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Le carbone en électrotechnique

par Michel COULON


Directeur de la Recherche et de la Technologie
Conrad REYNVAAN
Directeur Technique du Département Applications Électriques
et Jacques MAIRE
Directeur Scientifique en retraite

Directeurs à la société Le Carbone-Lorraine

1. Généralités................................................................................................. D 2 660 - 2
1.1 Définition ...................................................................................................... — 2
1.2 Structure....................................................................................................... — 2
1.3 Propriétés ..................................................................................................... — 4
1.3.1 Caractéristiques générales................................................................. — 4
1.3.2 Propriétés physiques.......................................................................... — 4
1.3.3 Propriétés chimiques.......................................................................... — 5
1.4 Fabrication des carbones et des graphites................................................ — 5
1.4.1 Carbones et graphites polygranulaires............................................. — 5
1.4.2 Carbones et graphites monolithes .................................................... — 7
1.4.3 Carbone déposé en phase vapeur..................................................... — 8
1.4.4 Feuilles souples de graphite .............................................................. — 8
1.5 Mise en œuvre pour les applications électriques ..................................... — 8
2. Électrodes, charbons d’arc et résistances........................................ — 9
2.1 Utilisation en électrochimie ........................................................................ — 9
2.1.1 Électrolyse et aciérie........................................................................... — 9
2.1.2 Protection contre la corrosion ........................................................... — 9
2.1.3 Piles électriques .................................................................................. — 9
2.2 Charbons d’arc............................................................................................. — 10
2.2.1 Généralités .......................................................................................... — 10
2.2.2 Utilisation pour l’éclairage................................................................. — 11
2.2.3 Charbons pour la spectrographie...................................................... — 11
2.2.4 Charbons de soudage et de gougeage ............................................. — 11
2.3 Usinage par électroérosion......................................................................... — 13
2.4 Résistances électriques ............................................................................... — 14
2.4.1 Résistances fixes à température ambiante....................................... — 14
2.4.2 Résistances à haute température ...................................................... — 14
2.4.3 Résistances variables contenant du carbone ................................... — 15
3. Contacts électriques fixes et glissants.............................................. — 15
3.1 Contacts de coupure.................................................................................... — 15
3 - 1994

3.2 Frotteurs de captation de courant .............................................................. — 16


3.2.1 Petits frotteurs pour rhéostats et potentiomètres............................ — 16
3.2.2 Frotteurs sur fils et rails conducteurs ............................................... — 16
3.3 Balais ............................................................................................................ — 18
3.3.1 Principes .............................................................................................. — 18
3.3.2 Transmission du courant.................................................................... — 19
D 2 660

3.3.3 Nuances de balais............................................................................... — 21


3.3.4 Fonctionnement des balais................................................................ — 23
3.3.5 Influences extérieures sur le fonctionnement des balais................ — 26
3.3.6 Recommandations.............................................................................. — 27
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 2 660

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 2 660 − 1
LE CARBONE EN ÉLECTROTECHNIQUE ______________________________________________________________________________________________________

’élément carbone, du fait de ses propriétés, est le constituant essentiel ou


L unique de toute une série de matériaux aux applications diverses.
Cet article [D 2 660] est consacré, exclusivement, aux applications en électro-
technique, qui ne représentent qu’une partie de son utilisation. Après avoir
rappelé les propriétés générales des carbones et des graphites (§ 1), décrit
certains procédés de fabrication traditionnels et les nouveaux produits, nous
abordons les applications avec passage de courant électrique :
— électrodes (§ 2.1 et 2.3), en particulier dans les piles électriques, pour
lesquelles on utilise l’inertie chimique du carbone ;
— charbons d’arc électrique (§ 2.2) où l’on fait appel à la réfractarité et à la faible
résistivité du graphite ;
— effet Joule (§ 2.4) où l’on joue sur un assez large domaine de résistivité des
matériaux carbonés ;
— contacts électriques, fixes ou glissants (§ 3), dans lesquels, outre la réfracta-
rité, c’est l’insoudabilité du carbone qui le rend indispensable, en particulier dans
les balais pour moteurs électriques, principales applications en électrotechnique.
Pour plus de détails concernant les généralités et les autres applications du
carbone, on pourra consulter les ouvrages et revues cités en [Doc. D 2 660], aux
références [1] à [8], ainsi que les abstracts des congrès Carbone qui ont lieu tous
les ans dans le monde (États-Unis, Europe et Japon). Concernant les contacts
électriques et les balais, on consultera les comptes rendus des conférences
internationales et des « Holm conférences ».
L’avenir réserve encore de beaux jours au carbone et à ses composés d’inter-
calation, en particulier en ce qui concerne les molécules de carbone sphériques
récemment découvertes : les fullerènes, dont les propriétés sont encore assez
mal connues (supraconductivité, lubrification, stockage de l’énergie).

1. Généralités graphite naturel hexagonal (figure 1), les atomes de carbone d’une
couche se projetant par moitié sur ceux des couches supérieure ou
inférieure (translation AB, AB).
1.1 Définition Les distances interatomiques dans une couche (0,142 nm) et
réticulaires entre couches (0,335 nm) montrent l’importance de
Le carbone est connu aujourd’hui sous trois formes essentielles : l’anisotropie de structure, elle-même responsable de l’anisotropie
des propriétés (§ 1.3).
— le diamant, le plus dur de tous les corps, ayant une structure
tridimensionnelle cubique (d = 0,351 nm) ; il est transparent, isolant ■ La graphitisation des carbones dits graphitisables s’opère pro-
électrique, excellent conducteur thermique ; il est utilisé essentiel- gressivement au cours du traitement thermique entre 1 600 et
lement dans les outils de coupe et comme filière ; 3 000 oC. À l’inverse, les carbones dits non graphitisables conservent
— les fullerènes, famille de molécules sphériques comprenant leur structure bidimensionnelle jusqu’à 3 000 oC [9].
60 à 70 atomes de carbone formant un réseau mixte d’hexagones
et de pentagones comme dans un ballon de football ; ces molécules
viennent d’être découvertes et on en connaît à peine les propriétés Le terme graphitisation est généralement adopté par les
fondamentales ; scientifiques et imposé par l’IUPAC (International Union of Pure
— les variétés noires, constituées essentiellement par une and Applied Chemistry : Union Internationale de Chimie Pure et
association de couches de carbone ; chaque couche est un réseau Appliquée). Le terme graphitation est toujours utilisé par les
hexagonal bidimensionnel d’atomes de carbone dont 3 valences industriels et peut être accepté lorsqu’il s’agit de l’opération
sont saturées (électrons σ ) et une valence laissée libre fait partie du (traitement thermique) et non de la transformation de carbone
nuage électronique délocalisé formé par toutes les valences libres en graphite. Les termes graphitables, graphités sont encore
de tous les atomes de la couche (électrons π ) ; c’est dans cette famille employés en pratique.
que se trouve le graphite qui est la seule forme allotropique thermo-
dynamiquement stable dans les conditions les plus usuelles.
Le degré de graphitisation P1 , probabilité pour deux couches
Nous ne nous intéresserons, dans cet article [D 2 600] qu’à ces voisines de présenter la structure du graphite, repéré par la distance
variétés noires. réticulaire entre deux couches de carbone et mesuré par la modu-
lation des bandes bidimensionnelles du carbone (1,1), permet de
caractériser un carbone partiellement graphitisé (figure 2) : le
1.2 Structure passage progressif de la structure bidimensionnelle à la structure
tridimensionnelle provoque une modulation de plus en plus
accentuée des bandes (h, k ) et donne des maximums au voisinage
Dans toutes les variétés noires, les couches de carbone sont
de la position des réflexions (h, k,  ) du graphite. Pour les matériaux
empilées par paquets de couches parallèles désorientées les unes
assez purs très graphitisés, on détermine la variation de la
par rapport aux autres (turbostatiques) dans les matériaux nommés
magnétorésistance [12] (figure 6), plus sensible.
carbone et assemblées suivant un réseau tridimensionnel dans le

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Figure 1 – Structure du graphite naturel hexagonal

Figure 3 – Évolution d’un carbone graphitisable


lors d’un traitement thermique particulier (chauffe rapide) [11]
Figure 2 – Degré de graphitisation P1
en fonction de la plus haute température de traitement (HTT )

Parallèlement à l’élimination des défauts dans la couche de


carbone et entre les paquets initiaux contenant seulement quelques
■ Il serait trop long et hors de propos de détailler l’origine et couches, on constate, comme conséquence de cette réorganisation,
l’évolution des carbones à partir des matières organiques naturelles une croissance progressive du diamètre des couches et une
ou artificielles. Il faut savoir que la composition, la fusibilité, augmentation du nombre de couches turbostatiques par paquets de
l’orientation moléculaire et la morphologie de ces matières déter- couches parallèles (déjà commencé à 1 000 oC), puis de couches
minent la nature et les caractéristiques des carbones. ordonnées entre elles dans les paquets de couches graphitisées.
L’étude de la structure et de la morphologie des carbones au
microscope électronique à transmission [10] [11] a permis de suivre ■ Sa structure confère au graphite parfait des propriétés très aniso-
exactement leur évolution en fonction des conditions de traitement tropes. Cette anisotropie peut se retrouver dans les propriétés de
thermique et de la visualiser (figure 3) depuis l’état de la matière certains matériaux carbonés, du fait de leur morphologie et/ou de
traitée à faible température (400 oC) jusqu’au graphite. leur mode de fabrication.

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En allant des matériaux les plus anisotropes jusqu’aux produits 1.3.2 Propriétés physiques
isotropes, on trouve les graphites naturels, les pyrocarbones
anisotropes, le graphite souple, les fibres de carbone à haut module ■ Propriétés électriques
d’Young, les anthracites, les cokes à aiguilles, certains carbones et
graphites agglomérés, les cokes de pétrole et de brai de houille, le Le graphite est un semi-métal (recouvrement des bandes de
coke de Gilsonite, les carbones et graphites agglomérés isotropes, valence et de conduction) ; il est donc très bon conducteur de
les pyrocarbones isotropes, le carbone vitreux et les noirs de l’électricité mais seulement dans le sens des plans d’atomes de
carbone. carbone (figure 4). Les carbones non graphitisés sont plus résistants
électriquement du fait de la séparation des bandes.
■ Propriétés mécaniques
1.3 Propriétés Les résistances de rupture et le module d’Young du graphite sont
très élevés dans le sens des plans d’atomes de carbone (figure 4)
1.3.1 Caractéristiques générales et très faibles dans le sens perpendiculaire, ce qui provoque le clivage
du graphite naturel et du pyrocarbone. Les carbones agglomérés ont
Les carbones sont des matériaux légers, de masse volumique ρ v des modules d’Young 100 fois plus faibles que le graphite parfait
inférieure ou égale à 2,26 g/cm3, à forte capacité thermique massique dans le sens des plans et des résistances encore plus faibles.
[0,9 < c < 2,5 J/(g · K)], réfractaires (température de sublimation à la
pression atmosphérique d’environ 3 600 oC, température de fusion
sous 100 bar de 3 900 oC), mais oxydables dès 500 oC.
Comme souligné au paragraphe 1.2, les caractéristiques aniso-
tropes peuvent prendre les valeurs extrêmes qu’indique la figure 4 ;
C et G représentent respectivement les carbones et les graphites
industriels ; P représente le graphite parfait, les valeurs dans le sens
longitudinal étant repérées P// et dans le sens transversal P⊥. On
trouve aussi des valeurs pour les pyrocarbones (py) et les fibres de
carbone à haut module d’Young (fibres).
La plupart des caractéristiques des carbones évoluent :
— avec la plus haute température de traitement HTT comme, par
exemple, la résistivité ρ , la conductivité thermique λ et le module
d’Young E d’un carbone graphitisable aggloméré (figure 5) ou la
magnétorésistance (figure 6) de plusieurs carbones plus ou moins
graphitisés ;
— avec la température de mesure θ m , comme, par exemple, la
résistance à la flexion R f , la capacité thermique c et la conductivité
thermique λ (figure 7) de carbones graphitisés à 3 000 oC.

