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Université Hassan II

Année universitaire : 2014/15


FSJES - Casablanca
Professeur : M Saïd Chikhaoui
Droit en Français
Semestre 2 - Ensemble 1

Organisation administrative
-1ère partie : L’administration d’Etat au Maroc (Administration centrale)

Chapitre 1 : Données Historiques de l’organisation administrative au Maroc

RetouR suR L’histoiRe


L’étude de l’histoire récente du Maroc montre que les principes du Droit public actuel sont
apparus avec les premiers signes de la pénétration coloniale, principalement à partir de la
conférence d’Algésiras de 1906.
Lorsque les visées coloniales sont devenues plus précises, elles se heurtaient aux institutions
traditionnelles et à l’administration du Makhzen, qui ne favorisaient pas les ressortissants
étrangers et les intérêts de la colonisation.
Le système makhzenien (système politico-administratif) marocain de l’époque basé sur la
chariâa et les traditions locales, n’était pas familier aux européens et ne permettait surtout
pas la réalisation des projets de la colonisation.
Les puissances étrangères ont exercé, tout au long du 19ème et au début du 20ème siècle, de
très fortes pressions sur les sultans successifs pour les obliger à leurs accorder des
privilèges « capitulaires ».
Les privilèges obtenus, seront d’ailleurs étendus aux sujets marocains : les protégés. Ces
derniers au même titre que les étrangers vont ainsi disposer de :
- Tribunaux propres.
- Justice d’exception.
- Jouissance de l’extraterritorialité des lois.

La conférence d’Algésiras de 1906 et la consécration des visées coloniales


La Conférence d’Algésiras s’est réunie du 12 janvier au 7 avril 1906 dans un contexte de
compétition et de concurrence coloniale. Après trois mois de débats houleux et des
intrigues diplomatiques de toutes sortes, l’acte final d’Algésiras fut signé le 7 avril 1906.
Les délégués de 11 pays européens plus celui des Etats-Unis ont réussi à imposer au Maroc
l’introduction de réformes administratives de type colonial. Ce qui a abouti à la mise en
place de nouvelles institutions pour administrer le pays.
Il a été ainsi décidé : la création d’une banque d’Etat, l’installation des douanes, et
l’institution des travaux publics… Il va apparaître aussi pour la première fois au Maroc, des
notions de Droit Public, telles que :
- L’adjudication, les concessions et l’expropriation pour cause d’utilité publique…

1
Le traité du protectorat du 30 mars 1912
Après la signature de ce traité, la France désigna un Commissaire Résident Général chargé
de son application. À partir de ce moment-là, c’est le Résident Général (Lyautey), qui
disposa d’un pouvoir réel.
Il avait l’attribution de : négocier les traités internationaux, assurer la défense de territoire,
Il disposait de l’attribution de la mobilisation de l’armée.
Il en résulte par conséquent, que tous les attributs de la souveraineté étaient entre ses
mains et non entre celles du Sultan. Le rôle du Sultan se réduira à un pouvoir nominal et
symbolique, « le véritable Sultan était le Résident général ».

Les attributions du Résident Général


Le Résident Général était chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique des
réformes économiques et administratives. Il était Chargé aussi du maintien de l’ordre et de la
sécurité intérieure. C’était le véritable chef du Secrétariat Générale du Gouvernement.
Le Secrétariat Général du Gouvernement lui permettait d’assurer : l’encadrement de
l’administration et la coordination des activités entre les différentes directions techniques,
administratives, économiques et réglementaires.
Le Résident Général devait en outre, assumer le contrôle des établissements et entreprises
publics, il était le président du conseil d’administration de ces entreprises et établissements
publics, et il était le responsable de la continuité des activités administratives et économiques
du pays.

Organisation de l’administration centrale sous le protectorat


Le régime du protectorat a installé au Maroc, au sommet de la hiérarchie, un système
administratif binaire, avec deux composantes principales :
 Le Makhzen Chérifien, administration à la tête de laquelle se trouve :
- Le Sultan.
- Sadre Al Aâdam (Grand Vizir).
- Vizirs.
 L’administration du protectorat, coiffée par :
- Le Résident Général, représentant suprême de la puissance coloniale.
- Les directions, (armature administrative nouvelle), ignorées jusque-là par
le Makhzen Chérifien, vont constituer la base de l’administration coloniale.

Vont ainsi apparaître pour la première fois au Maroc, les Directions :


D’intérieur, des Finances, des Travaux Publics, de Production industrielle et des
Mines, d’Agriculture et des Forêts, de Commerce et de la Marine Marchande, de
Poste et des télécommunications, d’instruction Publique, de santé, de Travail et
des Questions Sociales.

2
Les grandes lignes de l’organisation de l’administration locale
sous le protectorat

 Création des grands services publics (Entreprises et Etablissements publics) :


 « Pacification » (1912-1934) :
 Régions non pacifiées (poursuite de la résistance) = régions militaires = contrôleurs
militaires.
 Résistance de Fès, Résistance du Rif et de l’Atlas, Résistance du Sud…
 1934, fin de toute résistance armée à la pénétration coloniale.
 Régions pacifiées (villes) = régions civilisées = contrôleurs civils.
 Création de : l’OCP en 1912, le BRPM en 1929, CTM, PTT, etc.

La mise en place du système juridique administratif du protectorat

Le système juridique établi au Maroc en 1913 était totalement contrôlé par la France, il
laissait à l’administration française au Maroc le maximum de liberté pour agir.
Le système juridique était basé sur l’unité de juridiction et la dualité de Droit.
Ce système établi au bénéfice de la puissance coloniale, permettait une simplification
des procédures et une réduction des délais, et accordait une large marge de liberté au
juge. Il était relativement simple et offrait à la France et aux puissances étrangères plus
de garanties et d’efficacité.
Inscrit dans la logique coloniale, ce système ne comportait aucune possibilité pour les
assujettis marocains de faire valoir leurs droits et demander en justice l’annulation des actes
administratifs leur portant préjudice.

Le système administratif entre rupture et continuité

L’indépendance du Maroc et le tournant de 1956,


Le Maroc indépendant cherche à tirer profit des institutions et des réalisations du
protectorat, considérées comme acquis précieux. La logique de la continuité va l’emporter
sur la logique de la rupture.
Les « acquis » seront renforcés et élargis :
Préservation de la majeure partie de l’encadrement administratif et technique colonial.
Maintien intact des anciennes institutions administratives (Directions=Ministères) :
économie, finances, sécurité, entreprises publiques, offices…
Maintien du système administratif mixte (dualité de Droit et unité de juridiction)
Création de la cour suprême en 1957 permettra le rapatriement des recours (conseil d’Etat en France).
Création des tribunaux administratifs en 1991, (système de dualité de Droit et de juridictions).

