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COURS D’ORGANISATION DES ACTIVITÉS QUOTIDIENNES

SÉRIE 04

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUE :
À l’issue de cette leçon, le stagiaire doit être capable d’appliquer les notions de base des
travaux manuels, musique et chant.

PLAN DE LA LEÇON :
I- LES TRAVAUX MANUELS
1- L’activité manuelle et sa valeur éducative
2- Les objectifs généraux des activités manuelles d’éveil
3- Les objectifs spécifiques des activités manuelles au cycle
préparatoire

II- ÉTUDE PRATIQUE DES DIFFÉRENTES TECHNIQUES


1- L’organisation de la classe et des séances de travail
2- Exemples de démarches d’activités

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I. LES TRAVAUX MANUELS :
1- L’activité manuelle et sa valeur éducative :
1.1- Avant-propos :
Penser à occuper les mains de l’enfant dans la mesure de les rendre habiles et de lui
apprendre des techniques plus ou moins simples et satisfaisantes est une éducation manuelle,
ou l’enfant s’engage tout entier : par son intellect, son affectivité, et ses possibilités
motrices. La main est un outil qui renseigne l’enfant sur la qualité du matériel, des objets ;
elle caresse, palpe, touche….et petit à petit il sera capable d’agir sur la matière et de la
transformer. « C’est l’intelligence de l’homme qui a fait de la main, l’outil qu’elle est pour
lui » (dit Aristote). En même temps :
« L’homme ne serait pas devenu ce qu’il est malgré son intelligence, s’il ne possédait pas
ses mains » (dit Bergson).
L’homme avant d’atteindre l’intelligence conceptuelle, est passé par un très long stade
manuel.
L’âge de l’école maternelle est bien celui ou l’enfant passe d’un stade où l’outil fait le corps
avec le corps, à un stade où l’outil peut se détacher de la main (par la nécessité sociale du
partage des biens à l’école avec les autres). Durant cette période, s’affine et se prolonge une
activité manipulatoire de l’enfant par l’exercice et la maturation nerveuse ; avec une
habileté grandissante aux coordinations motrices et de plus en plus fines. Des gestes de la
main s’accomplissent sans mettre en mouvement tout le corps ; au même temps naît et se
développe l’utilisation d’outils séparables de la main chez l’enfant. Ici même il découvre que
le pinceau trace ce que le doigt peut tracer, la pelle creuse ou ramasse ce que la main peut
creuser ou ramasser, les ciseaux coupent ce que la main peut déchiqueter…
L’activité manuelle fait appel au corps, au mouvement, à l’action, au développement de la
perception, à la pratique des différentes formes d’expression ; elle est une mise en relation
de plus en plus complexe entre la main, le corps, l’affectivité et l’intellect de l’enfant.
Au cycle préparatoire les activités manuelles sont traitées dans un ensemble « d’exercices
corporels et activités d’éveil ». Ces activités manipulatoires de plus en plus fines et précises
sont en raison du développement neuromusculaire des enfants. Au cours d’une réalisation de
groupe de l’activité manuelle, l’enseignant détecte l’enfant le plus rapide : à pétrir, à
déchiqueter, à modeler, à peindre…etc.…(le plus habile).

1.2- La main et l’affectivité :


