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Dr.

Khalid FARID

L’environnement juridique de l’entreprise:


DROIT COMMERCIAL

Introduction generale
L’entreprise n’est pas uniquement une personne de droit civil, mais aussi un
commerçant qui exerce une ou plusieurs activités de commerce; dans ce sens, la
liberté d’entreprendre est constitutionnellement garantie au Maroc; dans ce sens,
la constitution prévoit en effet que: « le droit de propriété et la liberté
d’entreprendre demeurent garantis. La loi peut en limiter l’étendue et
l’exercice si l’exigence du développement économique et social de la nation
en dicte la nécessité. Il ne peut être procédé à expropriation que dans les cas
et les formes prévus par la loi»1.
Le droit commercial est une branche du droit privé et; en effet, la plupart des
techniques du droit civil lui sont applicables, spécialement la théorie générale
des obligations et de responsabilité. On ne peut logiquement comprendre le droit
commercial sans passer préalablement par la voie du droit civil qui constitue le
tronc commun de toutes les disciplines juridiques2.
Le droit commercial est un outil entre autre de gestion d'entreprise. C'est
une spécialité juridique aux applications économiques. C’est le droit des
commerçants et des actes de commerce.
Le droit commercial « classique » se définit comme: « l’ensemble des
règles juridiques relatives aux commerçants, aux biens commerciaux et aux
opérations commerciales ». Cette définition ne couvre pas donc toutes les

1
- Bulletin officiel n° 5964 bis du 28 chaabane 1432 (30/07/2011), Dahir n° 1-11-91 du 27
chaabane 1432 (29 juillet 2011) Portant promulgation du texte de la Constitution
2
- voir l’introduction à l’étude de droit
1
problématiques relatives aux activités de l’entreprise ; en effet, une branche
complémentaire nommé « droit des sociétés », devienne un nécessité, afin
d’actualiser le cadre juridique du monde des affaires.
Cette contribution cherche donc à étudier quelques thèmes clés pour les
futurs managers des Entreprises, en matière commerciale, notamment:
- La spécificité de droit commercial (Chapitre I)
- Le commerçant personne physique et les activités de commerce
(Chapitre II)
- Les obligations des commerçants (Chapitre IV)

2
Chapitre I
La spécificité de droit commercial
Introduction
Lorsque le code e commerce dispose que « le présent code s'applique aux
commerçants et aux actes de commerce »; cela signifie que le droit
commercial ne soit pas réductible au code de commerce, il est possible de
proposer une définition élémentaire du droit commercial: « est la branche du
droit privé qui est appelée à régir les rapports juridiques entre
commerçants et entre ces derniers et les tiers, ainsi que les rapports qui
naissent à l’occasion de la réalisation d’actes de commerce par des non
commerçants » 3.
Quelle est donc la spécificité de droit commercial par rapport au droit civil?
Section 1- l’évolution de droit commercial
L'étude historique a pour objectif, moins l'inventaire des différentes étapes
que le droit commercial a connues que l'enseignement qui doit en être tiré pour
comprendre les institutions actuelles.
Paragraphe 1- le contexte général
La doctrine contemporaine enseigne que les droits de la très haute antiquité
ont connu et réglementé différentes opérations et institutions commerciales.C'est
ainsi que les babyloniens ont connu le prêt à intérêt, la société, le dépôt
d'espèces et de marchandises. Les romains auraient mis au point la
représentation et réglementé les opérations de banque et la comptabilité en partie
double. Sant négliger plus particulièrement la contribution du droit musulman
au développement du droit commercial ; notamment avec la position
géographique privilégiée du Monde Arabe entre l'Europe, l'Inde, la Chine et
l'Afrique de l'Est en a fait un centre du commerce international. L'Islam de son

3
- Nadhir BEN AMMOU / droit commercial (I) / Faculté de Droit et des Sciences Politiques
de Tunis (2004)