3
La reproduction du système (français)
Le système adopté par le Maroc est basé sur la transmutation à caractère mimétique.
Fortement législatif et règlementaire, faiblement jurisprudentiel. Décontextualisé.
L’application du droit administratif au Maroc et son développement progressif vont se faire
sur la base des notions dégagées de la jurisprudence française principalement. Les notions de
puissance publique et de service public ont été dégagées par la doctrine française, elles
servent de critères pour déterminer la nature de l’activité, le juge compétant et le droit
applicable. C’est la Consécration du système dualiste et de séparation des deux ordres
(commun et administratif).
(Transmutation = transformation totale d’une chose en une autre.
Mimétique = qui relève du mimétisme, le mimétisme est la reproduction
machinale. Décontextualiser = utiliser (ce qu’on a appris) dans un autre contexte).

Les bases doctrinales du système administratif marocain :


« théorie de la puissance publique »

- Actes qui n’ont pas d’équivalents dans les rapports entre particuliers.
- L’Etat ‘l’administration) intervient en tant que puissance publique.
Actes d’autorité - L’application du droit administratif (droit spécial, dérogation du
droit commun).

- Actes semblables aux actes privés.


- Application du droit commun.
Actes de gestion - Principe = L’Etat ne doit pas intervenir dans le domaine économique
et social, s’il intervient, les règles de droit commun lui seront
appliquées, au même titre que les particuliers.

Les bases doctrinales du système administratif marocain :


« théorie du service public »
L’Etat (l’administration) intervient dans le domaine économique et social comme puissance
publique et comme prestataire de services.
Actes d’autorité : Police administrative, services administratifs, chargés de d’assurer l’ordre, la
sécurité, la salubrité (ce qui est favorable à la santé), etc. Application du droit administratif.
SPIC (service public industriel et commercial), intervention dans le commerce et l’industrie :
Offices, régies, entreprises publiques, concessions, etc. Application du droit mixte
(administratif/commun).
SPS (services publics sociaux) : la santé, l’éducation, le bien-être, etc. Application du droit
mixte (administratif/commun).

4
Conséquences juridiques

L’administration serait régie par un droit spécial, Le droit administratif, qui va régir :

 L’administration, c’est-à-dire l’organisation et le fonctionnement.


 Les rapports de l’administration avec les particuliers (bénéficiaires, partenaires,
assujettis).

Cependant, l’administration va bénéficier de privilèges dont ne peuvent disposer les


particuliers, prérogatives de puissance publique :

 Privilège de l’exécution forcée.


 Privilège du préalable.

Polysémie de la notion d’administration


Définition de La polysémie : Propriété d'un terme qui présente plusieurs sens. Ici ce sont les
différents sens que présente la notion d’administration.

Personnes physiques : Chef de gouvernement, Wali,


Gouverneur, Elus, etc.
Sens Organique Personnes morales : Collectivité locale, région,
province, préfecture, entreprise publique, différents
services publics.

Manière d'agir de l'administration :


Sens Formel unilatérale, autoritaire, formaliste, etc.

Activité qui vise la satisfaction de l'intérêt


général : le transport publique, l'environnement,
Sens Matériel
la sécurité, la santé, etc.

5
Caractéristiques du système administratif marocain

L'influence du droit Droit administratif marocain


administratif français sur le
droit administratif marocain.
Législatif et réglementaire, la
jurisprudence administrative
Dans sa version originelle (française) est tardive au Maroc.
le- droit administratif est : autoritaire,
évolutif, autonome, jurisprudentiel
(le juge élabore des règles pour évolutif (dans le sens de
l'administration). spécialisation)-: droit économique,
de l'environnement, de l'urbanisme...

-----La doctrine va dégager-----


des principes (des théories) : Autoritaire-=
- Théorie de puissance publique.--------- confère à l'administration des
- Théorie du service public. privilèges et des prérogatives :
acte administratif unilatéral.

L'acte administratif est unilatéral.

Fin du premier chapitre

6
Chapitre 2 : Données de base de l’organisation administrative

L’organisation Administrative

Le système administratif est déterminé par le système politique (démocratique, libéral,


dictatorial, social, etc.), et par la nature de l’Etat qui peut prendre différentes formes :
unitaire, fédéral, confédéral, etc.
La distinction est généralement faite entre :
 Système centralisé.
 Système décentralisé.
La centralisation
Le pouvoir est centralisé, la prise de décision est centralisée. La centralisation inclut des
circonscriptions administratives (sans personnalités juridiques). La mise en œuvre s’effectue
localement par des relais : agents subordonnés intégrés dans une hiérarchie.
Modalités de la centralisation :
La centralisation se présente selon deux modalités :
- La concentration
- La déconcentration
Dans La Concentration, le centre monopolise l’essentiel des attributions. Les agents locaux ne
participent pas à la prise de décisions, ils n’ont pas d’initiative propre, pas d’autonomie et
ignorent la participation. Le système fonctionne selon une logique verticale descendante.
La concentration présente des inconvénients et aussi des avantages.
En ce qui concerne La Déconcentration, c’est une technique de commandement basée sur la
délégation. Une partie du pouvoir de décision est remise aux agents locaux, mais l’agent local
demeure sous l’emprise du centre (sur le plan personnel et sur le plan fonctionnel) :
Le centre peut à tout moment intervenir pour reprendre l’initiative.

Quelques textes de base de la déconcentration au Maroc :

- Dahir du 15 février 1977 relatif aux attributions du gouvernement, Dahir qui fixe le
statut fonctionnel du gouverneur qui devient le représentant de S.M. le Roi et le
délégué du gouvernement.
- Dahir du 6 octobre 1993 modifiant le dahir du 15 février 1977, instituant auprès des
gouverneurs un CTPP (Comité technique provincial ou préfectoral) destiné à
renforcer le rôle de coordination du gouverneur, de l’action des services locaux et
de l’Etat dans la province ou la préfecture.
- Décret Royal du 7 janvier 2002 instituant les CRI (Centres régionaux
d’investissement), Dahir découlant de la volonté Royale de déconcentrer l’autorité
et les pouvoirs en matière d’investissement vers les régions.

7
La décentralisation
Basée sur l’existence de la personnalité juridique propre, la décentralisation présente 2
modalités :
- La décentralisation Territoriale
- La décentralisation technique ou fonctionnelle, dite (par service)
o La décentralisation Territoriale
Cette forme de décentralisation s’inscrit dans une logique libérale, offre des possibilités de
participation à la gestion des affaires publiques et de l’intérêt général, favorise la gestion de
proximité. Au Maroc la reconnaissance des collectivités locales est constitutionnellement
consacrée (Titre IX, art. de 135 à 146).
Conditions de la décentralisation :
- Reconnaissance d’intérêts locaux différents de l’intérêt national.
- Existence d’organes propres de gestion (les élus)
- Avoir le bénéfice de la personnalité juridique :
- Personne morale (accomplir des actes juridiques).
- Autonomie financière (patrimoine propre).

