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Anatomie clinique de la cheville

Chapter · January 2005

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2 authors:

Jean-Pol R.A.G. Beauthier Philippe M.F.E Lefèvre


Université Libre de Bruxelles Université Libre de Bruxelles
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Anatomie clinique de la cheville ou région talo-crurale.

Jean-Pol Beauthier1
Philippe Lefèvre2

Précisons d’emblée l’utilisation de la terminologie anatomique internationale, dans le but


de familiariser progressivement le lecteur à cette nouvelle nomenclature, appelée à se
généraliser (Federative Committee on Anatomical Terminology, 1998; Mareckova et al.,
2001; Rosse, 2001; Whitmore, 1999).

1. Généralités

Nous pouvons distinguer dans la cheville, une région talo-crurale antérieure (regio
talocruralis anterior), appelée jadis le « cou-de-pied » et une région talo-crurale
postérieure (regio talocruralis posterior), ou région achilléenne.

La région talo-crurale antérieure avoisine en haut, la région antérieure de la jambe


(regio cruralis3 anterior) et en bas, le dos du pied (dorsum pedis).

La région talo-crurale postérieure est en relation avec :

- en haut, la région postérieure de la jambe (regio cruralis posterior) ;


- en bas, la région calcanéenne (regio calcanea) et ensuite la plante du pied
(planta pedis).

Les interactions entre ces régions sont grandes, non seulement sur le plan théorique
mais également sur le plan fonctionnel.

2. Terminologie des mouvements

Les mouvements de la cheville et du pied sont sujets à discussion quant à l’appellation


et nous tenterons ici une approche de cette terminologie conforme à l’anatomie, mais
pouvant parfois s’écarter du langage courant.

1
Laboratoire de médecine légale, Université Libre de Bruxelles.
jean-pol.beauthier@ulb.ac.be
2
Laboratoire d’anatomie fonctionnelle, Université Libre de Bruxelles.
philippe.lefevre@ulb.ac.be
3
Le terme « crural » se rapporte à la jambe et non à la cuisse (région
fémorale).

1
Appellation Appellation Appellation Appellation orthopédique
pratique anatomique anglo-saxonne clinique

Flexion plantaire flexion Plantar moving Extension :


mouvement effectué par les
mm. fléchisseurs du pied
sur la jambe
Flexion dorsale extension Dorsal moving Dorsiflexion :
mouvement effectué par les
mm. extenseurs du pied sur
la jambe

Tableau 1: appellations diverses des mouvements de la cheville.

Divers autres mouvements sont sujets à discussion à savoir les mouvements de


latéralité et de pro-supination, applicables tant à l’arrière-pied qu’à l’avant-pied.

Les mouvements d’adduction et d’abduction du pied permettent de porter la pointe du


pied en dedans ou en dehors, le pied étant dans le même plan horizontal. Ils intéressent
essentiellement l’articulation médio-tarsienne, et accessoirement les articulations tibio-
tarsienne et sous-talienne ou subtalaire4.

Les mouvements de supination et de pronation du pied permettent de porter la plante du


pied en dedans ou en dehors, le pied étant dans un même frontal avec axe antéro-
postérieur de mouvement. Ils intéressent l’articulation sous-talienne (subtalaire) et
accessoirement l’articulation médio-tarsienne et l’articulation tibio-tarsienne.

Une appellation pratique est la suivante:

Terminologie simplifiée des mouvements Combinaison de :


de l’arrière-pied et/ou de l’avant-pied

Inversion Supination
Adduction
Rotation interne
Eversion Pronation
Abduction
Rotation externe

Tableau 2: terminologie simplifiée des mouvements du pied.

Ces mouvements combinés peuvent être associés à une flexion plantaire ou à une
flexion dorsale. Ils peuvent en être étudiés de manière indépendante cependant.

