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Les fondements du Droit international

humanitaire et les problèmes


d’applications des règles du DIH
Master études internationales et droit
international

Préparé par : Soumis à l’appréciation du


GUIMIMI IKRAME Pr : LATIFA ELCADI

2019 -2020
Sommaire :

Introduction

I. Le cadré général du droit international


humanitaire :

a) Le cadre législatif et réglementaire


b) Le cadre institutionnel

II. Les limites du droit international humanitaire :

a) Les problèmes d’application des règles du


droit international humanitaire.
b) L’effectivité et la protection du droit
international humanitaire

Conclusion
Bibliographie
Master Etudes internationales et Droit International EIDI
GUIMIMI IKRAME

Les fondements du droit international humanitaire et les


problèmes d’application de ses règles.

Introduction ‘Servir la patrie est une moitié du devoir,


Servir l’humanité est l’autre moitié’
Victor Hugo
La notion du droit humanitaire est une notion très complexe et se compose, au premier
abord, de deux expressions de caractère différent, ‘droit’ et ‘humanitaire’ l’une d’ordre
juridique, l’autre d’ordre moral.

Linguistiquement, On entend par le terme ‘Droit’ dans sa conception la plus générale un


ensemble de régles morales, religieuses ou sociales régissant les rapports entre les
hommes.

Le terme « …humanitaire se réfère à l’humanité dans la double acceptation de ce terme,


à savoir d’une part la généralité complète et indiscriminée du genre humain, d’autre part
un comportement conforme à la dignité de l’homme, une bienveillance ,une attitude
fraternelle d’homme à homme que l’on considère comme le produit et la marque de la
civilisation »

La juxtaposition des deux expressions nous renvoie à la définition donnée par le Comité
international de la croix rouge du droit international humanitaire qui constitue un
ensemble de règles qui, pour des raisons humanitaires, cherchent à limiter les effets des
conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats et
restreint les moyens et méthodes de guerre.

Le DIH fait partie du droit international qui régit les relations entre États. Ce dernier est
formé d'accords conclus entre États, appelés traités ou conventions, de la coutume

[3]
internationale, constituée par la pratique des États reconnue par eux comme étant
obligatoire, ainsi que des principes généraux du droit.

Il vise à protéger la vie et la dignité humaine des personnes touchées par un conflit armé
et à limiter les souffrances causées par la guerre. C’est un ensemble de règles
internationales qui restreint les moyens et méthodes de guerre et protège ceux qui ne
participent pas ou plus aux combats

Le DIH est également appelé «droit de la guerre» (jus in Bello) ou «droit des conflits
armés», cette appellation vient du fait que ses origines remontent aux règles énoncées par
les civilisations anciennes et les religions. La guerre a toujours connu certaines lois et
coutumes.

La guerre est aussi ancienne que l’humanité elle-même, depuis l’aube de l’histoire et
jusqu’à nos jours, le fléau de la guerre a infligé horreurs, souffrances et destructions sans
nom à des millions de personnes — combattants comme civils, il s’agit d’un phénomène
exclusivement humain, est aussi inhumaine par essence

Pendant chaque période de l’histoire et dans le monde entier, des gens ont voulu imposer
certaines restrictions à la façon dont on peut conduire la guerre. Pour ce faire, ils ont créé
des codes et appliqué certaines traditions notamment les premières lois de la guerre ont
été proclamées déjà quelques millénaires avant notre ère par les grandes civilisations : "
Je prescris ces lois afin d’empêcher que le fort n’opprime le faible. " (Hammourabi, roi de
Babylone) ainsi qu’un nombre de textes anciens tels le Mahâbhârata, la Bible et le Coran
contiennent des règles prônant le respect de l’adversaire.

