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La reconnaissance visuelle des visages

Introduction : voir ce n’est pas un reflexe

Psychologie cognitive : étude du fonctionnement cognitif normal de son développement tout


au long de sa vie (développement et psycho-gérontologie) et ses troubles en pathologie
(neuropsychologie) ou dans certaines circonstances.
Neuropsychologie cognitive : étude des patients qui présente des troubles du comportement
(cognitions) suite à une atteinte cérébrale, ou à des circonstances particulières. Méthode
expérimentale

Tout est représentation


MAGGRITTE « ceci n’est pas une pomme »
La réalité est inaccessible on ne peut pas la connaitre. Nous avons juste des représentations de
la réalité. Cela nécessite de la mémoire.
Représentations de forme, représentations sémantiques (la signification de l’objet) qui varient
légèrement d’un individu à l’autre.

Voir c’est quelque chose d’acquis. On reconstruit les formes selon nos habitudes de traitement
nos connaissances sur la relation entre les objets dans le monde.
« Le monde est dans la tête et la tête est dans le monde » : une reconstruction active. Chez
l’homme la vision est le sens dominant par rapport à l’audition. La réalité extérieure est
visuelle. Notre représentation des formes et des objets nous influe dans le monde. On est à la
fois sujet et acteur. Voir c’est une reconstruction humaine et qui a un processus actif.

1. La reconnaissance visuelle

La rapidité du traitement visuel chez l’homme : « ultra-rapide » (Thorpe et coll., 1998)


Les stimuli : scènes avec/sans animal « go/no go » (si animal on appuie sur le bouton : si il se
trompe : distracteur : appuie sur le bouton alors qu’il n’y a pas d’animal sur l’image) chaque
scène est présenté 17 millisecondes.
La tâche : catégorisation sémantique
Résultats : différence significative entre les réponses justes et les distractions. Temps de
réponses plus courts chez les singes (environ 200 ms)
TR moyens : +/- 400 ms
TR les plus brefs : - de 300 ms

La discrimination animal/non-animal est réalisée dès 180 ms de traitement (lobe frontal).


Interprétation (modèle psychologique) :
- 1ère étape : Extraction des primitives : formes de base : contour, couleur, mouvement¸
taille, orientation etc… indépendante les unes des autres.
- 2ème étape : Codage de la « forme » :
Ségrégation figure/fond : c’est de rassembler les primitives par objet.
Structuration de la forme : extraction de la forme globale, codage contour, ségrégation
figure/fond
Lumière : longueur d’onde, photon
La forme : la réalité extérieure est une représentation du monde. Notre œil fait une première
représentation puis il y a une deuxième étape où il y a une autre représentation = forme.
Exemple : La balle de tennis. Dimensions : jaunes, ronde puis on reconstruit la forme grâce
aux dimensions et on obtient par exemple « objet sphérique jaune ». On peut alors reconnaître
la balle si je mets en contact cette représentation avec ceux que j’ai en mémoire.
- 3ème étape : accès aux représentations :
Ces représentations sont de 3 types et elles sont activées en cascade :
- La représentation structurale, on parle aussi de représentations visuelles (c’est une
représentation sur la forme des objets) (exemple : faire la différence entre un citron et une
balle de tennis, on a la liste des traits pour arriver à faire la différence). Au fur et à mesure
qu’on a de l’information, les représentations se resserrent dans les représentations
structurales et cela active les représentations sémantiques (c’est à dire la signification de
l’objet) et enfin la représentation lexicale (c’est à dire le mot).
Cela permet d’envoyer l’information au cortex pour créer le mouvement moteur de parler par
exemple. Il faut 180 millisecondes pour faire cela.
La première étape d’extraction des primitives ne dépend pas du niveau attentionnel du
sujet. Elle se fait toujours, c’est irrépressible.