Le mouvement résulte de l’activité musculaire, qui présente deux aspects : l’aspect clonique
(ou cinétique) qui consiste en allongements et raccourcissements des muscles, et l’aspect
tonique qui consiste en différents niveaux de tension musculaire. En effet le tonus est en
relation directe avec les postures et les attitudes ; un sentiment conscient s’exprime par un
vocabulaire qui emprunte pudiquement ses racines à l’organique ; les aspects clonique et
tonique du mouvement sont étroitement liés : la facture personnelle de cette activité tient à
ce qu’elle se déploie à l’extérieur en mouvements de relations transformatrices du milieu
objectif qu’on peut juger comme efficaces d’une part ; et d’autre part elle se traduit en
attitudes expressives, créatrices de relations affectives dans le milieu humain qu’on peut
ressentir positives.
Ainsi la main donne une fonction transformatrice (outil moteur) et une autre expressive (outil
affectif) qui s’élabore génétiquement, sous l’effet de la maturation et de l’exercice, de
l’ambiance et de l’éducation.
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L’activité clonique de plus en plus variée par l’acquisition de pouvoirs moteurs (préhension,
marche…), se précise et s’affirme grâce aux ajustements adaptifs que permet le
développement de la sensibilité au monde des objets, le tonus se répartit dans tout le corps.
L’émotion, primitivement résulte de la sensibilité propre aux organes, ensuite emprunte son
origine à une sensibilité au monde humain. L’émotion brutale est d’origine biologique interne
qui cède progressivement le pas aux sentiments plus durables et interrelationnels.
La liaison organique profonde entre les deux aspects de l’activité se traduit entre autre par le
fait qu’ils se déclenchent l’un par l’autre : le mouvement clonique réduit l’hypertonicité qui
le motive, c’est ainsi que le besoin altéré d’activité et de repos chez les jeunes enfants est
lié aux variations impérieuses du tonus. Mais il faut dire que ces deux aspects de mouvement
s’opposent parfois dans un moment d’hyperémotivité et qui peut anéantir des possibilités
motrices chez le jeune enfant ainsi que chez l’adulte ; l’émotion qui sera plus tard le désir,
l’envie, l’intention, est nécessaire au déclenchement de l’activité et doit être maitrisée pour
ne pas s’opposer à l’harmonie de l’action, et sur ce concept même va se transformer
l’activité spontanée en acte volontaire chez l’enfant. Revenant à l’idée des pédagogues que
le progrès dans l’activité nécessite l’engagement affectif de l’individu et de l’effet de
l’ambiance et de l’exercice, les éducateurs ont la possibilité de placer les enfants dans des
situations de motivation, de réussite, et de développement neuro-affectif ; et susciter chez
eux des intérêts enthousiastes pour des projets de réalisations concrètes qui fassent jouer
l’esprit d’initiative et le plaisir de construire, qui répondent à leurs besoins de mouvements
et se manifestent dans des résultats tangibles. Susciter le sentiment de réussite quand
l’enfant considère avec plaisir son œuvre en cours de construction, quand il décrète avec
satisfaction qu’il l’estime achevée. Ici même, l’enfant précède à une auto-évaluation
valorisante que la lecture et le calcul puisse-que l’appréciation des camarades peut
s’affirmer dans ce domaine beaucoup plus que d’autres. Le résultat de l’activité manuelle est
auto-validé, elle permet que l’enfant puisse s’affranchir d’une relative dépendance affective
à l’égard d’une personne privilégiée ou des membres du groupe et manifester ses propres
réactions, faire preuve d’assurance et d’initiative, de créativité dans ses comportements ;
ainsi dominer les manifestations de certaines pulsions émotionnelles.

1.3- La main et l’intelligence :


