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RANARISAMIMANANA Zoly

19257/M2/SE/D

Année : 2018-2019

ENVIRONNEMENT JURIDIQUE

« La séparation des pouvoirs et développement durable »

La séparation des pouvoirs est un principe, une théorie, qui préconise que les trois
grandes fonctions de l'Etat le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire,
soient chacune exercée par un organe ou une instance différente. Le développement durable
est l’idée que les sociétés humaines doivent vivre et répondre à leurs besoins sans
compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.
Concrètement, le développement durable est une façon d’organiser la société de manière à lui
permettre d’exister sur le long terme. Cela implique de prendre en compte à la fois les
impératifs présents mais aussi ceux du futur, comme la préservation de l’environnement et des
ressources naturelles ou l’équité sociale et économique.

Le principe de séparation des pouvoirs a été énoncé par le philosophe anglais John
Locke (1632-1704) dans son "Second traité du Gouvernement Civil de 1690 et plus tard par
Montesquieu (1689-1755) dans "L'esprit des lois" (1748).

"Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des
pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution." Article 16 de la Déclaration des droits de
l'homme et du citoyen du 26 août 1789

La séparation des pouvoirs est une technique constitutionnelle destinée à éviter le


despotisme ou absolutisme et à garantir la liberté des individus et qui peut contribuer aussi au
développement durable.

Il parait important de poser la question sur les points d’intersection de la séparation


des pouvoirs et le développement durable.

Pour mieux répondre on va voir successivement sur deux accès principaux :

I.- La séparation des pouvoirs garant du développement durable, et,

II.- le non-respect de la séparation des pouvoirs freinage du développement durable


I.- La séparation des pouvoirs garant du développement durable

La séparation des pouvoirs est un des facteurs clés de succès pour un développement
durable. Les pays riches qui ont connu également dans le passé des instabilités économiques,
sociales et politiques ont compris qu’il faut mettre en place des institutions indépendantes,
c’est-à-dire une séparation des pouvoirs qui garantissent les droits et libertés des personnes,
appliquent la justice et assurent la sécurité aux citoyens. Aujourd’hui ces pays jouissent d’une
stabilité politique certaine et procurent une meilleure qualité de vie à leurs populations. Ces
bonnes pratiques, qui ont démontré leur efficacité, devraient être reprises et appliquées dans
les pays Africains.

Selon Locke, il existe trois pouvoirs au sein de l’Etat : le pouvoir législatif, le pouvoir
exécutif et le pouvoir fédératif qui désigne la gestion des relations internationales. Les
pouvoirs exécutif et législatif doivent être exercés par des organes distincts, afin d’éviter le
despotisme. Toutefois, il ne faut pas une séparation absolue des pouvoirs exécutif et législatif,
afin d’éviter un désordre en cas d’opposition entre les deux pouvoirs. Il faut donc une
hiérarchie entre les deux pouvoirs ; Locke considère que le pouvoir législatif doit primer sur
le pouvoir exécutif. Locke a théorisé la séparation des pouvoirs en observant le régime qui
était en vigueur en Grande-Bretagne à la fin du XVIIème siècle. Il s’agissait d’une monarchie
modérée, caractérisée par une collaboration entre le Parlement et le pouvoir royal. Ce dernier
ne pouvait pas tout faire. En particulier, en vertu du Bill of Rights de 1689, le roi ne pouvait
plus légiférer par ordonnances.

Montesquieu distingue trois pouvoirs : le pouvoir législatif (le pouvoir d’élaborer les
lois), le pouvoir exécutif (le pouvoir d’exécuter les lois) et le pouvoir judiciaire (le pouvoir de
juger les litiges). Chaque pouvoir doit être exercé par un organe distinct ; le pouvoir législatif
par le Parlement, le pouvoir exécutif par le chef de l’Etat et le pouvoir judiciaire par les
juridictions. A la différence de Locke, Montesquieu considère que les trois pouvoirs sont
égaux ; il ne faut pas qu’une autorité puisse concentrer les pouvoirs.

Pour autant, il peut y avoir une collaboration, des relations entre ces différents
pouvoirs. Cette collaboration nous amène à un développement durable car l’équilibre entre les
pouvoirs car chacun prend sa responsabilité librement. Montesquieu n’a pas une conception
absolue de la séparation des pouvoirs ; selon lui, « les trois pouvoirs doivent aller de concert
».
On trouve une bonne illustration de cette collaboration entre les pouvoirs dans le
régime politique de la France sous la Vème République et à Madagascar. Ainsi, la séparation
des pouvoirs en France n’est pas absolue ainsi qu’à Madagascar ; l’initiative de la loi
appartient à la fois à l’exécutif qui prépare des projets de loi et au Parlement qui prépare des
propositions de loi. Ensuite, le Parlement vote la loi. Mais c’est le président de la République
qui promulgue la loi, ce qui lui donne force exécutoire. En cas de désaccord entre
l’Assemblée nationale et le Sénat, le Premier ministre peut réunir une commission mixte
paritaire, et le gouvernement peut donner le dernier mot à l’Assemblée nationale.

Montesquieu s’est servi de l’ « exemple britannique » pour essayer de limiter les pouvoirs du
roi en France. Le pouvoir exécutif assure l’exécution des lois, l’exécutif dispose du pouvoir
de prendre des règlements, c’est-à-dire des actes à portée générale, qui s’appliquent à tous.
Outre l’exécution des lois, l’exécutif dirige l’Administration exemple : il nomme et révoque
les fonctionnaires et la politique étrangère du pays (exemple : le chef de l’Etat représente
l’Etat au niveau international).