Alors que pour les étapes 2 et 3, elles se font un peu en parallèle, interaction entre les
deux. Car pour reconnaître une balle, avant d’y arriver il y a beaucoup de représentation qui
se déclenche et qui sont en rapport avec la balle. Une fois que l’information reçue est
suffisante on peut distinguer si c’est une balle ou une orange.

Interprétation chez le singe, le modèle neurobiologique :


Dans le schéma seule la voie ventrale est représentée mais il y a aussi la voir dorsale qui
existe. Les deux voies partent de V1.
La voie ventrale c’est l’identification consciente des objets et cela se situe dans le cortex
inféro temporal. Il y a un lien entre le cortex inféro temporal et le cortex frontal qui contrôle
la prise de décision. Puis le cortex moteur va envoyer un message à la moelle épinière pour
contrôler l’acte moteur. Un patient qui a une lésion sur la voie ventrale serait agnosique et
dans la voie dorsale le patient serait ataxique.
L’approche est la suivante : un comportement est une activé cérébrale. Tout ce qu’on est,
va de paires avec une activité cérébrale. On n’est cependant pas réduit à une activité cérébrale
mais c’est l’une des faces d’un même objet. En modifiant le comportement on modifie le SNC
sous-jacent.
Dans cette leçon on parle de la reconnaissance visuelle tardive c’est à dire dans les dernières
étapes de la reconnaissance.
2. Le visage : introduction

Il véhicule des expressions émotionnelles, des informations de groupes (F/M, âge,


l’ethnie), l’identité personnelle. Il informe sur l’état émotionnel de votre partenaire. Fournit
une grande variété de signaux sociaux qui vont être interprétés la plupart du temps de façon
correcte en une fraction de seconde.
L’identité personnelle est une caractéristique importante du visage, tout accident qui va
modifier l’apparence physique va être très difficile à surmonter. Le visage ne dit rien sur la
personnalité de la personne mais véhicule un état émotionnel temporaire.
2.1 Le visage : un organe de communication et une identité
2.1.1 Le visage comme une structure biologique

Tous les visages se ressemblent ; pas beaucoup de variations : des yeux, un nez une bouche
même avec les animaux.
Morphing : ensemble de 40 points stratégiques sur le visage ; on moyenne les distances des
points et on mélange les visages.

Ressemblance des visages par la similitude des éléments qui les composent et par la symétrie
de leur organisation :
- la symétrie verticale : correspond à la symétrie du corps
- l’asymétrie horizontale

L’explication adaptative : Gardner (1967)


Les techniques de manipulation systématique par ordinateur, la caricature et le morphing, et
leurs utilités en psychologie.

Le visage humain est peu différent du visage des autres animaux. Le trait le plus important
c’est la similitude des différents éléments qui le compose. Mais comment expliquer cette
non-symétrie horizontale ? Cela vient d’un ensemble de forces comme la gravité qui impose
des distorsions et des différenciations sur l’axe horizontale et pas sur l’axe verticale.

Tous les animaux ont deux yeux qui sont plus ou moins écartés en fonction de s’ils sont proies
ou prédateur : les vaches par exemple ont des yeux qui se situent sur le côté du visage ce qui
permet d’agrandir son champ visuel et peut ainsi voir des prédateurs arriver. On se focalise
sur les yeux, nez, bouche pour reconnaître un visage mais il n’y a pas que ça. L’information la
plus importante pour les yeux et c’est le diamètre pupillaire : on préfère un visage aux
pupilles dilatées. Les yeux ne véhiculent rien des émotions.

Les oreilles : chez les animaux cela véhiculent un état émotionnel (oreille mobile), chez
l’homme elles sont non remarquables ; ont une grande importance chez les animaux (les
chiens par exemple)

Le nez : impliqué dans l’odorat, on a le nez le plus relevé.

La bouche : chez l’homme, elle véhicule le langage et permet d’exprimer un état


émotionnel et d’émettre des sons complexes.

2.1.2 La spécificité du visage humain : les poils ?

A quoi servent les poils, les sourcils ? Ils sont déterminants dans un visage, ils nous
servent à exagérer les expressions faciales, nos cheveux nous évitent l’insolation.

