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Les citoyens réclament plus d’accès au fleuve Saint-Laurent à Montréal

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d’accès au fleuve Saint-Laurent à Montréal Page A 3 Cinéma: un 24 e Conte pour tous
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Cinéma: un 24 e Conte pour tous, 30 ans après La guerre des tuques

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LUTTE CONTRE L’ITINÉRANCE : OTTAWA TRAÎNE LA PATTE PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pendant que les
LUTTE CONTRE L’ITINÉRANCE : OTTAWA TRAÎNE LA PATTE
PEDRO RUIZ LE DEVOIR
Pendant que les refuges pour personnes sans abri fonctionnent au maximum de leur capacité à Montréal
en dépit du temps chaud, des millions de dollars destinés à la lutte contre l’itinérance dorment dans les
coffres d’Ottawa. Une situation qui dure depuis des mois, le gouvernement du Québec étant incapable
d’en arriver à une entente avec le fédéral. Page A 2
AUJOURD’HUI Économie › L’Allemagne championne des centrales au charbon les plus polluantes d’Europe. Page B
AUJOURD’HUI
Économie › L’Allemagne
championne des centrales au
charbon les plus polluantes
d’Europe. Page B 4
Actualités › Plus de 700 millions
de femmes ont été mariées alors
qu’elles étaient enfants, a
déploré l’UNICEF lors de
la première conférence
internationale sur les mariages
forcés et l’excision. Page A 5
Avis légaux
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Décès
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Mots croisés
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Sudoku
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B 2 Mots croisés B 4 Petites annonces B 6 Sudoku A 2 ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Adolf Hitler au côté de Rudolf Hess à Berlin en 1939. Un auteur allemand a imaginé notre société se laissant gagner à nouveau par le virus de la haine absolue.

Refaire führer

Un roman imagine le retour d’Hitler en Allemagne aujourd’hui

STÉPHANE BAILLARGEON

C e n’est ni un roman, ni un pamphlet, ni un essai, en- core moins un récit : c’est un événement, un brûlot, une effronterie et surtout

un succès, un incroyable triomphe qui se mesure concrètement. En Alle- magne, l’ouvrage étonnant a été écoulé à 1,5 million d’exemplaires. Il sera évi- demment adapté au cinéma et il est déjà traduit en 35 langues.

L’original Er is wieder da — qui au- rait pu donner textuellement : «il est encore là» — devient Il est de retour en français. Le « il » en question, en énorme question, c’est Adolf Hitler qui apparaît tel quel dans un terrain vague de Berlin en 2011. «Je me souviens: je me suis réveillé», dit l’incipit de cette satire sociopolitique rédigée à la pre- mière personne. L’hydre au bois dormant reprend

VOIR PAGE A 8 : FÜHRER

La pression pétrolière s’accroît sur le Québec

South Portland, dans le Maine, dit non au pétrole des sables bitumineux

ALEXANDRE SHIELDS

Q u’il le veuille ou non, le Québec est en voie de devenir le point de passage le plus né-

vralgique au pays pour l’exportation du pétrole des sables bitumineux. Une réalité renforcée par la décision de la Ville de South Portland, dans le Maine, d’en interdire le transport sur son territoire. La municipalité a voté lundi soir un règle- ment qui a pour effet de bloquer définitivement le passage du pétrole albertain qui aurait pu être transporté du cœur du continent jusqu’au port, pour y être chargé à bord de navires. South Portland est le deuxième port pétrolier en importance de la côte est américaine. Selon ce qu’a expliqué le maire Jerry Jalbert, le règlement a été adopté dans une optique de protection de l’environnement. Il faut dire que le pétrole des sables bitumineux voyagerait par un pipeline qui part de Montréal pour se ren- dre à South Portland. Or, la Ville est contre l’in- version du flux du pipeline, une mesure qui se- rait nécessaire pour rejoindre son port. Le pipeline en question, construit en 1941, achemine actuellement du pétrole brut léger du Maine jusqu’à la raffinerie de Suncor, à Mont- réal. Mais un projet a été développé dès 2008 — sous le nom de Trailbreaker — dans le but d’uti- liser le pipeline pour amener de l’or noir de

VOIR PAGE A 8 : PÉTROLE

TIR DE ROQUETTE

Les compagnies aériennes évitent l’aéroport de Tel-Aviv

BAHADOR ZABIHIYAN

P our la première fois en un quart de siècle, les principales compagnies aériennes mon-

diales ont décidé d’éviter l’aéroport Ben Gou- rion de Tel-Aviv pour une durée de 24 heures, car une roquette du Hamas a atterri non loin de là. Une situation qui pourrait désormais se pro- duire plus souvent, vu la situation géopolitique mondiale, estiment certains. L’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) a décidé mardi d’interdire pour une du- rée de 24 heures aux compagnies américaines d’atterrir ou de décoller de Ben Gourion. Une décision qui a eu des répercussions mondiales:

Air Canada a décidé de ne plus laisser ses avions décoller ou atterrir de cet aéroport et l’Agence européenne de la sécurité aérienne a aussi recommandé aux compagnies de l’éviter. C’est la première fois depuis la guerre du Golfe (1990-1991) que de telles mesures tou- chent Israël. À l’époque, l’Irak avait décidé de

VOIR PAGE A 8 : TEL-AVIV

Lire aussi › La bande de Gaza est toujours à feu et à sang. Page B 5

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ACTUALITÉS

A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 ACTUALITÉS LUTTE CONTRE L’ITINÉRANCE   Bureaux satellites:

LUTTE CONTRE L’ITINÉRANCE

 

Bureaux satellites:

pas de décision…

 

Plus de 3 millions de dollars dorment dans les coffres d’Ottawa

 

Mais tout indique que le NPD a erré, selon ses opposants

PHILIPPE ORFALI

 

MARIE VASTEL

antérieure demeurerait la même.» Cette décision, c’était de confier le dossier «à l’admi- nistration de la Chambre, en vue de potentiels recours en justice et de recouvrer des fonds dépensés de façon inappropriée». Ce qui fait dire au néodémo- crate Peter Julian que le BRI — auquel il ne siège pas — n’est qu’un «tribunal fantoche» où la majorité semble vouloir sévir contre le NPD, «mais ils n’ont pas les preuves qu’ils veu- lent pour prendre une décision négative». «Nous avons remis des centaines et des centaines de pages de documents […] Chaque fois, ils nous en deman- dent d’autres», a-t-il déploré, en reprochant que le comité se réunisse à huis clos. Le BRI réclame notamment une copie du bail du NPD pour le bureau de Montréal, et un plan de la répartition des cubicules des employés du parti et ceux de l’aile parle- mentaire. Ces informations n’ont pas été fournies mardi. Le conservateur Randy Hoback a jugé «suspect» que le NPD ait remis une pile de docu- ments une heure avant la ren- contre. Les rumeurs voulaient que le BRI s’apprête à trancher. D’autres ouï-dire ont suggéré que le parti pourrait se voir ré- clamer quelques millions de dol- lars en salaires de ces employés.

Autre litige

D es organismes qui vien- nent en aide aux per-

sonnes sans abri accusent le gouvernement fédéral de rete- nir des fonds destinés à la lutte contre l’itinérance. Plus de 3,2 millions de dollars dor- miraient actuellement dans les coffres du gouvernement fédé- ral parce qu’Ottawa et Québec ne parviennent pas à s’enten- dre sur le type de projets aux- quels ils devraient être desti- nés, ont-ils dénoncé mardi. Au cœur d’Hochelaga-Mai- sonneuve, le tristement célè- bre 3911, rue Sainte-Catherine Est est là, vide et barricadé de- puis de nombreux mois. L’édi- fice de brique rouge, autrefois perpétuellement le théâtre de transactions de drogue et de prostitution, a été racheté à l’automne dernier par l’orga- nisme de logement commu- nautaire L’Avenue, qui sou- haite le convertir en 29 unités de logement social destinées aux jeunes adultes dans le besoin âgés de 18 à 29 ans. Un projet qui doit, en principe du moins, bénéficier de la Straté- gie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI),

offerte conjointement par Ottawa et Québec. Or, comme d’autres, L’Avenue attend toujours que le gouvernement fédéral confirme qu’il recon-

que le gouvernement fédéral confirme qu’il recon- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pierre Gaudreau, le coordonnateur du

PEDRO RUIZ LE DEVOIR

Pierre Gaudreau, le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, en compagnie de Manon Bouchard, intervenante auprès des personnes itinérantes, devant le tristement célèbre 3911, rue Sainte-Catherine, qui pourrait être converti en logement social.

sans-abri, mais après, je vais vouloir y mettre un terme. Il n’y a aucune permanence,

Une approche comprenant une diversité de programmes qui répondent ainsi mieux à la

qui pourraient être envisagés. » Ces doutes quant à l’avenir de la SPLI subsistent alors que

Correspondante parlementaire à Ottawa

L e dossier des bureaux satellites du NPD n’est

toujours pas réglé. Le comité ultrasecret qui se penche sur la question a remis à plus tard une éventuelle décision sur l’infraction — ou non — du parti aux règles parlemen- taires. Mais il semble que les opposants des néodémocrates aient déjà tranché. Ils ne lâche- ront pas l’affaire et poursui- vront leur enquête, pour peut- être réclamer au final que le NPD rembourse des millions. L’ultrasecret Bureau de régie interne (BRI) — qui étudie les dépenses des députés — s’est réuni en plein après-midi d’été mardi pour discuter de ces «bureaux satellites» qu’a mis sur pied le NPD à Montréal et à Toronto après la dernière élection. Les loyers étaient payés par le parti, mais les sa- laires étaient tirés des budgets parlementaires de députés. Les partis fédéraux accusent donc le NPD d’avoir fauté en utili- sant ainsi des fonds publics, car ils sont convaincus que ces em- ployés faisaient du travail parti- san — ce qui est interdit pour des salariés de la Chambre. Or, les néodémocrates se sont présentés à la réunion de mardi munis de centaines de pages de documents visant à prouver que leurs employés ne font rien de plus que d’aider les députés dans leurs circonscriptions. Communiqués de presse sur des enjeux ré- gionaux, discours devant une chambre de commerce, convo- cations à des points de presse dans les circonscriptions; un recueil prouvant que les bu- reaux satellites font du travail parlementaire, espère le NPD. La pile de dossiers a été re- mise au BRI une heure avant la réunion. Du coup, le comité «était dans l’impossibilité d’étu- dier cette information», a expli- qué le conservateur John Dun- can. La rencontre a donc été écourtée et reportée — proba-

duira son engagement. Voilà près d’un an que des pourparlers sont en cours entre le gouvernement du Québec et Ottawa concernant le renouvellement de la SPLI jusqu’en 2019. Des 7,8 millions y étant consacrés, près de 40% demeurent intouchés en raison de la volonté du gouvernement conservateur de rediriger ces fonds vers un seul programme, «Logement d’abord», affirme le Réseau d’aide aux per- sonnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). « L’approche Logement d’abord du gouvernement fédéral consiste à louer des logements vacants ici et là. Ces ententes-là sont tempo-

contrairement à des projets comme celui de L’Avenue : les logements seront encore là après que les gens s’en soient sortis pour servir à d’autres », illustre Pierre Gaudreau, le coordonnateur du RAPSIM. Par l’entremise de la SPLI, le gouvernement fédéral ap- porte depuis plus de 12 ans un soutien aux organismes d’aide aux sans-abri, ayant notam- ment permis la construction de plus de 900 unités de loge- ment leur étant destinées.

