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Introduction Partie I : Généralités dur les stocks I)- Définition et typologie des stocks II)- Gestion

Introduction Partie I : Généralités dur les stocks

I)- Définition et typologie des stocks II)- Gestion des stocks III)- Classement des stocks IV)- Evaluation des stocks V)- Comptabilisation des stocks

Partie II : Audit des stocks

I)- Les principaux Objectifs de l’audit des stocks II)- Les étapes fondamentales de la mission d’audit des stocks III)- Méthodologie d’audit de l’inventaire par observation physique

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Face à la nouvelle donne environnementale, au contexte économique actuel et à la course à la

Face à la nouvelle donne environnementale, au contexte économique actuel et à la course à la compétitivité, les entreprises doivent assurer leur survie et leur développement en veillant à une bonne maîtrise des coûts.

En effet, les stocks représentent un centre de charge important et pèsent encore trop sur les finances des entreprises, surtout celles des entreprises industrielles. De ce fait, une attention particulière doit être prêtée à la gestion des stocks sans, toutefois, dépasser les seuils à partir desquels, il ne serait possible, pour l'entreprise de satisfaire la demande.

Pour assurer le bon fonctionnement du processus de stockage et déceler les anomalies ou les faiblesses liées à ce processus, les entreprises font souvent recours à leurs auditeurs internes, ou à des auditeurs externes dans le cadre de missions d'audit opérationnel, afin de déceler les risques liés à ce processus et de proposer des recommandations visant à améliorer les procédures de stockage, de contrôle, et de suivi des stocks.

Ainsi, l'auditeur doit être en mesure d'émettre une opinion sur l'efficacité du processus « stockage ». Pour ce faire, et comme tout travail d'auditeur, son travail se structure en trois phases à savoir la phase de préparation pour assimiler les particularités du processus stockage, la phase de réalisation pour exécuter son travail sur le terrain et la phase de conclusion pour remettre à la direction un rapport final d'audit.

C'est ainsi que l'on peut se demander :

Quelles sont les caractéristiques du processus « stockage » ? Quels sont les risques liés au processus des stocks ? et quels sont les points de contrôle de l'auditeur interne ?

Pour pouvoir traiter de cette thématique, notre travail sera structuré en deux parties. Un premier chapitre sera réservé à présenter les différents éléments qui caractérisent la gestion des stocks et des approvisionnements tout en mettant l'accent sur l'importance des stocks au sein de l'entreprise. Ensuite, une deuxième partie fera le point sur l'audit des stocks et ses spécificités en matière des risques et des contrôles à effectuer.

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Partie I : Généralités sur les stocks

I)- Définition et typologie des stocks

A)- Définitions :

Stocker, c'est

engager des dépenses pour acquérir des biens qui ne produiront des revenus

qu'ultérieurement.

Il s’agit des biens ou services entrant dans le cycle d’exploitation de l’entreprise pour être vendus en l’état ou après production ou transformation, ou être consommés à la première utilisation. Ils doivent appartenir à l’entreprise, et celle-ci doit en être propriétaire au moment de l’inventaire, ce qui signifie en particulier que doivent être compris dans les stocks les produits en cours d’acheminement ou reçus, mais dont la facture n’a pas encore été comptabilisée, et à l’inverse doivent être exclus les produits qui ont été livrés aux clients mais non encore facturés.

B)- Typologie :

La qualification de stock pour un bien ne dépend pas de la nature du bien, mais de sa destination :

sont considérés comme des stocks les biens destinés à être revendus, et non à être conservés dans l’entreprise pour y être utilisés (immobilisations). Exemple : dans une entreprise d’achat et vente de matériel informatique, les ordinateurs sont des éléments de stocks, sauf ceux qui sont mis en service pour ses propres besoins, qui sont des immobilisations.

Les stocks se différencient selon leur origine :

  • 1)- Stocks achetés : matières premières (comptes 31) – matières, fournitures et emballages (comptes

32) et marchandises (comptes 37)

2)- Stocks produits : produits intermédiaires ou finis (comptes 35) – en cours de production (comptes 33 et 34)

Est considérée comme marchandise au sens de la norme, tout ce que l’entreprise achète pour Le revendre en l’état.

Les matières premières sont des objets et des substances plus ou moins élaborés, ils sont destinés à entrer dans la composition des produits traités ou fabriqués.

Les matières et fournitures consommables sont constituées par tous produits, matières, substances ou fournitures acquis par l’entreprise, qui concourent par leur consommation à la fabrication, au traitement ou à l’exploitation sans entrer dans la composition des produits traités ou fabriqués.

Les emballages sont des objets destinés à contenir les produits ou marchandises et livrés à la clientèle en même temps que leur contenu.

Les emballages en stocks comprennent :

o

les emballages non récupérables (emballages perdus),

o

les emballages susceptibles d’être provisoirement conservés par les tiers et que l’entreprise qui les livre s’engage à les reprendre dans des conditions déterminées à condition que ces emballages ne soient pas commodément identifiable unité par unité. Dans le cas contraire, ces emballages constituent des immobilisations (compte 2333)

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Les produits en-cours sont des biens ou services non achevé à la date de clôture de l’exercice.

Les produits intermédiaires sont ceux ayant atteint un stade d’achèvement mais destinés normalement à entrer dans une nouvelle phase du cycle de production.

Les produits résiduels, comprennent les déchets et rebuts de fabrication et par extension, les produits finis et les produits intermédiaires invendable ou inutilisables en tant que tel.

Les produits finis correspondent aux biens et services qui ont atteint un stade d’achèvement définitif dans le cycle de production.

II)- Gestion des stocks :

L’objectif de la gestion des stocks est de réduire les coûts de possession (stockage, gardiennage, …) et de passation des commandes, tout en conservant le niveau de stock nécessaire pour éviter toute rupture de stock, pouvant entraîner une perte d’exploitation préjudiciable. Pour cela l’entreprise doit définir des indicateurs précis, et contrôler le mieux possible les mouvements de stocks et leur état réel.

Lorsque l’on parle de gestion des stocks, il s’agit

proprement

dit

de

la tenue

et

du suivi d’une

quantité de marchandises dans un magasin. C’est une activité à deux branches : la gestion des

mouvements de marchandises (entrées et

sorties)

et

la

gestion

des

réapprovisionnements.

Selon l’organisation de l’entreprise, ces deux tâches peuvent être confiées à une seule personne ou à deux profils de personnels différents :

o

le magasinier pour la gestion des mouvements d’entrée et de sortie et la tenue de l’inventaire

o

des stocks ; le gestionnaire des stocks pour la gestion des réapprovisionnements

1)- Le magasin :

La notion de magasin dans la pratique s’étend à tout lieu sous contrôle où un stock peut être rangé et géré. Il peut donc aussi bien s’agir d’un espace clôt ou une salle fermée, d’un aire de stockage à l’air libre (plus connu sous le non de Yard).