Deux hommes ont joué un rôle essentiel dans l’apparition de ce droit : Henry Dunant et
Guillaume-Henri Dufour. Dunant en a formulé l’idée dans Un Souvenir de Solferino, publié
en 1862. Quant au général Dufour, fort de ses expériences d’homme de guerre, il lui a
apporté très tôt un soutien moral et actif, notamment en présidant la Conférence
diplomatique de 1864. On remonte l'origine des règles actuelles du droit humanitaire,
telles qu'elles sont codifiées dans les conventions de Genève, aux travaux d'Henry Dunant.
Cet homme d'affaires suisse s'est retrouvé en 1859, sur le champ de la bataille de
Solferino et à la vue des atrocités, décida de ramener les corps des blessés au village sans
faire de distinction quant à leurs nationalités. À la suite de cette expérience, ne pouvant
sortir de son esprit les atrocités vécues lors de cette bataille.
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La codification du DIH au niveau universel a commencé au XIXe siècle, lorsque le


gouvernement suisse, sous l’impulsion des cinq membres fondateurs du CICR, a convoqué
en 1864 une conférence diplomatique à laquelle seize États ont participé et adopté la
Convention de Genève pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées
en campagne et donc cette convention de 1864 posait les bases de l’essor du droit
humanitaire contemporain.

Depuis les cinq dernières décennies, le droit international humanitaire et l’action


humanitaire demeurent omniprésents dans presque tous les débats relatifs à la paix et la
sécurité internationale. Cette montée de l’humanitaire a évolué du fait que les actions
humanitaires ne sont plus menées principalement par des ONG, mais aussi par des États et
des organisations internationales. L’humanitaire d’État engendre l’évolution de la
question de la neutralité ou de l’impartialité.

Ce sujet revêt un intérêt juridique très pertinent car les problèmes d’application des
règles du droit international humanitaire ne se pose pas seulement au domaine du DIH
mais au niveau du droit international général et surtout que la mise en œuvre pratique des
règles du droit international humanitaire n’est pas une chose facile puisqu’elle invoque
l’un des éléments constitutifs de l’Etat, s’ajoute aussi un intérêt d’ordre actuel, avec les
conflits armés internes ou internationales qui ravagent la Syrie, la Libye, le Mali,
l’Afghanistan pour ne cité que entre autres , on constate de plus en plus que les victimes
de la guerre sont les civils, au départ l’idée de ce droit fut émergée pour protéger les
civils, les prisonniers de guerre, les malades et les blessés mais malheureusement ce droit
humanitaire reste une notion malmenée par les difficultés de son application ,D’un autre
ordre pratique, l’application des règles de droit international humanitaire au sein de ces
conflits armés internes et internationales semble de plus en plus complexe à remédier et
cela nous amène au cœur même du problème de la protection et du respect des droits de
l’homme (DH) et du droit international humanitaire (DIH) mais ce qui nous intéresse dans
ce sujet est essentiellement la mise en œuvre relative aux règles du DIH dans un but
d’analyser l’ensemble des problèmes qui s’adressent devant son application, se pose la
question de l’après-guerre, de la mise en œuvre de la paix (rétablir l’ordre public,
stabiliser la situation politique, institutionnelle, et examiner les perspectives
économiques). Autrement dit, pourquoi les règles de ce droit ont du mal à être
appliquées et quelles sont les obstacles et les problèmes qui s’adressent devant une
meilleure application du droit international humanitaire ?

[5]
Afin de répondre à cette problématique relative essentiellement à la mise en œuvre des
règles du droit international humanitaire il convient d’aborder le sujet en deux parties :
La première partie sera consacrée : au cadre général du droit international humanitaire
dont l’ensemble de son arsenal juridiques ainsi que le volet institutionnel qui comportera
les majeures institutions qui opèrent dans ce domaine et dans une deuxième partie ,on
traitera les limites du droit international humanitaire.

I. Le cadré général du droit international humanitaire :


Il est important de préciser que le droit international humanitaire, dans la mesure où il
s’inscrit dans le droit international, en présente tous les caractères. Ces caractères
dépendent des modalités de formation et d’application, elles-mêmes dépendantes de la
façon dont le pouvoir est réparti dans la société internationale.