3
côté a favorisé l'essor du commerce en consacrant le principe de la liberté de la
preuve et les techniques nouvelles telles que la lettre de change ou le chèque.
Mais l'apport de l'antiquité au droit commercial est jugé plutôt limité en ce
sens que les mécanismes propres à ce droit n'ont pas été découverts pendant
cette période. En effet, l’origine des principales institutions commerciales
modernes serait à chercher dans le moyen-âge. Le lieu du développement de
l'activité commerciale étaient les villes italiennes du nord: Gênes, Venise et
Florence, points de passage obligés pour les relations avec l'Orient4.
Paragraphe 2- le contexte national
Au Maroc, la premiere codefication de commerce a été promulgué avec le
dahir de1913 (DOC), insperé du code de Napoléon de 1807 en France.
Progressivement, le pays s’est doté de lois spécifiques aux affaires et au
commerce selon les transformations de la vie commerciale et industrielle
nationale.
-il en est ainsi de la loi N° 9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants promulguée par un dahir N° 1-92-135 du 25 décembre 1992 et qui
a abrogé les articles 13 et suivants du code de commerce de 1913.
Puis la loi N° 1-93-211 du 21 Septembre 1993 relative à la bource des
valeurs.
Cette démarche a été consolidée par l’adoption d’autres lois et
notamment :
-la loi N° 15-95 du 1er Août 1996, relative au code de commerce.
-le loi N° 17-95, du 30 Août 1996 relative à la société anonyme et qui a
abrogé le dahir du 11 Août 1922 sur les sociétés.
-la loi N° 05-96, du 13 Février 1977 relative aux sociétés commerciales.
-la loi N° 53-95, du 12 Février 1997 instituant les tribunaux de commerce.

4
- ibid
4
-la loi N° 01-99-12, du 05 Février 1999 relative aux groupements d’intérêt
économique.
-la loi N° 13-99, du 15 Février 2000 instituant l’office de la propriété
industrielle et commerciale.
-la loi du 05-06-2000 relative à la liberté des prix et de commerce etc.
Le nouveau code de commerce marocain est composé de cinq livres:
Livre I : Le commerçant
Titre I: dispositions générales
Titre II : l’acquisition de la qualité de commerçant
Titre III: la capacité commerciale
Titre IV : les obligations du commerçant
Livre II: le fonds de commerce
Titre I : les éléments du fonds de commerce
Titre II : les contrats portant sur le fonds de commerce
Livre III : Les effets de commerce
Titre I : la lettre de change
Titre II : le billet à ordre
Titre III : le chèque
Titre IV : autres moyens de paiement
Livre IV : Les contrats commerciaux
Titre I : le nantissement
Titre II : l’agence commerciale
Titre III : le courtage
Titre IV : la commission
Titre V : le crédit-bail
Titre VI : le transport
Titre VII : les contrats bancaires
Livre V : Les difficultés de l’entreprise
Titre I: les procédures de prévention des difficultés
5
Titre II : les procédures de traitement des difficultés de l’entreprise
Sous-titre I: les conditions d’ouverture
Sous-titre II : le redressement judiciaire
Titre III : la liquidation judiciaire
Titre IV : les règles communes aux procédures de traitement et de liquidation
judiciaire
Titre V : les sanctions à l' encontre des dirigeants de l’entreprise
Titre VI : les voies de recours5.
Section 2 - la finalité de droit commercial
Le droit commercial se distingue, notamment, par le fait de donner au
commerçant la protection et le moyen de réaliser ses affaires; grâce aux
techniques juridiques particulières qu’il utilise
Paragraphe 1- les enjeux classiques
Il s’agit notamment de :
a- la rapidité et la simplicité, le droit civile a une procédure longue, ce qui
nuit les opérations commerciale, il peut provoquer des problèmes a la
réalisation des activités commerciales et aux intérêts des commerçants, c'est
pour cette raison que la procédure du droit commercial a été crée pour limité
le temps de l'action commerciale. Les commerçants ont observé que les
formalités juridiques constituent un obstacle à la conclusion de leurs actes,
c’est ce qui explique la mise en vigueur de la liberté de preuve en matière
commerciale. De même que les opérations commerciales nécessite une
certaine rapidité qui s’est traduite par l’instauration de procédures judiciaires
simplifiée.
b- la publicité, car les besoins d’information des associés et des tiers rendent
nécessaire la publicité des situations et des actes commerciaux, on peut citer

5
- Bulletin officiel n° 4418 du 19 joumada I 1417 (3 octobre 1996) Dahir n° 1-96-83 du 15
rabii 1417 (1er août 1996) portant promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce

