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Plan du cours : Comptabilité Analytique

1. Introduction Générale

2. Objectifs et Moyens de la Comptabilité Analytique

3. Chapitre 1er : Notion de Coût et éléments constitutifs du coût.

4. Chapitre 2ème : Analyse des Charges de la Comptabilité Analytique

d’Exploitation

5. Chapitre 3ème : L’Enchaînement des Calculs : coûts hiérarchiques

6. Chapitre 4ème : Coûts de production en présence de cas particuliers

7. Chapitre 5ème : la Concordance entre le résultat de la Comptabilité

Analytique et le résultat de la Comptabilité Générale

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 Introduction Générale :

1. Objectifs de la CG

La comptabilité Générale est un outil de gestion indispensable pour l’entreprise, elle permet :
- de saisir, classer et enregistrer au jour le jour toutes les opérations effectuées par
l’entreprise à partir des pièces justificatives qui entrent ou qui sortent de l’entreprise.
- De fournir périodiquement des situations à travers des documents de synthèses (Bilan,
CPC, ETIC) permettant à l’entreprise et aux tiers (Etat, Etablissements de crédits,
Actionnaires, Autres créanciers de l’entreprise) de dégager des informations conformes
aux règles comptables.

2. Objectifs de la Comptabilité Analytique :


a. Définition :
D’après le plan comptable, la comptabilité analytique est un mode de traitement des données
dont les objectifs essentiels, d’une part, sont les suivants :
- Connaître les coûts des différents fonctions assumées par l’entreprise.
- Déterminer les bases d’évaluation de certains éléments du Bilan.
- Expliquer les résultats en calculant les coûts des produits (biens ou services) pour les
comparer au prix de vente correspondant.
D’autre part :
- Etablir les précisions de charges et produits d’exploitation (coût pré-établi & budget
d’exploitation).
- En constater la réalisation, et expliquer les écarts qui en résultent. (contrôle des coût &
budget).
D’une manière générale, la comptabilité analytique d’exploitation ou comptabilité de gestion
doit fournir tous les éléments de nature à éclairer les prises de décisions.

3. Tableau comparatif entre Comptabilité Générale & Comptabilité


Analytique :

Critère de comparaison Comptabilité Générale Comptabilité Analytique


Objectif Financier Economique
Au regard de la loi Obligatoire Facultative
Visuel de l’entreprise Globale Détaillée
Horizon Passé Présent + futur
Classement des charges Par nature Par destination
Nature des flux observés Externe Interne & externe
Règles Loi, formelles Souple & évolutive
Utilisateur Direction générale + tiers Responsable au sein de l’entreprise
Nature des informations Exactes, formelles, surtout certifiées Pertinente & rapide

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Chapitre 1er : Notion de Coût et éléments constitutifs du coût.
1. Notion de Coût et de Prix :
a. Prix :
La notion prix ne devrait être utilisée que pour les transactions (relation de l’entreprise avec
l’extérieur). On parle ainsi de prix d’achat pour les éléments achetés (marchandise, matière
1ères) et de prix de vente pour les biens vendus : produits finis ou semi-finis.
b. Coût :
Un coût est un ensemble de charges, il est donc propre à l’entreprise, et peut être calculé en
fonction de différents regroupements, coût d’achat, de production, de reviens, d’une
commande, d’un marché, d’une fonction, d’un client.

2. les Charges retenues en Comptabilité Analytique :


la majorité des charges de la comptabilité générale est incorporée dans le calcul des différents
coûts mis en évidence par la comptabilité analytique. Certaines charges sont, cependant :
Soit totalement exclues.
Soit incorporées partiellement.
Soit incorporées totalement.
a. Charges non incorporelles par leurs natures :
Certaines charges sont exclues du calcul parce qu’elle revêtent un caractère exceptionnel
(rubrique 65), parce qu’elle ne concernent pas les activités analysées : frais d’achat et de vente
de titres dans une entreprise de confection, par exp., ou parce qu’elle n’ont pas le caractère de
charge (IS, IGR) : il s’agit de fraction du résultat. Résultat = produit – charge
b. Abonnement des charges :
Il faut veiller à ce que les charges retenues concernent la période étudiée (cycle de production
= 1 mois). Cela devrait être le cas puisqu’en général, on utilise les comptes de régularisation
dans ce but, mais ce travail n’est effectué qu’en fin d’exercice, alors que les calculs de coûts
sont les plus souvent périodiques (en générale le mois).
A la fin de chaque période analytique, il faut donc exclure la partie des charges enregistrée qui
ne concerne pas la période analysée. (exp. prime d’assurance payée en Janvier pour toute
l’année). Et ajouter les charges qui, bien que, concernant la période ne sont pas encore
enregistrées. (exp. consommation d’énergie, loyer payé fin de période…)
c. Différence sur charges incorporables :
l’appréciation sur les performances internes de l’entreprise (efficacité, efficience) nécessite
que certaines charges sont incorporées en fonction de la réalité économique ayant en
fonction de critères financiers ou fiscaux.
Ces charges sont appelées charges calculées : la différence entre charge calculée et charge
prise en compte en CG est appelée différence d’incorporation (elle peut être positive ou
négative)
- Cas des amortissements : Notion de charge d’usage
En comptabilité Générale, la dotation aux amortissements est calculée en fonction des critères
ou des considérations fiscales : durée de vie probable, taux linéaire ou dégressif, valeur
d’origine.
En comptabilité Analytique, il importe d’incorporer aux coûts des charges calculées en
fonction de l’usage qui est fait de l’immobilisation en question : cette charge d’usage vient
donc se substituer à la charge retenue par la comptabilité Générale.