4
Sous-astragalienne.

2
Certains termes sont conservés, en raison de leur emploi fréquent. Nous pensons ainsi
au valgus et au varus équin.

mouvements composante degrés Articulations concernées

Flexion plantaire 50° Art. tibio-tarsienne


Flexion dorsale 25° Art. tibio-tarsienne
Inversion de l’arrière-pied Supination 35° Art. sous-talienne
Eversion de l’arrière- pied pronation 25° Art. sous-talienne

Inversion globale de l’avant-pied Supination 35° Art. sous-talienne


Adduction 30° Art. médio-tarsienne
rotation interne 30° Art. tarso-métatarsiennes
è ± 90° &
Art. intermétatarsiennes

Eversion globale de l’avant-pied Pronation 25° Art. sous-talienne


Abduction 20° Art. médio-tarsienne
Rotation externe 10° Art. tarso-métatarsiennes
è ± 60° &
Art. intermétatarsiennes

Tableau 3: mouvements de la cheville et du pied. Composantes articulaires.

3. Propédeutique de la cheville et du pied.

Cette étude s’effectue en décubitus dorsal. Cette position permet une approche
comparative très aisée des mouvements de la cheville tant en flexion plantaire, flexion
dorsale, inversion et éversion.

Elle se complète par une étude des flexions plantaire et dorsale, les genoux étant cette
fois fléchis à 45°. Les résultats obtenus sont souvent meilleurs.

Rappelons que la position neutre évaluée à 0° correspond à la cheville à angle droit


(position neutre anatomique, considérée comme un standard international, soit le corps
debout, en face de l’examinateur).

3.1 Flexion plantaire et flexion dorsale

Une branche du goniomètre est posée à plat sur la table, soit dans la direction
horizontale de l’axe de la jambe (de la diaphyse tibiale).
Le centre du goniomètre se situe sur la malléole latérale5 (malleolus lateralis).
L’autre branche du goniomètre est disposée parallèlement au bord latéral du pied.

5
malléole externe.

3
L’analyse s’effectue toujours de manière comparative entre le côté sain et le côté
pathologique, en respectant strictement la méthodologie décrite ici. Il faut comparer des
mesures comparables !

3.2 Inversion et éversion de l’arrière-pied

Une inspection de la région talo-crurale postérieure - le sujet étant en position debout -


nous aura déjà permis d’apprécier les troubles éventuels statiques intéressant
l’articulation tibio-talienne et l’articulation talo-calcanéenne.

Les manipulations passives en décubitus dorsal complèteront ces données.

Ces manipulations peuvent se répéter, le sujet étant à genoux et laissant dépasser les
chevilles et pieds de la table d’examen.

3.3 Inversion et éversion de l’avant-pied

Une manipulation globale du pied en inversion ou en éversion permet d’approcher


valablement la souplesse de cet ensemble articulaire complexe tibio-talien, talo-
calcanéen, médio-tarsien, tarso-métatarsien et métatarso-phalangien, en le faisant
pivoter selon un axe antéro-postérieur.

Cette manoeuvre globale est riche en informations et correspond à cette réalité


fonctionnelle.

Les angulations obtenues sont aisément mesurables, à partir du plan horizontal


standard (cité plus haut).

Il est possible également d’obtenir des valeurs plus sélectives des articulations atteintes
en immobilisant l’arrière-pied par un empaumement de la part de l’examinateur. Le
médio-tarse et les articulations distales restent alors seuls en piste dans
l’accomplissement du mouvement...

4 Ostéologie et palpation

4.1 Malléole latérale (malleolus lateralis)

La malléole latérale, appartenant à la fibula6 est subcutanée et de forme losangique.

En position neutre, la malléole latérale descend plus bas - d’un travers de doigt - que la
malléole médiale.
Son sommet correspond au bord supérieur du calcanéus7, c’est-à-dire à l’interligne talo-
calcanéen.

6
péroné.
7
calcanéum.

4
Il se situe à environ trois centimètres au-dessous de l’interligne articulaire tibio-talien.

Un sillon - gouttière des péroniers - est observé le long du bord postérieur de la malléole
(sulcus malleolaris lateralis).
Il se prolonge vers le bas, sous le relief de la malléole latérale pour rejoindre la face
latérale du calcanéus. Là il est divisé par la trochlée fibulaire8 (trochlea fibularis),
agissant comme poulie de réflexion.