Pourparlers en cours

L’Assemblée nationale avait adopté à l’unanimité, le 30 avril 2013, une résolution demandant la reconduction

 

réalité des personnes itiné- rantes, de l’avis des députés québécois et de l’opposition officielle à Ottawa. Plus d’un an plus tard, les négociations sont toujours en cours, selon le cabinet de la ministre déléguée à la Réadap- tation, à la Protection de la jeu- nesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois. «Ce que l’on souhaite, c’est une approche beaucoup plus globale» que ce que propose Ottawa, explique l’attachée de presse de M me Charlebois,

Alexandra Bernier. «Logement d’abord, c’est une chose. Il y a d’autres priorités qu’on doit prendre en considération, il y a d’autres programmes et services

le phénomène de l’itinérance ne cesse de prendre de l’am- pleur selon le RAPSIM, qui regroupe 102 organismes de lutte contre la pauvreté. De nombreux refuges pour per- sonnes sans abri fonctionnent actuellement au maximum de leur capacité à Montréal. Les centres pour hommes auraient connu une hausse de 4 % de leur achalandage l’hiver der- nier. Dans les centres d’héber- gement pour femme, le taux d’occupation atteignait 125 % la semaine dernière. Il y aurait

plus de 30 000 sans-abri à Montréal, dont un peu moins du tiers seraient des femmes.

Le Devoir

En juin, le BRI avait par ailleurs sommé le NPD de rembourser 36 000 $ aux Com- munes pour des envois pos- taux partisans. Les députés n’ont pas le droit d’envoyer de tels dépliants dans une cir- conscription autre que la leur, mais le NPD avait trouvé une faille aux règles en les insérant dans une enveloppe et les qua- lifiant de «lettres». Le courrier parlementaire est posté gratui- tement. Le comité a en outre jugé que le parti devrait remettre 1,13 million à Postes Canada en frais postaux. Le NPD conteste cette déci- sion en Cour fédérale. «Pen- dant que les tribunaux exami-

raires. Si je suis propriétaire de logements vacants, pen-

sous sa forme actuelle de la SPLI, «en respectant les orien-

 

blement au mois d’août. Les documents changeront- ils l’opinion des conservateurs

nent la décision du Bureau de régie interne concernant l’utili- sation du privilège de franchise,

     

dant un an ou deux, je vais peut-être vouloir louer à un

tations québécoises en matière de lutte contre l’itinérance».

Plus de soins, pas de Taser, demande le Réseau d’aide aux itinérants

et des libéraux? «Par souci d’équité, nous devons regarder ce que le NPD nous a fourni, a indiqué M. Duncan. Mais je présume que notre décision

nous ne ferons pas d’autres com- mentaires sur cette question», a indiqué Postes Canada.

La mort d’un itinérant sous les balles d’un policier dans le métro de Montréal, en
La mort d’un itinérant sous les balles d’un policier dans le métro de Montréal, en

La mort d’un itinérant sous les balles d’un policier dans le métro de Montréal, en 2012, aurait pu être évitée si de meilleurs services sociaux avaient été dispensés par la province, estime le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes (RAPSIM). Le Bureau du coroner concluait en début de se- maine que la mort du Ca- nado-Iranien Farshad Mo- hammadi, qui souffrait de problèmes psychologiques, était évitable. Il enjoint à Québec d’améliorer l’aide offerte aux itinérants et

suggère d’étendre l’utilisa- tion de pistolets électriques («Tasers»). «Encore une fois, des policiers se sont retrouvés en première ligne d’interven- tion auprès d’une personne né- cessitant des soins de santé et des services sociaux plutôt qu’une intervention policière», écrit le coroner Jean Brochu dans sa décision. Le RAPSIM rappelle que ces dispositifs peuvent eux aussi causer la mort lorsque mal employés, et demande à Qué- bec d’accroître l’aide en santé mentale à domicile et dans la rue.

Le Devoir

La hausse salariale des députés dérange

La Coalition syndicale pour la libre négociation dénonce la hausse salariale accordée aux députés à l’Assemblée natio- nale. La Coalition, qui repré- sente les policiers, les pompiers et les employés municipaux actuellement en négociation, trouve que le gouvernement Couillard tient un discours de «deux poids, deux mesures». Le

porte-parole Marc Anger dé- plore le discours qui, d’un côté, demande des sacrifices aux em- ployés du secteur public et, de l’autre, accorde aux députés des augmentations salariales qu’il juge «injustifiées et dispro- portionnées». «Dans le contexte où le gouvernement s’apprête à imposer des reculs majeurs à l’ensemble des employés munici- paux, vouloir augmenter de 46000$ le salaire des élus est inadmissible», a-t-il dit. Le Devoir

   
 
   
                      Dîners d’affaires  
 
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Dîners d’affaires
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Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com

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LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 A 3 ACTUALITES Baird condamne l’ONU L’ONU aurait remis

Baird condamne l’ONU

L’ONU aurait remis des armes au Hamas

O ttawa — Pendant que des centaines de personnes

manifestaient sous ses fenê- tres à Ottawa mardi pour dé- noncer les actions militaires d’Israël à Gaza, le ministre ca- nadien des Affaires étran- gères, John Baird, s’est dit «atterré» par des informations voulant qu’une agence de l’ONU ait remis au Hamas des roquettes dissimulées dans une école désertée de Gaza. L’Office de secours et de tra- vaux des Nations unies a an- noncé mardi avoir trouvé des roquettes dans une école va- cante qu’elle utilise dans la bande de Gaza, roquettes qu’elle prévoyait de retirer de là tout en ouvrant une enquête. La semaine dernière, l’agence avait découvert d’au- tres roquettes dans une école qu’elle utilise à Gaza, et des in- formations venant d’Israël indi- quent qu’elle a remis ces armes aux «autorités locales», suggé- rant qu’elles ont été retournées au Hamas. M. Baird a demandé à l’ONU «d’ouvrir immédiate- ment une enquête indépendante pour vérifier ces allégations». Le ministre a également de- mandé à l’ONU de veiller à ce que, dans le second cas an- noncé mardi, aucune roquette ne soit remise au Hamas. Une roquette tirée depuis la bande de Gaza, mardi, est tombée près de l’aéroport principal d’Israël, blessant un Israélien et poussant les com- pagnies aériennes à suspendre leurs vols vers Tel-Aviv. Il s’agissait de la plus récente attaque contre Israël, survenue le jour même où un soldat is- raélien a été porté disparu après un combat sanglant dans les territoires palestiniens.

Manifestation à Ottawa

Par ailleurs, les esprits se sont brièvement échauffés mardi lors d’une manifestation au centre-ville d’Ottawa, où des militants ont demandé au premier ministre Stephen Har- per de dénoncer les actions militaires d’Israël à Gaza. Des centaines de Canado-Pa- lestiniens et de sympathisants ont manifesté devant le bureau du premier ministre à Ottawa avant de se diriger vers l’am- bassade d’Israël, quelques coins de rue plus loin. Alors qu’ils marchaient de- vant le parlement, certains ont crié «Honte, honte!» lorsqu’une poignée de manifestants pro-Is- raël, portant le drapeau israé- lien, ont crié «Plus de terreur!» alors qu’ils se trouvaient sur un autre trottoir tout près. La police et les organisa- teurs de la marche ont réussi à calmer la foule et à garder les deux parties séparées. Des discours ont été pronon- cés, condamnant les propos de M. Harper en appui à Israël. Le premier ministre a déclaré avec insistance que le Canada de- meurait fermement du côté d’Israël dans le conflit qui a vu des tirs de roquettes en prove- nance de Gaza et des frappes aériennes perpétrées par Israël.

La Presse canadienne

Denis Coderre aura son émission à CTV

Après LCN, Denis Coderre s’apprête à prendre d’assaut les ondes de CTV Montréal, a an- noncé mardi la chaîne télévisée anglophone. À partir du mois de septembre, le maire répon- dra aux questions de citoyens dans un nouveau segment dif- fusé tous les deux vendredis, au téléjournal de 18 h. Les Mont- réalais seront invités à envoyer leurs questions par l’entremise des médias sociaux ou dans une courte vidéo, précise le poste. Le segment appelé Talk of the Town sera en outre redif- fusé sur CJAD 800. Cette an- nonce survient alors que LCN révélait le mois dernier son in- tention de diffuser à compter de septembre une émission hebdo- madaire de 30 minutes, J’ai une question Monsieur le Maire, pré- sentant un concept semblable, mais en français.

Le Devoir

sentant un concept semblable, mais en français. Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Des dizaines de

PEDRO RUIZ LE DEVOIR

Des dizaines de courageux ont plongé dans le fleuve Saint-Laurent mardi pour démontrer que l’eau de Montréal est propice à la baignade et qu’il serait temps que la Ville libère ses berges.