Figure 5 – Propriétés mesurées à froid, en fonction de la plus haute


température de traitement, d’un carbone graphitisable aggloméré

Figure 6 – Évolution de la magnétorésistance de différents carbones


plus ou moins graphitisés en fonction de la plus haute température
Figure 4 – Propriétés des carbones et des graphites industriels
de traitement HTT
et du graphite parfait

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■ Intercalation
Les carbones peuvent donner des composés d’intercalation avec
toute une série d’atomes ou de molécules, principalement les
alcalins, les halogènes et les halogénures métalliques (tableau 1).
Dans ces composés, les couches de carbone sont écartées et il se
produit un échange électronique entre les bandes du graphite et les
molécules intercalées. Les réactions d’intercalation peuvent créer
des problèmes de corrosion catastrophiques.
On a montré récemment que l’on pouvait obtenir des hyper-
conducteurs (résistivité égale ou inférieure à celle du cuivre à la
température ambiante) avec le graphite (pyrographite fortement
orienté, fibres de carbone plus ou moins graphitisées), mais, jusqu’à
présent, on atteint à peine la conductivité du cuivre et cela avec des
matériaux peu stables, très chers et très difficiles à mettre en œuvre.
Malgré l’attrait de ces produits, on n’est pas prêt de les mettre en
application.
■ Carbures
Presque tous les métaux forment des carbures ou des acétylures
avec le carbone et les graphites par réaction à haute température [8]
[13] (tableau 1). C’est une application importante où la qualité du
carbone intervient peu du fait de la faible valeur des matières
Figure 7 – Propriétés des carbones graphitisés à 3 000 oC premières (cokes métallurgiques).
en fonction de la température de mesure  m

■ Propriétés thermiques 1.4 Fabrication des carbones


Le graphite parfait a une conductivité thermique six fois plus et des graphites
grande que celle du cuivre dans le sens des plans d’atomes de
carbone ; il est presque isolant dans le sens perpendiculaire 1.4.1 Carbones et graphites polygranulaires
(figure 4).
Un carbone aggloméré graphitisé est un très bon conducteur de 1.4.1.1 Préparation et cuisson
chaleur [100 W/(m · K)]. Les carbones et graphites polygranulaires industriels sont essen-
■ Propriétés tribologiques tiellement obtenus à partir d’un mélange de particules de
différentes origines et morphologies et d’un liant, le tout étant
Une propriété remarquable du graphite est son faible coefficient comprimé ou filé, puis cuit jusqu’à des températures allant de 800
de frottement (≈ 0,1) qui, lié à son infusibilité, le fait utiliser dans à 1 300 oC et éventuellement graphitisé (figure 8), ([7] p. 35). Notre
les machines en mouvement, soit avec passage de courant électrique description s’applique aux carbones et graphites à grains fins.
(frotteurs, balais), soit sans courant (joints, bagues).
Les matières premières sont les cokes de pétrole ou de brai de
houille, des graphites naturels, des noirs de carbone (agrégats, plus
1.3.3 Propriétés chimiques ou moins dispersables, de fines particules de 5 à 500 nm en général
isotropes), des graphites artificiels rebroyés et, dans certains cas
particuliers, des anthracites. Les liants sont essentiellement des brais
■ Oxydation et des goudrons et, plus rarement, des résines thermodurcissables
L’oxydation du carbone réduit ses applications, en particulier à et du carbone obtenu par DCPV.
haute température, à partir de 500 o C : résistance chauffante, Les matières premières sont broyées, sélectionnées et
creusets de fusion, joints. mélangées en proportions ajustées suivant leur origine et leur
On essaie de la limiter : granulométrie. On leur ajoute ensuite le liant (brai fluxé ou non de
a ) en purifiant le graphite, ce qui multiplie par dix sa durée de l’ordre de 15 à 25 % en masse de matière sèche) et on triture le
vie ou augmente de 100 oC sa température d’utilisation ; mélange à chaud dans des mélangeurs à pales en Z ou dans des
b ) par addition dans le graphite (remplissage de la porosité ou mélangeurs à vis. Il importe que la pâte obtenue soit bien travaillée,
dopage de la structure) d’inhibiteurs d’oxydation comme les phos- de façon à homogénéiser le mélange et à faire pénétrer le liant entre
phates d’aluminium et de magnésium ou le bore ; les grains de poudre et plus ou moins dans la porosité des grains.
c ) par revêtement par du carbure de silicium : cémentation et/ou La matière est ensuite souvent rebroyée en cru après refroidissement
dépôt chimique en phase vapeur (DCPV ou CVD Chemical Vapour et ramenée à une granulométrie donnée. Elle est enfin densifiée
Deposition ) ; c’est la méthode la plus efficace mais elle ne convient par compression ou filage (presse à filer unidirectionnelle ou presse
pas pour certaines applications électriques (contacts électriques, isostatique) suivant les applications, puis cuite jusqu’à 800 ou
frotteurs, balais). 1 200 oC dans des fours à gaz ou à fuel pendant des temps très longs
qui peuvent atteindre 21 jours.
A contrario, toute une série de corps ajoutés en faible quantité
au graphite augmentent très fortement la vitesse d’oxydation à une
température donnée (Cu, Fe, Mn, Pb, etc.) ; c’est ainsi que, à 450 oC, Les progrès obtenus dans la fabrication des produits indus-
150 ppm de Pb multiplient par 450 000 la vitesse d’oxydation d’un triels sont dus en partie au choix des matières premières et, plus
graphite dans l’air [1] (II, p. 328). récemment, à la maîtrise des conditions de carbonisation.

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Figure 8 – Fabrication des carbones et graphites polygranulaires industriels à grains fins : schéma de principe

Tableau 1 – Corps pouvant entrer dans la formation de composés d’intercalation du graphite ou de carbures
Li Be B O F Na Mg Al Si P Cl K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co

 sous forme
X X X X X X
 d’éléments
Composés 
d’intercalation  sous forme
du graphite  de molécules
 ou d’halogénures X X X X X X X X X X X
 moléculaires
Carbures ou acétylures X X X X X X X X X X X X X X X X

Ni Cu Zn Ga As Br Rb Sr Y Zr Nb Mo Ru Rh Pd Cd In Sn Sb Cs

 sous forme
X X X
 d’éléments
Composés 
d’intercalation  sous forme
du graphite  de molécules
 X X X X X X X X X X X X X X X X
ou d’halogénures
 moléculaires
Carbures X X X X X X

Ba La Hf Ta W Re Os Ir Pt Au Hg TI Bi Ac
(1) (2)

Composés d’intercalation du graphite sous


forme de molécules ou d’halogénures X X X X X X X X X X X X X X
moléculaires

Carbures ou acétylures X X X X X X X
(1) certains lanthanides (2) certains actinides

Les pièces de grande taille (à partir de gros grains de cokes) ou c’est-à-dire qu’on élabore des pièces qui sont broyées après cuisson
de taille moyenne (à partir de cokes fins) obtenues par compression pour servir de matière première aux pièces définitives.
ou filage se déforment au cours du traitement thermique (dilatation Si la masse volumique ou les propriétés mécaniques du produit
et retrait). Il importe donc que le gradient thermique soit le plus faible cuit sont insuffisantes, on peut améliorer celui-ci par imprégnation
possible dans la pièce pendant toute sa cuisson, car le matériau cru de brai, de goudron, de glucose ou de résine. Les imprégnants seront
a, en outre, une faible conductivité thermique [λ < 5 · 10–3 W/(m · K)]. carbonisés soit par une deuxième cuisson, soit, plus généralement,
De plus, le craquage du liant dégage des gaz qui créent une pression au cours de la graphitisation ultérieure.
à l’intérieur des pores de la pièce d’autant plus forte que la vitesse
de chauffage est plus rapide, et cela dans un matériau cru qui Pour certaines applications, le produit cuit est directement
possède de très faible propriétés mécaniques (R f < 1 MPa). Si la utilisable (joints, électrodes d’électrolyse pour Al...). Si les matières
pièce n’est pas homogène, ou si elle est cuite trop vite, elle se fissure premières employées comportent du graphite (naturel et/ou arti-
et n’est plus utilisable. ficiel), on obtient des matériaux graphitiques moins chers que les
graphites, mais dont les propriétés se rapprochent de celles du
Les fours sont souvent à feux tournants. Certaines matières graphite.
premières (noir de carbone) ne peuvent pas être mises en œuvre
directement ; on doit alors réaliser un premier jet ou une chamotte, En général, les produits cuits sont graphitisés après avoir été
contrôlés. Les produits fissurés ou non conformes sont souvent
broyés et recyclés.

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1.4.1.2 Graphitisation 1.4.1.4 Caractérisation


Elle s’opère dans des fours électriques, à résistance (Acheson, La nature des carbones et graphites polygranulaires et leur
unifilaire...), à induction ou à défilement, pouvant traiter de 50 kg élaboration sont si complexes que les fabricants multiplient les
à 100 t de matières. La protection contre l’oxydation est assurée par contrôles sur les matières premières que l’on ne peut pas bien
de la poudre à four. Les poudres à four sont essentiellement maîtriser et à différents stades de fabrication. De même, les produits
composées de carbone (coke métallurgique par exemple) mais finis subissent toute une série de tests ayant d’être acceptés. On
peuvent aussi contenir du carbure de silicium et d’autres ajouts. trouve tableau 2 la liste des caractéristiques souvent mesurées et
Le carbone est porté pratiquement à 2 700 oC, température où il leur valeur moyenne pour quatre nuances de graphites isotropes à
acquiert l’essentiel des propriétés du graphite. grains fins.
Pour certaines applications (électrodes de spectroscopie, graphite Il est important de souligner qu’un lot de matériau de caractéris-
nucléaire), on graphite dans des fours spéciaux à atmosphère tiques données ne convient pas toujours à l’application à laquelle
halogénée pour éliminer les impuretés minérales ; on peut atteindre il est destiné, en particulier lorsqu’il s’agit de pièces en frottement ;
couramment des taux inférieurs à 100 ppm et voire même 20 ppm on peut être amené, dans ce cas, à choisir un autre lot ou une nuance
d’impuretés avec des concentrations voisines de 0,1 ppm pour les légèrement différente ou même à créer une variante du produit
impuretés les plus gênantes (bore, par exemple, pour le nucléaire). habituellement utilisé.

1.4.1.3 Imprégnation 1.4.2 Carbones et graphites monolithes


Les carbones et graphites polygranulaires sont toujours poreux.
Leur porosité a pour origine la porosité de la matière comprimée Si l’on carbonise des objets en matières organiques non fusibles
crue, les départs des matières volatiles et la densification de la ou en matières organiques rendues non fusibles par réticulation ou
matière organique transformée en carbone, puis en graphite. oxydation ménagée (par exemple, fibre de carbone), on obtient des
Cette porosité diminue les propriétés mécaniques des matériaux produits présentant la forme de l’objet de départ.
et favorise leur oxydation. Elle se décompose en deux :
— la partie fermée, due à la contraction interne suivant l’axe c 1.4.2.1 Carbone vitreux
(figure 1) des paquets de couches de carbone portés à 1 000 ou À partir de cellulose régénérée ou de résine furannique poly-
à 3 000 oC et donc inaccessible aux imprégnants ; mérisée, on obtient, après carbonisation, du carbone vitreux non
— la partie ouverte, formée de pores de différentes tailles plus graphitisable dur et étanche (microporosité importante fermée)
ou moins accessibles aux imprégnants (difficultés de pénétration utilisé essentiellement en laboratoire (creusets, tubes, nacelles) [8].
pour les liquides très visqueux et/ou non mouillants). Les principales caractéristiques sont données dans le tableau 3.
On peut remplir les pores ouverts par : De même, si l’on carbonise des fibres de cellulose ou de rayonne,
— des métaux, qui augmentent notablement les conductivités on obtient des fibres de carbone dites à bas module [14]. Toutes les
thermique et électrique des graphites et les rendent étanches ; formes textiles peuvent être obtenues avec le carbone (fibre, fil,
— certains minéraux, comme les phosphates d’aluminium et de tissus, feutres, etc.) ; le carbone de ces fibres est analogue au carbone
magnésium qui augmentent la résistance du carbone à l’oxydation ; vitreux.
— des résines (résines phénoliques, PTFE) à forte résistance
chimique pour éliminer la porosité en vue d’applications pour 1.4.2.2 Fibres à haute résistance ou à haut module
échange thermique en génie chimique ;
— des résines (polyester par exemple) choisies pour leur aptitude À partir de fibres de polyacrylonitrile réticulé sous tension dans
à améliorer le fonctionnement des balais. l’oxygène à 250 oC et également de fibres de brai réticulé, on obtient
On ne sait pas aujourd’hui fabriquer des objets entièrement en par carbonisation des fibres de carbone à haute résistance (3 à
carbone ou graphite polygranulaires parfaitement étanches. Par 10 GPa) et, par traitement à 2 500 oC, des fibres dites graphitisées
contre, on peut rendre la surface non perméable par DCPV de à haut module (300 à 700 GPa). Ces fibres peuvent se mettre sous
carbone ou de carbure de silicium pour des applications très sophis- différentes formes (feutres, fils, mèches, tissus) et servent à renforcer
tiquées (support d’épitaxie, fours d’absorption atomique) ou par des métaux, des carbones et surtout des résines pour applications
cémentation de silicium formant du SiC en surface (joints tournants). dans différents domaines (loisirs, aéronautique et spatial). (0)

Tableau 2 – Caractéristiques de quelques graphites polygranulaires à grains fins


Structure
Caractéristiques
moyenne très fine extra-fine extrudée
Diamètre des grains ................................................................................................(µm) 100 20 4 20
Masse volumique ρ v .......................................................................................... (g/cm3) 1,70 1,83 1,88 1,75
Porosité ouverte ........................................................................................................ (%) 20 9 8 12
Dureté .................................................................................................................. (Shore) 35 60 70 40
Résistance à la flexion R f ......................................................................................(MPa) 25 55 70 28
Coefficient linéique de dilatation α (20 oC à 1 000 oC) ............................(en 10–6 K–1) 2,5 5 7 3
Conductivité thermique λ ............................................................................ [W/(m · K)] 130 90 80 70
Résistivité électrique ρ ...........................................................................(en 10–8 Ω · m) 1 000 1 300 1 900 1 400
Cendres ...................................................................................................................... (%) 1 < 0,1 < 0,1 < 0,1

Les caractéristiques élevées de ces fibres sont liées à leur aniso- départ, à leur morphologie et aux conditions de traitement [15].
tropie de structure due elle-même à la structure de la molécule de

