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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES

AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

DEDICACES

Je dédie ce présent travail de recherche

A mes chères parents,

à mes chères grands-parents,

à mon frère Hicham

à Monsieur Biad

et à la bibliothèque de l’ISCAE.

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REMERCIEMENTS

Au prime abord je tiens à présenter un grand hommage à la


personne de Mr M. A. EL MACHAT, l’associé principal du
cabinet d’audit et de conseil COOPERS, qui a eu la bonté de
m’accueillir en tant que stagiaire au sein du cabinet.

En second lieu, je ne peux qu’exprimer mes remerciements, voire ma


gratitude au personnel coopératif du cabinet. Il s’agit notamment
de :
ξ Mr Tarik ROUISSAM Assistant manager
ξ Mr M.Hamid Atid Assistant manager
ξ Mlle Wafaa RADOUANI Senior

Mes remerciements s’adressent également à mon encadrant


pédagogique MR BIAD pour son soutien, sa patience et ses
conseils précieux.

Et pour finir je remercie toute personne ayant contribué de prés ou


de loin à l’accouchement de ce mémoire.

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AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

SOMMAIRE

DEDICACES……………………………………………..…………….………….3

REMERCIEMENTS……………………………………….………………….…….4

INTRODUCTION…………………………………………………………………..5

PARTIE I : APPROCHE THEORIQUE DE L’AUDIT ET DES STOCKS

CHAPITRE I : PRINCIPES GENERAUX DE L’AUDIT……..…………………………10

Section 1 : Mission d’audit : définition et types……………………… 10


Section 2 : Objectifs fondamentaux…………………………………....12
Section 3 : Démarche d’audit…………………………………………..15

CHAPITRE II : GENERALITES SUR L’EVALUATION DES STOCKS………………….19

Section 1 : Définition des stocks………………………………………19


Section 2 : Méthodes d’évaluation des stocks…………………………21
A- Normes comptables marocaines (CGNC)………………….21
B- Normes comptables internationales (IAS/IFRS)…………...35
C- Comparaison des normes CGNC, IAS/ IFRS………………41

CHAPITRE III: PRINCIPALES DILIGENCES D’AUDIT DES STOCKS SELON LA NORME


CGNC…………………………………………………………………………...46

Section 1 : Procédures de l’inventaire physique des stocks…………….46


Section 2 : Valorisation des stocks et autres diligences ………………..51

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PARTIE II : AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA


DISTRIBUTION DU GAZ PETROLIER LIQUEFIE (GPL)

CHAPITRE I : ENVIRONNEMENT GENERAL DU SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU


GPL………………………………………………………..…………………….54

Section 1 : Présentation générale du secteur pétrolier au Maroc….....54


Section 2 : Présentation du secteur du GPL ……..…………………..60
Section 3: Spécificités du secteur …………………………………...65

CHAPITRE II : SPECIFICITES COMPTABLES DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA


DISTRIBUTION DU GPL…………………………………………………………..71

Section 1 : La structure du prix du GPL …………………………....71


Section 2 : Valorisation des stocks………………………………….75
Section 3 : Traitement comptable des stocks (dérogations……….....81

CHAPITRE III : DEMARCHE D’AUDIT A APPLIQUER AUX STOCKS DANS LE SECTEUR


DU GPL…………………………………………………………………………85

Section 1 : Planification de la mission……………………………..86


Section 2 : Evaluation du contrôle interne…………………………88
Section 3 : Contrôle des comptes…………………………………..91

CONCLUSION……………………………………………………………………..93

BIBLIOGRAPHIE……..……………………………………………………………96

LEXIQUE …………………………………………………………………………99

ANNEXES……..…………………………………………………………………100

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INTRODUCTION

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INTERET DU SUJET

La libéralisation de la filière gazière constitue le pierre angulaire de la réforme du


secteur pétrolier au Maroc, en raison de ses lourdes conséquences économiques
et sociales sur le consommateur marocain, s’agissant aussi bien des industriels
que les simples ménages.

En effet, la question relative à l’opportunité de libéraliser le secteur gazier, et


plus précisément le butane, est si complexe que le projet de libéralisation tarde de
voir le jour, et il suffit de rappeler que l’Etat subventionne le prix de vente à plus
de 50% pour se rendre compte que le désengagement total ou brusque de la
Caisse de Compensation serait, on ne peut plus, néfaste.

Si la libéralisation du secteur gazier est incontournable, il semble que l’Etat


privilégie l’aspect social et soutiendra le consommateur en continuant de
subventionner à moyen terme le prix de vente, dans l’attente de mise en place
d’un cadre réglementaire et tarifaire plus adéquat pour réguler le secteur, une fois
libéralisé.

Cependant, il parait que le secteur de la distribution du gaz pétrolier liquéfié n’est


pas suffisamment prêt pour la libéralisation, du fait que les mesures préparatoires
et accompagnatrices d’une telle réforme structurelle n’ont pas été adoptées.

En fait, l’environnement comptable et juridique du secteur se caractérise par des


divergences notables dans les pratiques comptables des sociétés de distribution.
Nous citerons à titre d’exemple
- Les différences qui existent dans le traitement comptable des
éléments d la structure des prix et des subventions reçues de la Caisse de
Compensation,

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- La diversité des politiques d’amortissement,


- Les incohérences des textes réglementaires avec les règles
comptables et la doctrine, le traitement comptable et la valorisation différents des
stocks entre les différents acteurs du secteur

La dernière difficulté comptable du secteur de la distribution du GPL, citée ci


avant, constituera le thème de notre travail dont la problématique s’articule
comme suit :

PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS POURSUIVIS

Dans le secteur de la distribution du GPL au Maroc, les entreprises gèrent un


stock important de produits (propane, butane…), chose qui met en évidence
l’importance significative du cycle « stocks » dans l’audit de ces dernières.

Or dans ce secteur, le traitement comptable des stocks et notamment leur


évaluation souffre d’un vide comptable et juridique, qui a ouvert le champs à des
interprétations aussi nombreuses que les intervenants dans ce secteur.

Toutes ces données font que l’audit des stocks dans ce secteur est entaché de
risques et de zones de risques, auxquels l’auditeur doit être doublement vigilant.

A la lumière de ces données, les objectifs de ce travail s’articulent autour des


points suivants :

Mettre en évidence les risques liés à l’audit des stocks dans un secteur où
l’évaluation de ces derniers ne répond à aucun référentiel comptable
clairement défini.

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Expliquer les diligences particulières à suivre et à respecter par l’auditeur


(concernant la section « stocks », afin de mieux engager sa responsabilité.

Ainsi la première partie de notre mémoire sera consacrée à la présentation de


l’aspect théorique comptable, respectivement, de l’audit, du stock ainsi que les
principales diligences à respecter en matière d’audit de stocks selon la
réglementation marocaine.

Par ailleurs, la seconde partie de ce travail traitera dans un premier temps de la


présentation de l’environnement économique et juridique du secteur du GPL au
Maroc et de ses spécificités. Et de fil en aiguille, nous analyserons le traitement
comptable et juridique, adopté par les différents acteurs du secteur aux stocks ;
Et à la lumière de données de cette analyse, nous proposerons les principales
diligences de la démarche d’audit à respecter par un auditeur afin de certifier les
comptes relatifs au traitement des stocks.

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PREMIERE PARTIE :

APPROCHE THEORIQUE DE L’AUDIT


ET DES STOCKS

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CHAPITRE I : PRINCIPES GENERAUX DE L’AUDIT

Section 1 : Missions d’audit : définition et types

A) Définition de l’audit

Sur le plan général (révision légale ou contractuelle), la mission du contrôleur


externe est d vérifier et d’exprimer une opinion sur les comptes. Il s’agit pour un
professionnel de se forger une conviction sur l validité des documents financiers
de l’entreprise en accord avec le référentiel comptable utilisé, et donc de
s’assurer qu’ils traduisent bien les opérations réalisées dans leur intégralité et
qu’ils ne donnent pas une image de l’entreprise contraire à sa situation effective.
La révision comptable se réfère donc directement au respect des différentes
sources de réglementation de la comptabilité et aux principes généralement admis
en matière d’enregistrement comptable, de présentation e d’évaluation.

L’audit est un métier à part entière et, comme tel, il obéit à des règles très
précises. Celles-ci ont été forgées par les professionnels qui les ont
progressivement élaborées, après avoir été confrontés à la pratique. Elles sont
décrites par les diverses normes professionnelles régissant les auditeurs.
L’ensemble des normes professionnelles a posé le principe d’une orientation et
d’une planification préalable à la mission de l’auditeur, afin que soit mise en
oeuvre une démarche adaptée.
La démarche d’audit est une démarche à la fois spécifique et itérative
spécifique en ce sens qu’elle nécessite une connaissance minimale de l’entreprise
à auditer, et itérative parce qu’elle sera précisée et complétée au fur et à mesure
que seront obtenues les conclusions des premiers travaux.

B) Missions d’audit :

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a- Audit :
C’est le niveau de contrôle le pus élevé qui aboutit à l’expression d’une opinion
sur la fidélité de l’image, conformément aux principes comptables généralement
admis, que donnent les comptes de a situation et des résultats de l’entreprise.
Le document établi par l’IASC souligne, à juste titre que l’assurance exprimée au
terme de l’audit est élevé mais non absolue. Cette restriction résulte de l’absence
de contrôles exhaustifs : en effet, le coût marginal de contrôle exhaustifs ne serait
pas acceptable compte tenu du faible accroissement du niveau d’assurance qui en
résulterait.

b- Examen limité :

Lorsque le niveau de confiance des coptes requis est moindre, le réviseur peut
procéder ç un examen qui se conclut par l’expression d’une assurance limitée.
Cette assurance limitée est le plus souvent formulée négativement de la manière
suivante : « Au terme de nos contrôles, nous n’avons rien relevé qui conduise à
remettre en cause l’image fidèle des comptes. »

L’examen limité se distingue de l’audit dans l mesure où les contrôles reposent


plutôt sur des entretiens et des examens analytiques que sur l’appréciation du
contrôle interne et la collecte d’éléments de forte valeur probante (observation
physique, confirmation directe….)/

c- Les procédures contractuelles :

Dans ce type de mission, le professionnel n’est pas maître de la détermination de


la nature et l’étendue de ses contrôles qui sont définis contractuellement dans la

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lettre de mission. Dans son rapport, le réviseur se borne à mentionner les


anomalies relevées à l’occasion de ses contrôles. La diffusion de son rapport est
exclusivement réservée aux parties au contrat.
Dans le cas où les diligences sont particulièrement approfondies, le réviseur
pourrait, contrairement aux dispositions du document établi par l’IAPC, exprimer
une certaine assurance.

d- La mise en forme :

Dans ce type de mission, le réviseur se limite à la mise en forme des états


financiers sans procéder à des contrôles. A ce titre, aucune assurance ne peut être
formalisée quant à la fiabilité des informations.
La mise en forme ne peut pas être considérée comme une opération de révision
des comptes.

Section 2 : Objectifs fondamentaux d’audit

A) Emettre une opinion sur la qualité de l’information financière :

L’appréciation de la qualité de l’information financière se fait à partir de quatre


critères :

- La prudence : c'est-à-dire l’appréciation raisonnable des faits afin d’éviter


le risque de transfert, sur l’avenir, d’incertitudes présentes susceptibles de grever
le patrimoine et le résultat de l’entreprise.

- La régularité des comptes : c'est-à-dire la conformité à la réglementation,


ou en son absence aux textes généralement admis et ensuite seulement, d’après

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les règles fixés par la jurisprudence et les organisations professionnelles


compétentes à préciser la doctrine comptable.

- La sincérité des comptes : c'est-à-dire l’évaluation correcte des valeurs


comptables (ce qui ne signifie pas l’exactitude) et l’appréciation raisonnable des
risques et des dépréciations de la part des dirigeants de l’entreprise auditée (leur
compétence en la matière devra être appréciée, leur simple bonne foi ne peut
suffire).

- L’image fidèle : les deux critères de régularité et de sincérité peuvent être


contradictoires sur certains points (estimation des investissements à leur coût
historique par exemple, où il y’a prééminence, sur le plan formel, de l’objectif de
régularité sur celui de sincérité : ce choix imposera qu’on communique une
information annexe aux utilisateurs des états financiers) ;

L’image fidèle constitue le principe à respecter lorsque la règle (ou le principe


généralement admis) n’existe ou lorsqu’elle est insuffisante pour traduire la
réalité.
L’application de ce principe doit permettre de donner l’image la plus
objective possible de cette réalité en évitant les déformations prévisionnelles, les
manipulations et les omissions de faits significatifs de par l’application des autres
critères.
Le plus souvent, c’est l’annexe des comptes annuels qui permettra de
respecter ce critère.

B) Détecter la fraude ?

La vocation de l’auditeur est-elle pour autant de détecter la fraude ? En fait, les


obligations d l’auditeur en la matière procèdent uniquement de l’objectif

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fondamental de vérification, de régularité et de sincérité des comptes ; la


détection de la fraude est une conséquence de cet objectif et en aucun cas une
finalité spécifique.

Concrètement l’auditeur doit révéler les fraudes que son action lui fait découvrir :
il ne doit en aucun cas aborder ses contrôles en présumant la mauvaise foi ou la
malhonnêteté des différentes personnes contribuant à l’élaboration des états
financiers.
Cependant, lorsqu’il rencontre des motifs à s’inquiéter, alors il doit tout faire
pour obtenir de la direction de l’entreprises qu’il audite, les moyens de
poursuivre ses investigations dans le sens de l’obtention d’une conviction
suffisante ou prévenir officiellement des risques encourus.

C) Améliorer la gestion :

L’auditeur a-t-il vocation, au travers de sa mission, de contribuer à améliorer la


gestion de l’entreprise qu’il audite ?

L’amélioration des procédures résulte de la mise en œuvre d’un audit ais elle
n’est pas pour autant l’objectif qui détermine l’action de l’auditeur : le rôle de
l’auditeur n’est pas d’apporter un guide aux décisions de la direction : si le
praticien participait activement à la prise de décision incombant à la direction et à
elle seule, il mettrait en péril son indépendance.

On peut donc estimer que l’intervention de l’auditeur a normalement des aspects


constructifs, du fait principalement de l’identification des problèmes : le respect
de son autonomie impose cependant qu’il dissocie le rôle d’audit et le rôle de
conseil, particulièrement dans le cadre d’un mandat légal de commissaire aux

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comptes, ou le principe de la non immixtion dans la gestion est explicitement


prévu.

Section 3 : Principes généraux de la démarche d’audit

Une mission d’audit légal organise dans la durée. Les travaux à réaliser sont
répartis sur plusieurs mois, avant et après la date de clôture de l’exercice social
de l’entreprise auditée. Dans un certain nombre de pays d’Europe, notamment la
France, le mandat de commissariat aux comptes est confié à un même auditeur
années (six exercices en France), ce qui permet de réaliser une répartition des
travaux d’audit su plusieurs exercices .

A) La prise de connaissance :

Comme l’indique la norme de la CNCC, la prise de connaissance préalable de


l’entreprise vise à couvrir deux aspects fondamentaux :
- Recenser les cycles principaux et identifier
- Et identifier les zones de risques.