Les citoyens réclament plus d’accès au fleuve

La Ville de Montréal tente d’enrayer un problème de connexion de ses eaux sanitaires et pluviales

MÉLANIE LOISEL

laisse à désirer. «Ce n’est jamais sexy de parler de travaux d’infrastructure, mais c’est nécessaire si on veut avoir une qualité d’eau et être en me- sure d’avoir le plus d’accès possible au fleuve», a- t-elle dit en rappelant que les deux tiers des sites à Montréal pourraient être propices à la baignade si seulement il y avait plus de plages ou des bassins de baignade.

Reprendre contact avec l’eau

Malgré ses 260km de littoral, l’île de Montréal compte seulement trois plages pour le moment.

«On a tout fait au XX e siècle pour nous faire ou- blier qu’on vivait sur une île», lance le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, après avoir fait une petite saucette dans les eaux du Vieux-Port. «Il va falloir mainte- nant travailler pour se rappeler qu’on

est des insulaires et, pour y arriver, il va falloir reprendre contact avec l’eau», a-t-il poursuivi en rappelant que deux projets de plage étaient actuellement à l’étude, dont une à Pointe-aux- Trembles et une autre à Verdun. Le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, s’est récemment engagé formellement à réhabiliter un ancien site de dépôt à neige pour en faire une plage d’ici 2017. Les résidants du sud- ouest de Montréal devront donc atten- dre encore trois ans avant de pouvoir profiter du fleuve. «Idéalement, on le ferait avant, mais on a d’autres projets dans notre arrondissement et on doit te- nir compte des directives du ministère de l’Environnement», affirme M. Pa- renteau. Il confirme que son projet de

plage coûtera près de 1,5 million de dollars. Le projet de la plage de l’Est à Rivière-des-Prairies est plutôt évalué à 3,4 millions de dollars en tenant compte de l’aménagement et de la construction d’un chalet. Selon M me Le Floch de la Ville de Montréal, il n’en demeure pas moins qu’il ne sera peut-être pas possible de se baigner en tout temps et n’importe où même si de nouvelles plages font leur apparition. Lors des pluies abondantes, il y a parfois des débordements qui occasionnent la contamination des eaux. Il y a aussi un travail à faire auprès de la population pour qu’elle évite de jeter les huiles usées dans les égouts. Si vous voyez d’ailleurs un petit poisson peint à côté d’une bouche d’égout, sachez que tout déversement y est interdit. Ce symbole signifie que l’écoulement des eaux se fait directement dans le fleuve ou dans une rivière.

C’ est maintenant devenu une tradition. De- puis 11 ans, des dizaines de courageux

osent plonger dans le fleuve Saint-Laurent pour

démontrer que l’eau de Montréal est propice à la baignade et qu’il serait temps que la Ville li- bère ses berges. S’il est vrai que les eaux du Vieux-Port sont relativement propres, cer- taines sources contaminent toujours le tiers des sites où les eaux sont analysées sur l’île de Montréal. Et l’un des principaux problèmes vient du système des égouts. «Ce qu’on constate, c’est qu’il y a de nombreux raccordements inversés à Montréal. Les tuyaux du réseau des eaux sanitaires sont sou-

vent mal branchés et s’en vont vers le ré- seau des eaux pluviales, ce qui cause la contamination des cours d’eau dans les- quels on peut détecter des coliformes fé- caux», explique Annick Le Floch, chef de la division Planification et suivi envi- ronnemental à la Ville de Montréal. Depuis quelques années, la Ville a mis sur pied le programme PLUVIO qui permet de répertorier, sur une su- perficie d’environ 100 kilomètres car- rés, les mauvais raccordements qui sont souvent faits par des particuliers. «Ce sont souvent des plombiers du di- manche qui décident d’installer des toi- lettes dans leur sous-sol, qui se bran- chent sur le tuyau et qui ne réalisent pas qu’ils se branchent aussi sur le ré- seau pluvial», raconte M me Le Floch, qui reconnaît que la Ville a déjà, elle aussi, fait de mauvais raccordements.

Ce genre d’erreur coûte toutefois cher, alors qu’il faut parfois refaire les infrastructures mu- nicipales. Dans l’est de la ville, il a déjà fallu ou- vrir une rue entière de vieilles habitations où tout le système était mal branché. Mais, plus récemment, la Ville s’est aperçue que de nou- velles habitations dans l’ouest de l’île avaient aussi mal connecté leurs systèmes. Jusqu’ici, les équipes de la Ville sont parvenues à régler au moins 300 cas de raccordements inversés, mais il faudra encore fort probablement quelques années pour rétablir le réseau et évi- ter les contaminations. La mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe- aux-Trembles, Chantal Rouleau, est tout de

même encouragée par les progrès des der- nières années. Alors qu’elle est maintenant res- ponsable au comité exécutif de l’eau et des in- frastructures à la Ville, elle est consciente qu’il sera bien difficile de permettre aux Montréalais de se réapproprier le fleuve si la qualité de l’eau

« Ce sont

souvent des plombiers du dimanche qui décident d’installer des toilettes dans leur sous-sol, qui se branchent aussi sur le réseau pluvial»

Le Devoir

COMMISSION CHARBONNEAU

La concurrence, un remède à la corruption

BRIAN MYLES

au maire élu et à son équipe. La Ligue se dit d’accord avec la réforme du finance- ment des partis, qui a limité à 100 $ les contributions à un parti politique. L’État, qui as- sume une part accrue du fi- nancement des partis, devrait trouver une façon de venir en aide aux tiers partis et aux courants politiques émer- gents. «Le financement public prend souvent pour référence objective les résultats électoraux passés. Cette méthode favorise les joueurs présents au détri- ment des nouveaux engage- ments politiques et, ultime- ment, de la concurrence», constate l’organisme.

L a Ligue d’action civique propose un train de me-

sures pour accroître la concur- rence en politique et en affaires dans un mémoire présenté à la commission Charbonneau. Le mémoire, dont Le Devoir a obtenu copie, propose de met- tre un terme aux mesures de protectionnisme qui ont caracté- risé l’octroi des contrats publics, au municipal et au provincial. Selon la Ligue d’action ci- vique, il faut cesser «de mettre des barrières à l’introduction de joueurs de l’extérieur du Qué- bec». «La concurrence utile

pousse les individus et les organi- sations à se dépasser,

les meilleurs prospè- rent, les autres dispa- raissent pour être rem- placés. “Creative des- truction” diraient les promoteurs du capita-

lisme», écrivent les au- teurs du mémoire (Frédéric La- pointe, Julie Demers, Robert Daniel et Martin Drapeau). La Ligue veut soumettre l’in- dustrie de la construction et du génie-conseil au darwinisme so- cial. «Ici, il est tout à fait naturel que les organisations toxiques, leurs dirigeants ou leurs action- naires, le cas échéant, soient éli- minés du marché pour être rem- placés par d’autres, plus produc- tifs. Les ingénieurs et les maçons ne seront pas davantage au chô- mage, notre société aura toujours besoin d’eux: ils seront simple- ment au service d’entreprises saines plutôt que prisonniers d’organisations criminelles», enchaîne le mémoire. Par souci de préserver des emplois en région et d’assurer l’essor des entreprises québé- coises, les critères d’attribution des contrats publics favorisent les firmes d’ici au détriment des firmes étrangères. Dans l’in- dustrie de la construction et du génie civil, les règles d’attribu- tion des contrats ont facilité le partage des territoires et la col- lusion, ont révélé les travaux de la commission Charbonneau.

Les partis au pas

La Ligue d’action civique, qui fait la promotion de la saine gouvernance dans la politique municipale et scolaire, estime qu’il faut aussi encourager la concurrence en politique. Le système électoral encou- rage le bipartisme à l’Assem- blée nationale. Dans les muni- cipalités, l’opposition ne survit généralement pas à une élec- tion, laissant le champ libre

Selon la Ligue d’action civique, il faut cesser « de mettre des barrières à l’introduction de joueurs de l’extérieur du Québec »

En outre, les partis poli- tiques doivent être soumis à un plus grand effort dans la reddition des comptes pour éviter qu’ils ne succombent à « une forme ou une autre d’omertà» et «au culte de la personnalité» du chef. «Ce qui est aujourd’hui un lieu commun, le financement des entreprises et ses consé- quences politiques, il fallait un certain courage pour l’évoquer même privément il y a quelques années, que ce soit au Parti québécois ou au Parti libéral», constatent les auteurs, qui par- lent en connaissance de cause. Frédéric Lapointe (au PQ) et Martin Drapeau (au PLQ) furent parmi les premiers militants à dénoncer la cor- ruption et à exiger une en- quête publique dans leurs formations respectives. Pour aiguiser les réflexes démocratiques des partis, la Ligue suggère d’encourager la participation et les propositions des membres, de choisir les of- ficiers du parti au scrutin uni- versel et de vérifier régulière- ment l’intégrité des sources de financement des formations. Enfin, la Ligue d’action ci- vique propose d’étendre le mo- dèle de l’Inspecteur général de la Ville de Montréal à d’autres municipalités de 100000 habi- tants et plus, de protéger les lan- ceurs d’alerte, d’encourager le modèle des données ouvertes dans les institutions publiques et la diffusion des séances pu- bliques dans les municipalités.

Le Devoir

Un ingénieur municipal à la retraite est radié

BAHADOR ZABIHIYAN

L’ ex-ingénieur à la Ville de Montréal Gilles Vézina,

qui avait reconnu lors des audiences de la commission Charbonneau qu’il avait ac- cepté des cadeaux de la part d’entrepreneurs en construc- tion, a été radié de son ordre professionnel pour trois ans. L’ingénieur est déjà à la retraite mais l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a voulu créer un précédent, car des décisions similaires sont attendues dans les prochains mois, conséquence de la commission Charbonneau. «M. Vézina a été reconnu coupable d’avoir accepté à de nombreuses reprises des avan- tages indus de la part d’entre- preneurs faisant affaire avec son employeur, ainsi que d’avoir omis de sauvegarder son indé- pendance professionnelle pour éviter toute situation de conflit d’intérêts», écrit l’OIQ, dans un résumé de sa décision. Il devra aussi payer de sa poche les frais de cour. M. Vézina est certes à la retraite depuis plu- sieurs mois, et une suspension n’a aucune incidence directe sur sa carrière. Toutefois,

l’OIQ a voulu «créer une juris- prudence et démontrer que ses gestes sont inacceptables», explique la porte-parole de l’or- ganisme, Aline Vandermeer. Il faut dire que d’autres anciens collègues de M. Vézina compa- raîtront devant le conseil de discipline de l’Ordre. Lors des audiences de la commission Charbonneau, il a reconnu qu’entre 2000 et 2009, il avait reçu des cadeaux de la part d’entrepreneurs. D’autres anciens collègues de M. Vézina vont passer devant le conseil de discipline de l’Ordre, dans les prochains mois. Le dossier de son subordonné Luc Leclerc va être examiné par l’OIQ les 17 et 18 septembre. M. Leclerc avait reconnu qu’il avait reçu plus de 500000 $ en pots-de-vin depuis 1995. L’au- tre dossier qui devra être ana- lysé par le conseil de discipline en vue d’évaluer une sanction est celui de l’ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal, Robert Marcil. Il a reconnu qu’il s’était placé en situation de conflit d’intérêts et il comparaîtra devant le conseil le 31 juillet.

