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comptabilité
humaines

Pratique des
normes
IFRS
> Référentiel et guide d’application

Robert OBERT

6e édition
Préface Gilbert Gélard,
ancien membre de l’IASB
Mise en page : Nord compo

© Dunod, 2017
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-076258-3
Table des matières

Préface 1
Liste des sigles utilisés (et indication de leur origine) 5
Introduction 7

Chapitre 1  n  La normalisation comptable 13


1. Les objectifs de l’IASB 15
2. L’IASB de 1973 à nos jours 16
2.1. Les premières normes de 1975 à 1989 16
2.2. Le cadre conceptuel 16
2.3. La comparabilité des états financiers 17
2.4. L’acceptation des normes IFRS par les bourses de valeurs
et la révision des normes existantes 17
2.5. La nouvelle structure du comité des normes internationales 18
2.6. Les dernières révisions des normes IFRS 18
3. La structure opérationnelle de l’IASB 20
4. Les procédures de l’IASB 23
5. Les normes de l’IASB 24
6. Les décisions du comité d’interprétation 31
7. Convergence des normes comptables nationales 31
8. Une norme IFRS pour les petites et moyennes entités 32
8.1. La mise en place de la norme IFRS pour PME 32
8.2. Divergences entre IFRS PME et IFRS complètes 35
9. IFRS et XBRL 37
10. Le règlement européen sur l’application des normes comptables
internationales 38
10.1. La directive européenne 2013/34 du 26 juin 2013 38
10.2. Le règlement européen CE n° 1606/2002
du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne
du 19 juillet 2002 sur l’application
des normes comptables internationales 39
10.3. Le mécanisme mis en place par le règlement européen 40

III
Table des matières

11. La normalisation comptable aux États-Unis 43


11.1. La Securities and Exchange Commission (SEC) 43
11.2. L’American Institute of Certified Public Accountants (AICPA) 44
11.3. Le Financial Accounting Standard Board (FASB) 45
11.4. La codification des normes du FASB 46
11.5. Convergence entre normes américaines et normes IFRS 46
12. La pratique de l’audit 48

Chapitre 2  n  Les principes comptables fondamentaux 61


1. Les principes comptables fondamentaux de l’IASB 62
2. La finalité du cadre conceptuel de l’IASB 63
3. L’objectif de l’information financière à un usage général 64
4. Les caractéristiques qualitatives
de l’information financière utile 66
4.1. Caractéristiques qualitatives essentielles 67
4.2. Caractéristiques qualitatives auxiliaires 70
4.3. Coût de l’information financière 72
4.4. Concepts et principes traités par la norme IAS 1 72
5. Les états financiers et l’entité comptable 75
6. Les composantes des états financiers 76
7. La comptabilisation et la décomptabilisation des éléments
des états financiers 77
8. L’évaluation des éléments des états financiers 77
8.1. Coût historique 78
8.2. Valeur actuelle 79
9. Présentation et informations à fournir 89
10. Les concepts du capital et de maintien du capital 89
11. La mise en oeuvre du concept
de matérialité (importance relative) 89
12. Le rapport de gestion 90
13. Hiérarchie des règles comptables internationales 91

Chapitre 3  n  La présentation des états financiers 95


1. Considérations générales relatives aux états financiers
présentés selon les normes IFRS 96
1.1. Composantes des états financiers 96
1.2. Principes applicables aux états financiers établis
selon les normes IFRS 96

IV
1.3. Identification des états financiers 97
1.4. Fréquence d’établissement des états financiers 97
2. Le bilan (ou état de la situation financière) 98
2.1. Distinction entre éléments courants et non courants 98
2.2. Classification d’actifs non courants
(ou de groupes destinés à être cédés)
comme détenus en vue de la vente 100
2.3. Informations à présenter dans l’état 
de situation financière (bilan) 100
2.4. Informations à présenter soit dans l’état
de la situation financière soit dans les notes annexes 101
2.5. Modèle d’état de la situation financière 102
3. L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global 105
3.1. Informations à présenter dans l’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global 106
3.2. Informations à présenter soit dans l’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global
soit dans des notes annexes 109
3.3. Modèles d’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global 109
4. L’état de flux de trésorerie 114
5. L’état des variations de capitaux propres 118
6. Les notes annexes aux états financiers 122
6.1. Informations à fournir sur les méthodes comptables 123
6.2. Autres informations à fournir 124

Chapitre 4  n  La consolidation 129


1. La consolidation selon les normes IFRS 129
2. Les états financiers consolidés 130
2.1. Présentation des états financiers consolidés 131
2.2. Périmètre des états financiers consolidés 132
2.3. Procédures de consolidation 137
2.4. Perte de contrôle 142
3. Participations dans les entités associées 142
3.1. Entité associée et influence notable 143
3.2. Choix de la méthode comptable 144
4. Partenariat et participations dans les coentreprises 146
4.1. Partenariat et contrôle conjoint 146
4.2. Traitement comptable des deux principaux types
d’organisation de partenariat 148

V
Table des matières

5. Informations à fournir sur les intérêts détenus par d’autres entités 152
5.1. Informations à fournir sur les filiales 153
5.2. Informations à fournir sur les partenaires
et les entités associées 153
5.3. Informations à fournir sur les entités non consolidées 153
6. Les informations relatives aux parties liées 154
7. Traitement des participations dans les états financiers individuels
établis par l’entité en complément des états financiers consolidés 155
7.1. Traitement des participations dans les filiales,
les coentreprises ou les entités associées 156
7.2. Traitement des participations qui ne sont ni des filiales,
ni des coentreprises, ni des entités associées 157
7.3. Informations devant figurer
dans les états financiers individuels et relatifs aux participations 157

Chapitre 5  n  Les regroupements d’entreprises 161


1. Définitions et méthode de comptabilisation 162
2. Application de la méthode d’acquisition 163
2.1. Identification de l’acquéreur 163
2.2. Détermination de la date d’acquisition 164
2.3. Évaluation et comptabilisation des actifs
et passifs identifiables 164
2.4. Évaluation et comptabilisation du goodwill 168
2.5. Évaluation des intérêts minoritaires
(participations ne donnant pas le contrôle) à la juste valeur 170
2.6. Dépréciation du goodwill 173
2.7. Évaluation et comptabilisation du profit
provenant de l’acquisition (ou goodwill négatif) 173
2.8. Prise de contrôle d’une entité par lots successifs 176
3. Informations à fournir 176

Chapitre 6  n  Les instruments financiers 181


1. Les instruments financiers selon les normes IFRS 182
2. Définitions relatives aux instruments financiers 184
2.1. Notion d’instrument financier 184
2.2. Notions d’actif financier et de passif financier 184
2.3. Notion d’instrument de capitaux propres 186
2.4. Notion d’instrument financier dérivé 187
2.5. Notion de dérivé incorporé 188

VI
3. Classification des instruments financiers 190
3.1. Actifs ou passifs financiers évalués au coût amorti 192
3.2. Actifs financiers évalués à la juste valeur
par le biais des autres éléments du résultat global 194
3.3. Actifs ou passifs financiers évalués à la juste valeur
par le biais du résultat net 194
3.4. Classification liée à la comptabilité de couverture 195
3.5. Affectation en passifs ou en capitaux propres
des instruments financiers composés (hybrides) 195
3.6. Intérêts, dividendes, pertes et profits 196
3.7. Actions propres 197
3.8. Compensation d’un actif et d’un passif financier 198
4. Reclassements des actifs financiers 199
5. Comptabilisation et évaluation initiales des instruments financiers 201
5.1. Comptabilisation initiale 201
5.2. Évaluation initiale d’actifs et de passifs financiers 201
6. Évaluation et comptabilisation postérieures à l’acquisition
des instruments financiers 203
6.1. Cas des actifs financiers évalués à la juste valeur
(par le biais du résultat net ou des autres éléments
du résultat global) 203
6.2. Cas des actifs financiers évalués au coût amorti 205
6.3. Cas des passifs financiers à la juste valeur 208
6.4. Cas des passifs financiers au coût amorti 208
6.5. Dépréciation et irrécouvrabilité d’actifs financiers 209
7. Décomptabilisation des instruments financiers 214
7.1. Décomptabilisation d’un actif financier 214
7.2. Décomptabilisation d’un passif financier 216
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

8. Évaluation et comptabilisation des instruments de couverture 217


8.1. Instruments de couverture et éléments couverts 218
8.2. Relations de couverture et comptabilité de couverture 220
8.3. Principe de base de la comptabilité de couverture 222
8.4. Couverture de juste valeur 222
8.5. Couvertures de flux de trésorerie 225
8.6. Couverture d’un investissement net dans une entité étrangère 226
8.7. Couverture d’un groupe d’éléments 228
9. Synthèse des modes d’évaluation et de comptabilisation 230
9.1. Synthèse des modes d’évaluation
et de comptabilisation selon IFRS 9 230
9.2. Synthèse des modes d’évaluation
et de comptabilisation selon IAS 39 232

VII
Table des matières

10. Informations à fournir sur les instruments financiers 234


10.1. Informations sur l’importance des instruments financiers
au regard de la situation financières et des résultats 235
10.2. Nature et importance des risques
liés aux instruments financiers 236

Chapitre 7  n  Les stocks 243


1. Champ d’application 243
2. Définitions 244
3. Évaluation des stocks 244
3.1. Coûts des stocks 245
3.2. Évaluation des stocks acquis ou produits conjointement
pour un coût global 247
3.3. Évaluation des stocks à partir du prix de vente ou du coût
standard 248
3.4. Détermination des coûts des éléments non habituellement
fongibles 249
3.5. Détermination des coûts
des éléments habituellement fongibles 249
3.6. Dépréciation des stocks 251
3.7. Comptabilisation en charges 251
3.8. Informations à fournir 251

Chapitre 8  n  Les immobilisations corporelles 255


1. Champ d’application et définitions 256
2. Comptabilisation des immobilisations corporelles 257
3. Évaluation initiale des immobilisations corporelles 257
3.1. Coût d’acquisition et coût de production 258
3.2. Analyse du coût selon les composants 262
3.3. Actualisation du coût initial 263
4. Échange d’immobilisations corporelles 264
5. Évaluation postérieure à la comptabilisation initiale 264
5.1. Modèle du coût 265
5.2. Modèle de la valeur réévaluée 265
5.3. Amortissements 267
5.4. Pertes de valeur 270
6. Mises hors service et sorties 270
7. Informations à fournir 270

VIII
8. Immeubles de placement 271
8.1. Évaluation initiale 272
8.2. Évaluation postérieure à la comptabilisation initiale 272
8.3. Informations à fournir 273

Chapitre 9  n  Les immobilisations incorporelles 277


1. Notion d’immobilisation incorporelle 277
2. Comptabilisation et évaluation initiale
d’une immobilisation incorporelle 278
2.1. Acquisition séparée 279
2.2. Acquisition dans le cadre d’un regroupement d’entreprise 281
2.3. Acquisition dans le cadre d’un échange 281
3. Immobilisations incorporelles générées en interne 281
4. Comptabilisation d’une charge 285
5. Dépenses ultérieures 285
6. Évaluation postérieure à la comptabilisation initiale 286
6.1. Modèle du coût 286
6.2. Modèle de la valeur réévaluée 286
7. Durée d’utilité 287
8. Amortissement 288
8.1. Durée d’amortissement 288
8.2. Mode d’amortissement 288
8.3. Valeur résiduelle 288
8.4. Réexamen de la durée d’amortissement
et du mode d’amortissement 289
9. Pertes de valeur 289
10.  Mises hors services et sorties 289
11. Informations à fournir 290

Chapitre 10  n  Les contrats de location 295


1. Les contrats de location selon les normes IFRS 295
1.1. Le contrat de location dans IFRS 16 296
1.2. Le contrat de location dans IAS 17 299
2. Champ d’application 301
3. Comptabilisation par le preneur 302
3.1. Comptabilisation par le preneur dans IFRS 16 302
3.2. Comptabilisation par le preneur dans IAS 17 309

IX
Table des matières

4. Comptabilisation par le bailleur 312


4.1. Comptabilisation par le bailleur
du contrat de location-financement 313
4.2. Comptabilisation par le bailleur du contrat de location simple 314
5. Location à court terme ou portant sur des biens de faible valeur 315
6. Cession-bail (lease-back) 316
7. Informations à fournir 319
7.1. Informations à fournir par les preneurs 319
7.2. Informations à fournir par les bailleurs 321

Chapitre 11  n Les actifs non courants détenus


en vue de la vente et les activités abandonnées 327
1. Définitions 328
1.1. Notion d’actif non courant détenu en vue de la vente 328
1.2. Notion de groupe destiné à être cédé 328
1.3. Notion d’activité abandonnée 329
2. Classification d’actifs non courants
(ou de groupes destinés à être cédés)
comme détenus en vue de la vente 329
3. Évaluation d’actifs non courants
(ou de groupes destinés à être cédés)
classés comme détenus en vue de la vente 331
4. Présentation et informations à fournir 333
4.1. Informations à fournir sur les abandons d’activité 333
4.2. Informations à fournir sur les actifs non courants
destinés à être cédés 334
4.3 Autres informations à fournir 335

Chapitre 12  n  Les dépréciations d’actifs 339


1. Les dépréciations d’actifs selon les normes IFRS 339
2. Différents types de valeur d’un actif 340
3. Identification d’un actif qui a pu perdre de la valeur 340
4. Évaluation de la valeur recouvrable 342
5. Comptabilisation et évaluation d’une perte de valeur 345
6. Unités génératrices de trésorerie 347
7. Pertes de valeur d’une unité génératrice de trésorerie 349
8. Reprise d’une perte de valeur 351
9. Informations à fournir 352

