 : questionnaire de début d’étude (Edition Geoffroy, Kiné Form & Santé)

IX
Annexe 2 : Fiche de suivi individuel

Semaine 0 Semaine 4

Douleur (score sur 10)


EN (instant t)

EN (min/max)

Extensibilité (en cm)

Ischio-jambiers Gauche Droite Gauche Droite

Droit fémoral Gauche Droite Gauche Droite

Ilio-psoas Gauche Droite Gauche Droite

Endurance musculaire (en secondes)

Ito Shirado

Ito Shirado en
extension
Test de la chaise

Test cardio-vasculaire (en secondes)

Test des 6
minutes
Retentissement fonctionnelle et composante psychologique

Score échelle
HAD
Score
questionnaire
EIFEL

X
Annexe 3: Echelle HAD (Hospital Anxiety and Depression scale)
L’échelle HAD est un instrument qui permet de dépister les troubles anxieux et dépressifs.
Elle comporte 14 items cotés de 0 à 3. Sept questions se rapportent à l’anxiété (total A) et
sept autres à la dimension dépressive (total D), permettant ainsi l’obtention de deux scores
(note maximale de chaque score = 21).

A. Je me sens tendu ou énervé : 3 La plupart du temps 2 Souvent 1 De temps en temps


0 Jamais

D. Je prends plaisir aux mêmes choses qu'autrefois : 0 Oui, tout autant 1 Pas autant 2 Un
peu seulement 3 Presque plus

A. J'ai une sensation de peur comme si quelque chose d'horrible allait m'arriver : 3 Oui, très
nettement 2 Oui, mais ce n'est pas trop grave 1 Un peu, mais cela ne m'inquiète pas
0 Pas du tout

D. Je ris facilement et vois le bon côté des choses : 0 Autant que par le passé 1 Plus autant
qu'avant 2 Vraiment moins qu'avant 3 Plus du tout

A. Je me fais du souci : 3 Très souvent 2 Assez souvent 1 Occasionnellement 0 Très


occasionnellement

D. Je suis de bonne humeur : 3 Jamais 2 Rarement 1 Assez souvent 0 La plupart du


temps

A. Je peux rester tranquillement assis à ne rien faire et me sens décontracté : 0 Oui, quoi
qu'il arrive 1 Oui, en général 2 Rarement 3 Jamais

D. J'ai l'impression de fonctionner au ralenti : 3 Presque toujours 2 Très souvent 1 Parfois


0 Jamais

XI
A. J'éprouve des sensations de peur et j'ai l'estomac noué : 0 Jamais 1 Parfois 2 Assez
souvent 3 Très souvent

D. Je ne m'intéresse plus à mon apparence : 3 Plus du tout 2 Je n'y accorde pas autant
d'attention que je le devrais 1 Il se peut que je n'y fasse plus autant attention 0 J'y prête
autant attention que par le passé

A. J'ai la bougeotte et n'arrive pas à tenir en place : 3 Oui, c'est tout à fait le cas 2 Un peu
1 Pas tellement 0 Pas du tout

D. Je me réjouis d'avance à l'idée de faire certaines choses : 0 Autant qu'avant 1 Un peu


moins qu'avant 2 Bien moins qu'avant 3 Presque jamais

A. J'éprouve des sensations soudaines de panique : 3 Vraiment très souvent 2 Assez


souvent 1 Pas très souvent 0 Jamais

D. Je peux prendre plaisir à un bon livre ou à une bonne émission de radio ou de télévision :
0 Souvent 1 Parfois 2 Rarement 3 Très rarement

Total anxiété (A) :................. Total dépression (D):...............................

XII
Annexe 4 : Echelle d’Incapacité Fonctionnelle pour l’Evaluation des
Lombalgies (EIFEL)

Une liste de phrase vous est proposée. Ces phrases décrivent certaines difficultés à effectuer
une activité physique quotidienne directement en rapport avec votre douleur lombaire. Lisez
ces phrases une par une avec attention en ayant bien à l'esprit l'état dans lequel vous êtes
aujourd'hui à cause de votre douleur lombaire. Quand vous lirez une phrase qui correspond
bien à une difficulté qui vous affecte aujourd'hui, cochez-là. Dans le cas contraire, laissez un
blanc et passez à la phrase suivante. Souvenez-vous bien de ne cocher que les phrases qui
s'appliquent à vous-même aujourd'hui.
1 Je reste pratiquement tout le temps à la maison à cause de mon dos
2 Je change souvent de position pour soulager mon dos
3 Je marche plus lentement que d’habitude à cause de mon dos
4 A cause de mon dos, je n’effectue aucune des tâches que j’ai l’habitude de faire à la maison

5 A cause de mon dos, je m’aide de la rampe pour monter les escaliers


6 A cause de mon dos, je m’allonge plus souvent pour me reposer
7 A cause de mon dos, je suis obligé(e) de prendre un appui pour sortir d’un fauteuil
8 A cause de mon dos, j’essaie d’obtenir que d’autres fassent des choses à ma place
9 A cause de mon dos, je m’habille plus lentement que d’habitude
10 Je ne reste debout que de courts moments à cause de mon dos
11 A cause de mon dos, j’essaie de ne pas me baisser ni de m’agenouiller
12 A cause de mon dos, j’ai du mal à me lever d’une chaise
13 J’ai mal au dos la plupart du temps
14 A cause de mon dos, j’ai des difficultés à me retourner dans mon lit
15 J’ai moins d’appétit à cause de mon mal de dos
16 A cause de mon dos, j’ai du mal à mettre mes chaussettes (ou bas/collants)
17 Je ne peux marcher que sur de courtes distances à cause de mon mal de dos
18 Je dors moins bien à cause de mon mal de dos
19 A cause de mon dos, quelqu’un m’aide pour m’habiller
20 A cause de mon dos, je reste assis(e) la plus grande partie de la journée
21 A cause de mon dos, j’évite de faire de gros travaux à la maison
22 A cause de mon dos, je suis plus irritable que d’habitude et de mauvaise humeur avec les
gens
23 A cause de mon dos, je monte les escaliers plus lentement que d’habitude
24 A cause de mon dos, je reste au lit la plupart du temps

XIII
Annexe 5 : fiche de routine d'étirements

Annexe 6 : fiche d'entrainement circuit-training

XIV