Le Devoir

A

4

LE

DEVOIR,

LE

MERCREDI

23

JUILLET

2014

ACTUALITÉS

A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 ACTUALITÉS L’Allemagne autorise le cannabis à des

L’Allemagne autorise le cannabis à des fins médicales

Berlin — La justice allemande a autorisé mardi pour la pre- mière fois plusieurs patients à cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques, pour peu qu’ils justifient leur requête au cas par cas. Cinq patients souffrant de douleurs chroniques avaient déposé un recours contre le refus, par l’Institut fédéral du médicament, de les autoriser à cultiver du cannabis pour se soigner. Aucun n’avait les moyens d’acheter cette drogue, non prise en charge par leur assurance maladie. Raisonnant dossier par dossier, les magis- trats du tribunal administratif de Cologne ont donné mardi raison à trois patients et débouté les deux autres. Agence France-Presse

Canada: expulsion de 20 Hongrois accusés d’esclavage

Le Canada a annoncé mardi l’expulsion de 20 Hongrois accusés de diriger un réseau criminel favorisant l’immigra- tion de compatriotes qui étaient ensuite maltraités et forcés de travailler pour leurs passeurs. Les Hongrois ren- voyés dans leur pays d’origine étaient membres du «réseau criminel Domotor-Kolompar», du nom de la famille impliquée, et ont été reconnus «coupables de traite de personnes», indique un communiqué du ministère fédéral de la Sécurité publique. Le réseau démantelé opérait à Hamilton, dans la région de Toronto. Les victimes, des indigents, étaient séduites en Hongrie par «la promesse d’une vie meilleure et d’un emploi». À leur arrivée au Canada, «elles ont plutôt été forcées de travail- ler illégalement et de vivre dans des conditions misérables sans la nourriture adéquate, en plus d’être fréquemment intimidées ou attaquées», selon le gouvernement canadien. Agence France-Presse

CONFÉRENCE INTERNATIONALE

Une avancée dans l’approche «déloger et tuer » le sida

RICHARD INGHAM

à Melbourne

D es scientifiques sont par- venus à extirper le virus

du sida des cellules où il trouve

refuge chez les patients traités avec des antirétroviraux, une étape dans la quête longue et difficile d’un médicament capa- ble d’éradiquer définitivement le VIH du corps des malades. Cette expérience, menée avec six malades volontaires et présentée mardi à la conférence internationale sur le sida à Melbourne, vise à déloger puis à éradiquer («kick-and-kill») le virus, une des approches tes- tées par les scientifiques pour trouver le médicament miracle.

La prise d’antirétroviraux di- minue la quantité de virus dans le sang à un niveau indétecta- ble et permet aux patients de mener une vie quasiment nor- male. Mais ces médicaments

doivent être pris tous les jours, sont onéreux et accompagnés d’effets secondaires. En cas d’arrêt de la prise médicamenteuse, le virus re- bondit en l’espace de quelques semaines et recommence à in- fecter les cellules immuni- taires, rendant vulnérable le patient à quantité de microbes, dont certains sont mortels. Les scientifiques cher- chent donc, depuis trois ans,

à déloger le virus de son re-

fuge et à tuer les cellules où

il se cache lorsque le malade est sous antirétroviraux. Lors de la conférence à Mel- bourne, les chercheurs de l’Uni- versité Aarhus au Danemark ont franchi une première étape. Six patients traités aux antiré- troviraux ont également pris de la romidepsine, un anticancé- reux qui a pour effet d’augmen- ter entre 2,1 et 3,9 fois la quan- tité du virus dans le sang. Chez cinq des six patients, le virus est alors devenu détec- table par les médecins. Les recherches vont à présent devoir déterminer si tous les vi- rus cachés ont été «révélés». Il faudra aussi trouver un moyen

de tuer les cellules refuges, où le virus se multiplie dès l’arrêt du

traitement aux antirétroviraux. «Nous avons montré qu’avec la romidepsine, nous pouvons ac- tiver un virus qui hiberne et que ce virus va alors dans le sang en grande quantité, a déclaré le chef de l’équipe des cher- cheurs, Ole Schmeltz Sogaard. C’est un pas dans la bonne direc- tion, mais le chemin est encore long et les obstacles nombreux avant que nous puissions évo- quer une guérison du sida.» Observé avec un micro- scope, le virus «réactivé» laisse une trace, lorsqu’il va dans le sang, à l’extérieur des cellules immunitaires infectées CD4, explique-t-il. Les chercheurs espèrent que cette trace, semblable à des

empreintes sur le lieu d’un crime, pourra être repérée par les cellules T (lymphocytes T), qui combattent les infections. L’équipe souhaite combiner la romidepsine, qui réveille le VIH endormi, avec un vaccin baptisé vacc-4x, pour inciter les cellules T à reconnaître puis à détruire les cellules refuges du virus. Les six volontaires de l’ex- périence n’ont pas souffert d’effets secondaires impor- tants lors des prises de romi- depsine, à part une fatigue et des nausées passagères. Le médicament anticancéreux n’a pas interféré avec les effets du traitement aux antirétroviraux.

Agence France-Presse

Son et lumière pour les chauves-souris

P aris — On sait que les chauves-souris, seuls

mammifères capables de voler, s’orientent grâce à l’écholocali- sation. Une nouvelle étude montre qu’elles utilisent aussi une autre technique, identifiée chez d’autres animaux mais jamais jusqu’ici chez le mam- mifère: la lumière polarisée. Les chauves-souris ont la faculté d’émettre des sons pour se déplacer dans l’obscu- rité en fonction de l’écho que ceux-ci renvoient. «Mais cela ne marche que jusqu’à environ 50 mètres», souligne Stefan Greif, de l’Uni- versité Queen’s, à Belfast au Royaume-Uni, principal auteur de l’étude publiée mardi dans la revue Nature Communica- tions. «Elles doivent donc utili- ser un autre sens pour aller plus loin», poursuit le chercheur. Des études antérieures ont suggéré que les chauves-sou- ris pouvaient détecter les plans de polarisation du ciel lorsqu’elles sortent de leurs grottes à la tombée de la nuit pour se nourrir d’insectes. La lumière est une onde élec-

tromagnétique. Lorsque des animaux comme les abeilles ou les oiseaux s’orientent grâce à la polarisation du ciel, c’est la di- rection de l’oscillation de la lu- mière qu’ils perçoivent et utili- sent pour régler leur boussole interne. La technique fonc- tionne même lorsque le soleil n’est plus visible, par temps nua- geux ou à la tombée de la nuit. La polarisation de la lumière est la plus forte précisément au lever et au coucher du so- leil, quand les chauves-souris quittent leurs abris en quête de nourriture ou au contraire y reviennent, avant le réveil de leurs prédateurs.

Expérience concluante

L’équipe de Stefan Greif a sou- mis à une expérience d’orienta- tion, en Bulgarie, 70 femelles adultes de Grand murin (Myotis myotis), une espèce de chauves- souris présente en Europe. Les chauves-souris ont été

relâchées de nuit, à environ 20

à 25 km de leur gîte, après

avoir été exposées, au coucher du soleil, à différents plans de polarisation du ciel. Grâce à

un système de cages spéciale- ment aménagées, certaines ont été exposées au plan de polarisation «naturel », tandis que pour d’autres il était dévié de 90 degrés. Les animaux étaient équi- pés de petits radiotransmet- teurs pour pouvoir suivre leur trajectoire. Les chercheurs ont constaté que les deux groupes par- taient dans des directions dif- férentes, les chauves-souris exposées au plan de polarisa- tion naturel étant plus nom- breuses à se rapprocher de leur gîte. Les résultats de l’expérience confortent l’hypothèse selon laquelle les chauves-souris utilisent bien la polarisation de la lumière pour s’orienter, estiment-ils. Mais ce qu’ils ignorent tou- jours, c’est comment elles dé- tectent la lumière polarisée. Chez d’autres animaux, on a au moins une idée des méca-

nismes en jeu. Les abeilles ont des photorécepteurs spéciale- ment conçus. Les cellules vi- suelles des oiseaux, des pois-

conçus. Les cellules vi- suelles des oiseaux, des pois- TORSTEN SILZ AGENCE FRANCE-PRESSE Les chercheurs ignorent

TORSTEN SILZ AGENCE FRANCE-PRESSE

Les chercheurs ignorent toujours comment les chauves-souris détectent la lumière polarisée.

sons, des amphibiens et des reptiles seraient également adaptées pour leur permettre de détecter la polarisation. «Nous ne savons cependant pas quelle structure ces

chauves-souris peuvent utiliser», reconnaît Richard Holland (Université Queen’s), coauteur de l’étude.

Agence France-Presse

ET

Agence France-Presse AVIS LÉGAUX ET APPELS D’OFFRES Appel d’offres Des soumissions sont demandées et
Agence France-Presse AVIS LÉGAUX ET APPELS D’OFFRES Appel d’offres Des soumissions sont demandées et

Appel d’offres

Appel d’offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date

Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au bureau d’arrondissement de Rosemont−La Petite-Patrie, situé au 5650, rue d’Iberville, 2 e étage, Montréal, H2G 2B3, pour:

Catégorie : Travaux

Appel d’offres : RPPA14-07041-OP

Descriptif :

Réfection d’un système d’entreposage des fûts de lampadaires

Date d’ouverture : Le mercredi 13 août 2014

Dépôt de garantie : Cautionnement de soumission de 10 % de la valeur totale du contrat.