Pour réussir son application un certain nombre de principes et de normes s’imposent afin
de garantir son efficacité et sa protection, on cite préalablement les deux droits : Droit de
Genève et Droit de la Haye notamment les fameuses conventions internationales, les
protocoles additionnels ainsi que le rôle joué par la coutume et la jurisprudence dans
l’édification du droit international humanitaire.

a) Le cadre législatif et réglementaire :


Le DIH se situe dans la perspective plus large du droit de la guerre. Celui-ci s’accorde,
depuis 1864 sur une série de principes — qui deviendront de plus en plus sophistiqués —
mais dont les principaux demeurent la neutralité, l’interdiction de certaines armes jugées
préjudiciables, et l’immunité aux non-combattants. Quatre conventions et trois protocoles
additionnels codifient ces valeurs.

En d’autres termes, le DIH est formé de règles inscrites dans des traités internationaux ou
issues de la coutume et spécifiquement destinées à régler des questions d’ordre
humanitaire directement liées aux conflits armés, qu’ils soient de nature internationale ou
non internationale

Le DIH comporte deux branches distinctes : le « droit de Genève », formé de l’ensemble


de règles qui protègent les victimes des conflits armés, comme les soldats « hors de
combat » (combattants blessés et prisonniers de guerre) et les personnes civiles qui ne
participent pas ou ne participent plus directement aux hostilités ; le « droit de La Haye »,
constitué par l’ensemble des règles qui définissent les droits et obligations des
belligérants dans la conduite des hostilités et limitent les méthodes et moyens de guerre.
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Les sept règles fondamentales qui sous-tendent les Conventions de Genève de 1949 et
leurs protocoles additionnels de 1977 et 2005 sont :

1. Les personnes hors de combat et celles qui ne prennent pas directement part aux
hostilités ont droit au respect de leur vie et de leur intégrité tant morale que physique.
Elles doivent en toutes circonstances être protégées et traitées humainement, sans
distinction de caractère défavorable.

2. Il est interdit de tuer ou de blesser un ennemi qui se rend ou qui est hors de combat.

3. Les blessés et les malades doivent être recueillis et soignés par celle des parties au
conflit dont ils relèvent. La protection couvre aussi les personnels de santé, ainsi que les
structures médicales, les moyens de transport et l’équipement sanitaires. Les emblèmes
de la croix rouge et du croissant rouge symbolisent cette protection et doivent être
respectés.

4. Les combattants capturés et les civils se retrouvant sous l’autorité d’une partie
adverse ont droit au respect de leur vie, de leur dignité, ainsi que de leurs droits
individuels et de leurs convictions. Ils doivent être protégés contre tout acte de violence
ou de représailles. Ils ont le droit de correspondre avec leurs proches et de recevoir des
secours.

 La réglementation coutumière des hostilités :


Les hostilités illustré par la confrontation armée, semblent être le stigmate par
excellence de l’histoire de l’humanité.

En effet, les déclarations de conflits armés ont été assujetties à l’existence d’une cause
juste. Autrement dit la morale avait sa place dans les rapports entre nations. Le
déclenchement des hostilités n’était pas hors-réglementation. On parlait alors de «
guerre de juste ».

• La première phase de codification de DIH (1864-1907) : 1864:

• la première convention de Genève pour la protection des blessés et malades lors


des conflits armés sans distinction de race, d’ethnie, de religion, de sexe

• En 1868:la déclaration de Peters bourg invitant les Etats à ne pas faire usage des
armes pouvant occasionner des souffrances inutiles.

• 1899 et 1907: la conférence de la Haye sur le droit des conflits armés pour la
limitation de certaines pratiques dans les conflits armés

[7]
• 1906 : la modification de la première convention de Genève la protection des
victimes des conflits armés sur terre et celles sur mers en 1907.

• La 2éme phase de codification de D.I.H (après la 1 ère guerre mondiale 1914-


1918 jusqu'à présent) Après la première guerre mondiale et à la veille de la
seconde:

• la deuxième convention de Genève incluant les prisonniers de guerre.