1-1)- Fonctions du magasin :

Le magasin est avant tout un espace de stockage où les marchandises sont rangées suivant un ordre bien précis. Il permet de garder un état juste des stocks ; il assure pour chaque article un point de gestion entre l’approvisionnement et la consommation ; c’est le lieu où l’on pointe les entrées et les sorties ; le magasin offre des emplacements de stockage bien matérialisés ; ce qui permet de réaliser des inventaires afin de garantir l’exactitude permanente des quantités de marchandises disponibles.

  • 1-2)- Principe de fonctionnement du magasin : les mouvements des marchandises :

1- La réception des marchandises

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2- A l’entrée : contrôle quantitatif et qualitatif, allotissement, pointage et mise à jour des quantités en stock. 3-A l’intérieur : stockage dans les zones et emplacements appropriés. 4- A la sortie : prélèvement, préparation des commandes, pointage et mise à jour des quantités en stock.

La réception est l’acte par lequel le destinataire des marchandises prend possession de ces dernières au moment de leur livraison par le fournisseur ou un tiers désigné (transporteur). Elle est faite par un réceptionnaire. La remise de la marchandise par le transporteur est effectuée dans tous les cas contre signature par le client réceptionnaire d’un bon de livraison. En règle générale, elle matérialise le transfert de propriété et déclenche le paiement de la facture commerciale selon la convention d'achat passée avec le fournisseur.

Le réceptionnaire a pour obligation de vérifier la conformité de la marchandise livrée au moment de la livraison avant de signer le bon de livraison. Toute anomalie concernant la livraison (avarie, produit manquant par rapport au bon de livraison, colis endommagé.) doit être impérativement indiquée sur le bon de livraison, accompagné de la signature du contrôleur.

Le contrôle de la marchandise avant l’entrée en stock est une opération qui consiste à vérifier si les articles reçus sont conformes aux prescriptions émises dans la demande d’achat. Il s’applique sur l’emballage et son contenu. D’une manière générale, le contrôle des articles est à la fois qualitatif et quantitatif :

On parle de contrôle quantitatif lorsque les vérifications sont basées sur le décompte des quantités. Selon les situations, les articles sont comptés un par un ou alors en masse. Mais dans ce dernier cas le magasinier peut avoir recours aux appareils de mesure.

Le contrôle qualitatif est un jugement porté sur la qualité de l’article reçu. C’est à dire, sur son aptitude à satisfaire le besoin de son utilisateur. Il s’applique aussi bien sur l’emballage que sur le contenu de cet emballage. En principe, il est recommandé d’ouvrir tous les emballages (cartons, caisses, charges palettisées …) afin d’en vérifier le contenu : la référence du fabricant, l’emballage, la couleur du contenu, la matière, la dimension, l’unité de livraison.

A l’entrée en stock, L'entreprise est généralement confrontée à un dilemme concernant le nombre de lieux d'entreposage. Si elle augmente le nombre d'entrepôts, elle améliore le service à la clientèle en garantissant des approvisionnements rapides et réguliers. Mais ce faisant, elle augmente ses coûts. A l'inverse, centraliser les marchandises dans un entrepôt unique a le désavantage d'allonger les délais de livraison, ce qui peut obliger les clients à augmenter leurs commandes et à accroître leur coût de stock. Cette centralisation, par contre, présentera l'avantage de réduire la surface totale d'entreposage et d'assurer une gestion plus efficace du transport de la marchandise. Les responsables doivent considérer l'équilibre entre service et coût afin de déterminer l'importance et les lieux appropriés de stockage.

La sortie des articles du magasin est exprimée par l’émission d’une demande de sortie, d’un bon de sortie ou d’une liste de prélèvement. A la réception de ce bon, le responsable du magasin identifie les articles demandés. Viennent ensuite, les opérations de collecte, préparation et expédition de la commande au demandeur. La requête de sortie est toujours motivée et datée.

1-3)- Rôle du magasinier :

Organisé, respectueux des délais, rigoureux dans le contrôle des marchandises, il a la responsabilité de la réception, du stockage, de la préparation et de la distribution des marchandises, ainsi que celle du suivi et l'inventaire des stocks.

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Ces différentes opérations sont réalisées en respectant des contraintes de temps car les délais sont impératifs. Les contrôles effectués permettent de vérifier les produits et de surveiller la marchandise afin qu’elle ne soit pas endommagée.

Il existe des magasiniers caristes et des magasiniers vendeurs

Le magasinier cariste est polyvalent : il est magasinier et il conduit les engins pour manipuler les

marchandises. C'est

la

fonction

la

plus

demandée

par

les

entreprises.

Le magasinier vendeur est essentiellement au comptoir : il est en relation avec la clientèle pour la vente, le service après vente. On le retrouve essentiellement dans les entreprises commerciales.

2)- L’inventaire :

  • 2.1 Définition :

L'inventaire est une liste exhaustive d'entités considérées comme un patrimoine matériel ou une somme de biens afin d'en faciliter l'évaluation ou la gestion.

L'inventaire est, pour l'entreprise, une obligation légale. Celui-ci doit être effectué à la fin de l’exercice comptable. Il consiste :

- à recenser les actifs physiques (immobilisations, stocks) de l'entreprise ; on parle alors d'inventaire physique - à vérifier l'exactitude des montants inscrits en créances, dettes et trésorerie.

  • 2.2 Rôle de l'inventaire :

Pour les entreprises, il doit être fait pour établir le bilan. Il permet de fixer la valeur du stock et de contrôler si aucune marchandise n'a disparu physiquement (par obsolescence, perte ou vol) ou comptablement (par erreur de gestion) et d'avoir donc une image des stocks réels au moment de l'inventaire.

Donc, l’entreprise doit obligatoirement procéder à l’inventaire physique (en quantités et en valeurs) de ses stocks au moins une fois par an, à la clôture de l’exercice .C’est ce qu’on appelle l’inventaire intermittent.

Elle peut aussi faire un suivi comptable à tout moment de ses stocks par l’inventaire permanent. Dans ce cas, les produits sont inventoriés après chaque entrée et/ou sortie. Ainsi les stocks physiques sont contrôlés plus régulièrement, les écarts analysés plus rapidement : Les fiches de stocks recensent les entrées et sorties de biens des stocks et permettent à tout moment de connaître les quantités et la valeur des stocks. Aujourd'hui, dans la plupart des entreprises, cette gestion des stocks se fait sur ordinateurs.

  • 2.3 Principes de l’inventaire :

o

Déclenchement : l’inventaire peut être déclenché par une demande formelle du décompte des articles suivant des listes fournies à des périodes définies, ou simplement après constat d’une anomalie dans les stocks.

o

Déroulement : comptage des quantités exactes disponibles ; analyse des écarts (écarts sur le nombre de références et écarts de quantités) ; vérification et validation des nouvelles valeurs ;

6

o

Fin : mise à jour des quantités dans le logiciel de gestion des stocks. Ces mises à jour font l’objet de mouvements d’entrée ou de sortie marchandise selon la nature de l’écart. La régularisation de ces écritures est effectuée par le service financier et comptable, après valorisation des stocks.