Renseignements :

greffe-rpp@ville.montreal.qc.ca

Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.

Les documents relatifs à cet appel d’offres seront disponibles à compter du mercredi 23 juillet 2014.

Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s’adressant au service électronique d’appels d’offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1-866-669- 7326 ou au 514-856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca. Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.

Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l’identification fournie en annexe du document d’appel d’offres.

Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement audit bureau d’arrondissement, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.

La Ville de Montréal (Arrondissement de

Rosemont–La Petite-Patrie) ne s'engage à accepter

ni

la plus basse ni aucune des soumissions reçues

et n'assume aucune obligation de quelque nature

que ce soit envers le ou les soumissionnaires.

Fait à Montréal, ce 23 juillet 2014.

M

e Karl Sacha Langlois, LL.L., B.A.A., OMA

Secrétaire d'arrondissement

LL.L., B.A.A., OMA Secrétaire d'arrondissement Appel d’offres Des soumissions sont demandées et

Appel d’offres

Appel d’offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date

Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au bureau d’arrondissement de Rosemont−La Petite-Patrie, situé au 5650, rue d’Iberville, 2 e étage, Montréal, H2G 2B3, pour:

Catégorie : Travaux

Appel d’offres : RPPV14-06034-OP

Descriptif :

Construction de trottoirs élargis (saillies), là où requis, sur différentes rues de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie (P.R.R. 2014)

Date d’ouverture : Le vendredi 8 août 2014

Dépôt de garantie : Cautionnement de soumission de 10 % de la valeur totale du contrat.

Renseignements :

Marcel Barrière, ing. Téléphone : (514) 872-3178

Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.

Documents:

Les documents relatifs à cet appel d’offres seront disponibles à compter du mercredi 23 juillet 2014.

Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s’adressant au service électronique d’appels d’offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1-866-669- 7326 ou au 514-856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca. Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.

Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l’identification fournie en annexe du document d’appel d’offres.

Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement audit bureau d’arrondissement, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.

La Ville de Montréal (Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie) ne s'engage à accepter

ni

la plus basse ni aucune des soumissions reçues

et n'assume aucune obligation de quelque nature

que ce soit envers le ou les soumissionnaires.

Fait à Montréal, ce 23 juillet 2014.

M

e Karl Sacha Langlois, LL.L., B.A.A., OMA

Secrétaire d'arrondissement

750-22-005690-130 COM- MISSION DES NORMES DU TRAVAIL dem. c. LES ENTREPRISES LUGI INC. déf. Vente

750-22-005690-130 COM- MISSION DES NORMES DU TRAVAIL dem. c. LES ENTREPRISES LUGI INC. déf. Vente par huissier le 6 août 2014 à 10h00 au 880 Allaire, St-Bernard de Michaudville (Québec) Tracteur gazon, Outils divers, etc. tels quels. ARGENT COMPTANT, CHÈQUE VISÉ, S. Trudel QTMG, Huissiers de jus- tice (514-257-8000

VISÉ, S. Trudel QTMG, Huissiers de jus- tice (514-257-8000 COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT
COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO : 500-22-211812-147 COMMISSION DES NORMES

COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC

DISTRICT DE MONTRÉAL NO : 500-22-211812-147 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL Partie demanderesse

c.

9267-1981 QUÉBEC INC. Partie défenderesse ASSIGNATION 139 C.P.C. Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Montréal, une requête introductive d'instance. Une copie de cette requête et de l'avis au défendeur ont été laissés à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de jus- tice de Montréal, local 1.120, situé au 1 rue Notre Dame Est, Montréal. Il est ordonné à la partie défen- deresse de comparaître dans un délai de 30 jours de la publication de la présente ordonnance. À défaut de comparaître dans ce délai, un juge- ment par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expi- ration de ce délai. Soyez aussi avisé que la requête introductive d'instance sera présentée pour déci- sion devant le tribunal, le 27 août 2014 à 9H00 en la salle 2.06 du palais de jus- tice de Montréal. À Montréal, le 17 juillet 2014 ANNIE OUELLETTE Greffier adjoint, C.Q

AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Par les présentes, avis est don- né qu'à la suite du décès de Monsieur André Marion, surve- nu le 20 janvier 2014, en son vi- vant domicilié au 170, rue Ther- rien, Saint-Mathieu de Beloeil, Québec, J3G 0E8, un inventaire des biens du défunt a été fait par les liquidateurs successoraux

devant Me Maryse Piérard, no-

taire, le dix-huit juillet deux mille quatorze (18 juillet 2014), con- formément à la loi. Cet inventaire peut être consulté par les intéressés au 380, rue Saint-Antoine Ouest, bureau 7100, Montréal, Québec H2Y

3X7.

Donné ce 18 juillet 2014. Guy Bourque, liquidateur Denis Marion, liquidateur

AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (avis dans le journal:

C.c.Q., art. 795) Avis est donné de la clôture d'in- ventaire de la succession de Ja- mes Gerald Fitzpatrick, de la ville de Westmount, Québec, qui est décédé le 23 octobre 2013, et que l'inventaire peut être consulté par les intéressés, aux bureaux de Borden Ladner Ger- vais, 1000 de la Gauchetière Ouest, Bureau 900, Montréal, Québec, H3B 5H4.

AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (avis dans le journal:

C.c.Q., art. 795) Avis est donné de la clôture d'in- ventaire de la succession de Jo- hanna Hebing, de la ville de Greenfield Park, Québec, qui est décédée le 28 novembre 2013, et que l'inventaire peut être consulté par les intéressés, aux bureaux de Borden Ladner Ger- vais, 1000 de la Gauchetière Ouest, Bureau 900, Montréal, Québec, H3B 5H4.

Gauchetière Ouest, Bureau 900, Montréal, Québec, H3B 5H4. 755-61-909107-048 LE PERCEPTEUR DES AMENDES dem. c. CHAR-
Gauchetière Ouest, Bureau 900, Montréal, Québec, H3B 5H4. 755-61-909107-048 LE PERCEPTEUR DES AMENDES dem. c. CHAR-
755-61-909107-048 LE PERCEPTEUR DES AMENDES dem. c. CHAR- LOT, JACQUES SHOLE- CHER déf. Vente par

755-61-909107-048 LE PERCEPTEUR DES AMENDES dem. c. CHAR- LOT, JACQUES SHOLE- CHER déf. Vente par huissier le 7 août 2014 à 10h00 au 12426 Pierre Blanchet, Montréal (Qué- bec) Électros, Piano, etc. tels quels. ARGENT COMPTANT, CHÈQUE VISÉ, S. Trudel QTMG, Huissiers de justice (514-

257-8000)

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LÉGAUX

& APPELS

D’OFFRES

HEURES DE TOMBÉE

Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.

 

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COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO : 500-17-082834-147 COMMISSION DES NORMES

COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC

DISTRICT DE MONTRÉAL NO : 500-17-082834-147 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL Partie demanderesse

c.

YUAN FENG ET QIANG LIU Partie défenderesse

ASSIGNATION 139 C.P.C. Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Montréal, une requête introductive d'instance. Une copie de cette requête et de l'avis au défendeur ont été laissés à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de jus- tice de Montréal, local 1.120, situé au 1 rue Notre Dame Est, Montréal. Il est ordonné à la partie défen- deresse de comparaître dans un délai de 30 jours de la publication de la présente ordonnance. À défaut de comparaître dans ce délai, un juge- ment par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expi- ration de ce délai. Soyez aussi avisé que la requête introductive d'instance sera présentée pour déci- sion devant le tribunal, le 24 septembre 2014 à 9H00 en la salle 2.06 du palais de justice de Montréal. À Montréal, le 9 juillet

2014

RUXANDRA CORNELIA IEPAN Greffier adjoint, C.Q

AVIS

À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé- diatement toute ano- malie qui s’y serait glissée. En cas d’er- reur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.

qui s’y serait glissée. En cas d’er- reur de l’éditeur, sa responsa bilité se limite au

LE

DEVOIR,

LE

MERCREDI

23

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ACTUALITÉS

LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 A 5 ACTUALITÉS Climat : l’UE ne s’entend pas

Climat : l’UE ne s’entend pas sur ses objectifs pour 2030

B ruxelles — La Commission européenne va conclure

mercredi le plan d’action de l’Union européenne contre le réchauffement climatique avec un objectif chiffré pour les éco- nomies d’énergie à réaliser pour 2030, devenu sujet de divi- sion entre les États membres. «La bataille s’annonce rude, car l’équipe dirigée par José Manuel Barroso est très divi- sée», a confié une source euro- péenne proche du dossier. La commissaire responsable du climat, Connie Hedegaard, défend un objectif de 30 % et s’oppose au président Bar- roso, partisan d’un effort moindre pour éviter de bra- quer les États membres, in- quiets des montants en inves- tissements à mettre sur la ta- ble pour atteindre un objectif de 30 % d’économies d’énergie. Elle a reçu un soutien inat- tendu du nouveau président élu de la Commission euro- péenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a ré- clamé «un objectif de 30% en efficacité énergétique à l’hori- zon 2030» lors de son dis- cours au Parlement européen la semaine dernière. La ministre française de l’Énergie et de l’Écologie, Sé- golène Royal, s’est également prononcée pour «une réduction d’au moins 30% de la consom- mation d’énergie» dans une let- tre adressée à la Commission dont l’AFP a obtenu copie. «Juncker a beaucoup aidé» à faire bouger les positions, a as- suré une source européenne. «L’objectif pour l’efficacité éner- gétique devrait être fixé à 29%», a estimé cette même source. La proposition initiale était un objectif de 25 %. Le dossier pose un cas de conscience à Günther Oettinger, le commissaire à l’Énergie. Re- conduit par son gouvernement

pour faire partie de l’équipe diri- gée par M. Juncker, il peut diffi- cilement faire fi de ses recom- mandations, mais dans le même temps, il sait que les États mem- bres risquent de rejeter le plan d’action fixé à l’UE.

