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LE DROIT DES CONTRATS

. Rostom NIZAR
DROITS CONTRATS

 Un contrat est un accord de volonté en vue de

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créer une ou des obligations juridiques. C'est un
engagement volontaire, formel ou informel, seul
ou entre plusieurs parties et reconnu par le droit.
 Le contrat est un acte juridique

 Le quasi-contrat est un fait juridique

 Le contrat est la loi des parties contractantes

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 Tout contrat est un engagement synallagmatique par
lequel une partie s’engage à donner ou faire, en
contrepartie d’un prix payé par l’autre qui est le

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débiteur du prix.
 Le DOC marocain notamment son article 19 stipule :
La convention n’est parfaite que par l’accord des
parties sur les éléments essentiels de l’obligation,
ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les
parties considèrent comme essentielles « La théorie
classique du contrat qui est une conception
volontariste et individualiste et consensualiste a été
élaborée en France au cours des XVII et XVIII siècles
pour être consacrée par le code civil (1804) et 3
marocain 1913).
CLASSIFICATION DES CONTRATS

 La grande diversité des contrats appelle une mise


en ordre qui se réalise au moyen de
regroupements dans des ensembles plus ou moins

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homogènes. Le code civil français fait état de
certaines classifications dans ses articles 1102 et
suivants (contrats synallagmatiques et contrats
unilatéraux, contrats commutatifs et contrats
aléatoires, contrats de bienfaisance et contrats à
titre onéreux).
 Le DOC se contente de faire allusions indirectes
à certaines classifications.
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CONTRAT NOMMÉ – CONTRAT INNOMMÉ :

 Les contrats nommés correspondent à une opération


définie, dont le régime est fixé par un texte (contrat
de vente, de louage, de dépôt).

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 Les contrats innommés sont ceux qui n’ont pas été
spécialement prévus par le texte législatif mais les
besoins de la vie sociale peuvent susciter l’apparition
 Cette catégorie recouvre les contrats qui crées et
gérés par les parties pour répondre à un besoin
spécifique mais aussi tous les montages et opérations
issus de la pratique professionnelle (contrat
d’affacturage).
 Pour classer les contrats d’après leurs contenus, il
faut tenir compte de la réciprocité des engagements,
du but poursuivi par les parties. 5
CONTRAT SYNALLAGMATIQUE ET CONTRAT
UNILATÉRAL

 Le 1er est celui qui fait naître des obligations à la


charge des deux parties qui sont à la fois

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débitrice et créancière. Exemple : Le contrat de
vente. Le vendeur doit livrer la marchandise (il
est donc débiteur de la marchandise) et, en
contrepartie, il est en droit d’exiger le paiement
du prix correspondant à la marchandise (il est
créancier du prix). Réciproquement, l’acheteur
doit payer le prix de la marchandise (il est donc
débiteur du prix) et, en contrepartie, il doit
recevoir la marchandise (il est donc créancier de
la marchandise. La plupart des contrats usuels 6
sont des contrats synallagmatiques.
 En revanche, le contrat unilatéral (à ne pas confondre
avec l’acte unilatéral), résulte bien de la volonté des
parties, mais il n’engendre d’obligations juridiques
qu’à la charge de l’une des parties. Exemple : Le
contrat de prêt. Le créancier (ici le prêteur) n’a

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aucune obligation juridique envers le débiteur.
(L’emprunteur). En revanche, celui-ci est tenu de
rembourser le prêt, d’honorer sa dette. Le contrat de
prêt est donc un contrat unilatéral dont la mise en
œuvre nécessite la volonté concordante des deux
parties, mais il ne fait peser d’obligations juridiques
que sur l’emprunteur (qui doit rembourser la somme
d’argent empruntée).
 Cette distinction est importante en ce qu’elle permet
de déterminer les règles de preuve applicables (le
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consentement, le formalisme).
CONTRAT À TITRE ONÉREUX – CONTRAT À TITRE
GRATUIT

 Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit


chaque partie à faire ou à donner quelque chose.
 Au contraire, le contrat à titre gratuit ou contrat

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de bienfaisance ne procure un avantage qu’à
l’une des parties sans que l’autre ne reçoive de
contrepartie. (La donation, le mandat non
salarié).
 Là encore la distinction est utile car les contrats
à titre gratuit, en raison des dangers qu’ils
représentent, sont soumis à des règles spéciales.