Observer l’enfant de 3 ou 4 ans qui joue avec un petit bateau au bord d’un bassin circulaire ;
sa main tout d’abord accompagne le jouet, vienne à le lâcher, et l’enfant s’étire par la suite
pour le rattraper. Une fois, deux fois, il réussit à l’entreprendre ; l’enfant ici même utilise un
schème d’assimilation, en déployant un acte moteur qui lui a réussi plusieurs fois dans
d’autres situations : tendre la main pour saisir l’objet désiré. D’une autre part il y a le
schème d’accommodation quand l’enfant a eu plusieurs schèmes d’assimilation et il parvient
à choisir celui qui convient le mieux à la situation ; dans l’exemple du bateau qui précède :
attirer, éloigner, détourner. « Nous appelons schème d’une action ce en quoi elle est
répétable, transposable, généralisable ». Arrivant à ce point d’explication de Piaget,
comment les activités manuelles sont particulièrement propices à la constitution des schèmes
moteurs qui vont pouvoir structurer le monde de l’action pour l’enfant, et se structurer en
fonction des actions accomplies ; le tissu, le papier, le carton léger, c’est ce qui se coupe
avec des ciseaux, mais il apprend par tâtonnements à choisir les ciseaux fins ou gros,
appropriés au matériel. Il peut assembler des tissus, comme il peut assembler des planches,
mais il apprend par essais et erreurs que l’aiguille convient à l’assemblage des tissus, et la
colle convient à l’assemblage des planches, et les clous au bois le plus épais…de cela,
l’activité manuelle permet à l’enfant de multiplier les schèmes moteurs qui l’amèneront de
choisir le matériel approprié au projet de l’action ; elle permet aussi de coordonner ces
schèmes peu à peu et les traduire en actions de transformation de plus en plus complexes.
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Elle l’aide à percevoir que le temps, c’est la succession d’opérations qu’on ne peut placer
dans le désordre ; c’est la simultanéité, la réversibilité du faire et du défaire quand l’erreur
est réparable. L’enfant perçoit aussi que l’espace peut s’organiser différemment, en fonction
des actions qu’on y déploie. C’est ainsi que les travaux manuelles contribuent au
développement de l’intelligence pratique de l’enfant ; comme il faut affirmer l’idée de
Piaget « que les activités manuelles sont absolument indispensables au développement de
l’intelligence conceptuelle » aussi.
MeurSchneider a écrit : « on trouve dans les instructions relatives aux acquisitions logiques et
mathématiques une part importante concernant les réalisations manuelles. Ainsi les activités
manuelles permettent-elles d’aborder des concepts élémentaires tels la permanence,
l’invariance, la transitivité, la notion d’équivalence, celle du cardinal, de la numération
positionnelle, l’organisation et la structuration de l’espace et sa mesure ». Il faut que le
monde soit possibilité d’actions, et non spectacle. Selon Piaget : « le langage ne suffit pas à
transmettre une logique, et il n’est compris que grâce à des instruments d’assimilation
logique de source plus profonde, parce que relevant de la coordination générale des
actions ». Pour Wallon, le langage ne suffit pas davantage à transmettre une logique. Mais il
est une des sources de l’intelligence (une source sociale).

1.4- Activités manuelles et société :


La main de son appartenance biologique, de sa fonction instrumentale, de sa fonction de
liaison avec l’affectivité, de sa fonction expressive, elle partage avec l’intelligence sa
fonction relationnelle. S’éduquer à la pratique des gestes ancestraux en peignant au doigt ou
en tissant la laine ; se réaliser dans ses créations présentes et dans l’assimilation que l’enfant
fait des techniques contemporaines qui lui sont accessibles (vitrail, émaux sans cuisson,
montage de documents audio-visuels, etc.) ; il se prépare sans le savoir à la maîtrise
intellectuelle et technique de la société contemporaine, développe son potentiel personnel,
et s’inscrit dans l’histoire de l’espèce humaine.

2- Les objectifs généraux des activités manuelles d’éveil :


2.1. Pour le cycle préparatoire :
 Activités d’ordre esthétique ;
 Démarches d’investigation de l’environnement ;

2.2. Pour le cycle élémentaire :


 Activités d’éveil à dominante esthétique ;
 Activités d’éveil à dominante scientifique ;

2.3. Pour le cycle moyen :


 Histoire-géographie ;
 Sciences expérimentales ;
 Éducation musicale ;
 Arts plastiques ;
2.4. Les objectifs généraux communs pour les 3 cycles :
 Compétences d’ordre corporel et psychomoteur :
 Ajuster ses propres déplacements, gestes aux circonstances ;
 Utiliser de façon efficace et fonctionnelle de différents outils et instruments pour écrire ou
tracer, pour agir sur divers matériaux, et voir certains appareils ;
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 Sensibilité et équilibre affectif :

 Être sensible à la charge affective d’une situation, d’un spectacle, d’un message, de ses
relations avec les autres ;
 Dominer les manifestations de certaines pulsions émotionnelles et cependant exprimer
émotions et sentiments de diverses façons ;
 Pouvoir s’affranchir d’une relative dépendance affective, et manifester ses propres
réactions, faire preuve d’assurance et d’initiative, de créativité dans ses comportements ;