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1.4.3 Carbone déposé en phase vapeur (masse volumique de l’ordre de 0,002 g/cm3 ) ayant la morphologie
de la vermiculite.
Des molécules organiques, comme les hydrocarbures légers, La compression ou le laminage d’un ensemble de ces particules
peuvent également être pyrolisées à l’état gazeux. Le tableau 3 donne des feuilles souples de graphite utilisées essentiellement
donne un ordre de grandeur des caractéristiques de ces matériaux comme joints élastoplastiques dans l’industrie (vannes, joints de
particuliers, formés à partir du carbone ainsi obtenu. culasse, etc.) et fabriquées en France sous le nom de Papyex (par
Le Carbone-Lorraine).
1.4.3.1 Pyrocarbone
Les pyrocarbones sont préparés par DCPV (dépôt chimique en
phase vapeur ) en pyrolysant des hydrocarbures vers 2 000 oC. On 1.5 Mise en œuvre pour les applications
obtient des dépôts orientés de carbone dense, qui sont utilisés électriques
essentiellement pour les tuyères de missiles [16].
Le pyrocarbone porté à 3 000 oC subit une graphitisation quasi
totale et conduit à un cristal mosaïque de graphite de propriétés Du fait de ses propriétés, en particulier de sa grande plage de
voisines de celles du graphite parfait, surtout si l’on applique une résistivité potentielle, le carbone se rencontre dans toute une série
faible force perpendiculaire aux plans de carbone pendant le d’applications électriques (tableau 4) :
traitement thermique. Ce matériau, utilisé comme monochromateur — électrodes (électrolyse de l’aluminium, aciérie, protection
de rayons X et de neutrons, donne des composés d’intercalation de contre la corrosion, piles) ;
conductivité voisine de celle du cuivre dans le sens des plans de — charbons d’arc (sources de lumière, gougeage, soudage,
carbones [16]. spectroscopie) ;
Par craquage à plus basse température (700 à 2 000 oC) et à des — usinage par électroérosion ;
pressions comprises entre 5 mbar et la pression atmosphérique, on — résistances massives ou à couches, fixes et variables ;
obtient des pyrocarbones plus ou moins isotropes et, en présence — contacts fixes et glissants (balais).
de catalyseur, des fibres courtes à haut module [18]. Outre celles décrites dans les paragraphes 2 et 3, on trouvera
d’autres applications dans les articles des Techniques de l’Ingénieur
1.4.3.2 Composite carbone-carbone référencés [22] [23] [24].
Par craquage d’hydrocarbure entre 1 000 et 1 300 oC sous pression On ne saurait être complet sans mentionner l’utilisation du
réduite, on peut densifier une préforme constituée de grains de carbone dans l’électronique (suscepteur support pour four
carbone très légèrement liés. Cette technique aurait pu se développer d’épitaxie de semiconducteurs), dans les laboratoires (creuset en
concurremment aux techniques habituelles (brai-coke) pour des carbone vitreux, support d’anticathode pour tube à rayons X de
objets minces de très grande série, mais elle n’a connu un dévelop- haute puissance), en mécanique (paliers et coussinets, joints,
pement pratique que dans la fabrication de composite C—C à partir butées, patins et glissières, freins, diamant artificiel) et,
d’un substrat de fibres à haut module (pour les disques de freins récemment, en aéronautique (freins d’avions) et dans le domaine
d’avions, les tuyères de missiles, les corps de rentrée dans l’atmo- spatial militaire et civil (tuyères et corps de rentrée dans l’atmo-
sphère). Les masses volumiques maximales que l’on peut atteindre sphère des missiles).Seul, son manque de résistance à l’oxydation
sont de l’ordre de 1,9 [17]. lui interdit les applications dans l’air aux températures supérieures
à 500 oC.
Pour obtenir des composites C—C encore plus denses, on a
recours à des cycles successifs d’imprégnation au brai et carboni- On constatera que les applications du carbone ont largement
sation (1 000 oC sous 1 000 bar) suivis d’une graphitisation [17]. évolué depuis quelques dizaines d’années. Certaines ont fortement
diminué (charbons d’arc lumineux et d’autres ont vu le jour dans
des domaines souvent imprévus (suscepteur d’épitaxie et surtout
1.4.4 Feuilles souples de graphite freins d’avions en composites carbone-carbone).
(0)
L’expansion d’un composé d’intercalation (en général H2SO4) de
paillettes de graphite naturel conduit à des particules très légères

Tableau 3 – Principales propriétés des matériaux spéciaux

v Perméabilité
Rf Rt   
gazeuse
Nuances
(g/cm3) (MPa) (MPa) (en 10–6 K–1) [W/(m · K)] (en 10–8 Ω · m) (cm2 · s–1)
 1 000 oC 100 4 5 500 10–12
Carbone vitreux .............  1,52 3,2
 2 500 oC 70 8 4 500 10–10
 axe c 80 25 3 10 5
Pyrocarbone...................  2,20
 axe a 0,1 300 à 500 400
 axe c 7 90
Composite C—C(1)........  > 1,70  55  30
 axe a 2 200
 axe c 26 4 105 à 1,5 · 105 10–5
Papyex............................  ≈1 ≈4
 axe a ≈0 160 103
Les axes c et a sont définis sur la figure 1.
(1) Les valeurs données correspondent à une nuance pour freins d’avion.

(0)

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Tableau 4 – Graphites industriels : domaines des applications électriques

2. Électrodes, charbons d’arc Les électrodes de 150 mm de diamètre et de 1 800 à 1 550 mm


de longueur, par exemple, espacées de 10 à 20 m, sont placées dans
et résistances une tranchée parallèle à la conduite à protéger, distante de quelques
dizaines de mètres de celles-ci, et sont reliées à une borne positive
par un câble. La fixation du câble au graphite est délicate : il faut
2.1 Utilisation en électrochimie éviter, en ce point, la corrosion par les gaz agressifs et l’infiltration
de liquide et avoir des isolants présentant une bonne résistance
En électrochimie, le carbone et/ou le graphite sont utilisés pour chimique.
leur inertie chimique et leur faible polarisation. Ce procédé ancien est toujours utilisé.

2.1.1 Électrolyse et aciérie 2.1.3 Piles électriques

L’électrolyse peut se faire à froid (K, Na, Cl2 , F2 ...) ou à haute Des électrodes au carbone ont été utilisées pour la pile type
température (électrolyse ignée : Al, Mg, Ce, Na). Leclanché [25]. Le bâtonnet de carbone était imprégné de cire
minérale pour éviter la remontée du liquide pouvant corroder l’ame-
■ Les électrodes de carbone utilisées pour l’ électrolyse de née du courant. La production de ce type de pile a fortement diminué
l’aluminium font appel à la faible résistivité du carbone, à sa bonne au profit des piles alcalines et la fabrication de ces électrodes a
oxydabilité à haute température, à son inertie chimique vis-à-vis de disparu en France.
l’aluminium liquide [7].
Le carbone est également employé comme amenée de courant
■ De même, les électrodes des fours à arc d’aciérie font appel aux dans d’autres piles ou accumulateurs. Il peut servir de support aux
très bonnes conductivités thermique et électrique du graphite, à sa matières actives ou aux catalyseurs, en particulier dans la pile à
réfractarité et à son faible coefficient de dilatation. gaz [26].
■ Il convient de mentionner également l’usage du graphite pour la La surface volumique importante obtenue avec du carbone non
confection d’électrodes d’usinage par électrochimie [22]. graphitisable (cellulose, résine thermodurcissable carbonisée),
activé par oxydation, a été mise en œuvre pour les piles à dépola-
Cette méthode est utilisée pour usiner des matériaux conducteurs risation, principalement dans l’air mais aussi du côté anode (hydro-
très difficilement usinables par les méthodes classiques et pour gène). C’est ce type de carbone activé qui est employé depuis une
fabriquer des pièces difficiles. période récente (environ 10 ans) dans les supercondensateurs capa-
bles de stocker rapidement de l’énergie et de délivrer pendant un
temps court une grande puissance électrique ; leur utilisation prin-
2.1.2 Protection contre la corrosion cipale se rencontre en informatique.

Les métaux enterrés dans le sol sont sujets à des corrosions


électrochimiques qui peuvent les détruire rapidement et causer des
dommages importants aux installations permanentes comportant 2.2 Charbons d’arc
des tuyauteries, des fondations métalliques ou dans les forages.
Dans tous les cas, le métal se comporte comme une anode. 2.2.1 Généralités
Pour éviter la corrosion, il suffit de mettre, à proximité de l’élément
d’installation à protéger, une électrode chargée plus positivement Bien que le terme charbon ne soit pas correct, puisqu’il s’agit
que lui, qui le transforme alors en cathode ne se corrodant donc plus. souvent de graphite, il est toujours utilisé dans la pratique.
Cela peut se faire en insérant régulièrement dans le sol, suffisam- Les charbons d’arc sont constitués par des baguettes de carbone
ment près des conduites enterrées, des anodes métalliques ou de techniquement pur (0,05 à 0,3 % de cendres), souvent percées d’un
graphite alimentées en courant continu. Les premières se canal (figure 9) dans lequel sont introduits des sels assurant à l’arc
consomment dix fois plus rapidement que le graphite, qui peut servir conductivité et stabilité et, pour les charbons dits minéralisés, une
une dizaine d’années sous un courant de 5 A. plus grande brillance. Lorsque ces derniers supportent une densité

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de courant supérieure à 0,75 A / mm 2 , on obtient des arcs


intensifs [19] [28]. Pour éviter alors qu’ils ne rougissent sur toute leur
longueur sous l’action du courant, on les recouvre de cuivre par élec-
trolyse, ou bien ou amène le courant près de l’arc.
Le tableau 5 donne les caractéristiques principales des différents
arcs.
La température vraie (déduction faite de ce qui est absorbé) du
cratère des charbons non minéralisés se situe autour de 3 900 K et
celle du cratère des charbons minéralisés intensifs varie de 5 500
à 6 500 K. L’exitance énergétique est de 1 200 W/cm 2 pour les
premiers et 6 000 W/cm2 pour les seconds.
Le rayonnement des charbons purs, à part les bandes de (CN)2
et de C2 dans l’ultraviolet et le violet et des raies d’impuretés miné-
rales dont l’intensité est insignifiante, est continu et suit la loi de
Wien :
λ mT = A
avec A = Cte (= 2 886 µm · K pour le corps noir), Figure 9 – Arc électrique

T (K) température absolue,


λm longueur d’onde correspondant au maximum de ■ Les charbons d’arc ont été essentiellement utilisés pour obtenir
l’émission du corps noir. des intensités lumineuses importantes (lampes de projecteur
Par contre, celui des charbons minéralisés peut être décomposé cinématographique, projecteurs, fours à arc). Ils sont
en un spectre d’émission du corps noir surchargé de raies très alimentés (§ 2.2.2) soit en courant alternatif (photogravure), soit plus
intenses et très nombreuses, dont le rayonnement est dominant, car souvent en courant continu [28]. La diminution du nombre de salles
le cratère positif émet une flamme de haute brillance, composée de de cinéma et surtout le développement de la lampe au xénon
vapeurs émises par la mèche. L’arc prend naissance au sommet de (ampoule de quartz contenant du xénon sous pression et des
la cathode, sur une petite surface qu’on appelle tache cathodique électrodes de tungstène) ont pratiquement éliminé l’emploi du
et qui est portée à une température bien supérieure à celle du reste charbon d’arc lumière dans les pays industrialisés.
de la cathode et voisine de la température de sublimation du carbone.
Cette tache cathodique émet des électrons en abondance, mais ne (0)
participe pas directement à la puissance lumineuse de l’arc qui a
sa source essentielle dans le cratère de l’anode.

Tableau 5 – Caractéristiques des différents arcs


Diamètre de Régime d’arc
Usure de Exitance Température
l’électrode Luminance Radiance
Courant Tension Longueur l’électrode énergétique vraie
Arc positive
(mm) (A) (V) (mm) (mm/h) (en 106 cd/m2) [W/(sr · cm2)] (W/cm2) (K)

10 30 ................... .................... .................... 185 (1) .......................... 1 200 (1) 3 900 (1)
Non
intensif (limite régime stable)
12 30 50 3 60 ≈ 150
7 50 38 8 280 550 (1) (2) .......................... 2 150 (1) 5 700 (1)
7 75 ................... ..................... .................... ≈ 1 000 (1) .......................... ..................... 6 500 (1)
9 90 ................... ..................... .................... ..................... 800 (1) 5 600 (1)
Intensif 13,6 125 65 16 220 600 (2)
13,6 180 75 22 470 855 (2)
16 150 75 ..................... .................... 650 (2) 260 (2)
190 80 ..................... .................... ..................... 532 (2)

Super- 11 205 80 20 1 040 1 750 (2)


intensif 11 195 ................... ..................... .................... ..................... .......................... 5 000 (4)
6 700 à
Soleil 1 650
7 000 (3)
D’après : (1) Finkelnburg (2) Société Le Carbone-Lorraine (3) Ribaud (4) Finkelnburg et Latil.