Le m. long fibulaire9 (m. fibularis longus) passe sous cette trochlée, occupant un sillon
qui lui est propre (sulcus tendinis m. fibularis longi).

Le m. court fibulaire10 (m. peroneus brevis) passe au-dessus de cette trochlée et plus
difficile d’accès.

4.2 Malléole médiale11 (malleolus medialis)

La malléole médiale du tibia est plus large, moins saillante, plus courte que la malléole
latérale. Elle est aisément palpée.
Rappelons que sur le bord antérieur de la malléole médiale, on reconnaît facilement
l’origine de la veine saphène interne, subcutanée.

4.3 Talus12 (talus)

Face latérale

En position neutre, le talus ou astragale est totalement caché en dehors, par la malléole
latérale, dont le sommet arrive au bord supérieur du calcanéus.

En position de varus équin forcé (mouvement combiné d’inversion et de flexion


plantaire), nous pouvons palper une forte saillie, apparaissant en avant et en dedans de
la malléole latérale. C’est la partie la plus antérieure de la trochlée du talus, dans sa
jonction avec le col du talus. Cette surface déborde l’extrémité inférieure de la fibula,
soulevant la capsule articulaire et devenant ainsi accessible.

Cette saillie disparaît en flexion dorsale.

8
tubercule des péroniers.
9
m. long péronier latéral.
10
m. court péronier latéral.
11
malléole interne.
12
astragale.

5
Face médiale

En position d’éversion, entre le sommet de la malléole médiale et le sustentaculum tali


du calcanéus (repéré sous le sommet de la malléole médiale), on atteint en avant, le
bord médial de la tête du talus (caput tali).
Ce repérage est possible car la malléole médiale plus courte que la malléole latérale, ne
masque pas la face talienne correspondante.

4.4 Calcanéus13 (calcaneus)

Face latérale

En position neutre, le bord latéral de la face supérieure du calcanéus correspond à


l’apex (ou sommet) de la malléole latérale.

La face latérale peut ainsi être reconnue sur toute son étendue.

Sous cet apex malléolaire, en arrière de la tête du talus et sur cette face latérale du
calcanéus, on repère une crête oblique en bas et en avant dont nous avons parlé
précédemment. C’est la trochlée fibulaire (trochlea peronealis).

En position de varus équin, sur le bord externe du pied, nous repérons aisément la
tubérosité14 du cinquième os métatarsien (tuberositas ossis metatarsalis V).

Sous cette tubérosité et légèrement en arrière d’elle, nous palpons l’os cuboïde.

En arrière de cet os, se situe l’interligne articulaire calcanéo-cuboïdien.

En arrière de cet interligne, se palpe une arête verticale, qui constitue le bord latéral de
la face antérieure du calcanéus, face faisant ainsi saillie et soulevant en haut les fibres
inférieures du m. court extenseur des orteils15 (m. extensor digitorum brevis).

Face médiale du calcanéus

En position de valgus forcé (éversion), sous l’apex de la malléole médiale, nous avons
repéré une saillie osseuse plus ou moins marquée selon les individus, le sustentaculum
tali16.
Dans cette position, cette forte saillie devient subcutanée alors que le reste de la face
interne du calcanéus n’est accessible qu’en arrière dans sa moitié postérieure.

13
calcanéum.
14
apophyse styloïde.
15
m. pédieux.
16
ou petite apophyse du calcanéum.

6
Face inférieure

En raison de l’épaisseur importante de la peau et du pannicule cellulo-adipeux (plus ou


moins un travers de doigt) l’on ne peut que supposer la partie postérieure de la face
plantaire du calcanéus, alors que le bord postérieur de celui-ci est plus facilement
accessible.

4.5 Abord postérieur du tarse

Le sujet est placé en décubitus abdominal, la région antérieure de la cheville (regio


talocruralis anterior) reposant sur un coussin.