2.4 Méthodologie de l’inventaire physique :

L'inventaire physique des stocks répond à la fois à un besoin stratégique et légal pour l’entreprise. A des périodes bien planifiées, et obligatoirement à la clôture d’un exercice. Chaque entreprise est tenue d’effectuer un inventaire de ses stocks. Le but étant de s’assurer que ces derniers reflètent les quantités et les valeurs fournies par le logiciel de gestion.

Afin d’éviter la charge de travail que provoque un inventaire annuel, le choix est très souvent porté sur un système d’inventaire tournant qui lui, permet une vérification des stocks par lots ou par tranche, avec une périodicité moins longue.

L’inventaire tournant est le comptage périodique et planifié des stocks sur l’année. Dans la pratique, il se révèle comme une meilleure alternative aux inventaires permanent et annuel. Avec un inventaire tournant, des listes d’articles classés sont fournies à des périodes bien définies et le décompte des quantités disponibles pour chacune des listes se fait plusieurs fois durant l’année.

Le décompte des quantités en stock porte sur l’ensemble des éléments constitutifs du stock faisant partie du patrimoine de l'entreprise quel que soient leur nature ou leur état dans la chaîne de fabrication :

o

Les stocks de production (matières premières, en-cours de fabrication, produits semi-ouvrés,

o

produits finis) ; Les stocks hors production (pièces de rechange, consommables autres, emballages …);

o

Les stocks externes placés chez les partenaires.

Pour des raisons légales, l’exécution d’un inventaire doit inclure tous les éléments du stock, même ceux qui sont considérés comme non significatifs.

a- Préparation de l’inventaire :

La préparation d’un inventaire tournant ou annuel doit être faite sur la base d’une procédure écrite. La procédure d'inventaire a pour but de recenser toutes les difficultés susceptibles d'être rencontrées pendant l’exécution de l’inventaire et de prévoir pour chacune d’elles des solutions immédiates et appropriées. Cette procédure doit entre autre expliquer :

o Buts de l’inventaire (régularisation totale des stocks, inventaire partiel pour optimisation des coûts, contrôle de routine…) ; Le programme d’exécution de l’inventaire (date, horaires, périodicité). Pour un inventaire tournant par exemple il faut définir la régularité des comptages (articles de classe A : 1 fois par trimestre, articles de classe B : 2 fois par an, articles de classe C : uniquement en fin d’exercice …) ; Le plan du site de stockage avec un découpage dont chaque zone correspond à un nombre de référence précis. C'est-à-dire calibré pour une équipe de comptage et pour un délai fixé ; Le nombre de personnes par équipe de comptage (il convient de mettre en place un nombre de personnes suffisant pour réaliser l'inventaire dans les délais impartis pour une zone) ; Le nombre de zones par équipe de comptage;

o

o

o

o

7

o

Le formulaire utilisé pour le relevé des quantités. Le stock théorique ne doit en aucun cas figurer

o

sur ce document. Ce document doit présenter les articles par emplacement. En effet, les inventaires par emplacement plus simple à mettre en oeuvre sont généralement préférés à d’autres procédés. Ils facilitent aussi la responsabilisation des acteurs par zone ; Les règles de gestion des écarts ;

o

Les règles de validation et de saisie des données

L'organisation des inventaires varie d’une entreprise à l’autre et reste influencée par la taille mais aussi de la nature des stocks à inventorier. Toutefois, les règles suivantes doivent être examinées afin d’assurer la fiabilité des relevés de comptage :

o

Avoir des lieux de stockage clean. Ce qui demande une préparation avant le passage des équipes de comptage. Il faut au préalable s’assurer que les articles sont bien rangés et facilement identifiables par des étiquettes ou un marquage lisible et compris.Il faut bien sûr prévoir la séparation des stocks faisant partie du patrimoine de l’entreprise et les stocks appartenant à des tiers.

o

Faire une mise en forme appropriée du formulaire de comptage. Pour le cas particulier d’un inventaire par emplacement, il est toujours préférable, même si ce dernier est partiel (Classe A, B ou C), de faire figurer sur la feuille de relevé tous les articles d’un emplacement donné. Ceci permettra de gérer à la fois les écarts de référence et les écarts de quantité, sans qu’il y ait besoin de prendre des notes sur un second document. Si le stock est tenu de façon informatisée, il est recommandé d’établir des listes par emplacement et sur lesquels sont déjà indiquées les références des articles en stock et les unités de comptage (car les erreurs découlant d'une imprécision à ce niveau peuvent être très significatives). Il faut absolument omettre de cette liste les quantités théoriques.

o Former les équipes. Pour des raisons de fiabilité, l'inventaire ne doit pas être réalisé par les seules personnes ayant la charge du magasinage. il est utile de faire participer des collaborateurs d'autres services, notamment, les comptables, les acheteurs, les vendeurs et les techniciens de maintenance pour la connaissance qu’ils ont des articles. La procédure d’inventaire doit d'être communiquée et expliquée aux équipes, avec un accent particulier porté sur la prise de note lors du comptage. Il faut préciser tous les éléments à rapporter, notamment, ceux liés aux caractéristiques des articles (couleur, unité stockée, poids, volume, emplacement, état physique …).

b- Exécution des inventaires et gestion des écarts :

Durant toute la période couvrant le déroulement de l’inventaire, les exigences suivantes sont à suivre :

o

Suspension de toute activité de production durant l’inventaire des en-cours et des stocks de

o

produits semi ouvrés ; Arrêt de toutes les expéditions ou réceptions dans les magasins de produits finis et de matières

o

premières; Marquage des références comptées ou des emplacements visités. Cette action a pour but d’éviter

o

un double comptage des articles, et de faciliter l’identification de ceux qui n’auraient pas été pris en compte durant l’opération d’inventaire ; Numérotation des fiches ou liste de comptage. Les feuilles de comptage ainsi numérotées sont

o

imprimées à l’unité (pas de photocopies) ; Répartition claire des listes par équipe. Il faut surtout éviter que des personnes d’une même équipe ne se retrouvent en train de compter deux fois les mêmes pièces. D’autre part, il est important de pouvoir identifier la personne qui a remplie une liste donnée;

8

o

Recomptage des références ayant présenté des écarts significatifs avant validation des quantités comptées.

Dans un processus d’amélioration de la gestion des stocks, il convient de rechercher les raisons des écarts constatés, et de proposer des solutions adaptées pour éviter un renouvellement de la situation.

3)- La gestion des réapprovisionnements :

Approvisionner, c’est alimenter le magasin, c’est faire du stock. En d’autres termes, l’activité d’approvisionnement des stocks est génératrice d’immobilisations financières. Afin d’éviter tout risque de cumul de charge, des méthodes d’optimisation appropriés à chaque catégorie de stocks sont appliqués lors de l’approvisionnement.