X
Chapitre 13  n  Les avantages du personnel 357
1. Les avantages du personnel selon les normes IFRS 357
2. Comptabilisation et évaluation des avantages à court terme 359
2.1. Salaires, rémunérations et cotisations de sécurité sociale 360
2.2. Absences rémunérées à court terme 360
2.3. Plan d’intéressement et d’attribution de primes 361
3. Avantages postérieurs à l’emploi : distinction entre les régimes
à cotisations définies et les régimes à prestations définies 363
4. Les régimes à cotisations définies 365
4.1. Comptabilisation et évaluation 365
4.2. Informations à fournir 366
5. Les régimes à prestations définies 366
5.1. Hypothèses actuarielles 367
5.2. Affectation des droits à prestations aux périodes de services 369
5.3. Méthode d’évaluation actuarielle 370
5.4. Valeur des actifs du régime 373
5.5. Coût des services passés 375
5.6. Écarts actuariels 375
5.7. Réévaluation de l’actif (ou du passif) 376
5.8. Réductions et liquidations 377
5.9. Comptabilisation 377
5.10. Écritures comptables 380
5.11. Compensation 383
5.12. Cas des régimes multi-employeurs 383
5.13. Informations à fournir 383
6. Autres avantages à long terme 384
7. Indemnités de cessation d’emploi 385
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

8. Avantages sur capitaux propres –


Stocks-options et autres paiements en actions 387
8.1. Objectifs et champ d’application 387
8.2. Principes de base relatifs à la comptabilisation
des stocks-options et autres paiements en actions 388
8.3. Comptabilisation des transactions dénouées par remise
d’instruments de capitaux propres 390
8.4. Comptabilisation des transactions dénouées par remise
de liquidités 393
8.5. Comptabilisation des transactions dénouées par remise
d’instruments de capitaux propres ou de liquidités 394
8.6. Informations à fournir sur les paiements sur des actions 395
9. Exemple d’informations données sur les avantages du personnel
et les paiements fondés sur des actions 396

XI
Table des matières

Chapitre 14  n Les provisions, passifs éventuels


et actifs éventuels 405
1. Les provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
selon les normes IFRS 405
2. Les provisions 406
2.1. Comptabilisation des provisions 406
2.2. Réflexion sur la notion d’obligation actuelle 407
2.3. Évaluation des provisions 408
2.4. Remboursements 409
2.5. Changements affectant les provisions 410
2.6. Utilisation des provisions 410
2.7. Pertes opérationnelles futures et contrats déficitaires 410
2.8. Cas d’une restructuration 411
2.9. Informations à fournir 413
3. Les passifs éventuels 414
3.1. Comptabilisation des passifs éventuels 414
3.2. Informations à fournir 414
4. Les actifs éventuels 416
4.1. Comptabilisation des actifs éventuels 416
4.2. Informations à fournir 416

Chapitre 15  n  Les autres produits et charges 421


1. Les produits tirés de contrats avec les clients 422
1.1. Les produits tirés de contrats
avec les clients selon les normes IFRS 422
1.2. Identification du contrat 424
1.3. Identification des différentes obligations prévues au contrat 427
1.4. Détermination du prix 433
1.5. Répartition du prix 438
1.6. Comptabilisation du chiffre d’affaires 440
1.7. Cas des contrats déficitaires 447
1.8. Coûts du contrat 448
1.9. Présentation des comptes 450
1.10. Informations à fournir 450
2. Comptabilisation des subventions publiques
et informations à fournir sur l’aide publique 452
2.1. Comptabilisation des subventions publiques 453
2.2. Présentation des subventions liées à des actifs 453
2.3. Présentation des subventions liées au résultat 455
2.4. Remboursements 455
2.5. Informations à fournir 456

XII
3. Les coûts d’emprunts 456
3.1. Principe de base 456
3.2. Comptabilisation des coûts d’emprunt 457
3.3. Informations à fournir 459
4. Les événements postérieurs à la date de clôture 459
4.1. Comptabilisation et évaluation 460
4.2. Informations à fournir 460

Chapitre 16  n  L’impôt sur le résultat 467


1. L’impôt sur le résultat selon les normes IFRS 467
2. Notions de base fiscale et de différences temporelles 469
3. Comptabilisation d’actifs et de passifs d’impôt exigible 471
4. Comptabilisation d’actifs et de passifs d’impôt différé 472
4.1. Différences temporelles imposables 472
4.2. Différences temporelles déductibles 473
4.3. Recouvrement des actifs sous-jacents 474
4.4. Pertes fiscales et crédits d’impôts non utilisés 475
4.5. Révision de la valeur comptable
d’un actif d’un impôt différé 476
4.6. Participations dans les filiales, entités associées,
coentreprises et investissements dans des succursales 476
4.7. Comptabilisation dans le résultat net 477
4.8. Éléments crédités ou débités dans les capitaux propres 477
5. Problèmes d’évaluation 478
6. Présentation dans les états financiers 480
7. Informations à fournir 480

Chapitre 17  n  Les effets des variations du cours des monnaies 485


1. La comptabilisation des transactions
en monnaies étrangères 486
1.1. Comptabilisation initiale 486
1.2. Comptabilisation à la date de clôture 487
1.3. Comptabilisation des écarts de change 488
1.4. Investissement net dans une entité étrangère 489
1.5. Changement de monnaie fonctionnelle 491
1.6. Informations à fournir 491
2. La conversion des états financiers des activités à l’étranger 491
2.1. Conversion dans une monnaie de présentation différente
de la monnaie fonctionnelle 492

XIII
Table des matières

2.2. Conversion des états financiers d’une entité étrangère


qui présente ses états financiers dans la monnaie d’une économie
hyper-inflationniste 494
2.3. Sortie d’une entité étrangère 495
2.4. Informations à fournir 495
3. L’information financière dans les économies hyperinflationnistes 495

Chapitre 18  n Les changements de méthodes comptables


et corrections d’erreurs 503
1. Les changements de méthodes comptables 504
1.1. Conditions du changement de méthode comptable 504
1.2. Traitement des changements de méthodes comptables 505
1.3. Informations à fournir 507
2. Les changements d’estimations 507
2.1. Comptabilisation des changements d’estimations comptables 508
2.2. Informations à fournir 509
3. Les corrections d’erreurs 509
3.1. Comptabilisation des corrections d’erreurs 509
3.2 Informations à fournir 510
4. Première application des normes IFRS 511
4.1. Préparation d’un bilan d’ouverture en normes IFRS 511
4.2. Application rétrospective des normes 513
4.3. Informations spécifiques à fournir dans les premiers comptes
en normes IFRS 514
4.4. Comptes de report réglementaires 514

Chapitre 19  n  L’information spécifique des investisseurs 521


1. L’information sectorielle 521
1.1. Notion de secteur opérationnel 522
1.2. Seuils quantitatifs et critères de regroupement 522
1.3. Informations à fournir 524
2. Le résultat par action 529
2.1. Résultat de base par action 530
2.2. Résultat dilué par action 531
2.3. Résultat de base ou résultat dilué ajusté 532
2.4. Présentation et informations à fournir 533
3. L’information financière intermédiaire 534
3.1. Composantes minimales d’un rapport financier intermédiaire 535
3.2. Sélection des notes explicatives 535

XIV
Chapitre 20  n  Les activités spécialisées 541
1. Les banques 542
2. Les entreprises d’assurance 542
2.1. Définition du contrat d’assurance 543
2.2. Pratiques comptables en matière
de contrats d’assurance 543
2.3. Informations à fournir dans les états financiers 544
3. Les organismes de retraite 545
3.1. États financiers des régimes de retraite
à cotisations définies 545
3.2. États financiers des régimes de retraite
à prestations définies 546
4. L’agriculture 546
4.1. Identification et évaluation 547
5. La prospection et l’évaluation des ressources minérales 548
6. Les accords de concessions de services 549
6.1. Modèle de l’actif financier 550
6.2. Modèle de l’immobilisation incorporelle 550
7. Les entités à but non lucratif 551

Corrigés des tests de connaissances 557

Lexique 611

Bibliographie et sitographie 639

Index 643
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XV
Préface

L
es ouvrages en français sur les IFRS sont nombreux, rédigés par
des universitaires ou des praticiens de la comptabilité et de l’audit.
Certains visent une vulgarisation intelligente, s’adressant à des lecteurs
occasionnels de comptes, non spécialistes. D’autres sont à but pédagogique
et visent à une exhaustivité qui ne doit pas exclure la clarté. L’ouvrage du
professeur Robert Obert appartient à cette deuxième catégorie.

Le sujet des normes comptables internationales, naguère appelées IAS,


était jusqu’aux années 2000 élitiste et confidentiel, n’intéressant qu’un
petit groupe d’initiés. Seuls les groupes cotés confrontés à l’international
ne pouvaient les ignorer, même s’ils devaient encore établir leurs comptes
selon les normes nationales. Celles-ci, de leur côté, tenaient compte
dans leur évolution des principes retenus dans ces normes comptables
internationales, cherchant à converger vers elles ou à ne pas s’en écarter.
Elles servaient ainsi de référence ou d’étalon – on dirait en anglais
« benchmark » – de bonne pratique.
Cette situation floue a pris fin peu après la création en 2001 de l’IASB, qui
a remplacé l’IASC en le professionnalisant et en se dotant d’une indépendance
par rapport à la profession comptable. Les IFRS ont alors remplacé les IAS,
dont l’IASB a hérité. C’est en 2002 que l’Union européenne a pris une décision
historique : imposer par règlement à toutes les sociétés européennes cotées
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sur un marché réglementé d’appliquer les IFRS pour établir leurs comptes
consolidés, à partir de 2005. C’est ainsi que tout un segment du langage
comptable s’est trouvé d’un coup unifié dans les pays de l’Union, privant dans
ce domaine les États membres de la marge de manœuvre dont ils jouissaient.
En dehors de ce segment unifié, l’utilisation des IFRS, en lieu et place des
normes nationales, a été laissée à l’appréciation des États membres. En France,
on a choisi d’interdire les IFRS pour les comptes individuels (sociaux) et de
les autoriser (sans les imposer) pour les groupes non cotés, auxquels sont
assimilés depuis peu les groupes cotés sur Alternext, ce marché n’étant pas
réglementé au sens des directives européennes. Cette initiative européenne
a immédiatement suscité une première vague d’adoption dans le reste du
monde, vague qui n’a fait que gonfler depuis, puisque le nombre de pays
permettant ou demandant l’application des IFRS dépassait la centaine.

1
Préface


À ce jour, c’est vraiment un langage commun planétaire accompagnant la


mondialisation. Les IFRS ont gagné la partie en Asie, qui s’est détournée
des US GAAP. Le niveau d’adhésion volontaire aux IFRS au Japon est
en augmentation constante. La Chine et dans une large mesure l’Inde
convergent vers les IFRS. Les IFRS sont le langage des sociétés étrangères
cotées aux États-Unis. Dans un continent où tous les autres pays sont
convertis aux IFRS, même ses voisins immédiats, le Canada et le Mexique,
membres pourtant de l’ALENA, les États-Unis eux-mêmes font figure
d’exception. À ces succès, on peut ajouter celui des IFRS pour PME.
L’Europe, qui a déclenché le processus, reste un acteur important, mais
n’est plus majoritaire.
L’Union européenne, faisant le point après 10  ans, vient d’ailleurs
d’accorder aux IFRS un satisfecit. Pour autant, des défis n’ont pas encore
été surmontés. La norme sur les contrats d’assurance peine à se terminer.
Les rapports entre les états financiers et les règlementations prudentielles
des banques et des assurances sont techniquement complexes. Le
nouveau cadre conceptuel est en gestation, la « disclosure initiative »
tente de rendre les états financiers plus « communiquants », sans affaiblir
leur rigueur.
La réédition de l’ouvrage du Professeur Robert Obert est bienvenue. Elle
témoigne d’abord de la qualité fondamentale de l’ouvrage depuis sa
première édition. Elle reflète ensuite le fait qu’un référentiel comptable
n’est jamais figé  : l’IASB, dont les 14 membres travaillent à plein temps,
modifie sans cesse les normes IFRS, soit spontanément pour les améliorer
et remédier à des défauts perçus, soit pour répondre à des problématiques
nouvelles et trouver des traitements adéquats pour des produits financiers
nouveaux conçus par des banquiers à l’imagination fertile, soit encore
pour répondre aux injonctions politiques, telle celle faite par le G 20 de
converger avec les normes américaines. C’est dire qu’une telle réédition
n’est pas un simple toilettage de façade, mais un travail très approfondi
et méticuleux, demandant à la fois une garantie d’exhaustivité et un réel
talent de pédagogue pour exposer de façon simple et cependant exacte des
dispositions normatives très complexes.
L’organisation par thèmes qui a été choisie, permettant de traiter ensemble
des problématiques connexes, est la meilleure du point de vue pédagogique,
car les normes elles-mêmes dans l’ouvrage officiel sont classées dans l’ordre
chronologique qui ne facilite pas la compréhension. Les nombreux exemples
illustratifs permettent de rendre concrets les problèmes et les solutions.