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CONTRAT COMMUTATIF – CONTRAT ALÉATOIRE

o Le contrat commutatif est un contrat à titre


onéreux par lequel les parties s’engagent
réciproquement à fournir à l’autre partie une

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contrepartie déterminée et équivalente (le
contrat de vente et le contrat de louage.)
 Le contrat aléatoire est un contrat
synallagmatique dans lequel les parties ne
connaissent pas la valeur exacte que revêt la
prestation. Cette prestation ne sera déterminée
qu’au jour de la survenance d’un événement qui
est incertain au moment de la conclusion du
contrat (jeu, assurance,pêche).
 NB: Dans les contrats aléatoires les parties ont 9
accepté de courir un risque.
CONTRAT À EXÉCUTION INSTANTANÉE –
CONTRAT À EXÉCUTION SUCCESSIVE.

 Le contrat à exécution instantanée donne


naissance à des obligations qui s’exécutent en
une seule fois, il cesse de produire effet dès

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l’exécution des prestations.

 Le contrat à exécution successive s’échelonne


dans le temps
Sa spécificité réside dans le fait que son
annulation n’a pas d’effet rétroactif.

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CONTRAT FORMEL ; CONTRAT CONSENSUEL ;
CONTRAT RÉEL

 Les contrats formels sont ceux dans la validité


est subordonnés à l’accomplissement de certaines
formalités.

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 Les contrats consensuels, au contraire, sont
valables du seul fait de l’échange de volonté.
 Les contrats réels sont ceux qui nécessitent pour
leur validité et leur création un accord de volonté
et la remise de la chose (le contrat de prêt).

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CONTRAT INTUITU PERSONAE ; CONTRAT
ORDINAIRE.

 Leur différence tient à l’importance que prend la


personnalité du contractant- qualités spécifiques,
honnêteté…dans la décision de conclure le

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contrat avec lui plutôt qu’avec un autre. Si c’est
une importance essentielle, le contrat, le contrat
est intuitu- personae, c'est-à-dire conclu en
considération de la personne (cas de la donation,
du contrat de travail, ou encore du prêt).

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ELÉMENTS CONSTITUTIFS DU CONTRAT
 Le consentement,
 La capacité,

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 L’objet,

 La cause.

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LE CONSENTEMENT:
 Il s’agit là de la première condition d’une
formation valable du consentement, à laquelle
s’ajoute la capacité, l’objet et la cause.

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 L’article 19 du DOC énonce que la convention
n’est parfaite que par l’accord des parties sur les
éléments essentiels de l’Obligation.

 Même la dénonciation unilatérale n’est pas


acceptable, tant que l’accord de volonté n’est pas
acquis.
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 L’art 20 du DOC, précise à son tour que le
consentement n’est point parfait lorsque les
parties ont expressément émis des réserves sur

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certaines clauses comme devant faire l’objet d’un
accord ultérieur.

 L’art 21, de son coté a prévu une condition


logique à savoir que les réserves ou les
restrictions, non portées par l’une des parties à la
connaissance de l’autre ne peuvent pas être
prises en considération, elles ne peuvent ni
infirmer ni restreindre les effets de la déclaration
de volonté exprimée par les parties. 15
Cette logique confirme la volonté du
législateur de ne lier les parties que par
des engagements clairement voulus par

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elles, et que celles-ci en cas de réserves
dévoilent expressément leur position, de
la même manière qu’elles doivent
convenir ensemble des modifications
éventuelles de leurs Obligations.

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L’ÉCHANGE
L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS
 Le consentement n’est pas une décision sans
contrepartie, ou au moins sans une offre à
laquelle il a fallu répondre.

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 Le processus de formation du Consentement et
des Obligations qui en découlent est commandé
par l’échange des Consentements.

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LES VICES DE CONSENTEMENT
 Le dol: Le dol est l’erreur provoquée par des
manœuvres frauduleuses de la part de l’autre
partie

AFRIQUE-COMPETENCES
 L’erreur: Il y a erreur lorsque l’une des parties
s’est trompée sur l’un des éléments essentiels du
contrat
 La violence: Il y a violence lorsque le
consentement a été donné sous la contrainte

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CAPACITÉ JURIDIQUE
 La capacité juridique est l’aptitude d’une
personne à être titulaire de droits et à exercer ces
droits elle-même.