• En fin de flexion plantaire, le tendon d’Achille se détend et les doigts peuvent


pratiquement se réunir au devant de lui et atteindre alors la partie postérieure
de la face supérieure du calcanéus. (en avant de l’insertion du tendon).
• Les doigts peuvent également contacter la face postérieure de l’extrémité
inférieure du tibia (« malléole postérieure »).
• Entre ces deux éléments osseux, nous repérons le bord postérieur du talus.
• Au niveau de ce bord postérieur se situe la gouttière de passage du m. long
fléchisseur du gros orteil (sulcus tendinis m. flexoris hallucis longi). On la
palpe en dedans du tendon d’Achille.

5 Arthrologie

5.1 Interligne articulaire tibio-tarsien (articulatio talocruralis)

Cet interligne peut être suivi dans la région talo-crurale antérieure, au travers des
faisceaux tendineux de cette région relâchée par une flexion dorsale passive forcée.
Cet interligne se localise plus ou moins à trois centimètres au-dessus de l’apex de la
malléole latérale.

5.2 Abord latéral du tarse

• Faisceau ligamentaire moyen:

Le ligament calcanéo-fibulaire17 (lig. calcaneofibulare) est étudié en varus équin.


Lors de ce mouvement, on peut sentir la tension d’un tractus dur et résistant entre
l’apex de la malléole latérale et l’angle postéro-inférieur de la face latérale du
calcanéus (processus lateralis tuberis calcanei).

17
lig. péronéo-calcanéen.

7
• Faisceau ligamentaire antérieur:

Le lig. talo-fibulaire antérieur18 (lig. talofibulare anterius) peut être repéré en partant
du bord antérieur de la malléole latérale et en se dirigeant légèrement en avant et
en bas, jusqu’au col du talus.
• Faisceau ligamentaire postérieur:

Le lig. talo-fibulaire postérieur19 (lig. talofibulare posterius) peut se repérer en


partant du bord postérieur de la malléole latérale (fosse de la malléole) et en se
dirigeant horizontalement vers la portion postérieure du talus - astragale - (et plus
précisément le tubercule latéral du processus postérieur du talus - tubercule
postéro-externe de l’astragale).

5.3 Sinus du tarse

A la face latérale du pied, en avant et en haut de la malléole latérale, la pulpe du doigt


peut pénétrer dans la dépression représentée par le sinus du tarse (sinus tarsi).

Cette dépression est située sous le col du talus et en avant du processus latéral de ce
même os. Rappelons que ce processus latéral est masqué par la malléole latérale.

Le sinus du tarse contient le puissant lig. talo-calcanéen interosseux20. Ce ligament


joue un rôle essentiel dans la statique et la dynamique de l’articulation sous-talienne.

Il est situé exactement dans le prolongement de l’axe jambier, ce qui explique son travail
tant en torsion qu’en élongation.
Divers autres puissants et cours ligaments composent – avec ce lig. talo-calcanéen
interosseux – cette articulation sous-talienne. Ce sont les ligg. talo-calcanéen latéral,
talo-calcanéen postérieur, talo-calcanéen médial.

5.4 Abord médial du tarse:

Ligament médial ou deltoïde21 (lig. mediale [deltoideum]) :


Lors d’un mouvement de valgus, il est possible de palper la tension du plan superficiel
de ce lig. médial, à savoir sa partie tibio-calcanéenne. Cette palpation s’effectue de
l’apex de la malléole médiale au sustentaculum tali.

18
lig. péronéo-astragalien antérieur.
19
lig. péronéo-astragalien postérieur.
20
ou lig. en haie ou en « V ».
21
lig. latéral interne.