2
La lecture de cet ouvrage intelligent et à jour requiert certes beaucoup
d’attention. Le lecteur est payé en retour par la garantie d’une grande
fiabilité, dans un domaine où on ne peut se contenter des appréciations
hasardeuses et où les à-peu-près coûtent cher.
Gilbert Gélard
HEC, Diplômé d’expertise-comptable,
ancien membre du Board de l’IASB.
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3
Liste des sigles utilisés
(et indication de leur origine1)

AICPA American Institute of Certified Public Accountants (US)


AMF Autorité des marchés financiers (F)
ANC Autorité des normes comptables (F)
APB Accounting Principles Board (US)
ARB Accounting Research Bulletins (US)
ARC Accounting Regulation Committee (EU)
ASAF Accounting Standards Advisory Forum (IN)
ASC Accounting Standards Codification (US)
CAP Committee on Accounting Procedures (US)
CESR Committee of European Securities Regulators (EU)
CPA Certified Public Accountant (US)
DEPS Dernier entré, dernier sorti
DP Discussion paper (IN)
DSOP Draft Statement of Principles (US)
ED Exposure Draft (IN)
EFRAG European Financial Reporting Advisory Group (EU)
ESC European Securities Committee (EU)
ESMA European Securities and Market Authority (EU)
FAF Financial Accounting Foundation (US)
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FAS Financial Accounting Standards (ou SFAS) (ou Statements of


Financial Accounting Standards) (US)
FASAC Financial Accounting Standards Advisory Council (US)
FASB Financial Accounting Standard Board (US)
FEE Fédération européenne des experts-comptables (EU)
FIFO First in, first out
GASB Governmental Accounting Standards Board (US)
IAASB International Auditing and Assurance Standards Board (IN)
IAPC International Auditing Practices Committee (IN)
IAS International Accounting Standard (IN)
IASB International Accounting Standards Board (IN)

1  F : France ; US : États-Unis ; EU : Union européenne ; IN : International.

5
Liste des sigles utilisés


IASC International Accounting Standards Committee (IN)


IASCF International Accounting Standards Committee Foundation
(IN)
IETF Emerging Issues Task Force (US)
IFAC International Federation of Accountants (IN)
IFRIC International Financial Reporting Interpretation Committee
(IN)
IFRS International Financial Reporting Standard (IN)
IFRS AC International Financial Reporting Standard Advisory
Council (IN)
IFRS F International Financial Reporting Standard Foundation (IN)
IFRS IC International Financial Reporting Standard Interpretations
Committee (IN)
IOSCO International Organisation of Securities Commission (IN)
IPSAS International Public Sector Accounting Standards (IN)
ISA International Standard of Auditing (IN)
JOUE Journal officiel de l’Union européenne (EU)
LIFO Last in, last out
OCI Other comprehensive income (autres éléments du résultat
global)
PCG Plan comptable général (règlement 2014.03 de l’ANC) (F)
PEPS Premier entré, premier sorti
RRCC Règlement relatif aux comptes consolidés (règlement 99-02
du CRC) (F)
SAB Staff Accounting Bulletins (US)
SAC Standards Advisory Council (IN)
SEC Securities and Exchange Commission (US)
SIC Standing Interpretation Committee (IN)
SK Regulation integrated disclosure system (US)
SMEIG Small Medium Entities Implanting Group (IN)
SOP Statement of Position (US)
SX Regulation accounting rules (US)
US GAAP 
United States Generally Accepted Accounting Principles
(US)
UGT Unité génératrice de trésorerie (IN)
XBRL eXtensible Business Reporting Language (IN)

6
Introduction

A
pparue dès l’Antiquité, formalisée depuis le xve siècle, la comptabilité
est devenue la source la plus sûre de l’information économique et
financière. Base du système d’information de gestion de l’entreprise,
elle est aujourd’hui le langage commun de celle-ci avec tous ses partenaires :
personnels, clients, fournisseurs, créanciers, actionnaires, collectivités, public
en général. Si l’intuition et la psychologie ont certainement un rôle à jouer
dans les décisions économiques, encore faut-il que l’on puisse en apprécier
les résultats. C’est la mission fondamentale impartie à la comptabilité dans
nos sociétés modernes. Aussi, pour que cette mission soit remplie avec
succès, est-il indispensable que le langage comptable soit compris de tous
les participants, que la comptabilité soit, en un mot, normalisée.

C’est dans la première partie du xxe siècle que la comptabilité a commencé


à se normaliser. Aux États-Unis, en 1909, le Conseil de l’American Association
of Public Accountants (AAPA, ancêtre de l’AICPA, voir ci-après chapitre  1,
§  11.2) représentant la profession comptable, alors composée en grande
partie par des immigrants britanniques (Arthur Young, né en Écosse en
1863 et diplômé de l’université de Glasgow, émigra aux États-Unis et fonda
en 1906 à Chicago le cabinet Arthur Young et Co., devenu depuis 1989
Ernst and Young), avait mis en place un comité, appelé Special Committee
on Accounting, chargé de définir les termes utilisés en comptabilité et en
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audit. Dirigé par Seymour Walton, ce comité travailla plusieurs années et


présenta aux assemblées annuelles de 1909, 1911 et 1913 plusieurs séries
de définitions.
En Europe continentale, en 1911, Johan Friedrich Schär publie à Berlin un
opuscule de comptabilité à l’usage des ingénieurs et autres techniciens
Buchhaltung und Bilanz dans lequel il propose un projet de plan comptable.
Le plan de Schär a inspiré celui d’Hector Blairon, qui va connaître dans les
années 1920 un grand succès en Belgique, et celui d’Eugen Schmalenbach,
dont la première édition parut en Allemagne en 1927. Le plan d’Eugen
Schmalenbach a servi de base aux auteurs du plan comptable français.
Dans la période qui encadre la Seconde Guerre mondiale, deux modèles
comptables se sont développés  : un modèle anglo-saxon s’appuyant sur
un ensemble de normes élaborées par des professionnels, notamment aux

7
Introduction


États-Unis et en Grande-Bretagne, et un modèle continental s’appuyant


sur des plans comptables édictés par les pouvoirs publics. La France a
été promoteur dans ce domaine, avec le Plan Comptable Général (PCG)
approuvé par l’arrêté du 18 septembre 1947.
Aujourd’hui, les procédures de normalisation, si elles existent partout, sont
différentes selon les pays. Dans certains d’entre eux, et notamment dans les pays
européens, la comptabilité fait l’objet d’une réglementation des pouvoirs publics.
En France, les normes comptables sont fixées par le Code de commerce et par
des règlements de l’Autorité des normes comptables, homologués par arrêtés
ministériels. Dans d’autres, à l’opposé, des normes comptables ponctuelles
s’appliquant à chacun des principaux problèmes pris isolément sont élaborées
par les professionnels de la comptabilité ou des organismes indépendants.
Cette diversité de procédures a fait que les états financiers de différents pays
étaient difficilement comparables.
C’est ainsi, qu’à l’initiative de Henry Benson, alors président de l’Institute of
Chartered Accountants in England & Wales (ICAEW), organisme regroupant
les auditeurs et comptables experts de l’Angleterre et du Pays de Galles,
que le 29  juin 1973, a été signée à Londres, la charte de création d’un
organisme international, le Comité des normes comptables internationales,
l’International Accounting Standards Committee (IASC) ayant pour objet de
mettre en forme des standards comptables de base appelés IAS (International
Accounting Standards) puis, depuis 2002, IFRS (International Financial
Reporting Standards), qui seraient acceptés dans le monde entier.
Par ailleurs, dans le cadre européen, le règlement CE n°  1606/2002 du
Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne du 19  juillet
2002 (JOCE du 11  septembre 2002) prévoit, pour les sociétés de l’Union
européenne faisant appel public à l’épargne, l’obligation d’établir des
comptes consolidés selon le référentiel IFRS à compter de 2005.
Il va sans dire que les normes de l’IASB1, compte tenu notamment des marchés
financiers anglo-saxons2, sont fortement inspirées par les règles comptables
américaines (voire britanniques). C’est pourquoi, nous évoquerons dans le

1  Tout au long de cet ouvrage, nous désignerons le Comité des normes internationales par son sigle
nouveau IASB même si, au moment où le Comité avait pris une disposition, il s’appelait encore IASC.
2  En décembre 2015, selon une analyse présentée par le World Federation of Exchanges dans son rap-
port annuel, la capitalisation boursière en milliards de USD (au 31 décembre 2015, 1 € = 1,0868 USD)
était aux États-Unis de 17 787 pour le New York Exchange et de 7 281 pour le NASDAQ. Elle était de
4 895 à Tokyo, 4 549 à Shanghai, de 3 185 à Hong Kong, de 3 879 à Londres et de 3 306 sur Euronext
(organisme regroupant les quatre places financières d’Amsterdam, Bruxelles, Paris depuis janvier 2001,
puis de Lisbonne en septembre 2002 – en décembre 2000, la bourse de Paris représentait 63 % de l’en-
semble). Pour l’ensemble des bourses du monde, la capitalisation boursière s’élevait à 67 084 mds$.
Elle était de 11 355 mds$ pour l’ensemble des pays de l’Union européenne.

8
chapitre 1 de cet ouvrage, le rapprochement des normes internationales et
des normes américaines. Aujourd’hui, les normes internationales IFRS ont été
adoptées (plus ou moins intégralement) par plus de 119 sur 143 (soit 83 %)
pays ou juridictions1.
L’application des IFRS a rendu la pratique comptable plus rigoureuse. En
effet, peu d’options sont prévues, de nombreuses informations, détaillées,
doivent être fournies dans les états financiers. L’analyse qui pourra en être
faite à partir des états financiers sous forme d’indicateurs (ou de ratios) a
été modifiée. Ainsi, par exemple, la mise à l’actif obligatoire des biens en
location-financement (voir chapitre 10 § 1) a une incidence sur le montant
des capitaux propres, celui de l’endettement financier, de la valeur nette des
immobilisations, du résultat d’exploitation, du résultat financier, de l’impôt
sur le résultat et du résultat net.
Dans cet ouvrage, nous analyserons d’abord comment est organisé l’IASB,
quels ont été les travaux de cet organisme, quelles sont les sources des règles
comptables aux États-Unis2. Puis nous verrons comment se sont formalisés
les grands principes qui régissent les IFRS. Nous évoquerons ensuite les
principales règles de présentation des états financiers (comptes individuels
et consolidés) proposés par les normes internationales.
Dans les chapitres suivants, nous examinerons comment sont traités, en IFRS,
un certain nombre de thèmes comptables spécifiques  : la consolidation,
les regroupements d’entreprises, les instruments financiers, les stocks, les
immobilisations corporelles et incorporelles, les contrats de location, les
actifs destinés à être cédés, les dépréciations d’actifs, les avantages du
personnel, les provisions, passifs éventuels et actifs éventuels, les produits
et les charges, l’impôt sur le résultat, les effets des variations du cours des
monnaies, les changements de méthodes comptables et corrections d’erreurs,
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l’information spécifique des investisseurs (l’information sectorielle, le résultat


par action, l’information financière intermédiaire) et la comptabilité de
secteurs particuliers : banques, assurances, organismes de retraite, agriculture,
ressources minérales, concessions, entités à but non lucratif.

1 IFRS Foundation Paul Pacter – Pocket Guide to IFRS Standards : the global financial reporting language,
2016 ; p. 6. Il est à noter que 130 pays sont, en ce moment, membres de l’IFAC (voir chapitre 1 § 12.1)
et 193 sont membres de l’ONU. Une analyse présentée par ailleurs par l’IFRS Foundation sur son site
internet en juillet 2016, montre que plus de 25 000 des quelques 48 000 entreprises cotées sur les
85  grandes bourses de valeurs dans le monde utilisent les normes IFRS, et que pour les entreprises
n’utilisant pas les normes IFRS dans leur intégralité, plus de 80 % sont cotées en Chine, en Inde, au
Japon et aux États-Unis (lesquels utilisent des normes nationales plus ou moins inspirées par les IFRS).
2  Pour ce qui concerne les règles françaises le lecteur pourra retrouver une analyse très approfondie
dans deux de nos ouvrages Comptabilité approfondie DCG 10, et Comptabilité et audit DSCG 4 aux
éditions Dunod.