La prise de connaissance préliminaire permet la répartition dans le temps de la


mission d’audit. La répartition adoptée est généralement la suivante :
- Intervention « intérimaire » (c'est-à-dire réalisée en dehors d’une période
d’arrêté comptable) visant à opérer un diagnostic sur la qualité du contrôle
interne existant au sein de l’entreprise :
- Préparation de divers travaux de contrôle des comptes.
- Contrôle de l’inventaire permanent.
- Intervention finale visant à l’examen des comptes annuels.
- Revue des événements postérieurs la clôture et émission du rapport
d’audit.

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La prise de connaissance de l’entreprise par le réviseur sera plus ou moins


approfondie selon que la mission qui lui est dévoué (audit, examen limité,
opération contractuellement définie) et le niveau du risque estimé.
Elle lui permet de mieux comprendre les événements pouvant avoir une
incidence significative sur les comptes, et de tenir compte de ces éléments dans la
planification de sa mission.

L’acquisition de la connaissance générale de l’entreprise doit être préalable aux


autres phases de la mission, puisqu’elle conditionne leur bonne exécution. Elle
commencera le plus tôt possible, parfois avant même l’acceptation de la mission.
Compte tenu de la masse d’informations à obtenir et à maîtriser, cette étape de la
démarche sera particulièrement importante la première année de la mission.

B) l’évaluation du contrôle interne


L’auditeur financier doit pouvoir s’appuyer sur la qualité de l’organisation de
l’entreprise qu’il est amené à contrôler.
La démarche de l’auditeur est donc de prendre connaissance des procédures
appliquées par l’entreprise, d’opérer un diagnostic sur ces procédures, de
déterminer ainsi dans quelle mesure il peut s’appuyer sur la qualité de ces
procédures ou, au contraire, mettre en œuvre des contrôles plus approfondis, s’il
estime que les procédures de contrôle interne de l’entreprise présentent des
faiblesses importantes.

L’examen des procédures de contrôle interne s’effectue par étapes successives.


Tout d’abord, l’auditeur à réalisé un choix motivé parmi les cycles de l’entreprise
pour déterminer ceux qu’il examinera de manière prioritaire et approfondie. Ce
choix a été effectué lors de son approche préliminaire et les critères sont
explicités dans la note de synthèse visant à la préparation de sa mission.

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Sur les cycles qu’il a choisi d’examiner, la démarche d’évaluation des procédures
est la suivante :
- Prise de connaissance des procédures de manière détaillée.
- Evaluation de ces procédures en termes de forces et de faiblesses.
- Réalisation de vérifications, par sondages, de la correcte application de ce qui a
été identifié comme points forts es procédures (sondages de conformité) ;
- Evaluation générale des systèmes examinés (incidence possible des faiblesses
relevées lors de la description ou des dysfonctionnements des procédures par
rapport à leur description théorique).
- Mesure des conséquences de cette évaluation sur l’étendue des travaux à
réaliser lors de la phase d’intervention finale et sur l’opinion.

C) le contrôle des comptes :

Compte tenu de ses conclusions sur le contrôle interne, de l’examen préalable de


certaines opérations de nature exceptionnelle de l’exercice et de ses observations
relevées au cours de l’inventaire physique l’auditeur est en mesure de procéder à
un contrôle des comptes annuels sur lesquels porte son rapport de certification en
définissant ave précision un programme de travail adapté.

Ce contrôle se déroule quand l’entreprise est en mesure de fournir des états


financiers ou des balances comptables suffisamment proches des comptes
définitifs. Il consiste à la fois en un examen e cohérence globale (examen
analytique) et en un examen de détail (cote par compte et revue de l’annexe).

L’examen d’ensemble des comptes annuels a pour objectif de vérifier :


que ceux-ci :
- sont cohérents, compte tenu de la connaissance générale de l’entreprise, de
son secteur d’activité et du contexte économique.

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- concordent avec les données de la comptabilité.


- sont présents selon les principes comptables et la réglementation en
vigueur.
- tiennent compte des événements postérieurs à la date de clôture.
que toute l’information nécessaire est présentée de façon à ce que
l’utilisateur des comptes annuels ne puisse être trompé.
L’examen de l’annexe, partie intégrante des comptes annuels, relève de ce
contrôle.

D) Revue des événements postérieurs à la clôture et émission du rapport


d’audit :

Entre la date de fin des travaux d’audit et la date démission du rapport sur les
comtes annuels peuvent se produire des événements susceptibles d’avoir une
importance significative sur les comtes annuels qui viennent d’être examinés par
l’auditeur, mais sur lesquels il n’a pas encore exprimé officiellement son opinion.

Ces événements peuvent être de nature très diverse : dépôt de bilan d’un client
sur lequel l’entreprise détenait à la fin de l’exercice une créance importante dont
les chances de recouvrement sont désormais faibles, dégradation soudaine de la
situation financière de la société mettant en cause la continuité d’exploitation,
etc…

L’auditeur financier veille à prendre connaissance de tout événement qui pourrait


remettre en cause les comptes annuels ou l’opinion qu’il s’apprêtait à donner sur
ceux-ci, par tous les moyens appropriés : entretiens avec la direction générale,
examen de l’évolution de l’activité de l’exercice suivant, etc…

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CHAPITRE II: GENERALITES SUR L’EVALUATION DES STOCKS

Section 1 : Définition des stocks

Le PCGE définit les stocks comme étant l’ensemble des biens ou des services qui
alimentent le cycle d’exploitation de l’entreprise, et qui sont destinés:
• soit à être revendus en l’état ;
• soit à être intégrés dans le processus de fabrication de l'entreprise pour
obtenir des produits finis ;
• soit à être consommés lors de leur utilisation.

Les stocks comprennent les marchandises, matières ou fournitures, produits


intermédiaires, produits résiduels, produits finis, produits en cours et les
emballages, qui sont la propriété de l’entreprise.
Légalement, l'entreprise a l'obligation d'établir annuellement un inventaire
exhaustif des éléments actifs et passifs de son patrimoine, et procéder ainsi au
recensement physique et à l'évaluation des biens et services figurant dans son
stock.
Cet inventaire physique doit respecter les règles de base suivantes:

A) Seuls les biens dont l'entreprise est propriétaire font partie de ses stocks

Les stocks comprennent donc :


1. les éléments recensés dans tous les magasins, ateliers, dépôts et autres aires
de stockage, y compris les biens reçus en stock mais dont les factures ne sont
pas encore parvenues.

Par contre, ne font pas partie des stocks, les éléments séjournant toujours en
magasin, mais qui ont déjà été vendus aux clients, qu'ils soient facturés ou

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non encore facturés (cas des commandes spécifiques achevées, non encore
livrées aux clients).

2. les produits en cours de voyage dont l'entreprise est déjà propriétaire, ainsi
que ceux détenus chez les fournisseurs, mais déjà acquis par l'entreprise, au
terme d'un achat ferme qui lui en a transféré la propriété.

3. les biens dont l'entreprise est propriétaire mais qui sont détenus
physiquement chez les tiers (emballages prêtés ou consignés, objets en
démonstration,..).

B) Tous les biens destinés à être consommés au premier usage, ou


revendus en l'état ou après transformation sont considérés comme stock.

Les biens sont affectés aux immobilisations ou classés en stock en fonction des
critères qui distinguent les deux catégories (éléments destinés à servir de façon
durable à l’activité de l’entreprise, pour les immobilisations ; éléments qui sont
destinés à entrer dans le cycle de production ou de vente, pour les stocks).

Ainsi sont notamment à inclure dans les stocks :


• les immeubles, terrains, fonds de commerce pour les entreprises ayant la
qualité de marchands de biens,
• les immeubles et terrains pour les promoteurs,
• les valeurs mobilières pour les entreprises faisant commerce de titres,
• les matières de démonstration dont la durée d’utilisation ne dépasse pas un
exercice.

Les biens initialement compris dans le stock, avant leur éventuel transfert en
immobilisations, doivent répondre aux conditions d’immobilisation.

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C) Par contre, ne sont pas compris dans les stocks, mais en


immobilisations :

• les pièces de rechange qui ne peuvent être affectées que pour l'entretien et
la réparation de matériels spécifiques, sans aucune autre utilisation
possible, doivent être rattachées aux immobilisations auxquelles elles sont
destinées, et être amorties selon la même durée de vie.

• les emballages récupérables dont la durée prévisible d'utilisation dépasse


un an à leur entrée en patrimoine, bien qu'ils ne soient pas commodément
identifiables.

Section 2 : Méthodes d’évaluation de stocks

A- EVALUATION DES STOCKS SELON LES NORMES MAROCAINES :

L’évaluation des mouvements internes des stocks pose des difficultés


particulières puisque celle-ci résulte d’un choix de procédés et non d’une règle
précise de valorisation.
Sur le plan financier, les stocks représente à la fois une richesse pour l’entreprise
(source de profit) et un coût (immobilisation de capitaux et frais de gestion), le
tout devant être géré dans un environnement aléatoire (risque de mévente, de
détérioration, mais aussi sécurité des approvisionnements, erc).

Au plan comptable, l’évaluation des stocks est capitale dans le calcul du résultat
et par voie de conséquence de l’impôt de l’exercice.
Le problème des stocks est donc à la fois délicat et stratégique pour l’entreprise.

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I. Valeur D'entrée : cas général

Conformément aux méthodes d'évaluation, les stocks sont enregistrés :


- à leur coût d'acquisition pour les biens acquis à titre onéreux ;
- à leur coût de production pour les biens produits par l' entreprise.
Un stock n'est jamais évalué au coût de revient car celui-ci est déterminé au stade
final (après distribution).
Ces coûts sont déterminés :
- lorsque leur composition est élémentaire, directement à partir des documents de
base (factures, ...) pour les coûts d'acquisition notamment ;
- lorsque leur composition est complexe, à l’aide de la comptabilité analytique
pour les coûts de production notamment, ou à défaut, à partir de méthodes, et de
calculs permettant une approximation satisfaisante.

Ils sont calculés :


- article par article, objet par objet, unité par unité en ce qui concerne les biens
identifiables et individualisés ;
- par catégorie homogène en ce qui concerne les biens interchangeables et non
individualisés dans le système comptable.

1) Le coût d'acquisition des biens en stock est leur coût réel d'achat formé :

a) du prix d'achat facturé :

- augmenté des droits de douane et autres impôts et taxes non récupérables ;


- diminué des taxes légalement récupérables, telle la TVA "déductible" ainsi que
des réductions commerciales obtenues (rabais, remises, ristournes) dès lors que
ces réductions commerciales peuvent être rattachées à chaque catégorie d'achat et
qu'elles sont significatives.

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Les réductions de caractère financier (escomptes de règlement obtenus) ne sont


pas déduites du prix d'achat, mais inscrites dans les produits financiers ;

b) des charges accessoires d'achat engagées jusqu'à l' entrée en "magasin" de


stockage, il s'agit essentiellement des charges directes sur achats et
approvisionnements ; toutefois, l' entreprise peut inclure dans le coût
d'acquisition la fraction des charges indirectes susceptibles d'être
raisonnablement rattachée à l' opération d'achat et d'approvisionnement.

Ces charges accessoires d'achat consistent en coûts externes ou internes, tels que :
- transport ;
- frais de transit ;
- commissions et courtages ;
- frais de réception des marchandises, matières ou fournitures (déchargement,
manutention ...) ;
- assurances transport ....;
à l' exclusion des taxes légalement récupérables.

Les frais généraux d'approvisionnement et les frais de stockage ne sont pas


compris dans le coût d'acquisition sauf conditions spécifiques de l' exploitation à
indiquer dans l' ETIC (A1).
Les pertes et gaspillages accidentels ainsi que les charges financières sont exclus
du coût d'acquisition. Toutefois, dans le cas exceptionnel d'un cycle
d'approvisionnement supérieur à un an, les frais financiers spécifiques se
rapportant à ce cycle peuvent être inclus dans le coût d'acquisition avec mention
expresse dans l' ETIC (A1).

En cas de sous activité notable observée au niveau charges fixes unitaires


résultant de cette sous activité doit être exclue du coût d'acquisition.

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2) Le coût de production des biens, ou des services en stock est formé de la


somme :

- des coûts d'acquisition des matières et fournitures utilisées pour la production


de l’élément ;
- des charges directes de production telles les charges de personnel, les services
extérieurs, les amortissements ...;
- des charges indirectes de production dans la mesure où il est possible de les
rattacher raisonnablement à la production de l’élément qui ont été engagés pour
amener les produits à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent.

Toutefois, ce coût de production, réel et complet, ne comprend pas, sauf


conditions spécifiques de l’activité à justifier dans l' ETIC (A1) :
- les frais d'administration générale de l’entreprise ;
- les frais de stockage des produits ;
- les frais de recherche et développement ;
- les charges financières.

Néanmoins, les charges financières relatives à des dettes contractées pour le


financement spécifique de production dont le cycle normal d'élaboration est
supérieur à douze mois peuvent être incluses dans le coût de production.

Sont également exclus du coût de production :


- les pertes et gaspillages accidentels ou exceptionnels ;
- la quote-part supplémentaire de charges fixes unitaires résultant d'une sous
activité caractérisée de l' entreprise par rapport à une capacité normale de
production préétablie en fonction des caractéristiques techniques de l' équipement
et économiques de l' entreprise.

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AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Quant au charges de distribution, elles ne sauraient en aucun cas être portées dans
les coûts de production.

II. valeur d'entrée : cas particuliers

1. Stocks acquis par voie d'échange


La valeur d'entrée du bien acquis est en principe égale à la valeur actuelle du bien
cédé, toutefois, si cette valeur actuelle n'est pas significativement différente de la
valeur comptable nette du bien cédé, cette dernière est retenue comme valeur
d'entrée du bien acquis.

2. Stocks acquis à titre gratuit


La valeur d'entrée est égale à la valeur actuelle, "valeur estimée", à la date de l'
entrée, en fonction du marché et de l' utilité économique du bien pour l'
entreprise".
3. Stocks acquis à titre d'apport
La valeur d'entrée est égale au montant stipulé dans l' acte d'apport.

4. Paiement à terme
La valeur d'entrée des biens, déterminée selon les dispositions précédentes et
fondée sur le prix convenu, est indépendante :
- des modalités futures de règlement, en cas de paiement différé ;
- des variations de l' index retenu, en cas de règlements indexés.

5. Stocks acquis conjointement ou produits conjointement


La valeur d'entrée de ces biens est déterminée, à partir de leur coût global d'achat
ou de production, proportionnellement à la valeur relative qui peut être attachée à
chacun de ces biens dès qu'ils peuvent être individualisés.

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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

6. Produits résiduels
Les produits résiduels, tels les déchets et rebuts, pour lesquels il n'a pu être
calculé un coût de production, sont à inscrire en stock pour leur valeur probable
de réalisation (cours du marché s'il en existe un) sous déduction des charges de
distribution à engager.
7. Cas exceptionnels
Dans les cas exceptionnels où il n'est pas possible de calculer le coût d'achat ou le
coût de production, en raison notamment de contraintes ou de dépenses
excessives au niveau de l’organisation ou du calcul des coûts, la valeur d'entrée
est déterminée :
- comme égale au coût d'achat ou au coût de production dans l' entreprise de
biens équivalents constaté ou estimé à une date aussi proche que possible de la
date d'entrée ;
- à défaut, comme égale au prix de vent estimé à la date du bilan sous déduction
d'une marge normale sur coût d'acquisition ou sur coût de production.