Distinction entre la décentralisation et le fédéralisme

La décentralisation Le fédéralisme
- Entités administratives autonomes. - Les Etats fédérés participent à l’exercice du
- L’Etat détermine : les modalités d’organisation et pouvoir fédéral.
l’étendue des attributions des collectivités locales. - Les Etats fédérés sont souverains dans les
- Les collectivités locales ne sont pas directement domaines qui leur sont reconnus par la
associées à la prise de décision au niveau central. constitution.
- Les collectivités locales sont toujours soumises au - La compétence des Etats fédérés s’étend aux
contrôle de tutelle. domaines législatif et judiciaire.

-Le statut d’autonomie de la région du Sahara-


Le Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes (CORCAS)
Composition : chefs des tribus et notables.
Attributions : collecte des avis des sahraouis sur les modalités de fonctionnement des
--------------------institutions locales.
Idées en gestation :
- Régionalisation avancée
- Autonomie (expérimentale, refonte constitutionnelle, régionalisation poussée).
- United Kingdom of Morocco (Royaume-Uni du Maroc).
- Royaume fédéral (modèle hybride entre l’Espagne et la grande Bretagne).

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o La décentralisation par service (fonctionnelle, technique)
La décentralisation par service, découle de l’interventionnisme étatique dans le domaine
économique et social, largement utilisée sous le protectorat, développée après
l’indépendance en raison de la faiblesse du secteur privé. Après il y a eu un recul relatif en
raison de la politique des privations et du désengagement de l’Etat, mais l’interventionnisme
étatique demeure fort important dans le domaine économique et social.
Caractéristiques de la décentralisation par service :
La décentralisation par service,
- N’a pas d’assise territoriale.
- Renvoie à une activité précise.
- Peut être de nature : économique, sociale, culturelle, environnementale, etc.
- Existe sous forme d’offices (OCP, ONCF) établissements publics (facultés, hôpitaux),
agences (agences urbaines), entreprises publiques, bureaux, régies, etc.

L’Etablissement public
Les caractéristiques :
- Disposition de la personnalité juridique et de l’autonomie financière.
- Gestion d’une activité précise.
- Soumission au contrôle de tutelle.
- Soumission au droit administratif.
- Disposition de prérogatives de puissance publique (perception de taxes, expropriation, etc.).
Remarque :
Le principe est que dans une économie libérale, la création d’un établissement public ne doit
intervenir que s’il y a carence de l’initiative privée. L’établissement public peut porter atteinte
à la liberté du commerce et de l’industrie, et peut porter atteinte à la propriété privée. D’où la
nécessité de l’intervention du législateur dans la création des établissements publics.
Conditions de création de l’Etablissement public
Au niveau national, la création des établissements publics intervient par Dahir, et relève du
législateur (art. 71, Constitution).
Exceptions : Bureau des vins et alcools, Office des cotations des valeurs de Casablanca (bourse
de Casablanca), établissements crées par délégation du Sultan.
Au niveau local, la création relève des compétences des assemblées locales.
Critères de distinction entre établissement Public et Privé
L’établissement Privé est un groupement d’intérêts privés, soumis au Droit privé.
Remarque : En principe, l’objet de l’établissement public est défini par le texte de création.
Si la nature de l’établissement n’est pas déterminée, le juge se réfère à quatre critères :
- Nature de l’activité. - Mode de gestion. - prérogatives accordées. - objet et but visé.

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Organisation et fonctionnement de l’établissement public

L’autonomie juridique de l’établissement public implique :


- L’existence d’organes propres.
- L’autonomie financière.
- Le contrôle de tutelle, organisé par la collectivité de rattachement.
Les organes propres de l’établissement public :
- Le conseil d’administration.
- Le directeur.
- Le comité technique
- Le personnel de l’établissement public.

Organigramme Type de l’établissement Public

Conseil
d'administration

Directeur

Comité technique

Personnel de l'établissement public

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Le Conseil d’administration (CA)
Organe de direction :
- Chargé de l’élaboration de l’action et de la prise de décision.
- Formé par les représentants de la collectivité de rattachement. –
(Présence parfois de représentants des intéressés, catégories professionnelles
concernées à titre d’exemple : l’office des pêches).
- Nommé par l’autorité de rattachement.
- Les établissements publics nationaux sont présidés de plein droit par le chef ou son
représentant, à l’exception des universités et des établissements communaux.
- Le conseil d’administration se réunit en principe au moins une fois par an.

Le Directeur de l’établissement Public


Le directeur de l’établissement public est nommé par Dahir, et il est chargé de la mise en
œuvre des décisions du conseil d’administration.

Le comité technique (CM) ou comité de direction (CD).


Le comité technique,
- Émane du conseil d’administration.
- Chargé du suivi de la gestion.
- Se réuni en principe une fois par trimestre.
- Formule des avis.
- Peut être chargé de missions particulières.

Le Personnel de l’établissement Public


Dans le cas de l’établissement public administratif,
- Tout le personnel est soumis au régime juridique administratif.
Dans le cas de l’Etablissement public industriel et commercial (EPIC),
 Il faut distinguer entre :
- Directeur et agent comptable : soumis au droit administratif.
- Le reste du personnel : soumis au droit privé.

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L’autonomie financière de l’établissement Public

L’autonomie financière de l’établissement public, se traduit par l’existence d’un patrimoine et


d’un budget propre.
Patrimoine propre :
- Biens meubles et immeubles (liberté de disposer de ces ressources)
- Ressources financières (subvention de la collectivité de rattachement, redevance pour
services rendus, prélèvements fiscaux et parafiscaux, emprunts, revenus du patrimoine,
dons et legs)
Budget propre et autonome :
- Budget indépendant du budget de la collectivité de rattachement.
- Le Budget fait ressortir des prévisions et des dépenses propres.
- Obligation de distinguer entre ordonnateur et comptable.
Remarque : les établissements publics sont tenus de verser l’excédent budgétaire au trésor.

Etablissement Public et Prérogatives de Puissance Publique


 L’établissement public administratif « EPA », dispose de prérogatives de puissance publique :
- Édicter des actes administratifs unilatéraux.
- Conclure des contrats de types administratifs.
- Exercer un pouvoir de taxation dans des conditions exorbitantes.
- Exproprier pour cause d’utilité publique.
- Exercer une occupation temporaire.
Remarque : tous ces actes sont susceptibles de recours pour excès de pouvoir (RPEP).
 L’EPIC, ne dispose pas de prérogatives de puissance publique :
- Fonctionnement selon les normes de droit privé.
Le contrôle de tutelle sur les établissements publics
- L’autonomie de l’établissement public appelle systématiquement le contrôle de tutelle.
- Le contrôle de tutelle est exercé par l’autorité de rattachement.
- Le contrôle est motivé par l’intérêt général et la cohérence de la politique publique de
l’Etat.
 Le mode de contrôle de tutelle :
Sur les organes : présidence assuré par le chef du gouvernement, le recrutement et la
nomination aussi. Remarque : le contrôle s’exerce également sur les personnes privées
chargées par l’administration de la gestion d’une activité d’intérêt général.
Sur les actes : approbation préalable des décisions du conseil d’administration par le chef du
gouvernement ; la comptabilité des établissements publics doit être conforme à la
comptabilité publique ; l’établissement public est soumis au contrôle de : la direction du
budget, Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation sous tutelle du ministère de
l’économie et des finances, cours des comptes régionales (juridiction) ; L’établissement public
est soumis au contrôle inopiné de l’inspection générale des finances.