9
Introduction


De nombreux exemples, soit tirés de la réalité de certaines entreprises,


soit construits pour l’illustration des thèmes, sont présentés pour aider à
la maîtrise des normes internationales. Dans les exemples présentant des
écritures comptables, nous avons, dans la mesure du possible et afin de
faciliter pour le lecteur la compréhension des opérations, utilisé les intitulés
et la numérotation du Plan comptable général français1 (lorsque cela n’était
pas possible, nous avons proposé, en l’indiquant spécialement, un intitulé
et une numérotation spécifiques). Les IFRS ont été bâties sur des principes
et l’application de ces principes n’est pas toujours facile. Aussi, nous avons
voulu donner de nombreux exemples permettant un meilleur décryptage et
une meilleure compréhension du fonctionnement de ces normes. Nous nous
sommes limités à l’existant (et au futur proche). Nous n’avons pas cherché
à faire l’analyse critique des normes, lesquelles, comme toute construction
humaine, peuvent toujours faire l’objet d’améliorations.
Chacun des chapitres de cet ouvrage est accompagné d’un questionnaire
centré sur les normes comptables internationales, permettant au lecteur de
faire le test de ses connaissances. Ces questionnaires se composent d’un
ensemble de 10 QCM (questions à choix multiples). Chaque QCM comprend
trois affirmations dont une seule est exacte. Les corrigés de ces QCM sont
donnés en fin d’ouvrage avec quelques commentaires.
L’ouvrage est également complété par un glossaire où le lecteur pourra
retrouver les définitions des mots et expressions spécifiques.
Cet ouvrage tient compte des règles existantes et des normes approuvées au
1er janvier 2017. Nous avons également tenu compte d’un certain nombre de
projets en cours qui vont de manière probable modifier les règles existantes.
Ainsi, au moment de la rédaction de cette sixième édition2, certaines normes
nouvelles n’étaient pas encore applicables. Il se déroule parfois deux années
entre la publication de la norme et la date prévue de sa première application,

1  L’IASB et de nombreux normalisateurs nationaux (comme le FASB américain) n’ont pas conçu de
plan comptable général semblable au plan français. Ils ont laissé la possibilité aux utilisateurs de choisir
leurs intitulés de comptes et la numérotation adéquate en fonction de leurs besoins, à condition, bien
entendu, que l’application reste conforme aux normes édictées. Le plan de comptes du PCG n’a certes
pas été bâti pour enregistrer des opérations selon les normes IFRS (certaines notions développées dans
le PCG comme les produits et charges exceptionnels n’ont pas été retenues dans les IFRS, certains
classements – court terme, long terme, courant, non courant – sont différents) et il faudrait que ce plan
de comptes soit revu pour que l’adaptation soit parfaite. Toutefois, même sous sa forme actuelle (en
y introduisant que quelques innovations) il peut être d’un usage pratique certain pour l’utilisateur (le
plan comptable français est par ailleurs proche du plan comptable belge, du plan comptable espagnol,
des plans comptables algérien SCF, marocain, tunisien et du plan comptable de l’organisation africaine
du droit des affaires SYSCOHADA).
2  La première édition était de juin 2003, la deuxième de septembre 2004, la troisième d’octobre 2006,
quatrième d’avril 2009 et la cinquième en mars 2013.

10
une application anticipée étant cependant toujours possible  : ce délai
permet aux entités qui présentent deux années d’informations financières
comparatives annuelles (en plus de l’information de l’exercice considéré),
d’avoir la norme en main avant le début du premier exercice comparatif
présenté. Plusieurs normes importantes ne seront applicables (sauf
anticipation) qu’à compter de 2018. Aussi, nous avons choisi de présenter,
dans ces cas, la version nouvelle de la norme1, en précisant notamment à
chaque fois les divergences essentielles avec l’ancienne version. Les normes
comptables, comme le droit, ont des contenus qui évoluent constamment
avec le temps. Elles obligent à une mise à jour permanente et cette évolution
n’est pas sans donner de l’intérêt à leur étude.
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1  Lorsque, au moment de la publication de cet ouvrage, lorsqu’une des normes nouvelles n’était pas
encore publiée, nous nous sommes appuyés sur le dernier projet soumis par l’IASB sous forme d’exposé
sondage. Pour les points importants, nous avons constaté sur des précédents sujets qu’il n’y avait pas
généralement pas de divergences fondamentales entre le dernier exposé sondage et norme définitive.

11
Chapitre 1

La normalisation
comptable

C
’est d’abord aux États-Unis qu’une normalisation comptable
a été mise en place par la profession comptable en 1939 sous
l’égide du Committee on Accounting Procedures (CAP) de l’AICPA.
Cette organisation a pris ensuite vis-à-vis de la profession comptable
son indépendance en devenant le Financial Accounting Standards Board
(FASB). C’est sur le modèle de cet organisme, mais aussi de l’organisme
britannique, l’ASC (Accounting Standard Board) que s’est bâti depuis
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1973, l’International Accounting Standards Committee (IASC) devenu en


2001 International Accounting Standards Board (IASB), une organisation
chargée de bâtir un ensemble de normes comptables qui puissent être
appliquées au monde entier. Les modèles de normes mis en place par les
organismes américains (et britanniques) ont fortement inspiré l’IASB.
« La comptabilité : algèbre du droit et méthode d’observation des
sciences économiques », tel était le titre d’un ouvrage de technique
comptable écrit par Pierre Garnier en 1947 (Éditions Dunod). Si la
normalisation comptable relative aux comptes annuels (individuels
et sociaux) en France est toujours, une algèbre du droit (notamment
à cause de l’obligation stipulée par l’article L. 123-12 du Code de
commerce, pour tout commerçant de procéder à l’enregistrement
comptable des mouvements affectant le patrimoine), il n’en est pas

13
1.  La normalisation comptable


de même des normes internationales, lesquelles a  priori, sont indé-


pendantes de tout droit (encore, qu’en Europe, elles font l’objet d’un
règlement qui les rend applicables aux comptes consolidés des socié-
tés cotées) et privilégient l’information économique et financière des
investisseurs.
Le 29 juin 1973 a été signée à Londres, à l’initiative de Henry Ben-
son, associé de Coopers & Lybrand de Londres, et par les représen-
tants des organisations comptables professionnelles d’Australie, du
Canada, de France, d’Allemagne, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas,
de Grande-Bretagne, d’Irlande et des États-Unis, la charte de création
d’un organisme international, le comité des normes comptables inter-
nationales, l’IASC (International Accounting Standards Committee), ayant
pour objet de mettre en forme des standards comptables de base qui
seraient acceptés dans le monde entier. Henry Benson avait constaté
que les différences au niveau des principes comptables étaient contrai-
gnantes pour le commerce et les investissements internationaux et
avait proposé qu’un comité d’auditeurs rédige des normes comptables
qui s’appliqueraient aux échanges internationaux.
Une nouvelle organisation, totalement indépendante, s’est mise en
place en 2001 (rebaptisée en 2010), composée notamment :
–– d’une fondation, dénommée International Financial Reporting Standards
Foundation (IFRS Foundation)1,
–– d’un conseil dénommé International Accounting Standards Board (IASB)
appelé aussi couramment Board ;
–– d’un comité d’interprétation dénommé IFRS Interpretations Committee2 ;
–– et d’un comité consultatif dénommé IFRS Advisory Council3.
Le siège de l’IASB (et des organisations adjacentes) est à Londres,
30 Cannon Street.
Organe de droit privé, investi d’une mission d’intérêt général, l’IASB,
qui à l’origine avait un objectif d’harmonisation peu ambitieux, a vu
son influence grandir à partir de 2000 et 2002 à la suite des appuis de
l’International Organisation of Securities Commission (IOSCO) puis de

1  Avant la révision de la constitution de l’IASB en mars 2010, IASCF (International Accounting Standards


Committee Foundation).
2  Avant la révision de la constitution de l’IASB en mars 2010, IFRIC (International Financial Reporting
Interpretations Committee).
3  Avant la révision de la constitution de l’IASB en mars 2010, SAC (Standards Advisory Council).

14
l’Union européenne et est devenu la référence de l’harmonisation des
normes comptables à l’échelle mondiale.

1. Les objectifs de l’IASB


Les objectifs du comité des normes internationales, formalisés dans la
constitution de l’IFRS Foundation (approuvée en mai 2000 et révisée en
mars 2010, en janvier 2013 et en novembre 2016) sont les suivants (§ 2
de la constitution) :
« (a) développer, dans l’intérêt général, un ensemble unique de
normes d’information financière de haute qualité, compréhensibles,
applicables et universellement acceptées, fondées sur des principes
clairement définis. Ces normes doivent exiger des informations
de haute qualité, transparentes et comparables dans les états
financiers et autres rapports financiers pour aider les investisseurs,
d’autres participants des marchés de capitaux dans le monde et
d’autres utilisateurs d’informations financières, dans leur prise de
décisions économiques ;
(b) promouvoir l’utilisation et l’application rigoureuse de ces normes ;
(c) dans la réalisation des objectifs liés à (a) et (b), prendre en
compte, le cas échéant, les besoins d’une gamme de tailles et de
types d’entités dans divers milieux économiques ;
(d) promouvoir et de faciliter l’adoption des « International
Financial Reporting Standards » (IFRS), normes et interprétations
publiées par l’IASB, à travers la convergence entre des normes
comptables nationales et les IFRS ».
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Il est à noter que, pour atteindre ce dernier objectif, l’IASB, que ce soit
pour la construction des normes ou pour l’établissement des interpréta-
tions, travaille de concert avec les principaux normalisateurs nationaux.
Il est en effet indispensable que les pays qui représentent les capitalisa-
tions boursières les plus importantes aient des normes nationales les
plus proches des normes IFRS, pour éviter des différences sensibles, dans
la mesure où les normes nationales continueraient à être utilisées.
L’IASB a spécifié par ailleurs que sa mission d’harmonisation restait
compatible avec des dispositions plus détaillées prises par certains pays
ou par une nécessaire adaptation aux circonstances nationales.
On peut noter que les normes IFRS s’appuient plutôt sur des principes
directeurs, faisant appel au jugement du professionnel, (ce qui explique

15
1.  La normalisation comptable


l’importance des définitions) notamment pour effectuer de nombreuses


évaluations, alors que, par exemple, les normes françaises sont bâties
sous formes de règles (règles de droit) et que les normes américaines
sont plutôt axées sur des modalités d’application.
Il n’est pas dans l’objet de cet ouvrage de présenter une analyse cri-
tique du système de normes IFRS ainsi que de l’organisation qui produit
ces normes. Volontairement, nous nous sommes limités à l’exposer de
l’existant et de la manière dont le praticien doit appréhender cet existant.

2. L’IASB de 1973 à nos jours


2.1. Les premières normes de 1975 à 1989
La première norme (IAS  1 « Publicité des méthodes comptables ») a
été publiée en janvier 1975 : elle évoquait les conventions comptables
de base (continuité de l’exploitation, permanence des méthodes, spé-
cialisation des exercices) et les principes qui devaient régir le choix et
l’application des méthodes comptables (prudence, prééminence de la
réalité sur l’apparence et importance relative). Puis, furent publiées des
normes plus techniques portant sur les stocks (IAS  2), les états finan-
ciers consolidés (IAS 3, norme abrogée en 1989 et remplacée par IAS 27
et IAS  28), les amortissements (IAS  4), les informations que doivent
fournir les entreprises dans leurs états financiers (IAS  5), les change-
ments de prix (IAS 6, norme abrogée en 1981 et remplacée par IAS 15),
le tableau de financement (IAS  7), etc. La particularité de ces normes
était de pouvoir être appliquées partout, de nombreuses options étant
permises. Ainsi, pour la détermination du coût des stocks, sept formules
différentes (dont bien entendu les méthodes du premier entré – premier
sorti et du coût moyen pondéré) étaient autorisées.

2.2. Le cadre conceptuel


Un cadre de préparation et de présentation des états financiers (Fra-
mework for the Preparation and Presentation of Financial Statements) a été,
par ailleurs, adopté par l’IASC en avril  1989. Il avait pour mission de
fixer les concepts sous-jacents à l’élaboration des états financiers.
Ce cadre conceptuel traitant particulièrement de l’objectif des états
financiers, des caractéristiques qualitatives de ces états, des éléments les
composant, de la prise en compte et de l’évaluation de ces éléments, des

16
systèmes de mesure et du concept du capital. Révisé en 2010 et en cours
de révision fin 2016, il sera analysé dans le chapitre 2, § 1 à 10.

2.3. La comparabilité des états financiers


Depuis la création de l’IASC en 1973, face aux diversités des pratiques
nationales, la mise au point des normes communes s’était heurtée à
des difficultés. La solution retenue avait consisté jusque-là à admettre
qu’une opération identique puisse être comptabilisée différemment au
moyen d’options entre plusieurs méthodes prévues par la norme. Cette
pratique avait conduit cependant à rendre difficile toute comparaison
entre états financiers de diverses origines.
Aussi, début 1989, un projet appelé « comparabilité des états finan-
ciers », le projet ED 32, prévoyait l’amendement de pas moins de treize
normes. L’objectif de ce projet était de réduire les options prévues par les
normes. Ce projet prévoyait soit de n’admettre pour certaines normes
qu’une seule méthode pour la comptabilisation d’une même transac-
tion ou d’un même événement, soit, en admettant plusieurs méthodes,
d’indiquer la préférence de l’IASC, ou s’il n’y avait pas de préférence, les
conditions d’application de chacune des méthodes.
L’approbation finale des normes révisées (il y a eu finalement que
dix) de ce projet a été effectuée en définitive par le Conseil de l’IASC
qui s’est tenu à Oslo du 2 au 5 novembre 1993, la date d’application des
nouvelles règles étant fixée aux exercices ouverts à compter du 1er jan-
vier 1995.