Ekman

Le blanc de nos yeux (la sclérotique) ? (Kobayachi et Koshima, 1997)


Parmi les primates on est celui qui a plus grande proportion de sclérotique exposée et les yeux
les plus allongés sur l’axe horizontal. Cela permet de localiser la position du regard,
améliore la perception de la direction du regard. Chez les animaux il est préférable d’avoir
la direction du regard camouflé car un regard dirigé peut entrainer un combat.

2.1.3 La structure du visage

La forme de notre visage dépend des os du crâne.

Interdépendance entre les différents aspects de sa forme ce qui produit un nombre restreint de
types de visages. Soit la tête et le nez large ; soit une tête fine et un nez protubérant. Notre
visage est très musclé, pas mal de facteurs peuvent affecter l’allure et les fonctions du visage

2.1.4 Mon visage, mon miroir

L’insupportable de la déformation : le mouvement oculaire atypique des aveugles. On


remarque que lorsqu’une personne souffre d’un déficit (brûler, mouvement oculaire bizarre du
a une cécité) la personne le vit très mal. Des transformations lourdes (des chocs, des brulures)
affectent l’individu car il touche à son identité personnelle
La plupart des personnes qui voient une personne avec un visage déformé détournent le
regard.

Etudes de Bull et Rumsey en 1982 :


Ils utilisent une actrice dont le visage est défigurée par du maquillage très bien fait, sur la
moitié de son visage et l’autre moitié qui reste intacte. Elle devait soit attendre un métro soit
faire l’aumône. Soit elle avait son visage normal soit elle était maquillée pour avoir la moitié
droite du visage toute déformée. Ils mesurent ensuite les réactions des gens quand ils la voient
:
Résultats : Certains ne l’approchent pas et d’autres l’approchent par le côté où le déficit n’est
pas présent.
Ils lui demandent ensuite de faire l’aumône : maquillée puis démaquillée. On se rend compte
que défigurée moins de gens donnent de l’argent mais les rares qui le font, donnent plus.

Les déformations touchent notre identité et l’image renvoyées par les personnes qui
nous regardent.
On a toujours cherché à embellir son visage quelques soit les sociétés. Dépendant de la
culture et de la mode.
Cependant on peut s’embellir sans pour autant recourir à ces moyens, on peut utiliser des
ornements, du maquillage. Cela dépend de la culture mais il y a une constance dans les
habitudes qui est l’exagération d’une caractéristique particulière du visage. Une
caractéristique peut être créée de toute pièce comme les tatouages. Souvent les
caractéristiques tendent à appuyer la différenciation inter-sexe.

Il y a un changement dans les habitudes pour s’embellir. Comme par exemple avec le
maquillage. Les changements de mode sont complexes et imprévisible, mais il y a un
thème récurrent qui est le lien avec le statut social.
Exemple : Avant les gens bronzés étaient pauvre et aujourd’hui c’est un signe de richesse car
ça veut dire qu’on peut se payer de bonnes vacances.
Cependant à l’époque les gens riches se blanchissaient le visage avec des produits dangereux.
On voit dont qu’à travers les siècles il y a une nécessité de la beauté qui autorise tous les
risques.

2.2 Les différences physiques entre les visages : l’âge, le sexe et l’ethnie
2.2.1 Les différences liées à l’âge

Comment sait-on quel âge a un visage ?


Pour donner un âge à quelqu’un on regarde la forme du crâne.
La transformation du crâne : la tension « cardioïdale » et la torsion (ou l’effet Mickey
Mouse)

Le crane se transforme en fonction de l’âge. La structure du crane va subir les mêmes


règles que les autres éléments physique donc il ne peut se développer que d’une certaine
manière.
Le crane ayant une forme de cœur à l’envers, on en ressort un point de base (le creux du
cœur). En modifiant cela, on créer un effet de jeunesse ou de vieillesse. La torsion c’est le
fait d’avoir le crane plus en arrière pour l’enfant et en avant pour l’adulte (ils ont le
front plus grand).