8
6 Myologie – repérage et palpation

6.1 Muscles et tendons de la région dorsale

- Muscle tibial antérieur (m. tibialis anterior)

L’examinateur opposant une résistance, sur le bord médial du pied, à un


mouvement combiné d’extension du pied (flexion dorsale) et d’inversion. Le
puissant tendon du m. tibial antérieur22 se palpe depuis la face antéro-interne de
la cheville jusqu’à la base du premier os métatarsien et la face interne du
premier os cunéiforme.
Remarque : Le long du bord médial du pied, sous le tendon du m. tibial
antérieur, nous palpons, dans la voûte, la tension du m. abducteur de l’hallux
(m. abductor hallucis). L’examinateur oppose une résistance à la flexion du
premier orteil.

- Muscle long extenseur de l’hallux (m. extensor hallucis longus)23

Son tendon se palpe juste en dehors du muscle précédent jusqu’à son insertion
distale sur la base de la deuxième phalange du premier orteil.
La saillie du tendon est provoquée par une opposition à l’extension du premier
orteil
Remarque : les battements de l’artère pédieuse sont perçus au niveau du bord
externe du tendon de ce muscle.

- Muscle long extenseur des orteils (m. extensor digitorum longus)

Les quatre tendons extenseurs se dirigeant vers les quatre derniers orteils
sont facilement palpables, par une simple extension des orteils, à la face
dorsale du pied.

Tous ces tendons musculaires soulèvent au niveau de la cheville et de


dedans en dehors, le rétinaculum des mm. extenseurs (retinaculum mm.
extensorum inferius).24

- Muscle court extenseur des orteils (m. extensor digitorum brevis)

En avant de la malléole latérale et en dehors du tendon du m. long extenseur


des orteils nous palpons à la face dorsale du pied, la partie charnue, pouvant
être déprimée, de la partie postérieure du corps musculaire.

22
m. jambier antérieur.
23
m. extenseur propre du gros orteil.
24
lig. Annulaire antérieur du tarse.

9
En dehors du tendon du m. extenseur propre de l’hallux, nous palpons, à
l’extrémité distale du premier os métatarsien, le premier tendon du m. court
extenseur des orteils ou m. pédieux avant son passage sous le tendon de ce
muscle.

Les trois autres tendons se confondent dans le voisinage de l’articulation


métatarso-phalangienne, avec les tendons des mm. extenseurs communs
correspondant.
L’examinateur oppose une résistance à l’extension des quatre premiers
orteils.

- Muscle troisième fibulaire (m. peroneus tertius)

Ce muscle inconstant est le plus latéral de la face dorsale du pied. Son tendon
se palpe en dehors lorsqu’il gagne la base du cinquième os métatarsien. Sa
situation est cependant plus dorsale que le tendon terminal du m. court fibulaire.
L’examinateur oppose une résistance (d’extension du cinquième orteil et de
légère éversion) sur le bord latéral du pied.

6.2 Muscles et tendons de la région latérale

- Muscle court fibulaire (m. peroneus brevis)

L’examinateur s’oppose à un mouvement d’extension (flexion plantaire) et


d’éversion du pied.
Le tendon du muscle se palpe dans la gouttière postérieure de la face latérale
de la malléole latérale, en avant du tendon du muscle long fibulaire.
Remarque : leur gaine fibreuse étant commune, il est parfois difficile de les
dissocier chez certains sujets.
Nous suivons le tendon qui s’infléchit sous la malléole latérale pour glisser
ensuite, en bas et en avant, sur la face externe du calcanéus (au-dessus de la
trochlée fibulaire25) pour se fixer enfin sur la tubérosité du cinquième os
métatarsien.

- Muscle long fibulaire (m. peroneus longus)

L’examinateur s’oppose au même mouvement (extension et éversion).


Au-dessus et en arrière de la malléole latérale, nous palpons le tendon bien
individualisé du muscle.

25
tubercule des péroniers.

10
Ce tendon passe directement en arrière du bord postérieur de la face sous-
cutanée de la malléole latérale (sulcus malleolaris).
Il est toujours accessible à la palpation sous l’apex de cette malléole et sous la
trochlée fibulaire.
Il gagne alors la face plantaire de l’os cuboïde et la plante du pied qu’il traverse
obliquement pour s’insérer au tubercule du premier os métatarsien (tuberositas
ossis metatarsalis I). Il est inaccessible à la palpation durant tout ce trajet
plantaire.