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Par contre, le charbon d’arc en graphite est toujours utilisé pour — les creusets de fusion (fusion au borax) et les creusets
la découpe des métaux, la soudure à l’arc (§ 2.2.4) et l’analyse pastillables à parois de faible épaisseur (1 mm par exemple), broyés
spectrographique (§ 2.2.3). après fusion de l’échantillon et pastillés ensuite.
Les électrodes des fours d’aciéries (§ 2.1.1), en graphite, sont des ■ Plus récemment, on a développé des fours d’absorption ato-
charbons d’arc de grande taille (de l’ordre de 2 m de longueur sur mique sans flamme, permettant d’effectuer des analyses dans les
600 mm de diamètre). milieux les plus divers (solvants, huiles, solutions aqueuses). Le
Les charbons d’arc intensifs sont utilisés dans des lanternes de graphite pur peut être revêtu de pyrocarbone (figure 10) imper-
projection cinématographiques (W < 3,5 kW), avec rotation du pôle méable aux liquides et/ou de carbones noirs réactifs.
positif pour les lanternes puissantes (4 à 12 kW) et les fours à images
d’arc (15 à 25 kW). Ces derniers, utilisés pour le traitement de
matières à haute température, permettent de travailler jusqu’à 2.2.4 Charbons de soudage et de gougeage
3 300 K en milieu oxydant sans contamination, à l’abri de toute
pollution (comme le four solaire). L’utilisation de l’arc pour le travail des métaux (découpage,
L’usure des charbons (80 à 500 mm/ h) interdit une marche gougeage, soudage et brasage) s’est, contrairement à l’emploi de
continue pendant un temps supérieur à 2 h à la différence de la lampe l’arc lumineux, fortement développée.
au xénon.
2.2.4.1 Gougeage

2.2.2 Utilisation pour l’éclairage Les charbons de gougeage permettent le découpage, le chan-
freinage, le gougeage des matériaux les plus divers : aciers
2.2.2.1 Arc en courant continu ordinaires et fontes, aciers inoxydables et aciers de blindage, cuivre
et laiton, alliages, etc.
■ Les charbons d’arc non intensifs dont le diamètre varie de 10 Le découpage des métaux utilise la très haute température de l’arc
à 22 mm pour les pôles positifs, de 6 à 16 mm pour les pôles négatifs, et consiste à faire fondre sur une ligne le métal qui, en se rassemblant
sont alimentés sous une tension de 45 à 50 V, l’intensité du courant en gouttes et en coulant, enlève la matière le long de la ligne qui
(10 à 100 A suivant le diamètre) étant limitée par l’instabilité de l’arc. sépare les deux parties à obtenir. Le gougeage, grâce à un jeu d’air
Leur luminance est modeste et assez uniforme (160 · 106 cd/m2 en comprimé puissant, chasse la matière fondue.
moyenne). Leur usure est de 60 mm/h environ.
Comparé aux procédés traditionnels (burin pneumatique, meule,
■ Les charbons d’arc intensifs ont, grâce à une densité de courant chalumeau), ce procédé offre les avantages suivants : grande rapi-
anodique élevée (de 1,2 à 2 A /mm2) et à la haute minéralisation de dité et mobilité d’emploi, absence de risques d’explosion et de bruit.
l’anode en sels de terres rares, par contre, de bien meilleures L’alimentation électrique peut être faite en courant continu (50
performances : à 2 200 A et 35 à 55 V) ou en courant alternatif (150 à 500 A et 35
— une luminance élevée de 550 · 106 à 2 000 · 106 cd/m2 ; à 55 V dans l’arc avec f = 50 Hz). Le débit d’air comprimé de 5 à 7 bar
— une température de couleur de 5 500 à 6 500 K ; varie de 0,5 à 3 m3/min.
— un rendement lumineux de 50 à 60 lm/ W, si l’on tient compte
de toute la lumière émise par l’arc.
Le charbon positif a généralement un diamètre plus grand que
le charbon négatif et est constitué par un tube de carbone à paroi
mince (le quart du diamètre et parfois moins). Ce tube est rempli
d’une composition riche en matières minérales (sels de cérium en
particulier).

2.2.2.2 Arc en courant alternatif


Tous les charbons peuvent fonctionner en courant alternatif en
donnant un arc à flamme qui a un pouvoir actinique élevé recherché
en photogravure. Les charbons minéralisés fonctionnant en courant
alternatif (monophasé ou parfois triphasé) donnent une lumière
blanche voisine de celle du soleil, leurs densités de courant sont alors
relativement élevées. Ils servent dans les lampes pour photogravure,
car ils permettent un éclairement intense.

2.2.3 Charbons pour la spectrographie

■ Ce sont des électrodes de graphite très pur (taux de cendres


allant de 3 · 10–4 à 10–6 ), utilisées en régime d’arc ou d’étincelles et
présentant diverses formes suivant le produit à analyser et la tech-
nique utilisée. On distingue :
— les électrodes simples ou contre-électrodes (de 3 à 6 mm de Figure 10 – Deux exemples de fours d’absorption atomique
diamètre et de 40 mm de longueur) ; en graphite
— les électrodes à cratère dans lequel est mis le produit à analyser
(électrodes type Harvey-Scribner-Fassel) ;
— les électrodes à mèches (les porodes ou électrodes tubulaires
Des exemples de conditions d’utilisation de quelques électrodes
poreuses, ayant un diamètre de 6 mm et une longueur d’environ
sont donnés dans le tableau 6, et le tableau 7 indique les précautions
25 mm, et les rotrodes de forme cylindrique de diamètre 12 mm et
à prendre pour le gougeage de divers aciers.
de longueur d’environ 3 mm) tournant en trempant dans une
solution à analyser ; Alors que le burinage pneumatique ne permet d’enlever que
— les électrodes obtenues à partir de poudres matriçables ou non 6 à 7 kg/h de matière et le meulage 10 kg/h, le gougeage peut
que l’on mélange au produit à analyser ; enlever jusqu’à 110 kg/h.

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Le gougeage est utilisé pour enlever le talon des masselottes En courant continu, pour que l’arc soit stable, il faut maintenir la
coupées au chalumeau oxyacétylénique des pièces de fonderies distance électrode-métal à peu près constante. Pour un même
jusqu’à 600 kg, le diamètre de l’électrode de graphite étant choisi courant de soudage, on opère, en tenant l’électrode peu inclinée,
en conséquence. Les masselottes ne dépassant pas 40 mm de avec un arc 3 à 4 fois plus long qu’avec une électrode métallique
diamètre peuvent être enlevées directement. enrobée et ce d’autant plus que le métal est carburable. Les postes
Dans le travail de la fonte, le gougeage commence à se développer, de soudure ordinaires conviennent si l’on a une tension d’amorçage
sauf pour les fontes au silicium qui laissent se former une couche minimale de 70 V et une tension de fonctionnement de 45 V environ.
de silice isolante interdisant de mener l’opération à son terme. L’électrode en charbon doit être connectée au pôle négatif pour
Pour les métaux non ferreux, le gougeage est moins intéressant utiliser ainsi la rigidité du dard cathodique ; on obtient un façonnage
que les autres techniques (métal trop conducteur, cher et oxydable). de l’électrode en pointe, un échauffement plus important de la pièce
à souder et l’on évite le risque de transport de carbone dans le métal.
2.2.4.2 Soudage par arc métal-graphite (0)
■ On peut utiliser l’arc pour souder directement deux pièces à
bords nets et en contact ou ajouter du métal qui fond dans l’arc [24].
La soudure peut être effectuée en courant continu ou alternatif.

Tableau 6 – Caractéristiques d’utilisation de quelques électrodes de gougeage

Dimensions Régime de fonctionnement Masse de métal Dimensions de la gouge


Vitesse d’usure
Alimentation de l’électrode enlevé
Courant Tension Profondeur Largeur
(mm) (A) (V) (mm/min) (g/min) (mm) (mm)
∅4 150 à 225 36 à 42 210 60 1,5 6
alternatif ∅8 350 à 475 40 à 50 90 160 3,3 10
∅ 10 375 à 500 40 à 52 70 190 3,7 11
∅4 80 à 180 38 à 41 100 50 2 6
∅8 200 à 450 44 à 48 95 240 4 10
continu ∅ 16 800 à 1 200 46 à 50 100 1 150 8 19
∅ 25 1 800 à 2 200 48 à 52 57 1 880 13 30
5 × 10 450 à 650 40 à 45 100 355 3à5 13 à 25

(0)

Tableau 7 – Aptitude au gougeage des aciers


Austéno-ferritiques Martensitiques Au manganèse
sans préchauffage
Gougeage sans Gougeage sans préchauffage (prudence)
préchauffage de plus en plus fort
Aciers alliés Austénitiques Ferritiques
Gougeage sans préchauffage
Gougeage sans (prudence)
préchauffage
au au
Ni (1,5-5) Ni (1 à 1,5)
Cr (0,5 à 1,7) Cu (1) Autotrempants
Aciers
faiblement Cr-Mn (1-1)
alliés Gougeage avec préchauffage
Gougeage sans
préchauffage
Aciers Gougeage sans préchauffage Gougeage avec préchauffage En principe,
au carbone gougeage
← 100 à 200 oC → ← 200 à 400 oC → prohibé
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Teneur en carbone
Nuances
extra-doux doux mi-doux mi-dur dur très dur extra-dur

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La vitesse de fusion, de soudage ou de découpage croît avec


l’intensité du courant utilisée (quelques ampères à 1 000 A) et la
vitesse d’usure des électrodes varie dans le même sens. Pour réduire
cette vitesse d’usure et les pertes d’énergie par effet Joule, on utilise,
de préférence à des électrodes en carbone amorphe (50 A/cm2), des
électrodes graphitiques ou graphitisées plus conductrices
(admettant des densités de courant de 100 à 250 A/cm2 quand elles
sont recouvertes d’une couche de cuivre électrolytique).
En courant alternatif (moins utilisé du fait du changement de pola-
rité), la puissance nécessaire est plus faible. Le réglage est facilité
par le bruit émis.
■ Les métaux soudables à l’arc sont les aciers, le bronze, le laiton et,
avec certains aménagements, la fonte (métal d’apport riche en
carbone), le cuivre (réduit avec flux spécial) ainsi que les cupro-
aluminiums.
La figure 11 indique les courants d’alimentation admissibles pour
divers charbons de différents diamètres.

2.2.4.3 Brasage
■ Rappelons que les électrodes de graphite peuvent être utilisées
également en brasage :
a ) à basse température (< 400 oC) par échauffement d’une résis-
tance de contact (piles, relais, connections, composants électriques,
rebobinage de moteurs, réparations automobiles, tuyauteries) ;
Figure 11 – Courant admissible dans les charbons
b ) à haute température (de 400 à 1 100 oC) avec des électrodes
pour le soudage en fonction de leur diamètre
plus compliquées ou mieux la flamme d’un chalumeau électrique,
en particulier en dentisterie.

2.3 Usinage par électroérosion


Ce procédé consiste à enlever de la matière par microfusion dans
une étincelle jaillissant entre un moule (pièce de forme négative de
la pièce à obtenir), en graphite le plus souvent, et un bloc de matière
à usiner qui prend progressivement la forme de la pièce à
réaliser [23]. Les pièces sont pratiquement en contact au moins sur
un point et, au fur et à mesure de l’usinage, se rapprochent pour
finir par avoir la même forme.
La figure 12 présente quelques formes particulièrement
compliquées obtenues par usinage sur le graphite. Notons enfin qu’il
est possible de réaliser des pièces très fines ou complexes
(électronique, nucléaire).
On travaille sous différents régimes électriques suivant l’état de
surface à réaliser (ébauche, semi-finition, finition) avec des graphites
de plus en plus fins, éventuellement imprégnés de cuivre.
Le faible coefficient de dilatation du graphite, ses conductivités
électrique et thermique, sa réfractarité (tenue à l’arc) en font un
matériau de choix pour fabriquer les électrodes [mais on utilise
également des électrodes métalliques, en particulier du Sparkal
(Cu-W)]. Le tableau 8 fait apparaître la faible usure du graphite en
usinage d’ébauche (3 premières lignes) ou de finition (4 dernières
lignes).
Les électrodes de graphite sont très souvent usinées sur une
machine à reproduire à partir d’un modèle. Leurs sections peuvent
aller de 180 × 180 mm (ou moins) à 1 300 × 500 mm.
La facilité et la précision d’usinage du graphite, le très bon état
de surface que l’on obtient, en particulier avec les graphites à grains
fins, et enfin la faible usure comparativement à d’autres électrodes
ont favorisé le développement important de cette application durant
ces dernières années (depuis 1980). Figure 12 – Exemples d’électrodes en graphite pour l’usinage
des moules d’électroérosion (photos Le Carbone-Lorraine)
C’est ainsi que l’on réalise par électroérosion des matrices
d’estampage, des moules de fonderie sous pression, des grands
moules pour matières plastiques (pare-chocs de voiture), des moules L’utilisation de matériaux en graphites imprégnés de cuivre permet
de verrerie, des filières d’extrusion, des outils de coupe, que l’on (pour des pièces de tailles limitées, de diamètre 10 à 30 cm), en outre,
peut usiner des fentes et des trous profonds sur tous les métaux d’augmenter le débit d’enlèvement de matière grâce aux fortes
et travailler certains matériaux difficiles comme les aciers d’outillage, conductivités de ces matériaux.
les carbures métalliques, l’alliage Ti-Mo-Cu et les aciers réfractaires (0)
(aubes de réacteurs d’avions par exemple).

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Tableau 8 – Usinage par électroérosion. Relation entre états de surface et usure frontale
Critères de choix Réglages
Masse volumique
Usure frontale Masse de Temps Temps
Rugosité Courant Tension à vide
de l’électrode métal enlevé d’impulsion de pause
(g/cm3) (µm) (%) (mm3/min) (A) (V) (µs) (µs)

1,82 18 0,10 273 48 80 200 50


1,82 12,50 0,20 316 48 80 100 25
1,82 11 0,20 103 24 120 200 25
1,82 7,9 0 36 12 160 100 12
1,80 5,8 1 27 12 160 200 25
1,88 3,2 0 5 6 200 100 12
1,88 2,5 0,5 4 6 200 100 12

Rappelons qu’il existe une méthode d’usinage par électrochimie


qui utilise des électrodes en graphite.

2.4 Résistances électriques


Le carbone et le graphite sont utilisés comme résistances élec-
triques du fait de la grande place de résistivité qu’ils présentent et
de la faible variation thermique de ce paramètre.
Autrefois, on utilisait la résistance de contact d’un empilement de
disques de carbone, variable en fonction de la pression appliquée,
pour dissiper de l’énergie dans l’alimentation de moteurs travaillant
en régime variable.
Les progrès de l’électronique et des composants (thyristors,
varistors, variateurs de vitesse électroniques) ont permis de
remplacer ces rhéostats frustres et coûteux en énergie.
Le carbone sert toujours de résistance fixe à haute ou à basse
température.

2.4.1 Résistances fixes à température ambiante

Il en existe deux types.