Darcy Thompson (1917) : principes similaires de croissance se retrouvent pour différentes


formes biologiques. Le nez et la mâchoire grossissent et les yeux sont plus grands.
Les observateurs plaçaient les visages suivant l’âge. Techniques de morphing utilisées dans
les enquêtes criminelles.
On se base aussi sur le changement dans la coloration de la peau.

Ces dimensions liées à l’enfance sont intégrées implicitement par les observateurs.
L’âge d’un visage dépend de la position des yeux sur l’axe verticale, la taille du front…
On remarque qu’un enfant battu a un visage qui a les caractéristiques plus prononcé d’un
visage adulte. On peut penser que les parents attribuent à l’enfant un âge plus élevé par
rapport à leur âge biologique et donc donnent des punitions plus importantes. Cependant
ce facteur co-varie avec d’autres facteurs qui restent inconnu à ce jour. Le fait d’avoir une
appartenance font les participants vont donner plus de soins.

Mac Arthur, Atapov en 1983 construisent des visages de femmes et répartissent les yeux,
nez, bouche à l’intérieur du visage. Elles vont être utilisées comme des vignettes à côté d’un
texte. Ils demandent aux sujets de lire le texte qui décrit une femme et leur demande de juger
de la force physique (échelle de 1 à 7), le jugement sur la soumission sociale (échelle de 1 à 7)
et la dimension de personnalité comme la naïveté (échelle de 1 à 7). Pourtant on sait qu’on ne
peut pas sortir de trait de personnalité d’un visage ! On peut juste savoir ses émotions, son
attention. Mais on le fait toujours, de manière implicite. Caractéristiques enfantines
positivement corrélés chaleur perçu, gentillesse et naïveté.

Etude : les sujets devaient se prononcer sur la culpabilité et d’innocence. 2 versions du texte :
juger d’un acte délibéré et d’une négligence non délibéré. Plus le visage avait l’air enfantin
plus on allait vers l’innocence et plus le visage avait l’air adulte plus l’acte était perçu
comme un acte délibéré.

Perret et Burt (1995) : morphing sur plusieurs personnes et on a l’impression que c’est la


même personne qui vieillit.

La perception de l’âge d’un visage dépend de son expression et de l’âge de l’observateur.


2.2.2 Les différences liées au sexe

Le genre : une dimension sémantique. Une simple affaire de vêtements, d’accessoires, de


poses et de contexte ?
Etude de Gal : 95% de réponses correctes. Juger du sexe en fonction de la taille du visage.
On distingue un homme d’une femme en fonction de la distance entre le milieu de l’œil
et le sourcil. Quand on égalise cette caractéristique, on ne modifie pas les résultats.
Burton et all. (1983) : 200 visages de jeunes adultes hommes et femmes. Mesure de
caractéristique de forme de visage de face (yeux, nez, front, sourcil). Les résultats ont montré
qu’il était possible de les classifier sur la base de 16 traits : performance humaine : 94% de
classification correcte.
Linney et Fright : Image en surface 3D des moyennes des femmes et moyenne des hommes
technique de laser-scan ensuite différences (femme-homme) et (homme-femme).

Mme sereine et Mr Colère : les fréquences basses ne permettent pas d’intégrer l’émotion
véhiculée par un visage.

La forme et la texture Bruce 1993 :

On est meilleurs pour la photo que pour le scan. Ces deux facteurs ont un effet sur la
performance et interagissent entre eux.
La texture aide à traiter du genre mais principalement de face (95 % contre 94 de profil
¾ et 88 % de profil).
Les résultats sont moins bons pour la version laser.

Attention à la variation intra-groupe : importance des accessoires : vêtements, bijoux.


2.2.3 Les différences liées à l’ethnie (…à la fréquence)

Nord, sud, est, ouest : des couleurs et des formes différentes.


