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SOLIDARITÉ OLYMPIQUE

Algérie 2007

LE TRAVAIL INTERMITTENT
POURQUOI ?

 La course fractionnée est typique des sports d’équipes comme le


football. La course fractionnée présente des caractéristiques biomécaniques
et bioénergétiques différentes par rapport à la course en ligne.

 Cette différence justifie une méthode d’entraînement spécifique où la


course sera sans cesse caractérisée par des phases d’accélération et de
décélération qui vont avoir une dépense énergétique majeure par rapport à
la course effectuée à vitesse constante.

 D’où l’importance d’insérer toute une gamme d’exercices constitués de


phases d’accélérations et de décélérations aussi bien en ligne
qu’avec des changements de direction, avec et sans le ballon. Tout
cela pour reproduire, en partie, durant l’entraînement le même type de
dépense énergétique que l’on va retrouver dans les situations de jeu.
15 m – En slalom avec ballon – distance 1 m
EXEMPLE

15 m – Sprint avec ballon et stop

30 m – Pousser le ballon et le contrôler

Récupération active
LA NATURE DU

TRAVAIL INTERMITTENT
1. PRINCIPES

Globalement, le travail intermittent répond à trois grands principes:

1. Il y a une alternance de séquences de travail et de repos.


La couverture énergétique est surtout caractérisée par un fonctionnement
bien particulier celui du mécanisme intramusculaire du transfert
d’oxygène assuré par la myoglobine.

2. Une répétition d’exercice dont l’alternance entre les phases de travail et


de repos est fréquente.

3. Ce type de travail vise principalement à un développement du


système de transport et de l’utilisation de l’oxygène, sans
l’intervention du système lactique. Il faut imposer une courte
récupération pour limiter l’amplitude de la diminution de la
fréquence cardiaque (la différence entre la valeur max et la valeur min
qui en générale ne dépasse les 20 et parfois même pas 10 batt/min).
2. PHYSIOLOGIE
D’UN TRAVAIL INTERMITTENT

 Durant des efforts avec une intensité supérieure à la VO² max, comme
dans le travail intermittent, l’énergie ne provient pas seulement de l’oxygène
qui provient de la grande circulation mais aussi d’autres sources :
-L’oxygène lié à la myoglobine
-Glycolyse anaérobie qui porte à la production d’acide lactique
-Phosphagène (dépôts locaux d’ATP et de Phosphocréatine)

 Selon G. Gacon : l’intervention de la myoglobine permet de courir à


une intensité élevée sans produire beaucoup d’acide lactique.

Il considère la myoglobine comme la clé de voûte fonctionnel de


l’entraînement intermittent.
3. RÔLE DE LA MYOGLOBINE

 La myoglobine est semblable à l’hémoglobine dans sa structure


chimique et se trouve dans les fibres musculaires, surtout celles de type I.

 La myoglobine est la protéine musculaire qui cède et récupère


l’oxygène à utilisation locale.

 Les principales caractéristiques fonctionnelles de la myoglobine qui


constituent la clé du travail intermittent sont :
-Un petit réservoir d’O² avec une capacité de 0,5-0,6 litre.
-Un transporteur rapide d’O² : Cette protéine joue le rôle d’une
pompe capable de céder rapidement son contenu d’O² et de se
recharger très rapidement.

 Au cours de la phase de récupération, on n’a pas seulement une


recharge de l’oxygène de la myoglobine mais aussi un paiement
partiel du débit d’O² de la phase précédente.
4. L’ACIDE LACTIQUE
DANS LE TRAVAIL INTERMITTENT

 Le travail intermittent est considéré comme moins difficile à supporter que


le travail en continu.

 Si l’on s’en réfère à la quantité d’acide lactique présent dans le sang, il est aisé
de constater qu’à une vitesse égale les exercices intermittents ont une
production d’acide lactique inférieure par rapport au travail en continu.

 Les pauses actives, à la différence des passives, stimulent l’élimination des


lactates.