Il existe deux méthodes principales de gestion des réapprovisionnements :

o

les méthodes empiriques. Elles sont fondées sur l’utilisation des historiques de consommation

o

dans le calcul des besoins futurs ; les méthodes prévisionnelles. Bien que tenant compte des historiques, celles-ci sont essentiellement fondées sur l’utilisation des variables de l’environnement, du marché des consommateurs.

Par principe, un besoin constant avec des sources et délais d’approvisionnements surs ne devrait pas donner lieu à la constitution d’un stock. L’influence des fluctuations de la demande, les risques

pouvant engendrer des retards de livraison, les petites lacunes de production … exigent pour plus de

sécurité

de

mettre

en

place

des

stocks.

La planification des approvisionnements est un processus d’optimisation qui consiste à identifier les besoins réels sur une période (en général annuelle) et à programmer le réapprovisionnement des magasins (en quantité et suivant un calendrier) de manière à générer le moins de charges possibles

pour

l’entreprise.

Définir une politique d’approvisionnement consiste donc à identifier les matières à réapprovisionner dans le stock, établir un calendrier de passation des commandes et enfin les quantités à commander. Ces deux derniers éléments (dates et quantité) sont ceux sur lesquels repose le choix de la politique d’approvisionnement.

Suivant les combinaisons des dates et quantités de commande, il est en théorie possible de définir quatre politiques de base pour réapprovisionnement du stock :

3-1- Méthode de réapprovisionnement à Date et Quantité fixes :

Aussi connue sous le nom de « méthode calendaire », elle s’utilise le plus dans le cadre d’un contrat de livraison annuelle conclu auparavant avec un fournisseur. Des quantités presque équivalentes de matières sont livrées à des dates fixes. Cette politique est mieux adaptée pour des produits dont la

consommation

est

constante

et

régulière.

Avantages : simplification de la gestion des stocks, gains d’échelles négociables au vu de la quantité

souvent

élevée

de

ce

type

de

commande

annuelle.

Inconvénients : si la quantité de réapprovisionnement est mal calculée ou si la consommation n'est pas

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régulière, il y a risque de cumul de stock (immobilisation financière à éviter) ou de rupture de stock.

En cas

de

risque de rupture du stock,

les livraisons urgentes ou hors contrat, peuvent être très

coûteuses

(recours

au

fret

aérien,

lancement

spécial

chez

le

fournisseur…)

3-2- Méthode de réapprovisionnement à Date fixe et Quantité variable ;

Aussi connue sous le nom de « méthode de recomplètement », elle est adaptée pour les produits coûteux, périssables ou encombrants et dont la consommation est régulière. Pour chaque produit concerné, un niveau de stock maximum est défini. A période fixe, le gestionnaire analyse son stock restant et émet une commande en quantité permettant de le ramener au niveau de stock maximum autorisé.

Avantages :

simplification

de

la

gestion

et

maîtrise

des

immobilisations

financières

Inconvénients : si la consommation pour une raison quelconque devient irrégulière, il y a risque de

cumul

de

stock

(immobilisation

financière

à

éviter)

ou

de

rupture

de

stock.

3-3 - Méthode de réapprovisionnement à Date variable et Quantité fixe ;

Aussi connue sous le nom de « méthode du point de commande », celle-ci consiste à définir, pour les articles concernés, un niveau de stock minimum, qui permet à la fois de déclencher la commande en quantité fixe (lot économique), mais aussi de couvrir les besoins durant le délai de livraison (délai allant de la date de déclenchement de commande à la date de livraison). Cette technique est essentiellement adaptée pour les articles très coûteux et dont les consommations sont peu régulières.

Le lot économique est une quantité fixe et invariable d’un article que le gestionnaire des stocks demande à chaque émission de besoin. Cette quantité résulte d’une formule appelée « formule de

Wilson ». Elle permet à la fois de faire le minimum de commandes pour un article donné et d’obtenir

le

coût

de

stockage

optimal

pour

ce

même

article.

Avantages : la commande par lot économique permet de faire une meilleure optimisation des approvisionnements. Des calculs bien faits évitent de lourdes immobilisations financières. Inconvénients : si la consommation subit une croissance subite et irrégulière, il y a risque de rupture de

stock. Cela impose quelque fois la mise en place d’un stock de sécurité. Ce qui finalement ne résout le

problème

d’immobilisation

financière

que

dans

une

moindre

mesure.

3-4- Méthode de réapprovisionnement à Date et Quantité variables ;

Cette méthode est adaptée aux stocks de projets. Les commandes se font exclusivement sur besoin. En d’autres termes, les quantités sont à chaque fois le résultat d’une estimation des besoins à court terme. Ces derniers peuvent aussi simplement correspondre à une étape dudit projet.

Avantages

:

limitation

des

immobilisations

financières

inutile

à

une

date

donnée.

10

Inconvénients : très sensible aux aléas de l’environnement. Un incident mineur put finalement avoir des conséquences majeures sur l’ensemble du projet.

III)- Classement des stocks :

Quand le nombre des articles devient trop nombreux, l’entreprise ne peut concentrer avec la même précision sur l’ensemble des donnés. Il est donc nécessaire de donner un classement afin de mieux

gérer les stocks. On ne gère pas à la même manière les fournitures de bureau et les articles destinés à

la

production.

Car toute action de gestion implique un coût (l’élaboration des méthodes, mise en en place, surveillance,…).

Il existe différentes méthodes de gestion des stocks.

De façon générale, tous les produits ne sont pas gérés de la même manière. La complexité des méthodes de gestion est fonction de l’importance (économique, stratégique…) du composant considéré.

A) La classification ABC (Loi 20-80)

Pour faciliter les regroupements de produits d’importances similaires, on utilise très fréquemment la méthode dite de classification ABC.

Il y a plusieurs appellations pour cette méthode :

Méthode ABC (parfois étendue à ABCD).

Méthode des 80-20 (ou des 20-80).

Loi de Pareto.

L’hypothèse de base de la méthode ABC est la suivante :

Quand un processus est distribué selon un grand nombre de variantes, la probabilité est forte qu’environ 20 % de ces variantes représentent quelques 80 % des occurrences. D’un point de vue pratique, on utilise souvent un classement en trois groupes (80-15-5) au lieu de deux ce qui limite les effets de bords, d’où l’appellation ABC.

La méthode ABC est générique, elle ne se limite aucunement à la gestion des stocks. Par exemple :

20 % des clients représentent 80 % du chiffre d’affaires.

11

20 % des composants représentent 80 % de la valeur du stock.

20 % des produits achetés représentent 80 % du budget achat.

20 % des traites reçues représentent 80 % des encaissements.

On commence par choisir un critère significatif de l’analyse à mener. Dans notre cas, on pourra prendre la valeur du stock de chaque composant.

On classe les différents composants par ordre décroissant de valeur stockée.