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Nature du contrôle hiérarchique et du contrôle de tutelle

 Le contrôle hiérarchique,
Existe automatiquement dans hiérarchie, c’est un contrôle présumé, c’est-à-dire qu’il existe
de plein droit même si aucun texte ne le prévoit.
 Les modalités d’exercice de ce contrôle :
- Pouvoir d’instruction (donner des ordres aux subordonnés).
- Pouvoir de réformation (réformer, annuler).
- Pouvoir disciplinaire (blâmer, désinvestir).
 Le contrôle de tutelle,
- n’est pas présumé (pas de tutelle sans texte et pas de tutelle au-delà du texte).
- C’est un contrôle Conditionné.
- Il y a une possibilité de recours contre l’autorité de tutelle.
 Les modalités de contrôle de tutelle sur les personnes :
- Sur les personnes (physique) : suspension, démission.
- Sur les organes (institutions) : suspension, dissolution.
 Les modalités de contrôle sur les actes :
Approbation :
- Expresse : réaction explicite de l’autorité de tutelle.
- Tacite : supposée acquise après un délai.
Annulation :
- Annulabilité : délibérations auxquelles aurait pris part un conseiller intéressé.
- Nullité : objet étranger aux attributions, décisions prises en dehors des sessions,
violation de la législation en vigueur.
Substitution :
- L’autorité de tutelle agit en lieu et place de l’autorité sous tutelle.
- Remarques (conditions d’application) :
- Existence d’un texte qui prévoit la substitution.
- Refus manifeste d’agir de l’autorité sous tutelle.
- Compétence liée : obligation légale d’agir pour l’autorité de tutelle.
- Mise en œuvre préalable.
 Contrepoids de la tutelle :
Moyens de défense des particuliers et de l’autorité sous tutelle :
- Action en justice : Mémoire préalable au Ministre de l’intérieur
- Objet.
- Exposé des motifs.
- Réclamations.
- Recours possibles :
- En annulation = RPEP, (ce recours n’est pas soumis à l’approbation de l’autorité de tutelle).
- En indemnité.

Fin du deuxième chapitre


13
Chapitre 3 : L’administration d’Etat au Maroc (structure, organisation et attributions)

Fondements constitutionnels de l’organisation de l’administration d’Etat au Maroc

L’organisation de l’administration d’Etat au Maroc trouve ses bas dans la constitution.


- L’article 87, titre V de la Constitution de 2011, stipule que :
« Le gouvernement se compose du Chef du Gouvernement et des ministres, et peut
comprendre aussi des secrétaires d'État.
Une loi organique définit, notamment, les règles relatives à l'organisation et la conduite des
travaux du gouvernement, et au statut de ses membres. Elle détermine également les cas
d'incompatibilité avec la fonction gouvernementale, les règles relatives à la limitation du
cumul des fonctions, ainsi que celles régissant l'expédition, par le gouvernement sortant,
des affaires courantes ».
- L’article 88 de la Constitution ajoute que :
« Après la désignation des membres du gouvernement par le Roi, le Chef du Gouvernement
présente et expose devant les deux Chambres du Parlement réunies, le programme qu'il
compte appliquer.
Ce programme doit dégager les lignes directrices de l'action que le gouvernement se
propose de mener dans les divers secteurs de l'activité nationale et notamment, dans les
domaines intéressant la politique économique, sociale, environnementale, culturelle et
extérieure.
Ce programme fait l'objet d'un débat devant chacune des deux Chambres. Il est suivi d'un
vote à la Chambre des Représentants.
Le Gouvernement est investi après avoir obtenu la confiance de la Chambre des
Représentants, exprimée par le vote de la majorité absolue des membres composant ladite
Chambre, en faveur du programme du Gouvernement ».
Le gouvernement est responsable devant le Roi et devant la chambre des représentants.
- Article 89,
« Le gouvernement exerce le pouvoir exécutif. Sous l'autorité du Chef du Gouvernement, le
gouvernement met en œuvre son programme gouvernemental, assure l'exécution des lois,
dispose de l'administration et supervise l'action des entreprises et établissements publics ».
- Article 90,
« Le Chef du Gouvernement exerce le pouvoir réglementaire et peut déléguer certains de
ses pouvoirs aux ministres. Les actes réglementaires du Chef du Gouvernement sont
contresignés par les ministres chargés de leur exécution ».
- Article 91,
« Le Chef du Gouvernement nomme aux emplois civils dans les administrations publiques et
aux hautes fonctions des établissements et entreprises publics, sans préjudice des
dispositions de l'article 49 de la présente Constitution. Il peut déléguer ce pouvoir ».
- Article 92,
« Sous la présidence du Chef du Gouvernement, le Conseil du Gouvernement délibère :
- De la politique générale de l'État avant sa présentation en Conseil des ministres ;
- Des politiques publiques ; des politiques sectorielles ;
- De l'engagement de la responsabilité du gouvernement devant la Chambre des Représentants ;
- Des questions d'actualité liées aux droits de l'Homme et à l'ordre public ;
- Des projets de loi, avant leur dépôt au bureau de la Chambre des Représentants ;
- Des décrets lois ; des projets de décrets réglementaires ;

14
- Des projets de décrets visés aux articles 65, 66 et 70 de la présente Constitution ;
- Des conventions internationales avant leur soumission au Conseil des ministres ;
- De la nomination des secrétaires généraux et des directeurs centraux des administrations
publiques, des présidents d'universités, des doyens et des directeurs des écoles et
instituts supérieurs.
La loi organique prévue à l'article 49 de la présente Constitution peut compléter la liste des
fonctions à pourvoir en Conseil de Gouvernement, et déterminer les principes et critères de
nomination à ces fonctions, notamment ceux d'égalité des chances, de mérite, de
compétence et de transparence.
Le Chef du Gouvernement informe le Roi des conclusions des délibérations du Conseil de
Gouvernement. »
- L’article 93 de la Constitution précise que :
« Les ministres sont responsables, chacun dans le secteur dont il a la charge et dans le cadre
de la solidarité gouvernementale, de la mise en œuvre de la politique du gouvernement.
Les ministres accomplissent les missions qui leur sont confiées par le Chef du
Gouvernement. Ils en rendent compte en Conseil de Gouvernement. Ils peuvent déléguer
une partie de leurs attributions aux secrétaires d'État ».
- L’article 94 ajoute que :
« Les membres du gouvernement sont pénalement responsables devant les juridictions du
Royaume pour les crimes et délits commis dans l'exercice de leurs fonctions. La loi
détermine la procédure relative à cette responsabilité ».
Liste des membres du gouvernement (Benkiran II)