2.4. L’acceptation des normes IFRS


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par les bourses de valeurs et la révision


des normes existantes
Un accord avait été pris en juillet 1995 avec l’International Organisation
of Securities Commission (IOSCO) l’organisation internationale des comi-
tés de valeurs mobilières, pour qu’à l’avenir, après révision des normes
actuelles de l’IASC, les entreprises dont les états financiers seront
conformes aux normes comptables internationales n’aient plus à retrai-
ter leurs comptes pour être cotées en bourse, même aux États-Unis. Il faut
voir qu’aux États-Unis, pour être cotée au New York Stock Exchange par
exemple, une société devait satisfaire aux exigences de la SEC (Securities
Exchange Commission) en matière d’information et préparer ses comptes
consolidés en respectant les principes comptables ­généralement admis

17
1.  La normalisation comptable


aux États-Unis (les US GAAP) ou établir un document qui compare le


résultat et les capitaux propres établis conformément aux règles locales
et aux normes américaines.
L’obligation de réconciliation a été abrogée par un règlement de la
SEC1 pour les exercices clos à compter du 15 novembre 2007.
À partir de 1996, la révision d’un certain nombre de normes fut entre-
prise. La norme IAS 1, relative à la publicité des méthodes comptables fut
remplacée (1997) par une norme relative aux états financiers. Furent révi-
sées également les normes IAS 12, IAS 14, IAS 16, IAS 17, IAS 19, IAS 22.
Furent créées de nouvelles normes relatives au résultat par action, à l’infor-
mation financière intermédiaire, à l’abandon d’activités, aux dépréciations
d’actifs, aux provisions, passifs et actifs éventuels, aux immobilisations
incorporelles (IAS  33 à IAS  38). C’est aussi dans cette période que furent
conclus les travaux relatifs aux instruments financiers, lesquels ont notam-
ment développé la notion de « juste valeur » (IAS 32 et IAS 39).
En mai 2000, l’IOSCO a annoncé qu’elle recommandait à l’ensemble
des autorités boursières du monde d’accepter l’utilisation des normes
IAS (à l’exception de la norme IAS 15 relative aux variations de prix et
des normes sectorielles IAS 26, IAS 30 et IAS 41) et des interprétations
relatives à ces normes, pour les émissions et cotations effectuées par des
émetteurs transnationaux. Cette décision a contribué favorablement à
la crédibilité et à l’intensification probable de l’utilisation du référentiel
IFRS à travers le monde.

2.5. La nouvelle structure du comité des normes


internationales
En 2001 (la nouvelle constitution de l’IASB avait été approuvée en mai 2000),
s’est mise en place une nouvelle organisation rebaptisée par la constitution
de 2010 (voir ci-après § 3), plus indépendante de la profession comptable
(l’IFAC ne participe plus directement à l’organisation de l’IASC/IASB, alors
que durant plus de vingt ans, il en avait été le partenaire principal).

2.6. Les dernières révisions des normes IFRS


De 2002 à 2016, de nombreux travaux ont été effectués par l’IASB (plus
d’une centaine d’exposés-sondages ont notamment été présentés – pour
la notion d’exposé-sondage, voir ci-après § 4) et ont abouti à la publica-

1  Règlement RIN 3235-AJ 90.

18
tion d’aménagements de la presque totalité des normes existantes et à
la création de seize nouvelles normes.
Ont d’abord été révisées (publication en décembre  2003) la presque
totalité des normes existantes, de nombreux traitements jusqu’alors
autorisés par ces normes sont abandonnés, ne laissant qu’un seul traite-
ment (à quelques exceptions près).
Puis ont été revues (première publication en décembre  2003), les
normes IAS 32 et IAS 39. La norme IAS 39, après sa première publication
révisée, ayant fait l’objet de nombreuses critiques, plusieurs aménage-
ments ont été ensuite apportés par l’IASB en 2004 et 2005.
En juin 2003 a été publiée la première norme IFRS relative à la première
application des normes internationales (IFRS 1) Puis ont suivi, de 2004 à
2006 les normes IFRS 2 à IFRS 8 relatives à la comptabilisation des paie-
ments en actions, aux regroupements d’entreprises (norme révisée en 2008
et rapprochant les méthodes de comptabilisation et d’évaluation avec les
règles américaines), aux contrats d’assurance, aux activités abandonnées, à
l’exploration et l’exploitation des ressources minérales, aux informations à
fournir sur les instruments financiers, aux secteurs opérationnels.
Par ailleurs, à la demande du G 20, l’IASB mis en 2008 en chantier la
réécriture de la norme IAS 39 relative à la comptabilisation et à l’évalua-
tion des instruments financière, la nouvelle norme IFRS 9 « Instruments
financiers ».
En 2009, l’IASB a également publié une norme IFRS pour PME (voir ci-
dessous § 8) révisée en 2015, conduisant l’organisation, qui s’était priori-
tairement orientée vers l’information destinée aux marchés financiers (et
par conséquent aux comptes consolidés des entités cotées) à s’intéresser
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aux problèmes posés par les comptes individuels et les plus petites entités.
En septembre 2010, l’IASB a publié une révision (incomplète) du cadre
conceptuel et en mai 2011, de concert avec le normalisateur américain, le
FASB, quatre nouvelles normes consacrées à la consolidation d’une part
(IFRS 10 « États financiers consolidés », IFRS 11 « Partenariats », IFRS 12
« Informations sur les participations dans d’autres entités ») et à l’évalua-
tion à la juste valeur d’autre part (IAS 13 « Évaluation à la juste valeur »).
En janvier  2014, l’IASB a publié la norme IFRS 14 « Comptes de
report réglementaires » dont l’objectif est d’améliorer la comparabilité
de l’information financière pour les entités qui exercent des activités
à tarifs réglementés. En juillet 2014, elle a publié la version définitive
d’IFRS 9 « Instruments financiers » (des publications partielles ayant

19
1.  La normalisation comptable


été effectuées en novembre 2009, octobre 2010 et novembre 2013). En


mai 2014 et en janvier 2016, toujours de concert avec le normalisateur
américain, le FASB, elle a publié les normes IFRS 15 « Produits des acti-
vités ordinaires tirés de contrats conclus avec les clients » et IFRS 16
« Contrats de location » appelées à remplacer IAS 11, IAS 18 d’une part
et IAS 17 d’autre part à compter de 2018 et 2019.
Il est à noter qu’au 31 décembre 2016, un certain nombre de projets
étaient encore en cours et concernaient notamment la révision du cadre
conceptuel et de la norme sur les contrats d’assurance, qui doivent être
publiés en 2017, les activités à tarifs réglementés et un projet global
dénommé « disclosure initiative »1 dans lequel il est prévu notamment
un exposé de pratiques sur l’importance relative (voir chapitre 2, § 11),
et un projet d’élaboration d’une norme en matière d’informations à
fournir, en vue d’améliorer et de regrouper les principes appliqués pour
déterminer la structure et le contenu de base des états financiers, et
plus particulièrement des notes complémentaires. Des programmes de
recherche sur la structure des états financiers, les regroupements d’en-
treprises sous contrôle commun, les taux d’intérêt, la dépréciation du
goodwill, etc. sont également programmés2. Par ailleurs, l’IASB a mis en
place un certain nombre de revues post application (Post − implemen-
tation review) afin de vérifier si la norme nouvelle fonctionne comme
prévu, si elle a atteint ses objectifs et si elle a amélioré l’information
financière. Des revues ont été réalisées aujourd’hui sur IFRS 3 et IFRS 8,
d’autres sont en cours sur IFRS 10, IFRS 11, IFRS 12 et IFRS 13. Dans cet
ouvrage, nous avons tenu compte (en le précisant) de toutes ces révi-
sions, normes révisées, nouvelles normes et projets en cours.

3. La structure opérationnelle de l’IASB


La structure de l’IASB comprend six organismes principaux3 : la fonda-
tion IFRS (IFRS Foundation), le conseil de surveillance de la fondation

1  Voir Robert Obert, « Point sur l’initiative de l’initiative sur les informations à fournir », Revue Française
de comptabilité – N° 493, décembre 2015, p. 54-56.
2 Pour le détail du programme de travail de l’IASB voir http://www.ifrs.org/Current-Projects/IASB-
Projects/Pages/IASB-Work-Plan.aspx
3  Auxquels on peut ajouter un certain nombre d’organismes consultatifs soit créées soit mis en place
par l’IFRS Foundation et l’IASB ou externes à l’IASB : le Conseil consultatif sur les marchés financiers
(Capital Markets Advisory Committee), le Groupe des économies émergentes (Emerging Economies
Group), le Forum mondial des préparateurs (Global Preparers Forum), le Groupe de mise en œuvre de la
norme IFRS pour les PME (SME Implementation Group), etc.

20
(Monitory Board), l’organisme central (l’IASB), le comité d’interprétation
(IFRS Interpretations Committee), et deux comités consultatifs (IFRS Advi-
sory Council et Accounting Standards Advisory Forum).
L’IFRS Foundation est gérée par un conseil de surveillance (appelé
Trustees). Ce conseil est composé de vingt-deux personnes représentant
l’ensemble de la communauté comptable (dont six trustees issus de l’Amé-
rique du Nord, six de l’Europe, six de la région Asie/Pacifique. On y trouve
des membres de grands cabinets d’auditeurs, des représentants d’associa-
tions d’entreprises, des représentants de normalisateurs, des professeurs de
droit, des représentants d’organismes de contrôle boursiers.
IFRS Foundation est chargé de la stratégie de l’organisation, d’amen-
der sa constitution, d’assurer son financement. IFRS Foundation (IASCF à
l’époque) a également été chargée de désigner les premiers membres du
conseil (Board). Elle est en relation avec un conseil de surveillance appelé
Monitory Board, dont la fonction d’être un lien entre les Trustees et les auto-
rités publiques. Ce Monitory Board est composé actuellement du président
de l’IOSCO Emerging Markets Committee, de représentants de la Commission
européenne, de l’US Securities and Exchange Commission (SEC), de l’Agence
des services financiers japonaise, de la Commission des valeurs mobilières
brésilienne, de la Commission des services financiers coréenne, du minis-
tère des Finances de la République populaire de Chine et en tant qu’ob-
servateur, du Comité de Bâle de supervision bancaire (Basel Committee on
Banking Supervision). Cette structure complexe de gouvernance a été mise en
place notamment pour assurer l’indépendance de l’IASB.
L’IASB est l’organe central de l’organisation. Le conseil de l’IASB (Board)
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est composé actuellement de 14 membres permanents. D’origines géogra-


phiques diverses (quatre européens dont le président Hans Hoogervorst,
trois nord-américains, trois asiatiques, deux océaniens, un africain, un sud-
américain), mais en majorité issus de pays anglo-saxons, les membres de
l’IASB ont été choisis pour leur expérience en matière de normalisation.
Alors que les membres du Conseil de l’IASC ancienne structure étaient des
personnalités intervenant à temps partiel, l’IASB est composé essentielle-
ment voire exclusivement de permanents. Le Board est chargé de susciter,
d’analyser et d’approuver les normes IFRS (voir ci-après § 5). Il est assisté
par un personnel (staff) de plus de 100 professionnels travaillant avec les
équipes de projet et les membres du Board, effectuant des recherches,­par-
ticipant aux réunions de table ronde, analysant les observations orales et
écrites reçues du public et préparant des recommandations et des ­brouillons

21
1.  La normalisation comptable


de documents pour examen par le Conseil. Le Board est aussi chargé d’ap-
prouver les projets d’interprétation de l’IFRS Interpretations Committee.
L’IFRS Interpretations Committee (précédemment IFRIC –  International
Financial Reporting Interpretations Committee) a pris la suite en 2001 du SIC
(Standing Interpretation Committee) créée en 1997. C’est un comité composé
de quatorze membres, chargé de répondre rapidement aux problèmes d’in-
terprétation posés par certaines normes. Il travaille en collaboration avec
les comités similaires des normalisateurs nationaux. Les interprétations
doivent faire l’objet d’une approbation par le board. Plus de cinquante
interprétations ont été publiées par l’IASB (voir ci-après § 6).
L’IFRS Advisory Council (précédemment Standards Advisory Council,
SAC) composé de 30 membres au moins est appelé à conseiller l’IASB sur
les priorités de son programme de travail. Il est aussi chargé d’informer
l’IASB des points de vue des organisations comptables dont sont issus
ses membres.
Par ailleurs, un second organe consultatif l’Accounting Standards
Advisory Forum (ASAF) ou Forum consultatif des normes comptables a
été créé en 2013. Composé de 12 membres, normalisateurs nationaux
(comme le FASB ou l’ANC) et organismes régionaux ayant un intérêt
dans l’information financière (comme l’EFRAG), son objectif est de faire
collaborer de manière plus intense ces organisations avec l’IASB.