Mention doit être faite dans l' ETIC (A1) de la justification de l' emploi de cette
méthode.

III. Valeur d'entrée : stocks de biens interchangeables

Pour les articles, objets ou catégorises individualisés, et identifiables, le coût


d'entrée est déterminé par article, objet ou catégorie.

En revanche, pour les articles ou objets interchangeables, et non identifiés par


unité après leur entrée en stock, le coût d'entrée du stock observé à une date
quelconque, et notamment à l' inventaire, est obtenu par calcul selon l' une des
deux méthodes suivantes :
- Méthode du coût moyen pondéré, qui comporte deux variantes :

JUIN 2005 - 26 -
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. Méthode du coût moyen pondéré après chaque entrée ;


. Méthode du coût moyen pondéré de "période de stockage",
- Méthode du "premier entré, premier sorti" dite FIFO (1) ( en anglais first in first
out )

1) Méthode du coût moyen pondéré

a) Coût moyen pondéré après chaque entrée


Le coût d'entrée du stock à une date considérée est égal au coût du stock au début
de l’exercice, assimilé à une entrée :
- majoré du coût d'entrée des achats ou des productions depuis le début de
l’exercice ;
- diminué du coût des "sorties" (pour ventes ou consommations) depuis le début
de l’exercice.

Le coût unitaire de sortie est égal au quotient des valeurs entrées par les quantités
entrées.
Ce calcul est opéré à chaque nouvelle entrée ; le coût unitaire ainsi déterminé
étant utilisé pour valoriser les sorties jusqu'à l’entrée suivante.

Le coût unitaire d'entrée du stock final, à l’inventaire, est ainsi celui qui a été
obtenu après la dernière entrée, à l’aide des calculs précédents. Dans le cas
particulier d'un stock nul observé à la date de la dernière entrée, le coût moyen
pondéré est égal au coût unitaire de cette dernière entrée.

b) Coût moyen pondéré de " période de stockage "

Le coût unitaire d'entrée du stock à la date de l’inventaire est égal à la moyenne


des derniers coûts unitaires d'entrée observée sur la " durée moyenne

JUIN 2005 - 27 -
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d'écoulement " dudit stock ; cette moyenne des derniers coûts étant pondérée par
les quantités entrées

2. Méthode du " premier entré ; premier sorti " (FIFO) (en anglais first in first
out)

Dans cette méthode, il est présumé que le premier article sorti est le premier entré
; toute sortie est en conséquence valorisée au coût d'entrée le plus ancien ; dès
lors, le stock final est évalué aux coûts d'entrée les plus récents, les quantités
étant regroupées par " lots " homogènes quant à leur date d'entrée et à leur valeur.
3. Autres méthodes
D'autres méthodes peuvent être retenues dans la gestion des stocks de l'
entreprise :
- méthode du " dernier entré ; premier sorti "(dite LIFO) ( en anglais last in last
out )
- méthode de la " valeur de remplacement ", appelée parfois " NIFO " (en anglais
next in next out )
- méthode des coûts approchés, des coûts standards ...
Ces méthodes ne sont pas acceptées pour l’élaboration des états de synthèse ; leur
utilisation en gestion et en comptabilité analytique implique donc des
" retraitements " pour la valorisation des stocks devant figurer au bilan.

IV. Valeur actuelle à la date d'inventaire

Il convient de déterminer, à la date de l’inventaire, la valeur actuelle des éléments


en stock :
- article par article, objet par objet, catégorie par catégorie (homogène) pour les
biens identifiables ;
- catégorie par catégorie pour les biens interchangeables.

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La valeur actuelle des biens en stock est, conformément aux méthodes


d'évaluation, déterminée à partir du marché et de l’utilité du bien pour
l’entreprise :
- La référence au marché s'effectue à partir des informations les mieux adaptées à
la nature du bien (prix du marché, barèmes, mercuriales ...) et en utilisant des
techniques adéquates (indices spécifiques, décotes, etc ...)
- L’utilité du bien pour l' entreprise est normalement appréciée dans le cadre
d'une continuité de l' exploitation ; s'il n'en était pas ainsi pour certains biens,
voire pour la totalité, il y aurait lieu de changer de méthode d'évaluation avec
mention dans l' ETIC (A2 et A3).
Pour les matières premières et les fournitures, la référence au marché correspond
le plus souvent au prix actuel d'achat, majoré des charges actuelles accessoires
d'achat.

Pour les produits finis et les marchandises (reventes en l' état), la référence au
marché correspond généralement à leur prix de vente probable, diminué du total
des charges restant à engager pour réaliser la vente (charges de distribution y
compris charges postérieures à la vente telles celles relatives au coût des
garanties ...).

Pour les produits en-cours, leur prix de vente probable (à l' état de produit fini)
doit être diminué des charges de distribution mais aussi des coûts de production
restant à engager (coût d'achèvement).

Le prix de vente probable doit tenir compte, dans le respect du principe de


prudence, des perspectives de vente et notamment :
- du " prix du marché " s'il en existe un à son niveau actuel (date de l' inventaire)
ou futur (en cas d'évolution à la baisse) ;

JUIN 2005 - 29 -
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- des particularités des produits ou marchandises en stock et notamment de leur


inadaptation aux conditions nouvelles du marché (cas des articles démodés ou
obsolètes ...) ou de leur état (articles défraîchis ou abîmés ...).

Dans le cas de non continuité totale ou partielle d'exploitation auquel on peut


assimiler le cas de cession anticipée ou forcée du bien, il y a lieu de retenir
comme valeur actuelle le prix probable de cession dans les conditions prévues de
cette cession (liquidation plus ou moins rapide) et sous déduction des charges à
engager pour réaliser cette cession.

Il doit être fait mention dans l' ETIC (A2 et A3) de cet abandon total ou partiel
" de la continuité d'exploitation.

V. valeur au bilan (valeur comptable nette)

1. Cas général

En application du principe de prudence est retenue comme valeur comptable


nette, dans le bilan la valeur d'entrée ou si elle lui est inférieure la valeur actuelle.

Si la valeur actuelle est inférieure à la valeur d'entrée, il est appliqué à cette


dernière une correction en diminution sous forme d'une " provision pour
dépréciation " ; le bilan devant toujours faire apparaître distinctement les trois
éléments :
- la valeur d'entrée, (maintenue en écritures en tant que valeur brute) ;
- la provision pour dépréciation (en diminution) ;
- la valeur comptable nette (par différence).

2 - Cas particulier des " contrats de vente ferme "

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Lorsque le prix de vente stipulé et considéré comme sûr couvre tout à la fois les
coûts déjà engagés sous forme de produits finis, produits en cours ou matières
premières, fournitures, marchandises et ceux restant à supporter jusqu'à
exécution totale du contrat, le coût d'entrée de ces biens est conservé comme
valeur au bilan sans que soit constatée une provision pour dépréciation.

3 - La provision pour dépréciation des stocks :


Par application du principe de prudence, et conformément aux dispositions du
Code de Commerce et du plan comptable, une provision pour dépréciation doit,
en principe de façon obligatoire, âtre constituée lorsque la valeur d’inventaire
d’un stock est inférieure à sa valeur comptable.
A l’arrêté des comptes, l’entreprise doit comparer le coût d’entrée et la valeur
actuelle (valeur à l’inventaire). Et s’il s’avère que la valeur actuelle est inférieure
à la valeur d’entrée, l’entreprise doit constituer une provision pour dépréciation
car la correction de la valeur du stock s’opère par la constatation d’une provision
sans modification directe de la valeur du stock sur les états financiers.

Lorsque le stock doit être évalué à la valeur actuelle (ou au cours du jour), il est
obligatoire d’isoler la moins-value latente en l’enregistrant dans le compte de
provision.
L’entreprise commettrait une irrégularité en corrigeant directement la valeur dans
le compte de stocks. La valeur historique doit donc être conservée dans le compte
principal.
La prise en compte des perspectives de vente :
Dans certains cas, les perspectives e vente peuvent conduire à une diminution de
a valeur d’inventaire des stocks du fait d’une baisse prévisible du prix de vente,
ou de difficultés d’écoulement.

a) La baisse prévisible du prix de vente ;

JUIN 2005 - 31 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
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Pour les articles dont le prix de vente futur semble pouvoir diminuer par rapport
au prix actuel du marché, comme il est fréquemment le cas des articles de mode
destinés à être bradés au cours de l’exercice suivant, la valeur actuelle est estimée
à partir du prix de vente bradé diminué des frais de distribution.

b) L’existence de difficultés d’écoulement :


Cette hypothèse se pose en présence de produits dépassés, obsolètes ou démodés.
C’est généralement une analyse statistique qui permet d’estimer leur valeur
actuelle à partir de leur valeur d’entrée.

Pour obtenir ces informations, l’entreprise doit disposer d’un système de gestion
de gestion des stocks qui facilitent le suivi de ses articles.
On pourra ainsi classer les éléments du stock par catégories d’âge, en fonction de
leur date d’acquisition, de façon à faciliter l’abattement à pratiquer à l’inventaire.
Cette méthode peut être mise en œuvre par exemple dans des activités de
librairie, des commerces de prêt-à-porter, ou dans un négoce de pièces détachés
destinés aux véhicules de transport.

c) Autres provisions relatives aux stocks :


En plus des dépréciations liées directement à la valeur actuelle des stocks,
l’entreprise peut constater d’autres provisions pour faire face à d’autres risques
rattachables aux fluctuations des prix et des cours de certains éléments
stockables.

c-1) Provision pour fluctuation des cours :


Elle permet d’atténuer les effets des fortes variations de cours des principales
matières premières sur le résultat imposable.

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AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

En effet, l’entreprise risque d’être imposée sur des bénéfices non réalisés lorsque
les stocks comptabilisés subissent de fortes hausses à cause des variations
souvent dues à l spéculation touchant ces denrées.
Les matières premières concernées sont principalement les minerais, les métaux
précieux, le produits pétrolier …., dont les cours sont publiés dans les marchés
mondiaux.
Le mode de calcul de la provision de ces produits est complexe, mais il
personnalisé puisqu’il prend en compte un niveau de stock de base établi pour
chaque matière première concerné, le prix de revient dans l’entreprise et la
variation du cours de la devise pendant la période de facturation.

c-2) Provision pour hausse des prix :


La provision pour hausse des prix peut être constatée pour atténuer l’incident de
l’inflation sur le résultat imposable. Elle peut être constituée pour toute catégorie
d’éléments figurant en stocks et qui ne peut ne faire l’objet d’une provision pour
fluctuation des cours.
Il peut donc être constitué plusieurs provisions pour hausse des cours pour une
même entreprise et dans un même exercice.
Il est à signaler que ces deux provisions constituent des provisions pour risques et
charges.

V- Evaluation des encours de production

Il est presque commode d’évoquer le problème de l’évaluation des stocks dans le


cadre des opérations de fin d’exercice, pour la présentation des comptes annuels,
mais ce problème concerne également les encours de production qui sont
assimilés à des stocks.
es encours de production sont considérés comme des biens ou des services en
cours de réalisation à la date de clôture des comptes, ils se trouvent inachevés et

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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

sont considérés comme des éléments ayant donné lieu à une créance acquise à
rapporter à l’exercice.
Le cours des encours de production est composé :
- des coûts des matières premières consommés et déjà intégrés dans la
fabrication du dit encours.
- des charges engagés à la procédure de ces encours.

La valeur des encours est déterminée à parti des charges directes et indirectes
engagés à leur réalisation. Le montant à leur affecter est à déterminer en fonction
des données techniques enregistrées par la comptabilité analytique ; quantité des
matières incorporées, nombre d’heures de main d’œuvre et nombre d’unités
d’œuvre absorbées.

Il est parfois difficile d’évaluer correctement les encours de production, devant


l’impossibilité d’évaluation réelle l’entreprise se prête à une évaluation théorique
qui ne fait qu’approcher à l valeur de l’encours.

Les encours de production présentent très souvent des difficultés d’évaluation,


malgré ces difficultés l’entreprise doit tout de même les valoriser et les intégrer
dans ses états financiers annuels, en respect du principe d’indépendance des
exercices.
Les charges engagées pour le commencement de leur fabrication doivent être
neutralisées par la constatation de l’encours final pour une meilleure évaluation
du résultat de l’exercice.
La variation des encours de production est donc saisi par le CPC au poste 713 :
Variations des stocks et produits.

JUIN 2005 - 34 -
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AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

B- EVALUATION DES STOCKS SELON LA NORME IAS :

I- Evaluation des stocks :


Les stocks doivent être évalués au plus faible du coût historique et de la valeur
réalisable nette.

1-1 Coût des stocks


Le coût des stocks doit comprendre l’ensemble des coûts d’acquisition, de
transformation et autres coûts engagés pour mettre les stocks à l’endroit et dans
l’état où ils se trouvent.

a- Coût d’acquisition :

Les coût d’acquisition des stocks comprennent le prix d’achat, les droits
d’importation et autres taxe (autres que celles ultérieurement récupérables par
l’entreprise auprès de l’administration fiscale) ainsi que les frais de transport, de
manutention et autres coûts directement imputables à l’acquisition des produits
finis des matières et des services. Les rabais commerciaux, remises et autres
éléments analogues sont déduits pour détermine les coût d’acquisition.

Les coûts d’acquisition peuvent inclure les différences de charge provenant


directement de l’acquisition récente des stocks facturés dans une monnaie
étrangère dans les rares circonstances limitées, provenant d’une grave
dévaluation ou d’une dépréciation de la monnaie contre laquelle il n’existe
aucun moyen pratique de se prémunir et qui affecte des dettes qui ne peuvent être
réglées et qui surviennent à l’occasion de l’acquisition récente des stocks.

c- Coût de transformation

JUIN 2005 - 35 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Les coûts de transformation des stocks comprennent les coûts directement liés
aux unités produites, tels que la main d’œuvre directe. Ils comprennent
également l’imputation systématique des frais généraux de production fixes et
variables qui sont engagés pour transformer les matières premières en produits
finis.
Les frais de production fixes sont les coûts indirects de production qui demeurent
relativement inconstants indépendamment du volume d production, tel que
l’amortissement et l’entretien des bâtiments et de l’équipement industriels et les
frais de gestion et d’administration de l production. Les frais de production
variables sont les frais indirects de production qui varient directement, ou
presque directement, en fonction du volume de production, tels que les matières
premières indirectes et la main d’œuvre indirecte.

L’imputation des frais généraux fixe de production aux coûts de transformation


est basée sur la capacité normale des installations de production.
La capacité normale est la production censée être en moyenne réalisée sur un
certain nombre de périodes et de saisons dans des circonstances normales, en
tenant compte de la perte de capacité résultant de l’entretien planifié. Il est
possible de retenir le niveau réel de production s’il est proche de la capacité de
production normale.

Le montant des frais généraux fixes imputés à chaque unité produite n’est pas
augmenté suite à une baisse de production ou d’une capacité inutilisée.
Les frais généraux non affectés sont constatés en charges de la période au cours
de laquelle ils sont engagés.

Dans les périodes de production anormalement élevée, le montant des frais


généraux fixes imputés à chaque unité produite est déterminé de façon à ce que
les stocks ne soient pas évalués au dessus de leur coût.