On calcule la part de chaque composant dans la valeur du stock.

On calcule les parts cumulées.

On appelle de rang A, les composants représentants les premiers 80 %, de rang B

les 15 % suivants et de rang C, les 5 % restants. Alternative : A les 20 % des composants représentants le plus gros chiffre, B les 40 % suivants et C les 40% restants.

Exemple:

Supposons le stock de produits qu’on dispose est présenté comme suit :

Référence

Valeur

article

du stock

1

3

2

5

3

3

4

45

5

2

6

2

7

36

8

1.5

9

1.5

10

1

Après avoir procéder à un ordre décroissant par valeur de stock, on obtient :

12

Référence

Valeur

 

Part

 

article

du stock

Part %

cumulée

Rang

 
  • 4 45.00%

  • 45 45.00%

 

A

 
  • 7 81.00%

  • 36 36.00%

 

A

 
  • 2 86.00%

  • 5 5.00%

 

B

 
  • 1 89.00%

  • 3 3.00%

 

B

 
  • 3 92.00%

  • 3 3.00%

 

B

 
  • 5 94.00%

  • 2 2.00%

 

B

 
  • 6 96.00%

  • 2 2.00%

 

B

 
  • 8 97.50%

  • 1.5 1.50%

 

C

 
  • 9 99.00%

  • 1.5 1.50%

 

C

10

1

1.00%

100.00%

C

On accordera une attention particulière aux composants de rang A. C’est d’abord sur eux que doit porter l’effort de gestion du stock.

Le but managérial de cette méthode d’analyse étant d’optimiser les coûts ou les bénéfices de l’entreprise, Il convient, pour chacun des maillons de la chaîne logistique de faire une segmentation par classe et d'assurer une gestion d'autant plus minutieuse que les valeurs sont importantes (les produits/clients/fournisseurs/ateliers… de la classe A seront suivis avec plus de rigueur, puis ceux de la classe B, enfin ceux de la classe C).

Interprétation des résultats des analyses 20/80 et ABC

*Cas des stocks destinés à la vente (Optimisation du chiffre d’affaire) :

Dans le cas de produits destinés à la vente, les règles de gestions suivantes peuvent être appliquées :

o

Ruptures de stock non autorisée pour les articles de la classe A ;

o

Planification des approvisionnements sur mini/maxi pour la classe A, commandes par lots

o

pour la classe B, et commandes sur besoin pour la classe C ; Stock de sécurité accepté pour la classe A, pas de stock de sécurité pour les classes B et C ;

o

Inventaires tournants pour les classes A (tous les trimestres) et B (tous les 6 mois), inventaire annuel pour la classe C.

La classification ABC doit toutefois être complétée et analysée avec prudence. Par exemple, certains composants de faible valeur et éventuellement difficiles à obtenir peuvent entraîner à eux seuls des arrêts de chaîne. Appartenant éventuellement à la catégorie C, ces composants stratégiques doivent néanmoins faire l’objet d’attentions particulières.

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Cette remarque vaut naturellement quelque soit le domaine auquel on applique la classification.

B) Méthode de la quantité économique

On veut en fait optimiser le coût de stockage et le coût de lancement d’une commande et répondre aux deux questions suivantes:

Quand approvisionner Combien approvisionner ?

Chaque fois qu’on lance une commande d’achat ou un ordre de fabrication, cela coûte de l’argent à l’entreprise. Ce coût est obtenu en divisant le coût total de fonctionnement du service achat par le nombre de commandes passées annuellement.

*Calcul de la quantité économique

On supposera pour résoudre ce problème des hypothèses simplificatrices suivantes :

  • - les coûts sont proportionnels au nombre de pièces achetées On considère qu’il n’y a pas de rabais lors qu’on achète des grandes quantités ce qui est très simplificateur. Cependant le fait d’acheter plus

et d’avoir une quantité de stock plus importante va augmenter le coût la possession de stock et pourra même annuler l’effet du rabais ;

  • - il n’y a pas de pénurie. Pas de coût pour rupture de stock. Encore une fois, une hypothèse très simplificatrice car le coût de rupture de stock, bien que difficile à chiffrer, existe. C’est le cas de

ventes différées ou perdues ;

  • - la demande est régulière (on doit connaître la demande prévisionnelle pour l’année en question qui

doit être constante et continue. Or, rares sont les activités qui sont de ce cas là ;

  • - les coûts de possession et de lancement d’une commande sont définis et constants ;

  • - chaque article est traité comme un produit indépendant ;

  • - cette méthode est surtout utile aux articles dont le délai d’approvisionnement est élevé.

-La quantité économique à commander est égale à :

Qe = 2.N.L /a.t

14

Où N : nombre annuel de pièces consommées L : coût de passation d’une commande t : taux de possession de stock a : prix unitaire de la pièce

Où N : nombre annuel de pièces consommées L : coût de passation d’une commande t

EXEMPLE :

Consommation Annuelle N=200.000 pièces par an Coût de passation d’une commande L=150FF Coût de Possession de stock t=20% Prix unitaire d’une pièce a=10FF Date de la première commande = 15 Octobre 1999

Qe = 2 x 200.000 x 150 =5477 (on va donc commander 5477 pièces à chaque commande) 10 x 0.2

et on approvisionnera tous les

365 x 5477

= 10 jours 200.000P.

L’approvisionnement est déclenché par le passage du stock physique en dessous d’un seuil fixe appelé point de commande. C’est donc la consommation qui est à l’origine du déclenchement des approvisionnements.

Représentation Graphique du modèle Wilson

15

Cette méthode consiste donc à compléter de façon régulière le stock pour atteindre une valeur Qm.

Cette méthode consiste donc à compléter de façon régulière le stock pour atteindre une valeur Qm. Si on considère que le temps de livraison est de 5 jours, on devra passer la commande 5 jours avant que le stock n’arrive au stock de sécurité.

Donc passation de commande le 01/10, 10/10, 20/10, 01/11, 10/11/99, etc.

Le grand avantage de cette méthode consiste donc dans sa simplicité puisqu’elle ne nécessite de connaître que l’état des stocks et les commandes d’approvisionnement émises.

IV)- Comptabilisation des stocks :

A. Inventaire intermittent :

Dans cette organisation comptable, c'est seulement en fin de période que sont inscrits dans les comptes de la comptabilité générale les existants chiffrés en valeur.

Comptabilisation des variations de stocks :

  • 1. Annulation des stocks initiaux.

  • 2. Constatation des stocks finals.

Comptabilisation des provisions pour dépréciation des stocks :

  • 1. Annulation des provisions/stocks initiaux.

  • 2. Constatation des provisions/stocks finals.

Variation des stocks : Stock final – Stock initial

La variation des stocks est :

  • - positive en cas d'augmentation des stocks (SF>SI)

  • - négative en cas de diminution de stocks (SF<SI)

C'est la nature du solde du compte de variation de stocks qui permet de déterminer le signe (+ ou -) de la variation

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NB : -les variations de stocks sont calculées sur les valeurs d'entrée. -les stocks qui figurent dans la balance avant inventaire sont les stocks initiaux.