Beaucoup d’idées reçues : les personnes reconnaissent plus facilement des visages de leurs
groupes ethniques plutôt que d’un autre groupe ethnique. Cette difficulté semble être une
constante interculturelle.
Brigham 1986 : méta-analyse de 14 études de reconnaissance, pour un total de presque 2000
visages (noirs et blancs). Tâche de discrimination (homme ou femme) et de reconnaissance de
ces visages. Déficit général de reconnaissance de l’autre groupe quel que soit le groupe
d’appartenance. La chute de la performance pour les visages des autres ethnies que
pour la sienne est similaire quelque-soit l’ethnie du sujet.
Les caractéristiques les plus évidentes : la couleur des cheveux et la pigmentation de la peau.
Les indices que l’on code sur chaque visage vont être différents selon les cultures.

Barkowitz et Brigham (1982) : un changement de critère : la TDS (Théorie de la Détection


du Signal). Dans la tâche de discrimination, il faut faire attention car ce n’est pas un déficit de
sensibilité réelle en défaveur de l’autre groupe c’est un problème de critère. La même
sensibilité mais un caractère différent pour l’autre ethnie que la sienne.
Il y a 2 types de critères : soit européen soit japonais mais 4 types de réponses : Je dis que la
photo est celle d’un japonais et c’est le cas. Je dis que c’est un chinois et c’est le cas. Je dis
qu’il est Japonais alors qu’il est européen ou je dis le contraire.
Pour cette question de l’ethnie, ce qui changeait c’était la place du critère quand il parle d’un
visage d’une autre origine que la leur. Cependant on remarque un décalage entre une des deux
alternatives de réponses. Donc leur critère est biaisé d’un côté ou de l’autre.
Exemple : Je suis Japonais et je dois dire si un visage est Japonais ou Européen. Il dira plus
souvent Japonais. Sa sensibilité est biaisée.
On a un critère plus laxiste pour notre ethnie et un critère plus strict pour une autre
ethnie que la leur.

Chiroro et Valentine (1995) : un modèle statistique de l’encodage. La familiarité du visage,


pas l’ethnie !! Il regarde si l’exposition prolongé a un type de visage nous aide/perturbe dans
la reconnaissance d’un visage.

Méthode : comparaison de 2 groupes de participants étudiants africains noirs et blancs :


 Depuis l’enfance, exposition constante multiculturelle moitié noirs/moitié blancs)
 Depuis l’enfance peu d’exposition.

Tache de reconnaissance des visages : une phase d’encodage (= 50 visages) puis une phase de
reconnaissance (100 visages : vu/non vu)
Résultats :
- Chez ceux les plus exposé : pas de biais de reconnaissance lié à son origine mais
même une tendance à l’effet inverse.
- Ceux moins exposé présentaient ce biais mais c’était moins évident chez les
étudiants blancs.

Conclusion : le biais lié à l’origine est donc un simple effet de fréquence.

Hill et al. (1995) : la couleur et les indices 3D sont aussi importants


pour la reconnaissance :
(Axe verticale) % de réponses cohérentes avec les informations de forme.
« Sexe décision » : 70% de réponses sont basées sur la couleur de la peau pour décider si c’est
un homme ou une femme.
« Race décision » : ils utilisent plus la forme que la couleur de la peau pour décider de la race
d’une personne. La couleur de la peau n’est pas un critère pertinent pour décider de la race.
2.2.4 L’attractivité (… une moyenne et plus encore)

Le visage va être plus attractif s’il se rapproche du visage moyen.

Langlois et Rodman, 1990 : la beauté est la moyenne. Ils font la moyenne de 4, 8, 16, 32
visages. Ce n’est jamais un visage seul. Plus le visage est moyenné plus il est jugé attirant.
La moyenne efface les petites défauts et créer une aura mystérieuse. Cependant cela pourrait
être dû au fait qu’on a une préférence pour des objets déjà connu donc plus c’est moyen et
mieux c’est. On préfère ce qui est familier.