JUIN 2005 - 36 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Les frais généraux variables de production sont imputés à chaque unité produite
sur la base de l’utilisation effective des installations de production.
D’un même processus de production peut résulter plusieurs produits. Dans ce
cas, lorsque les coûts de transformation de chaque ne sont pas identifiables
séparément, ils sont répartis entre les produits sur une base rationnelle et
cohérente.
Cette répartition peut être basée par exemple sur a valeur de vente relative de
chaque produit, soit au stade du processus de production où les produits
deviennent identifiables séparément, soit à l’achèvement de la production.

La plupart des sous produits, de par leur nature, sont non significatifs. Lorsque tel
st le cas, ils sont souvent mesurés à la valeur réalisable nette et cette valeur est
déduite du coût du produit principal.
Par conséquent, la valeur comptable du produit principal n’ets pas différente de
façon significative de son coût.

d- Autres coûts

Les autres coûts ne sont inclus dans le coût des stocks que dans la mesure où ils
sont engagés pour amener les stocks à l’endroit où ils se trouvent.
Au nombre des coûts exclus du coût des stocks et constatés en charges de
l’exercice au titre duquel ils sont engagés figurent par exemple :
• Les montants anormaux des de déchets de fabrication, de main d’œuvre
ou d’autres coûts de production.
• Les coûts de stockage, à moins que ces coûts ne soient nécessaires au
processus d production préalablement à une nouvelle étape de
production.
• Les frais généraux administratifs qui ne contribuent pas à mettre les
stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent.

JUIN 2005 - 37 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

• Les frais de commercialisation.


Dans s circonstances limitées, le charge d’emprunt sont inclus dans le coût des
stocks.

e- Méthodes de mesure du coût :

Les méthodes de mesure du coût des stocks, telles que la méthode du coût
standard ou la méthode du prix de détail, peuvent être utilisées pour des raisons
pratiques si ces méthodes donnent des résultats proches du coût.
La méthode du coût standard retient les niveaux normaux de matières premières
et de fournitures de main d’œuvre, d’efficience et d’utilisation de la capacité. Ils
sont régulièrement réexaminés et, le cas échéant, révisés à la lumière des
conditions existants.

La méthode du prix de détail est souvent utilisée dans le secteur de la distribution


au détail pour mesurer les stocks de grandes quantités d’articles à rotation rapide,
qui ont des marges similaires et pour lesquels il est impraticable d’utiliser
d’autres méthodes d’évaluation.
Le coût des stocks est déterminé en déduisant de la valeur de vente des stocks le
pourcentage de marge brute approprié.

Le pourcentage utilisé prend en considération les stocks qui ont été démarqués en
dessous de leur prix de vente initial. Un pourcentage moyen pour chaque rayon
est souvent appliqué.

f- Formules de coût :
Le coût des stocks des éléments qui ne sont pas ordinairement fongibles et des
produits fabriqués et services affectés à des projets spécifiques doit être imputé
en procédant à une identification spécifique de leurs coûts individuels.

JUIN 2005 - 38 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Le coût des stocks autres que ceux traités au paragraphe plus haut doit être
déterminé en utilisant la formule FIFO (First In First Out) ou la formule du coût
moyen pondéré.
Il est à signaler que l’utilisation de la méthode LIFO (Last In First Out) est
également autorisée.

II- Valeur réalisable nette :

Le coût des stocks peut ne pas être récupérable si es stocks ont été endommagés,
s’ils sont devenus complètement ou partiellement obsolètes ou si leur prix de
vente a subi une baisse.
Le coût de revient des stocks peut également ne pas être récupérable si les coûts
d’achèvement estimés à consentir pour réaliser la vente ont augmenté.

La pratique consistant à déprécier les stocks au dessus du coût pour les évaluer à
la valeur réalisable nette st cohérente avec le principe suivant lequel les actifs ne
doivent pas figurer pour un montant supérieur au montant censé être réalisé par
leur vente ou leur utilisation.

La dépréciation des stocks à la valeur réalisable nette s’effectue habituellement


séparément pour chaque article.. Dans certains cas, toutefois, il peut être
approprié de regrouper les éléments analogues ou ayant un rapport entre eux.
Ce peut être le cas des éléments des stocks ayant rait à la même ligne de produits
et commercialisés dans la même zone géographique et qui pratiquement ne
peuvent être évalués séparément des autres éléments de cette ligne de produits.
Il n’est pas approprié de pratiquer une dépréciation des stocks pour une catégorie
de ceux-ci, par exemple, les produits finis, ou pour la totalité des stocks d’un
secteur d’activité ou d’un secteur géographique.

JUIN 2005 - 39 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Les prestations de services procèdent en général à l’accumulation des coûts par


rapport à chaque service donnant lieu à l fabrication d’un prix de vente distinct.
Les estimations de la valeur réalisable nette sont basées sur les éléments probants
les plus faibles disponibles en ce qui concerne la valeur probable de réalisation
des stocks à l date des estimations.

Ces estimations tiennent compte des fluctuations du prix ou du coût ayant


directement trait aux événements survenant après la fin de l’exercice dans la
mesure où de tels événements confirment les conditions existant à la fin de
l’exercice.
Les estimations de la valeur réalisable nette des prenne également en
considération le but dans lequel ces stocks sont détenus.
Les matières premières et fournitures détenues pour être utilisées dans la
production des stocks ne sont pas évaluées en dessous du coût si les produits finis
dans lesquels elles sont incorporées semblent devoir être vendus au coût ou en
dessous de celui-ci.

Cependant, lorsqu’une baisse des prix des matières premières indique que le coût
des produits finis sera supérieur à la valeur réalisable nette, les matières
premières sont ramenées à la valeur réalisable nette.

Une nouvelle évaluation de la valeur réalisable nette est effectuée lors de chaque
nouvel exercice.

Lorsque les circonstances justifiant l’évaluation des stocks en dessous du coût


n’existent plus, l montant de la diminution doit être contre passée de sorte que la
nouvelle valeur comptable soit la valeur la plus faible entre le coût et la valeur
réalisable nette révisée.

JUIN 2005 - 40 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Tel est le cas par exemple lorsqu’un élément des stocks qui est comptabilisé la
valeur réalisable nette parce que son prix de vente a baissé est encore disponible
lors d’un exercice ultérieur et que son prix a augmenté.

III- Constatation en charges :

Lorsque les stocks sont vendus, leur valeur comptable dit être constatée en
charges de l’exercice au titre duquel le produit est constaté.

Le montant de toute dépréciation des stocks à la valeur réalisable nette et toutes


les pertes de stocks doivent être constatées en charges de l’exercice au titre
duquel la dépréciation ou la perte se produit.
Le montant de toute reprise d’une dépréciation des stocks résultant d’une
augmentation de la valeur réalisable nette doit être comptabilisée comme une
réduction du montant des stocks constaté en charge de l’exercice au cours duquel
a reprise a été faite.
Le processus de constatation en charges de la valeur comptable des stocks aboutit
à rattacher les produits et les charges.

Certains éléments de stocks peuvent être affectés à d’autres comptes d’actifs, par
exemple, les stocks utilisés comme éléments des immobilisations corporelles
produites par l’entreprise pour elle-même.
Les stocks affectés à un autre élément d’actif suivant cette modalité sont
constatés en charges au cours de la durée de vie de cet actif.

Informations à fournir :

Les états financiers doivent mentionner :

JUIN 2005 - 41 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

• Les méthodes comptables adoptées pour mesurer les stocks, y compris la


formule du coût utilisé.
• La valeur comptable totale des stocks et la valeur comptable par
catégories adaptées à l’entreprise.
• La valeur comptable des stocks ramenés à la valeur réalisable nette.
• Le montant de toute reprise pour dépréciation qui est constatée en produit.
• Les circonstances ou événements ayant conduit à la reprise de la
dépréciation des stocks.
• La valeur comptable des stocks donnés en nantissement des dettes.
• Lorsque le coût des stocks est déterminé en utilisant la méthode LIFO, les
états financiers doivent mentionner la différence entre le montant des
stocks au bilan et soit :
- la valeur la plus faible du montant obtenu.
- La valeur la plus faible de la valeur actuelle figurant au bilan et de
la valeur réalisable nette.
• Les états financiers doivent mentionner soit :
- le coût des stocks constatés en charges au cours de l’exercice.
- Les frais d’exploitation applicables aux revenus, constatés en
charges au cours de l’exercice, classés d’après leur nature.
B- COMPARAISON DES NORMES IAS/ NORME CGNC :

1/ Le coût d’entrée :

IASC CGNC
- Le coût des stocks englobant - Même traitement que celui adopté dans
l’ensemble des coûts d’acquisition, coûts la norme IASC à l’exception des
de transformation outre les autres coûts charges financières et des frais de
engagés pour amener les stocks dans recherche et développement, lesquels ne
l’état et l’endroit où ils se trouvent. figurent imputés dans le coût de

JUIN 2005 - 42 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

production.
- Les frais généraux fixes de production
imputés au coût de revient sur la base de
la capacité normale.

- Les frais généraux administratifs, les


coûts supportés pour concevoir des
produits ainsi que l’amortissement des
frais de recherche et de développement.

- Les coûts de stockage, les frais


généraux administratifs non liés à la
production.

- Les frais financiers directement


rattachables à la production à la
production d’un actif identifié.

2/ Evaluation des stocks :

IASC CGNC

Biens identifiables : Biens identifiables :


Le coût de revient des biens Même principe que l’IASC .
identifiables doit être déterminé La notion de coût d’acquisition ou de
spécifiquement sur la base des coûts production se substitue à celle de prix
individuels. de revient.

Biens fongibles : Biens fongibles :

JUIN 2005 - 43 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

- Méthode de référence : application Les méthodes préconisées sont le FIFO


des formules FIFO ou du coût moyen ou le coût moyen pondéré.
pondéré.
- Méthode alternative : application de
la formule LIFO, elle st soumise à
des conditions d’informations
spécifiques.

3/ Inventaire des stocks:

IASC CGNC
- Evaluation à la valeur la plus faible - Même principe que l’IASC.
du coût d’entrée et la valeur réalisable - La valeur actuelle des biens en stock
nette. est déterminée à partir du marché. La
référence au marché correspond à la
- La valeur réalisable nette est le prix valeur réalisable nette.
de vente diminué des coûts estimés
d’achèvement et ceux nécessaires à la
réalisation de la vente.

4/ Provision pour dépréciation :

IASC CGNC
- Une provision pour dépréciation - Même principe que l’IASC.
destinée à ramener les stocks au plus

JUIN 2005 - 44 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

bas entre la valeur comptable et la - Si la valeur actuelle est inférieure à


valeur nette de réalisation doit être la valeur d’entrée, l’entreprise doit
constituée habituellement article par constater une provision pour
article. dépréciation, afin de corriger la valeur
Dans certains cas, il peur être procédé à actuelle
des regroupements d’éléments
analogues. - Celle-ci doit être évaluée avec une
approximation répondant aux
conditions de fond et de forme exigées
par la réglementation.

JUIN 2005 - 45 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHAPITRE III : PRINCIPALES DILIGENCES D’AUDIT DES STOCKS SELON LA


NORME CGNC

Section 1 : Les diligences de l’inventaire physique :

A) L’assistance à l’inventaire physique :

Le moyen le plus sûr de vérifier la véracité et l’existence de certains éléments


d’actif est de se les faire représenter. L‘observation physique des éléments
constitue donc un moyen précieux mis au service du commissaire aux comptes.
Certes cette technique de l’observation physique ne permet pas de confirmer la
valeur des biens ou propriétés e l’entreprise, mais elle permet de les situer et de
las identifier physiquement.

Mais pour en venir à la détermination des quantités réelles détenues par


l’entreprise, celle-ci doit tenir compte de deux critères importants que sont
l’importance relative et le relativité du risque.
L’importance relative est l’appréciation du montant du poste qui va faire l’objet
d’un inventaire physique par rapport au total du bilan et à l’incidence que les
éléments de ce poste peuvent avoir sur le résultat annuel.
Quant à la relativité du risque, elle s’apprécie selon la nature même du poste
d’actif, et selon l’appréciation que le commissaire aux comptes porte sur le poste
considéré. Ainsi, quel que soit l’entreprise, certains postes de l’actif ont une
influence plus importante que d’autres sur la situation de l’entreprise, comme
c’est le cas pour les stocks.

A l’intérieur d’un même poste, certains éléments peuvent se révéler plus


sensibles que d’autres par rapport au risque de détournement ou de vol que ce
soit en raison de leur valeur ou de leur aptitude à être faiblement recyclables.

JUIN 2005 - 46 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

L’appréciation que le contrôleur porte sur le poste en question résulte


directement de l’opinion qu’il se fait de l’entreprise suite à la phase de prise de
connaissance et après l’évaluation du contrôle interne de l’entreprise.

En effet, ces deux étapes sont indispensables avant la prie d’inventaire, car c’est
à travers elles que l’auditeur légal va être informé sur la nature des éléments à
inventorier, leurs particularités et les procédures définies par l’entreprise pour les
recenser.
Sachant que la responsabilité des prises d’inventaire est du ressort de la direction
des entreprises, le rôle du commissaire aux comptes à ce niveau est de s’assurer
que les dirigeants assument cette responsabilité, qu’ils ont mis en place des
procédures de contrôle physique satisfaisantes et que ces procédures sont
appliquées correctement de sorte à ce que les quantités inventoriées à une date
donnée le soient de manière sincère.

Une façon efficace de s’en assurer est d’assister aux recensements effectués par
l’entreprise. Mais dans le cadre de sa mission, cette assistance est elle une
recommandation qui lui est adressée dans le but de simplifier son travail ou
constitue-t-elle une obligation qu’il est tenu de remplir ?

Au Maroc, la responsabilité des prises d’inventaire est du ressort de l’entreprise


contrôlée. Selon la loi 9-88 portant sur les obligations des commerçants, chaque
entreprise est tenue de faire l’inventaire physique de ses stocks au moins une fois
par an, à la fin de chaque exercice.
Dans ce sens, le commissaire aux comptes doit obtenir, avant l’inventaire, une
description des procédures d’inventaire prévues pour l’exercice en cours. Si ces
instructions ne sont pas écrites, il est nécessaire de vérifier la pratique existante et
d’en faire une description écrite suffisante.

JUIN 2005 - 47 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

En fonction de sa connaissance de l’entreprise (acquise lors de la phase de prise


de connaissance), et ce s’aidant d’un questionnaire d’inventaire physique, le
commissaire aux comptes évalue la fiabilité des procédures prévues afin de
s’assurer qu’elles sont suffisantes pour que la saisie des quantités soit faite avec
toute la sécurité voulue.

Il est donc important que l’appréciation des procédures d’inventaire intervienne


quelque temps avant la prise d’inventaire. Pendant les travaux, l’auditeur doit
assister à la prise d’inventaire pour s’assurer que les procédures sont
correctement appliquées. Sa présence est souhaitée au moins au début des
travaux, afin qu’il puisse contrôler que les instructions sont bien comprises par le
personnel, et à la fin des travaux pour procéder aux sondages sur les quantités
déjà comptées, vérifier que tous les stocks sont comptés et seulement une fois et
enfin, relever les informations nécessaires au contrôle final.