Trois objectifs

L’Union européenne s’est fixé trois objectifs pour 2020 :

réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rap- port aux niveaux de 1990, por- ter à 20 % la part des renouve- lables dans la consommation d’énergie et réaliser 20 % d’économies. Tous trois sont déjà pratiquement réalisés. L’exécutif bruxellois a ap- pelé à poursuivre l’effort et proposé de porter à 40 % la ré- duction des gaz à effet de serre en 2030 et à 27 % la part des renouvelables. Manquait l’objectif pour l’efficacité éner- gétique, rendu important par les menaces que les tensions entre la Russie et l’Ukraine font peser sur les approvision- nements en gaz de l’UE. La différence de 5% entre l’ob- jectif initial de 25% et les 30% ré- clamés par M. Juncker repré- sente une réduction de 11,5% des importations de gaz de l’UE. Les achats de gaz à la Russie couvrent 25% des besoins des pays de l’UE, pour une facture totale de 35 milliards d’euros en 2013, soit 3 milliards par mois, selon la Commission. «Les dirigeants européens veulent être moins dépendants du gaz russe, mais dès que l’heure est venue de mettre l’ar- gent sur la table, ils ne veulent plus», a déploré la source eu- ropéenne proche du dossier. Les États membres mon- trent beaucoup de réticence par rapport aux objectifs présentés par la Commission.

Agence France-Presse

Mariage forcé : 700 millions de femmes concernées selon l’UNICEF, qui appelle à agir

L ondres — Plus de 700 mil- lions de femmes dans le

monde ont été mariées alors

qu’elles étaient enfants, a dé- noncé mardi l’UNICEF qui or- ganisait à Londres une confé- rence sur la lutte contre les mariages forcés et l’excision. Baptisée « Girl Summit 2014 », cette conférence inter- nationale coorganisée avec le premier ministre britannique David Cameron est la pre- mière du genre, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Elle vise à rallier des sou- tiens à travers le monde afin

de mettre un terme aux ma-

riages forcés et à l’excision, qui touche plus de 130 mil- lions de femmes et de fillettes dans le monde. «Notre objectif est d’interdire

les mutilations génitales et les mariages forcés partout et pour tout le monde» et de le faire pour «la génération actuelle», a déclaré David Cameron lors

de la conférence.

Père de deux filles, le chef

du gouvernement britannique

a ajouté qu’il souhaitait

qu’elles « aient les mêmes

opportunités» que son fils. Selon de nouveaux chiffres

de l’organisation onusienne,

parmi les 700 millions de femmes victimes de mariage forcé, plus d’une sur trois (250 millions) a été mariée alors qu’elle n’avait pas 15 ans. Près de la moitié des ma- riages forcés ont eu lieu en Asie du Sud, selon le rapport, essentiellement en Inde (33%). «Nous ne devons pas suivre des traditions qui vont à l’encon- tre des droits de l’Homme», a déclaré la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, qui milite pour l’éducation dans le monde après avoir échappé à une ten- tative d’assassinat des talibans.

échappé à une ten- tative d’assassinat des talibans. OLI SCARFF AGENCE FRANCE-PRESSE La conférence

OLI SCARFF AGENCE FRANCE-PRESSE

La conférence internationale Girl Summit 2014, coorganisée par le premier ministre britannique, David Cameron, donne entre autres la tribune à Malala Yousafzai, cette jeune Pakistanaise qui milite pour l’éducation dans le monde.

Concernant les mutilations génitales particulièrement pra- tiquées dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient — elles touchent 91% des femmes âgées de 15 à 49 ans en Égypte —, l’UNICEF note une amélio-

ration de la situation, affirmant que le risque pour une adoles- cente de subir une excision s’est réduit d’un tiers en 30 ans. « Mais sans des actions immédiates beaucoup plus in- tenses et soutenues de la part de

tous les acteurs de la société, des centaines de millions de filles vont continuer à subir des blessures profondes, perma- nentes et tout à fait inutiles», a mis en garde l’UNICEF. «Si ces problèmes sont mon- diaux, les solutions doivent être locales, portées par les commu- nautés, les familles et les filles elles-mêmes pour changer les états d’esprit et briser les cycles qui perpétuent les excisions et les mariages forcés», a déclaré le directeur général de l’UNI- CEF, Anthony Lake.

Nouvelle législation

Le premier ministre britan- nique a annoncé une nouvelle législation afin de poursuivre au Royaume-Uni les parents qui n’empêchent pas leur fille d’être excisée. Il a également annoncé la création d’un fonds pour les victimes et les femmes à risque, doté de 1,4 million de livres (2,6 millions $CAN), dans le cadre d’un programme de prévention des excisions. Début juillet, un rapport du Parlement britannique avait qualifié de « scandale natio- nal » l’échec des autorités bri- tanniques à lutter contre l’ex- cision qui concerne au Royaume-Uni 170 000 femmes. Les mutilations génitales féminines impliquent toutes les interventions consistant à enlever totalement ou par- tiellement les organes géni- taux externes de la femme pour des raisons culturelles ou religieuses. Elles peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires, et par la suite des kystes, des infec- tions, la stérilité, des complica- tions lors de l’accouchement.

Agence France-Presse

suite des kystes, des infec- tions, la stérilité, des complica- tions lors de l’accouchement. Agence France-Presse

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6

LE

DEVOIR,

LE

MERCREDI

23

JUILLET

2014

EDITORIAL

A 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 EDITORIAL INQUIÉTUDES LINGUISTIQUES Nouveaux tabous De nouveaux

INQUIÉTUDES LINGUISTIQUES

Nouveaux tabous

De nouveaux tabous sont en train de se constituer au Québec:

il ne faudrait plus, sous peine de se faire traiter de crypto-ra- ciste, déplorer la déferlante du franglais, des anglicismes; ou encore exprimer des craintes par rapport à l’état de notre langue. Ces nouveaux et stigmatisants interdits doivent être rejetés.

otre conscience linguistique collective semble s’édulcorer. Il fut une époque, au Québec, où l’on remplaça avec succès, dans notre langue, les «winshields», «bumpers» et autres «wipers». Grâce à des comités, on francisa non seulement l’univers automobile, mais plusieurs autres. Tout cela apparaîtra dérisoire aux esprits extrê- mement «ouverts» d’aujourd’hui, mais à l’époque, on considérait que «nommer» les

choses dans notre langue était une petite mais significative prise du pouvoir. Affaire d’élites? Oui, mais surtout de comités de travailleurs, de syndicats. Gestes culturels, mais aussi politiques (le rapport entre les langues l’est), assumés. On rétorquera que c’était l’ancien temps, où l’anglais repré- sentait l’idiome du patron, etc. Vrai, mais ce n’est pas une époque entièrement révolue ; elle recèle même, sur le plan de la biodiversité des langues, des enjeux importants. Depuis ce temps, l’anglais a décuplé sa force, est devenu planétaire. Grâce entre autres à l’Internet, aux nouveaux médias. Nombre d’Alle- mands d’ailleurs redoutent le denglisch ; des hispanophones, le spanglish ; des Anglophones, le globish. L’ensemble de la francophonie se trouve face au défi que les Québécois ont connu. Les Francofolies de Spa 2014 peinent à présenter un tiers de chanson en français, révélait notre collègue Sylvain Cormier (21 juillet). On y chante souvent dans une sorte «yaourt similianglo pas nature», pour reprendre sa formule (qui lui vaudra as- surément des accusations de lèse-métissage). Quittons l’univers piégé de la création musi- cale mais conservons le même thème : l’em-

prunt à une autre langue peut être sympa-

thique, pratique, légitime, bien sûr. Mais il y a un seuil (oui, difficile à pointer), au-delà du- quel l’on peut et l’on doit réagir ; signaler un problème ; engager un débat. Nous croyons que dans plusieurs milieux, au Québec, nous y sommes. En raison du statut minoritaire du français en Amérique du Nord, l’anglais a toujours été attrayant. C’est après tout la langue d’une minorité québécoise reconnue. L’anglais peut être traité sai- nement, par une personne bilingue ou polyglotte, qui aime le lire, le parler, l’écouter. Il peut au contraire conduire à des «yaourts si- milianglo pas nature». Comme les béquilles linguistiques (pensez au proliférant «au niveau de»), plusieurs mots et formules an- glaises insérés de plus en plus fréquemment dans les discours quotidiens prennent la place d’expressions françaises justes, pré- cises, riches: «by the book», «by the way», «what?», «kids» ; il n’y a plus files chez nous, que des «line up», etc. Pendant nos grandes commissions, écoutez ces avocats — censés avoir des mots une fine connaissance — mordre dans avec fierté dans «short list», «weird», etc. Après avoir utilisé des mots français, ils se sentent souvent obligés de « préciser » leur idée à l’aide d’anglicismes. «C’est vous qui êtes le “boss”, vous êtes le grand chef.» «Ça, c’est les critères, les… si vous permettez l’an- glicisme, les “guidelines”?» À l’Assemblée nationale, un politi- cien francophone en colère a récemment hurlé «shame on you!». « Vous devriez avoir honte » n’est sans doute pas assez «puissant ». Oui, l’anglais est fort. Faut-il pour autant, comme minorité lin- guistique, que nous obéissions à la loi du plus fort ; dans un es- prit darwinien, que nous acceptions de nous auto-effacer, tran- quillement ? Permettez de résister.

N

auto-effacer, tran- quillement ? Permettez de résister. N A NTOINE R OBITAILLE L’EXODE DES CHRÉTIENS D’ORIENT

ANTOINE

ROBITAILLE

L’EXODE DES CHRÉTIENS D’ORIENT

De l’indifférence

ntamé il y a des années et des années de cela, l’exil des chrétiens d’Orient se poursuit dans l’indifférence quasi générale et dans des conditions qui sont au fond la copie carbone de celle-ci. Mais encore ? Ce drame se poursuit dans l’urgence, la peur au ventre et avec une forte dose, on l’imagine aisément, d’amertume.