Perret, May et Yoshikawa : la beauté est plus que la moyenne.


D : Moyenne de 60 visages attirants/non attirants
E : Moyenne de 10 visages les plus attirants
F : accentue les différences entre D et E de 10% et le F devient plus attirant.

On préfère aussi les visages symétriques.


2.2.5 Et beaucoup de stéréotypes

On a beaucoup de stéréotypes sur le visage. Tout le monde les utilise alors qu’ils sont faux,
invalide.
Exemple : L’attribution de la culpabilité lié à l’attirance de son visage. Il y a un apprentissage
implicite de certain trait physique à la base du jugement sociologique.

Lewicki (1986) : « cheveux longs, idées courtes ? »


Condition 1 : Les femmes aux cheveux longs sont associées dans un texte à la gentillesse et
celle aux cheveux court à des travailleuses. On demande ensuite s’il trouve que la personne
est gentille ou travailleuse sur la photo

Condition 2 : Cheveux courts : gentillesse et cheveux longs travailleuses.

2.3 L’identité personnelle

1ère dimension : la configuration spatiale : position relative du nez, des yeux et de la bouche.
2ème dimension : les traits caractéristiques du visage
3ème dimension : la forme globale

Orientation prototypique du visage (on reconnait mal un visage à l’envers plutôt qu’à
l’endroit).
- orientation normale : 95 % de reconnaissance
- orientation inversée : 60 % de reconnaissance.

On reconnait plus facilement 2 visages quand ils sont décalés que quand ils sont juxtaposés
parfaitement.
Young, 1987 : A partir de la moitié d’un visage seul on peut reconnaître la personne
cependant si on colle deux photos cela créer un nouveau visage et on ne peut plus le
reconnaître. Cependant si c’est un peu décalé on reconnaît. La configuration spatial des
éléments est plus importante que les éléments eux même. Pourquoi ? Car si on colle deux
visages cela créer une autre représentation du visage et si on décale on travaille que sur des
éléments globaux. De plus quand on décale on détruit la forme du visage.
La configuration globale du visage a aussi de l’importance.

Tanaka et Farah (1993) :


- Premiers blocs d’apprentissages dans lequel 16 personnages de BD sont créés qui ont
un nom, avec 4 yeux différents, 4 nez et 4 bouches.
- 2ème blocs expérimental : 3 conditions différentes. 1ère condition il présentait 7 paires de
visages d’un côté Larry avec son nez et Larry avec un autre nez. Il y arrivait
parfaitement bien. 2ème condition : on présente seulement le nez : la performance est
moins bonne que dans la condition ou il doit déterminer qui est le vrai Larry.
C’est la forme globale du visage qui est important pour reconnaitre les éléments locaux.
On reconnait le nez de Larry plus facilement quand il est dans un visage que quand il est
en dehors.
On a 3 formats en mémoire :
- Les caractéristiques locales (yeux, nez bouche)
- La configuration spatiale
- La forme globale

Elasticité des traitements : Tableau de Dali reconstitution d’une personnalité à partir d’objet
(rideau, canapé, meuble, cadre…)

Une caricature de la moyenne ou le « distinctiveness effect » :


On reconnaît mieux les gens sur une version caricaturée à 15 % que dans la version
normale. A la condition que la caricature ne soit pas trop exagérée. Donc l’identité
individuelle c’est l’écart d’un visage particulier par rapport à un visage moyen. On en a
déduit l’idée que plus le visage se différencie de la moyenne, plus on le reconnait.

Et l’anti caricature : On essaye de le rapprocher de la moyenne à gauche ce qui le rend plus


attirant mais il est moins bien reconnu. Il est plus reconnu dans la caricature que dans
l’anti caricature.
« Tes défauts, cultive les c’est toi ! » Cocteau.