A ce stade, le dossier du commissaire aux comptes doit comporter tous les


éléments probants qui devraient lui permettre de se prononcer sur l’état des
stocks, ces éléments sont :
Les procédures de saisie de la société.
Les feuilles du commissaire aux comptes.
Les questionnaires d’inventaire physique complétés pour la
partie »avant » et la partie « pendant ».
Les copies des fiches ou tickets de comptage.
La feuille de synthèse qui comporte les éléments de recommandation au
client et les premières conclusions du commissaire aux comptes sur
l’inventaire physique.

JUIN 2005 - 48 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

A la fin de la prise d’inventaire, le commissaire aux comptes doit s’assurer que


les résultats du comptage ont correctement été utilisés pour établir l’état des
stocks servant de base à la valorisation. Ce contrôle s’effectue comme suit :
• Il vérifie la centralisation des fiches de comptage.
• Il rapproche les sondages qu’il a effectués avec l’état des stocks.
• Il effectue des comparaisons avec les fiches de stocks résultant de
l’inventaire permanent, s’il est pratiqué, puis il évalue et demande les
explications des écarts significatifs.
• Il vérifie le respect de la séparation des exercices à partir des éléments
relevés lors de l’inventaire.
• Il contrôle la confirmation des stocks détenus par des tiers.

Si tous ces travaux démontrent la fiabilité des quantités stockées, le commissaire


aux comptes peut alors procéder au contrôle de la valorisation.
Ainsi, et dans la mesure où le commissaire aux comptes doit être le garant du
respect des normes et des procédures d’inventaires, d’autant plus qu’il doit
rassembler tous les éléments probants qui sont à la base de l’opinion qu’il va
exprimer au sujet de l’état des stocks, il parait irréfutable que la présence de
celui-ci au cours de la prise d’inventaire des stocks soit indispensable.

B) L’importance de l’inventaire physique des stocks :


Le commissaire aux comptes doit s’assurer que conformément aux exigences
légales, un inventaire des stocks est dressé.
Cet inventaire doit être justifié par des documents, regroupés dans le livre
d’inventaire, qui attestent qu’un recensement des existants en quantité et en
qualité a été effectué.
Lorsque le commissaire aux comptes assiste à l’inventaire physique des stocks,
en fin d’exercice, sous l’hypothèse que l société auditée effectue un inventaire
permanent, il a la possibilité :

JUIN 2005 - 49 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

De s’assurer que les fiches de stocks résultant de l’inventaire permanent


comportent tous les mouvements. Il peut vérifier les entrées et les sorties
avec bons correspondants et inversement.
De comparer les quantités qui figurent à l’inventaire avec celles des fiches
de stocks.
De s’assurer de la concordance des totaux avec le compte global
d’inventaire.
Dns le cas où l’inventaire est établi par récapitulation de fiches
numérotées qui sont rattachées à chaque lot de marchandises et qui sont
obtenues par département :
- De surveiller l’obtention des fiches dans les départements
sélectionnés.
- De vérifier que toutes les fiches ont été enregistrées dans
l’inventaire, sauf celles qui ont été annulées ou utilisées.
De s’assurer que les procédures mises en place sont correctement
appliquées.
D’effectuer quelques tests pour s’assurer de la qualité des comptages en
faisant recompter en sa présence des lots inventoriés.
De s’intéresser aux problèmes de chevauchement.

Ainsi, après la prise d’inventaire en présence du commissaire aux comptes, celui-


ci doit avoir certainement former une opinion sur la véracité de l’existence des
éléments de stocks détenus par l’entreprise. A ce stade de la mission, il a effectué
une partie importante du travail qu’il doit accomplir en ce qui concerne le
contrôle des stocks, il ne lui este plus qu’à contrôler les écritures comptables et à
effectuer un rapprochement entre les éléments comptables et extra-comptables,
en sachant que sa référence est le résultat de l’inventaire physique.

JUIN 2005 - 50 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Section 2 : Valorisation des stocks et autres procédures :

La valorisation des stocks nécessite de prendre en considération d’une démarche


dont les principales procédures se résument comme suit :

Récapituler les stocks par catégorie et faire une comparaison avec les
exercices précédents. Enquêter sur les changements inattendus.

Prendre connaissance de façon approfondie de la méthode de


valorisation des stocks et s’assurer qu’elle est cohérente avec la politique et
l’activité de l’entreprise, et qu’elle s’inscrit dans le respect du principe de la
permanence de méthodes.

Sur la base de ces informations, apprécier les tests à effectuer pour


valoriser les matières premières, encours et produits finis.

Rapprocher les ventes, les coûts des ventes ainsi que les quantités
livrées de l’exercice en question avec les exercices précédents et s’informer sur
les fluctuations exceptionnelles ou anormales.

Comparer les coûts unitaires des éléments en stock avec ceux des
exercices précédents et enquêter sur les évolutions anormales.

Comparer, par lignes de produits, le coût unitaire moyen constaté


rapporté au coût de vente au cours de l’exercice en question avec celui relevé les
exercices précédents.

Comparer le rapport de la main d’œuvre directe entre d’une part les


frais généraux, et d’autre part les matières premières utilisées dans le processus

JUIN 2005 - 51 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

de production avec les mêmes rapports dans les stocks de clôture. Comparer
également ces éléments avec ceux de l’exercice précédent.

S’assurer que les stocks sont valorisés à la valeur du marché si celle-ci


est inférieure au coût de revient.

JUIN 2005 - 52 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

DEUXIEME PARTIE :

AUDIT DES STOCKS DANS LE


SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU
GPL AU MAROC

JUIN 2005 - 53 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHAPITRE I : ENVIRONNEMENT GENERAL DU SECTEUR DU GPL MAROCAIN :

Section 1 : Présentation générale du secteur pétrolier marocain :

Dans le monde arabe, le Maroc est le plus gros importateur de pétrole, la quasi
totalité de ses besoins en produits pétroliers est satisfaite par le pétrole brut
importé par la SAMIR.

Le pétrole brut importé par la SAMIR provient de divers pays, et principalement


de l’Arabie Saoudite, l’IRAK et les Emirats Arabes Unis.

La SAMIR importe annuellement un peu prés de 5 millions de tonnes de pétrole


brut ce qui représente 67% de nos importations en produits énergétiques.

La production nationale de brut, très négligeable (prés de 1500 tonnes) provient


des gisements de SIDI RHALEM et SIDI IFLI .

Le marché national a connu des changements au niveau de la consommation et la


production.

A- L’offre nationale

A la différence des pays arabes, le Maroc n’avait jusqu'en 1959 qu’une très faible
production de pétrole de l’ordre de 100000 tonnes par an .La recherche et
l’exploitation du pétrole sont restées pendant longtemps l’apanage de la société
chérifienne de pétrole sous le contrôle du cartel pétrolier international.

Devant l’insuffisance de la production nationale, le Maroc avait recours à


l’importation de produits pétroliers finis afin de satisfaire ses besoins en produits
énergétiques.

Ce système, tout en permettant aux sociétés distributrices représentants le cartel

JUIN 2005 - 54 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

de réaliser des bénéfices exorbitants, empêchait le Maroc d’avoir sa propre


industrie pétrolière.

En 1956, le Maroc cherchait à acquérir une indépendance dans le secteur


énergétique en prenant en main le contrôle de ce secteur et en intégrant celui-ci
dans le processus de libéralisation et de développement économique et social de
la nation. C’est dans ce sens que le gouvernement marocain décida de relancer la
recherche pétrolière et de construire une nouvelle raffinerie.

Malgré les activités de recherche du pétrole, les gisements découverts à Essaouira


et Rharb étaient modestes.

Pourtant, La création de la SAMIR a été une étape décisive dans la voie de notre
indépendance énergétique.

Cette nouvelle entité qui était destinée à couvrir la consommation nationale en


produits pétroliers usuels, échappait au contrôle du cartel qui ne maîtrise pas le
marché du pétrole brut. Le ravitaillement en pétrole brut est des plus aisé dans le
cadre du marché OPEP à des prix et à des conditions beaucoup plus avantageux.

C- la consommation du pétrole et des produits pétroliers au Maroc :

Le pays, n'étant pas producteur de pétrole, ses besoins sont satisfaits


principalement par le pétrole brut importé par SAMIR.

Le secteur pétrolier comprend, outre les 2 raffineries, une douzaine de sociétés


distributrices de carburant (SHELL, TOTAL, MOBIL OIL, PETROM,
SOMEPI...). L'approvisionnement de ces compagnies dépend essentiellement de
la SAMIR.

JUIN 2005 - 55 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

A la suite de la croissance de la consommation des produits pétroliers au Maroc


durant les dix dernières années, les quantités de pétrole brut traitées par les deux
raffineries de la SAMIR ont connu une progression annuelle moyenne d'environ
4%, s'établissant à 6,7 millions de T en 1999 contre 5,7 millions de T en 1998
afin de combler la demande du marché national. Cependant, le Maroc ne se
contente pas d’importer le pétrole brut seulement, il importe aussi d’autres
produits pétroliers en l’occurrence le gasoil (10% des importations des produits
énergétiques, l’équivalent de 530431 TM) vue l’insuffisance de la production
nationale puisque le Maroc est un grand consommateur du gasoil.

En effet, Le marché des produits pétroliers au Maroc se caractérise par un


déséquilibre avec un excédent du fuel oïl et un grand déficit en gasoil et en GPL.

La structure de la consommation du Maroc en produits énergétiques se présente


comme suit :

Gazoline: (42.22%)

Fuel : (35.94%)

G.P.L. : (15.36%)

Essences : (6.48%).

Notons que le centre et la région Nord Ouest concentrent la plus grosse part de la
consommation de produits pétroliers.

D- Importations énergétiques

La facture énergétique est très fluctuante en fonction du cours mondial du pétrole


dépendant lui- même de la conjoncture internationale. Ainsi :
Entre 1980 et 1985, la facture énergétique a représenté près de 7% du PIB
à cause de la révolution iranienne et de la guerre entre l'Iran et l'Irak.

JUIN 2005 - 56 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Profitant du contre choc pétrolier entamé en 1986, la facturé a baissé à 4%


du PIB durant la période 1986- 99.
En raison de la flambée des cours mondiaux de pétrole, la facture
énergétique a augmenté à 6% du PIB en 2000.

Au niveau de l'analyse de l'évolution de la structure de la facture énergétique, il


apparaît que le pétrole reste prédominant malgré le recours croissant au charbon.
Les importations de gaz butane ont aussi connu un essor particulier parallèlement
au développement de la consommation. Pour l'année 2000, la facture énergétique
est constituée à hauteur de 69% de pétrole brut, 13% de gaz butane, 8% de gasoil
et fuel, 7% de charbon et 3% d'électricité.

Les principaux fournisseurs du Maroc en pétrole et dérivés sont l'Arabie Saoudite


(22%), l'Irak (21%), l'Iran (20%), la Russie (12%) et l'Algérie (11%).
En 2000, les importations énergétiques ont représenté 18% des importations
totales et ont été couvertes par 28% des exportations. Comme cité auparavant,
l'année 1986 a été marquée par le début du contre choc pétrolier ramenant la part
de la facture énergétique à 13% des importations entre 1986 et 1998 contre une
part moyenne de 27% durant la période 1980- 1985.
Pour l'exercice 2000, le déficit commercial de la balance énergétique s'est établi à
plus de 18 milliards, représentant 43% du déficit commercial total.

E- Réglementation du secteur pétrolier :

Le Ministère de l’énergie et des mines est chargé de la planification et de la


réglementation du secteur de l’énergie.
Comme toute autre industrie, le raffinage est soumis aux textes généraux
réglementant l’activité économique au Maroc.

JUIN 2005 - 57 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Compte tenu de la spécificité de l’industrie pétrolière, la réglementation de cette


activité est représentée par un corpus de lois, décrets, arrêtés et circulaires.

Loi pétrolière:
La loi n° 1-72-255 du Février 1973 telle qu’elle a été modifiée et complétée par
la loi 4/95 du Août 1995 est le texte de base de l’activité pétrolière : la création et
l’extension des raffineries, la reprise en raffinerie des produits pétroliers, la
distribution, les centres empileurs, les dépôts, l’importation, le stockage de
sécurité, …

Fixation des prix et fiscalité sur les produits pétroliers :

L'année 1995 a constitué un point d'inflexion dans la politique fiscale et tarifaire


du secteur énergétique. En effet, à partir de cette date, un nouveau système a été
mis en place dans le cadre du processus de libéralisation du secteur pétrolier. Ce
système a introduit les changements suivants :

• Indexation des prix des produits pétroliers à la sortie des raffineries sur les
cotations internationales de Rotterdam dans l'objectif de leur libéralisation en
2002.
• Répercussion, sur le consommateur, des fluctuations des prix qui interviennent
sur le marché mondial pour toute hausse ou baisse qui dépasse 2,5%. Toutefois,
ce système a été bloqué depuis août 1999 à cause de la flambée du prix du baril
occasionnant, selon la Caisse de Compensation, plus de 6 milliards de dirhams
entre août 1999 et juillet 2001dont 3 milliards de dirhams déboursés par le
Budget de l'Etat.
• Libéralisation des prix des huiles de base, du bitume, de la paraffine et du
propane.
• Franchise totale du pétrole importé des droits de douane et du prélèvement

JUIN 2005 - 58 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

fiscal à I'importation et remplacement des taxes perçues en amont par des taxes
intérieures à la consommation (TIC) désormais calculées sur la base des quantités
consommées en produits raffinés. Ce nouveau système a eu pour impact positif la
stabilisation des recettes de l'Etat.
• Libéralisation de l'importation des produits raffinés tout en maintenant leur
taxation à un niveau qui garantit une protection suffisante aux industries de
raffinage local.

Déprotection de l'industrie de raffinage


A partir de juillet 2002, le système actuel qui garantit la protection de l'industrie
de raffinage évoluera progressivement vers une libéralisation totale prévue en
2009 pour les importations. Ainsi, le démantèlement progressif sur sept ans des
barrières tarifaires confronterait les raffineries à la concurrence directe avec les
importations.

Les marges de raffinage qui sont garanties actuellement à 2,5% deviendraient


libres.
Par conséquent, les raffineries qui bénéficient jusqu'ici là d'une position de
monopole seraient amenées à relever leur compétitivité tout en améliorant la
qualité des produits.

En préparation à l’ouverture du marché, la SAMIR a conclu dernièrement un


partenariat avec la société de distribution SOMEPI pour une meilleure visibilité
de la demande. En amont de la filière, elle cherche à s’impliquer davantage dans
la prospection pétrolière.

E- Nouvelle stratégie pétrolière marocaine


Une nouvelle stratégie pétrolière a été adapté en Mai 2004, en effet, SM le roi

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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Mohammed VI a donné ses directives relatives à la stratégie et aux actions à


entreprendre dans ce domaine afin d'assurer l'approvisionnement du pays dans les
meilleures conditions, et prévenir les risques industriels et écologiques.

Ces actions portent notamment sur la modernisation de l'outil de raffinage du


pays, via d'une part, la mise à niveau des installations existantes en vue
d'améliorer la qualité des produits fabriqués et réduire les émissions nocives. Et
d'autre part, l'alternative de réalisation, dans un autre site, de nouvelles unités en
liaison avec l'évolution des besoins du marché national et du contexte
international. Elles portent également sur le renforcement des capacités de
réception dans différents ports du Royaume pour permettre la diversification des
sources d'approvisionnement et une meilleure répartition régionale de la
distribution, avec l'implantation de nouveaux dépôts de stockage des produits
raffinés et l'augmentation des stocks de sécurité stratégique.