Toujours est-il que les chrétiens d’Irak sont ces jours-ci le sujet des outrances barbares des fous de Dieu qui se sont fédérés au sein l’Émirat islamique (EI) dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, qui s’est autoproclamé calife Ibrahim. Habité par la négation du progrès, des lumières, par la haine de l’autre, de l’infidèle, ce dernier a servi un avertissement d’une rare férocité aux milliers de chrétiens vi- vant à Mossoul, deuxième ville en importance d’Irak: soit vous vous convertissez, soit vous payez un impôt particulier, soit vous déguer- pissez, soit on vous égorge. On notera et on re- tiendra que le calife en question reprend à son compte, et surtout à l’identique, les inflexions sauvages de ceux qui avaient imposé leur ré-

gime de terreur aux quatre coins de la Médi- terranée il y a des siècles de cela. On notera également que ce qui se passe au-

jourd’hui en Irak s’observe partout au Proche comme au Moyen-Orient. On sait qu’en Égypte, les Coptes sont l’objet d’une discrimination juridiquement établie par l’État cen- tral en plus d’être les victimes d’une violence constante qui est souvent la conséquence de rumeurs. En Syrie, en Jordanie, en Algérie, bref partout dans cette région du monde, les chrétiens sont les victimes de racisme, et de tout ce que cela suppose, en- tretenu, voire érigé en vertu, par l’État. Par exemple, en Arabie saoudite, prier en public est frappé d’interdit, donc prétexte à une punition. Cette guerre à la chrétienté d’un nouveau genre est la traduc- tion d’un changement commandé par les religieux. Les catho- liques d’Irak et d’ailleurs, ainsi que les Coptes d’Égypte ne sont plus considérés comme «le peuple du livre» mais bien comme des apostats, des athées, des infidèles. Pour les sunnites, ces chrétiens doivent donc être soumis à l’oppression à laquelle les chiites hors d’Iran, du Liban et d’Irak sont assujettis. Cela souligné, les chiffres afférents sont sidérants. En Irak, à la veille de l’offensive américaine de 2003 il y avait 1,5 million de chrétiens. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 400 000. En Syrie, dans la foulée de la guerre civile leur communauté s’est réduite à une peau de chagrin. Au Liban, ils formaient la majorité. Présente- ment, ils sont la minorité. Pour faire court, c’est dans cette région du globe que le nombre de chrétiens est le plus faible. Et ce, parce que leur exode ne suscite rien d’autre que l’apathie du monde.

E

exode ne suscite rien d’autre que l’apathie du monde. E S ERGE T RUFFAUT FONDÉ PAR

SERGE

TRUFFAUT

d’autre que l’apathie du monde. E S ERGE T RUFFAUT FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10

FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 › FAIS CE QUE DOIS !

Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de l’information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET

TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET LETTRES Climat, pétrole et camions Je me suis rendu

LETTRES

Climat, pétrole et camions

Je me suis rendu à Toronto deux fois en empruntant la 401. Je peux dire qu’en six heures, j’ai croisé entre 3000 et 3500 semi-remorques. Certains de ces camions se rendent aux États-Unis ou dans l’Ouest canadien. Quand on sait qu’un camion consomme beaucoup d’essence (de 25 à 30 litres/100 km), ça me désole. Des trains pour camions avec plate- forme pivotante sont répandus en Europe, ce qui donne une flexibilité de transport (décharge au besoin selon la destination). Des automobilistes font aussi ce choix pour de longues distances. Est-ce le lobby du ca- mionnage qui empêche d’envisager cette approche au Québec? Il semble que oui. Je pense qu’il faut provoquer, proposer des solutions telles que celles-là. On parle beaucoup des conséquences du pétrole, mais peu des solutions pour en diminuer la consommation. Le temps n’est plus aux discussions de salon. Pensons aux géné- rations qui nous suivent. Gérald Guimond Montréal, le 22 juillet 2014

Le «conflit» israélo-palestinien

Depuis la reprise des conflits entre Is- raël et la Palestine, on note, au moment où

j’écris ces lignes, environ 629 morts chez les Palestiniens et 25 chez les Israéliens… Quand est-ce que le terme «conflit» peut être remplacé par le terme «boucherie»? Quand une vie israélienne en vaut 10 pales- tiniennes? 100? 1000? Oui, le Hamas contribue à l’enfermement du peuple pa-

lestinien dans une spirale de violence, mais la supériorité écrasante tant militaire que diplomatique d’Israël l’oblige à une responsabilité morale que le pays se refuse

à assumer depuis trop longtemps. Les hommes, les femmes et les enfants palestiniens se font littéralement massa- crer par l’armée israélienne et le prési- dent Nétanyahou affirme que l’opération se déroule conformément aux plans. On se demande seulement combien de vies de Palestiniens innocents devront être en- core sacrifiées avant que son plan ne soit accompli. Eloi Mayano-Vinet Montréal, le 21 juillet 2014

Israël, réveille-toi!

Fin des années 60, une jeune poète juive me disait à Paris, mi-sérieuse, mi- blagueuse, qu’à force de vivre sous ten- sion de guerre, beaucoup d’Israéliens

étaient en train de devenir fous. C’était il y

a plus de 40 ans! Les conflits, entre-

temps, se sont multipliés entre Israël et ses voisins. Mais je crois bien que la

jeune poète de jadis avait raison! Oui! En regardant le comportement ac- tuel des dirigeants israéliens durant ce conflit à Gaza, je ne puis que conclure que ceux-ci ont perdu la raison. Ce pilonnage de Gaza, avec toutes ces morts de civils, est totalement insensé et injustifiable. Is- raël ne serait-il pas en train de commettre des crimes contre l’humanité? Israël, as-tu oublié les leçons de l’Holocauste? Israël, toi que j’aime, réveille-toi! J’ai honte de ce que tu fais présentement. Tu te trahis. Michel Lebel Entrelacs, le 21 juillet 2014

L’homme bête

Derrière le parlement, côté québécois de l’Outaouais, deux arbres matures aux tendres ramures vont recevoir la bénédic- tion des autorités, non pour honorer leur feuillage, mais pour signer leur abattage. Ils gênent les pétarades des feux du ca- sino qui en fait de l’argent. En Alberta, des forêts et terres entières sont éven- trées pour préparer d’autres formes de pétarades, pour en faire de l’argent. Les enfants se font enseigner le respect des arbres. Ils voient leurs chefs, braguette ouverte, pisser sur deux beaux arbres derrière le Musée de l’histoire. Quelle histoire ? Que l’homme est une bête. Pascal Barrette Ottawa, le 21 juillet 2014

LIBRE

OPINION

Vincent Lemieux, bâtisseur de notre science politique

FRANÇOIS PÉTRY

Directeur, Département de science politique, Université Laval

C’ est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès le 18 juil-

let de Vincent Lemieux à l’âge de 81 ans. Il était le dernier «père fondateur » du Dé- partement de science politique de l’Uni- versité Laval, où il avait le titre de profes- seur émérite depuis 2000. Nous parta- geons la peine qu’éprouvent sa famille et ses proches, d’autant plus que nous nous considérons aussi un peu comme ses or- phelins. Vincent Lemieux aimait ensei- gner aux étudiants qui l’appréciaient énor- mément, à tel point qu’il a continué de donner des cours au Département à titre gratuit après sa retraite. Il a formé un nombre record de doctorants, dont plu- sieurs sont devenus à leur tour profes- seurs d’université, marquant ainsi, plus que tout autre, la science politique québé- coise et canadienne. Par son enseigne- ment, il a contribué activement à la forma- tion de générations de décideurs qui ont œuvré à l’épanouissement de la société québécoise sur le plan social, politique, médiatique et gouvernemental. En 1995 il obtenait le Prix d’excellence en enseigne- ment de la Faculté des sciences sociales. En 1997, l’Association canadienne de science politique a créé le prix Vincent- Lemieux afin d’honorer tous les deux ans

la meilleure thèse de doctorat en science politique au Canada. Vincent Lemieux a énormément ap- porté à notre département, à la Faculté

des sciences sociales et à son université par son action dans la communauté uni- versitaire et par son rayonnement à l’exté- rieur de cette communauté. En interne, il

a dirigé le Département de 1967 à 1970.

Plus récemment, il a été associé de près à la création de la maîtrise en affaires pu- bliques (MAP) et du Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP), deux fleu- rons qui font la fierté du département et de la faculté. À l’externe, il a été très actif auprès de l’Association canadienne de science politique, dont il fut président en 1991-1992. Il a participé aux travaux des commissions royales d’enquête Lauren- deau-Dunton, Macdonald et Lortie, et il a agi à titre d’expert auprès de nombreux organismes de la société civile. Il est l’auteur de plus de 20 livres sa- vants, dont plusieurs sont considérés comme des classiques de la discipline, quelque 200 articles et chapitres d’ou- vrages scientifiques, et de nombreux textes de vulgarisation. Fidèle à l’ap- proche structuraliste, il pensait que pour comprendre les institutions politiques, il fallait étudier les relations entre les ac- teurs qui les composent avant d’étudier les caractéristiques individuelles objec- tives ou les croyances subjectives de ces

acteurs. L’influence de l’approche structu- raliste est évidente dans les travaux sur le patronage politique qu’il a publiés au dé- but de sa carrière, en particulier Parenté et politique qui fut récompensé par un cer- tificat de la Fédération canadienne des sciences sociales. On retrouve l’approche structuraliste en filigrane dans ses re- cherches sur les réseaux sociaux et sur l’analyse des politiques publiques. Son ou- vrage Le Parti libéral du Québec est une référence incontournable pour tous les chercheurs qui s’intéressent au système politique québécois. Une autre caractéristique des travaux scientifiques de Vincent Lemieux consis- tait à associer autant que possible les prin- cipes théoriques à la réalité empirique de manière à leur donner une portée pra- tique. Il concluait souvent ses travaux scientifiques par des recommandations adressées parfois aux experts, mais aussi aux citoyens curieux. L’œuvre scienti- fique de Vincent Lemieux est animée du souci d’expliquer des phénomènes com- plexes en langage clair de manière à éclai- rer un public aussi large que possible sur les grands enjeux démocratiques d’au- jourd’hui. C’est là une des principales forces d’attraction de cette œuvre. […] Vincent Lemieux nous laisse un héri- tage imposant. C’est au tour des jeunes générations de le faire fructifier en le développant.