Il y a un encodage de la forme du visage indépendamment de l’expression émotionnelle qui


va être analysé par une autre personne. Cet encodage structural se fait grâce à 3 traits.
Les FRU se sont les unités de reconnaissances des visages. Je peux reconnaître l’âge, le
sexe…
Les PIN : nœuds d’identité de la personne
Il y a aussi des sous processus qui servent à générer le nom de la personne. Il y a donc des
processus indépendant qui concourent à la reconnaissance des visages.
On a des modules distincts (unités dissociés) pour reconnaitre les personnes.
3. La prosopagnosie

Prosopagnosie : trouble spécifique de la reconnaissance des visages ; suite à une attente


cérébral avait une difficulté partielle ou totale de la reconnaissance des visages.
Au 19ème siècle : des troubles prosopagnosiques chez plusieurs patients présentant d’autres
troubles associés (Charcot, 1888, Wilbrand, 1892), troubles cognitifs associés.
Bodamer (1947) : prosopagnosie de prosopon en grec pour visages et a-gnosis (sans
connaissance).
Commentaires de différents patients : un patient ne reconnait pas son propre visage dans le
miroir : inspection longue, description des différents éléments, il peut s’agir de quelqu’un
d’autre ou même d’une femme. Perte de l’identité du visage.
« Tous les visages se ressemblent ».
Le visage des proches et même le sien ne sont pas reconnus. Ils ont perdus leur
individualité. Ils sont « d’une sale couleur grise ».
Perte de la forme globale du visage : Pallis « Je ne peux voir les éléments, mais ils ne se
somment pas ».

Question théorique : est-ce qu’il existe des patients qui soient purement prosopagnosique sans
être agnosique ? Unicité et spécificité du traitement des stimuli « visages »
3.1 Dissociation entre agnosie et prosopagnosie ?

Tiberghien et Clerc (1986) : un patient incapable de reconnaitre les visages familiers mais
capable de reconnaitre parfaitement tous les autres objets (purement prosopagnosique). Mais
souvent les deux troubles sont associés.
Dans la plupart des cas les patients agnosiques sont aussi prosopagnosiques.
De Renzi (1986) : reconnaitre sa voiture dans un parking, sa propre écriture. Ils sont
prosopagnosique seulement pour les visages. Donc cela n’a rien avec l’unicité ou la
spécificité.

Moscovitch, Winocur et Behrman (1997) : les peintures d’Arcimboldo. Patient CK


agnosique pur : déficit sur les légumes et fruits mais pas sur le visage du tableau.
Apparemment double distinction entre visage et objet.
Un cas de « métamorphosia » (Whiteley et Warrington) : Tous les visages lui
apparaissent métamorphosés mais il était capable de reconnaitre et discriminer tous les
visages de ses proches.

Un cas de prosopagnosie développementale (De Hann et Campebel, 1992) : une patiente


éprouvait depuis l’enfance des problèmes de reconnaissance des visages sans causes
neurologiques identifiables. Les visages ne prenaient jamais de signification pour elle. Elle
reconnaissait les visages grâce à leur voix.
3.2 Les représentations stockées en mémoire ou FRU (Face Recognition Units)

Sujets normal : 3 formats pour le stimulus visages : forme globale, configuration spatiale et
détails.
L’imagerie mentale : chercher l’intrus : Fanny Ardant, Gina Lollobrigida et Marylin Monroe
Difficulté pour accéder aux informations biographiques :
La patient ME : reconnaissance correcte de la familiarité, voire du nom mais aucune
information biographique disponible (exemple : pour Mitterrand, elle va dire « C’est
Mitterrand » mais elle ne pourra pas dire que c’est un homme politique). Dissociation vraie
chez le sujet normal.
3.3 L’anomie

(Synonyme du manque d’humour)


Le patient EST : appariement des visages non familiers sur la base de leur identité. On
présente un visage de profil ou de face et il doit dire si c’est la même personne. Il peut faire
l’appariement. Il peut distinguer des visages familiers parmi des visages non-familiers. Il
peut accéder à des informations sémantiques à partir de la photo du visage ou de son
nom mais ne peut pas trouver le nom de la personne à partir du visage. Dissociation vraie
aussi chez le sujet normal.
3.4 L’analyse de l’expression