 Socialisation :
 Tenir compte des autres ;
 Communiquer avec autrui ;
 Respecter les diverses consignes et règles dont la nécessité est reconnue pour la vie en
commun, pour l’efficacité d’une activité d’une activité collective ;
 Participer à une telle activité collective en s’intégrant à un groupe ou une équipe, et en y
assurant son rôle ;
 Découvrir ou pressentir la dimension ou la signification sociales de multiples réalités de
l’environnement : vie familiale, habitat, activités économiques diverses ;
 Compétences d’ordre méthodologique :
 Organiser les moyens dont on dispose et programmer ses démarches en fonction de
l’activité engagée ;
 Trier, classer, ordonner, organiser des données ;
 Rechercher, critiquer, exploiter les éléments d’une documentation, les apports de
diverses sources d’information ;
 Savoir observer : délimiter l’objet ou le champ de l’observation, procéder de façon
méthodique ; expliciter les questions en fonction desquels s’organisent les démarches ;
 Déceler et interpréter des indices ; comparer, mesurer, contrôler ou confronter les
constatations ; exprimer ou représenter les résultats ;
 Découvrir dans une situation les problèmes qu’elle pose, les démarches qu’elle appelle,
les occasions qu’elle offre d’investir des acquisitions précédentes, par similitude ou dans
des perspectives nouvelles.

 Possibilités mentales et équipement notionnel ou conceptuel :


 Distinguer des éléments (analyse), établir des relations, organiser en fonction de ces
relations les données d’une perception, les composantes d’une situation ou de la
description ou de la représentation qu’on en propose (synthèse) ;
 Accéder à la notion d’indice, de signe, de symbole, élaborer et utiliser un code ;
 Maîtriser les grands cadres de la pensée, et de différents aspects de notions telles celles
d’espace, de temps, de vie ; de relation causale ;
 Acquérir et organiser au niveau d’appréhension et de compréhension correspondant aux
possibilités de l’enfant les éléments de connaissance par lesquels ces notions et concepts
à la fois s’élaborent et constituent les cadres de l’assimilation des connaissances ;

 Favoriser l’épanouissement des éléments de la personnalité qui contribueront :


 À l’accès à l’autonomie ;
 Aux manifestations de créativité ;

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 Développer la sociabilité :

 Coopération à des réalisations collectives ;


 Échange et confrontation de suggestions, d’essais de réalisation, de critiques…
 Sens des responsabilités ;
 Donner à l’école la mission de préparer les enfants au monde du travail qui les attend
demain en les confrontant avec diverses activités de l’homme ;
 Stimuler la curiosité de l’enfant pour son environnement culturel et social :
 Le sensibiliser aux réalités du monde du travail proche de lui ;
 Lui ouvrir des horizons sur l’activité humaine à travers le temps et l’espace.

3- Les objectifs spécifiques des activités manuelles au cycle


préparatoire :
3.1. Activités favorisant l’habilité manuelle :
 Pétrir et modeler ;
 Nouer, enfiler, tresser, crocheter, coudre, tisser ;
 Couper et découper ;
 Plier et enrouler ;
 Collage, emboîtement, encastrement ;
 Agencements variés avec des matériaux ;
 Mosaïque ;
 Jeux de construction ;
 Réalisations de maquettes, de marionnette, de mobiles, de petits jouets.

3.2. Activités favorisant l’acquisition de compétences d’ordre


méthodologique :
 Organisation des démarches ;
 Tri et choix des matériaux ;
 Observation ;
 Mesure ;
 Initiation au schéma.

3.3. Des activités favorisant des compétences d’ordre technologique :


 Initiation au maniement (mise en route, arrêt, utilisation) d’instruments simples qui
composent l’environnement technologique des enfants (de la lampe de poche à divers
appareils ménagers ou de bureau, et appareils audio-visuels).

3.4. Des activités liées à la vie courante :


 Soins aux plantes, aux animaux, activités d’ordre domestique.