Monitory Board
Conseil de surveillance de IFRS Fondation

IFRS Foundation
Chargé de la stratégie, de l’organisation et du financement

IASB (ou Board)


Chargé de l’élaboration des normes comptables internationales

IFRS Advisory Council


Chargé de conseiller et d’informer l’IASB

Accounting Standards Advisory Forum


Chargé de la collaboration avec les normalisateurs
nationaux et les organismes régionaux

IFRS Interpretations Committee


Chargé de l’élaboration des interprétations posées pour
l’application de certaines normes

22
4. Les procédures de l’IASB
La procédure d’élaboration des normes (due process) est longue et fait
appel à de nombreuses consultations.
Pour l’élaboration des normes IFRS, les principales étapes sont les
suivantes :
1)  Inscription dans le programme de travail de l’IASB (active agenda) :
identification du thème (une consultation publique doit être faite tous
les trois ans pour fixer les priorités), discussion en réunions (l’IASB tient
chaque mois une réunion publique), consultation de l’IFRS Foundation et
de l’IFRS Advisory Council, mise en place d’un programme de recherche for-
mation d’un groupe de travail (working group) appelé à conseiller au Board ;
participation éventuelle d’un ou de plusieurs normalisateurs nationaux.
2)  Publication d’un document de discussion (discussion paper) pour
appel à commentaires (cette publication n’est pas systématique) : sont
présentés le(s) thème(s), les approches possibles et les choix envisagés
par le Board ; organisation de sessions publiques de discussion.
3)  Publication pour appel à commentaires d’un projet de norme
(exposure draft ou exposé-sondage) approuvé 60 % des membres au
moins de l’IASB au moins et comprenant les avis contraires émis par
certains membres ainsi que les arguments majeurs ayant prévalu lors de
la délibération de l’IASB. Toutes les parties intéressées sont appelées à
commenter ce projet dans une durée fixée dans l’exposé sondage. Dans
certains cas, un second projet de norme amendé peut être présenté.
4)  Après prise en compte des commentaires reçus sur les documents de
discussion et le projet, et éventuellement tenue d’audiences publiques et
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réalisation de tests d’application sur le terrain ; approbation de la norme


par au moins 9 voix (sur 14). Dans la norme publiée, mention est faite de
toute opinion contraire et de la base des conclusions, indiquant notam-
ment comment l’IASB a traité les commentaires reçus au titre du projet.
Ce processus prend approximativement deux ans pour une norme.
5)  Après qu’un IFRS est émis, les membres et le personnel (staff) de l’IASB
vont tenir des réunions régulières avec les parties intéressées, y compris les
autres organismes de normalisation, pour aider à comprendre les problèmes
liés à la mise en œuvre pratique et l’impact potentiel des propositions.
Après un certain moment, l’IASB peut entreprendre des études com-
plémentaires à la lumière de :
–– l’examen de l’application de l’IFRS ;

23
1.  La normalisation comptable


–– des changements dans l’environnement de l’établissement des rapports


financiers et dans les exigences réglementaires ;
–– et notamment des commentaires de l’IFRS Advisory Council, de l’IFRS Inter-
pretations Committee, des normalisateurs nationaux, sur la qualité des IFRS.
Ces études peuvent conduire à l’inscription à l’ordre du jour de
l’IASB d’une révision de la norme.
Un comité de surveillance du processus de 9 membres (Due Process
Oversight Committee – DPOC) est chargé de veiller au respect par l’IASB
des procédures et de rendre compte à la fondation IFRS de l’accomplis-
sement de sa mission.

Programme
Consultation Programme d’élaboration
du programme de recherche des normes Mise en œuvre

Le Dispositif Proposition Proposition


3–5 ans

Demande Discussion Exposé- Norme IFRS Interprétation/ PIR*


d’information Paper sondage finale Modification

* Suivi après la mise en œuvre.


Figure1.1 Processus d’élaboration des normes1

5. Les normes de l’IASB


Depuis la mise en place de la nouvelle préface aux normes internatio-
nales en mai 2002, les normes de l’IASB sont appelées IFRS (International
financial reporting standards), lesquelles désignent à la fois les normes IAS
existantes et les nouvelles normes.
Les normes IFRS sont élaborées pour s’appliquer aux états financiers indi-
viduels et consolidés à vocation générale de toutes les entités à but lucratif,
quels que soient leur secteur d’activité et leur forme, ainsi qu’à toute infor-
mation publiée par ces entités. Mais ces normes IFRS peuvent aussi s’appli-
quer aux entités à but non lucratif (voir chapitre 20, § 7) et aux entreprises
gouvernementales commerciales à chaque fois que cela est jugé approprié.
Les textes approuvés par l’IASB (qu’il s’agisse des normes, des inter-
prétations ou des exposés-sondages) sont ceux publiés par l’organisme
international en langue anglaise. Pour les besoins des utilisateurs, ils

1 D’après IFRS Foundation – International Accounting Standards Board (IASB) – Qui sommes-nous et que
faisons-nous ? (juillet 2015) p. 3.

24
peuvent être traduits dans la langue du pays par les organismes profes-
sionnels.
Il est à noter que l’article 3 du règlement européen sur l’application
des normes comptables internationales (voir ci-après § 10.2) stipule que
« les normes comptables adoptées sont publiées intégralement, dans
chacune des langues officielles de la Communauté, sous la forme d’un
règlement de la Commission, au Journal officiel de l’Union européenne
(JOUE) ». Il est donc possible de trouver le texte intégral des normes
comptables internationales, en langue française, au JOUE.
Au nombre de cinquante-sept à ce jour (treize d’entre elles ont cepen-
dant été abrogées, mais leur numéro n’a pas été réutilisé), les normes de
l’IASB comprennent généralement les rubriques suivantes :
–– objectifs ;
–– champ d’application ;
–– développements spécifiques ;
–– informations à fournir ;
–– dispositions transitoires ;
–– date d’application ;
–– annexes.
Dans les normes qui ont été promulguées depuis le changement de
structure en 2001, on trouve dans généralement une annexe A « Défi-
nitions » (lesquelles étaient précédemment présentées dans la norme
proprement dite après le champ d’application) et une annexe B « Guide
d’application », lesquelles font partie de la norme proprement dite. Par
ailleurs, sont éditées séparément (et sont considérées comme ne faisant
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pas partie intégrante de la norme) des bases des conclusions, lesquelles


exposent les principales questions traitées par l’IASB, les autres solu-
tions prises en considération et les motifs de l’IASB justifiant l’accep-
tation ou le rejet de certaines d’entre elles. Certaines normes publiées
avant la réforme de 2001 (IAS 39 par exemple) comprenaient également
un guide d’application non intégré dans la norme.
L’ensemble des normes applicables à ce jour (avec bases des conclu-
sions, guides d’application et interprétations) représente un texte de
plus de 4 700 pages.
Les paragraphes les plus importants de la norme sont présentés en
caractères gras. L’ensemble de la norme doit être appliqué, y compris les
annexes.

25
1.  La normalisation comptable


Liste des normes adoptées à ce jour (Titres actuels)

N° Première date Date d’application


Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1

IAS 1 Présentation des états 1.1.1975 1.1.2009


financiers (remplace Publicité
des méthodes comptables
à partir du 1.7.1998)
IAS 2 Stocks 1.1.1976 1.1.2005
IAS 3 Les états financiers 1.1.1977
consolidés (remplacée par
IAS 27 à partir du 1.1.1990)
IAS 4 Comptabilisation 1.1.1977
des amortissements
(non applicable 1.1.2001,
intégrée dans IAS 16
et IAS 37)
IAS 5 Les informations que 1.1.1977
doit fournir l’entreprise
dans ses états financiers
(remplacée par IAS 1 à partir
du 1.7.1998)
IAS 6 L’information reflétant 1.1.1978
les effets de variations
de prix (remplacée
par IAS 15 à partir
du 1.1.1983)
IAS 7 États des flux de trésorerie 1.1.1979 1.1.1994
IAS 8 Méthodes comptables, 1.1.1979 1.1.2005
changements d’estimation
et erreurs (le titre
de la norme avant 2003
était « Résultat de l’exercice,
erreurs fondamentales
et changements de méthodes
comptables »)
IAS 9 Frais de recherche 1.1.1980 1.1.1995
et de développement
(remplacée par IAS 38
à partir du 1.7.1999) »

1  Il faut distinguer la révision de la norme, qui correspond à une réécriture totale, les remises en forme,
effectuées notamment en 1994, et les amendements, qui correspondent à des modifications partielles.

26
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1

IAS 10 Événements postérieurs 1.1.1980 1.1.2005


à la fin de la période
de reporting (remplacée
partiellement par IAS 37
à partir du 1.7.1999)
Cette norme s’appelait
« Événements postérieurs
à la date de clôture » avant
la révision d’IAS 1 en 2007.
IAS 11 Contrats de construction 1.1.1980 1.1.1995
(doit être remplacée par IFRS
15 à compter du 1.1.2018)
IAS 12 Impôts sur le résultat 1.1.1981 1.1.1998
IAS 13 La présentation de l’actif 1.1.1981
à court terme et
du passif à court terme
(remplacée par IAS 1
à partir du 1.7.1998)
IAS 14 Information sectorielle 1.1.1983 1.7.1998
(remplacée par IFRS 8
à partir du 1.1.2009)
IAS 15 L’information reflétant 1.1.1983
les effets de variations
de prix (remplace IAS 6
devenue non applicable
à compter du 1.1.2005)
IAS 16 Immobilisations corporelles 1.1.1983 1.1.2005
IAS 17 Contrats de location (doit 1.1.1984 1.1.2005
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être remplacé par IFRS 16


à compter du 1.1.2019)
IAS 18 Produits des activités 1.1.1984 1.1.1995
ordinaires (doit être
remplacé par IFRS 15
à compter du 1.1.2018)
IAS 19 Avantages du personnel 1.1.1985 1.1.2013
IAS 20 Comptabilisation 1.1.1984
des subventions publiques
et informations à fournir
sur l’aide publique
IAS 21 Effets des variations des 1.1.1985 1.1.1995
cours des monnaies
étrangères »
27
1.  La normalisation comptable


»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1

IAS 22 Regroupements 1.1.1985 1.1.1999


d’entreprises (remplacée
par IFRS 3 à compter
du 1.4.2004)
IAS 23 Coûts d’emprunt 1.1.1986 1.1.2009
IAS 24 Information relative aux 1.1.1986 1.1.2011
parties liées
IAS 25 Comptabilisation 1.1.1987
des placements
(remplacée par IAS 32
et 39 et IAS 40 à compter
du 1.1.2001)
IAS 26 Comptabilité et rapports 1.1.1988
financiers des régimes de
retraite
IAS 27 États financiers individuels 1.1.1990 1.1.2013
(le titre avant 2003 était
« États financiers consolidés
et comptabilisation des
participations dans les
filiales ») (remplace IAS 3)
le titre avant 2013 était
« États financiers consolidés
et individuels ») (a été
remplacé par IFRS 10 et 12
à compter du 1.1.2013)
IAS 28 Participations dans 1.1.1990 1.1.2013
les entités associées
et les coentreprises (le titre
avant 2013 était
« Participations dans
des entités associées »)
IAS 29 Information financière 1.1.1990 1.1.2009
dans les économies hyper
inflationnistes
IAS 30 Information à fournir 1.1.1991
dans les états financiers
des banques et des
établissements financiers
assimilés (remplacée par IFRS
7 à compter du 1.1.2007) »

28
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1

IAS 31 Participations dans les 1.1.1992 1.1.2009


co-entreprises (remplacée
par IFRS 11 à compter du
1.1.2013)
IAS 32 Instruments financiers : 1.1.1996 1.1.2005
présentation
IAS 33 Résultat par action 1.1.1998 1.1.2005
IAS 34 Information financière 1.1.1999
intermédiaire
IAS 35 Abandon d’activités 1.1.1999
(remplacée par IFRS 5 à
compter du 1.1.2005)
IAS 36 Dépréciation d’actifs 1.7.1999 1.4.2004
IAS 37 Provisions, passifs éventuels 1.7.1999
et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations 1.7.1999 1.4.2004
incorporelles
IAS 39 Instruments financiers : 1.1.2001 1.1.2005
comptabilisation
et évaluation (doit être
remplacé par IFRS 9 à
compter du 1.1.2018)
IAS 40 Immeubles de placement 1.1.2001 1.1.2005
IAS 41 Agriculture 1.1.2003

IFRS 1 Première adoption des 1.1.2004 1.7.2009


normes internationales
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d’information financière
IFRS 2 Paiement fondé sur des 1.1.2005
actions
IFRS 3 Regroupements 1.4.2004 1.7.2009
d’entreprises
IFRS 4 Contrats d’assurance 1.1.2005

IFRS 5 Actifs non courants détenus 1.1.2005


en vue de la vente et
activités abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation 1.1.2006
des ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers : 1.1.2007
informations à fournir »

29
1.  La normalisation comptable


»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1

IFRS 8 Secteurs opérationnels 1.1.2009

IFRS 9 Instruments financiers 1.1.2015


(remplace IAS 39 à partir de
2018)
IFRS 10 États financiers consolidés 1.1. 2013

IFRS 11 Partenariats 1.1.2013

IFRS 12 Informations à fournir sur 1.1.2013


les intérêts détenus par
d’autres entités
IFRS 13 Évaluation à la juste valeur 1.1.2013

IFRS 14 Comptes de report 1.1.2016


réglementaires
(non applicable Union
européenne)
IFRS 15 Produits des activités 1.1.2018
ordinaires tirés de contrats
conclus avec des clients
(remplace IAS 11 et IAS 18
à compter de 2018)
IFRS 16 Contrats de location 1.1.2019
(remplace IAS 17 à compter
de 2019)

L’ensemble de ces normes peut être classé également comme suit :


1)  Normes cadres :
–– relatives à la présentation : IAS 1, IAS 7 ;
–– relatives à l’évaluation : IAS 8, IAS 10, IAS 21, IFRS 13 ;
–– relatives à l’information IAS 24, IAS 29, IAS 33, IAS 34, IFRS 1, IFRS 8,
IFRS 14 ;
–– relatives aux regroupements  : IAS  27, IAS  28, IFRS  3, IFRS  10, IFRS  11,
IFRS 12 ;
2)  Normes spécifiques : IAS 2, IAS 11, IAS 12, IAS 16, IAS 17, IAS 18,
IAS 19, IAS 20, IAS 23, IAS 32, IAS 36, IAS 37, IAS 38, IAS 39 (IFRS 9),
IAS 40, IFRS 2, IFRS 5, IFRS 7, IFRS 15, IFRS 16 ;
3)  Normes métiers : IAS 26, IAS 41, IFRS 4, IFRS 6.