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On distingue entre :
 Capacité de jouissance : L’aptitude à être
titulaire de droits (une personne peut, hériter,
acheter une maison) et d'obligations (une
personne doit payer ses impôts, réparer les
dommages qu'elle cause, respecter sa parole
contractuelle).
 Capacité d’exercice : L’aptitude à exercer seul et
par soi-même les droits et obligations dont on est
titulaire (vendre une voiture dont on est 19
propriétaire).
LA CAPACITÉ DE JOUISSANCE :
 Tout individu dispose à sa naissance d’une pleine
capacité de jouissance.

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 Autrement dit, il a droit à une éducation, droit à
la vie... La capacité de jouissance est une notion
très voisine de celle de personnalité juridique, car
une incapacité générale de jouissance
équivaudrait, en fait, à une absence de
personnalité juridique.

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LA CAPACITÉ D’EXERCICE :
La capacité d’exercice s’acquiert par toute
personne ayant atteint l’âge de la majorité légale
fixé à 18 années grégoriennes révolues, sauf pour :

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 Le dément : Personne majeure qui a perdu la
raison.
 Le prodigue : Personne qui dilapide ses biens par
des dépenses sans utilité ou futiles, d’une manière
qui porte préjudice à lui-même ou à sa famille.
 Le faible d’esprit : Celui qui est atteint d’un
handicap mental l’empêchant de maîtriser sa
pensée et ses actes.
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L’OBJET
 Un objet qui forme la matière de l’engagement
 L’objet touche au contenu de l’accord.

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LA CAUSE
 Une cause doit être licite dans le contrat.

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 La cause est le pourquoi du contrat

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RESPONSABILITÉ CIVILE
 Il va de soi que Celui qui n’exécute pas les
obligations mises à sa charge par le contrat
engage sa responsabilité contractuelle. La mise

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en jeu de la responsabilité contractuelle du
débiteur suppose la réunion de trois conditions:
 Une faute contractuelle

 Un dommage// un préjudice

 Un lien de causalité entre la faute et le dommage

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RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE

 La responsabilité contractuelle est l’obligation


pour le contractant de réparer le dommage

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résultant de l’inexécution du contrat.

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LA RESPONSABILITÉ DÉLICTUELLE

 Responsabilité née en dehors de tout contrat.

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 Obligation d'un individu de répondre de ses actes
lorsque ceux-ci ont
entraîné une situation portant préjudice à autrui.
Elle impose la réparation du préjudice
civil, subi par la victime.

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LA FAUTE

La faute, c'est d'abord une certaine conduite,
certains comportements de l'auteur du dommage.

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Ce comportement doit s'apprécier par rapport au
comportement idéal et abstrait du bon père de
famille, du citoyen honnête et diligent.
 La faute peut être par commission ou par
omission .

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LE PRÉJUDICE
 Le préjudice est synonyme de « dommage » dans
l'usage commun. Il s'agit des conséquences
juridiques d'un dommage subi par une personne

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physique ou morale dans son intégrité physique,
dans ses biens, dans ses sentiments, dans son
honneur. Le préjudice est le fait que le dommage
fait naître, chez la victime, un droit à réparation.
Ainsi, si le dommage correspond à un fait
matériel, le préjudice correspond à sa
conséquence qui entraîne le droit à réparation et
à l'indemnisation.
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LE LIEN DE CAUSALITÉ

 Le lien de causalité se définit comme le lien de


cause à effet entre le fait générateur
de responsabilité et le dommage dont il est

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demandé réparation.

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LA GESTION DÉLÉGUÉE
 La gestion déléguée est un contrat par lequel une
personne morale de droit public, dénommée
"délégant" délègue, pour une durée limitée, la

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gestion d'un service public dont elle a la
responsabilité à une personne morale de droit
public ou privé, dénommée "délégataire" en lui
reconnaissant le droit de percevoir une
rémunération sur les usagers et/ou de réaliser
des bénéfices sur ladite gestion. La gestion
déléguée peut également porter sur la réalisation
et/ou la gestion d'un ouvrage public concourant à
l'exercice du service public délégué.

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LE CONTRAT DE CONSOMMATION
Le contrat de consommation est une
convention signée librement par une

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partie consommateur et une partie
professionnelle, qui engage le vendeur à
fournir une marchandise ou une
prestation en échange d'un paiement

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LA CLAUSE ABUSIVE
 Une clause abusive une mention contractuelle de
nature à créer un déséquilibre significatif entre
les droits et les obligations des parties, dans le

AFRIQUE-COMPETENCES
cadre d'un contrat conclu entre un professionnel
et un consommateur.