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II. ÉTUDE PRATIQUE DES DIFFÉRENTES TECHNIQUES :
1- L’organisation de la classe et des séances de travail :
1.1. Organisation matérielle :
La salle doit être organisée de manière fonctionnelle :
 Des placards pour ranger le matériel ;
 Un poste d’eau ;
 De grands plans de travail ;
 Des panneaux d’affichages qui permettent d’exposer les travaux des enfants ;
Ranger et classer les fournitures de telle sorte qu’elles soient facilement accessibles aux
enfants ; il faut de même pour le bon déroulement des activités que les enfants prennent soin
du matériel et du mobilier (reboucher le pot de la colle, rincer les pinceaux, éponger le
liquide renversé,… toutes les habitudes qu’ils doivent acquérir à l’utilisation du matériel.
1.2. Déroulement des activités :
Le fonctionnement idéal de ces activités se présente sous forme d’ateliers. Les travaux
proposés pour les élèves du cycle préparatoire : peinture, pâte à modeler, découpage,
collage… le responsable (l’instituteur) veille au bon fonctionnement des activités sans être
accaparé par des problèmes ou des difficultés d’ordre technique, il passe d’un groupe à
l’autre afin de conseiller, d’encourager, d’aider certains ou de réparer une maladresse.

2- Exemples de démarches d’activités :


2.1. Le moulage :
Le moulage est l'action de prendre une empreinte qui servira ensuite de moule dans lequel
sera placé un matériau et qui permettra le tirage ou la production en plusieurs exemplaires
d'un modèle. Le moulage consiste donc à placer un matériau (liquide, pâte, poudre, feuille,
plaque, paraison, préforme, pastille, etc.) dans un moule dont il prendra la forme.
Le matériel qui se prête le mieux au moulage est le plâtre ; il est nécessaire avant toute
chose de définir les propriétés du plâtre, selon l’âge et le niveau des enfants ; le plâtre
s’achète en poudre, l’opération consiste à le mélanger avec de l’eau jusqu’à l’obtention
d’une crème qui s’appelle « le gâchage » ; après un certain temps de séchage, il passe de
l’état liquide à l’état solide et se solidifie en épousant la forme du moule dans lequel il se
trouve.
C’est un matériau poreux et tendre : plus la quantité d’eau est élevée plus le plâtre sera
poreux et tendre et plus sa prise de forme sera lente ; il faudra donc en tenir compte si on
veut le tailler ou le graver.
Le plâtre ne brûle pas mais ne résiste pas aux fortes chaleurs ; c’est un matériau
fragile, il est possible de remédier en partie à cette fragilité en lui ajoutant de la
colle ou de la filasse de jute .
Il doit être conservé à l’abri de l’air afin d’éviter qu’il ne se solidifie au contact
d’humidité d’atmosphère.
Remarque : si on veut le peindre, il est nécessaire de passer une couche d’enduit à l’eau afin
d’éviter qu’il n’absorbe la peinture et d’utiliser une gouache épaisse (la peinture) ; on peut
aussi colorer le plâtre en diluant de la peinture dans l’eau de la gâchée (le mélange du
plâtre).
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2.2. Le tissage :
Le tissage est un procédé de production de textile dans laquelle
deux ensembles distincts de filés ou fils sont entrelacés à angle droit
pour former un tissu. Les autres méthodes sont le tricot, la dentelle
et le feutrage.
Les fils verticaux sont appelés fils de chaîne et les fils horizontaux
sont les fils de trame ou de remplissage. La méthode par laquelle
ces fils sont tissés ensemble influe sur les caractéristiques de la
toile.
On tisse à partir des fils de chaîne (ensemble qu’on appelle nappe de fils) tendus en
longueur et à intervalles réguliers sur un support. Les fils de la trame guidés par la navette
(la main ou l’aiguille) passent dessus puis dessous chacun des fils de chaîne, ces deux
positions sont altérées d’un rang à l’autre. Le résultat de l’entrecroisement des fils de
chaîne et des fils de trame s’appelle le tissu.
La chaîne doit être fixe et solide (fil de coton, de ficelle ou de Raphia qui sont plus
résistants, plus rigides et plus lisses que la laine). Pour le choix des fils de trame : le
coton, la laine,… le tissage est donc le résultat de 3 opérations :
- La construction du métier (le support) : avec les enfants les plus âgés ou les plus
habiles, l’éducateur peut envisager la construction de support comprenant deux nappes
de fils, toutes deux mobiles et fonctionnent grâce à un système de lames à l’intérieur
desquels sont fixées les lisses (en fil, métal ou bois) qui lèvent alternativement 1 fil sur
2 mais par nappes ; l’opération s’effectue sur toute la largeur du travail en une seule
action.
- Le montage de la chaîne : c’est une opération un peu délicate, il faut veiller à obtenir
sur toute la largeur du métier une tension régulière et suffisante des fils : s’ils sont trop
tendus ils risquent de se rompre, s’ils ne le sont pas assez, l’ouvrage trop mou se
déforme.
La chaîne peut être de couleur unie ou de plusieurs couleurs, mais il est nécessaire que
les fils soient de même qualité et de même grosseur.