6
à titre d’exemple l’inscription au registre de commerce, dans les journaux
d’annonces légales et dans le Bulletin Officiel. Cette publicité est justifiée
aussi par l’instauration d’un climat de transparence nécessaire aux
commerçants.
c- le crédit, basé sur les principes de confiance, qui constitue l’instrument
inéluctable pour les commerçants; car sans le crédit le commerce est
inconcevable. Les commerçants l’utilisent pour investir, pour cela ils ont
inventé des techniques particulières, notamment, les effets de commerce.
Paragraphe 2- les enjeux actuels
L’apparition et l’évolution de droit commercial moderne vers un droit des
affaires est liées aux nécessités de l’entreprise et aux besoins des commerçants.
a- les nécessités de l’entreprise, depuis la fin de la seconde guerre
mondiale, le développement de la grande industrie et du grand commerce
d’une part, et le développement des rôles de l’Etat interventionniste la
puissance de la personnalité morale d’autre part ont exigés la
transformation fatale du droit commercial classique des siècles passées, et
qui avait été construit à partir des notions de propriété et de patrimoine,
selon le droit civil. Alors, pour faire face à ces mutations, il faut avoir
recours à plusieurs disciplines juridiques et économiques qui permettent à
l’entreprise d’avoir les éléments de prévision et de gestion.
b- les besoins des commerçants, il s’agit ici de développer des règles
totalement différentes des celle édictées en droit civil. Dans ce sens, le
droit des affaires devient de plus en plus un droit pluridisciplinaire. En
pratique, le même dossier sera traité par plusieurs services d’une même
entreprise ou d’un même cabinet d’avocats afin d’y apporter des réponses
précises à des questions spécifiques6.

6 - Par exemple, une opération de concentration économique (ou de fusion-acquisition) peut


susciter des interrogations concernant :

7
Bref, la protection des commerçants reste l’objectif fondamental dans la
mesure où il protège l'activité commerciale à travers une procédure simple et
rapide qui permet une fluidité dans les opérations commerciale

Section 3 - les sources actuelles du droit commercial

En principe, le droit commercial moderne et une branche de droit privé mais


avec l’intervention de l’Etat dans les secteurs économiques et commerciaux; une
partie importante de ces règles sont actuellement de droit public

Paragraphe 1 - les sources relevant du droit privé

Comme toutes les autre branche de droit civil, les règles qui constituent
le droit commercial trouvent ces origines dans: la loi, la coutume, la
jurisprudence et la doctrine

1-la loi : la loi demeure la source essentielle, mais le terme loi doit être entendu
ici au sens large. Elle comprend à la fois la loi entendue au sens strict, celle qui
est voté par le parlement et les règlements sous forme de décrets, qu'ils soient
autonomes ou pour l'exécution des lois. Sant négliger les arrêtés ministériels et
municipaux.

- La vente et l’achat de parts sociales et la constitution d’un groupe (droit des


sociétés).
- Les moyens de crédit, le cautionnement, les hypothèques bancaires (droit bancaire).
- Le marketing, le renouvellement du bail commercial, l’étendue de l’activité
commerciale (droit commercial).
- Le bilan concurrentiel de l’opération et son impact sur le marché (droit de la
concurrence).
- Les enjeux fiscaux de l’opération (droit fiscal des affaires).
- La réorganisation du travail au sein de la nouvelle structure et son impact sur la
masse salariale (droit du travail).
- La validité juridique des termes du contrat commercial, la conclusion de contrats de
distribution (droit des contrats).

8
En plus, la constitution garantie à tous les citoyens la liberté de circuler et de
s'établir dans toutes les parties du Royaume dans cette liberté il y a sans doute la
liberté du commerce et de l'industrie

Le droit commercial marocain promulgué par dahir du 01/08/1996 s’est


fortement inspiré du code français du commerce, ce code vient répondre à la
contrainte de la conjoncture internationale et la mondialisation qui exige une
restructuration de l’économie marocaine.

On constate également que le législateur marocain s’est inspiré du droit


musulman, c’est le cas notamment de l’article 17 qui confère a la femme
mariée le droit d’exercer le commerce sans l’accord préalable de son mari.

Le droit civil est également une source de droit commercial, surtout que celui-
ci ne suffit pas lui-même pour réglementer toute la vie commerciale et
industrielle. En effet, les règles du droit civil constituent le droit commun
applicable en matière commerciale toutes les fois qu’une disposition expresse ne
l’écarte pas et en absence de la loi, de coutume ou d’usage propre à la matière
(article 2).

2 - les usages et coutumes, les sources non écrites ont une grande importance
en droit commercial, en effet les pouvoirs publics ne peuvent pas s'adapter à
toutes les mutations de la vie économique, à toutes les innovations du commerce
et de l'industrie. D'ailleurs il est préférable de laisser à la pratique la priorité
d'élaborer elle-même les solutions qui lui paraissent les plus efficaces.

C'est pourquoi il existe en matière commerciale un bon nombre de


règles et de pratiques extralégales, qui sont en fait appliquées et que la doctrine
les classes traditionnellement dans la catégorie des usages et coutumes
commerciales, couramment suivies et considérées comme normales dans un
milieu déterminé.