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IDEES

LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 A 7 IDEES NELSON ALMEIDA AGEN C E FRAN
LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 JUILLET 2014 A 7 IDEES NELSON ALMEIDA AGEN C E FRAN

NELSON ALMEIDA AGEN C E FRAN C E-PRESSE

Év i de mment, le g este des BRICS est important, mai s sa port é e ne saurai t être exar é e.

Les (bonnes ?) idées des BRICS

Si ces pays souhaitent avoir un effet durable sur le système financier international, il leur faudra davantage que des institutions sans grande force de frappe

CLAUDE DO S TIE JR

Doctorant, École nati onale d’admi n i strat i on publ i que

epu i s une se m a i ne, i l s en trouve plus i eurs pour c é l é - brer la cr é at i on, par les pays du BRI C S, d une Nouvelle

Banque de d é veloppe m ent

a i ns i que d un Fonds de r é - serve cont i n g ent . On sou- l ig ne à g ros tra i ts le p i ed de nez a i ns i fa i t à la Banque m ond i ale et au Fonds m on é -

ta i re i nternat i onal, de m ê m e que la re mi se en

de l h égém on i e f i nanc re

ar icaine . Quen est-il vraim ent ? É v i de mm ent, le g este des BRI C S est im por- tant, m a i s sa port é e ne saura i t être exa r é e . La NBD, qui servira à f i nancer des projets d’in- frastructures, d i sposera d un cap i tal — fourn i en parts ég ales par les c i nq m e m bres — de quelque 50 mi ll i ards $US . C’ est un peu m o i ns que les 67 mi ll i ards de la Banque afr i ca i ne de d é veloppe m ent et quatre fo i s m o i ns que ce dont d i spose la Banque i nternat i onale de reconstruct i on et de d é veloppe m ent, part i e i nt égrante du groupe de la Banque mondi ale. Le nouveau Fonds de réserve prévoit quant à lui un montant de 100 milliards de dollars a- r i ca i ns — dont 41 fourn i s par la C h i ne — pour co m battre entre autres les fui tes de cap i taux s i un pays est en s i tuat i on de cr i se m on é ta i re . Il v i se à cr é er, d i t-on, un ersatz de FMI, m a i s ne d i spose que dune i nf im e part i e du capi tal dont ce dern i er est m un i. En g u i se d ’i llustrat i on, en 2010, la Grèce, dont le PIB équivaut à moins des deux t i ers de celu i de l Afr i que du Sud (le plus

quest i on im pl i c i te

D

pet i t j oueur des BRI C S), a n é cess i t é une i n j ec- tion de plus de 35 milliards, seulement du FMI. Un autre fonds s imi la i re, l In i t i at i ve de C h i an g Mai , auquel parti ci pe dai lleurs la Chi ne, a déjà été créé par une quinzaine de pays asiatiques en 2010 et d i spose d env i ron c i nq fo i s le m ontant mis sur la table par les BRICS. Bref, il y a peu de ra i sons de douter des d é clarat i ons off i c i elles évoquant lobjectif du groupe de collaborer avec les institutions existantes. Il sera i t auss i fort p é r i lleux de pr é d i re qu une telle i n i t i at i ve aura un effet à court ou

les i nst i tut i ons de Bretton

m oyen ter m e sur

Woods, le FMI en part i cul i er. m e s i le FMI souffre de plus i eurs probl èm es de l égi t imé , ceux-c i ne se r é su m ent pas à une lacune de re- pr é sentat i on et ne saura i ent se r ég ler par une s im ple « press i on » exerc é e par un g roupe de pays h é t é ro nes dont la seule s imi lar i t é se m - ble être leur i nclus i on, en 2001, par une ana- lyste de Gold m an Sachs, dans son acrony m e devenu c é l è bre .

H égémonie intellectuelle

L’é chec des É tats-Un i s à rat i f i er la r é for m e de 2010, qu i pr é voya i t un r é a j uste m ent avanta- g eux des quotes-parts des BRI C S, s expl i que apr è s tout davantage par le contexte part i cul i er de la lutte contre le d é f i c i t de nos vo i s i ns que par un quelconque d é s i r de l oncle Sa m de m ai nteni r une repr é sentat i on m oi ndre pour les pays ém er g ents . C’ est que la r é for m e de 2010 ne pr é vo i t pas s im ple m ent une r é v i s i on de la g ouvernance, m a i s co m prend auss i une m a j o- rat i on im portante des en g a g e m ents f i nanc i ers a r i ca i ns envers le FMI (d é c i d é e par le G20 dans la foul é e de la cri se f i nancre de 2008), ce qu i é ta i t assur é de d é pla i re à un C on g r è s

r é publ i ca i n par a i lleurs trad i t i onnelle m ent plus f iant envers lor gani sati on. Ma i s plus im portant encore que le pro- bl èm e de g ouvernance, c est la culture i ntel- lectuelle de l or g an i sat i on qu i se m ble être son

talon d Ach i lle . m e s i la cr é at i on

d un Bureau i nd é pendant d ’é valuat i on a certa i -

ne m ent a i d é l or g an i sat i on à parfa i re, quo i que m ar gi nale m ent, sa culture or g an i sat i onnelle, les chan g e m ents sont lents et, dans un do-

m a i ne auss i chan g eant que la f i nance i nterna-

t i onale, le conservat i s m e ne peut pas tou j ours

être un atout . Certes, on a vu avec la cr i se f i nancre que la cr i t i que é ta i t poss i ble et que certa i nes doc- tr i nes de l or g an i sat i on pouva i ent être re mi ses en quest i on. On a vu le Fonds adm ettre des er- reurs, m ai s i l devra sans aucun doute fai re plus . Apr è s tout, comm e l aff ir m ai t Weber, «avo i r rai -

en 2001

son», c est la ra i son d être d une or g an i sat i on bureaucrat i que co mm e le FMI : quels sont les bons di agnost i cs, quels sont les bons redes? Notons que c est en dé f i n i t i ve parce que l or- gani sat ion a offert de m auvai ses r é ponses à ces quest i ons que les pays du BRI C S et avant eux,

ceux d As i e, ont d é c i d é de co mm encer

donner les m oyens de se passer de ses ser-

v i ces . Et c est probable m ent à ce chap i tre que

l « h égém on i e a r i ca i ne », s i elle ex i ste bel et

b i en, se fa i t le plus sent i r, alors que la m a j or i t é des é cono mi stes du Fonds sont i ssus des dé partem ents d’é conomi que ari cai ns. Lh égém on i e est donc i ntellectuelle avant dêtre politique, et si les BRICS souhaitent avoir un effet durable sur le système financier interna-

à se

t i onal, i l leur faudra davanta g e que des i nst i tu- tions sans grande force de frappe. Il leur faudra aussi proposer et défendre de nouvelles idées.

DIFF É RENCE S S EXUELLE S

Le jeu dangereux de Lise Payette

Il ne faut surtout pas confondre différence et inégalité

CYRILLE BARRETTE

Professeur émér i te, Bi ologi e, Univ ersi t é Lav al

D

ans son combat tout à fait légitime — et m alheureuse m ent encore n é ces- sa i re de nos j ours — pour l ’ég al i t é ho mm es-fe mm es, L i se Payette, dans sa chron i que du 18 j u i llet, co mm et

deux graves erreurs qui pourraient se retourner contre la cause quelle défend. En ef- fet, elle cite en renfort à sa cause des opinions et des études qui semblent démontrer l’inexistence de véritables différences (biologiques, compor- tementales, intellectuelles) entre les hommes et les fe mm es . Les deux sous-entendus é tant que toutes les différences apparentes sont le fruit de l ’é ducat i on, de la culture et de press i ons so- ciales, et que par conséquent les hommes et les fe mm es devra i ent n é cessa i re m ent être ég aux puisqu’ils ne sont pas différents. La première erreur consiste à confondre diffé- rence et inégalité. Les différences (anatomiques, physiologiques, comportementales, sociales) en- tre les m âles et les fe m elles de toutes les es- p è ces, y co m pr i s la n ô tre, sont auss i é v i dentes

qu’indéniables. Cependant l’égalité, peu importe

co mm ent on la d é f i n i t, n ex i ste pas chez les m oust i ques, les trui tes ou les s i nges. C’ est une notion inventée par lhumain et une des grandes valeurs de nos civilisations, que ce soit l’égalité des personnes, des sexes, des races ou des peu- ples. Si on ne confond pas inégalité et différence, on constate tout de suite qu’il est tout à fait possi- ble dêtre égaux en dépit des différences. La deux ièm e erreur cons i ste à confondre ce qui est avec ce qui devrait être . La sci ence s’i n- t é resse à ce qu i est, c est-à-d i re aux fa i ts r é els qu ’i l est poss i ble de conna î tre . S i , co mm e le pr é tendent les é tudes c i t é es par M m e Pa i llette, les d i ff é rences ho mm es-fe mm es ne sont que des construct i ons soc i ales et que, par cons é - quent, les i n ég al i t é s ho mm es-fe mm es ne sont en r i en j ust i f es, i l en d é coule lo gi que m ent que si la sci ence dém ontre que ces di ff é rences

sont r é elles, c est-à-d i re

b i olo gi ques ou natu-

racismes. Largument est à double tranchant. En effet, cela implique que si la science démontrait

l ex i stence des races hu m a i nes, on trouvera i t

alors une justification scientifique au racisme. Or heureuse m ent, les fa i ts sc i ent i f i ques sont neu- tres et la science ne concerne que les faits et non pas les valeurs. Les faits scientifiques ne peuvent

n i à j ust i f i er n i à co m battre le

sexisme et le racisme. Ils ne nous disent que la vé r i t é sur la r é al i t é. Pour ce qui est, ce sont les faits qui décident, sans se soucier de nos désirs ou de nos préférences. Pour ce qui devrait être, cest à nous de décider, personnellement et col- lectivement, en connaissance de cause, éclairés par les faits, mais jamais esclaves de ces faits. Il faut donc regarder la ré al i t é en face et fai re

donc serv i r

«l’ é lo g e de la d i ff é rence» (co mm e le d i sa i t le m ê m e Albert Jacquard) entre les personnes, les races et les cultures, sans cra i ndre que ces

relles, i l faudra i t donc y vo i r une j ust i f i cat i on

d