• Quatre ans après la seconde guerre mondiale:

• deux autres conventions ont été rajoutées aux deux existantes donnant
ainsi ce qu’on appelle aujourd’hui les quatre conventions de Genève

• En 1977 :

• deux Protocoles additionnels de 1977 relatifs à la protection des victimes


des conflits armés.

D’autres textes s’ajoutent et restent essentiels et complémentaires tels que :

La Convention de la Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit
armé et ses deux Protocoles

-La Convention de 1972 sur les armes biologiques

-La Convention de 1980 sur certaines armes classiques et ses cinq Protocoles

-La Convention de 1993 sur les armes chimiques

La Convention d'Ottawa de 1997 sur les mines antipersonnel

Le Protocole facultatif de 2000 se rapportant à la Convention relative aux droits de


l'enfant

D'autres textes interdisent l'emploi de certaines armes et tactiques militaires ou protègent


certaines catégories de personnes ou de biens. Il s'agit notamment de : • la Convention de
la Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et ses deux
Protocoles; la Convention de 1972 sur les armes biologiques; la Convention de 1980 sur
certaines armes classiques et ses cinq Protocoles; la Convention de 1993 sur les armes
chimiques;

On trouve aussi L'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève est applicable aux
conflits armés non internationaux et énonce en quoi consiste un minimum de traitement
humain qui est très important en matière de droit international humanitaire mais son
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application est inaliénable ment rattachée aux instruments et aux institutions qui a leur
tour doivent respecter et faire respecter les règles du droit international humanitaire.

En ce qui concerne les Principes fondamentaux

Le premier principe fondamental du droit humanitaire concerne la limitation des


méthodes de guerre. Cette limitation est organisée par le principe de distinction entre les
objectifs légitimes d’attaque d’une part et les biens et personnes protégés contre les
effets de la violence d’autre part. Ce principe de distinction se conjugue avec celui de
nécessité militaire et de proportionnalité pour évaluer la légalité des dommages subis par
les personnes et les biens à caractère civil.

Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, civils, blessés,
prisonniers, doivent être respectées et ne peuvent pas être visées ou utilisées dans les
combats. Les biens et services indispensables à la survie de la population (eau, nourriture,
fournitures médicales, ressources énergétiques…) ne doivent pas être détruit et le
ravitaillement par des organisations humanitaires impartiales ne peut pas être refusé par
les parties au conflit en cas de pénurie.

Des standards humanitaires minimaux mentionnés par l’Article 3 commun aux Conventions
de Genève font référence aux principes suivants: les blessés et malades seront recueillis
et soignés, les organisations humanitaires impartiales pourront offrir leurs services en vue
d’alléger les souffrances sans que cela soit considéré comme une ingérence, et certains
actes sont interdits en tout temps et en tout lieux à l'encontre des Personnes protégées.
Ces actes sont les suivants :

 les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle (meurtre, mutilations,


traitements cruels, tortures…),

 les prises d'otages,

 les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et


dégradants ainsi que

 les arrestations arbitraires et les exécutions extrajudiciaires.

[9]
b) Le cadre institutionnel :
Ce volet du sujet se focalise sur l’ensemble des instruments, de mécanismes ainsi que
d’institutions qui doivent respecter et faire respecter le droit international humanitaire on
cite en premier lieu :

Le CICR : est une institution indépendante et neutre qui fournit protection et


assistance aux victimes de conflits armés et d’autres situations de violence. Il
apporte une aide humanitaire dans les situations d’urgence, et s’emploie
également à promouvoir le respect du droit international humanitaire et son
intégration dans les législations nationales.son action se fonde sur les Conventions
de Genève et leurs Protocoles additionnels, ses Statuts – ainsi que ceux du
Mouvement
international de
la Croix Rouge
et du Croissant-
Rouge – et les
résolutions des
Conférences
internationales
de la Croix-
Rouge et du
Croissant-
Rouge.
Il est inévitable d’invoquer Le cadre juridique dans lequel s’inscrit toute action du CICR
est le suivant :

• Les quatre Conventions de Genève et le Protocole additionnel I confèrent au CICR le


mandat spécifique d’agir en cas de conflit armé international. Plus spécifiquement, le
CICR a le droit de visiter les prisonniers de guerre et les internés civils. Les Conventions lui
accordent également un large droit d’initiative.