Abdelilah Benkirane Chef du gouvernement

Les Ministres

Poste vacant Ministre d’Etat

Mohamed Hassad Ministre de l’Intérieur

Salah Eddine Mezouar Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération

Mustapha Ramid Ministre de la Justice

Ahmed Toufik Ministre des Habous et des Affaires islamiques

Driss Dahak Secrétaire général du gouvernement

Mohamed Boussaid Ministre de l’Economie et des Finances :

Suite

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Les Ministres (suite)

Mohand Laensar Ministre de l’Urbanisme et de


l’Aménagement du territoire national

Mohamed Ministre de l’Habitat et de la Politique de la ville


Nabil Benabdellah

Aziz Akhannouch Ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime

Rachid Belmokhtar Ministre de l’Education nationale


et de la Formation professionnelle

Lahcen Daoudi Ministre de l’Enseignement supérieur, de la


Recherche scientifique et de la Formation des cadres

Aziz Rebbah Ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique

Hafid El Alamy Ministre de l’Industrie, du Commerce,


de l’Investissement et de l’Economie numérique

Poste vacant Ministre de la Jeunesse et des Sports

Lahoucine Louardi Ministre de la Santé

Mustapha El Khalfi Ministre de la Communication


et porte-parole du gouvernement

Abdelkader Amara Ministre de l’Energie,


des Mines, de l’Eau et de l’Environnement

Lahcen Haddad Ministre du Tourisme

Bassima Hakkaoui Ministre de la Solidarité,


de la Femme, de la Famille et du Développement

Mohammed Amine Sbihi Ministre de la Culture

Anis Birou Ministre chargé des Marocains résidant


à l’étranger et des affaires de la migration

El Habib Choubani Ministre chargé des Relations avec le parlement

Fatima Marouan Ministre de l’Artisanat, de l’Economie sociale et solidaire

Abdesslam Seddiki Ministre de l’Emploi et des Affaires sociales

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Les Ministres délégués

Abdeltif Loudyi Ministre délégué auprès du chef du gouvernement


chargé de l’Administration de la Défense nationale

Cherki Draiss Ministre délégué auprès du Ministre de l’Intérieur

M’barka Bouaida Ministre déléguée auprès du Ministre


des Affaires étrangères et de la Coopération

Mohammed Louafa Ministre délégué auprès du chef du gouvernement


chargé des Affaires générales et de la Gouvernance

Ministre délégué auprès du Ministre


Mohamed Abbou de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de
l’Economie numérique, chargé du Commerce extérieur

Abdelaadim Guerrouj Ministre délégué auprès du Ministre de


l’Education nationale et de la Formation professionnelle

Ministre déléguée auprès


Somaia Benkhaldoun du Ministre de l’Enseignement supérieur,
de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres

Mohamed Najib Boulif Ministre délégué auprès du Ministre de l’Equipement,


du Transport et de la Logistique, chargé du Transport

Idriss EL Azami El Idrissi Ministre délégué auprès du Ministre


de l’Economie et des Finances, chargé du Budget

Ministre délégué auprès du Chef


Mohamed Moubdi du gouvernement, chargé de la fonction
publique et de la modernisation de l’administration

Ministre déléguée auprès


Hakima El Haite du Ministre de l’Energie, des mines, de l’eau
et de l’environnement, chargée de l’environnement

Charafat Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Energie, des


El Yedri Afilal mines, de l’eau et de l’environnement, chargée de l'eau

Ministre délégué auprès du Ministre de l’Industrie, du Commerce,


Mohamed de l’investissement et de l’économie numérique, chargé des
Mamoune Bouhdoud petites entreprises et de l’intégration du secteur informel

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Organigramme des services du Chef du Gouvernement

L’organisation des services du chef du gouvernement n’a pas un caractère permanant, elle fait
l’objet de multiples changements :

Chef du Gouvernement
Cabinet
collaborateurs
personnels temporaires

Services spéciaux Sercrétariat général


Ministres
- Haut commissariat du gouvernement
- Directions (SGG) délégués

Attributions du Chef du Gouvernement

En vertu des dispositions de la constitution de 2011,


Les principales attributions du Chef du gouvernement peuvent être résumées comme suit :
Le Chef du Gouvernement exerce le pouvoir réglementaire et peut déléguer certains de ses
pouvoirs aux ministres.
Le Chef de gouvernement préside le Conseil de gouvernement qui délibère des questions et
textes divers, Le Chef du Gouvernement informe le Roi des conclusions des délibérations du
Conseil de Gouvernement.
Le Chef du gouvernement peut demander la réunion du Conseil des ministres.
Le chef du gouvernement peut, sur délégation du Roi, présider le Conseil des ministres sur la
base d’un ordre du jour déterminé.
Le Chef du gouvernement peut, sur délégation du Roi, présider le Conseil Supérieur de
Sécurité, sur la base d’un ordre du jour déterminé.
Le Chef du Gouvernement nomme aux emplois civils dans les administrations publiques et aux
hautes fonctions des établissements et entreprises publics, sans préjudice des dispositions de
l’article 49 de la Constitution. Il peut déléguer ce pouvoir.
Le Chef du gouvernement propose les candidats à la nomination aux emplois civils
mentionnés dans l’article 49 de la Constitution.
Le chef du gouvernement peut demander au Roi de mettre fin aux fonctions d’un ou plusieurs
membres du gouvernement.
Le Chef du gouvernement donne les réponses relatives aux questions de politique générale
devant la chambre du Parlement concernée. Une séance par mois est réservée à ces
questions.

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Attributions du Chef du Gouvernement (suite)

Le Chef du gouvernement présente devant le Parlement un bilan d’étape de l’action


gouvernementale, à son initiative ou à la demande du tiers des membres de la Chambre des
Représentants ou de la majorité des membres de la Chambre des Conseillers.
Le Chef du gouvernement peut engager la responsabilité du gouvernement devant la Chambre
des Représentants, sur une déclaration de politique générale ou sur le vote d’un texte. Le
refus de confiance entraîne la démission collective du gouvernement.
Le Chef du gouvernement peut dissoudre la Chambre des Représentants, par décret pris en
Conseil des ministres, après avoir consulté le Roi, le président de cette Chambre et le
président de la cour constitutionnelle.
Le Chef du gouvernement dispose de l’initiative des lois.