- Le passage du fil de trame : comme c’est la trame qui donne à l’ouvrage son caractère,
il importe d’orienter le choix de recherche du matériau et sur le point : ficelle, coton,
laine, raphia, bandes de tissus,… (le choix va s’opérer selon 3 principes de caractère :
nature du fil, la grosseur, la couleur).
Comme il est possible d’intégrer dans l’ouvrage des éléments étrangers tels que des
perles, plantes sèches, écorces, paille…
Pour le support qui possède une seule nappe fixe s’offrent plusieurs exemples de points :
le point toile (2 fils dessus-1 fil dessous, ou 4 fils dessus-2 fils dessous…), le point
diagonal (2 fils dessus-2 fils dessous en décalant d’un fil à chaque rang suivant), le point
de serge (1 fil dessus-2 fils dessous, en décalant d’un fil à chaque rang suivant).

2.3. Le modelage :
Le modelage est une technique de sculpture qui se pratique sur des matières malléables,
principalement des terres plastiques comme l'argile, la terre glaise, les pâtes à modeler,
la cire, les pâtes-autodurcissantes. On pratique aussi le modelage sur la cire. Le modelage
permet d'obtenir des formes par façonnage, en utilisant des outils comme des ébauchoirs
et des spatules et aussi par le simple emploi des mains.
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Le modelage est une technique que l’on peut aborder à partir de divers matériaux
dont la plus riche d’entre eux est la terre ;
-Pâte à modeler : en quantité suffisante dans par exemple un grand cache-pot en
plastique, des plateaux de contre-plaqué, des ébauchoirs et outils ouverts divers pour
estamper, polir, etc. une série de cache-pots contenant des éléments naturels :
coquillages, pommes de pin, épis de maïs, marrons, feuilles, branchettes, aiguilles de
conifères, Plumes, qui sont utilisés pour enrichir Les modelages et qui provoquent
l’imagination
 terre : même outils et les plateaux de contre-
plaqué semblables. Un récipient avec de la
barbotine (argile délayée) pour faciliter les
« soudures », et des pinceaux. Cette matière
plait beaucoup aux enfants, elle est si agréable
au Touchet, et revêt des formes variées par une
simple pression des doigts ;
 Technique générale :
 Si on utilise de la terre glaise : il faut dans un premier temps la faire sécher, ensuite la
tamiser pour éliminer sable et gravier, et enfin la malaxer avec de l’eau jusqu’à
l’obtention d’une pâte souple et lisse, qui ne colle pas aux doigts ;
 Si on se sert de l’argile affinée qui est vendue et prête à l’emploi, on a le choix entre
la terre blanche plus malléable et la terre ocre qui prend une jolie couleur au
séchage et peut donc se passer d’émaillage ;
Toutefois que l’on choisisse l’une ou l’autre terre, certaines précautions sont à prendre
pour éviter la dessiccation (déshydratation) ; ainsi pour la conserver, il faut l’envelopper
dans un endroit frais ; le travail de la terre avant de commencer le modelage, il convient
de malaxer la terre pour chasser les bulles d’air qui risquent de faire éclater la poterie,
lors de la cuisson, veiller aussi à ce que l’objet réalisé soit d’une épaisseur régulière afin
d’éviter les cassures ; les collages : pour tout rajout, on utilise un mélange semi-liquide
obtenu à partir de débris (ymmorceaux) de terre sèche réduits en poudre et mélangés à de
l’eau, que l’on appelle « barbotine ». Pour bien ajuster deux éléments, il convient de strier
(marquer par trait) les deux parties qui seront en contact, de les enduire de barbotine avec
un pinceau, de les coller, d’écraser légèrement afin d’augmenter l’adhérence (le collage)
et enfin de lisser au doigt ou à l’éponge humide.
 Les finitions : avant le séchage, il est possible de passer en tous sens un morceau de
lame de scie à métaux, d’effacer les bosses, ensuite il ne reste plus qu’à consolider les
collages si besoin, et égaliser au doigt en utilisant de la barbotine et à lisser. Après le
séchage, il suffit de poncer au papier de verre pour enlever les aspérités puis de passer
une éponge humide.