• Dans les situations de conflit armé non international, le CICR jouit d’un droit d’initiative
humanitaire reconnu par la communauté internationale et ancré dans l’article 3 commun
aux quatre Conventions de Genève.

• En cas de troubles ou de tensions internes, et dans toute autre situation qui justifie une
action humanitaire, le CICR peut également exercer un droit 132 d’initiative, qui est
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reconnu par les Statuts du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-


Rouge. Ainsi, dans tous les cas où le droit international humanitaire n’est pas applicable,
le CICR peut offrir ses services aux gouvernements sans que cela constitue une quelconque
ingérence dans les affaires internes de l’État concerné.

Le CICR est une composante clé du processus de contrôle, de par le mandat que lui
confèrent les Conventions de Genève, leurs Protocoles additionnels ainsi que les Statuts du
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

On trouve aussi les Services consultatifs en droit international humanitaire En tant


que structure spécialisée du CICR, les Services consultatifs aident les États à
mettre en œuvre le DIH au plan national. Disposant de tout un réseau de juristes à
travers le monde, les Services consultatifs peuvent conseiller les autorités
nationales sur les mesures de mise en œuvre du DIH qui sont requises dans leur
pays pour s’acquitter de leurs obligations en la matière, et ils soutiennent le travail
des instances nationales créées en vue de faciliter la mise en œuvre du DIH dans
leur pays. Les Services consultatifs favorisent en outre les échanges d’informations
sur les mesures de mise en œuvre nationale. Au-delà des conseils juridiques et de
l’assistance technique, les Services consultatifs peuvent contribuer au
renforcement des capacités sur demande des autorités nationales et d’autres
acteurs concernés.
Parmi les mécanismes et les instruments permettant de contrôler le respect du DIH
pendant toute la durée d’un conflit on cite :

• Les Puissances protectrices ou les organismes qui les remplacent : Les Puissances
protectrices sont des États neutres désignés pour sauvegarder les intérêts des parties au
conflit et de leurs ressortissants dans les pays ennemis. Le rôle de la Puissance protectrice
consiste à mener des opérations de secours et de protection pour aider les victimes et de
contrôler le respect du DIH, par exemple en visitant les prisonniers de guerre ou les
internés civils. Un organisme international «présentant toutes garanties d’impartialité et
d’efficacité » peut remplir les tâches dévolues à une Puissance protectrice.

• Procédure d’enquête. Une enquête doit être ouverte au sujet de violations alléguées si
une partie au conflit en formule la demande et si les parties concernées parviennent à un
accord sur la procédure à suivre.

• Commission internationale d’établissement des faits. Cette Commission, instituée par


l’article 90 du Protocole additionnel I, peut enquêter sur toute allégation d’infraction

[11]
grave ou d’autre violation grave des Conventions de Genève ou du Protocole additionnel I
et faciliter, en prêtant ses bons offices, le retour à l’observation des dispositions des
Conventions. Bien que sa compétence formelle ne s’étende qu’aux situations de conflit
armé international, la Commission s’est montrée disposée à mener des enquêtes portant
sur des conflits armés non internationaux, au cas où les parties y consentiraient.

• Coopération avec l’Organisation des Nations Unies. En cas de violation grave du DIH, les
États parties aux Conventions de Genève et à leurs Protocoles additionnels doivent agir en
coopération avec l’Organisation des Nations Unies et en conformité avec la Charte des
Nations Unies.