Organisation du Secrétariat Général du Gouvernement

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Les attributions du Secrétariat Général du Gouvernement

Le SGG, de par sa nature, constitue une pièce maîtresse au sein de l’appareil de l’État et de
l’ensemble de ses institutions. Ce rôle central se manifeste par ses importantes
responsabilités qui se traduisent concrètement par ses principales attributions et missions
dont :
1. L’organisation du travail du Gouvernement :
- La préparation et le suivi, de concert avec le Cabinet Royal et le Chef du Gouvernement, des
ordres du jour et des procès-verbaux des Conseils des Ministres et des Conseils du
Gouvernement.
- L’élaboration des projets de Dahirs en vue de leur soumission au Sceau Royal, d’en assurer la
calligraphie, la publication et l’archivage.
2. L’encadrement du travail législatif et réglementaire du Gouvernement :
- L’accompagnement et la coordination du travail des Départements Ministériels dans
l’élaboration de tout texte législatif et règlementaire, et la vérification de sa conformité
constitutionnelle, de sa compatibilité avec les textes en vigueur et les engagements
internationaux du Royaume.
- L’élaboration de toute législation et règlementation ne relevant des compétences d’aucun
Département.
3. Agir en tant que Conseiller juridique du Gouvernement :
- L’instruction sur le plan juridique des consultations requises par les administrations et les
établissements publics.
4. La diffusion du Droit :
- La supervision du travail de l’Imprimerie Officielle du Royaume qui est directement rattachée
au SGG.
- La publication des textes législatifs et règlementaires dans le Bulletin Officiel du Royaume, ainsi
que la publication d’autres documents officiels de l’État.
- Le maintien à jour du site web du SGG ou l’on peut consulter les Bulletins Officiels publiés à
intervalles réguliers et sans interruption depuis le premier novembre 1912, et dans lesquels on
retrouve tous les textes législatifs et réglementaires et d’autres textes de portée légale et
administrative.
5. L’encadrement juridique et le suivi des associations de la société civile, des professions
règlementées et des ordres professionnels relevant des compétences du SGG :
- Assurer, de concert le cas échéant avec les Départements Ministériels concernés,
l’encadrement juridique et le suivi des associations civiles et culturelles et de certaines
professions règlementées et établissements relatifs à la santé (cliniques, laboratoires,
pharmacies, etc.).
- Octroyer, après étude, la qualité d’utilité publique aux associations qui demandent cette
qualité.
- Autoriser les appels à la générosité du public.
- Recevoir des associations les déclarations de dons reçus de l’étranger.
6. La gestion des affaires administratives et financières des services du Chef du Gouvernement et
des institutions qui en relèvent :
- De gérer du point de vue administratif et financier les services et les entités directement
rattachés à Monsieur le Chef du Gouvernement en plus du ceux du SGG.
7. La domiciliation et l’encadrement de la Commission des Marchés :
- Assurer la domiciliation du Secrétariat Permanent et l’encadrement de la Commission des
Marchés, placée auprès du SGG.

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La direction des études législatives

Cette direction remplace le service législatif (créé sous le protectorat),


La direction générale de la législation et des études juridiques est chargée de coordonner les
travaux de préparation et de mise au point des projets des textes législatifs et réglementaires.
Elle veille à la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de codification et
d'actualisation des textes législatifs et réglementaires, à cet effet, elle a pour mission de :
- procéder, sur le plan juridique, à l'examen de tous les projets de lois et de règlements en vue
de vérifier leur conformité avec les dispositions constitutionnelles et leur compatibilité avec
les textes législatifs et réglementaires en vigueur.
- préparer les projets de textes législatifs et réglementaires qui ne relèvent pas de la
compétence particulière d'un département ministériel déterminé.
- instruire, sur le plan juridique, les consultations qui sont requises du secrétaire général du
gouvernement par le Premier ministre, les autorités gouvernementales ou toutes
administrations publiques.
- assurer la traduction officielle des textes législatifs et réglementaires.
- procéder, en liaison avec les départements ministériels concernés, à la codification, à
l'actualisation et à la simplification des textes législatifs et réglementaires afin de les rendre
plus accessibles au public.
- élaborer les études et les recherches juridiques se rapportant aux différents domaines du
travail législatif.
- donner, à la demande du gouvernement et en coordination avec les départements
ministériels concernés, les consultations juridiques en matière de conventions de crédits et de
conventions de garantie de crédits.
- préparer les documents d'adhésion ou de ratification, selon le cas, des conventions
internationales conclues par le Royaume du Maroc.
- élaborer les notes juridiques relatives aux recours constitutionnels.
- assurer l’assistance juridique auprès des administrations et des établissements publics, qui
sont tenus de l’informer de toute action judiciaire dans laquelle ils sont impliqués.

Inspection générale et Direction des affaires générales


 L’inspection générale :
Créée sous le protectorat, l'inspection générale des services administratifs procède, à la
demande du secrétaire général du gouvernement, aux inspections demandées par les chefs
d'administrations concernés ; elle établit les rapports d'inspection et en soumet les
conclusions aux autorités compétentes.
 La direction des affaires générales :
La direction des affaires générales est chargée de la centralisation des projets de lois et de
règlements émanant des services publics et de leur transmission, après mise en forme, à la
Chambre des représentants ou leur soumission aux conseils de gouvernement et des
ministres. Elle assure, également, la mise en forme des projets de dahirs en vue de leur
soumission au Sceau de Sa Majesté le Roi.

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La direction des associations et des Professions libérales

La direction des associations et des professions réglementées est chargée de veiller à


l'application de certaines législations particulières relatives, notamment, au droit d'association
ou droit syndical et à certaines professions réglementées.
A cet effet, elle a pour mission d'assurer la mise en œuvre des attributions dévolues au
secrétaire général du gouvernement en matière de :
- droit d’association ;
- droit syndical ;
- professions réglementées ;
- appel à la générosité publique ;
- loterie et tombolas ;
- légalisation de signature concernant les documents destinés à être produits à l'étranger
ou établis à l'étranger pour être produits au Maroc ;
- transport de corps du Maroc vers l'étranger.

La direction des associations et des professions réglementées comprend :


 La division des associations et syndicats qui groupe :
- Le service des associations ;
- Le service des syndicats.
 La division des professions réglementées qui groupe :
- Le service des professions réglementées ;
- Le service des études et statistiques.

La direction administrative et financière

La direction administrative et financière est chargée de la gestion des services rattachés


directement au chef du gouvernement et au secrétariat général du gouvernement.
A cet effet, la direction administrative et financière a pour mission :

o de gérer le personnel relevant des services du chef du gouvernement, du secrétariat


général du gouvernement et de toute administration rattachée pour sa gestion interne
au chef du gouvernement ;
o d'établir et d'exécuter le budget de ces mêmes services ;
o de veiller à l'entretien des immeubles et du matériel des services confiés à sa gestion ;
o de délivrer les réquisitions de transport aux agents étrangers en service dans les
administrations publiques, ou de rembourser les frais de transports et de
déménagements de ces agents à l'occasion de leur recrutement ou de leur rapatriement
et de leur congé administratif.

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La division de l’interprétariat et de l’imprimerie officielle
La division de l'interprétariat général est chargée d'assurer la traduction officielle des projets
de textes législatifs et réglementaires émanant des administrations publiques. Elle peut,
également, assurer tous autres travaux de traduction qui lui sont adressés par lesdites
administrations.
La direction de l’imprimerie officielle est chargée de l’impression du « Bulletin officielle » du
Royaume ainsi que de l’exécution de tous travaux d’impression pour le compte des
administrations publiques.

