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Microbiologie Générale Chapitre 3 2014/2015

Ecole d’ingénieurs Polytechnique privée de Sousse

Cours de Microbiologie générale

Rédiger par :

Dr. Olfa KILANI FEKI

Année universitaire 2014/2015

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Microbiologie Générale Chapitre 3 2014/2015

Chapitre IV

Nutrition des bactéries

1- Introduction

Une bactérie comme E. coli croît et se divise en 20 à 30 min, pour donner naissance à
deux bactéries qui hériteront de la cellule mère le même potentiel d’activité, les mêmes
structures et le même besoin de division. Ceci nécessite une nutrition qui doit être
satisfaite par deux types de substances qu’elle doit trouver dans son environnement
naturel ou synthétique : les substances élémentaires (carbonées, azotées et minérales) et
les substances énergétiques. Selon leurs concentrations ils sont classés en :

► Les macroéléments

• Les éléments majeurs : Carbone, Oxygène, Hydrogène, Azote, Soufre, Phosphore.


Ce sont des constituants des glucides, lipides, protéines et acides nucléiques. Ils sont
requis à des concentrations exprimées en g/l

• Les éléments mineurs : Potassium, Calcium, Magnésium et Fer. Ils existent dans la
cellule à l’état de cations. Ils sont requis à des concentrations exprimées en mg/l.

► Les oligoéléments

• Manganèse, Zinc, Cobalt, Molybdène, Nickel, et Cuivre. Ils sont impliqués dans les
activités des enzymes et des cofacteurs et dans la catalyse des réactions et au maintien de
la structure des protéines. Ils sont requis à des concentrations exprimées en μg/l.

2- Types d’alimentation chez la bactérie :

Selon la nature des besoins nutritionnels des bactéries, des catégories peuvent être établies, ils
sont dits des types trophiques (du grec trophus : nourriture).

a. Selon la source de carbone :


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Le carbone est l’élément constitutif essentiel de la cellule (50% chez E. coli), il doit être
fourni en quantité suffisante. Selon l’origine du carbone une répartition est établie:

- Les autotrophes : Ils sont capables de se développer sur milieu complètement minéral et
n’avoir comme seule source de carbone que le CO2 atmosphérique.

- Les hétérotrophes : ont pour source de carbone les substances organiques. Ceci qui
revient à dire qu’ils consomment les molécules organiques préformées et réduites. La
majorité des bactéries ont une capacité de consommer le carbone à partir d’une panoplie de
sources, exp : Burkholderia cepacia peut avoir plus de 200 sources. D’autres bactéries ont
des exigences strictes pour une source de carbone particulière, exp : Pseudomonas
methanica qui utilise que le méthane ou le méthanol.

b. Selon la source d’énergie :


La source d’énergie est celle qui fournit les atomes d’hydrogène, on distingue :

- Les lytotrophes : ont pour la source ou le donneur d’hydrogène les substances inorganiques.
- Les organotrophes : ont pour le donneur d’hydrogène les substances organiques.
Ces deux groupes sont des chimotrophes puisque leurs sources d’énergie sont dans les deux
cas chimiques. La majorité des bactéries sont chimoorganotrophes.
- Les phototrophes utilisant la lumière solaire comme source d’énergie.

c. Selon la capacité synthétique des bactéries


- Les prototrophes ont la capacité de synthétiser eux-mêmes les substances nécessaires pour
leur survie, telles que les acides aminés (tous), les nucléotides mais aussi les facteurs de
croissance.
- Les auxotrophes suite à des mutations dans un ou plusieurs gènes codant pour une des
substances vitale, comme les acides aminés, la croissance de ces bactéries dévient
dépendante de l’apport exogène de ses substances dans le milieu.

d. Source d’azote :
L’azote est indispensable pour la synthèse des protéines qui représente 10% du poids sec de la
bactérie. Il n’existe pas de catégories établies sur la base de ce besoin.
L’azote peut être d’origine minérale :
* NH4+ et NO3- utilise par la plupart des bactéries