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LE CONTRAT D’ENTREPRISE
 Le contrat d'entreprise est
une convention dans laquelle
l'entrepreneur maître d’œuvre s'engage à mettre

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son talent à la disposition du maître d'ouvrage
(client) moyennant
une rémunération préalablement définie.
 Ce contrat qui comporte une prestation de service
est donc à titre onéreux.
 L'entrepreneur réalise une prestation matérielle
au profit de son client et non pas un acte
juridique pour le compte de celui-ci.
 Il existe d'ailleurs dans ce contrat une sous-
catégorie qui est le contrat de sous-traitance. 33
LE CONTRAT DE SOUS-TRAITANCE
 La sous-traitance est une opération par
laquelle une entreprise (le donneur d’ordre)
confie à une autre entreprise (le sous-traitant) le

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soin d’exécuter pour elle une partie des actes de
production et de services dont elle conserve la
responsabilité.
 Généralement, le donneur d’ordre confie au sous-
traitant une partie des travaux qui lui ont été
préalablement confiés par une autre entreprise,
appelée maître d’ouvrage.
 Le contrat de sous-traitance est un contrat
d’entreprise qui permet de cadrer et de
sécuriser les relations entre le sous-traitant et le 34
donneur d’ordre.
LA PRESCRIPTION
 La prescription est un moyen d'acquérir ou de se
libérer par un certain laps de temps, et dans les

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conditions déterminées par la loi ».

 Même si la prescription s'applique dans de


nombreux domaines du droit, la présente étude
ne portera que sur les obligations de nature
commerciale, au moins pour l'une des parties.

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 Les obligations nées entre commerçants [...], à
l'occasion de leur commerce se prescrivent par
5 ans et de 15 ans en matière civile.

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La prescription

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En droit
En droit Commercial
civil La prescription
la Prescription Est de 5 ans
est de 15 ans

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LE RÈGLEMENT DES CONFLITS
LA JUSTICE ÉTATIQUE:
Les institutions judiciaires (l’organisation
judiciaire).

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Il s’agit de connaître les différents tribunaux
Etatiques, à savoir;
 Les tribunaux administratifs,

 Les tribunaux civils,

 Les tribunaux de la famille,

 Les tribunaux pénal,

 Les tribunaux de commerce.

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 Les conditions de mise en œuvre et le cadre
juridique ( la procédure).

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 Les intervenants : Avocats à la Cour, voués,
huissiers, force publique, magistrats / greffiers,
experts

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LES MODES ALTERNATIFS DE RÈGLEMENT DES
CONTENTIEUX : MARC

 Ces modes recouvrent tout mécanisme


permettant de trouver des solutions acceptables

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par des parties en différend, en dehors des
procédures judiciaires traditionnelles, d’où le
terme « alternatif ». Ils ne se substituent pas à
celles-ci mais doivent permettre de vider les
conflits de leur substance à la satisfaction des
parties.

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 Parmi les termes clés relatifs aux MARC, on
trouve des procédures fondamentales
conventionnelles (Arbitrage, Médiation et

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Conciliation), ainsi que d'autres modèles hybrides
judiciaires telles que l'expertise et la transaction.

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 Certes, le recours au MARC reste minime, pour
la simple raison que la culture du recours aux
juridictions étatiques est ancrée dans la
mentalité marocaine.

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 Or, tel n'est pas le cas aux pays anglo-saxons,
puisque, on trouve des méthodes de médiation et
d'arbitrage dites hybrides employées dans les
pays développés surtout aux Etats-Unis
d'Amérique; tels que, la négociation non assistée,
la négociation assistée sans avis/sentence non
obligatoire, et arbitrage avec sentence arbitrale
obligatoire.
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 Aujourd'hui, si au niveau national le recours à
l'arbitrage reste assez exceptionnel et devient de
plus en plus fréquent en matière de contrats

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internationaux, dans lesquels des clauses
compromissoires décident presque toujours que
les litiges seront réglés de cette manière.

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LA CONVENTION D'ARBITRAGE:
 « La convention d'arbitrage est l'engagement
des parties de recourir à l'arbitrage pour régler un
litige né ou susceptible de naître concernant un

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rapport de droit déterminé de nature contractuelle
ou non contractuelle. La convention d'arbitrage
revêt la forme d'un compromis d'arbitrage ou
d'une clause d'arbitrage ».