B .Inventaire comptable Permanent:

C'est l'organisation des comptes, qui, par l'enregistrement des mouvements (entrées, sorties) permet de connaître de façon constante, en cours d'exercice, les existants chiffrés en quantité et en valeurs, la méthode s'applique particulièrement aux stocks.

Les entreprises peuvent, tenir l'inventaire permanent dans les comptes de stocks correspondants de la classe 3 suivant les modalités définies ci-après :

- En ce qui concerne les stocks acquis par l'entreprise à l'extérieur : les achats des marchandises, matières et fournitures les comptes 6111 et suivants (sauf 6114 variation des stocks de marchandises). 6121 et suivants (sauf 6124 variation des stocks de variation de stocks de marchandises). 6121 et suivants (sauf 6124 variation des stocks de matières et fournitures) sont débités par le crédit des comptes intéressés des classes 4et 5 :

En cours d'exercice les comptes de stocks fonctionnent comme des comptes de magasin :

* Ils sont débités des entrées consécutives aux achats par le crédit des comptes 6114 et 6124.

* Ils sont crédités des sorties valorisées en coûts par le débit des ces mêmes comptes.

En fin d'exercice, les soldes des comptes issus des postes 611 et 612 représentant respectivement le montant des achats revendus de marchandises (achats de l'exercice corrigés de la variation de stock) et le montant des achats consommés de matières et de fournitures (achats de l'exercice corrigés de la variation de stocks).

  • - En ce qui concerne les stocks produits par l'entreprise elle-même:

En cours d'exercice les comptes de stocks fonctionnent comme des comptes de magasin :

* Ils sont débités des entrées valorisées en coûts de production par le crédit du compte 7132 variations de stocks de biens produits ; * Ils sont crédités des sorties, selon, un coût calculé conformément aux méthodes d'évaluation utilisées par l'entreprise, par le débit du compte 7132 ;

En fin d'exercice, le solde du compte 7132 représente la variation des stocks des produits au cours de l'exercice ;

  • - En ce qui concerne les produits en cours ;

Comptabilisation des mouvements de stocks :

o Stocks acquis par l'entreprise à l'extérieur :

17

o Stocks produits par l’entreprise : o Stocks de produits en cours : 18

o

Stocks produits par l’entreprise :

o Stocks produits par l’entreprise : o Stocks de produits en cours : 18
o Stocks produits par l’entreprise : o Stocks de produits en cours : 18

o

Stocks de produits en cours :

18

Partie II : L’audit des Stocks I)- Les principaux Objectifs de l’audit des stocks  Tous

Partie II : L’audit des Stocks

I)- Les principaux Objectifs de l’audit des stocks

Tous les mouvements de stock sont saisis et enregistrés ;

Tous les stocks enregistrés sont protégés et appartiennent à l’entreprise ;

Les stocks sont correctement évalués ;

Le respect des règles d’évaluation des stocks à l’entrée ;

La séparation des taches (entre comptable et magasinier) ;

Le contrôle de l’enregistrement des sorties ;

Le contrôle régulier des stocks ;

La liaison entre inventaire permanent et comptabilité ;

Les stocks figurants au bilan sont la propriété effective de l’entreprise ;

Les stocks sont évalués au cout de revient ;

II)- Les étapes fondamentales de la mission d’audit des stocks

A. l’ordre de mission :

L’ordre de la mission est l’acte de naissance de la mission d’audit. Il peut s’agir d’une « lettre de mission » qui est un document contractuel échangé entre une entreprise et un intervenant extérieur, ou d’un mandat donné par la Direction Générale à l’ Audit Interne et répond à trois principes essentiels :

  • 1. Premier principe : l’Audit interne ne peut se saisir lui-même de ses missions. Il est là pour réaliser les missions qui lui sont confiées et dont la décision ne lui appartient pas.

  • 2. Deuxième principe : l’ordre de mission doit émaner d’une autorité compétente, c’est le plus souvent la Direction Générale ou le Comité d’ Audit s’il en existe un.

  • 3. Troisième principe : l’ordre de mission permet l’information à tous les responsables Concernés.

19

  • B)- la phase de la préparation :

Exige des auditeurs une capacité importante de lecture, d’ attention et d’ apprentissage, et une bonne connaissance de l’ entreprise car il faut savoir où trouver la bonne information et à qui la demander. Elle peut se définir comme la période au cours de laquelle vont être réalisés tous les travaux préparatoires avant de passer à l’action.

1)- La prise de connaissance :

Sans connaître nécessairement le métier de l’entité à auditer, l’auditeur doit au moins en avoir la Culture pour être en mesure de comprendre les explications qu’il va chercher et solliciter, plus généralement, pour se faire admettre aisément.

L’auditeur va donc planifier sa prise de connaissance en ayant soin de prévoir le ou les moyens les plus appropriés pour acquérir le savoir nécessaire à la réalisation de sa mission.

Ces moyens sont :

  • a. Questionnaire de prise de connaissance :

Il est élaboré à partir les dossiers d’audits, rapports d’audits antérieurs, notes de services, les documents à jour sur les méthodes et procédures de travail, les rapports et comptes rendus de service à auditer, les notes relatives à des modifications récentes ou à venir dans l’ organisation, les responsabilités ou les méthodes de travail.

  • b. Les interviews :

Elles sont tout à la fois un moyen de connaître et un moyen de se faire connaître.

  • c. Les grilles d’analyse des tâches pour bien comprendre les principaux acteurs

  • d. Flow Charts pour analyser le circuit des documents essentiels

  • e. Rapprochements statistiques divers

En matière d’audit des stocks, l’auditeur doit avoir une connaissance de :

o

La nature des produits stockés.

o

Les instructions de prise d’inventaire.

o

La nature des systèmes comptable et de contrôle interne utilisés en matière de stocks.

o

Méthode d’évaluation et de valorisation des stocks.

2)- Evaluation des risques :

Il s’agit d’une « identification des zones à risques », on identifie les endroits où les risques les plus dommageables sont susceptibles de se produire, plutôt que d’analyser les risques eux-mêmes. Le but est de construire de façon modulée un programme en fonction non seulement des menaces mais également de ce qui a pu être mis en place pour y faire face. Il existe deux pratiques pour identifier les risques :

- La première consiste à faire une impasse sur cet aspect en pensant avoir une bonne connaissance du sujet, définissant aussitôt leur programme d’audit. C’est approuvable tant que le sujet est simple, dans le cas contraire, certaines entraves peuvent se présenter tels que :

20

a. L’omission de certaines zones de risques essentiels, b. Une importance exagérée accordée aux questions accessoires.

- La seconde se focalise sur l’identification des forces et des faiblesses en analysant en détail les conséquences, en calculant le degré de confiance, en assortissant le tout de commentaires. C’est certes du bon audit, mais un peu trop excessif à ce stade car on analyse l’ audit avant de l’avoir commencé.