6.3 Muscles et tendons de la région postérieure

Plan superficiel

- Tendon d’Achille (tendo calcaneus [Achilles])

L’examinateur s’oppose à une flexion plantaire du pied. Le tendon d’Achille


se reconnaît facilement en région postérieure de la cheville.

- Muscle plantaire grêle (m. plantaris)

Muscle inconstant, son fin tendon est intimement lié au bord médial du
tendon d’Achille et est indissociable de cet ensemble.

Plan profond

- Muscle tibial postérieur (m. tibialis posterior)

L’examinateur oppose une résistance à un mouvement d’inversion globale du


pied.
Le tendon du muscle se palpe aisément depuis la malléole interne, dont il
contourne – en avant - le bord postérieur, dans une gaine qui lui est propre.
Le tendon croise alors la face interne du talus jusqu’au bord médial de l’os
scaphoïde où il se fixe sur son tubercule (tuberositas ossis navicularis)

- Muscle long fléchisseur des orteils (m. flexor digitorum longus)

L’examinateur s’oppose à une résistance à la flexion des quatre derniers


orteils
En arrière de la malléole médiale, en profondeur et en arrière du tendon du
m. tibial postérieur, nous palpons le tendon du m. long fléchisseur des orteils.

11
- Muscle long fléchisseur de l’hallux (m. flexor hallucis longus)

L’examinateur oppose une résistance à un mouvement de flexion du premier


orteil.
En arrière de la malléole médiale, nous palpons en arrière du tendon du m.
long fléchisseur des orteils, le tendon du m. long fléchisseur de l’hallux.
Remarque : entre le tendon du m. long fléchisseur des orteils en avant, et le
tendon du m. long fléchisseur de l’hallux en arrière, nous palpons les
pulsations de l’artère tibiale postérieure (a. tibialis posterior).

Au niveau du pied, il est possible de palper la tension des tendons des mm.
fléchisseurs, à la face plantaire des orteils.
Le testing des muscles extrinsèques du pied est fondamental eu égard aux
rôles de ligaments actifs joués par leurs tendons en participant de cette
manière, à la proprioception de la cheville et du pied.
Ces muscles interviendront également lors des différentes phases de la
marche

7 Propédeutique générale du membre inférieur

L’examen de la cheville et du pied nécessite également une étude clinique détaillée du


membre inférieur dont nous reprenons ici quelques aspects essentiels, pour la bonne
pratique de l’examen.

7.1 Propédeutique orthopédique

- statique générale du sujet:

o colonne vertébrale et ses éventuelles déformations dans le plan sagittal et


dans le plan frontal; horizontalité des épaules, des apex scapulaires, des
crêtes iliaques, des plis fessiers, des plis poplités;

o aspects des membres inférieurs, attitude en flexum antalgique, aspects


généraux des éventuelles amyotrophies;

- inspection en vue antérieure et en vue postérieure (étude du valgus de


l’arrière-pied) ;

- étude des points d’appui et de la voûte plantaire (avec idéalement examen


podoscopique) ;

- repérage des cals et durillons éventuels ;

- recherche de l’usure anormale éventuelle des chaussures ;

12
- étude de la marche:

o marche plantaire, marche sur pointes des pieds, marche sur talons ;

o des positions vicieuses des membres inférieurs ;

o du déroulement du pas ;

o du déhanchement, de la boiterie, de la retenue antalgique, des troubles de


pivotement du corps ;

- étude des stations unipodales ;

- étude du sautillement unipodal ;

- étude de l’accroupissement, de sa symétrie, de sa stabilité ;

- étude de l’agenouillement et de son confort.

7.2 Propédeutique vasculaire

Il est essentiel – dans toute bonne étude propédeutique du membre inférieur de


ne pas négliger l’étude de la vascularisation artérielle (palpation de l’a. tibiale
postérieure et de l’a. dorsale du pied26), veineuse et capillaire.