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* NO2- utilisé par le genre Nitrobacter


* N2 utilise par les bactéries fixatrices d'azote libres (Azotobacter) ou symbiotiques
Origine organique :
A partir des acides aminés (R-NH2) une désamination permet de libérer le NH4+ ou une
transamination qui libère le radical NH2.

e. Source de souffre et de phosphore :


Le soufre est nécessaire pour les groupements thiol des acides aminés soufrés. Il est incorporé
sous forme sulfate ou sous forme organique.
Le phosphore fait partie des acides nucléiques, des cofacteurs et de l’ATP. Il est incorporé
sous de phosphate inorganique.

3- Mécanismes d’alimentation :
La membrane cytoplasmique joue le rôle de barrière empêchant d’une part la fuite des
composés intra-cytoplasmique quel que soit leur poids moléculaire, et d’autre part la
pénétration anarchique des constituants extracellulaire. Elle est perméable à l’eau et assure les
échanges en absorbant les éléments utiles au métabolisme, en excrétant d’autres molécules et
en éliminant les déchets. Différents mécanismes sont impliqués dans cette fonction :

a. Diffusion simple :
L’eau, les gaz, les petites molécules hydrophobes (O2, N2, …) ou polaires non chargées
(H2O, CO2,…) passent facilement à travers la membrane sans consommation d’énergie. Les
flux membranaires s’orientent des zones les plus concentrées vers les moins concentrées
jusqu’au arrivé à un équilibre osmotique.

b. Diffusion passive :
Pour des molécules de taille moyennement importante et hydrophiles, la diffusion
nécessite la présence de canaux protéiques peu spécifiques (les pores) et qui assurent
l’échange dans les deux sens avec une vitesse de transfert importante.

c. Diffusion facilité :
La diffusion facilitée concerne les grandes molécules (les médicaments), ainsi que les
substances hydrophiles et portant une charge électrique (les sucres, les ions). Il se fait à l’aide
des protéines-transportrices (les perméases, les translocases) selon le gradient de
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concentration et toujours sans dépense d’énergie. Les protéines transportatrices sont


caractérisées par des changements de conformation au cours de l’échange contrairement aux
protéines impliquées dans le transport passif. Ce transport ne peut se faire que dans un seul
sens.

d. Transport actif :
Ce mode de transport assure les échanges qui se font contre le gradient de concentration
dans le but de concentrer sélectivement certaines substances et en rejeter d’autres. Ceci leur
permet d’assurer un équilibre chimio-osmotique de part et d’autre de la membrane. De ce fait,
ce système est sensible aux variations osmotiques brutales. Il nécessite l’intervention de
plusieurs types de protéines, à savoir, des protéines transmembranaires spécifiques, des
protéines de la membrane externe ou de la membrane interne, ou encore des protéines libres
dans le périplasme ou le cytoplasme. C’est un mécanisme qui nécessite un apport d’énergie
métabolique qui peut avoir deux origines : soit la phosphorolation oxydative (ATP), soit la
respiration qui engendre un gradient électrochimique de protons (ΔµH).

Figure 1 : Schématisation des différents type de transport au niveau de la membrane


cytoplasmique

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4- Respiration bactérienne:
La respiration est la circulation d’électrons le long d’une chaine de transporteurs au niveau
de la membrane cytoplasmique. Ces électrons peuvent avoir comme source les substances
organiques ou inorganiques.
La nature du récepteur terminal détermine le type de respiration :
- Aérobie quand l’accepteur final est l’O2  présence obligatoire d’O2
- Anaérobie quand l’accepteur est un corps organique (fumarate) ou inorganique
(nitrate)  Absence obligatoire d’O2.
- Anaérobie facultatif, l’accepteur final peut ou pas être l’oxygène.
La respiration a pour rôle de créer de part et d’autre de la membrane cytoplasmique une ddp et
une différence de pH qui vont établir un gradient électrochimique de proton (ΔµH), appelé
aussi force promotrice.