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Exp.1 : L’entreprise RATEX possède une machine de production acquise le 01/01/2000 pour
une valeur de 200.000 DH, il a été retenu un amortissement linéaire sur 10ans.
Au 31/12/2003, l’entreprise estime la valeur de replacement de la machine à 280.000 DH
La durée de la vie économique, compte tenu de l’évolution technologique n’est que de 7ans.

Au 31/12/2003 en Comptabilité Générale Au mois 12/2003 en Comptabilité Analytique


Dotation Comptable = VO * Tx * 1 Charge d’usage mensuelle = VR * Tx éco * 1/12
= 200.000 * 0.1 = 280.000/7 * 1/12
= 20.000 DH Annuelle = 3333,33 DH
Différence d’incorporation = Dotation comptable – Charge d’usage
Différence d’incorporation = 20.000 – 3333,33 = 16.666,67 DH

Montant Retraitement Montant


Charge par nature
CG + – CAE
DEA des immobilisations corporelles 20.000 1666,67 18333,33 3333,33

- Abonnement de la dotation comptable = 20.000 – 20.000 * 11/12


= 20.000 – 18.333,33
= 1666,67 DH dotation comptable mensuelle
- Calcul de la charge d’usage = 280.000/7 * 1/12 = 3333,33
- Différence d’incorporation = Charge d’usage – dotation comptable
= 3333,33 – 1666,67
= 1666,67 DH

Exp. 2 : D’après le CPC au 31/12/2003 de l’entreprise RATEX, on relève l’information


suivante :
DEA du matériel et outillage = 39.000
D’après les informations de la CA, le matériel et outillage et outillage en question a une
valeur de replacement de 450.000, et l’entreprise n’envisage l’utiliser que sur une durée de
8ans.

Montant Retraitement Montant


Charge par nature
CG + – CAE
DEA du matériel et outillage 39.000 1437,5 35.750 4687,5

- Abonnement de la dotation comptable = 39.000 – 39.000 * 11/12


= 39.000 – 35.750
= 3.250 DH dotation comptable mensuelle
- Calcul de la charge d’usage = 450.000/8 * 1/12 = 4687,5
- Différence d’incorporation = Charge d’usage – dotation comptable
= 4687,5 - 3250
= 1437,5 DH

- Cas des provisions : Notion de charge étalée


L’entreprise st amenée a constituer des provisions pour couvrir des dépenses futures ou des
risques probables. C’est notamment le cas des provisions pour litiges, et provisions pour une

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grosse réparation. Ces provisions doivent être enregistrées en CG dès que la charge peut être
évaluée.
La CA calcule les coûts de manière à éclairer les gestionnaires sur les performances de
l’entreprise par rapport aux périodes passées (comparaison dans le temps), par rapport aux
autres entreprises du même secteur (comparaison dans l’espace).
Toute décision cherchant à incorporer la totalité de provision dans le calcul des coûts
conduirait à fausser les comparaisons. Pour remédier à cet inconvénients, il est tenu compte
en CA des charges étalée : ces dernières vont se substituer aux dotations aux provisions
comptables.
Exp. : l’entreprise RATEX envisage, pour 2006, une grosse réparation relative à la tuyauterie
de son usine. Le montant estimé est de 500.000 DH
En CG, l’entreprise devrait constituer, sur les deux exercice restant à courir (2004 ; 2005), une
provision pour charge de 500.000/2 = 250.000 (dotation mensuelle).
Si, pour des raisons économiques (CA), l’entreprise ne décide de ne doter cette provision qu’à
hauteur de 150.000 : la charge étalée serait donc de : 150.000 au lieu de 250.000 ;d’où une
différence d’incorporation négative de 100.000.

- Cas des stocks : valeur de remplacement des matières


Les charges de matières 1ères peuvent être incorporées au coût à une valeur de placement
(valeur de marché), et non à leurs valeur d’entrée (prix d’achat), cette substitution se justifie
par les conditions économiques de l’entreprise.
Exp. : l’entreprise RATEX dispose d’un stock de matières 1ères de 1.000 Kg à 20 DH le Kg.
Pendant la période N, elle estime sa valeur de remplacement à 25 DH le Kg.
La consommation de la période 500 Kg se présente ainsi :

En Comptabilité Générale En Comptabilité Analytique d’Exploitation


Cion = 500 Kg * 20 DH = 10.000 DH Cion = 500 Kg * 25 DH = 12.500 Kg
Différence d’incorporation
12.500 – 10.000 = + 2.500 DH

d. Charges supplétives :
Se sont les charges dont on tient compte dans la comptabilité nationale, alors qu’elles ne
figurent pas en comptabilité générale. (elles ne sont pas réelle) il s’agit en général de deux
charges :
la rémunération de l’exploitant individuel : cela permet de faire des comparaisons entre
entreprises ayant un statut juridique différent. (le salaire du PDG d’une SA figure parmi les
charges du personnel).
La rémunération des capitaux propres : cela permet de faire des comparaisons entre
entreprises, dont les capitaux permanent (moyens de financement) n’ont pas les mêmes
origines.(les charges financières supportées par les emprunts à long terme sont enregistrés)