Ces deux pratiques correspondent à deux types d’analyse, elles ont des incidences directes sur le contenu des phases ultérieures de la mission :

· Une approche « in abstracto » :

Qui consiste à définir les risques potentiels à partir de considérations générales, ou de la connaissance préalable que l’on peut avoir de la situation au sein de l’entreprise. Par exemple :

Risque de perte ultérieure dû à une mauvaise évaluation des stocks ou un risque fiscal suite à

une mauvaise valorisation de stock. Cette approche va entraîner, des observations réalisées sur le terrain en grande quantité et de façon approfondie ; il y aura donc une phase de réalisation d’ autant plus importante que la phase préparatoire aura été brève.

· Une approche « in concreto » :

Qui consiste à définir les risques réels en appliquant en sorte un audit avant audit à travers des prises de contact, des observations. Cette approche va donc transformer la phase de réalisation en une validation rapide sur le terrain des observations antérieures.

C)- La phase de réalisation :

Fait appel aux capacités d’observation, de dialogue et de communication. C’est à ce stade que l’auditeur va procéder aux observations et constats qui vont lui permettre d’élaborer la thérapeutique.

Certains aspects de contrôle interne étant couverts dans les cycles achats ou ventes, nous n'examinerons ici que :

  • 1. le contrôle comptable,

  • 2. l'identification et la protection des stocks,

  • 3. l'imputation des coûts de production,

  • 4. la valorisation,

  • 5. les contrôles globaux de vraisemblance.

1). Contrôle comptable :

Généralement, un contrôle interne sera caractérisé par :

· L'utilisation et le contrôle de pièces pré numérotées et approuvées pour mouvementer les stocks (bons de réception, bons de livraison, bons de sortie de production ), ...

· L'existence d'inventaire permanent ou de fiches de stock, de préférence tenus par d'autres personnes que les gardiens des marchandises (qui souvent tiennent pour eux-mêmes un cahier des entrées et sorties ou des fiches de magasin),

· L'utilisation de pièces comptables pré numérotées et approuvées pour mouvementer les inventaires permanents comptables (généralement les doubles des documents décrits plus haut),

21

·

L'enregistrement

correct

des

stocks

à

l'extérieur

(tenue

de

fiches

séparées

par

article,

lieu

d'entreposage

...

),

· L'enregistrement correct des stocks n'appartenant pas à l'entreprise (consignation, dépôt, prêts la tenue de fiches par article et par bénéficiaire,

)

par

· Les contrôles réciproques entre services (Réception, Expédition, Magasin) et une analyse des écarts,

· Un contrôle adéquat des mouvements par les services de production, d'expédition et les gestionnaires de stocks et une analyse des écarts.

  • 2. Identification et protection des stocks :

Les éléments suivants sont en général indicatifs d'un bon contrôle en la matière :

· La responsabilité des stocks est confiée à une personne bien précise,

· Les stocks sont physiquement protégés des risques naturels (assurances, bâtiment détériorations (endroits clos, gardiens, extincteurs ), ...

...

)

et des vols ou

· Des comptages physiques réguliers et un contrôle sont assurés par une personne n'ayant pas la garde des stocks,

· Des procédures d'inventaire physique adéquates permettant des comptages exacts ainsi que la description et l'identification des stocks endommagés ou en quantité excessive,

· Un rapprochement entre quantités physiques et quantités théoriques est opéré et une recherche des écarts est réalisée,

· Des feuilles de comptages pré numérotées sont utilisées,

· Un contrôle réciproque entre services (Réception, Expédition, Magasin) est effectué,

· Il existe un contrôle adéquat des mouvements par la production, l'expédition et les gestionnaires de stocks,

· Des procédures de séparation d'exercice appropriées sont définies, tant pour les achats et les ventes que pour la production.

  • 3. Imputation des coûts de production :

Les principaux aspects positifs d'un bon contrôle interne à ce niveau sont les suivants :

Existence d'une comptabilité analytique rapprochée de la comptabilité générale et comprenant entre autres :

* Une analyse correcte des consommations de matières grâce à des bons de production, fiches suiveuses, etc., et l'émission d'un document pour tout mouvement physique des magasins vers la Chaîne, à l'intérieur de la chaîne, et de la chaine vers les magasins de produits finis,

* Une prise en compte des pertes et déchets et leur contrôle,

* Un traitement correct des temps morts, arrêts de production, etc,

* Une imputation correcte des frais généraux de production,

22

* La prise en compte de la sous-activité (à l'exclusion de la valorisation des stocks),

* Analyse de l'importance des écarts permettant de juger du caractère raisonnable du système de coûts dans le cas où un système de coûts standard est utilisé.

  • 4. Valorisation :

Un contrôle interne satisfaisant à ce niveau doit permettre :

· De justifier à tout moment la décomposition des coûts de revient et permettre leur rapprochement avec les coûts réels dans le cas d'utilisation de coûts standards,

· L'existence d'un inventaire permanent ou de fiches de stocks tenues en quantité et en valeur,

· L'existence de procédures permettant de déterminer le prix du marché ou le prix de réalisation nette,

· Une revue régulière des stocks obsolètes endommagés ou à faible rotation et la constitution de provisions adéquates.

  • 5. Contrôles globaux de vraisemblance :

On citera entre autres :

· La comparaison de prix unitaires entre exercices,

· La comparaison des marges brutes et taux de rotation,

· Les statistiques comparées de production, consommation, déchets, etc.,

· La revue finale des stocks et de leur valorisation par un responsable élevé dans la hiérarchie.

D. La phase de conclusion :

Cette phase exige une grande faculté de synthèse et une aptitude certaine à la rédaction. L’auditeur va élaborer et présenter son produit après avoir rassemblé les éléments de sa récolte.

Dans cette phase, l’auditeur informe l’entreprise des erreurs et les corrections éventuelles de ces erreurs, il peut également proposer des améliorations. Vu l’importance de la prise de l’inventaire dans la mission d’audit des stocks, on a jugé utile de présenter en détail son déroulement.

III)- Méthodologie d’audit de l’inventaire par observation physique

L’auditeur intervient :

· Avant l’inventaire physique. · Au cours de l’inventaire. · Après l’inventaire.

A)- Intervention avant la prise d inventaire :

  • 1. connaissance préalable de :

  • 1. Stocks, lieux de stockage et processus de production ;

23

2.

Le système de contrôle interne de fonction achat, vente, production (existence de bons d’entrée, de sortie, de transfert, de production pré numérotés ou non, séparation des tâches) ;

3.

La gestion des stocks (existence de fiches de stocks, d’un inventaire permanent informatisés ou non…) ;

4.

Instructions de prise d’inventaire ;

2.

Evaluation des instructions :

L’auditeur s’assure que les instructions comportent les informations nécessaires pour permettre la fiabilité de la saisie des quantités et des autres informations, il peut utiliser pour cette évaluation :

1.

la liste aide mémoire des principales procédures d’inventaire physique.