On cite également la commission internationale humanitaire d’établissement des


faits qui est l'organe d'experts établi par le Protocole additionnel I aux Conventions
de Genève pour répondre aux incidents liés au droit international humanitaire. Elle
se tient à la disposition des parties à un conflit armé pour conduire des enquêtes
sur des allégations de violations et pour faciliter, par ses bons offices, le retour à
une attitude de respect de ce corps de droit dans le but de préserver les garanties
accordées aux victimes des conflits armés, l'article 90 du Protocole I additionnel
aux Conventions de Genève de 1949 (PA I) prévoit la constitution d'une commission
internationale d'établissement des faits. La Commission internationale humanitaire
d'établissement des faits (CIHEF) a par conséquent été créée en 1991.
Malgré la juxtaposition de tous ces organismes et ces mécanismes La principale cause de
souffrance dans les conflits armés est l’incapacité de respecter le droit en vigueur, que ce
soit par manque de moyens ou de volonté politique, bien plus que les imperfections des
règles ou leur absence ce qui constitue une limite au droit international humanitaire dans
sa globalité sans mentionner la mal application de ses règles , un point qu’on va traiter
dans la partie suivante :

II. Les limites du droit international humanitaire :


Les auteurs Camille Faure et Cordula Droege 1ont précise dans leur revue intitulée forces
et faiblesses du droit international humanitaire et à titre de rappel « …Le droit est un
outil d’orientation de l’action militaire de nos forces, une contrainte qui les oblige à
l’excellence et à l’exemplarité.
En cette année de célébration des soixante-dix ans des conventions de Genève et à la
veille de la 33e conférence internationale du mouvement international de la Croix-Rouge

1
Camille Faure, Dérogeas Forces et faiblesses du droit international humanitaire Revue Défense
Nationale 2019/10 (N° 825),voir bibliographie
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et du Croissant-Rouge qui sera organisée début décembre à Genève, on relève trois


grandes séries de défis.
Le premier défi paraît assez évident. C’est celui du respect de ce droit international
humanitaire puisque les conflits armés d’aujourd’hui, qui sont en majorité des conflits
armés non internationaux, nous mettent aux prises avec des groupes armés non étatiques
qui eux-mêmes ne sont pas toujours tenus par le respect de ce droit. Cette asymétrie
juridique a une conséquence majeure non seulement pour les populations civiles, mais
aussi pour les forces armées étatiques légalistes.
En complément, s’agissant de l’application du droit international humanitaire, s’ajoute un
enjeu majeur qui est celui de la reconnaissance de cette catégorie de droit comme une
«lex specialis » qui est une loi spéciale qui s’applique. Elle doit le cas échéant être
articulée intelligemment avec le droit international des droits de l’homme lorsque ce
dernier s’applique de façon extraterritoriale. Tout l’enjeu est de garantir un avenir à
cette forme légitime et légale de recours à la force par les États… »

La responsabilité de mettre en œuvre le DIH – c’est-à-dire de traduire ses règles en actes –


incombe au premier chef aux États parties aux Conventions de Genève et à leurs
Protocoles additionnels. Cette responsabilité est définie notamment dans l’article premier
commun aux quatre Conventions de Genève, qui exige des États qu’ils respectent et
fassent respecter les Conventions en toutes circonstances. Il faut noter aussi que Le DIH
ne s’applique que dans les conflits armés. Ses règles portent aussi bien sur les conflits
armés internationaux que non internationaux. Cependant, elles ne s’appliquent pas aux
situations de troubles et tensions internes, telles que les émeutes ou les actes de violence
isolés et sporadiques qui n’atteignent pas l’intensité d’un conflit armé. Mais dans la
réalité ce n’est pas toujours le cas parce que son application pose plusieurs difficultés et
contraintes qui peuvent conduite à son non application ou à la mal application de ses
règles.

a) Les problèmes d’application des règles du droit international


humanitaire :
Le premier problème qui semble s’adresser à une application effective du droit
humanitaire international est celui de la pratique , puisque sa mise en œuvre demeure
une chose difficile a appliquer puisque la notion de souveraineté serait remise en question
et heurtée par ces règles ainsi on trouve que au niveau du droit interne notamment le
code pénal ,toutes les infractions pénales et les violations sont sanctionnées par le droit
interne et donc le problème se pose au niveau du droit international donc les mécanismes

[13]
mis en place sont faibles et ne fonctionnement pas correctement dans le but d’assurer la
punition et la mise en œuvre .

