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UNIVERSITÉ DE SFAX

Institut Supérieur
d’Administration des Affaires
Principes de gestion II
(ISAAS) TD 5 1èreLAG
Année universitaire : 2011-2012

Questions de cours

1- Selon l’approche intégrative, le style de direction résulte de l’interaction entre plusieurs


éléments que nous pouvons regrouper en quatre groupes de facteurs. citez et expliquez ces
quatre groupes de facteurs.
2- Présentez la grille de leadership de BLAKE et Mouton.

Etude de cas

Trois amis se retrouvent pour discuter ensemble : Mr Ali, Mme Zohra qui sont des chefs d’entreprises
confirmés et Mr Mounir qui, pour sa part, vient de décider de créer sa propre entreprise.

Mr Mounir demande conseil à ses amis parce qu’il a l’impression que la tâche est difficile et qu’il ne
sait pas comment bien faire démarrer son affaire.

Mr Ali conseille Mr Mounir de faire surtout très attention à la manière de diriger son personnel. Il lui
précise : « Je te le conseille fortement, il faut diriger son personnel d’une main de fer sinon ils auront
tendance à ne rien faire ou à la rigueur à faire semblant de travailler. Tu sais, le salarié, et l’être
humain en général, est par définition, paresseux, il ne veut pas se fatiguer, il ne veut rien faire que la
sieste. Et, en plus de ça, il va venir te harceler chaque fin de mois pour avoir un salaire plus important,
des primes plus fréquentes, des avantages plus spectaculaires…
Je te le dis sincèrement, plus tu fais attention aux lamentations de ton personnel, plus ils voudront te
manger tout cru en une seule bouché. Alors ignore-les, ne négocie pas, donne leur ce qu’ils sont
obligés de faire et occupe-toi de bien les surveiller. »

Face à ce témoignage extrême de Mr Ali, Mme Zohra s’est révolté en disant : « Ho ho ho, attend cher
ami, pourquoi raconte-tu cela. Dans mon entreprise et avec mon personnel, ce n’est pas du tout
comme ça que ça se passe. C’est vrai qu’il y a toujours et il y aura toujours des gens qui vont essayer
d’abuser de la situation, mais il ne faut pas généraliser.
Je suis à moitié d’accord avec les propos de Mr Ali sur le fait que si ta seule préoccupation est de
satisfaire tous les désirs de ton personnel, ton entreprise finira par faire faillite en un rien de temps
mais ceci étant, il ne faut pas non plus complètement les ignorer.
Ecoute Mounir, je te conseille de faire comme moi, essaye toujours de créer un minimum de climat
agréable, de faire participer ton personnel aux prises de décisions, même si ce n’est qu’en les
consultant. Tu sais tes salariés sont compétents et veulent participer à l’activité de l’entreprise, mais
aussi contribuer à la faire prospérer. Tu verras tout se passera bien comme ça. »

Mr Mounir a bien écouté ses deux amis mais il se sent plus perdu qu’avant. Il compte sur vous pour
l’aider à y voir plus clair.

Travail à faire
1- En vous référant à l’approche unidimensionnelle basée sur le comportement du dirigeant en
matière de style de direction. Décrivez les styles choisis par les deux amis Mr Ali et Mme
Zohra et l’auteur de référence de ces styles.
2- Avec quel style seriez-vous d’accord ? Justifiez votre réponse.
Eléments de réponse

Questions de cours 

1- Selon l’approche intégrative, le style de direction résulte de l’interaction entre plusieurs


éléments que nous pouvons regrouper en quatre groupes de facteurs. citez et
expliquez ces quatre groupes de facteurs.

Selon l’approche intégrative, le style de direction résulte de l’interaction entre plusieurs éléments que
nous pouvons regrouper en quatre groupes de facteurs :
 les préférences des dirigeants qui résultent en réalité de la culture des dirigeants et de leur
personnalité,
 les variables humaines : c'est-à-dire le comportement et l’attitude des subordonnés,
 les variables organisationnelles : c'est-à-dire la structure de l’entreprise et de son mode
organisationnel,
 l’environnement : à travers sa turbulence et les urgences qu’il crée et auxquels les dirigeants
doivent faire face.