30
6. Les décisions du comité
d’interprétation
Les décisions de l’IFRS Interpretations Committee (IFRIC avant 2010) sont
des réponses à des questions comptables susceptibles de faire l’objet de
traitements divergents ou inacceptables en l’absence d’instructions fai-
sant autorité. Elles correspondent soit à des pratiques non satisfaites
dans le cadre des normes comptables internationales, soit à nouveaux
sujets se rapportant à une norme existante, mais qui n’ont pas été exa-
minés lorsque la norme a été élaborée (questions émergentes).
Certaines interprétations ont été intégrées dans la révision de normes
existantes, ce qui explique qu’à ce jour nombre d’entre elles n’ont plus
à être appliquées.
Après identification des différences liées au thème traité et étude
des pratiques nationales, il est élaboré, pour appel à commentaires, un
projet d’interprétation. Après prise en compte des commentaires, l’IFRS
Interpretations Commitee adopte le projet qui sera soumis pour adoption
finale par le Board de l’IASB.
L’IFRIC avait remplacé depuis 2002 le SIC créé en 1997 et qui avait
adopté 34 décisions (liste des décisions en annexe 1).

7. Convergence des normes comptables


nationales
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L’un des objectifs de l’IASB est (voir ci-dessus §  1) de « tendre vers la


convergence des normes comptables nationales et des normes comp-
tables internationales pour des solutions de haute qualité ». Une struc-
ture particulière, l’Accounting Standards Advisory Forum (ASAF), est
chargée de la liaison avec les organisations normatives nationales. Pour
ce qui concerne notamment les normes françaises et américaines, on
peut constater :
–– que nombre des dernières révisions du PCG français relatives au traite-
ment des contrats à long terme, aux changements de méthodes comp-
tables, aux passifs, à l’amortissement et à la dépréciation des actifs, au
traitement comptable des fusions et opérations assimilées, à la définition,
la comptabilisation et l’évaluation des actifs ont conduit à un rapproche-
ment avec les IFRS ;

31
1.  La normalisation comptable


–– que les dernières révisions et projets de normes américaines (notamment


celles sur la juste valeur, les produits, les locations, les instruments finan-
ciers, les regroupements d’entreprises, les immobilisations incorporelles,
les dépréciations d’actifs, les produits des contrats avec les clients, les
locations) se sont faits en accord ou en commun avec l’IASB, laquelle
a ensuite proposé des modifications à ses propres normes, voire une
nouvelle rédaction pour les rapprocher des normes américaines. Il faut
d’ailleurs constater que les Boards du FASB et de l’IASB se rencontrent
fréquemment en vue de faire converger leurs règles (voir ci-après § 11.5).
Dans l’Union européenne, la plupart des pays (à l’exception de
l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, la Hongrie,
la Suède) ont adopté les normes IFRS pour leurs comptes individuels et
sociaux (avec parfois quelques restrictions).
Outre l’Union européenne, de nombreux pays par ailleurs ont
adopté les normes IFRS (ou des normes inspirées des IFRS). Citons
notamment : l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Arabie saoudite, l’Argentine,
l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’In-
donésie, le Japon, le Maroc, le Mexique, la Norvège, la Russie, la Suisse
(qui admet aussi les US GAAP), la Turquie. Pour Philippe Danjou1,
« Une accélération remarquable du mouvement d’adoption a eu lieu
au cours des cinq dernières années. La plupart des pays qui n’ont pas
encore adopté les IFRS « purs » ont conduit un grand mouvement de
modernisation de leurs propres normes comptables dans une optique
de convergence avec les IFRS. On peut citer en particulier la Chine,
l’Inde, le Japon. Bien sûr, on peut déplorer que les États-unis, après
avoir sérieusement envisagé d’adopter les IFRS aient décidé de reporter
sine die cette décision ». (voir ci-après § 11.5).

8. Une norme IFRS pour les petites


et moyennes entités
8.1. La mise en place de la norme IFRS pour PME
En juillet 2009 fut publiée une nouvelle norme intitulée « IFRS for small
and medium-sized entities – SMEs » (IFRS pour PME) conclusion de cinq
années de travaux. L’objectif de cette norme était de présenter des règles

1  Philippe Danjou, Le projet IFRS entré en vigueur il y a dix ans, devenu une réalité incontournable. Revue
Française de Comptabilité n° 500, juillet-août 2016, p. 16.

32
qui puissent être utilisées par des entités qui n’exercent pas de respon-
sabilité publique, mais qui sont dans l’obligation de présenter des états
financiers pour des utilisateurs extérieurs.
Une entité exerce une responsabilité publique (et, par conséquent,
ne peut appliquer que les « full IFRS ») si :
–– ses instruments de dettes ou de capitaux propres sont cotés sur un marché
public ou elle est sur le point d’émettre de tels instruments pour leur cota-
tion sur un marché public (une bourse de valeurs nationale ou étrangère
ou un marché hors cote, y compris les marchés locaux et régionaux) ;
–– elle détient des actifs à titre fiduciaire pour un large groupe de tiers
extérieurs comme l’une de ses activités principales. La plupart des
banques, des coopératives, des compagnies d’assurance, des cour-
tiers en valeurs mobilières ou des sociétés de bourse, des fonds
communs de placement et des banques d’investissement sont des
exemples d’entités détenant des actifs à titre fiduciaire pour un
nombre important de tiers.
L’IASB a prévu que la décision d’adoption ou non du référentiel
pour les PME sera prise au niveau de chaque État, par les normalisateurs
nationaux. Par ailleurs, l’Union européenne n’a pris aucun règlement
imposant cette norme.
Il est à noter que l’IASB n’a pas prévu de test quantitatif pour quali-
fier la PME, ce test pouvant être cependant défini par chaque État uti-
lisateur. Toutefois la rédaction de la norme a été faite en pensant à une
entité de 50 salariés.
La norme proprement dite (230 pages) comprend une préface,
35 sections, un glossaire et une table de correspondance des sections de
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la nouvelle norme avec les IFRS existantes.


Elle a été mise à jour en mai 2015.
Par ailleurs, un groupe, le SMEIG (Small Medium Entities Implanting
Group) répond à un certain nombre de questions sur le site Internet de
l’organisation internationale et effectue des recommandations à l’IASB
dans le cadre de la modification de la norme.
La norme IFRS pour PME est accompagnée d’une base de conclu-
sions, d’un modèle d’états financiers et d’une check-list des informa-
tions à fournir. Elle est ainsi structurée.

33
1.  La normalisation comptable


Préface
1 Petites et moyennes entités
2 Concepts et principes généraux
3 Présentation des états financiers
4 État de la situation financière
5 État du résultat global et du résultat
6 État de variation des capitaux propres et compte de résultat et résultats non
distribués
7 État des flux de trésorerie
8 Notes aux états financiers
9 États financiers consolidés et individuels
10 Méthodes comptables, estimations et erreurs
11 Instruments financiers habituels
12 Autres instruments financiers
13 Stocks
14 Participations dans des entités associées
15 Participations dans des coentreprises
16 Immeubles de placement
17 Immobilisations corporelles
18 Immobilisations incorporelles à l’exception du goodwill
19 Regroupements d’entreprises et goodwill
20 Contrats de location
21 Provisions et éventualités
22 Passifs et capitaux propres
23 Produits des activités ordinaires
24 Subventions publiques
25 Coûts d’emprunts
26 Paiement fondé sur des actions
27 Dépréciation des actifs
28 Avantages du personnel
29 Impôt sur le résultat
30 Conversion des monnaies étrangères
31 Hyperinflation
32 Événements postérieurs à la période de reporting
33 Informations relatives aux parties liées
34 Activités spécialisées
35 Transition à la norme IFRS pour PME
Glossaire – Table de concordance avec IFRS

Cette norme a été adaptée par certains pays, dont notamment ceux
ne disposant pas ou n’ayant pas les ressources suffisantes pour mainte-
nir un référentiel comptable adapté1. En Grande-Bretagne et en Irlande,
à compter du 1er janvier 2015, l’ensemble des normes applicables, à l’ex-
ception de la norme applicable au système simplifié, remplacées par une

1  80 pays dans le Monde utilisent les IFRS PME (IFRS Foundation Paul Pacter – Pocket Guide to IFRS Stan-
dards : the global financial reporting language, 2016, p. 30.

34
nouvelle norme globale (FRS 102) dénommée « The Financial Reporting
Standard applicable in the UK and Republic of Ireland » très proche des IFRS
PME. Par contre, dans d’autres pays (comme la France) où le référentiel
comptable permet de répondre aux besoins des entreprises en matière
de fiscalité et de publicité des comptes (notamment pour les petites et
moyennes entreprises n’ayant pas besoin d’un référentiel internatio-
nalement reconnu), le rapport coûts/avantages de l’introduction de la
norme IFRS PME a été perçu comme défavorable.
Toutefois cette norme garde un intérêt, même en cas de non-uti-
lisation systématique. En effet, au cours des années à venir, alors que
toutes les sociétés cotées du monde appliqueront pour leurs comptes
consolidés les normes IFRS ou des normes très proches (les normes amé-
ricaines du FASB convergent aujourd’hui avec celles de l’IASB), on peut
également envisager que les normalisateurs nationaux de multiples
pays vont modifier (ou créer si elles n’existent pas encore) leurs normes
comptables (applicables aux comptes individuels et sociaux et aux
comptes consolidés des entités non cotées) en s’inspirant (mais aussi en
cherchant des simplifications) des normes IFRS. À ce jour d’ailleurs, on
peut constater que de nombreux États (notamment en Afrique, en Asie,
en Amérique du Sud) ont réalisé cette transformation. Nous pensons
que la norme IFRS PME peut servir de base à cette mutation.

8.2. Divergences entre IFRS PME


et IFRS complètes
Les IFRS pour PME sont rédigées de manière plus concise que les IFRS
complètes (ou « full IFRS »). Néanmoins, l’ensemble des règles fixées par
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IFRS PME correspondent souvent (avec des allègements) à celles des IFRS
complètes. Il est à noter cependant que la norme IFRS pour PME ne
reconnaît que deux méthodes d’évaluation : le coût historique, qui est
généralement utilisé, et la juste valeur dans certaines catégories d’ins-
truments financiers, de participations dans des entités associées ou des
coentreprises, d’immeubles de placement ou d’actifs biologiques.
Les principales divergences de la norme IFRS pour PME avec les « full
IFRS », concernent notamment les points suivants :
•  Traitement des instruments financiers (simplification en IFRS PME :
deux catégories  : évaluation au coût amorti, évaluation à la juste
valeur, alors qu’IAS 39 et IFRS 9 ont retenu une classification plus
détaillée (voir chapitre 6 §  3). Nombre de méthodes retenues dans

35
1.  La normalisation comptable


IFRS PME sont différentes de celles figurant dans les « full IFRS »,
notamment d’IAS 39. ;
•  Comptabilité de couverture  : IFRS PME permet la comptabilité de
couverture (voir chapitre 6 § 8) seulement pour les risques suivants :
le risque de taux d’intérêt d’un instrument de dette évalué au coût
amorti, le risque de change ou de taux d’intérêt dans un engagement
ferme ou une transaction prévue hautement probable, le risque de
prix d’une marchandise que l’entité détient, soit dans un engagement
ferme, soit dans une transaction prévue hautement probable d’achat
ou de vente de la marchandise et le risque de change d’un investisse-
ment net dans une opération à l’étranger ;
•  Traitement des coûts d’emprunt (non activables en IFRS PME, alors
que pour les actifs éligibles, IAS 23 stipule (voir chapitre 15 § 3) une
affectation des coûts d’emprunts aux actifs concernés) ;
•  Traitement des frais de développement (non activables en IFRS PME,
alors que IAS 38 prévoit, dans certaines conditions cette activation
– voir chapitre 9 § 3) ;
•  Réévaluation des immobilisations incorporelles non autorisée (alors
que IAS 38 permet l’utilisation de la valeur réévaluée – voir chapitre 9
§ 6.2) ;
•  Amortissement systématique de toutes les immobilisations incor-
porelles, y compris le goodwill, autorisé (alors qu’IAS 38 ne prévoit
l’amortissement que pour les immobilisations incorporelles identi-
fiables à durée d’utilité finie (voir chapitre 9 § 8). Si une entité n’est
pas en mesure d’estimer la durée d’utilité d’une immobilisation incor-
porelle de manière fiable, la durée présumée est fixée à 10 ans ;
•  Dépréciation  : lorsque le goodwill ne peut être affecté à une unité
génératrice de trésorerie (voir chapitre 12 §  6), deux solutions sont
alors possibles :
–– si l’entité acquise n’a pas été intégrée (restructurée ou dissoute dans
l’entité déclarante ou d’autres filiales), l’entité acquise est évaluée
dans son ensemble pour effectuer le test de dépréciation ;
–– si une telle répartition n’est pas possible et que l’entité acquise a été
intégrée, l’ensemble du groupe est alors pris dans le test de dépréciation.
•  Avantages au personnel  : comptabilisation immédiate des écarts
actuariels en résultat net (alors qu’IAS 19 prévoit une comptabilisation
dans les autres éléments du résultat global (voir chapitre 13 § 5.6) ;

36
•  Subventions  : alors qu’il y a deux options de comptabilisation de
subventions liées à des actifs dans IAS 20 (voir chapitre 15 §  2.2),
la norme IFRS PME n’autorise pas la déduction du prix d’achat de
l’équipement et précise que « les subventions reçues avant que les
critères de constatation des produits soient satisfaits sont reconnues
comme un passif ») ;
•  Établissement des états financiers individuels : IFRS pour PME autorise,
sur option, de comptabiliser à la valeur d’équivalence une filiale, une
entité associée et une entité sous contrôle conjoint (alors qu’IFRS 27
ne permet la comptabilisation que conformément à IAS 39 ou IFRS 9
– voir chapitre 4 § 7.1) ;
•  Possibilité d’évaluer au coût ou à la juste valeur les participations dans
des entités sous contrôle conjoint (alors que les coentreprises, confor-
mément à IAS 28, l’évaluation doit être obligatoirement effectuée par
mise en équivalence – voir chapitre 4.2) ;
•  Le coût d’un regroupement d’entreprise (justes valeurs, à la date
d’échange, des actifs remis, des passifs encourus ou assumés, et des
instruments de capitaux propres émis par l’acquéreur, en échange du
contrôle de l’entreprise acquise), doit être majoré de tous les coûts
directement attribuables au regroupement (dans IFRS 3, depuis la
révision de 2008, les coûts d’acquisition doivent constatés en charges,
voir chapitre 5 § 2.3) ;
•  Méthode de goodwill complet non autorisée en IFRS PME (autorisée en
« full IFRS » – voir chapitre 5 § 2.4) ;
•  Revue moins fréquente des éléments sur immobilisations corporelles,
incorporelles et goodwill (annuellement en IFRS complètes) ;
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•  Information en notes annexes plus légères ;


•  Absence de dispositions sur le résultat par action (IAS 33), l’informa-
tion financière intermédiaire (IAS 34), les actifs détenus en vue de
la vente et activités abandonnées (IFRS 5), l’information sectorielle
(IFRS 8).