2.4.1.1 Résistances massives


Elles sont obtenues en dispersant du carbone finement divisé (en
général du noir) dans une matrice céramique isolante frittée en
atmosphère réductrice. Pouvant varier de 1 à 10 000 µΩ, elles se Figure 13 – Résistances fixes non inductives de puissance
présentent sous forme de disques et anneaux, de masse allant de (photo Le Carbone-Lorraine)
10 g à 1 kg (figure 13a ).
Elles sont destinées à absorber des décharges pendant des temps
très courts (200 J/cm3 en 1 s par exemple) et peuvent être utilisées 2.4.2 Résistances à haute température
sous un gradient de tension de 1 200 V/cm mais avec un coefficient
de température de – 0,1 à – 0,8 % · K –1 et également en haute Les propriétés des carbones et graphites en font des matériaux
fréquence. Elles sont capables d’absorber 2 à 40 fois plus d’énergie de choix pour la fabrication des fours électriques à résistance et à
si elles sont placées dans un courant d’air ou d’eau. induction (chapitres spécialisés dans ce traite).
On peut faire circuler des courants de densités allant jusqu’à 250
2.4.1.2 Résistances à couches et même 500 A/cm2 avec un rayonnement de 1 200 W/cm2, grâce
Elles sont constituées d’un dépôt de carbone pyrolytique conte- au pouvoir émissif élevé du graphite, qui est proche de celui du corps
nant des particules de noir sur un support céramique (stéatite) noir.
(figure 13b ). Le graphite s’oxydant à partir de 500 oC, on ne peut travailler qu’en
Elles sont utilisées essentiellement en haute fréquence (jusqu’à atmosphère neutre (N2 , Ar) ou réductrice (H2 , CO). Les fours indus-
10 000 MHz) du fait de leur faible self-inductance et vont de quelques triels peuvent fonctionner jusqu’à 3 000 oC (3 500 oC en laboratoire
dizaines d’ohms à 10 000 µΩ. ou, sous vide, à T < 2 500 oC).

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Les fours de graphitisation utilisent une résistance en carbone ou


graphite : granulés en chauffage par résistance, tube cylindrique (ou 3. Contacts électriques fixes
cage pour les grandes unités), en chauffage par induction. et glissants
Les dimensions des fours peuvent aller de quelques centimètres
cubes pour les fours de laboratoire, à quelques dizaines de mètres
cubes pour les plus gros fours industriels. On distingue deux types principaux de contacts [20] [21] :
Pour les fours à résistance de laboratoire ou de faible puissance — les contacts fixes avec séparation perpendiculaire (contacts
(chauffage par effet Joule), on est amené à rainurer les tubes de ouvrants) ou parallèle (interrupteurs, coupe-circuit) à la surface de
graphite pour augmenter leur résistance (figure 14), mais on est contact ;
presque toujours obligé de travailler sous une tension d’alimentation — les contacts glissants :
allant de quelques volts à quelques dizaines de volts. • dans un cas, les surfaces des deux éléments en contact sont
En induction, on alimente les fours en moyenne fréquence et sous réduites et utilisées en permanence (balais sur collecteur et
des tensions atteignant 10 000 V en laboratoire et 1 500 V dans bagues),
l’industrie. Théoriquement, on pourrait même fonctionner à la • dans un autre cas, une seule surface est réduite et toujours en
fréquence normale de 50 Hz. frottement sur la surface d’un élément pratiquement infini
Signalons que le carbone vitreux, de résistivité élevée même après (frotteurs), la surface en contact n’étant jamais la même.
traitement à 3 000 oC, permet de construire des fours de laboratoire Dans ces applications, l’intérêt du carbone et, plus souvent, du
(diamètre de quelques centimètres et longueur supérieure à 1 m) graphite est de ne pas fondre en donnant des points de soudure
pratiquement étanches, permettant d’éviter l’échange de matières comme le font les métaux et de présenter un faible coefficient de
entre l’intérieur et l’extérieur du résistor. frottement pour les contacts glissants.
Suivant les températures de fonctionnement, ces fours peuvent
être isolés par des feutres de céramique ou de carbone et pour
T > 2 200 oC par du noir de carbone. 3.1 Contacts de coupure

2.4.3 Résistances variables contenant du carbone Pour ces contacts, on trouve deux nuances à base de carbone :
les frittés de poudres d’argent et de graphite et les imprégnés
Par effet de percolation dans une matière thermoplastique (ou d’argent ou d’autres métaux (cadmium, cuivre). Les caractéristiques
éventuellement thermodurcissable) isolante contenant du carbone des contacts à l’argent sont données dans le tableau 9. (0)
(et bien d’autres matières minérales isolantes, verre par exemple),
on a récemment fabriqué des thermistances dont le coefficient
thermique est extrêmement élevé au voisinage du seuil de perco- Tableau 9 – Caractéristiques d’un matériau
lation, sur une plage d’une dizaine de kelvins. pour contact de coupure
Ces thermistances à bon marché sont utilisées comme composant
protecteur dans la téléphonie et l’électronique. Une application  Argent Graphite
particulièrement intéressante et originale est le traçage des Procédé
conduites de fluide : en enroulant un câble constitué par ces maté- (en 10–8 Ω · m) (% masse) (% masse)
riaux autour de la conduite, on peut arriver à chauffer sélectivement
les zones trop froides (par exemple, s’il y a risque de gel en un point). 200 45 55 imprégnation
10 85 15 frittage
3 95 5 frittage

La fixation des contacts sur leurs supports conducteurs peut être


assurée (suivant le taux d’argent) par sertissage, soudage, vissage
ou brasage.
Si le carbone peut être utilisé dans des conditions sévères (courant,
durée, forme et nombre de cycles), il ne résiste pas aux conditions
extrêmes présentes à la rupture de courant de certains contacteurs
(rétablissement du courant après rupture inévitable, du fait du
maintien de l’arc). Malgré des efforts récents pour trouver de
nouvelles nuances universelles, les contacts à base de carbone
présentent les défauts suivants :
— réamorçage de l’arc apparu à la rupture, du fait de la volati-
lisation du carbone ;
— court-circuit dans le contacteur, dû au dépôt de particules fines
de carbone sur la surface interne du boîtier ;
— enfin, dégradation de la surface des carbones et des graphites
imprégnés de métaux du fait du non-remouillage du carbone par
les particules fondues formées lors de la rupture du courant.
Figure 14 – Résistor de four (photo Le Carbone-Lorraine)
C’est, en pratique, les frittés argent-oxyde de cadmium ou mieux
argent-oxyde d’étain (non toxique) qui sont universellement utilisés.
Les contacts graphite-argent sont cependant employés pour
les circuits de sécurité (signalisation de chemin de fer, par exemple)
où l’insoudabilité est la qualité essentielle. On les trouve, également,
dans de petits interrupteurs, des disjoncteurs de puissance à basse

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tension, des commutateurs et relais de mesure où le faible courant résistivité transversale, mais qui laissent passer le courant d’utili-
à couper permet de conserver l’intégrité du contact et d’assurer un sation sans échauffement excessif. Les nuances utilisées varient
grand nombre de coupures franches et, en circuit fermé, une très suivant la tension Vs entre spires ; on emploie :
faible chute de tension [27]. — les nuances graphite-argent, pour Vs < 0,2 V ;
Les divers contacteurs commandant certains moteurs de — les nuances graphite-métal, pour Vs < 0,4 V ;
puissance moyenne (par exemple, les moteurs d’ascenseurs), qui — les nuances électrographitiques, pour 0,3 V < Vs < 0,8 V.
ont une utilisation intensive, doivent assurer un fonctionnement sans En outre, si l’on utilise, pour certains frotteurs, des matériaux
défaillance. Leurs contacts, soit en carbone pur, soit en carbone composites, la tension Vs peut atteindre 1,2 V.
imprégné de métal, ont été choisis pour leurs excellentes
propriétés d’insoudabilité. Les contacts en carbone pur doivent être Ces contacts sont des contacts glissants (sertis ou soudés), avec
assez durs pour résister aux chocs et sont en carbone amorphe ou une face de frottement réduite, ou roulants (galets à moyeu souvent
électrographitique dense. métallique).
Le carbone a été choisi, en plus de ses propriétés d’insoudabilité,
en raison du fait qu’il demande une tension minimale à l’ouverture 3.2.2 Frotteurs sur fils et rails conducteurs
plus élevée que les métaux pour l’entretien de l’arc (15 à 20 V contre
8 à 13 V pour le cuivre, 8 à 12 V pour l’argent et 10 à 16 V pour le
■ Caractéristiques et conditions d’utilisation
tungstène). Mais le soufflage de l’arc par l’oxyde de cadmium, que
l’on ajoute à ces métaux pour former d’autres matériaux, compense Elles sont indiquées pour quelques nuances dans le tableau 10.
cette moindre tension d’ouverture à la différence du carbone qui,
■ Généralités
seul, peut plus facilement conduire à un réamorçage de l’arc.
La captation de courant peut se faire par un élément conducteur
métallique (cuivre ou métaux frittés, fonte, bronze) ou par du carbone
imprégné de métal ou non. Dans ce cas, la bande ou la pièce de
3.2 Frotteurs de captation de courant graphite est montée sur étrier (figure 15a ).
L’avantage du carbone et des matériaux carbonés est :
3.2.1 Petits frotteurs pour rhéostats
— de ne pas nécessiter de graissage de caténaire et de diminuer
et potentiomètres les coûts de maintenance par son pouvoir autolubrifiant ;
— de diminuer l’usure et d’éviter l’oxydation du conducteur ;
■ Parmi les composants pour l’électronique, les potentiomètres à
— d’augmenter la durée de vie du conducteur (5 à 10 fois) ;
piste cermet, plastique ou couche de carbone, utilisent de très petites
— de donner moins de parasites, de réduitre l’étincelage, la forma-
pièces en carbone comme contact mobile. En effet, le carbone s’est
tion d’arc et leurs conséquences sur le conducteur.
imposé par ses performances (endurance, conservation des pistes,
absence de parasites) et par son faible coût. Ces pièces sont obtenues On peut distinguer trois types de dispositifs de captation de
par moulage en grande série, dans des formes qui permettent un courant :
montage facile, souvent par simple pression, malgré leur petitesse. — les pantographes (figure 15a ) ;
Leurs dimensions varient de 1 à 4 ou 5 mm au plus. — les perches (figure 15b ) ;
— le captage sur rail (figure 15c ).
■ Pour les rhéostats ou les autotransformateurs, les frotteurs
s’apparentent aux balais, bien que leurs formes (roulettes ou petits ■ Pantographes et perches
patins) soient différentes, mais les nuances utilisées sont les Les bandes de pantographes doivent être imprégnées de métal
mêmes (§ 3.3.3) (cuivre) si l’on veut faire passer des courants importants ou si l’on
Pour les rhéostats, on choisit des nuances à faible chute de a besoin de fortes caractéristiques mécaniques [R f , dureté
tension au contact, susceptibles de nettoyer la piste sans user les (tableau 10)].
fils du bobinage, comme les nuances métallographitiques (par Avec l’augmentation de la vitesse (TGV par exemple), il faut faire
exemple, cuivre-plomb). évoluer les frotteurs en carbone vers des systèmes autoporteurs
Pour les autotransformateurs, où la tension entre spires n’est donnant des inerties plus faibles. (0)
pas négligeable, il faut s’orienter, par contre, vers des nuances à forte

Tableau 10 – Caractéristiques et conditions d’utilisation de frotteurs en carbone


Courant linéique maximal

v Dureté
Nuance  Rf Applications Pression démarrage en fonctionnement
Shore
(g/cm3) (en 10 –8 Ω · m) (MPa) (daN/cm) (A/cm) (A/cm)

pantographe 0,8 à 0,2 15 50


(3,5 : TGVA)
Carbone filé 1,7 3 300 40 85 trolley 0,8 à 0,5 10 15
3e rail 0,1 à 0,5 10 25
pantographe 0,5 à 0,8 35 120 à 150
(3,5 : TGV)
Carbone imprégné 2,15 1 000 60 85 trolley 0,8 à 1,5 35 40
3e rail 0,1 à 0,5 20/40 50 à 100

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Figure 15 – Frotteurs sur fils et rails (photos Le Carbone-Lorraine)

En alimentation en haute tension, le carbone diminue la probabilité — les perches de la figure 15b qui sont utilisées pour des
de formation et de maintien de l’arc. tramways ou des trolleys en Europe [Suisse, France (Nancy),
Parmi les applications actuelles du carbone, dans le domaine de Portugal] et quelques réseaux américains (Mexico City).
la captation sur fil, on peut citer, par exemple : ■ Troisième rail
— les pantographes avec le frotteur de la figure 15a, qui sont Il est de plus en plus souvent en aluminium revêtu d’acier inoxy-
utilisés, notamment : dable et il nécessite le carbone comme frotteur. Ainsi, dans le métro
• par la SNCF, pour les trains à grande vitesse (TGV) et pour les sur pneu où le troisième rail sert aussi de bande latérale de roule-
trains du réseau banlieue parisien, ment, le carbone empêche la détérioration des roues latérales.
• par la RATP, pour le RER (réseau express régional),
Pour le 3e rail, le carbone est utilisé, notamment, pour le VAL à
• par des réseaux européens (Italie, Suisse, Belgique),
Lille, pour les métros de Lyon, Barcelone et Mexico City, Montréal,
• par certaines villes françaises pour des tramways ;
Taipei.