Le pouvoir législatif a le pouvoir de voter les lois, le Parlement contrôle l’exécutif ; il


peut par exemple mettre en jeu la responsabilité politique du gouvernement.

Aujourd’hui, dans la plupart des pays montre la monté du pouvoir exécutif, l’exécutif
dirige la procédure législative. Par exemple, en France, le gouvernement (dirigé par le
Premier ministre) a d’importants pouvoirs dans le cadre de la procédure législative. Initiative
législative qui lui permet de déposer un projet de loi sur le bureau de l’une ou l’autre des
chambres.

En outre, dans la plupart des pays, le Parlement peut autoriser le gouvernement à


prendre par décrets des mesures de nature législative qui auraient normalement dû être votées
par le Parlement. Ainsi en France, “le gouvernement peut, pour l’exécution de son
programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un
délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi” (article 38 de la
Constitution).

Actuellement, les matières autres que celles relevant du domaine de la loi (défini à
l’article 34) ont un caractère réglementaire”. Cela signifie que le Parlement n’est compétent
pour édicter des normes que dans les matières énumérées par la Constitution. Pour toutes les
autres matières, c’est l’exécutif qui est compétent. Autrement dit, l’exécutif a une compétence
de principe pour l’élaboration des textes normatifs, tandis que le Parlement n’a qu’une
compétence d’attribution.

Dans ce cas le respect de la séparation des pouvoirs donne à chacun de pouvoir à


prendre de mesure avec des libertés en fonction de leur pouvoir et qui assure aussi le
développement durable

II.- La violation de la séparation des pouvoirs facteur de blocage au


développement durable

Dans la majorité des états Africains y compris Madagascar, ces 3 pouvoirs sont
représentés, mais ne fonctionnent pas correctement.

Dans le principe, il doit y avoir une indépendance totale entre les pouvoirs, un
équilibre permettant que chaque pouvoir limite les pouvoirs de l’autre et un contrôle
réciproque permettant qu’un des pouvoirs ne viole pas les droits et libertés des personnes. Le
pouvoir judiciaire doit être assez fort pour ne subir aucune pression de la part du législatif et
de l’exécutif afin qu’il applique sereinement une justice équitable à tous les citoyens, aux
personnes morales et aux institutions qui le saisissent. Si une seule personne ou un groupe
restreint de personnes concentrent en leurs mains tous les pouvoirs de l’État, il y aura risque
d’abus de pouvoir et la dictature s’installe. En effet, tout homme ou femme qui a du pouvoir
est porté à en abuser jusqu’à ce que des limites lui soient imposées par le système.

Force est de constater que dans la majorité des pays Africains, il n’y a pas de véritable
séparation des pouvoirs. Les pouvoirs législatifs et judiciaires sont à la solde de l’exécutif ou
bien par le Président de la République Par conséquent, les pouvoirs se trouvent souvent
concentrés entre les mains d’une seule personne qui dirigent le pays comme bon lui semble et
instaure la dictature.

Pour s’assurer un développement durable, notre pays devrait donc œuvrer pour mettre
en place une réelle séparation des pouvoirs. La mise en place des institutions fortes et
indépendantes permettra à notre ile de se prendre en charge et d’être responsables de leur
propre destin. Ceci donnerait alors moins de prétextes aux pays occidentaux pour s’ingérer
dans leurs affaires souvent dans le seul but de protéger et de pérenniser leurs intérêts
hégémoniques et économiques. Le monde est un village planétaire dans lequel les pays
devraient avoir des relations d’affaires dans le but de procurer une meilleure qualité de vie à
leurs peuples respectifs. Aucun pays ne pouvant vivre en satisfaire totalement tous les besoins
de son peuple, une union qui garantit une relation à bénéfice réciproque entre les pays est
donc plus que souhaitable.

Si notre pays veut être respectés et entretenir des relations d’affaires équitables, dans
lesquelles leurs intérêts seront sauvegardés, avec les autres États souverains dans le monde, il
faudrait qu’il commence par mettre de l’ordre chez nous. Le monde a changé. Aujourd’hui les
peuples ne se soucient pas seulement de leur sécurité alimentaire en tant que besoins
primaires mais ils ont aussi besoin que leurs droits et libertés soient respectés. Le leader qui
ne l’aura pas compris va malheureusement rater le train de l’histoire.

On peut parfois comprendre que les pays occidentaux interviennent pour protéger les
vies humaines dans les pays où les dictateurs bafouent les droits et libertés des personnes,
entravent la justice, ordonnent aux forces de l’ordre de tirer sur leurs propres populations dans
le but de se maintenir au pouvoir sans tenir compte des aspirations de leurs peuples.. Nous
vivons dans un monde des affaires…où chaque pays doit savoir protéger ses intérêts. En ce
qui concerne la Libye, Kadhafi a développé son pays et offert à son peuple une meilleure
qualité de vie comparativement à d’autres pays d’Afrique. Malheureusement sur le plan du
respect des droits et libertés des personnes, justice sociale, il ne semble pas avoir été à
l’écoute des aspirations de son peuple. Nous connaissons tous la suite….

Nos dirigeants doivent comprendre la nécessité de mettre en place des institutions


indépendantes avec une véritable séparation des pouvoirs qui garantira une bonne
gouvernance. Les maux qui caractérisent les pays où il n’y a pas de séparation des pouvoirs,
corollaire indispensable d’une véritable démocratie auront tendance à disparaître avec la mise
en place d’une séparation des pouvoirs effective. Chaque pouvoir exercera alors un contrôle
sur l’autre afin de s’assurer de sauvegarder l’intérêt supérieur de la nation.