2.

le questionnaire d’inventaire physique.

L’auditeur obtient des informations précises sur les points suivants :

 

les dates et heures de début et de fin de la prise d’inventaire.

les modalités de la prise d’inventaire (inventaire complet, partiel, tournant,…).

les lieux de stockage et les produits qui seront inventoriés.

les modalités de saisie et de recoupement des travaux en cours.

l’existence de stock en dépôt ou en consignation dans l’entreprise et appartenant à des tiers ou de stocks appartenant a l’entreprise et se trouvant chez des tiers.

Il est important d’obtenir les procédures et de procéder à leur évaluation suffisamment à l’ avance, afin que l’entreprise puisse effectuer les modifications qui s’ imposent, pour assurer la fiabilité des comptages et de leur centralisation.

3.

Visite préalable sur les lieux

Une visite des lieux de stockage avant l’inventaire permet à l’auditeur de s’assurer que les articles sont correctement rangés pour pouvoir être recensés dans de bonnes conditions.

4.

. Programme et planning :

Les informations recueillies permettent à l’auditeur :

1.

De planifier son intervention

 

Dans le temps, en fonction des dates prévues.

Dans l’espace, en fonction des lieux où se déroule l’inventaire.

2. De préparer un programme de travail adapté tenant compte des particularités de l’entreprise :

 

Domaines sensibles.

Nature et volume des sondages et contrôles à effectuer.

Natures des informations à collecter.

3.

De prévoir les collaborateurs nécessaires compte tenu des travaux planifiés.

24

B )- Intervention pendant l’inventaire :

  • 1. Application des instructions de l inventaire :

Les contrôles portent essentiellement sur : La façon dont la prise d’inventaire est effectuée par le personnel de l’entreprise et par conséquent sur la façon dont les procédures sont appliquées.

Il est important d’assister au début et à la fin de l’inventaire :

· Au début pour s’assurer que :

L’inventaire va se dérouler dans de bonnes conditions.

Les instructions ont été bien comprises et sont correctement suivies.

· A la fin pour :

Contrôler la procédure de centralisation des fiches et feuilles de comptage.

Pour prendre une copie de la feuille de suivi des fiches.

L’auditeur doit s’assurer au moyen de sondages que :

· Les unités de comptage sont correctement utilisées. · Les appareils de mesure ou de comptage sont fiables. · Le contenu des cartons ou autre conteneurs correspond bien aux articles relevés. · Les piles ne comportent pas de manquants. · Toutes les zones où peuvent se trouver des stocks sont biens repérées. · Les fiches de comptage sont correctement remplies par les équipes de comptage.

b. Sondages sur les quantités :

L’auditeur effectue un certain nombre de comptage qu’il consigne dans les dossiers pour contrôle ultérieur avec l’inventaire définitif :

· Désignation, référence et localisation de l’article. · Unité de comptage. · Quantité comptée par l’auditeur, par le personnel de l’entreprise, et celle figurant éventuellement sur les fiches de stocks de l’inventaire permanent.

Le volume de ces sondages est fixé par l’auditeur en fonction :

· De sa connaissance de l’entreprise. · Du contrôle interne de la fonction stocks. · De la qualité de la procédure de prise d’inventaire. · De la qualité de l’application de cette procédure.

L’auditeur organise ces contrôles pour s’assurer que :

· Tout élément existant physiquement est correctement recensé. · Tout élément recensé existe physiquement. Pour ce faire, il sélectionne des éléments :

· Sur les aires de stockages, et s’assure qu’ils sont ou seront correctement saisies sur les fiches de comptage.

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· Sur les fiches de comptage de l’entreprise et s’assure qu’il existe bien physiquement.

Les sondages effectués, relevés sur ses feuilles de travail, lui permettront de s’assurer que les fiches n’ont pas été modifiées. Il peut également faire un relevé ou des copie d’un certain nombre de fiches établis par le personnel de l entreprise.

c. Indépendance des exercices :

Les informations relevées dépendent du système prévu par l’entreprise, elles consistent à relever

Lorsqu’ il existe des documents pré numérotés :

· Les derniers numéros des documents utilisés jusqu’ à la date d’inventaire. · Bon de réception et de retours des clients. · Bon de livraison et de retours aux fournisseurs.

Lorsqu’ il existe un inventaire permanent :

· Les bons de transfert entre magasins ou du stock de matières premier vers les encours, · Les derniers bons de production.

C)- Intervention après l inventaire :

  • 1. Contrôle de la centralisation des quantités :

Après la prise d’inventaire, l’auditeur doit s’assurer que :

· Les comptages effectués par le personnel sont correctement centralisés. · Que les quantités dont l’ existence physique a été démontrée sont bien celles qui sont utilisées pour valoriser l’inventaire.

Il s’assure également :

· Du report de toutes les fiches sur l’état des stocks, par sondage à partir des fiches, ou par contrôle des séquences numériques. · Que seules les fiches d’inventaire ont été reprises sur l’état des stocks, par sondage à partir de l’état des stocks, ou par contrôle des séquences numériques. · Que les récapitulations sont arithmétiquement exactes, par des sondages sur les calculs effectués manuellement ou au moyen d’outils informatique d’aide à l’audit. · Que les informations éventuelles relatives à la dépréciation des stocks relevées lors de l’inventaire sont prises en compte.

  • 2. Suivi des sondages et informations relevées :

Ce suivi est effectués grâce au :

· Recoupement du résultat des sondages effectués lors de l’inventaire physique par l’auditeur, et des informations collectées avec l’état d’inventaire utilisé pour la valorisation. · Pointage des fiches de comptages photocopiées avec l’état d’inventaire valorisé.

· Pointage des numéros et des fiches de comptage avec les fiches rendues utilisées par les équipes et notées sur la feuille de suivi des fiches.

  • 3. Séparation des exercices :

A partir des informations relevées lors de l inventaire physique, les contrôles suivants sont effectués :

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Période qui précède l’inventaire :

· Comparaison des bons de réception dont les numéros sont antérieurs au dernier numéro relevé lors de l’ inventaire avec les factures d’achat correspondantes, en s’assurant qu’ elles ont été comptabilisées avant la date d’ inventaire.

· Comparaison des bons d’expédition dont les numéros sont antérieurs au dernier avec les factures de ventes correspondantes, en s’assurant qu’ elles ont été comptabilisées avant la date d’ inventaire.

Période postérieure à l’inventaire (à l’inverse) :

· Les bons d’expédition, dont les numéros sont postérieurs au dernier ne doivent pas avoir donné lieu à l’enregistrement d’une facture de vente ou d’un avoir au client avant la date d’inventaire.

· Les bons de réception dont les numéros sont postérieurs au dernier numéro ne doivent pas donner lieu à l’enregistrement d’une facture d’ achat avant la date d’ inventaire.

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