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3.3 Balais ■ Les conditions imposées sont :


— le nombre de pôles et la nature du courant ;
3.3.1 Principes — le courant et la densité de courant qui déterminent la géométrie
(largeur et longueur) et le nombre des balais par pôle ;
3.3.1.1 Définition et fonction — la vitesse de rotation et la vitesse périphérique de la bague ou
du collecteur ;
Le balai a pour fonction de transmettre le courant électrique d’une — le cycle de fonctionnement en courant et en vitesse ;
partie fixe à une partie mobile d’un moteur ou d’un générateur — l’atmosphère (température, humidité, pollutions éventuelles) ;
électrique. À l’origine, le courant était amené sur la machine de — les vibrations mécaniques en bon fonctionnement ;
Gramme par un pinceau de fils de cuivre fins, d’où le nom balai. — le sens de rotation de la machine ou sa réversibilité.
Aujourd’hui, il est toujours constitué d’un petit bloc de matière solide
(carbone ou graphite, éventuellement imprégné avec des lubrifiants, ■ Les paramètres pouvant être ajustés sont :
des résines ou des métaux ; aggloméré de poudre de carbone et de — la forme et la constitution des balais (§ 3.3.2.2) ;
résine ; cuivre et autres métaux frittés contenant du graphite ; — leur positionnement (§ 3.3.2.3) ;
(§ 3.3.3). Toutefois, des études récentes sur des balais filamentaires — la nuance de la ou des matières des balais (§ 3.3.3) ;
au cuivre pour machines homopolaires à courant continu de forte — l’état de surface du collecteur ou de la bague (§ 3.3.2.1).
densité de courant (1 000 A/cm2 contre 2 à 45 A/cm2, en régime
permanent, pour les balais traditionnels) ont donné des résultats ■ Le but à atteindre est évidemment une durée de vie maximale des
encourageants en laboratoire. parties frottantes qui dépend de la machine, de l’état de surface initial
du collecteur ou des bagues, de la difficulté de la commutation, de
L’utilisation universelle de produits contenant des matériaux la distribution du courant entre les balais. La patine (§ 3.3.4.4), par
carbonés s’explique essentiellement par le fait que le carbone évite sa présence et son aspect sur le collecteur ou la bague, est riche
le grippage et la soudure d’un corps conducteur métallique sur le d’informations.
collecteur ou la bague, eux-mêmes métalliques, et permet la
formation sur le collecteur ou la bague d’une patine indispensable
au bon fonctionnement du couple balais-collecteur ou balais- 3.3.1.3 Commutation
bague (§ 3.3.4.4). La commutation est l’inversion du courant dans une section du
D’autres propriétés intéressantes interviennent, entre autres : bobinage d’un induit à collecteur quand le balai passe d’une lame
— la conductivité électrique, qui varie en fonction de la L1 du collecteur à une autre L2 (articles Machines à courant
composition et du traitement thermique ; continu [29] [30], dans ce traité). Une bonne commutation ne pro-
— le faible coefficient de frottement avec effet onctueux (graphite duit pas d’étincelles dégradant les deux surfaces en contact.
naturel ou artificiel) ou polisseur (carbone non graphitisé), éventuel- Les balais, traversés par le courant principal I de la machine,
lement amélioré par des ajouts et/ou des imprégnants. contribuent à cette commutation lors du passage des lames du
Les difficultés rencontrées dans l’utilisation des balais tiennent à collecteur (figure 16). Ils doivent être positionnés de manière à
ce que l’on veut assurer par la fonction balai un passage de courant assurer la commutation sans étincelles. Si l’inversion du courant
électrique et un frottement sec acceptable, avec une durée de vie n’est pas terminée au moment où une lame du collecteur quitte le
satisfaisante. Lorsque toutes les conditions sont favorables, on balai, ce courant non annulé se trouve coupé. La manifestation de
montre que le passage du courant électrique, par son effet sur la cette coupure est l’étincelle, due à la tension de réactance, plus ou
formation de la patine, favorise le frottement (et qu’au contraire moins dommageable pour le balai et la lame.
l’absence de courant est néfaste). La fonction balai est illustrée par La tension de réactance est une force électromotrice qui permet
les figures 16 et 19 et schématisée sur la figure 17. d’évaluer théoriquement les difficultés de commutation. Le courant
dans la section en commutation peut être modifié en valeur et en
3.3.1.2 Paramètres intervenant sens par l’action de pôles auxiliaires et/ou d’enroulements de
dans le fonctionnement des balais compensation. La variation de cette tension en fonction du temps
permet de différencier une bonne commutation (figure 18b ) d’une
mauvaise (figure 18a ).
Le nombre de facteurs conditionnant le fonctionnement des
balais est tellement grand qu’il est difficile d’en faire la synthèse.
On peut les examiner un par un en les regroupant par nature, La nuance et/ou la technologie du balai peuvent compenser
mais, en pratique, ce n’est qu’après de nombreuses heures de partiellement les difficultés de commutation. C’est ce que nous
fonctionnement sur une machine donnée, travaillant dans des verrons (§ 3.3.2.2) avec les balais sandwichs ou divisés, par
conditions données (§ 3.3.4), que l’on peut confirmer qu’une exemple, et c’est ce qui explique en partie le grand nombre de
nuance de matière convient bien. nuances de matières utilisées (§ 3.3.3).

Figure 16 – Principe de la commutation

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Il est possible de visualiser la commutation, par exemple en ■ La rectification ne suffit pas ; il convient, en outre, de chanfreiner
équipant deux lames du collecteur d’une machine tournante à à 45o, en général, les arêtes des lames des collecteurs (pour éviter les
courant continu de prises de potentiel et en transmettant, pendant risques de flash) sur 1/10 ou 1/20 de l’épaisseur de la lame. L’usinage
le fonctionnement de la machine, le signal obtenu à l’aide d’un d’une rainure hélicoïdale (3 mm de large sur 3 à 4 mm de profondeur
dispositif à bagues. La figure 18a illustre le cas d’un fonctionne- avec un pas de 8 à 12 mm) sur les bagues est recommandé et
ment sans pôles auxiliaires, avec un signal très tourmenté. Au améliore la répartition du courant, active la ventilation, évacue les
contraire la figure 18b, obtenue avec des pôles auxiliaires (dits poussières et favorise la stabilité mécanique. Les bords de cette
également pôles de commutation ) qui améliorent beaucoup la rainure doivent être aussi chanfreinés.
commutation, montre un signal nettement moins irrégulier.
■ La matière des bagues peut être rainurée pour différentes raisons,
comme nous venons de le voir, mais il importe que les bronzes Cu-Sn
qui la composent ne comportent ni soufflure, ni dendrites, ni cristaux
3.3.2 Transmission du courant isolés (phase δ ou ε de l’alliage) trop durs et contiennent moins de
0,05 % de P et de 1 % d’Al.
3.3.2.1 Collecteurs et bagues
Le courant arrive dans le moteur soit par des bagues en acier, en
cuivre ou en bronze, soit par des collecteurs en cuivre. Un collecteur
(figures 17 et 19) est constitué par un ensemble de lames radiales
séparées par des lames plus fines et en retrait en matière isolante
(par exemple, du mica).
■ Il convient de rectifier périodiquement les bagues et collecteurs
afin d’en éliminer toutes déformations (§ 3.3.4.3) : faux rond, usure
inégale, méplats (dus à des chocs), lame en saillie ou en retrait,
lames desserrées.
On peut utiliser, pour ce faire, un tour ou un outil de tour renversé
montable sur le rotor en place, une meule montée sur le bâti du
moteur avec rotation dans le sens de rotation du collecteur ou,
mieux, une pierre abrasive sur le moteur en rotation à vitesse
normale.
Pour les grosses machines alimentées sous tension réduite, on
ne peut utiliser que la pierre abrasive et on emploie avantageuse-
ment des bâtis porte-brique avec la pierre en position traînante.
Les avances d’usinage sont toujours très faibles, soit 0,02 à
0,03 mm par passe sur machine (un peu plus sur tour). Après
usinage, on vérifie que l’état de surface a une rugosité Ra comprise
entre 0,5 et 1,5 µm suivant les machines.

Figure 17 – Balai frottant sur un collecteur : schéma

Figure 18 – Tension de réactance et courant : variations

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3.3.2.2 Géométrie des balais L’introduction d’un jonc amortisseur sur l’un des balais permet
encore mieux de maintenir un contact permanent à condition de
Pour couvrir tous les cas d’espèce, les fabricants de balais ont été
placer convenablement ce jonc amortisseur :
amenés à créer une infinité de formes, de dimensions et de nuances
de carbone, de graphite et de composés métaux-carbone. Ces — en aval, dans le cas des balais droits (figure 22a ) ;
fabricants, en collaboration avec les constructeurs de machines — en amont, dans le cas des balais inclinés (figure 22b ).
électriques et les utilisateurs, définissent la forme, la nuance et le Pour les machines à un seul sens de rotation, on utilise avanta-
nombre de balais qui conviennent le mieux à un cycle donné de geusement les balais inclinés. Les plaquettes peuvent être collées
fonctionnement d’une machine travaillant dans des conditions et/ou enfilées sur les câbles.
données. Nous conseillons aux utilisateurs de balais de consulter
le questionnaire du tableau 14 avant de commander des balais. 3.3.2.3 Disposition des balais sur la machine
Les balais moulés ou usinés dans un bloc ont la plupart du temps
Pour que la commutation se fasse avec le minimum de pertes, il
une forme parallélépipédique dont les cotes a, b t , h représentent
importe que le courant soit minimal lorsque le balai passe d’une lame
respectivement les dimensions axiales, tangentielles et radiales
de collecteur à une autre ; pour ce faire, on détermine le plus exacte-
(figure 17) : en général, on a b t < a sur collecteur (figure 20a ) et
ment possible la ligne neutre de la machine et on cale les balais
b t > a sur bague (figure 20b ).
dessus.
Les cotes doivent être celles recommandées par la norme CEI 136
Il existe des méthodes simples pour déterminer la ligne neutre
et les dimensions doivent respecter des tolérances précises
sur la machine à l’arrêt (figure 25), ou en charge, à l’aide d’un filtre
également recommandées par cette norme et correspondant à celles
branché entre deux lignes de balais de polarités différentes ; il
des porte-balais. Il convient, en effet, que, sous la pression P d’appui
mesure quantitativement la commutation par sommation des
sur le collecteur, le balai puisse coulisser facilement en fonction de
valeurs moyennes redressées de la tension, de fréquence supérieure
l’usure et qu’il ne puisse se bloquer dans la gaine (cage) du porte-
à 35 kHz, associées à la commutation.
balais.
Les balais peuvent être en position radiale (figure 20c ) ou
inclinée [traînants (figure 20d ) ou à réaction (figure 20e )], et leur
tête peut aussi être inclinée pour améliorer leur stabilité mécani-
que (figure 22b ).
Les amenées de courant sont constituées par un (ou plusieurs)
câble(s) de brins de cuivre dont le diamètre est optimisé. Le câble
est fixée au balai par rivetage, soudure, moulage ou scellement et
reçoit à l’autre extrémité une cosse respectant généralement les
recommandations de la CEI 136 [figures 23, 24 et 19].
Si, pour les petites machines, on utilise généralement des balais
monoblocs, on peut avoir avantage, pour les fortes puissances, à
employer des balais comprenant deux demi-balais collés sur un plan
radial (figure 21a ), de même nuance (sandwich ) ou de deux
nuances différentes (composés ) pour augmenter la résistance trans-
versale et en conséquence améliorer la commutation, l’association
de nuances pouvant mieux contrôler la patine.
Pour les grosses machines, on peut se permettre de séparer les
balais (même nuance ou nuances différentes) avec deux doigts pour
la transmission de pression (figure 21b ) ou même d’avoir deux
cages contenant chacune un balais : balai tandem (figure 21c ) ou
balais jumelés (figure 21d ).
En fonctionnement, le balai peut perdre le contact avec le collec-
teur ou la bague (vibrations de différentes origines) et le courant
est alors coupé pendant un temps plus ou moins long, provoquant
des étincelles qui dégradent le balai et le collecteur. Pour pallier ce
défaut, on a imaginé d’associer deux ou plusieurs balais indépen-
dants en contact sur leur face arrière (figure 22) et de leur trans-
mettre la pression par l’intermédiaire d’une plaquette les
recouvrant.

Figure 19 – Lignes de balais s’appuyant sur un collecteur


(photo Le Carbone-Lorraine)

Figure 20 – Positions d’un balai

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Une autre possibilité est d’avancer ou de reculer une partie des


balais d’une ligne, c’est le décalage tangentiel. On atténue ainsi les
difficultés de la commutation en augmentant la durée.
Pour avoir une bonne commutation, une règle simplifiée est que
l’arc γ de collecteur couvert par un balai soit tel que :
γ > K (L + e ) + e
avec e épaisseur d’une interlame,
K nombre de sections par encoche,
L largeur d’une lame.

3.3.3 Nuances de balais

Historiquement, les compositions et les traitements des matières


de balais ont beaucoup évolué et cette évolution se poursuit.

Figure 22 – Montage des balais : position recommandée ou à éviter


Figure 21 – Balais sandwichs et composés

Figure 23 – Balais pour moteurs électriques


(photo Le Carbone-Lorraine)

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3.3.3.1 Nuances carbographitiques


■ Elles sont préparées à partir de mélanges de poudres de carbone,
de graphite naturel ou artificiel, agglomérés par un liant, comprimés
en plaques et cuits pour cokéfier le liant.
■ Ces nuances, généralement polisseuses, ont un bon pouvoir
commutant du fait d’une chute de tension au contact moyenne.

Elles sont utilisées pour des petites machines modernes, dont


la puissance ne dépasse pas quelques kilowatts, et aussi pour
des machines anciennes, lentes, peu chargées, ainsi que pour
les appareils électroménagers et l’outillage portatif.

3.3.3.2 Nuances électrographitiques


■ Elles sont obtenues par la même technique que les nuances carbo-
graphitiques, mais avec, en plus, un traitement à haute température
(> 2 500 oC pour graphitiser le liant et les carbones non graphitisés
du mélange).

Figure 24 – Balai divisé pour matériel de traction


■ Elles sont adaptées aux vitesses élevées (jusqu’à 50 m/s de façon
(photo Le Carbone-Lorraine)
courante) ; elles ont un coefficient de frottement moyen et une chute
au contact moyenne. Les densités de courant admissibles sont de 8
à 12 A/cm2 en régime stable et de 20 à 25 A/cm2 en régime transitoire.