D’autre part la compétence universelle qui signifie que les Etats peuvent poursuivre les
auteurs de crimes quelques soit leur nature ou leur origine ou leur nationalité et a pour
but d’éviter l’impunité et ‘assurer que le coupable sont poursuivis et punis, est reconnue à
certains hommes d’Etats pour violations de Droit international humanitaire qui ont commis
des infractions très graves en cette matière ca nous met encore une fois dans le
dysfonctionnement des mécanismes et des instruments

C’est la principale crainte que cette notion ne soit utilisée de manière réfléchie mais peut
être utilisée pour réaliser des objectifs politiques pour poursuivre des hommes d’Etat.

On aborde également l’insuffisance des textes malgré l’existence des protocoles qui ont
venus par la suite compléter les textes de bases mais le problème d’insuffisance reste
toujours posé face à la variété d’infractions commises dans le monde .

Les exemples de violations du DIH sont malheureusement innombrables. De plus en plus,


les victimes de la guerre sont des civils. Toutefois, il est des cas importants où le DIH a
permis de changer les choses, soit en protégeant les civils, les prisonniers de guerre, les
malades et les blessés, ainsi qu'en limitant l'emploi d'armes inhumaines. Dans la mesure où
le DIH s'applique dans des périodes de violence extrême, son respect posera toujours de
graves difficultés. Néanmoins, il est plus important que jamais de veiller à sa mise en
œuvre effective.

b) L’effectivité et la protection du droit international humanitaire :


Il faut noter en premier que Le DIH s’applique uniquement dans des situations de conflit
armé. Il connaît deux régimes de protection: l’un pour les conflits armés internationaux et
l’autre pour les conflits armés non internationaux. Les règles applicables dans une
situation donnée dépendent donc de la classification du conflit armé.
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Des mesures doivent être prises pour assurer le respect du DIH. Les États ont l'obligation
d'enseigner les règles de ce droit à leurs forces armées et au grand public. Ils doivent
prévenir et, le cas échéant, réprimer toutes les violations dont ce droit peut faire l'objet.
Pour ce faire, les États doivent notamment promulguer des lois qui punissent les violations
les plus graves des Conventions de Genève et de leurs Protocoles additionnels, considérées
comme crimes de guerre. Une loi assurant la protection des emblèmes de la croix rouge et
du croissant rouge devrait aussi être adoptée. Des mesures ont également été prises sur le
plan international. Deux tribunaux ont été créés pour punir les actes commis dans les
conflits récents de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda. Une cour pénale internationale,
notamment chargée de réprimer les crimes de guerre, a été créée par le Statut de Rome
adopté en 1998. Que ce soit dans le cadre de gouvernements ou d'organisations, ou en
tant qu'individus,
nous pouvons tous
apporter une
contribution
importante à
l'application du
DIH.

[15]
Conclusion

Le point faible du Droit international humanitaire dans l'opinion publique réside dans son
peu d'efficacité. Les mécanismes destinés à en assurer le respect sont en effet encore très
réduits et demeurent souvent inutilisés, ainsi le problème d’application va se poser pour
longtemps tant qu’on a pas trouvé les moyens efficaces pour sanctionner les acteurs qui
violent ces règles . Il convient certes de les développer, mais surtout de les mettre en
œuvre. Cela relève essentiellement de la responsabilité des Etats et des autres parties aux
conflits. Mais l'ONU et les Organisations internationales, de même que le CICR et les ONG,
ainsi que l'opinion publique en général, ont aussi un rôle important à jouer pour qu'enfin
les règles du droit international humanitaire soient pleinement appliquées et leur violation
punie.