Ainsi, le Comité national des approvisionnements, regroupant le raffineur et les


distributeurs, continuera à assurer, sous l'autorité du département de l'Energie, la
régulation et la programmation des importations de produits pétroliers, en
fonction des niveaux de production nationale qui seront atteints.

Section 2 : Présentation du secteur du GPL au Maroc :

A- Présentation du secteur du GPL au Maroc

Le butane est connu surtout pour son utilisation ménagère, mais il est également
présent dans les différents secteurs d’activité économique, en tant que
combustible (industries chimiques, industries de céramique) qu’en tant que
consommable (activité hôtelière, restauration, secteur hospitalier).

JUIN 2005 - 60 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Quant au propane, il est de plus en plus utilisé dans les secteurs industriels, vu sa
richesse en énergie et l’économie des coûts qu’il permet. L’importance du
produit (et donc du secteur) a poussé l’Etat à veiller en permanence sur
l’encadrement et l’organisation du secteur, tout en protégeant les intérêts du
consommateur et en encourageant les investissements.

La réforme du secteur pétrolier au Maroc est au cœur des débats. Et la


libéralisation de la filière gazière constitue le point le plus problématique de cette
réforme, vu qu’elle est lourde de conséquences économiques et sociales. La
question relative à l’opportunité de libéraliser le secteur gazier, et plus
précisément le butane, est si complexe que le rejet de la libéralisation tarde de
voir le jour.
Les sociétés gazières ont longtemps jugé que le niveau des marges est faible,
alors que les pouvoirs publics s’attellent à concevoir un nouveau panorama
énergétique et pétrolier, caractérisé notamment par la libéralisation des prix de
vente dans la filière gazière sans porter préjudice aux intérêts du consommateur.
Il est vrai que la branche propane a été libéralisée au milieu des années 90, mais
la dimension économique et sociale du butane à la consommation de masse, ne
lui est pas similaire. Il suffit de rappeler que l’Etat subventionne le prix de vente
à pus de 50%. Un désengagement total ou brusque de la Caisse de Compensation
serait néfaste.

Le propane, quant à lui, a une clientèle de plus en plus régulière et large, vu


l’économie de coût qu’il permet. Actuellement, il est utilisé dans différents
secteurs : l’industrie chimique et pétrochimique, l’industrie de céramique,
l’hôtellerie et les hôpitaux.

Si la libéralisation du secteur gazier semble incontournable, il semble que l’Etat


privilégie l’aspect social et soutiendra le consommateur, en continuant de

JUIN 2005 - 61 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

subventionner à moyen terme le prix de vente, dans l’attente de mise en place


d’un cadre réglementaire et tarifaire plus adéquat pour réguler le secteur , une
fois libéralisé. En effet, les subventions accordées au secteur pétrolier en général,
et au butane en particulier, permettent de préserver le pouvoir d’achat, mais cela
pèse sur les finances publiques. Les experts internationaux avancent qu’une
hausse de 10 dollars du cours des produits, dans le contexte morose actuel,
diminuerait la croissance de 0,5%.

A partir du premier juillet 2002, la nouvelle structure des prix (calculée par
quinzaine au lieu du mois) a pour but de réduire l’impact sur les finances
publiques, du fait que la répercussion de toute variation de +/- 2,5% des prix
internationaux des combustibles liquides n’est plus en vigueur.
L’interventionnisme de l’Etat se manifeste par le protectionnisme appliqué au
secteur énergétique et pétrolier en général, et par la réglementation du secteur de
la distribution des GPL en particulier. Cette réglementation se caractérise par la
multitude des textes, mais qui demeurent vétustes et inadaptés pour le secteur,
dans la mesure où l’ossature de l’arsenal réglementaire remonte aux années 60 et
voire plus.

En définitive, l’avenir du secteur gazier au Maroc est prometteur : l’exploitation


dans l’avenir du gaz naturel provenant du gazoduc Maghreb-Europe sera d’un
apport considérable, parce qu’elle permettra de réduire le coût d’importation des
GPL, et le développement de synergies complémentaires entre le GPL et le gaz
naturel. Concernant les ressources fiscales budgétaires, le secteur de l’énergie
(pétrole, gaz, électricité et charbon) constitue l’un des secteurs contribuant le
plus, avec 13 milliards de dirhams de recettes fiscales (TIC et TVA). Ayant un
caractère social, le butane est le moins taxé.

B- Les intervenants du secteur

JUIN 2005 - 62 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

1) L’autorité de tutelle

Il s’agit principalement du ministère en charge de l’énergie et des mines. Sa


mission constitue notamment à :
- Définir la politique de développement du secteur et ses orientations
stratégiques.
- Assurer la pérennité du secteur et le respect de la réglementation
(technique).
- Garantir la protection des intérêts du consommateur (prix réglementés).
- Assurer la couverture de la demande nationale, en définissant les niveaux
de stock de sécurité et les quotas d’approvisionnement.

2) La caisse de compensation

Instituée en 1941, elle constitue un acteur principal du secteur gazier. Sa mission


consiste à collecter les recettes parafiscales et octroyer les subventions.
La problématique de l’équilibre financier de la Caisse de Compensation susciter
beaucoup de débats ces dernières années. Il s’agit d’une question difficile à
résoudre vu l’importance de la dimension sociale que revêt sa mission (stabilité
des prix sur le marché intérieur).

3) Les opérateurs

a) Les opérateurs directs

Il s’agit de sociétés qui commercialisent le GPL (butane et propane) sous les


deux formes : vrac et conditionné. Il s’agit à la fois des sociétés d’emplissage et
les sociétés de conditionnement.
Le Maroc compte environ :

JUIN 2005 - 63 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

- 32 centres emplisseurs.
- 5 terminaux d’approvisionnement.
- Près de 28 sociétés de distribution et d’emplissage/
- 17 marques de bouteilles.

La branche « conditionné » est dominée par 5opérateurs représentant 76% du


marché ( Tissir Primagaz, Shell du Maroc, Afriquia Gaz, Ziz et Total Maroc).
Quant à la branche « Vrac », elle est dominée par 5 opérateurs représentant 72%
du maché (Salam Gaz, Tissir Prima Gaz, Shelle du Maroc, Gazafric et Afriquia
Gaz).

Outre les sociétés de distribution, il y’a lieu de noter la présence de la SAMIR et


la SOMAS. La SAMIR bénéficie actuellement du monopole e raffinage des
produits pétroliers. La SOMAS constitue la plus grande capacité de stockage des
GPL, avec une capacité totale de 100.000 tonnes, contre 6.000 tonnes réparties
entre les centres emplisseurs.

En ce qui concerne les importations de produit, 63% des importations de l’année


2001 ont été réalisées par le groupe des sociétés TPZ, Shell, Afriquia Gaz,
Gazafric et Total Maroc. La SAMIR a importé 26,7%.
Les importations de butane et propane s’élèvent à 2629 millions de DHS en avril
2001, soit 15% de la facture pétrolière.

b) Les secteurs d’accompagnement :

Il s’agit de l’ensemble de l’ensemble des activités économiques connexes et


annexes à l distribution du GPL (logistique, équipements, services…). Il faut
citer en particulier ls prestations de transport du produit, l’industrie des
réservoirs, des casiers et des présentoirs, les fournisseurs de métaux, les

JUIN 2005 - 64 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

assurances e le leasing.
La multitude de prestataires de services permet de connaître la composition du
coût de revient, et de mesurer l’importance du coût opérationnel par rapport au
prix de ventre du produit.

4) La représentation sectorielle :

Il s’agit en l’occurrence du Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM) qui joue


le rôle représentant des opérateurs du secteur pétrolier, en particulier les
professionnels du gaz/
Elle regroupe l’ensemble des sociétés de production et de distribution.

Le GPM constitue le porte-parole du secteur, notamment dans le cadre des


négociations avec les pouvoirs publics pour la révision des marges et la
résolution des problèmes tels que :
- le crédit de TVA structurel
- et le règlement des arriérés de la Caisse de Compensation.
Enfin, ce groupement procède à la collecte et la diffusion des statistiques
sectorielles et au pilotage des études qui concernent le secteur.

Section 3 ; Spécificités du secteur du secteur au Maroc

A- Le stock de sécurité :

L’arrêté ministériel du 17 février 1997 stipule que le stock de sécurité de GPL


doit être égal à 2,5 la moyenne mensuelle des emplissages livrés sur le marché
intérieur.
Les moyennes mensuelles sont calculées annuellement sur les ventes réalisées
entre le 1er avril de l’année écoulée et le 31 mars de l’année en cours, et

JUIN 2005 - 65 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

communiquées par le ministère de tutelle avant le 1er juillet de chaque année.

En janvier 1997, pour les besoins de reconstitution des stocks nationaux de GPL,
le ministère de tutelle a défini pour chaque société le quota des stocks de sécurité.
La lettre ministérielle adressée à chacune des sociétés stipule e qui suit :
- Les stocks de sécurité doivent être comptabilisés séparément et distingués
des stoks outils commerciaux.
- Les stocks de sécurité sont financés par les fonds mis à la disposition des
sociétés par l’Etat, et figés au niveau des quantités physiques correspondant à
leurs valeurs d’acquisition.
- Les sociétés doivent se conformer au programme de reconstitution des
stocks prévu par la lettre, et aux dispositions réglementaires en vigueur. Les
sanctions et pénalités sont lourdes ; outre le remboursement immédiat de la
valeur des stocks non reconstitués, la société est soumise a paiement des
sanctions pécuniaires.
- L’instauration d’une procédure de contrôle systématique des stocks de
sécurité physique détenus. Les sociétés doivent, mensuellement, adresser une
déclaration sur l’honneur de l’état des stocks (physique et comptables) de
produits pétroliers dont elles disposent.
- Suspension, à partir du 1er février 1997, de la collecte de la marge spéciale
sur l’ensemble des produits pétroliers à l’exception du butane.

B- La péréquation :

La péréquation constitue la quote-part du prix de vente au détail (butane


conditionné) que la Caisse de Compensation supporte pour assurer la stabilité des
prix.
Ce montant est versé par lala Caisse de Compensation aux sociétés qui font la
déclaration des tonnages aux dépositaires propres ou directement aux détaillants.

JUIN 2005 - 66 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

- Certaines sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires net du montant de la


péréquation, celle-ci étant inscrite au crédit d’un sous compte d’achats de
marchandises.
- d’autres sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires net de la péréquation, cette
dernière étant inscrite dans un sous compte de subventions d’exploitation.

A fin 2002, la structure des prix est conçue de telle sorte que la Caisse de
Compensation supporte une partie du prix de vente au détail

C- La provision de transport en vrac :

La provision de transport en vrac est facturée au client pour les livraisons de


butane conditionné. Elle est collectée par la société et déclarée à la Caisse de
Compensation, qui lui accorde un remboursement des frais de transport.
Le traitement de cette provision diffère d’une entreprise à une autre :
- Certaines sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires du butane conditionné
brut de la provision de transport collectée. Le montant à déclarer à la Caisse de
Compensation étant comptabilisé dans u compte de charges d’exploitation.
- d’autres sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires net de la provision de
transport, celle-ci étant inscrite directement dans le compte de passif.

Il est à signaler qu’aucun texte réglementaire ne précise de schéma comptable


particulier. La provision de transport en vrac est fixée par arrêté ministériel, sans
qu’il y ait de précision quant au schéma comptable à suivre.

D- Le crédit de TVA structurel :


Les sociétés opérant dans ce secteur ont amassé un crédit de TVA au cours de
ces dernières années, à tel point que ce crédit de TVA est devenu structurel.
En effet, l’application du taux de TVA réduit de 7% sur les ventes de produits,

JUIN 2005 - 67 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

alors que le taux de TVA récupérable sur les charges et les immobilisations est de
14% et 20%.

E- La fiscalité spécifique:

Par fiscalité spécifique, nous désignons les impôts et taxes propres au secteur.
Nous allons nous limiter aux principales charges et contributions :

La taxe intérieure de consommation (TIC) : elle est actuellement de 46


Dhs par tonne vendue (butane et propane). La TIC est supportée par le
consommateur final : les sociétés la supportent à l’achat et l’imputent au prix de
vente (intermédiaire fiscal).
La provision de transport en vrac : elle fixée à 50 Dhs par tonne de
butane conditionné vendue. La provision de transport en vrac est u élément du
prix de vente.

La marge spéciale de financement des stocks : elle est fixée à 30 Dhs


par tonne de produit emplie, autrement dit les expéditions du centre emplisseur.
La marge spéciale est un élément du prix de vente et doit être affectée
exclusivement au financement des stocks de sécurité.
Les droits de douane : Par mesure d’atténuation fiscale, ils sont
actuellement de 2,5%. Le secteur pétrolier a entamé à partir de juillet 2002 une
phase de libéralisation progressive, qui se traduit par la baisse des droits de
douane qui passeront de 17,5% en 2002 à 15% en 2003, 12,5% en 2005 pour
atteindre 10% en 2006. Les barrières douanières seront supprimées
définitivement à partir de 2012. Les importations de produits pétroliers en
provenance des pays de l’UMA sont exonérées des droits de douane.
F- La marge spéciale pour le financement des stocks de sécurité :

JUIN 2005 - 68 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

La réglementation du secteur précise que la produit de la marge spéciale doit être


inscrit au passif du bilan, dans un compte de dette à long terme, et affecté
exclusivement au financement des stocks de sécurité en GPL.

Certaines sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires brut de la marge spéciale,


et constatent la charge affectée au financement des stocks de sécurité dans un
compte de charges d’exploitation.
Tandis que d’autres sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires net de la marge
spéciale, et enregistrent directement dans le compte de passif correspondant.

G- Autres traitements

Le complément du coût d4importation d produit :


La Caisse de Compensation met à la charge des sociétés importatrices du butane
le différentiel du prix de reprise qui excéde le coût d’importation. Les sociétés
comptabilisent ce complément parmi les charges d’exploitation et le déduisent
fiscalement.

Le remboursement du différentiel de transport :


Les frais de transport primaire du butane vrac pris en charge par la Caisse de
Compensation, qui octroie des remboursements en fonction du trajet reliant la
ville de prélèvement du produit à celle où se se situe le centre emplisseur.

Les pratiques comptables différent d’une société à une autre :


- Certaines sociétés considèrent le remboursement des frais de transport
comme un complément du chiffre d’affaires (produit accessoire)/
- D’autres sociétés le considèrent comme étant une subvention
d’exploitation.
- Enfin, des sociétés le rattachent au coût d’achat en le comptabilisant au

JUIN 2005 - 69 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

crédit de la charge initiale (provision de transport)/

La subvention des importations de produit :


La Caisse subventionne les importations de butane en prenant en charge
l’excédent du coût de l’importation qui dépasse le prix de reprise.

Le but du remboursement des frais d’importation est de neutraliser l’impact du


coût de l’importation sur la marge commerciale, en alignant cette dernière sur la
marge réglementaire, comme si la société s’approvisionne localement ?