Ce sont les nuances les plus utilisées pour les machines à


courant continu stationnaires (fixes) ou de traction, pour toutes
tensions, à charge constante ou variable.

3.3.3.3 Nuances graphitiques tendres


■ Elles sont essentiellement à base de graphite naturel purifié.
■ Elles sont tendres, plastiques, amortisseuses et en général
polisseuses.

Elles sont utilisées sur les bagues en acier des machines


asynchrones ou synchrones rapides (jusqu’à 75 m/s), pour des
densités de courant allant jusqu’à 10 A/cm2.

3.3.3.4 Nuances métallographitiques


■ On les prépare à partir de mélanges de poudre de graphite naturel
et de cuivre, éventuellement additionnés de plomb et/ou d’étain,
comprimés et cuits sous hydrogène pour fritter le cuivre.
■ Leur coefficient de frottement est très faible ainsi que leur chute
de tension au contact. Les densités de courant admissibles peuvent
être élevées (12 à 30 A/cm2 en continu, 100 A/cm2 en transitoire pour
les machines industrielles et supérieures à 700 A /cm 2 pour les
démarreurs automobiles) à des vitesses périphériques limitées
Figure 25 – Calage des balais sur la ligne neutre (< 35 m/s, généralement).

Elles sont utilisées pour les machines à courant continu à


D’un côté, les machines de plus en plus grosses et/ou de plus en vitesse lente et à faible tension, sur les bagues en bronze de
plus exigeantes pour les balais, de l’autre, les techniques de fabri- moteurs asynchrones lents et chargés et sur les bagues en
cation des matériaux carbonés ont amené à produire des nuances bronze ou en acier des machines synchrones à vitesse lente ou
de matières adaptées aux différentes conditions de fonctionnement, moyenne.
d’environnement, de cycle. Il est très difficile de dresser un tableau Ces nuances sont également employées pour les grandes
exhaustif des nuances. On peut les classer en cinq groupes princi- séries de balais pour petites machines à basse tension, comme
paux, ces nuances de base pouvant être modifiées par imprégnation les moteurs auxiliaires dans l’automobile, les démarreurs, les
et associées entre elles dans un même balai. alternateurs.
Les caractéristiques principales de certaines de ces nuances sont
données dans le tableau 11. ■ Dans cette classe, il faut aussi signaler l’existence de matériaux
électrographitiques imprégnés de cuivre ou d’un mélange de cuivre
et de plomb. (0)

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Tableau 11 – Caractéristiques des principales nuances de balais


Densité
v U
 Rf de courant v (1)
Dureté contact Coefficient Importance relative
Nuance maximale
Shore de frottement mondiale
(g/cm3) (µ Ω · m) (MPa) (V) (A/cm2) (m/s)

3 000  45
Carbographitique 1,55 à 150 000 25 2,3 à 3 6 à 10 > 0,2 15 0,2

Électrographitique 1,57 1 200 35 28 2,3 à 3 12 0,12 à 0,2 50 ε


1,54 4 300 48 20 12 50
Électrographitique 1,56 6 300 65 36 >3 12 0,12 à 0,2 50 1
imprégné de résine
Graphitique tendre 1,48 2 200 7 2,3 à 3 6 à 10 0,12 à 0,2 75 ε
Métallographitique
aggloméré 4,05 30 17 50 < 1,4 12 à 30 < 0,12 25 0,5
67 % métal
Métallographitique
imprégné 2,78 360 34 40 ≈ 1,4 12 à 15 < 0,12 35 ε
45 % métal
Bakélite graphite 1,78 25 000 27 >3 8 0,12 à 0,2 40 0,1
(1) Vitesse périphérique admissible au collecteur.

3.3.3.5 Nuances résine-graphite 3.3.4 Fonctionnement des balais


■ Elles sont constituées par des poudres de graphite naturel ou
artificiel, agglomérées par des résines, phénoliques par exemple, 3.3.4.1 Généralités
comprimées et cuites à la température de polymérisation de la Il est difficile d’expliquer correctement le fonctionnement des
résine. balais. Plusieurs théories ont été avancées (Holm, Kuzogi, Mayeur,
Mc Nab, Shobert) qui s’appliquent à des cas différents. Dans tous
■ Ces nuances ont des résistances mécanique et électrique élevées. les cas de bon fonctionnement, le balai forme sur le collecteur ou
Elles peuvent fonctionner à faible densité de courant et sont toutes la bague, par interaction du carbone et du métal, un film mince, la
bonnes commutantes. patine adhérant au collecteur ; elle est indispensable et facilite le
passage du courant.
Leur principale application est, en courant alternatif, les Pour faire passer le courant, il faut appliquer le balai sur le
moteurs de type Schorch ou Schrage et, en courant continu, les collecteur ou la bague avec une pression suffisante pour assurer un
machines à vitesse moyenne et modérément chargées. Elles contact franc (pas d’étincelle), mais limitée pour ne pas augmenter
sont également utilisées pour les petites machines produites en les pertes mécaniques, la température et surtout l’usure. Par ailleurs,
grande série (moulage unitaire), dans les robots de cuisine par la chute de tension au contact baisse lorsque la pression augmente
exemple. et la commutation s’en ressent. Cette baisse peut atteindre par
exemple 30 % lorsqu’on passe de 150 à 550 cN/cm2 pour un balai
travaillant à 10 A/cm2.
3.3.3.6 Imprégnations
Lorsque les machines sont sujettes à des chocs ou à des vibrations,
La création d’une nouvelle nuance de balai lorsqu’on ne trouve ou sont mal équilibrées, il peut être nécessaire d’augmenter la
pas de nuance existante convenable pour une machine électrique pression.
donnée, en particulier lorsque les quantités de poussières aug-
mentent et lorsque les conditions de travail deviennent plus sévères, 3.3.4.2 Préparation des balais
est encore entreprise actuellement, mais on a constaté, depuis
longtemps, qu’il suffisait souvent d’imprégner certaines nuances Pour s’appuyer sur un collecteur sur toute sa surface, le balai doit
avec plus ou moins de résines polymérisées pour diminuer l’usure ; en épouser parfaitement la forme. Les balais sont donc souvent livrés
c’est ainsi que l’on a pu obtenir une usure normale en atmosphère avec une surface préformée, mais il convient dans tous les cas de
déshydratée (balais à haute altitude). roder la surface à mettre en contact avant utilisation, à la meule ou
directement sur la machine à l’aide d’une toile abrasive, ou, enfin,
On maintient ainsi la patine dans un équilibre satisfaisant, mais
pour les grosses machines, avec une pierre ponce. Il convient ensuite
on affaiblit légèrement le pouvoir commutant de la machine.
de s’assurer que l’on a bien éliminé tout grain d’abrasif avant de
L’émission des perturbations radioélectriques est aussi fortement
faire tourner la machine.
réduite par des imprégnations (balais pour l’outillage portatif).
3.3.4.3 Usure des balais
Cette usure dépend des pertes mécaniques et électriques qui
varient en sens opposé avec l’augmentation de la pression. On doit
donc trouver un compromis pour une application donnée, l’essentiel
étant de ne pas interrompre le courant (étincelles et dégradation du
couple balai-collecteur), quitte à user plus vite le balai.

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Toute une série d’autres facteurs peuvent intervenir dans l’usure, La patine est souvent difficile à obtenir et à maintenir en état. Si
parmi lesquels on note : l’on dépose trop de graphite, avec un balai tendre par exemple, la
— l’inversion fréquente du sens de rotation des machines ; résistance au contact va s’élever et donc la température. Si l’on utilise
— les régimes très variables et surtout la rotation sans courant ; des balais non graphitisés polisseurs, ils vont détruire la patine au
— l’environnement mécanique et atmosphérique ; fur et à mesure qu’elle se forme : on aura une usure rapide du
— l’état des porte-balais et du collecteur ou de la bague collecteur avec souvent des stries dues aux poussières d’usure du
balai.
et, bien entendu, tout écart au régime normal de fonctionnement.
Ce phénomène s’observe particulièrement sur les machines à
courant continu :
L’usure s’exprime couramment, en millimètre de longueur de — sous les balais anodes, ou entrées de courant, la patine formée,
balai à user, durant 1 000 heures de fonctionnement pour les d’aspect bleu-noir, est due à un dépôt de graphite ; les balais ont
machines industrielles ou au cours de 1 000 ou 10 000 km de un effet graisseur ;
parcours du véhicule pour les machines de traction. — sous les balais cathodes, ou sorties de courant, la patine est
claire, couleur brique ; le métal est avivé, les balais ont un effet
Les machines sous-chargées ou des atmosphères agressives gratteur ou polisseur.
peuvent l’augmenter dans de grandes proportions. Pour corriger ces phénomènes, d’autant plus importants que la
La poussière due à l’usure est normalement évacuée par la rotation densité de courant est élevée (anode) ou faible (cathode), on introduit
de la machine. Ce n’est pas le cas en présence de corps gras qui quelques balais gratteurs dans la ligne d’entrée (par exemple des
l’agglomèrent et peuvent bloquer les balais dans les gaines des balais agglomérés à la résine) et quelques balais graisseurs sur la
porte-balais. De même, des dépôts dus à la corrosion chimique et ligne de sortie (par exemple, des balais graphitiques tendres).
des poussières extérieures peuvent coincer les balais dans leur Lorsque la commutation s’accompagne de tensions résiduelles
gaine. Pour éviter ce blocage, on peut évider les grandes faces des importantes et/ou lorsque la force de pression appliquée sur les
balais sur les 3/4 de leur largeur et jusqu’à 1 mm de profondeur pour balais est trop faible ou mal transmise, la patine peut présenter des
les gros balais. perforations ou pustules dues au claquage de la couche semi-
La poussière d’usure peut également provoquer des courts- conductrice d’oxyde. Il s’agit de machines sensibles très sollicitées
circuits très dommageables pour la machine et ce d’autant plus que : avec variations de puissances importantes (par exemple, un moteur
de laminoir).
— la tension est élevée ;
— les poussières contiennent plus de métal ; Si la cause des perforations est de courte durée, le défaut ne
— la machine est plus étanche ; s’aggrave pas et la patine se reforme, contrairement aux brûlures
— l’entretien est moins fréquent. qui restent définitivement.
Cette poussière d’usure des balais, d’origine mécanique et élec- Pour limiter cet effet, on peut :
trique (microétincelles) est extrêmement fine : dans le cas d’un balai — réduire l’amplitude et la fréquence des variations de charge ;
électrographitique, on peut observer, par exemple, deux pics dans — amortir les transmissions aux balais ;
le spectre granulométrique autour de 8 µm et de 70 µm. Dans le cas — renforcer la pression ;
d’un balai métallographitique, on a un pic centré sur 2 µm. — utiliser des matières tendres et/ou des balais divisés avec
Il est parfois nécessaire d’évacuer les poussières par une venti- amortisseurs.
lation forcée orientée convenablement.
3.3.4.5 Images de balais. Étincelage
3.3.4.4 Patines Sur les bagues des machines synchrones, l’image du balai peut
Lors du fonctionnement du moteur, le balai et le collecteur s’imprimer sur le collecteur (à l’arrêt) par électrolyse et provoquer
forment, à la surface de ce collecteur, un dépôt coloré contenant à la longue des dégâts importants ; pour les éviter, il suffit de relever
essentiellement du métal (et ses oxydes), du carbone et de l’eau. les balais ou de les isoler à l’arrêt (cas fréquent dans la marine).
L’aspect de la patine est le témoignage d’un bon ou d’un mauvais En mouvement, l’image peut se former par électroérosion, soit
fonctionnement de la machine. Nous donnons (tableau 12) les lentement à chaque tour de la machine en un point donné, soit
aspects caractéristiques des surfaces de collecteur après fonction- instantanément lors d’une surcharge. Dans le premier cas, on prend
nement et l’interprétation qu’on peut en donner. Nous ajoutons les un balai polisseur, on augmente la pression et on diminue la densité
photographies de deux collecteurs fortement usés (figure 26). du courant ; on peut également poncer ; dans le second cas, on
protège le circuit d’excitation.
Pour les gros moteurs industriels, on dispose toute une série de
balais en plusieurs lignes. Les balais sont quinconcés pour avoir un
fonctionnement correct et une patine homogène. Dans certains
cas, quelques galais peuvent être avancés ou reculés par rapport à
la ligne moyenne.