2- BLAKE et MOUTON retiennent deux critères pour analyser les styles de direction des dirigeants :
l’intérêt que porte le dirigeant pour la production et l’intérêt qu’il porte pour les individus. En fonction de
ces deux éléments, les deux auteurs ont établi une grille à 81 cases où l’axe horizontal représente le
souci du dirigeant vis-à-vis du facteur production et l’axe vertical représente le souci du dirigeant à
l’égard de ses subordonnés. Sur cette grille, ils ont identifié et analysé 5 styles de direction  : les quatre
styles extrêmes et le style intermédiaire.

Elevé 9 1.9 9.9


Souci des individu

5.5

1 1.1 9.1
Faible
1 9
Faible Souci de la production Elevé

La grille managériale de Blake et Mouton présente les styles de direction en fonction d'un
modèle bidimensionnel. La première dimension (en abscisse) représente l'intérêt que le leader montre
pour la tâche ou pour la production. La seconde dimension (en ordonnée) représente l’intérêt qu'il
accorde aux relations humaines.
« L'utilisation du terme « intérêt » n'indique pas la quantité de production obtenue ni jusqu’à
quel degré les exigences des relations humaines ont été satisfaites. Elle signale plutôt « dans quelle
mesure le leader est préoccupé par la production ou l'élément humain ».
Bref, il ne s'agit pas vraiment d'analyser le comportement des leaders mais plutôt leur attitude.

a- Le style de gestion « anémique» : (1,1)


C'est un style de management défavorisé qui se caractérise par une approche « laisser-faire
» : Pas de haut rendement possible, la main d'œuvre étant paresseuse, apathique, sans goût pour le
métier. Les relations entre le leader et ses subalternes sont difficiles, conflictuelles puisqu'il n'accorde
aucune importance ni à la tâche ni aux relations humaines.

b- Le style de gestion « club social » : (1,9)


Ici, le mot d'ordre est : camaraderie, relations amicales, éviter tout conflit et pas de
préoccupations de « production ».
Le leader cherche à être adoré par tout le monde au détriment de la qualité du travail. Il
mettrait toutes ses énergies pour entretenir de bonnes relations avec son personnel.
D'après Blake et Mouton, c'est un style également pauvre, puisque certains subordonnés
profiteurs pourraient abuser de la situation.

c- Le style de gestion « autocratique » : (9,1)


Ce style met l'accent sur la tâche et considère les hommes comme n'importe quel autre
facteur de production.
L'unique préoccupation du leader est d'organiser, diriger et contrôler le travail du groupe. Il est
autocrate, et n'accepte aucune excuse d'ordre humain ou social. Sa seule devise est : « service,
service et camarade après ».
Aux yeux des deux auteurs, c'est un troisième exemple de style de gestion pauvre.

d- Le style de gestion « intermédiaire » : (5,5)


Au niveau de ce style, le leader pousse le groupe au rendement sans excès de zèle et traite
son personnel correctement, mais sans faiblesse. II tend à favoriser un équilibre entre l'intérêt accordé
à la tâche et l'intérêt accordé aux relations en sacrifiant un peu de l'un et un peu de l'autre, comme il
s'agissait d'une négociation.

e-Le style de gestion par « le travail en équipe » : (9,9)


C’est le style d’une équipe hautement qualifiée (bureau d'études ou de recherches, cabinet
d'experts comptables, bureau collectif d'avocats).
Le rendement élevé est fonction du moral des collaborateurs et de leur esprit d'équipe qui est
celui du : « tous pour un et un pour tous ».
Ici, le leader accorde beaucoup d’attention aux relations et aux possibilités pour optimiser sa
participation aux deux niveaux, en évitant de sacrifier une partie de l'un ou une partie de l'autre.

Le style 9.9 qui apparaît comme le style idéal est en réalité, difficile à réaliser. Afin de s’approcher des
exigences de la réalité, on peut considérer que le style 5.5 constitue une bonne base à partir de
laquelle le dirigeant peut améliorer son style de direction afin de s’approcher au maximum du style
9.9.

Etude de cas
1- Selon l’approche unidimentionnelle basée sur le comportement du dirigeant en matière de style de
direction, et surtout selon Mac Gregor, Mr Ali suit plutôt la théorie X et donc sera du type autoritaire, il
se réservera le droit à la décision et n’acceptera pas la négociation. Ses subordonnés n’ont qu’à
exécuter les ordres qu’il leur transmet. Mme Zohra, pour sa part, suit plutôt la théorie Y, son style de
direction tendra plutôt à s’approcher du style de direction participatif.

2- Selon Mac GREGOR, le style de direction idéal est celui qui résulte d’une philosophie se basant sur
la théorie Y.