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Le séchage doit se faire progressivement, il dure jusqu’à 15 jours, selon l’épaisseur de la
pièce ;

 La cuisson et la décoration : les pièces une fois sèches, peuvent être cuites dans un four
de céramique à 900o puis émaillées (décorées).

 Objectifs :
 Prise de contact avec un matériau ;
 Maitrise et dosage de sa force ;
 Recherche d’un équilibre, d’une harmonie ;
 Coordination oculo-manuelle ;
 Animation d’une surface ;
 Appréhension de la troisième dimension.

 Matériel :
 De la terre ;
 Des plaques de contre-plaqué comme support de travail ;
 Un fil à couper (fil de laiton ou de cuivre relié à 2 petits morceaux de
bois) ;
 Un petit couteau de cuisine pointu ;
 Une éponge ;
 Quelques ébauchoirs et mirettes ;
 Un pinceau brosse pour la barbotine ;
 Une raclette ;
 Un récipient destiné à recevoir la barbotine ;
 Des chiffons ;
 Un rouleau à pâtisserie (facultatif) ;

 Remarque : Le travail de la terre étant une activité salissante, les tables seront
protégées par des feuilles de plastique, et les vêtements par des tabliers ;

 Déroulement :

La première séance est consacré à la découverte et à l’observation du matériau, les enfants


jouent avec la terre : la pétrissent, la pressent, la pincent, la roulent, ces essais permettent
aux enfants de définir les aspects de la matière et la mettre en comparaison avec d’autres
matières comme la pâte à modeler, et définir sa résistance aux différentes pressions (doigts,
paume de la main,…) ; après cette première prise de contact, les formes subissent des
transformations jusqu’à devenir des objets plus concrets : bonhommes, animaux,… ; à la fin
de la séance les objets sont mis à sécher, une fois secs, ils seront exposés, examinés, et
critiqués, l’instituteur intervient pour montrer aux enfants comment se font les rajouts à la
barbotine pour ajuster la forme de leurs objets .

2.4. La sculpture :
À travers la sculpture, l’enfant trouve aussi le plaisir de créer, grâce au travail de ses mains,
à l’utilisation des outils, l’intérêt de cette activité surtout c’est de travailler une matière et
de se servir d’instruments.

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 Objectifs :

 Appréhension de la troisième dimension ;


 Recherche d’un équilibre et d’une harmonie des formes ;
 Connaissance et maitrise de sa force ;
 Découverte de matériaux nouveaux et utilisation d’outils ;
 Développement des coordinations motrices fines ;
 Coordination oculo-manuelle ;

 Matériel :
 Matériaux tendres (plâtre, savon, craie, polystyrène, balsa,…) ;

 Outils divers : ciseaux, canif (couteau de poche), scie à découper, râpe à bois,
papier de verre, filicoupeur,… ;

 Déroulement :
Ce n’est que par essaie que les enfants arrivent à déterminer ce qui convient de mieux
comme matière (sa structure, ses propriétés) pour la sculpture ; ils constatent alors que le
polystyrène :
 Fond à la chaleur, ils utilisent un filicoupeur pour le découper ;
 Il est dissous par certaines colles qui sont à base d’acétate (sel de
l’acide acétique) ; aussi son effet solvant permet de le creuser ;
 Sa structure est alvéolaire, il s’émiette facilement ;

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On peut consigner toutes ces découvertes dans un tableau à double entrée :