Figure 26 – Usure des collecteurs

(0)

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Tableau 12 – Principaux aspects des patines et signification


Aspect et interprétation

Patines normales : De coloration uniforme : marron clair à marron foncé. Fonctionnement satisfaisant de la machine et des balais.
Aspect et interprétation

(a ) Patine striée (b ) Patine décapée (c ) Patine tartinée


Raies ou bandes plus ou moins Comme la patine striée, mais avec Taches de formes, colorations
larges, alternativement claires des bandes décapées couleur cuivre et dimensions diverses,
et foncées, sans usure de cuivre ou très légèrement patinées. sans caractère de périodicité
Il y a attaque du métal
Causes les plus fréquentes
Humidité excessive Mêmes causes que pour patine striée, Collecteur déformé ou malpropre
Vapeurs huileuses ou gaz agressifs mais aggravées ou prolongées
dans l’air ambiant Également, nuance de balais inappropriée
Balais sous-chargés
Aspect et interprétation

(d ) Taches isolées ou régulièrement (e ) Taches foncées à bords francs suivies ou Lames tachées au milieu ou sur les bords
réparties non de taches plus claires à bords Ombrage sur le milieu des lames (f )
Taches foncées à bords dégradés estompés ou frangeant les deux bords de lames (g )
Causes les plus fréquentes
Faux rond du collecteur (tache isolée) Défaut affectant une lame ou un groupe Rectifications défectueuses du collecteur
Vibrations résultant d’un équilibrage de lames et occasionnant le soulèvement
incorrect, de paliers ou roulements du balai
défectueux, d’un alignement d’arbre
imparfait, etc. (taches régulièrement
réparties sur une ou plusieurs zones
du collecteur)

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Tableau 12 – Principaux aspects des patines et signification (suite)


Aspect et interprétation

(h ) Lames alternativement claires et foncées (i ) Taches au double pas polaire


Encadrées d’un nombre variable de lames claires, Taches nettes ou floues de couleur foncée et d’aspect
les lames foncées sont d’aspect poli, ou mat, mat ou charbonneux, distantes du double pas polaire.
ou charbonneux. Ce schéma se reproduit sur tout
le tour du collecteur. C’est un motif répétitif.
Causes les plus fréquentes
Origine électrique : les causes sont liées au mode Soudures défectueuses sur équipotentielle, radiale ou tête de bobine
de bobinage d’induit, avec commutations succes-
sives (et de difficulté croissante) des conducteurs
dans l’encoche. Défaut qui peut être corrigé par
l’emploi d’une nuance ayant de meilleures
propriétés de commutation

Si le courant passe normalement du balai au collecteur par des 3.3.5 Influences extérieures
micropoints de contact provoquant des microétincelles, il faut éviter sur le fonctionnement des balais
d’avoir des étincelles visibles (en général à la sortie) dues à des
causes électriques et/ou mécaniques, car, dans ce cas, le balai s’use 3.3.5.1 Facteurs atmosphériques
davantage et le collecteur est détérioré par fusion du métal.
Lorsque l’altitude de vol des avions a augmenté, on a été surpris
Le danger de l’étincelle peut être caractérisé par la couleur par l’usure des balais de moteurs qui les équipaient. En fait, les
(violette, rouge, bleue ou verte suivant la gravité croissante) et par études ont montré que cela était dû à l’absence d’humidité de l’air
le volume (depuis le liseré à peine perceptible jusqu’à l’arc entretenu dans la haute atmosphère. On retrouve ce phénomène dans les
stable ou mobile) et est répertorié suivant la notation Westinghouse machines tournant dans un gaz sec, dans les moteurs étanches et
(tableau 13). Les limites acceptables, habituellement admises, sont : par très grands froids. À la limite, le balai peut être pulvérisé en
1 particules extrêmement fines (submicroniques), phénomène appelé
— régime normal : 1 ------ ;
2 usure noire. Inversement, un excès d’humidité provoque l’épaissis-
3 sement de la patine et des rayures dans le collecteur.
— régime de pointe, surcharge : 1 ------
4
Il est souhaitable de pouvoir travailler entre 2 et 25 g d’eau
3.3.4.6 Pertes dans les balais par m3 d’air ou mieux entre 8 et 15 g/m3.
Ces pertes, faibles par rapport aux pertes totales d’une machine,
sont : 3.3.5.2 Facteurs mécaniques
— soit d’origine mécanique et leur expression est : Une machine tournante provoque naturellement un courant de
ventilation qui peut être augmenté volontairement par autoventi-
Wm = µF v
lation ou par addition d’un motoventilateur. L’air doit être débarrassé
avec Fcomposante normale de la force d’appui du balai sur le des poussières ambiantes et circuler dans le sens du bobinage vers
collecteur, le collecteur pour ne pas introduire les poussières d’usure des balais
dans la machine.
v vitesse périphérique,
Cette ventilation doit éliminer les pertes thermiques de la machine
µ coefficient de frottement du balai sur le collecteur ; sans trop refroidir le couple balai-collecteur.
— soit d’origine électrique, avec trois composantes :
En circuit fermé, on refroidit l’air par un aéro- ou hydroréfrigérant
ρh
 
et on injecte un appoint d’air frais pour diminuer l’usure des balais.
• W ch = --------- I2 due à la résistance électrique, faible, du balai
S
de hauteur h et de surface S, 3.3.5.3 Facteurs chimiques
• Ws = r I2 due à la résistance r de la connexion, Si l’atmosphère environnant les balais joue un rôle important, il
• Wz = I ∆ U due à la chute de tension ∆ U , au contact. en est de même pour des matières liquides et solides organiques
À ces pertes s’ajoutent celles des courants de circulation dans les pouvant migrer vers les balais. C’est ainsi que les graisses et surtout
balais, entre lames de collecteurs, très mal connues. Pour les les silicones sont très nocives tandis que l’imprégnation de la
machines industrielles, W m et W z peuvent aller de 10 à 100 ou 200 W porosité du carbone par des résines judicieusement choisies peut
suivant les cas ; W ch est faible sauf pour les balais résine-graphite ; améliorer considérablement le fonctionnement et la durée de vie des
W s est toujours très faible. balais.
(0)

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Les collecteurs et les bagues doivent être dégraissés par des


Tableau 13 – Graduation des étincelles solvants appropriés en quantité limitée que l’on éliminera par un
de génératrices et moteurs (d’après Westinghouse) soufflage énergique, les solvants résiduels provoquant un étince-
lage, une dégradation de la patine et une usure accélérée des balais.
Représentation Indice Désignation
Quant aux silicones, utilisées abondamment en construction
électrique du fait de leurs pouvoirs diélectriques et isolants très
élevés, de leur stabilité thermique et de leur inertie chimique, elles
1 Noir peuvent avoir des effets redoutables sur l’usure des balais qu’elles
augmentent de plusieurs ordres de grandeur. L’effet est d’autant plus
marqué que les produits sont moins bien stabilisés, que l’air de la
machine est confiné, que la température est élevée et le courant
important.
1 Les produits de dégradation des silicones se recondensent sur le
1 ----- Perles intermittentes collecteur en donnant un film isolant qui perturbe le passage du
4
courant. Des étincelles apparaissent et donnent de la silice abrasive
qui use les balais, même pour des quantités infimes de silicone.
Pour pallier ces difficultés, on peut modifier le balai par
1 imprégnation ou prendre un balai polisseur, mais le seul remède
1 ----- Quelques perles efficace consiste à éviter l’emploi de silicones dans les moteurs
2
fermés ou de ventiler fortement les balais avec de l’air frais.

3.3.6 Recommandations
3
1 ----- Nombreuses perles
4 Le choix d’une nuance de balai pour une machine donnée
fonctionnant dans des conditions données n’est pas évident et il est
souhaitable d’indiquer au fabricant de balais les valeurs des para-
mètres notés dans le tableau 14, tout au moins de ceux qui sont
en gras.
2 Projections intermittentes
Les difficultés rencontrées dans l’utilisation des balais tiennent très
souvent à la surveillance des machines. Un entretien préventif
maintient les machines en bon état dans de bonnes conditions de
fonctionnement. Cet entretien prévoit :
1 — des vérifications au ralentissement et jusqu’à l’arrêt de la
2 ----- Quelques projections machine ;
4
— des nettoyages efficaces ;
— des contrôles électriques et mécaniques ;
— des vérifications, à l’arrêt des collecteurs ou des bagues, des
balais et des porte-balais avant remise en route.
1 (0)
2 ----- Nombreuses projections
2

Projections importantes
3 et continues

● Perles sans projection


x Perles avec projections (fusants)

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Tableau 14 – Questionnaire permettant de choisir une nuance de balai


(texte conforme aux recommandations de la publication de la CEI 136.3)
1 Constructeur de la machine............................................................ 30 Matière des bagues..................................................................................
31 Les bagues comportent-elles des rainures
2 Type du constructeur ...................................................................... hélicoïdales ? ............................................................................................

3 Numéro de série .............................................................................. 32 Les bagues sont-elles situées entre ou en


dehors des paliers ? .................................................................................
4 Génératrice/Moteur 33 Les bagues sont-elles complètement enfermées ?...............................
34 Les balais sont-ils relevés en marche normale ?...................................
cc / ca / courant redressé réversible / non réversible 35 Courant par bague cc / ca (A) ....................................................
oC
5 Convertisseur En service 36 Température en service Collecteur / Bagues ..........................
Nominal
cc-ca ou ca-cc Normal Max.
6 Vitesse (tr/min) ................... ................ ................ ................ 37 État de surface DU COLLECTEUR / DES BAGUES
7 Tension (V) .......................... ................ ................ ................
8 Courant (A).......................... ................ ................ ................ Bon / Poli / Mat Lisse / Usé / Rayé Uniforme / Taché
9 Puissance (kW).................... ................ ................ ................
10 Service .............................................................................................. Taches régulières / irrégulières brûlées
11 Cycle de charge (y compris % de marche à vide) .........................
.......................................................................................................... Couleur claire / moyenne / foncée
12 Nombre de phases ..........................................................................
13 Fréquence (Hz) ................................................................................. 38 Date de la dernière retouche du collecteur/des bagues .................
14 Nombre de pôles principaux ? ....................................................... 39 Nombre de lignes de porte-balais par collecteur ..................................
15 Pôles de commutation ?.................................................................. 40 Nombre de balais par ligne .....................................................................
16 Enroulement de compensation ? ................................................... 41 Nombre de bagues...................................................................................
17 Excitation Shunt / Séparée / Série / Compound 42 Nombre de balais par bague ...................................................................
18 Construction Machine ouverte / Protégée / Fermée 43 Dimensions du balai (mm) Fig. 20a 20b
19 Température ambiante (oC) ............................................................ b t = .............................. a = ................................. h = .............................
20 Humidité relative (%)....................................................................... 44 Angle d’inclinaison α du balai Fig. 20c 20d 20e
21 Vapeurs d’huile ................................................................................ α(o) =..........................................................................................................
22 Gaz corrosifs – Lesquels ?............................................................... Angle du biseau supérieur β du balai Fig. 22
23 Poussières ........................................................................................ β ( ) =..........................................................................................................
o

24 Vibrations ......................................................................................... 45 Balais divisés Fig. 21a 21b 21c 21d


25 Jeu axial ...........................................................................................
26 Diamètre du COLLECTEUR ou des BAGUES (mm).......... . 46 Les balais d’une ligne sont-ils alignés / chevauchés
27 Longueur utile du collecteur et de combien ? ........................................................................................
(mm)................................................
Largeur des bagues 47 Force appliquée sur le balai (daN) ou (kg) .............................................
28 Nombre de lames ............................................................................ 48 Fabricant et nuance du balai utilisé .......................................................
29 Les entrelames sont-elles fraisées ? .............................................. 49 Durée de vie moyenne du balai (h).........................................................
50 Quelles perturbations (s’il y en a) sont observées ? .............................
....................................................................................................................

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P
O
U
Le carbone en électrotechnique R

E
par Michel COULON N
Directeur de la Recherche et de la Technologie
Conrad REYNVAAN

et
Directeur Technique du Département Application Électriques
Jacques MAIRE
S
Directeur Scientifique en retraite
A
Directeurs à la société Le Carbone-Lorraine
V
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Doc. D 2 660

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NF C 51-902 03-68 Balais pour porte-balais radiaux. NF C 83-282 07-87 Varistances pour limitation des surtensions transi-
NF C 51-903 03-68 Porte-balais radiaux. toires. Spécification intermédiaire

NF C 83-200 12-81 Résistances fixes. Spécification générique (Add. 1 UTE C 83-282 07-87 Varistances basse tension pour matériel télépho-
12.83 ; Add. 2 05.84 ; Add. 3 11.88). nique. Recueil de spécifications particulières.
(Add. 1 02.88).
NF C 83-280 12-83 Varistances. Spécification générique (Add. 1 12.83 ;
Add. 2 04.88). NF C 93-010 12-68 Séries de valeurs normales pour résistances et
condensateurs.
NF C 83-281 12-78 Varistances basse tension pour matériel télépho-
nique. Spécification intermédiaire. (Add. 1 05.79). NF C 93-251 05-68 Potentiomètres non bobinés à usage grand public.

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P LE CARBONE EN ÉLECTROTECHNIQUE ______________________________________________________________________________________________________
O
U NF C 93-255 09-84 Potentiomètres non bobinés de précision. Prescrip- 190 1966 Potentiomètres non bobinés type 2.

R UTE C 93-255 10-73


tions générales. (Add. 1 09.84 ; Add. 2 01.88).
Potentiomètres non bobinés de précision. Recueil
195 1982 Méthode pour la mesure du bruit produit en charge par
les résistances fixes.
de spécifications particulières. (Add. 1 09.84).
276 1968 Définitions et nomenclature des balais de charbon, des
Commission Électrotechnique Internationale (CEI) porte-balais, des collecteurs et des bagues (modif. 1
63 1963 Séries de valeurs normales pour résistances et 1987).

E 115.4 1982
condensateurs.
Résistances fixes utilisées dans les équipements électro-
413 1972 Méthodes d’essai pour la mesure des propriétés physiques
des matières de balais pour machines électriques.

N niques. 4e partie. Spécification intermédiaire : résistances


fixes de puissance.
440
494
1973
1974
Méthode de mesure de la non-linéarité des résistances.
Règles pour les pantographes des véhicules de traction
115.4.1 1983 Résistances fixes utilisées dans les équipements électro- électrique.
niques. 4 e partie. Spécification particulière-cadre : 560 1977 Définitions et terminologie des porte-balais de machines
résistances fixes de puissance. Niveau d’assurance E. électriques.

S 115.4.2 1992 Résistances fixes utilisées dans les équipements électro-


niques. 4e partie. Partie 4 : Spécification particulière-
cadre : résistances fixes de puissance. Niveau d’assurance
638 1979 Critères d’appréciation et cotation de la commutation des
machines tournantes de traction.

A 136 1986
F.
Dimensions des balais et porte-balais pour machines
773 1983 Méthodes d’essais et appareils pour la mesure des
propriétés opérationnelles des balais.

V électriques.

O
I
R

P
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U
S

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