 ATTENTION : 2 situations qui peuvent provoquer une accumulation d’acide


lactique :
-L’intensité dépasse largement la VMA
et la durée du travail se prolonge de manière excessive
-La durée de la récupération ne permet pas la reconstruction
de l’oxygène de la myoglobine

 En variant les paramètres d’intensité et de durée du travail intermittent, on peut


solliciter soit le système aérobie, soit le système anaérobie lactique
5. LA FRÉQUENCE CARDIAQUE
DANS LE TRAVAIL INTERMITTENT

 Afin de développer la puissance aérobie maximale, les efforts de courte durée


doivent s’enchaîner avec des récupérations courtes.

 On peut facilement trouver la zone de croisière entre les crêtes et les affaissements.

 Il est impossible de raisonner sur un seul cycle de travail-repos


car la FC n’a pas le temps de se stabiliser

 La FC et la dérive pulsative.
La dérive est une altération fonctionnelle du système cardiovasculaire :
-La dérive pulsative d’effort est l’altération des valeurs de la crête de la
FC. C’est une déviation plus ou moins rapide et progressive de la FC
vers le haut, alors que l’intensité de l’effort reste stable.
-La dérive pulsative de récupération est l’altération des valeurs
d’affaissements. Cela signifie que la récupération devient toujours plus
difficile.

 Un entraînement bien conduit doit supprimer les dérives avant de les


rechercher à nouveau pour créer ainsi une adaptation au niveau supérieur.
EXEMPLE D’UN 30-30

FC / bpm FC / bpm
190 190

170 170

150 150

130 130

110 110

90 90

70 70

50 50

30 30
1
10 147 bpm
Temps
0:00:00 0:10:00 0:20:00 0:30:00 0:40:00 0:50:00
Valeurs de curseur:
Temps : 0:00:00
FC: 107 bpm

Personne Peter DELORGE Date 29/06/2004 FC moyenne 147 bpm


Exercice 3 X 10' de 30''-30'' Heure 10:54:45 FC max 180 bpm
Sport Football Durée 0:58:21.3
Note Sélection 0:00:00 - 0:58:20 (0:58:20.0)
LES DÉRIVES PULSATIVES
IMPORTANCE D’UNE RÉCUPÉTION
COURTE

 Nature et durée de la récupération doivent être en rapport


avec l’objectif de l’exercice .

 Pour solliciter à un haut régime le métabolisme aérobie,


la récupération doit être de courte durée ( généralement de 30’’ )

 Selon le temps de récupération, les effets seront différents :

- À une intensité constante, le fait de réduire le temps de récupération,


augmente la sollicitation du système cardiovasculaire.

- Augmenter le temps de récupération diminue la sollicitation du système.


CARACTÉRISTIQUES
D’UN EXERCICE INTERMITTENT

 Il existe une grande variété de forme d’exercice intermittent : 5 + 10, 5 + 15,


5 + 25, 10 + 10, 10 + 20, 15 + 15, 15 + 30, 20 + 20, 20 + 40, 30 + 30....
Le premier chiffre indique la durée du travail et le second : la récupération.

 Au niveau de la conception des exercices, il faut déterminer différents paramètres


qui sont les suivants :
-L’intensité des séquences : le % de VMA
-Le volume des séquences
-Le volume totale du bloc de travail
-Le type de geste moteur lié à la spécificité de la discipline

 La durée d’un bloc sera comprise entre 5 et 12 minutes.

 Le nombre des blocs sera compris entre 2 et 5.


LES AVANTAGES DU TRAVAIL
INTERMITTENT

 Le travail intermittent est considéré comme très utile pour l’amélioration des
qualités aérobies. Dans ces qualités, on a les composantes aérobies centrales (celle
qui font référence à l’apport de l’O² aux muscles) et les composantes aérobies
périphériques (celle qui font référence à l’utilisation de l’O² de la part des muscles). On
peut donc dire que le travail intermittent agit aussi bien sur la puissance
aérobie que sur les qualités musculaires.

