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INTRODUCTION :

Face aux imperfections des marchés financiers où il existe une asymétrie


d’information entre le dirigeant et les actionnaires, ces derniers peuvent sous ou sur
évaluer la valeur de l’entreprise. Les dirigeant supposé les mieux informés sur leurs
projets d’investissement et leurs flux futures, ainsi que les risques que l’entreprise
encourt. Donc pour donner une idée sur la situation de l’entreprise et la qualité de leurs
projets, les dirigeants essayent d’utiliser des signaux. (Utilisation de la structure
financière comme instrument de signalisation)

Selon la théorie de signal, la valeur d’une entreprise ne dépend pas du degré


d’asymétrie d’information ou l’information elle-même. Cependant, il dépend de
l’interprétation de cette information, autrement dit, comment les actionnaires l’ont
capté.

Le dirigeant dispose d’une panoplie des choix pour donnez des signaux aux
marchés financiers. En effet, il existe la signalisation par l’endettement, la signalisation
par la politique de dividende, la signalisation par augmentation de capital…etc.

Donc à travers ce travail nous allons essayer de voir comment chaque mode de
financement peut donner une idée sur la qualité des projets d’une entreprise et sa
valeur réelle. Autrement dit, on va voir la relation entre la signalisation par chaque
mode de financement et la valeur de l’entreprise.

Pour traiter ce sujet nous allons diviser notre travail en deux partie principales,
la première partie va être dédié pour une lecture théorique sur la théorie du signal, et
la deuxième va être consacré pour analyser les apports de plusieurs auteurs à travers
ces études empiriques.
La théorie du signal part du constat que l’information n’est pas partagée par tous au même
moment et que l’asymétrie d’information est la règle. Celle-ci peut avoir des conséquences
néfastes conduisant à des valorisations trop basses ou à une politique d’investissement sous-
optimale. Dès lors, certaines décisions financières seront prises pour rompre cette asymétrie
d’information et seront qualifiées de signal. Mais pour être qualifiées comme telles, elles devront
être porteuses de conséquences financièrement négatives pour son initiateur au cas où ce signal
se révélerait faux.1

La théorie du signal affirme la non neutralité entre la dette et le capital propre car les
différents
acteurs ayant des relations avec l’entreprise ne disposent pas de la même information,
quelque soit le choix de moyen de financement il peut être utilisé comme "mécanisme
de signalisation" de la qualité de l’entreprise. C’est pourquoi la participation des dirigeants
dans le capital de l’entreprise constitue un "super signal" pour les investisseurs et les
créanciers.
Nous constatons, que tout changement dans la politique financière de l’entreprise
induit automatiquement des modifications dans la perception de la firme par le marché et
les créanciers. D’où le lancement d’un nouvel emprunt exige de l’entreprise de signaler au
marché ses véritables perspectives : générer le cash flow pour faire face à ces charges
d’intérêts
ainsi que ses engagements. C’est le risque de perdre le soutien de ses créanciers et de
ses actionnaires même si le projet est bénéfique 26.
Le point le plus important se situe dans la relation d’agence et dans les conflits d’intérêts
qui lui sont liés. Les niveaux d’endettement ou de dividendes versés restent des signaux
qui permettent d’informer les investisseurs. Le niveau d’endettement peut être utilisé pour
résoudre le problème de l’asymétrie d’information 27 entre les dirigeants supposés mieux
informés et les investisseurs. (G. Charreaux, 2006).
D’après Myers et Majluf (1984) on peut considérer les décisions financières comme un
jeu entre les dirigeants qui veulent maximiser la richesse des actionnaires et les apporteurs
de capitaux qui sont de nouveaux actionnaires ou créanciers. Ce qui mène à des interactions
entre les décisions d’investissement et de financement. (G. Charreaux, 2006) 2

S. Ross (1977) affirme que la structure financière d’une entreprise est un signal diffusé par
l’équipe dirigeante pour caractériser le type de leur entreprise. Il ajoute que ce n’est pas la
structure financière d’une entreprise qui représente un signal, mais plutôt sa modification, et toute
modification de la politique financière entraine une modification de la perception de l’entreprise
par les investisseurs et constitue donc un signal pour le marché.
S. Myers et N. Majluf (1984) ont contribué à renforcer cette théorie en montrant que l'émission
d'actions en numéraire afin de financer un projet d'investissement est un signal au marché d'une
information défavorable.
Tout signal positif émis par les dirigeants de l’entreprise permet de créer de la valeur actionnariale
puisqu’il signale que les flux futurs seront meilleurs que prévus ou encore que le risque sera
moindre. Cependant, ce signal ne sera pas crédible s’il n’est accompagné d’une sanction pour
éviter toute fausse signalisation, ce qui découragera toute émission d’un faux signal par l’équipe
dirigeante.

https://www.vernimmen.net/Vernimmen/Resumes/Partie_3_La_valeur/Chapitre_28_Valeur_et_finance_d_en
treprise.html
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La Politique Financière de l’entreprise Cas l’entreprise Biopharm
Ainsi, et compte tenu de l’asymétrie d’information, les investisseurs seront vigilants aux signaux
qui leurs permettent d’espérer une rentabilité supérieure ou un risque moindre. Par conséquent, les
dirigeants ne peuvent s’endetter pour financer un projet très risqué et peu rentable, et tout
accroissement de l’endettement signale au marché que le choix de cet investissement est favorable
pour l’entreprise et pour ses bailleurs de fonds, et que la rentabilité de ce projet permettra de
rembourser la nouvelle dette et ses charges d’intérêts.
Dans le cas contraire, et si les perspectives de rentabilité de l’entreprise ne sont pas bonnes, le
surcroît de la dette se traduira par le renvoi des dirigeants, et bien évidemment la faillite de
l’entreprise avec tous les coûts qui y sont afférent. Les dirigeants sont alors fortement incités à
diffuser les bons signaux en ajustant le niveau d’endettement de l’entreprise compte tenu de leur
connaissance de ses états de nature et de sa capacité de remboursement.
Ainsi, l’annonce d’une émission de dettes n’a pas d’impact notable sur la valeur de l’action.
En revanche, l’annonce d’une augmentation de capital conduit le plus souvent à une baisse des
cours de l’action. En effet, si cette décision d’augmentation de capital n’est pas motivée par un
besoin de financement, les investisseurs déduisent que les dirigeants estiment que la valeur de la
firme est surévaluée compte tenu des informations internes qu’ils détiennent, puisque les
dirigeants ne procéderont pas à cette augmentation lorsque la valeur des actions est sous-évaluée
afin de ne pas diluer les actionnaires actuels3

Pour les dividende : theorie de signal dividende dette page 77 78

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theorie de signal dividende dette