Les départements ministériels


Au Maroc la structure gouvernementale est caractérisée par une forte mobilité, qui empêche
l’élaboration d’un schéma stable des organes centraux de l’administration d’Etat.
La fonction de ministre est éminemment politique : ce ne sont pas seulement des raisons
d’ordre administratif ou technique qui déterminent le choix et le nombre, mais c’est
également des considérations politiques qui déterminent, la création, la transformation ou la
disparition des postes ministériels.
La structuration des départements ministériels
La structuration ministérielle obéit à de multiples considérations :
- La continuité historique : la plupart des administrations centrales sont les héritières des
anciennes directions créées sous le protectorat, transformées à l’indépendance en
ministères.
- L’évolution des préoccupations et des besoins conditionne la création, la transformation ou
la disparition de départements ministériels.
- Des considérations d’ordre technique peuvent déterminer les choix et les décisions
(spécialisation, regroupement ou éclatement de ministères).
- Des considérations d’ordre politique peuvent déterminer la structure gouvernementale : le
remaniement ministériel peut s’apparenter à une simple redistribution des portefeuilles
(mettre à l’écart des hommes politiques ou intégrer d’autres).
- La désignation d’un ministre peut ne pas se traduire par l’institutionnalisation d’un
département : c’est le cas des ministres d’Etat sans portefeuille.
Au Maroc, la création, la transformation ou la suppression de département ministériel
relève de la compétence du Roi.
L’organisation interne des ministères relève des attributions du Chef du gouvernement et
elle relève, par délégation, du ministre concerné.
Composition des ministères
Remarque : le gouvernement ne comprend pas que le Chef du gouvernement et les ministres,
il intègre également les secrétaires d’Etat et les sous secrétaires d’Etat.

ministre d'Etat
Les ministres Ministre
Minstre Délégué

23
Les ministres d’Etat, les ministres et les ministres délégués
Ministre d’Etat, un titre honorifique, qui confère à son titulaire une préséance protocolaire, le
ministre d’Etat participe à part entière aux travaux du gouvernement, même s’il n’a pas de
département ministériel.
Les ministres, ont la charge d’un département ministériel et exercent le pouvoir hiérarchique
sur les agents de leur département, ils gèrent les budgets de leur départements ministériel
(ordonnateur), et disposent du pouvoir de nomination, de promotion, de mutation, etc.
Les ministres délégués, sont désignés pour des raisons techniques ou politiques, ils sont
affectés auprès du Chef du gouvernement ou d’un ministre, ils assument sous l’autorité du
Chef du gouvernement ou du ministre une partie des attributions, ils sont assimilés aux
ministres pour leurs rémunérations et pour leurs indemnités, et peuvent avoir une délégation
de pouvoir ou de signature selon le Dahir de nomination.
Les attributions du ministre

1. Pouvoir de nomination 2. Pouvoir réglementaire

Remarque : un pouvoir délégué. Remarque : un pouvoir délégué


le ministre dipose du pouvoir par le chef du gouvernement.
disciplinaire et gère la carrière le ministre contresigne les décrets,
des agents du ministère selon la élabore les arrêtés d'application
législation en vigueur. des décréts, et élabore les arrêtés
conjoints.

3. Pouvoir dinstruction 4. Pouvoir de gestion


Le ministre, est aussi ordonnateur
principal du budget, il engage les
Le ministre élabore : des directives, dépenses et décide des recettes. il
notes de services, circulaires, etc. il signe les marchés. c'est le
le pouvoir de réformation, à responsable de l'entretien du
condition qu'in ne porte pas sur domaine d'Etat. il exerce la tutelle
des attributions propres à sur les personnes morales rattachés
l'agent. au ministère. et il représente le
ministère devant la justice.

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Les modalités de l’exercice des attributions du ministre
Le ministre exerce ses attributions soit directement, soit par délégation,
il existe deux types de délégation :
Délégation de signature :
Attribuée aux membres du cabinet, hauts fonctionnaires (directeurs, sous directeurs), cette
délégation s’exerce au nom et compte du ministre et peut être reprise à tout moment.
Délégation de pouvoir :
Cette délégation se rattache aux compétences, et doit être prévue par un texte, le délégataire
devient responsable et le ministre ne peut s’en dessaisir librement (il y a des conditions).
Le cabinet ministériel
Les collaborateurs personnels du ministre, (ils bénéficient de la confiance du ministre), il des
conditions d’honorabilité et de compétence.
Les membres chargés de missions propres que le ministre n’est pas en mesure d’accomplir lui-
même (des facilitateurs de tâches). Ils ne peuvent se substituer aux services compétents.
Le nombre est variable :
Chef du gouvernement : (8), Ministre (6), Secrétaire d’Etat (3), (Dahir 1995).
Le sort du cabinet est lié au ministre.
Secrétaires et sous-secrétaires d’Etat
Il n’existe pas de différence entre secrétaire et sous-secrétaire d’Etat.
La création peut avoir des motifs techniques ou politiques.
Le secrétaire d’Etat ou le sous-secrétaire d’Etat, réunissent en principe sous une même
autorité certains services jugés importants, mais qui ne nécessitent pas la création d’un
ministère.
Le Secrétaire d’Etat, et le sous-secrétaire d’Etat ne siègent pas de plein droit au conseil des
ministres. Ils y participent quand ils sont directement concernés.
Les réunions gouvernementales
Les conseils des ministres (CM) :
Présidé par le Roi, et composé du Chef du gouvernement et des ministres, le conseil des
ministres se réunit à l’initiative du Souverain ou à la demande du Chef du gouvernement. Le
Roi peut, sur la base d’un ordre du jour déterminé, déléguer au Chef du gouvernement la
présidence d’une réunion du Conseil des ministres.
Le conseil du Gouvernement (CG) :
Le conseil du gouvernement est présidé par le Chef du gouvernement, c’est une réunion
hebdomadaire (jeudi) pendant laquelle sont traitées des questions qui concernent différents
ministères.
Le Conseil interministériels (CIM) :
C’est une réunion restreinte (spécificité des questions) où sont traités des problèmes
conjoncturels. Remarque : il faut distinguer entre :
- Les réunions interministérielles qui se tiennent à l’initiative du Chef du gouvernement.
- Le Conseil interministériel, qui est créé par un texte.

25
Les services centraux des départements ministériels
L’organisation des services centraux relève du domaine du règlement.
L’organisation au sein des ministères varie d’un département ministériel à un autre.
Les services administratifs centraux sont en général organisés autour d’un secrétariat général
et de directions centrales.