9
3- la Jurisprudence, c’est l’ensemble des décisions rendues par les différentes
juridictions du Royaume, et plus particulièrement de la Cour suprême, chargée
de les appliquer à l’occasion des litiges dont ils sont saisis. Les tribunaux
interprètent les lois et les règlements, ils les adaptent aux mutations de la vie
économique et si nécessaire ils les complètent. Le juge par l’interprétation qu’il
donne à la règle de droit influence le législateur lors de l’élaboration de la loi.

4- la doctrine, la doctrine est l’ensemble des opinions émises par les praticiens
du droit (professeurs, avocats, notaires, magistrats etc). Par leurs critiques et
leurs analyses des textes dans les revues spécialisées, ils influencent le
législateur, qui peut en inspirer lors d une réforme législative

Paragraphe 2 - les sources relevant du droit public

Malgré la libéralisation économique; on constate l’intervention de l’Etat en la


matière soit par les autorités administratives et le pouvoir de police qu’elles
exercent, soit par des organes professionnels.

a-l’encadrement administratif: il s’agit des autorités administratives


centralisées et décentralisées. Il s’agit du:

- premier ministre / chef du gouvernement, chargé de réglementer la politique


économique, et des membres du gouvernement / ministres, qui assurent la
mission de contrôle et de sanction,

- la commission interministérielle des prix et la caisse de compensation qui


jouent un rôle important dans la détermination ou la libération des prix,

- les gouverneurs, Wali et Mohtassib; qui constatent les infractions et


prononcent les sanctions administratives.

b-la police de l’activité économique : la police de l’activité économique se


constate en particulier dans les actions et les mesures administratives destinées à
assurer la sécurité, la sûreté et la salubrité publique dans l’exercice de l’activité
économique et commerciale. Elle a une nature contraignante et une force

10
d’ordre public susceptible de sanctions administratives assez sévères car elle a
une finalité d’intérêt général

En effet la police de l'activité commerciale se résume dans toutes les


opérations destinées à donner au commerce un déroulement sain et rentable.

Section 4- les sources spécifiques ou institutionnelles

Dans ce sens, il importe de distinguer deux sortes d'institutions qui


édictent les règles de droit commercial: les institutions étatiques et les
institutions professionnelles au niveau national et international.

Paragraphe1- les institutions professionnelles

Sous cet angle il importe de distinguer, sur le plan interne, les chambres
de commerce et d'industrie, les chambres d'artisanat et les différents
groupements professionnels et syndicats, sur le plan international il y a la
chambre de commerce internationale et d’autres institutions internationales.

a- les chambres professionnelles, deux organes professionnels encadrent


les activités commerciales : les chambres de commerce d’industrie et des
services d’une part et les chambre d’artisanat et les chambres spécialisées
d’autre part. Leurs statuts attributions et fonctionnement obéissent à des
dispositions impératives de la loi du 28 janvier 1977 modifiée et
complétée par la loi du 2 avril 1997. Ces chambres se constituent de
professionnels élus par leurs paires, ils ont une nature consultative.

Elles donnent leurs avis et renseignements destinés à éclairer le


gouvernement sur les questions qu’il leur pose soit facultativement, soit
obligatoirement. Elles assistent également les commerçants en les informant
sur l’état de la législation et son évolution en leur fournissant les attestations
et des parères établissant l’existence d’un usage par exemple.

Elles peuvent aussi intervenir comme intermédiaire entre les entreprises


nationales et les entreprises étrangères.

11
b- les groupements professionnels, généralement les commerçants et les
industriels sont groupés en syndicats pour la défense et la présentation de
leurs intérêts professionnels. On peut citer dans ce cadre:

-le groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) qui


instaure des usages en matière bancaire,

-la confédération générale des Entrepreneurs du Maroc (CGEM) qui


regroupe les chefs d'entreprises7

Paragraphe 2- les institutions internationales

Suite à l’essor considérable que connaît le commerce international


et la place importante qu’il occupe dans l’économie de chaque pays, son
développement s’est heurté aux diversités des droits nationaux, les Etats ont
posé des règles uniformes par des Conventions internationales, pour qu’en
présence d’un litige relatif à un contrat international, sa solution sera
réglée sans difficulté et sans recourir à la méthode des conflits de loi.