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LE COMPROMIS D'ARBITRAGE:
 Le compromis d'arbitrage est la convention
par laquelle les parties, dans un litige né
décident de s'en remettre à un ou plusieurs

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arbitres pour trancher ce litige.

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LA CLAUSE COMPROMISSOIRE:

 La clause d'arbitrage dite encore la clause


compromissoire, est la convention par laquelle
les parties stipulent, lors de la conclusion, dans

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un contrat, qu'un litige éventuel et futur sera
soumis à l'arbitrage.

 Cette clause n’est valable que dans les contrats


conclus dans un cadre professionnel.

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LA SENTENCE ARBITRALE:
 Pour les sentences arbitrales rendues sur le
territoire marocain, leur exécution est ordonnée

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par le président du tribunal de première instance
du lieu où elles ont été rendues. Les sentences
sont déposées, à cet effet, au greffe du tribunal
dans un délai de 7 jours.
 Mais avant d’ordonner l’exequatur, la Cour
Suprême édictait une règle selon laquelle « Le
président doit, sans examiner le fond de
l’affaire, s’assurer que la sentence n’est pas
affectée d’une nullité d’ordre public, et doit
contrôler la régularité formelle de la
sentence ». 47
 La sentence arbitrale doit donc satisfaire
certaines conditions de fond et de forme. En effet,
s’agissant de ces dernières, la partie
demanderesse doit fournir l’original ou une copie
authentique de la sentence arbitrale, de la police

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d’assurance et autres documents constitutifs du
dossier ainsi une traduction officielle des ces
documents en la langue de l’autre partie.
 Par ailleurs, la loi n’exige pas des conditions de
fond précises, mais se limite à indiquer les cas où
la sentence serait refusée ; ceux-ci se rapportent,
en gros, à la compétence des arbitres, au respect
de la procédure et à la conformité de la sentence
rendue à l’ordre public. 48
 L’ordonnance de son exécution n’est cependant
plus attaquable devant la Cour d’Appel. Cette
nouvelle mesure évitera les nombreux recours

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contre l’ordonnance d’exequatur dont le seul but
est d’annuler la sentence.

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SENTENCE ARBITRALE INTERNATIONALE:
 D’autre part, la loi 08-05 reconnaît les sentences
arbitrales internationales non contraires à l’ordre
public marocain et leur donne une force

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exécutoire.
 Toutefois, l’exécution de ces décisions comporte
une limite, celle où l’ordonnance d’exequatur peut
être refusée par le juge marocain. Ce dernier ne
pouvant, bien évidemment pas, toucher à une
sentence rendue par un arbitre international. Le
législateur permet ainsi à la justice nationale de
contrôler les décisions internationales ayant effet
au Maroc. 50
 Au-delà de l’ordonnance d’exequatur, bien
réglementée par la loi, les parties aux litiges qui
choisissent l’arbitrage recourent rarement à la
justice pour l’exequatur. En fait, les parties
préfèrent exécuter la sentence arbitrale au lieu
d’aller chercher la force exécutoire auprès de la

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justice, puisque cette dernière est synonyme de
publicité.
 Finalement on tiendra en compte le risque qu’un
ou plusieurs centres d’arbitrage nouvellement
implantés subissent un mauvais arbitrage ; par
exemple une sentence arbitrale qui précise des
dommages excessifs, ou qui parait favoriser une
des parties. Ce risque semble moins significatif
en ce qui concerne la médiation où les parties
négocient une solution à l’amiable.
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LA MÉDIATION:
 Les parties peuvent inclure dans le contrat, un
recours à un médiateur en cas de différend et
avant l’action en justice. Selon les dispositions du

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nouveau texte et lorsque le contrat le prévoit,
l’action en justice est tout simplement irrecevable
avant le passage par la médiation

52
 L’avis émis par le médiateur ne lie pas les
parties. Là se situe l’un des intérêts majeurs du
système. Le débiteur peut toujours s’adresser au

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juge.
 Mais si une telle décision adoptée, le débiteur
comme le créancier demeurent liés par
l’engagement qu’ils ont pris de ne pas révéler au
juge la nature et le sens de l’avis du médiateur.

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EN GÉNÉRAL:
 le recours à l’arbitrage reste peu fréquent au
niveau local.

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 Il en est autrement en matière de contrats
internationaux où les clauses compromissoires
décident, presque systématiquement, de
soumettre les litiges à l’arbitrage.

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MERCI DE VOTRE ATTENTION
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