Services centraux
du ministère

Le secrétariat
Les directions
général

Le secrétariat général
La nomination des secrétaires généraux est fixée par décret.
Le secrétaire général est au sommet de la hiérarchie administrative du département
ministériel, (ministre=poste politique).
Le secrétaire général est le garant de la continuité de l’action administrative.
Le secrétaire général est le coordonnateur de l’action des différents services du ministère,
il assure la cohésion.
Les directions
C’est l’armature principale des départements ministériels. La répartition des tâches s’effectue
sur la base de la spécialisation (gestion des tâches administratives ou techniques).
Les directions sont, en principe, subdivisées en sous directions, divisions, services, bureaux,
etc. il n'y a pas d’appellation uniforme.
Les directions sont chargées de l’élaboration de la conception de l’action de l’administration,
elles impulsent et dirigent cette action.

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Les organes locaux de l’administration
Ils sont formés par : les services extérieurs & les agents d’autorité.
Remarques :
Certains départements ministériels ne disposent pas de présence locale sur l’ensemble du
territoire. C’est généralement le chef-lieu de la région qui coiffe les provinces dans lesquelles
il n’existe pas de services extérieurs.
Au Maroc, les écarts entre les besoins et les possibilités d’encadrement administratif
et technique sont à l’origine de nombreuses difficultés.
Le changement du découpage administratif perturbe également le fonctionnement des
services extérieurs et complique les conditions des usagers avec les services extérieurs.
La tendance centralisée et hiérarchique de l’administration marocaine fait que les services
extérieurs ont tendance à ignorer l’action de leurs homologues (portés sur l’administration
centrale).
La coordination des services extérieurs
La coordination des services extérieurs (‫ )المصالح الخارجية‬revient au gouverneur, il est
représentant du Roi et délégué du gouvernement.
Le gouverneur assure la coordination des services extérieurs par l’intermédiaire du comité
technique préfectoral ou provincial.
Le comité technique préfectoral ou provincial se réunit une fois par mois su convocation du
gouverneur. Le CTPP est habilité à proposer les mesures de déconcentration administrative et
la création éventuelle des services extérieurs.
La division administrative du royaume
La division administrative varie en fonction de multiples exigences : développement, sécurité,
gouvernance…, Elle résulte d’un grand nombre de textes juridiques qui se sont succédé depuis
l’indépendance.
L’organisation de l’administration du royaume repose sur sept (7) sortes de circonscriptions
administratives : Wilaya, Province/préfecture, cercle, caïdat, commune (urbaine/rurale),
communauté urbaine, région.
La création des collectivités locales relève du domaine de la loi. Alors que la création de
cercles, caïdats, districts et arrondissements, ainsi que la détermination de leurs limites
relèvent du pouvoir réglementaire.
Les agents d’autorité
Les agents d’autorité (‫ )رجال السلطة‬sont des représentants de l’Etat au niveau local.
Il s’agit de :
- Wali (‫)الوالي‬
- Gouverneur (‫)العامل‬
- Pacha (‫)الباشا‬
- Caïd )‫(القائد‬
- Super-Caïd )‫(القائد الممتاز‬
- Administrateurs (‫)المتصرفون‬

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Le statut des agents d’autorité
1. Cadre des administrateurs et administrateurs adjoints :
Administrateurs :
Comporte 3 classes, qui sont nommés par arrêté, et occupent des postes dans les services
centraux ou extérieurs du ministère de l'intérieur.
Administrateurs adjoints :
Comporte 3 classes + 1 stagiaire : ils sont habilités à occuper des postes de gouverneurs et de
secrétaires généraux de province, etc.
2. Cadre des administrateurs principaux :
Les administrateurs principaux sont nommés par décrets et sont en principe soumis au statut
de la fonction publique mais ils ne peuvent ni constituer ni appartenir à un syndicat. Toutefois,
ces fonctionnaires peuvent se grouper en association pour préserver leurs intérêts.
Ils occupent des postes dans les services centraux ou extérieurs, et peuvent être nommés
gouverneurs.
Recrutement et attributions des agents d’autorité
Le recrutement des agents d’autorité se fait en principe dans le corps des administrations de
ministère de l’intérieur. Le recrutement peut également se faire à l’extérieur du ministère de
l’intérieur, dans ce cas, ces agents n’ont pas droit à la titularisation.
Les attributions des agents d’autorité :
- Ils sont représentants locaux du pouvoir central.
- Les gouverneurs représentent l’exécutif des provinces, des préfectures et des régions.
Les attributions du gouverneur
Les attributions du gouverneur découlent de la Constitution et du Dahir du 15 février 1977.
Le gouverneur est représentant du Roi et délégué du gouvernement, il dispose d’une
compétence générale (+ haute autorité dans la région, la province et la préfecture), il veille à
l’application des lois et des règlements, et exerce la tutelle sur la commune.
Le gouverneur assure la police administrative par la voie d’arrêtés réglementaires ou
individuels, il assure le maintien de l’ordre et dispose de la force auxiliaire et peut mettre en
œuvre la force publique : police, gendarmerie, armée.
Le gouverneur exerce, sous des conditions, les pouvoirs de police judiciaire.
Coordonnateur des services extérieurs, des établissements publics territoriaux, il dispose du
comité technique préfectoral ou provincial. Et exécute les délibérations des conseils
régionaux, provinciaux et préfectoraux.
Le gouverneur est supérieur hiérarchique de tous les agents d’autorité, il dispose de notation,
et il adresse annuellement un rapport au ministre compétent.
Le gouverneur peut, sous des conditions, prononcer des suspensions contre des agents, et
doit être informé des mutations des chefs de services extérieurs et de leurs adjoints.
Le gouverneur doit tenir continuellement le ministre de l’intérieur informé, toute
correspondance adressée aux autres ministres doit se faire sous couvert du ministère de
l’intérieur.

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Organisation des services de la province
Niveau Gouverneur :
Responsable des services à compétence sécuritaire et politique.
Dirige le cabinet et bureau des enquêtes.
Dirige la direction des affaires générales (DAG).
Dirige la section des forces auxiliaires et des services de transmission.
Niveau Secrétaire Général :
Dirige les services administratifs et techniques :
Division des affaires économiques et sociales ; division des affaires administratives ; gestion du
personnel ; gestion financière ; contrôle des collectivités locales...
Les fonctions de Pacha, Caïd et Super-Caïd
- Assurer l’ordre et la sécurité des citoyens.
- Appliquer la réglementation : rassemblements publiques, presse, associations syndicats
professionnels, presse, contrôle des prix, police de chasses, etc.
- Assurer l’assistance et le conseil auprès des présidents des conseils communaux.
Ils sont officiers de la police judiciaire (notification et application des jugements).
Remarque : ils sont aidés dans leurs fonctions par des khalifas.
Les « Chioukh » et les « Moukadmin »
Ils sont des agents de liaison entre les autorités et la population.
Nommés par les gouverneurs, et n’ont pas de statut juridique précis, ils sont souvent assimilés
à des agents temporaires. Ils perçoivent des indemnités mensuelles.

Fin du troisième chapitre

Fin de la Première Partie


La deuxième partie se compose de trois chapitres

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