Canif Ciseaux scie filicoupeur Râpe Gouge Cutteur Papier de


verre
Bois
savon
Bougie
Polystyrène
Plâtre
Craie

Canif Ciseaux scie filicoupeur Râpe Gouge Cutteur Papier de


verre
Couper
Entailler
Graver
Polir

Après avoir définit le rôle de chaque outil et connaitre les trois opérations (couper,
entailler/graver, polir), les élèves recherchent la façon de s’en servir ;
On peut réaliser avec le bois, de petits objets (masques miniatures, animaux aux formes
simples) en creusant, taillant… ;
Le savon et la bougie, sont les plus faciles à travailler : dessiner la forme simple sur le savon
à l’aide d’une pointe, enlever les parties excédentaires par petits morceaux, ensuite sculpter
plus finement avec un canif, polir avec un chiffon doux ;
Le polystyrène, diverses réalisations sont possibles avec cette matière :
- Des silhouettes, bateaux,… ;

 Le plâtre, à partir d’un bloc de plâtre, cylindrique ou cubique, les élèves sculptent à l’aide
d’un canif un sujet (maison, animal, personnage,…) les finitions se font en papier de verre,
et l’objet sculpté peut être peint ou laissé blanc.
La craie, tailler et sculpter le bâton de craie avec la lime, ensuite décorer avec de la
peinture gouache l’objet sculpté.

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2.5. Le pliage :
Le pliage est reconnu par le mot « Origami » qui est d’origine japonais et comprend deux
parties : « Orupliage » qui signifie « plier », et « Kami » qui veut dire « papier », cet art est
l’un des plus anciens arts populaires en Chine au Ⅵe siècle qui aurait été apporté au japon par
la suite. Ainsi, le pliage est « le fait de donner au papier de jolies formes ou figures par le biais
d’une succession de plis sans découpage ni collage ».
Dans cette technique on a besoin surtout du papier de forme carrée, sinon on peut utiliser
d’autres formes rectangulaires ou circulaires en cas de nécessité, ces formes de base (carré,
rectangle ou cercle) passe par une série de plis pour prendre d’autres modèles de formes plus
compliquées et figuratives, ex : un animal (chat, poisson, lapin,…), une plante (fleur, arbre,
fruit,…) ou un objet (boite, maison, voiture, robe,…).
Chaque pliure porte sa signification comme la pliure d’une montagne, pliure d’une vallée,
pliure de l’oreille du lapin,…)
 Objectifs :
- Une jouissance par le simple papier qui amène à réaliser de jolies formes ;
- Réaliser et apprendre des formes géométriques ;
- Développe la concentration et la patience chez l’enfant ;
- Exerce la Motricité fine de la main ;

2.6. Le découpage :
Le mot découpage provient du verbe : découper, qui veut dire couper le papier en différentes
formes et volumes en utilisant les ciseaux ; il est un art d’apprentissage pour la motricité fine
et la coordination entre le regard et le geste.
Dès la maternelle l’enfant s’approprie à cette activité manuelle en passant par le
déchiquetage avec la main ensuite le découpage avec les ciseaux ou autre.
 Objectifs :
- Entrainer la précision du geste ;
- Concentrer le regard ;
- Apprentissage des lignes : horizontale, verticale, sinueuse,… ;
- Manipulation et maitrise de l’outil ;
- Coordination oculo-manuelle ;
- Coordination bi-manuelle (entre les deux mains) ;
- Habilité et dextérité progressive des doigts et des mains ;
 Méthode de travail :

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- S’assurer que les ciseaux coupent bien le papier ;
- Pour l’enfant utiliser des ciseaux à bouts arrondis par mesure de sécurité de l’enfant ;
- Contrôle des ciseaux et manipulation du papier ;

 Types de découpage :
- Découpage à coup sec : découper d’un seul coup le papier.
- Découpage d’une ligne : découper suivant une ligne.
- Découpage sur pliure : découper suivant une trace de plis.
- Découpage à une limite : découper suivant une ligne et s’arrêter au milieu ou à une limite
définie de la ligne.
- Découpage en bandes à une limite : (ex pour former de l’herbe).

Découpage de formes de feutrine

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