Le droit international humanitaire n’a cessé d’évoluer et de se perfectionner au fil des


ans. Respecter le DIH est un enjeu permanent concernant toutes les parties en cause. Des
progrès restent à faire notamment pour les groupes non étatiques et pour la prise en
compte des personnes capturées.
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Bibliographie :
 Ouvrages spéciaux :

-, Cordula Droege ,Forces et faiblesses du droit international humanitaireCamille


FaureDans Revue Défense Nationale 2019/10 (N° 825), pages 39 à 50.(consultation en ligne
le 20/05/2020 à minuit ).

-Eric DAVID Principes de droit des conflits armés,, 2012 (5 éd.), Bruxelles, Bruylant,
1151 p.

-Denise PLATTNER -LA PORTÉE JURIDIQUE DES DÉCLARATIONS DE RESPECT DU DROIT


INTERNATIONAL HUMANITAIRE QUI ÉMANENT DE MOUVEMENTS EN LUTTE DANS UN CONFLIT
ARMÉ –

 Patricia Buirette Le droit international humanitaire -Année : 2019 Collection


: Repères -Éditeur : La Découverte -Pages : 128

 Ouvrages généraux :

-Ascensio H., Decaux E. et Pellet A., Droit international pénal, Pedone, Paris, 2000.

- Revues Revue Défense Nationale -Éditeur : Comité d’études de Défense Nationale -Sur
Cairn.info : Années 2015 à 2020

 Lois :

 La Convention de Genève de 1864

 les quatre instruments de Genève de 1949,

 La déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

 Articles :

 _Etude sur le droit international humanitaire coutumier. Une contribution à la


compréhension est au respect du droit des conflits armés ;
file:///C:/Users/amar/Documents/DIH%20CCOUTUMIER.pdf

[17]
 _ Pour une critique de cette doctrine, v. J ; D’ASPREMONT, Formalisme and the
Sources of International Law.

 Jurisprudences :

 CIJ, Plateau continental de la mer du Nord (République Fédéral d’Allemagne .c ;


Danemark ; République, Fédéral d’Allemagne

 T.P.I.Y. (Chambre de Première Instance), jugement du 14 décembre 1999, Le


procureur c. Goran Jelisić, Affaire IT-95-10-T

 Cour internationale de justice, arrêt du 3 février 2006, République Démocratique


du Congo c. Rwanda (Affaire des activités armées sur le territoire du Congo,
nouvelle requête : 2002), Recueil, 2006, p. 6.

 Cour internationale de justice, avis consultatif du 8 juillet 1996 (Licéité de la


menace ou de l’emploi d’armes nucléaires), Recueil, 1996, p. 226

 T.P.I.Y. (Chambre de première instance), jugement du 14 janvier 2000, Le


procureur c. Kupreskic et autres, affaire n° IT-95-16-T, p 520

 Cour internationale de justice, avis consultatif du 28 mai 1951 (Réserves à la


Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide), Recueil,
1951, p. 15

 Avis consultatif de la CIJ sur la licéité de l'utilisation des armes nucléaires par un
État dans un conflit armé du 8 juillet 1996

 Mémoires :

 Ghislain Okoko. La ”guerre contre le terrorisme international” et le droit


international humanitaire au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Droit.
Université Grenoble Alpes, thèse soutenue le 27 juin 2017.

 Sur le développement de l’élément subjectif dans la théorie du droit international


coutumier Céline LAHAUT, Le droit impératif en droit international public: étude
de sa causalité et de son évolution, mémoire Année académique 2016-2017,
Université De Liège

Webographie :

* https://books.openedition.org/
Master Etudes internationales et Droit International EIDI
GUIMIMI IKRAME

* https://www2.osce.org

* https://grotius.fr/droit-international-humanitaire-la-coutume

* https://books.openedition.org

* https://baripedia.org

* https://www.cambridge.org

* https://www2.osce.org

* http://www.icrc.org/fre/war-and-law/index.jsp

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