7
- MohamedALAMI MACHICHI / Droit commercial fondamental au Maroc
/ Rabat (2006)
12
Chapitre II
Le commerçant personne physique et les activités de commerce
Introduction
Selon le code de commerce, il faut deux conditions pour acquérir la qualité
de commerçant :
-l’accomplissement des activités citées par le code de commerce.
-selon des conditions bien déterminées par la loi
Section 1-l’accomplissement des activités commerciales
Les activités commerciales se sont les activités citées par les articles 6,7et
8 du code de commerce.
Paragraphe 1- Les activités de distribution
On peut ranger dans cette catégorie :
a-l’achat de biens meubles corporels (marchandises, produits finis ou semi
finis etc.…) et incorporels (fonds de commerce, créances, valeurs mobilières,
production de intellectuel, etc.…) en vue de les revendre.
L’intention de revendre doit exister au moment de l’achat mais il n’est pas
nécessaire que la revente ait effectivement lieu ni que le gain prévu soit réalisé.
Il n’est pas nécessaire aussi que l’acte d’achat ait précédé la revente car il est
possible de faire un achat en vue d’une revente déjà réalisée.
Le bien acheté peut être revendu en l’état ou après avoir été travaillé et mis en
œuvre.
b-L’achat de biens immeubles pour les revendre en l’état ou après
transformation ; également dans les activités de distribution : la vente aux
enchères publiques, la fourniture de biens et de services tels que :
distribution d’eau, d’électricité, de gaz, services d’entretien et de nettoyage, etc.
Paragraphe 2- Les activités d’extraction des mines
Notamment les gisements (de charbon, de pétrole, de minerais…) et des
carrières (ciment, plâtre), etc.

13
Paragraphe 3- Les activités de transformation
Selon L’article 6 du code de commerce en trouve parmi les activités
commerciales : l’industrie et l’artisanat :
- Dans l’industrie, le travail de transformation et de mise en œuvre est
effectué par une machine et réalisé sur des matières premières ou des produits
semi-finis (ex : industrie mécanique, textile).
L’activité de transformation peut porter sur des produits achetés par
l’entreprise qui transforme comme elle peut concerné des objets qui lui sont
confiés pas ses clients. Dans ce cas, l’entreprise fournit les services de son
matériel et de sa main d’œuvre
Exemple : réparation, maintenance
-Dans l’activité artisanale, en revanche, la transformation réalisée sur les
objets résulte principalement du travail personnel de l’artisan. Celui-ci exerce un
travail manuel pour son propre comte avec l’aide d’une main d’œuvre limitée et
d’un matériel réduit8.
Paragraphe 4- les services
On peut ranger dans cette rubrique :
a-les activités de location de meubles : corporels (Ex : véhicules, machines) ou
incorporels (Ex : fonds de commerce9 ).

8- Mais il existe également dans la catégorie des activités commerciales de


transformation : l’imprimerie et l’édition. Le travail de transformation effectué dans
l’imprimerie et l’édition s’accomplit sur les œuvre de l’esprit. Les créations dans le domaine
de la littérature ou de l’art sont transformées en livres ou en disque, Ex : le manuscrit d’un
auteur est transforme en un nombre déterminé d’exemplaires imprimés.
9-Le texte parle de location de meubles. Il faut en déduire que la location d’immeubles
demeure une activité civile. Tel est le cas du propriétaire d’un immeuble qui donne en
location des appartements dans cet immeuble.

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b-les services financiers : on peut rangées dans cette rubrique : les opérations
de banque et de change ainsi que les opérations d’assurance.
c-les intermédiaires :On peut classer dans cette catégorie les actes par lesquels
une personne joue le rôle d’intermédiaire dans les rapports entre d’autres
personnes à savoir les opérations de courtage, commission, bureaux et agences
d’affaires, agences de voyage, de publicité.
Dans ce cas L’acte d’entremise est commercial même s’il porte sur des
affaires civiles.
Paragraphe 5-autres services
Qui sont également cités par le code : les transports de personnes ou de
marchandises, l’exploitation d’entrepôts et de magasins généraux ainsi que les
services sociaux et de loisirs tels que : les poste et télécommunications, le
bâtiment et travaux publics, l’organisation de spectacles publics.
Paragraphe 6-des exceptions :
La loi attribue aussi la qualité de commerçant à des personnes qui n’exercent
pas d’activité commerciales, il s’agit des associés dans une société en nom
collectif et des associés commandités dans une société en commandite (simple
ou par actions).
Section2 - les conditions du commerçant
En principe, l’accès à une profession commercial est libre. En effet, toute
personne qui le souhaite peut exercer la commerce sans avoir besoin ni d’obtenir
au préalable une autorisation administrative ni de prouver son aptitude à la
gestion d’une entreprise. Mais cette liberté connaît toutefois des limites, celles ci
sont d’about constituées par les incapacités, les autres se justifient plus par un
souci de protection de l’intérêt général.
L’exercice du commerce est une profession qui comporte plusieurs risques. En
effet le commerce ne peut être exercé que par les individus capables, au sens
juridique du terme. Aussi, pour protéger les incapables contre eux-même, le