JUIN 2005 - 70 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHAPITRE II : SPECIFICITES COMPTABLES DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE


LA DISTRIBUTION DU GPL (DIAGNOSTIC)

Section 1 : La structure des prix du GPL

Afin de mieux comprendre la valorisation des stocks, il serait judicieux


d’expliciter leur structure de prix. En effet, à travers ce paragraphe, nous allons
traiter de la structure des prix du butane conditionné, conformément aux données
du mois de décembre 2001.

JUIN 2005 - 71 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHARGES > 5 CHARGES < 5


KG KG

EMPLISSAGE:

1- Prix de reprise, Hors Taxe 2864,03 2892,32

2- TIC 46 46

3- TVA (7% de 1+2) 203,7 205,68

4- Sous total (1+2+3) 3113,73 3144

5- Coulage emplissage 62,27 62,88

6- Marge et rais d'emplissage 318 318


7- Marge spéciale pour financement des
stocks 30 30

8- Provision de transport en vrac 50 50

9- Capsule bouteille 20 50

10- TVA ( 7% de 5 à 9) 33,62 35,76

11- Prix de vente aux sociétés de


distribution 3627,62 3690,64

JUIN 2005 - 72 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHARGES > 5 CHARGES < 5


DISTRIBUTION KG KG

12- Prix d'achat aux cntres emplisseurs 3627,62 3690,64


13- Frais et marges "Sociétés de
distribution" 538 604

14- Frais et arge "Dépositaires" 387,5 450

4553,12 4744,64

A DEDUIRE TVA (3+10) 237,32 241,44

4315,8 4503,2

15- Solde caisse de compensation -1412,46 -1621,58

16- Prix de vente en gros, Hors taxe 2932,24 2881,62

17- TVA (7% de 16) 205,26 201,71

18- Prix de vente en gros TVA comprise 3137,5 3088,33

19- Marge "Détaillants" 195,83 250

20- Prix de vente au détail (Prix de vente) 3333,33 3333,33

Par ailleurs, la nouvelle structure des prix relative au même produit, applicable
sur la même période, de l’année 2003 se présente comme suit :

JUIN 2005 - 73 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHARGES > CHARGES <


5 KG 5 KG
EMPLISSAGE:
1- Prix de reprise, Hors Taxe 3319,59 3319,89
2- TIC 46 46
3- TVA (7% de 1+2) 235,59 235,59
4- Crédit de droit ( 0?7 % de 2+3) 2,08 2,08
5- Prix de facturation aux centres emplisseurs
(1+2+3+4) 3603,26 3603,26
6- Coulage emplissage (2% de 5) 72,07 72,07
7- Marge et frais d'emplissage 318 318
8- Marge spéciale pour financement des stocks 30 30
9- Provision de transport en vrac 50 50
10- Capsule bouteille 20 20
Sous total (5 à 10) 4093,33 4123,33
A déduire TVA (3) 235,59 235,59
11- Prix de vente aux sociétés de distribution 3857,74 4123,33
12- TVA (7% de 11%) 270,04 272,14
13- Prx de vente es sociétés de distribution, TVA
comprise 4127,78 4159,88
14- Frais et marge "société de distribution" 538 604
15- Frais et marges "Dépositaires" 387,5 450
Sous-total (13+14+15) 5053,28 5213,86
A déduire TVA (12) 270,04 272,14
15- Sous total Hors TVA 4763,24 4941,74

Calcul TVA

JUIN 2005 - 74 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

a) TVA (7% de la ligne 15) 334,83 345,92


b) TVA (6,25 % de la ligne 19) (*) 205,26 201,71
17- TVA sur prix fort (**) 334,83 345,92
18- Solde caisse de compensation -1980,57 -2204,33
19- Prix de vente en gros TVA comprise
(16+17+18) 3137,5 3083,33
20- Marge "Détaillants" 195,63 250
21- Prix de vente au détail (Prix de base) (19+20) 3333,33 3333,33
(***) (***)

(*) TVA sur prix de vente en gros = 7% PV en gros HT, correspondant à 6,542%
du prix de vente en gros TVA comprise.

(**) est pris en considération le plus fort des montants en (a) et (b).
La somme collectée par les centres emplisseurs et à inscrire au passif de leur
bilan comme dette à long terme vis-à-vis de la caisse de compensation.

(***) soit 40 DH par charge de 12 KG en zone 0 ; 41,34 DH en zone I ; 43,95 en


zone II et 44,44 en zone III.

Section 2 : Valorisation des stocks

La valorisation constitue la principale difficulté comptable liée aux stocks de


produits. Les pratiques comptables diffèrent d’une société à l’autre, et des
divergences notables ont été relevées.

A- La valorisation des stocks :

JUIN 2005 - 75 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Les stocks de GPL sont interchangeables vu la nature du produit. Le CGNC


préconise, pour la valorisation des stocks de biens interchangeables, l’utilisation
de l’une des méthodes suivantes :
- Le coût moyen pondéré après chaque entrée, le coût pondéré de la période de
stockage
- Et le FIFO.

Les éléments du coût d’achat ne soulèvent pas de difficultés particulière, dans la


mesure où ils sont clairement définis par le CGNC (prix d’achat facturé, coût de
transport, frais de transit, assurance de transport, etc).
Toutefois, des divergences existent entre les sociétés, du fait que les positions
comptables prises quant aux éléments de la structure des prix diffèrent d’une
société à l’autre.

A titre d’illustration, nous citerons les exemples suivants :


- Certaines sociétés inscrivent directement au passif la marge spéciale et la
provision de transport, et n’incluent pas ces deux éléments dans le coût d’achat ;
d’autres sociétés comptabilisent le chiffre d’affaires brut et constatent dans un
compte de charge la marge spéciale et la provision de transport, et incluent ces
éléments dans le coût d’achat du produit.
- Pour certaines sociétés, la péréquation comptabilisée au crédit de la charge
vient en diminution du coût d’achat ; alors que pour d’autres, elle est
comptabilisée en tant que subvention d’exploitation, et donc sans incidence sur le
coût d’achat.

Ces divergences ont une incidence sur la présentation des états de synthèse, sur la
structure du bilan et la formation des résultats et des marges. Le lecteur des états
financiers n’est pas indifférent quant à ces aspects.

JUIN 2005 - 76 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

B- Cas particuliers du stock importé transitant par la SOMAS :

Les sociétés de distribution du GPL ont pour pratique courante de stocker le


produit chez la SOMAS. En fait, cette dernière constitue la plus grande capacité
de stockage des GPL, et pour des raisons de maintien des stocks de sécurité et de
gestion des subventions accordées au secteur, la Caisse de Compensation exige
de transiter par la SOMAS.

Par le passé, les stocks importés « sous douane » devaient être évalués au prix de
reprise du mois en vigueur.
Le régime des importations de produits pétroliers « sous douane » n’est plus en
vigueur. Toutefois, la lettre ministérielle du 8 mai 996 a pour but de régulariser la
situation des importations de butane, auprès de la Caisse de Compensation, sur la
base des prix de reprise en vigueur à la date de l’enlèvement du produit de la
SOMAS, considérant ainsi que ces stocks sont la « propriété » de l’Etat avant
leur enlèvement.
Les termes repris par la dite lettre sont clairs, mais il y’a lieu les discordances
suivantes :
- Certaines sociétés ne procèdent à aucune régularisation de la valeur
comptable du stock détenu chez la SOMAS.
- D’autres sociétés ne prennent pas en considération de la dite lettre, mais
elles neutralisent la marge relative au stock détenue chez la SOMAS en
corrigeant le coût des importations du mois, et non pas la valeur du stock
initial du mois (concerné par le changement de prix).
- Enfin, d’autres sociétés procèdent à la régularisation de la valeur
comptable du stock détenu chez la SOMAS,en corrigeant la valeur du
stock initial du mois.

C- Le traitement comptable des achats et stocks de produits :

JUIN 2005 - 77 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Les principes de base pour la valorisation des achats et des stocks de produits
sont définis par l loi comptable et le CGNC.
Le présent paragraphe a pour objectif d’apporter des précisions compte tenu des
spécificités sectorielles.

a) Impact des éléments de la structure des prix sur le coût d’achat :

Le stock de butane constitue un as particulier du fait que sa vente est


subventionnée par l’Etat. Le CGNC traite du cas des immobilisations acquises au
moyen de subventions d’investissement, mais il n’aborde pas la question des
stocks de produits subventionnés.

Aucune dérogation au principe de la valorisation des achats et des stocks au coût


d’achat n’est admise. Il en découle que les subventions n’ont pas à être déduites
du coût d’achat, d’autant plus qu’elles ne sont acquises que du fait de la vente.

La pratique qui consiste à déduire la péréquation de butane et le remboursement


de transport du coût d’achat n’est pas conforme aux règles comptables.
Concernant les pratiques parafiscales, et en particulier la marge spéciale et a
provision de transport, elles ont pour fait générateur l’opération de vente. De ce
fait, elles ne constituent un élément du coût d’achat que dans le cas où la société
achète le produit à un centre emplisseur.

Les sociétés rattachent ces charges au coût d’achat du fait qu’elles cherchent à
aligner la marge comptable sur la marge de structure. Toutefois, cette solution
pratique constitue une dérogation aux règles comptables, mentionnées dans le
cadre de l’ETIC.

b) Evaluation des achats et des stocks de produis importés :

JUIN 2005 - 78 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Problématique de a valorisation des stocks :


Une importante partie de l’approvisionnement national en GPL provient de
l’import. Des différences de change apparaissent lors du paiement de la dette
fournisseur, ou lors de l’évaluation de celle-ci à la clôture de l’exercice si elle
n’est pas réglée.

Concernant les importations de butane, les sociétés comptabilisent les achats et


les stocks au cours de règlement, dans la mesure où elles considèrent que la
situation vis-à-vis de la caisse de compensation doit être reflétée au niveau de la
valeur des stocks.

Quant au propane, les sociétés ont de lus en plus recours aux instruments
financiers de couverture du risque de change. Cela dit, certaines sociétés
comptabilisent les achats et les stocks sur la base du cours de règlement même en
l’absence de toute couverture de change.
Ainsi, les différences de change sont imputées directement aux comptes d’achat
et de stocks. Cela présente les avantages suivants :
- Le résultat d’exploitation est déterminé sur des bases homogènes : les
achats et les stocks sont évalués sur la base d’un même cours, celui du
paiement, sauf les stocks non payés à la date de clôture, qui sont valorisés
au cours de clôture.
- La valorisation des stocks non payés est compatible avec celle de la dette
fournisseur, puisqu’ils sont évalués au cours de clôture.

Il est commode de comptabiliser les achats et les stocks au cours réel (coût
d’achat + impact des différences de change). Une composante financière (les
différences de change) est alors transférée vers les éléments de l’exploitation.
Cela présente l’avantage de donner une meilleure information pour le contrôleur
de gestion et le décideur.

JUIN 2005 - 79 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Toutefois, les méthodes comptables ci-dessus constituent une dérogation aux


principes comptables préconisés par le CGNC et les normes comptables
internationales.

Informations financières :
Les dérogations aux règles fondamentales d’évaluation des stocks doivent être
motivées et justifiées dans le cadre de l’ETIC. Les états A1 et A2 doivent
contenir des informations pertinentes destinées au lecteur des états financiers.

Les sociétés partent du postulat que les opérations d’achat et de paiement sont
uniques, et que le fait de valoriser les achats au cours du paiement permet de
mieux appréhender l’activité et l’exploitation.
En ce sens, les fluctuations monétaires font partie intégrante des « risques
inhérents au secteur », puisque la maîtrise des cours de cange et des produits
pétroliers, ainsi que la négociation des contrats d’importation à des conditions
avantageuses sont des éléments intrinsèques à l’activité gazière.

Le CGNC précise que les créances et dettes contractées en monnaie étrangère


sont converties et comptabilisées en dirham, sur la base du cours de change de
l’opération : date de facturation en général, date de l’accord des parties ou date
de paiement des avances et acomptes reçus ou donnés.

Le CGNC précise que les modalités futures de règlement et les variations de


l’index n’influencent pas a valeur d’entrée des stocks en cas de forte perte de
change résultant d’une grave dépréciation de la monnaie nationale.

Toutefois, dans le paragraphe réservé au réajustement exceptionnel des valeurs


d’entrée, le CGNC prévoit le réajustement à la hausse de la valeur à la date
d’inventaire à la valeur annuelle.

JUIN 2005 - 80 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Enfin, en application du principe de prudence, il prévoit le réajustement à la


baisse de la valeur pour ramener la valeur à la date d’inventaire à la valeur
actuelle (a la provision).

Il est à signaler que le commissaire aux comptes doit s’assurer que la méthode
d’évaluation des stocks n’entraîne pas une majoration de leur valeur au-delà de la
valeur recouvrable, d’une part, et que la société respecte le principe de
permanence des méthodes, d’autre part.

c) Traitement des stocks en transit :

L’inclusion des stocks de transit dans les achats et les stocks de l’exercice dépend
de la condition juridique de l’importation du produit. Cela a un impact sur la
présentation des états de synthèse.

Il convient alors d’analyser le contrat d’importation, en appréciant le fait


générateur du transfert de propriété juridique du produit en cours de route.

Juridiquement, les règles et les principes énoncés par le DOC et le code de


commerce stipulent que l’achat d’un bien ou d’un service est réalisée dés
l’accord des parties sur la chose et le prix. L’acheteur n’est redevable du prix, et
la dette ne devient certaine, que lors du transfert de la propriété du bien ou de la
fourniture de la prestation. Or, la détermination de la date du transfert de
propriété présente des difficultés si l’on se réfère uniquement à la règle juridique
susmentionnée.

d) Le traitement comptable des frais de stockage :

Le CGNC précise que les frais généraux d’approvisionnement et les frais de

JUIN 2005 - 81 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

stockage ne sont pas inclus dans le coût d’acquisition, sauf conditions spécifiques
de l’exploitation à indiquer dans l’ETIC.

Les sociétés de distribution font appel à des sociétés spécialisées dans le stockage
des GPL, en contrepartie de la facturation des frais de stockage.

e) Traitement comptable des bonis/malis aux stockages chez les tiers :

Pour les besoins de l’exploitation, les sociétés font appel aux capacités de
stockage chez les tiers, conformément aux contrats d’entreposage et d’échange
des capacités de stockage qui lient les professionnels du secteur.
Les GPL des différents utilisateurs sont banalisés par qualité, et se trouvent
mélangés dans la même unité de stockage sans faire la distinction entre les
différentes sources de ces stocks.
L’inventaire physique des quantités déposées chez les tiers correspond à
l’ensemble des droits, et ne peut être que positif ou nul par qualité et au total.

Toutefois, ces droits peuvent, exceptionnellement et provisoirement, être négatifs


si les prélèvements ont excédé les ressources propres, ou si les prélèvements
contractuels ont excédé les prélèvements réels.
Ces droits négatifs constituent des dettes en nature de la société envers les autres
tiers, puisqu’elle a dépassé les quantités réelles auxquelles elle a droit.

Section 3 : Traitement comptable des stocks (dérogations)

A- Dérogation au principe de la permanence des méthodes :

La permanence des méthodes d’un exercice à l’autre constitue un principe


comptable fondamental. La permanence des méthodes que nous voulons traiter

JUIN 2005 - 82 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

consiste à utiliser pour les stocks de même nature une même méthode de
valorisation ; l’utilisation du prix de reprise ou du coût d’achat d’une part, et
l’utilisation du PMP ou du FIFO , d’autre part.
Corriger la valeur du stock de butane transitant par l SOMAS en fonction de
l’évolution du prix du prix de reprise, alors que le coût d’achat est appliqué pour
les autres stocks de butane et de propane, cela constitue une dérogation au
principe de permanence des méthodes.