Dans l’intermittent plus spécifiquement lié au football, c’est Cometti qui a introduit
des exercices de musculation afin de travailler toujours plus sur la qualité.
FORMES DE TRAVAIL TRAVAIL
INTERMITTENT

 L’intermittent course est la


forme traditionnelle où la course est
effectué à VMA ou légèrement au-
dessus.

 Une variante (illustré sur la fig 1)


est la course à deux vitesses. Ce
type d’effort se rapproche de l’effort
du footballeur.

 La figure 2, il y a aussi
l’introduction d’exercices de force
sous forme de bondissement.
L’INTERMITTENT-FORCE

 Si l’on s’en réfère au modèle de prestation dans le football, une méthode


d’entraînement doit prévoir de brefs efforts max durant lesquels nous
aurons une intervention importante du mécanisme anaérobie alactique et
une intervention fondamentale des fibres de type II B. De tels efforts max
devraient être répétés de manière intermittente

 Durant l’entraînement intermittent force, on demande d’effectuer des


efforts d’intensité moyenne haute et on obtient ainsi une stimulation des fibres
musculaires de type II B. Au contraire de ce qui advient, par exemple, lors d’un
entraînement aérobie continu qui se déroule à une intensité moindre.
En activant les fibres de type II, l’entraînement intermittent force contribue donc
à l’amélioration de certaines expressions de la force.

 Au point de vue application chez les footballeurs, on peut considérer


comme spécifiques des phases de travail dont la durée sera de seulement 5’’
avec des phases de récupération plus longue qui pourront aller de 15’’ à
30’’.
L’INTERMITTENT DANS LE FOOTBALL

Dans le football, même si le travail intermittent course classique 30’’ – 30’’ est
encore utilisé, on se dirige toujours plus vers un travail spécifique et individualisé.
-Spécifique : le travail doit se rapprocher le plus possible du modèle
de prestation.
-Individualisé : l’individualiser par rapport aux résultats des tests
effectués mais aussi dans certains cas par rapport aux
postes occupés et à la morphologie de l’athlète.

 Le football de haut niveau devient toujours plus exigeant :


-Les clubs veulent des athlètes déjà prêts à jouer des matchs après une
semaine de travail
-Il faut les préparer à jouer même 2 fois par sem. durant toute la saison
C’est pour ces raisons que l’on doit travailler de façon toujours plus spécifique par
rapport à notre sport.

Le travail intermittent, dans ces différentes formes, représente un de ces exercices
spécifiques
CONCLUSION

La phase de préparation et encore plus le travail en semaine, durant le


championnat, sont souvent très réduits.

On doit donc travailler de plus en plus de façon plus spécifique par rapport à
notre sport : répéter des efforts brefs à haute intensité.

Le travail intermittent, dans ces différentes formes, représente un de ces


exercices spécifiques.

Le temps à la disposition des préparateurs est sans cesse réduit. C’est


pourquoi, nous devons intervenir toujours plus en “pilules de travail de
travail”.
ANNEXE :

LA VMA
RAPPEL

C’est la Vitesse Maximale Aérobie, elle s’exprime en Km/h.

Elle correspond à la plus petite vitesse qui induit le plafonnement de la


consommation d’oxygène.

Selon le Prof. Bisciotti, c’est la vitesse à laquelle notre organisme atteint sa VO²
max donc la VMA représente la vitesse à laquelle notre «  moteur aérobie atteint
le maximum de tours ».

Elle peut être déterminée par des tests en laboratoire ou sur terrain.

C’est une donnée fondamentale pour individualiser le travail en aérobie


(par exemple : le travail intermittent)
QUE PERMET LA CONNAISSANCE
DE LA VMA ?