Bornstein (1963) et Damasio (1988) : patients ayant un déficit de la reconnaissance des


visages mais tout à faire capables de décoder l’expression du visage. Dissociation vraie chez
le sujet normal. (Cf monsieur Colère et Madame Sereine)
La lecture labiale. L’effet McGurk (ventriloquisme ») voit « da » entend « ta » comprend
« ga ». Les patients prosopagnosique rapportent le son réellement envoyé dans les enceintes
(« ta »). Chez le sujet normal, effet plus prononcé pour des visages familiers.
3.5 L’anosognosie 

Anosognosie : le patient ne sais pas, n’est pas conscient (proche du déni) qu’il est
malade. Les patients prosopagnosiques ne sont pas souvent anosognosique.
Young et coll (1990) : une patiente spécifiquement anosognosique pour la prosopagnosie,
pendant des années.
3.6 La reconnaissance implicite des visages :
3.6.1 Les indicateurs physiologiques
Bauer (1984) : un patient LF doit sélectionner le nom correct d’un visage de personnalité
parmi 5 éventualités de réponses. Répond au hasard (20% des réponses correctes) mais
réponse électrodermale.
Tranel et Damasio : idem le patient regardant une série de photos dont certaines étaient des
visages connus.
Renault et coll (1989) : confirmé en ERP par la présence de P300
Confirmé aussi par les mouvements oculaires.
3.6.2 Les indicateurs comportementaux

De Han et son groupe : le patient PH


Discrimination en choix forcé entre un visage connu et un visage inconnu. Hasard (51% de
réponses correctes)
Appariement : dire si les deux photos représentent la même personne ou non : temps de
réponses plus rapide si le visage est connu.
Interférence : des photos de visages, avec une bulle pour le nom et dire si le nom imprimé est
celui d’un politicien : TR plus longs dans la situation d’incongruence entre le nom et le
visage.
Amorçage associatif : juger si un nom est celui d’un personne connue (Prince Charles) ; TR
plus courts dans le nom est précédé d’une photo de Diana (par rapport à un sportif).

4. Conclusion
Les données de la psychologie et de la neuropsychologie convergent sur l’idée de la
spécificité des stimuli visages.

Le système visuel : des récepteurs à la perception

I. Du stimulus à la rétine :
Le stimulus : les photons
Spectre visible : longueur d'ondes entre 400 et 700 nm.
Nombre de photons : intensité lumineuse du stimulus.

L'œil est une fenêtre sur l'âme, il a un rôle important dans la cognition sociale.
KLIN, 2002 : analyse des mouvements oculaires : les participants témoins focalisent sur les
yeux des personnages, et non les participants autistes.

1. L'œil, organe de la vision :


a. La cornée et le cristallin :

Les rayons lumineux traversent le globe oculaire pour atteindre la rétine. Le monde extérieur
se projette sur notre rétine grâce à la cornée et au cristallin. Ils vont donc être impliqués dans
la réfaction de la lumière. Le cristallin ajuste l'image sur la rétine. Il est au repos pour la
vision de loin, mais s'arrondit pour la vision de prés. Ce changement est engendré par une
activation des muscles autour du cristallin.
b. L'iris :
L'iris : module la quantité de lumière qui entre dans l'œil : si elle se contracte = clarté, si elle
se dilate, = obscurité.
Les anomalies de la réfraction : pour corriger la myopie on va utiliser des verres concaves,
alors que pour l'hypermétropie, ce sera des verres convexes. L'astigmatisme est lié à une
forme de cornée anormale (ovale au lieu de bombée), et se corrige avec des verres spéciaux.
La presbytie, est liée au vieillissement, et concerne tout le monde. Elle correspond à une
mauvaise adaptation du cristallin par rapport à la distance.

c. La rétine :
II. Les traitements rétiniens
III. Les voies centrales de la vision
IV. Les traitements corticaux