7.3 Propédeutique neurologique

L’examen se termine par :

- L’abord neurologique sensitif

sensibilité tactile épicritique

sensibilité thermo-algésique

(voir tableaux 5 et 6)

- L’étude neurologique motrice du membre inférieur.

Réflexes ostéo-tendineux (voir tableau 5)

réflexe rotulien : L4
réflexe achilléen : S1

26
a. pédieuse.

13
Testing musculaire simple et notamment contre résistance (voir tableau 4)

- La recherche des éventuels troubles neurologiques centraux

Nous donnons ici quelques points de repère pratiques et quelques éléments utiles sur le
plan du diagnostic clinique.

Sémiologie neuro-motrice de la cheville (Beauthier et al., 1998)

Flexion dorsale : L4 – L5 (SPE)

La flexion dorsale est exercée principalement par les muscles suivants :

m. tibial antérieur27
m. long extenseur des orteils
m. troisième fibulaire.

Elle est exercée accessoirement par le m. long extenseur de l’hallux.

Flexion plantaire S1 – S2 (SPI)

Elle est exercée principalement par les muscles suivants :

m. gastrocnémien28 et m. soléaire, formant ainsi le m. triceps sural.

Elle est exercée accessoirement par les muscles suivants :

m. plantaire
m. long fibulaire
m. long fléchisseur des orteils
m. long fléchisseur de l’hallux
m. tibial postérieur29
m. court fibulaire

27
m. jambier antérieur.
28
plan superficiel du m. triceps sural formé par les deux mm. jumeaux.
29
m. jambier postérieur.

14
Innervation segmentaire

Flexion plantaire S1 – S2
n. tibial (SPI)
Station sur pointe – pied

Flexion dorsale L4 – L5
n. fibulaire commun (SPE)
Station sur talon

Tableau 4: innervation segmentaire.

15
Propédeutique radiculaire neurologique sensitive et motrice

L3 L4 L5 S1

Dos
Dos
Dos
Région
fessière Région Dos
Région
fessière
fessière
Irradiation cuisse (région Région
douloureuse antéro- Région antéro- fessière
Genou (médial
subjective médiale) latérale de la
et antérieur)
jambe Mollet
Genou
Jambe (région
(médial) Dos du pied Face plantaire
antéro-
Hallux
médiale)

Face antéro-
Bord latéral du
latérale de la
Région pied
Région jambe
médiale de la
Hypoesthésie médiale de la
cuisse et de Plante du pied
jambe Dos du pied
l’aine
Hallux
talon

Dysfonction
vésicale et ± ± ± ±
rectale

Normalement
Signe de Normalement absent
++ +++
Lasègue absent Parfois
présent

Réflexe
présent absent présent présent
rotulien

Réflexe
présent présent présent absent
achilléen

Dysfonction m. psoas m. quadriceps m. moyen m. grand


motrice iliaque fémoral fessier fessier

Tableau 5: propédeutique radiculaire neurologique sensitive et motrice.

16
Territoire nerf Origine radiculaire
Rameaux cutanés médiaux
Face antéro-médiale de la
du n. saphène30 issus du n. L4
jambe
fémoral.
n. cutané sural latéral issu
Face latérale de la jambe L5 – S1
du n. fibulaire commun.
Face postérieure de la jambe n. sural issu du n. tibial S1

Bord médial du pied n. saphène L4


n. fibulaire superficiel31
Face dorsale du pied n. fibulaire profond32 : L5
espace interdigital 1 – 2
n. cutané dorsal latéral du
Bord latéral du pied S1
pied33
n. plantaire médial issu du
L4 – L5
n. tibial
Face plantaire
Rameaux calcanéens des nn.
S1
tibial et sural34 pour le talon
de médial à latéral
n. plantaire latéral issu du n.
S1
tibial

Tableau 6: distribution nerveuse sensitive et origine radiculaire (Whitaker and Borley, 2003).

30
n. saphène interne.
31
n. musculo-cutané.
32
n. tibial antérieur.
33
Branche terminale du n. sural.
34
n. saphène externe.

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