15
législateur a édicté des dispositions spéciales ayant pour but d’empêcher les
incapables d’avoir la qualité de commerçant. En effet, l’absence de capacité fait
obstacle non seulement à ce que la personne incapable puisse prétendre à la
qualité de commerçant, mais qu’elle soit considérée comme simple commerçant
de fait.
Paragraphe1 - les mineurs
Le mineur selon le législateur marocain est celui qui n’a pas encore
atteint l’âge de la majorité fixé par la loi à 18 ans. Le principe est qu’il est
interdit au mineur d’exercer le commerce. Mais ce principe connaît deux
exceptions :
-le mineur âgé de 12 ans : le mineur âge de 12 ans révolus, doué de
discernement, peut être autorisé par son tuteur ou par le juge à administrer une
partie de ses biens à titre d’expérience.
Mais cette autorisation de gérer ses biens accordée au mineur peut lui être
retiré par son tuteur ou révoquée par le juge en cas de mauvaise gestion des
biens par le mineur.
L’autorisation d’exercer le commerce accordée au mineur doit faire
l’objet d’une inscription au registre de commerce.
En ce qui concerne l’étendue de sa capacité, le mineur qui exerce le
commerce dans les limites de l’autorisation qui lui a été donnée, s’engage
valablement.
-le mineur âgé de 16 ans: le mineur peut, à l’âge de 16 ans, être
émancipé de la tutelle soit par son tuteur, soit par le juge (en cas de désaccord
entre le mineur et son tuteur). Dans se sens, la déclaration d’émancipation doit
aussi faire l’objet d’une inscription au registre du commerce.

16
En effet, le mineur émancipé dispose de ses biens comme un majeur ayant
la pleine capacité. Il peut exercer le commerce et être soumis à toutes les
obligations imposées aux commerçants10
Paragraphe2 -les incapables majeurs
Il s’agit du dément, du faible d’esprit et du prodigue. Le droit marocain
leur retire toute capacité et interdit l’exercice du commerce11.
l’accès à la profession commerciale connaît quelques interdictions et
restrictions, Certaines visent les personnes, d’autres concernent l’activité elle
même.
-les restrictions visant les personnes: Il s’agit des interdictions touchant
les personnes en raison de leur fonction ou de leur passé.
les incompatibilités : l’exercice de certaines professions est également
incompatible avec le commerce.
Cette interdiction s’explique par le souci du législateur de protéger la dignité ou
l’indépendance de ces professions. Ainsi, il est interdit aux fonctionnaires de se
livrer à une activité industrielle ou commerciale. Il en est de même de certaines
professions libérales (avocats, notaires…). Les personnes qui méconnaissent ces
incompatibilités sont passibles de sanctions disciplinaires.
déchéances :l’accès aux professions commerciales est également interdit à
certaines personnes qui ne présentent pas les garanties suffisantes d’honorabilité
.il s’agit des personnes déchues de leur capacité commerciale ainsi que des

10
- Pour
l’étranger qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité prévu par la loi marocaine
mais qui est réputé majeur par sa loi nationale, peut exercer le commerce au Maroc à 2
conditions : Il doit obtenir l’autorisation du juge d’exercer le commerce et procéder à
l’inscription de ladite autorisation au registre du commerce
11 - la situation de la femme mariée : sous la légalisation antérieure, la femme mariée

faisait l’objet d’une disposition particulière rattachée à l’idée de son incapacité. L’accès de la
femme au commerce était subordonné à l’autorisation de son mari. Cette incapacité n’existe
plus aujourd’hui. Le code de commerce actuel reconnaît à la femme mariée le droit d’exercer
le commerce sans avoir besoins de l’autorisation de son mari.

17
personnes ayant subi certaines condamnations pénales : peines
d’emprisonnement pour crimes ou autres délits : vol, escroquerie. Mais les actes
faits malgré l’incompatibilité ou la déchéance demeurent valables et les
contrevenants ne pourront pas se soustraire aux obligations qu’implique la
qualité de commerçant.
- les restrictions touchant certaines activités: l’exercice de certains
commerces est interdit par la loi. Il s’agit généralement d’activités susceptibles
de compromettre la sécurité publique ou la défense nationale (trafic d’armes de
guerre), la santé ou la moralité publique (commerce de drogues ou alcool).
D’autres commerces sont soumis à une autorisation administrative préalable.
C’est notamment le cas des entreprises d’assurances, des banques, des
établissements dangereux, incommodes et insalubres, des magasins généraux,
des transports publics de voyageurs et de marchandise.