Selon G. Cazorla, outre la possibilité d’évaluer l’endurance aérobie, la


connaissance de la VMA s’avère aussi très utile pour au moins quatre raisons :

-Elle autorise l’extrapolation de la VO² max

-Elle permet de prédire les performances potentielles de course,


à la condition bien sûr de s’entraîner correctement

-Elle donne des indications sur les intensités à envisager


dans les séances d’entraînement

-Elle permet aussi de mieux gérer les vitesses utiles d’entraînement


Individualisation du travail aérobie par rapport au test "Vaméval" de Cazorla et Léger. 19 + 20 Mars 07.

NOMS, Prénoms : COLPAERT Stève


Date de naissance : 13 septembre 1986 - Club d'appartenance : FC Brussels
Test Vaméval effectué le 19 mars 2007 :
VMA : 17 Km/H - FC max utile : 207 puls/min
Récupération après test
Fréquence cardiaque maximum utile Réc 30'' Réc 1' Réc 2' Réc 3' Réc 5'
% 70% 75% 80% 85% 90% 95% 100% 197 166 120 108 94
FC 145 155 166 176 186 197 207 -10 -41 -87 -99 -113

Métres à parcourir par rapport à la VMA.


% 70% 75% 80% 85% 90% 95% 100% 105% 110% 115% 120% 125% 130%
VMA 11,9 12,8 13,6 14,5 15,3 16,2 17,0 17,9 18,7 19,6 20,4 21,3 22,1
5'' 16,5 17,7 18,9 20,1 21,3 22,4 23,6 24,8 26,0 27,2 28,3 29,5 30,7
10'' 33,1 35,4 37,8 40,1 42,5 44,9 47,2 49,6 51,9 54,3 56,7 59,0 61,4
15'' 49,6 53,1 56,7 60,2 63,8 67,3 70,8 74,4 77,9 81,5 85,0 88,5 92,1
20'' 66,1 70,8 75,6 80,3 85,0 89,7 94,4 99,2 103,9 108,6 113,3 118,1 122,8
25'' 82,6 88,5 94,4 100,3 106,3 112,2 118,1 124,0 129,9 135,8 141,7 147,6 153,5
30'' 99,2 106,3 113,3 120,4 127,5 134,6 141,7 148,8 155,8 162,9 170,0 177,1 184,2
35'' 115,7 124,0 132,2 140,5 148,8 157,0 165,3 173,5 181,8 190,1 198,3 206,6 214,9
40'' 132,2 141,7 151,1 160,6 170,0 179,4 188,9 198,3 207,8 217,2 226,7 236,1 245,6
45'' 148,8 159,4 170,0 180,6 191,3 201,9 212,5 223,1 233,8 244,4 255,0 265,6 276,3
50'' 165,3 177,1 188,9 200,7 212,5 224,3 236,1 247,9 259,7 271,5 283,3 295,1 306,9
55'' 181,8 194,8 207,8 220,8 233,8 246,7 259,7 272,7 285,7 298,7 311,7 324,7 337,6
1' 198,3 212,5 226,7 240,8 255,0 269,2 283,3 297,5 311,7 325,8 340,0 354,2 368,3
1'30'' 297,5 318,8 340,0 361,3 382,5 403,8 425,0 446,3 467,5 488,8 510,0 531,3 552,5
2' 396,7 425,0 453,3 481,7 510,0 538,3 566,7 595,0 623,3 651,7 680,0 708,3 736,7
3' 595,0 637,5 680,0 722,5 765,0 807,5 850,0 892,5 935,0 977,5 1020,0 1062,5 1105,0
COMMENT DÉTERMINER LA VMA ?

On va évaluer la VMA par un test :


En laboratoire => mesure directe.
Sur terrain => mesure indirecte, prédiction.
Lors d’un protocole court, on aura une VMA sur estimé et lors d’un protocole
long, la VMA sera sous estimé car le facteur fatigue sera intervenu.
Lors du choix d’un test, il faut toujours compte de :
La validité
L’accessibilité
La fidélité
Présentation de quelques tests….
SOLIDARITÉ OLYMPIQUE

Algérie 2007

Frans MASSON
Instructeur FIFA