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Le dol : définition, éléments constitutifs,

preuve et sanctions
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Le dol : définition, éléments constitutifs, preuve et


sanctions
Nov 15,2017 Un commentaire sur Le dol : définition, éléments constitutifs, preuve et
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Le dol : définition
De manière générale, on peut définir le dol comme un comportement
malhonnête, une tromperie qui amène l’autre partie à conclure le contrat
sur la base d’une croyance erronée. Par exemple, il y’a dol dans le cas d’un
commerçant qui simule dans sa comptabilité des bénéfices exagérés pour
vendre plus cher son fonds de commerce.

Avant la réforme du droit des contrats par l’ordonnance du 10 février 2016,


seul l’article 1116 du Code civiltraitait du dol. Cet article disposait que “le dol
est une cause de nullité de la convention lorsque les manoeuvres pratiquées
par l’une des parties sont telles, qu’il est évident que, sans ces manoeuvres,
l’autre partie n’aurait pas contracté. Il ne se présume pas et doit être
prouvé.”

Mais depuis la réforme du droit des contrats, l’article précité n’existe plus.
Désormais, le dol est défini à l’article 1137 du Code civil : “Le dol est le fait
pour un contractant d’obtenir le consentement de l’autre par
des manoeuvres ou des mensonges. Constitue également un dol
la dissimulation intentionnelle par l’un des contractants d’une information
dont il sait le caractère déterminant pour l’autre partie.”
On comprend donc que le dol est un vice du consentement (au même titre
que l’erreur ou la violence) : c’est en raison du dol, de la tromperie, que le
cocontractant a conclu le contrat. Son consentement a été vicié par le dol.

Ainsi, si l’on reprend l’exemple précité du commerçant qui simule des


bénéfices exagérés pour vendre plus cher son fonds de commerce, il faut bien
comprendre que l’acheteur du fonds l’achète en se fondant sur les bons
résultats financiers que lui présente le vendeur. Mais si l’acheteur avait eu
connaissance des véritables informations comptables du fonds de commerce,
alors il ne l’aurait pas acheté. On voit donc que les mensonges, la tromperie
du vendeur, ont déterminé le consentement de l’acheteur, et c’est pour cela
qu’il y’a dol.

Maintenant que la définition du dol a été posée, nous pouvons nous intéresser
à ses éléments constitutifs.

Le dol : les éléments constitutifs


Le dol est un acte de déloyauté (c’est l’aspect délictuel du dol) dont il
résulte une erreur du cocontractant l’ayant déterminé à conclure le contrat
(c’est l’aspect psychologique du dol).

L’aspect délictuel du dol


Le dol suppose la réunion de deux éléments : un élément matériel et
un élément intentionnel.

L’élément matériel peut désigner :

 les manoeuvres, c’est-à-dire les actes positifs par lesquels une partie
crée chez son cocontractant une fausse apparence de la réalité. Il s’agit
donc de mises en scène, d’artifices, de stratagèmes…
 les mensonges, c’est-à-dire la fausse affirmation sur un élément
du contrat
 et même le simple silence. C’est ce que l’on appelle le dol par
réticence, ou réticence dolosive (c’est ce que vise le nouvel article 1137 du
Code civil quand il évoque la “dissimulation intentionnelle par l’un des
contractants d’une information dont il sait le caractère déterminant pour l’autre
partie”). Ainsi la Cour de cassation juge que “le dol peut être constitué par le
silence d’une partie dissimulant à son cocontractant un fait qui, s’il avait été
connu de lui, l’aurait empêché de contracter” (Cass. Civ. 3ème, 15 janv. 1971 ;
Cass. Com., 20 juin 1995). Il faut donc comprendre qu’il y’a dol lorsqu’un
contractant sait qu’il tait à son cocontractant une information si importante que
si ce dernier en avait connaissance, alors il ne contracterait pas.

FLASH INFO : Cette solution avait été, semble-t-il, remise en cause par la
jurisprudence. En effet, plusieurs arrêts avaient considéré qu’il ne pouvait y
avoir réticence dolosive que s’il y’avait violation d’une obligation pré-
contractuelle d’information (Cass. Com., 28 janv. 2014 ; Cass. Civ. 3ème,
16 sept. 2015). A titre d’exemple, on peut citer le célèbre arrêt
Baldus (Cass. Civ. 1ère, 3 mai 2000) qui nous explique que dans un contrat
de vente, l’acquéreur non professionnel n’a pas l’obligation d’informer le
vendeur sur la valeur du bien vendu et qu’il n’y a donc pas réticence dolosive
en cas de silence sur l’acquéreur sur cette valeur. Pas d’obligation pré-
contractuelle d’information, pas de réticence dolosive !
Toutefois, on peut remarquer que l’ordonnance du 10 février 2016 ne semble
pas avoir consacré ce courant jurisprudentiel. Le nouvel article 1137 du Code
civil est clair : il suffit maintenant, pour caractériser la réticence dolosive,
d’établir que l’un des contractants a dissimulé intentionnellement une
information dont il connaissait le caractère déterminant pour l’autre partie.
Plus besoin de la violation d’une obligation d’information !

En ce qui concerne maintenant l’élément intentionnel, il s’agit de la volonté


de tromper le cocontractant. Il faut que le contractant ait agi en
connaissance de cause, en sachant pertinemment que ses manoeuvres, ses
mensonges ou son silence, sont déterminants pour la conclusion du contrat et
que sans ces éléments, l’autre partie n’aurait pas conclu le contrat. Sans
élément intentionnel, pas de dol !

L’aspect psychologique du dol


L’aspect délictuel ne suffit pas pour caractériser le dol. En effet le dol
comporte également un aspect psychologique : il faut que les manoeuvres,
les mensonges ou le silence du contractant aient provoqué chez l’autre partie
une erreur qui l’a déterminé à conclure le contrat. Retenez-bien que l’erreur
provoquée par le dol doit avoir été déterminante du consentement de la
victime : sans cette erreur, la victime n’aurait pas contracté.

IMPORTANT : en matière de dol, toutes les erreurs sont admises. Ainsi :

 l’erreur sur la valeur n’est pas, en principe, une cause de nullité du


contrat. Toutefois, une erreur sur la valeur provoquée par un dol est bien
une cause de nullité de la convention.
 une erreur sur les motifs provoquée par un dol est également une
cause de nullité du contrat
 les erreurs qui sont traditionnellement considérées
comme inexcusables deviennent toujours excusables lorsqu’elles sont
provoquées par un dol (Cass. Civ. 3ème, 21 févr. 2001).

Le dol : la preuve et les sanctions


Le dol doit être prouvé par la victime. Cette preuve peut se rapporter par tous
moyens puisqu’il s’agit d’un fait juridique.

La sanction du dol est d’abord la nullité du contrat. Il s’agit d’une nullité


relative. Par conséquent, seule la victime du dol peut agir en nullité du
contrat à défaut de toute autre personne. L’action en nullité pour dol se
prescrit par 5 ans à compter du jour de la découverte du dol (art. 1144 du
Code civil).

Mais le dol constitue également une faute. La victime peut donc demander,
sur le fondement de l’article 1240 du Code civil (ancien article 1382 du Code
civil), des dommages et intérêts pour réparer le préjudice qu’elle a subi.
Malgré l’existence d’un contrat, la responsabilité est délictuelle, et non pas
contractuelle, puisque la faute est antérieure à la conclusion du contrat.

A noter que la victime d’un dol peut simplement se contenter de demander


des dommages et intérêts sans demander la nullité du contrat (Cass. Com. 15
janv. 2002).