Cette différenciation entre les produits devrait être mentionné et justifiée dans
l’ETIC.
Certaines sociétés utilisent PMP corrigé de la variation des prix de reprise, tandis
d’autres utilisent la méthode du FIFO.

B- Dérogation au principe de prudence :

A la date d’inventaire, la valeur actuelle est comparée à la valeur d’entre pour les
éléments non amortissables. Seles les moins-values dégagées de cette
comparaison sont inscrites en comptabilité sous forme de provisions pour
dépréciation si elles n’ont pas un caractère définitif.
La baisse du prix de reprise à la date d’inventaire par rapport au prix de reprise
lors de l’achat (ou le coût d’importation) constitue une source de moins-value. La
dévalorisation du stock constitue une dérogation au principe de prudence.
La revalorisation du stock constitue une autre forme de dérogation au principe
de prudence : corriger la valeur du stock du fait de la hausse d prix de reprise,cela
est contraire aux dispositions de la loi 9-88, qui précise que les plus-values ne
sont pas constatées par prudence.
C- Dérogation au principe de clarté :

Des dérogations au principe de clarté ont été notées dans la pratique comptable

JUIN 2005 - 83 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

des sociétés distribution. Elles trouvent leur origine dans l’imprécision des textes
d’une part, et dans l’absence de référentiel comptable spécifique au secteur
d’autre part.
Citons à titre d’exemple certaines situations :
- les arrêtés ministériels portant modifications des prix de vente du butane
ne précisent pas de traitement comptable particulier pour la provision de
transport en vrac et le remboursement de transport.

- Certaines sociétés enregistrent la péréquation au crédit du compte de


charge (compte d’achat), alors que d’autres sociétés l’enregistrent dans un
compte de subvention d’exploitation.

- Des sociétés évaluent les achats importés au prix de reprise (au lieu du
coût d’achat) en contrepartie d’un compte de la Caisse de Compensation.
Elles imputent le coût d’achat au débit de ce dernier, en contrepartie du
compte fournisseur.

Ce schéma comptable simpliste permet de dégager le solde de la Caisse de


Compensation (dette ou créance). Toutefois, il déroge d’une manière
significative au principe de clarté.

JUIN 2005 - 84 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

CHAPITRE III : DEMARCHE D’AUDIT A APPLIQUER AUX STOCKS DANS LE SECTEUR


DU GPL

L’environnement général du secteur se caractérise par la diversité des pratiques


comptables des sociétés de distribution. Cette situation a des effets sur la mission
du commissaire aux comptes. Ce dernier est confronté à deux principales
difficultés :
- Devoir se prononcer sur les pratiques comptables de la société en
l’absence d’un référentiel comptable adapté à son secteur d’activité ;

- Devoir adopter une démarche d’audit spécifique au secteur gazier, et qui


concilie la réglementation, les règles comptables et les normes d’audit.

La démarche d’audit et la prise de position s’avèrent, relativement, plus


complexes pour le commissaire aux comptes ayant des mandats de contrôle de
plusieurs sociétés pétrolières ou gazières. En ce sens, le commissaire aux
comptes aura tendance à comparer les pratiques comptables des sociétés
contrôlées.

Dans le présent chapitre, nous essaierons de mettre en exergue la démarche


d’audit.

JUIN 2005 - 85 -
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
AUDIT DES STOCKS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION DU GPL

Section 1 : Planification de la mission

Les normes de travail exigent l’orientation préalable des travaux d’audit : A


partir de la prise de connaissance générale de l’entreprise et du secteur des GPL,
il est possible d’élaborer une stratégie d’audit adéquate, permettant d’identifier
les domaines et les systèmes significatifs pour couvrir les risques.

A ce niveau de la mission d’audit, notre attention sera focalisée principalement


sur les risques liés à la section des stocks.
Le programme de travail relatif à la mise en relief des principaux risques
inhérents aux stocks doit prendre en considération au moins trois risques :

- L’exactitude de la valorisation des stocks figurant sur les états financiers


(valorisation erronée, marge comptable erronée).

- L’exhaustivité, la réalité et le respect du cut-off ( bilan matière incohérent,


écarts d’inventaire non justifiés, bonis/malis non maîtrisés, pertes d’actifs,
insécurité des stocks, marge comptable erronée).

- Et enfin le respect de la réglementation en vigueur (non respect de


l’obligation du stock de sécurité, fausses déclarations des stocks).

Compte tenu des ces risques, l’auditeur, en planifiant sa mission, est dans
l’obligation de prendre en considération un certain nombre de diligences,
relativement à chaque risque relevé :

Concernant le risque d’exhaustivité, l’auditeur doit :

- S’assurer de la valorisation des achats et des stocks au coût d’achat.

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- S’assurer de l’application de la revalorisation dévalorisation


conformément aux règles comptables et à la réglementation.

- S’assurer du respect des règles comptables relatives à la détermination des


éléments du coût d’achat.

Et en ce concerne le risque d’exhaustivité, de réalité et du respect de la séparation


des exercices, le commissaire aux comptes doit :

- Assister à l’inventaire physique et valider les formules de conversion du m3


à la tonne.

- Apprécier le bouclage matière et la balance des stocks.

- Vérifier l’existence de stocks chez les tiers ou en échange.

- Vérifier la propriété juridique des stocks des stocks en transit.

- Effectuer les tests de détail sur les documents justificatifs des mouvements
de stock, sans oublier les tests de cut-off.

- Apprécier le système de suivi des taux de bonis /malis.

Et enfin, les diligences se rapportant à la réglementation, l’auditeur doit :


- S’assurer de la fiabilité et la permanence de la procédure de contrôle qui
permet de suivre le respect de l’obligation du stock de sécurité et de déclencher
les actions correctives.

- Vérifier la sincérité et l’exhaustivité des déclarations de stock à l’autorité.

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Section 2 : Evaluation du contrôle interne

Si le niveau de confiance accordé à l’environnement de contrôle et aux


procédures de contrôle est faible, l’auditeur ne se basera pas sur le dispositif du
contrôle interne, peu fiable ou quasiment absent. Pour ce qui est des travaux sur
les comptes, l’auditeur procédera à plus de tests de détail sur les comptes pou
fonder son opinion. La revue analytique n’occupera alors qu’une place marginale
dans ses travaux.

Si le niveau de confiance est moyen, l’auditeur se basera sur l’évaluation de


l’environnement général de contrôle, pour orienter sa mission et appréhender les
domaines et les systèmes significatifs. Il pourra alors programmer ses travaux
d’évaluation du contrôle interne et de contrôle des comptes.

Il testera la conformité et la permanence des contrôles de pilotage afin d’orienter


ses travaux sur les comptes. La revue analytique prendra une place plus
importante, contrairement à la première situation où le niveau de confiance est
faible. Les travaux de revue analytique et de validation des comptes seront
appuyés par des tests de détail, mais ces derniers seront moins étendus par
rapport à la situation précédente.

Si l’environnement de contrôle est favorable et les contrôles de pilotage et


d’application sont faibles et permanents, le niveau de confiance est considéré
comme étant élevé. La revue analytique prendra davantage d’importance et les
tests sur les contrôles de pilotage et d’application seront étendus. Par contre, les
tests de détail seront réduits.

En matière de stock, objet de notre travail, l’évaluation du contrôle interne de ce


cycle sera axée sur les aspects suivants :

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- Le système de suivi des réceptions de produit, des consommations et des


quantités emplies et expédiées.

- Le processus de suivi des mouvements de stocks ne transitant pas par le


centre emplisseur (soustraction des produits livrés directement aux clients).

- La fiabilité du système de suivi des bonis/malis relatifs aux mouvements


du stock.

- La crédibilité des bilans matières et du bouclage de a balance des stocks.

- La fiabilité et la cohérence du système de suivi des coûts d’emplissage.

- La sécurité des stocks et leur couverture par une assurance.

- Le système de déclaration de stocks à l’autorité de tutelle.

- La fiabilité du système de gestion des consommables et des pièces de


rechange en magasin, et en particulier le suivi des articles dépréciés ou à rotation
lente.

Il est à signaler que le contrôle du cycle stocks passe nécessairement par le


contrôle et l’évaluation du contrôle interne du cycle « achats et fournisseurs » qui
est intimement lié au cycle « stocks ». Et à cet effet, un certain nombre d’aspects
suivants relatifs à la gestion des achats de produits nécessitent une attention
particulière ;

Concernant la gestion des achats de produits, il faudrait vérifier :


Cohérence des réceptions en stock et factures d’achat ;

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Exhaustivité et exactitude des enregistrements comptables ;


Suivi des bonis et malis sur achats ;
Contrôle des tarifs appliqués (cours et prix de reprise) ;
Valorisation des achats ;
Gestion des stocks auprès des confrères ;
Gestion des échanges des produits.
Procédure de régularisation des charges ;
Assurances des achats de produit et du risque industriel (stocks et
immobilisations) ;
Suivi des provision à l’arrête des comptes de chaque exercice …etc

Enfin, l’auditeur devra apprécier le processus et le niveau de coordination et


d’information liant l fonction opérationnelle responsable des achats et le service
comptable, notamment en ce qui concerne les régularisations comptables lors de
l’arrêté des comptes (stock en transit, provision et des autres charges liées aux
importations et à l’activité opérationnelles…etc/

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Section 3 : Contrôle des comptes :

Des diligences minimales doivent être effectuées :


- Une revue analytique de la rotation des stocks en quantité et en valeur, et
ce, afin d’examiner les variations intervenues entre l’exercice N et N+1 pour
ainsi :
Constituer une provision pour dépréciation concernant les stocks
dont la quantité n’a connu aucun changement.
Demander les explications relatives aux stocks dont la valeur a varié
significativement par rapport à l’exercice de référence.

- Des tests sur la valorisation des stocks et l’évolution du coût unitaire.

- Un test de cohérence globale pour vérifier le bilan-matière, autrement la


relation :

Stock initial + Entrées – Ventes = stock final théorique).

Ce test permet également de s’assurer de l’exhaustivité du chiffre d’affaires.

- Un rapprochement des procès-verbaux d’inventaire physique des stocks


avec le suivi permanent des stocks et les confirmations de stocks détenus par les
tiers.

- L’examen de la cohérence des taux de bons/malis et l’analyse des écarts


entre le stock physique et le stock théorique.

- L’assistance à l’inventaire physique des stocks.

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- L’examen de l’existence d’articles à rotation lente ou à déprécier surtout


en ce qui concerne les consommables et les pièces de rechange.
- La vérification du respect de l’obligation de constitution du stock de
sécurité.

Le contrôle des comptes doit porter également sur des sections qui sont
intimement liées à la section des stocks, telles que la section des achats.
Pour cela, il y’a lieu de calculer les variations en quantité et en valeur. Les prix
d’achat à l’import suivent l’évolution des cours internationaux. Les prix d’achat
du butane en local du butane en local dépendent de la structure des prix.

Si l’on prend l’exemple du butane, il y’a lieu de distinguer les achats de butane
empli et les achats de butane distribution (enlèvements par les dépositaires depuis
les centres emplisseurs confrères).

Les achats de butane empli localement sont évalués au prix de reprise HT + TIC.
Tandis que les achats de butane distribué sont valorisés au prix d’achat aux
centres emplisseurs.

Le test d’exactitude des achats se fait selon le principe « quantité * prix de


structure ». L’auditeur devra d’abord rapprocher les quantités à la base de son
test avec les quantités entrées en stock. La différence en valeur entre les achats
reconstitués et les achats comptabilisés peut s’expliquer, par exemple, par des
ristournes obtenues et les pertes dues au coulage du produit.

Les achats de butane auprès des centres emplisseurs confrères correspondent aux
quantités que ces derniers facturent à la société au titre des enlèvements de
produit faits par ses dépositaires.
En effet, l’auditeur doit s’assurer de l’équation suivante :

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Quantités facturées par la société = Quantités facturées par les confrères


à la société de distribution

Cette équation permet de s’assurer de l’activité du chiffre d’affaires et des achats


de la branche distribution, ainsi que du respect du cut-off : les tonnages achetés
aux confrères ont été facturés aux dépositaires sur la même période.

Quant au propane, la revue analytique tiendra compte de la répartition des achats


(locaux/achats). L’auditeur exploitera les données budgétaires et de contrôle de
gestion, afin de s’assurer de la cohérence des assertions relatives à la variation du
coût d’achat. Une revue analytique en quantité, en valeur, par fournisseur et par
période d’importation est nécessaire, tout en tenant compte de l’impact des cours
de produits pétroliers et du aux de change.

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CONCLUSION

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La réforme du secteur gazier aura des retombées directes sur la croissance


des investissements. Les alliances stratégiques et les restructurations qui
marquent l’évolution de l’économie pétrolière mondiale, la libéralisation du
secteur de l’énergie et du gaz en Union Européenne, le développement de
la technologie des GPL et la mondialisation de l’économie touchent de près
le secteur gazier marocain.

La libéralisation du secteur permettra d’attirer de nouveaux concurrents et


investisseurs étrangers. Le développement des nouvelles activités
industrielles et commerciales liées au GPL, la fin du monopole de raffinage
pétrolier au Maroc, le projet d’exploitation du gazoduc Europe-Maghreb,
l’essor des activités de recherche et d’exploration pétrolière constituent les
nouvelles données du marché.

Tous ces facteurs agissent en faveur d’une réforme institutionnelle,


réglementaire, juridique et fiscale intégrée du secteur gazier marocain.
Toutefois, une réforme d’une telle envergure ne saurait aboutir sans un
cadre comptable sectoriel adéquat. En ce sens, il est primordial de mener
une réforme comptable profonde du secteur gazier, pour pallier les
insuffisances et les incohérences du cadre comptable actuel.

En effet, cette libéralisation devrait être accompagnée par des mesures


telles que :
- La mise en place d’un cadre technique , institutionnel et
réglementaire adapté à la modernisation du secteur ;

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- La mise en place d’un cadre fiscal et tarifaire incitant à


l’investissement ;
- Outre la mise en place d’un arsenal juridique et
réglementaire qui protége les intérêts du consommateur dans un marché où
les marges et les prix sont libéralisés.

Enfin, il est à signaler que la normalisation comptable de ce secteur


contribuera à améliorer la qualité de l’information financière et la
comptabilité des états de synthèse des sociétés de gaz.
Cela aura un impact favorable sur l’évaluation des performances « intra
sectorielles » et la planification stratégique du secteur.

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BIBLIOGRAPHIE

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• Ouvrages

Mémento pratique FRANCIS LEFEBVRE – édition 2005

Mémento comptable CABINET MESNAOUI – édition 1999.

Code Général de la Normalisation Comptable.

La pratique de l’audit comptable et financier – édition DUNOD

1994.

Guide pratique de la révision et la certification des comptes

Mémoire d’expertise comptable sur le thème de la normalisation du

secteur de la distribution du GPL au Maroc.

• Sites Web :

www.cegid.fr
www.google.fr
www.colletudes.fr
www.leconomiste.ma
www .bkam.ma
www.lesechos.fr

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LEXIQUE

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ANNEXES

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