18
Chapitre III
Les obligations des commerçants
Introduction
Deux obligations sont nécessaires pour exercer l’activité commerciale : la
publication au registre du commerce et la tenue d’une comptabilité.
Section 1- la publication au registre du commerce
Le registre du commerce est un répertoire officiel des personnes exerçant le
commerce et qui permet de réunir et de diffuser un certain nombre de
renseignements concernant ces personnes et leurs entreprises. Il a été institué au
Maroc par le dahir formant code de commerce du 12 aout 1913, suivi par le
dahir du 11 mai 1921 qui a crée le registre central du commerce dont l’un des
objectifs est le renforcement de la protection des noms commerciaux. Le
nouveau code de commerce revalorise cette institution en renforçant ses effets et
en aggravant les sanctions en cas de défaut d’immatriculation.
Paragraphe1- les effets du registre du commerce
Le registre du commerce est constitué d’un registre local et d’un registre
central :
1- registre local : c’est le registre tenu auprès du secrétariat greffe du
tribunal compétent et obéit à la surveillance du président du tribunal ou du
juge désigné à cet effet. Le registre local est composé :
a- d’un registre chronologique sur lequel sont enregistrées les déclarations
dans l’ordre ou elles interviennent selon un numéro distinct,
b- d’un registre analytique tenu sous forme d’un tableau sur lequel sont
portées les indications contenues dans la déclaration pour
l’enregistrement de renseignements modificatifs et complémentaires
de l’activité.

19
2-Le registre central : c’est le registre tenu par l’OMPIC (office marocain de la
propriété industrielle et commercial), il reçoit chaque mois les déclarations
enregistrées par les registres locaux aux fins d’immatriculations ou de
modifications. Le registre central est composé :
a- d’un registre consacré aux commerçants, personnes physiques
b- d’un registre consacré aux sociétés commerciales.
Le registre central du commerce est chargé de :
-centraliser la totalité des enregistrements transmis par les registres locaux
-délivrer les certificats relatifs aux inscriptions des noms de commerçants
et dénominations commerciales, publier annuellement un recueil donnant
tous renseignements sur les noms des commerçants et dénominations
commerciales qui lui sont transmis.
Les inscriptions au registre du commerce comprennent les
immatriculations, les inscriptions modificatives et les radiations. Sont
tenues de se faire immatriculer au registre du commerce toutes les
personnes physiques et morales marocaines ou étrangères exerçant une
activité commerciale sur le territoire du Royaume.
L’immatriculation est donc obligatoire pour toute succursale ou agence
d’entreprise marocaine ou étrangère, toute représentation commerciale des Etats,
collectivités ou établissements publics étrangers, tout groupement d’intérêt
économique.
L’immatriculation au registre du commerce pour les personnes physiques
emporte un effet probatoire. Elle crée, en effet, une présomption de qualité de
commerçant. A l’égard des sociétés, l’immatriculation produit un effet
constitutif : elle conditionne leur existence, la qualité de commerçant découlant
alors automatiquement de la forme sociale
L’immatriculation des personnes physiques doit être effectuée dans les 3 mois
de l’ouverture de l’établissement commercial ou de l’acquisition du fonds de
commerce (art. 75). L’immatriculation des personnes morales doit être réalisée
20
dans les 3 mois de leur création ou de leur constitution.
L’immatriculation des succursales, des représentations commerciales des Etats,
collectivités locales, établissements publics étrangers est requise dans les 3 mois
de leur ouverture.
Paragraphe2- sanctions de l’inscription
Le nouveau code de commerce renforce les effets et les sanctions de
l’inscription au registre du commerce ; en effet et contrairement au texte
antérieur, il présume que toute personne immatriculée au registre du commerce a
la qualité de commerçant. Le défaut d’immatriculation dans les délais légaux est
passible d’une amende civile allant de 1.000 à 5.000dh prononcée à la demande
du magistrat chargé de la surveillance du registre. Les intéressés ont un délai de
deux mois pour procéder à immatriculation au registre du commerce ; dans le
cas contraire, ils sont passibles d’une nouvelle amende.
La même amende de 1.000 à 5.000dh est encourue en cas de non respect des
dispositions de l’article 49 obligeant les commerçants et sociétés commerciales à
indiquer dans leurs factures te autres papiers de commerce destinés aux tiers le
numéro de registre du commerce ou ils sont immatriculés.
Les déclarations de faux renseignements déclenchent des peines plus graves :
emprisonnement d’un mois à un an et/ou amende de 1.000 à 50.000dh.
Section 2- la tenue d’une comptabilité
En principe la tenue d’une comptabilité est la deuxième obligation importante
des commerçants. Le nouveau CC renvoie, pour la tenue de la comptabilité, aux
dispositions du dahir du 25 décembre 1992.
Paragraphe1-les intérêts liées à la comptabilité
La tenue d’une comptabilité présente un intérêt d’abord pour le commerçant
lui même. Elle lui permet de connaître la situation de son entreprise et donc de
mieux maîtriser ses affaires.

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En outre, le commerçant peut, dans ses relations commerciales avec d’autres
commerçants, puiser dans sa comptabilité des preuves en sa faveur.
L’obligation de tenir une comptabilité trouve aussi sa justification dans
l’intérêt des tiers. Les documents comptables peuvent par ex en cas de cessation
de paiements, déterminer la situation de l’entreprise et servir comme instruments
de preuve au juge.
Plus récemment, la comptabilité est apparue également utile à l’état soit
comme moyen de contrôle des déclarations fiscales, soit comme source des
renseignements et des statistiques nécessaires à l’organisation de l’économie.
Paragraphe2- les documents comptables
En application du dahir du 25 décembre 1992, tout commerçant, personne
physique ou morale doit tenir les livres comptables d’enregistrements suivants :
-Le livre journal où doivent être enregistrées chronologiquement,
opération par opération et jour par jour tous les mouvements affectant les actifs
et passifs de l’entreprise : achat, vents, paiement de facture, versement de
salaires.
-Le grand livre sur lequel sont reportées toutes les écritures du livre
journal réparties entre différentes classes de comptes : comptes de situation,
comptes de gestion et comptes spéciaux.
Lorsque l’importance ou les besoins de l’entreprise l’exigent, le livre
journal et le grand livre peuvent être détaillés dans des registres dénommés
« journaux auxiliaires » et « livres auxiliaires ».
-Le livre d’inventaire sur lequel sont transcrits le bilan et le compte des
produits et charges de chaque exercice.
A la clôture de l’exercice, les commerçants doivent établir des états de
synthèse annuels. Ces états de comprennent notamment :
-Le bilan qui décrit séparément les éléments actifs et passifs de
l’entreprise.

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-le compte de produits et charges qui récapitulent les produits et les
charges de l’exercice.
Les états de synthèse doivent donner une image fidèle du patrimoine, de la
situation et des résultats de l’entreprise.
Des informations complémentaires doivent être établis et tenus sans blanc
ni altération d’aucune sorte.
Outre les documents comptables, le code de commerce exige que les
originaux des correspondances reçues par les commerçants et les copies des
correspondances envoyées soient classés et conservés.
Les livres comptables ainsi que la correspondance doivent être conservées
pendant 10 ans.

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Conclusion
L’encadrement juridique de l’activité commerciale reste essentiel pour la
connaissance des mécanismes juridiques fondamentaux de l’entreprise. En effet
si le droit est constitué par l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports
privés et publiques entre les personnes physiques et morales d’une société,
dans des domaines aussi divers que l’état des personnes, leurs droits et
obligations, l’organisation politique et administrative de l’Etat , les relations
internationales etc., la naissance d’un droit de l’entreprise trouve son origine,
d’abord dans la parution de l’idée de l’entreprise qui a marquée le processus
historique de la libération des relations commerciales, et puis dans les
transformations de la société occidentale au XIX siècle, exigeant l’intervention
de l’Etat dans les domaines économique et social.
Le droit commercial se présente comme un droit du commerce dominé
par le principe de liberté et de volonté d’entreprendre. On pourrait penser que
l’acquisition de la qualité de commerçant ne devrait faire l’objet d’aucune
restriction, mais progressivement, un droit appliqué aux relations commerciales
a pris corps, posant des règles tenant à l’activité d’une part, et à la personne
d’autre part.
Le droit commercial s’applique en ce sens à une catégorie de personnes
que sont les commerçants. Il intervient avec comme objectif premier d’assurer
un minimum d’ordre, de sécurité et d’honnêteté entre les professionnels du
commerce. Ce qui peut se révéler d’une importance primordiale dans le monde
des affaires. L’allégement des procédures et l’assouplissement des contraintes
formelles qui entravaient la rapidité du commerce seraient néfastes pour le
domaine s’ils ne sont pas relayés pas des rapports basés sur la confiance et
l’honnêteté

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