9. IFRS et XBRL
XBRL (eXtensible Business Reporting Language) est un langage de repor-
ting basé sur le standard XML (Extensible Markup Language). Son objectif
est de simplifier et d’homogénéiser la communication de l’information

37
1.  La normalisation comptable


financière du producteur à l’utilisateur ainsi que la comparaison des


états financiers en permettant, comme le langage HTLM utilisé dans les
pages Internet, de mettre en forme des documents grâce à des balises.
Comme tout système linguistique, le langage XBRL permet de com-
poser des textes grâce à une grammaire, la spécification XBRL, et un
vocabulaire matérialisé par un dictionnaire de données, une taxonomie.
Les taxonomies IFRS établies par l’IFRS Foundation XBRL Team per-
mettent aux entreprises de publier leurs comptes IFRS au format XBRL.
Ces taxonomies sont régulièrement mises à jour afin de tenir compte
des évolutions de la normalisation comptable.
XBRL permet d’identifier facilement une donnée précise et d’exploi-
ter l’information sans la ressaisir.

10. Le règlement européen sur l’application


des normes comptables internationales
Le droit comptable des États membres de l’Union européenne pour les
comptes individuels et consolidés des sociétés commerciales est encadré
maintenant par la directive 2013/34 du 26  juin 2013 relative aux états
financiers annuels, aux états financiers consolidés, et aux rapports affé-
rents de certaines formes d’entreprises qui a remplacé la quatrième et
la septième directives de 1978 et 1983. Ce texte comptable européen
couvre encore plus de 50 options et a par ce biais encadre des principes
comptables nationaux qui sont devenus aujourd’hui difficilement com-
parables. Il est complété par le règlement 1606/2002 du 19 juillet 2002,
sur l’application, notamment aux sociétés cotées, des normes comptables
internationales.

10.1. La directive européenne 2013/34


du 26 juin 2013
Cette directive a remplacé les deux directives européennes préexistantes
(quatrième et septième directives) relatives à la comptabilité des sociétés
publiées en 1978 et 1983. Les États membres ont mis en vigueur les dis-
positions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour
se conformer à cette directive fin 2015 (avec application pour la pre-
mière fois aux états financiers de l’exercice commençant le 1er janvier
2016 ou au cours de l’année civile 2016).

38
La nouvelle directive comprend 55 articles répartis en dix chapitres.
Un certain nombre d’articles sont restés en substance identiques aux
articles correspondants des anciennes directives bien que leur numéro-
tation diffère généralement de la numérotation originale.
On y trouve les principes généraux applicables à l’information finan-
cière. Sont cités les principes classiques (continuité de l’exploitation, de
permanence des méthodes, de prudence, d’application de la comptabi-
lité d’engagement, d’indépendance des exercices, de non compensation,
d’intangibilité du bilan d’ouverture, d’utilisation des coûts d’acquisi-
tion ou de revient), mais aussi les principes d’importance relative et de
prééminence de la réalité économique d’une transaction sur sa forme
juridique, principes que l’on retrouve dans les normes IFRS.
La nouvelle directive présente deux modèles de bilan (présenté sous
forme de tableau, actifs et passifs séparés ou en liste) et deux structures
de compte de résultat présentés en liste : l’une fondée sur un classement
par nature, l’autre sur un classement par fonction.
À côté de la directive générale relatives aux comptes des sociétés, il
faut aussi signaler l’existence de directives spécialisées pour les entités
du secteur bancaire et du secteur des assurances.

10.2. Le règlement européen CE n° 1606/2002


du Parlement européen et du Conseil de l’Union
européenne du 19 juillet 2002 sur l’application
des normes comptables internationales
Le Conseil européen de Lisbonne en mars  2000 avait imposé que la
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Commission européenne mette en œuvre un « plan d’action pour les


services financiers » pour 2005. Ce plan concernait plusieurs aspects
dont notamment la comptabilité :
C’est ainsi qu’a été publié, au Journal officiel des communautés
européennes, un règlement mettant en place la partie comptabilité du
plan d’action (règlement CE n°  1606/2002 du Parlement européen et
du Conseil du 19 juillet 2002 sur l’application des normes comptables
internationales – JOUE du 11 septembre 2002, p. L. 243-1 à L. 243-4).
Le règlement stipule que les entreprises cotées sur un marché régle-
menté européennes ont l’obligation depuis 2005 d’utiliser le référentiel
IFRS (ainsi que les interprétations s’y rapportant) pour l’établissement
de leurs comptes consolidés. L’utilisation d’un règlement plutôt qu’une

39
1.  La normalisation comptable


directive a évité les mesures de transposition par les États membres (un
règlement est d’application immédiate).
Le choix des normes IFRS effectué par le règlement était un choix cohé-
rent. L’Europe n’avait ni le temps, ni les moyens de concevoir son propre
standard. Elle devait par ailleurs se projeter dans l’avenir probable de mar-
chés financiers globalisés à l’ensemble du monde. Elle ne pouvait accepter
de se placer dans le champ du normalisateur américain et devait saisir
l’opportunité de participer à un mouvement de normalisation mondiale.
L’adoption d’un référentiel comptable unique a favorisé l’homogé-
néité des informations financières produites en Europe. Il a permis ainsi,
en limitant les options offertes de comparer objectivement les données
financières des entreprises européennes (7 000 à 8 000 sociétés cotées
sont concernées par le règlement). D’autre part, le corps des normes
IFRS choisi par l’Europe en privilégiant la substance sur la forme et en
instaurant dans certains domaines l’actualisation et la juste valeur, a
opté définitivement pour la prééminence de l’économique sur le juri-
dique et, dans ce contexte, a influé très largement les pratiques.
Le règlement prévoit par ailleurs (article 5) deux options ouvertes aux
États membres. La première leur offre la possibilité d’étendre l’applica-
tion des IFRS aux comptes individuels des sociétés cotées, la seconde,
d’étendre l’application des IFRS à toutes les sociétés commerciales pour les
comptes consolidés et/ou les comptes individuels. Les législateurs natio-
naux devaient se prononcer sur ces deux options. En France, l’ordon-
nance 2004-1382 du 20  décembre 2004 permet aux sociétés ne faisant
pas appel public à l’épargne d’établir leurs comptes consolidés soit selon
les normes IFRS, soit en suivant les règles comptables prévues par le Code
de commerce et le règlement 99-02 du CRC sur les comptes consolidés.
En France, près de 30  000  entreprises (sociétés cotées et filiales de
sociétés cotées) sont touchées par le règlement européen relatif à l’appli-
cation des normes comptables internationales.

10.3. Le mécanisme mis en place


par le règlement européen
La mise en place du règlement a conduit les entreprises cotées euro-
péennes à appliquer un référentiel écrit par un organisme indépen-
dant international : l’IASB. Pour éviter l’abandon de la souveraineté de
l’Union en matière de droit comptable, le règlement présente un méca-
nisme spécifique d’adoption des normes.

40
Ce mécanisme implique l’intervention d’un Comité de réglemen-
tation comptable européen ou Accounting Regulatory Committee (ARC),
d’un organe technique : le groupe consultatif pour l’information finan-
cière en Europe ou l’European Financial Reporting Advisory Group (EFRAG).
L’ARC européen est composé de représentants des membres de
l’Union et est présidé par la Commission européenne. Il a un rôle poli-
tique et pour fonction de rendre des avis sur les propositions de la
Commission dans le mois qui suit leur présentation. Il est aidé dans sa
mission par l’EFRAG.
L’EFRAG est composé de membres proposés par les organisations
fondatrices, représentant, sur le plan européen, les entités publiques, la
profession comptable, les entreprises, les bourses de valeurs, les analystes
financiers, des secteurs d’activités spécifiques (banques, assurances). Il
comprend en outre une assemblée générale composée d’organisations
européennes et d’organismes nationaux, un Conseil d’administration et
un Comité technique comptable. Le Conseil d’administration est com-
posé de membres représentant les institutions publiques européennes,
les parties prenantes (sociétés industrielles et commerciales, établisse-
ments financiers, professionnels de la comptabilité, utilisateurs) et les
organismes nationaux principaux de normalisation comptable (dont
l’ANC pour la France, le DRSC pour l’Allemagne, l’OIC pour l’Italie,
le FRC pour le Royaume-Uni, etc.) Le Comité technique comptable
est composé de membres sélectionnés en fonction de leur expertise et
de leur compétence professionnelle. Il a un rôle consultatif auprès du
Conseil d’administration, les décisions étant prises par ce dernier. Il a
pour mission essentielle d’évaluer techniquement les normes et interpré-
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tations de l’IASB en vue de leur adoption. L’EFRAG a aussi une activité


de réflexion importante conduite en partenariat avec des normalisateurs
nationaux européens. Depuis 2005, elle a publié un nombre conséquent
de documents de recherche ou de discussion et de prises de position.
Selon le règlement européen, les IFRS ne peuvent être adoptées et
appliquées au sein de l’Union européenne que si elles répondant aux cri-
tères fixés par le règlement européen1 (conformité aux textes existants
européens via l’image fidèle, intérêt public européen, pertinence, fiabi-
lité, comparabilité, intelligibilité). Chacune des normes doit faire l’objet
d’un examen de l’EFRAG, puis de l’ARC avant d’être publiée sous forme de
règlement au JOUE (journal officiel de l’Union européenne).

1  Article 3, al. 2.

41
1.  La normalisation comptable


Un premier règlement, le règlement européen CE n° 1725/2003 de


la Commission du 29  septembre 2003 portant adoption de certaines
normes comptables internationales, conformément au règlement du
19 juillet 2002, a été publié au JOUE du 13 octobre 2003 (p. L. 261/1
à L.  261/420). Depuis, de nombreux règlements sont venus modifier
le règlement CE n°  1725/2003 pour faire en sorte que l’ensemble des
normes et interprétations publiées par l’IASB soient applicables, dans
l’Union européenne, par les entités qui doivent établir leurs comptes
en normes IFRS. Il est à noter par ailleurs que, le 3  novembre 2008,
l’Union européenne a publié au JOUE le règlement 1126/2008 rempla-
çant le règlement 1725/2003 et ses nombreux additifs (texte consolidé
sur http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:
02008R1126-20160101).
Par ailleurs, à côté des organismes purement comptables, ont été
créés sur décision de la Commission européenne deux comités straté-
giques dans le cadre du plan d’action des services financiers : l’European
Securities Committee (ESC) ou comité européen des valeurs mobilières,
chargé de conseiller la Commission européenne sur l’ensemble de la
réglementation des valeurs mobilières et l’European Securities and Mar-
kets Authority (ESMA) ou Autorité européenne des marchés financiers,
régie par le règlement 1095/2010 du 24 novembre 2010 du Parlement
européen et du Conseil, remplaçant depuis 2011 le Committee of Euro-
pean Securities Regulators (CESR) et dont l’objectif est de garantir une
meilleure cohérence dans l’application de la législation européenne et
de coordonner les actions des autorités de tutelle des États membres.
L’ESMA est chargé notamment (art. 8 du règlement européen
1095/2010) de :
–– contribuer à la création de normes et de pratiques communes de grande
qualité en matière de réglementation et de surveillance, notamment en
fournissant des avis aux institutions de l’Union et en élaborant des orien-
tations, des recommandations et des projets de normes techniques de
réglementation et d’exécution fondés sur les actes législatifs […] ;
–– contribuer à l’application harmonisée des actes juridiquement contrai-
gnants de l’Union, notamment en participant à l’instauration d’une pra-
tique commune en matière de surveillance […].
L’ESMA publie chaque année un ensemble de recommandations sur
l’arrêté des comptes en IFRS, portant sur un certain nombre de thèmes
et destinées à favoriser l’application homogène des normes comptables

42
internationales. L’Autorité des marchés financiers (AMF) chaque année,
publie également ses propres recommandations venant compléter celles
de l’ESMA.

11. La normalisation comptable


aux États-Unis
La normalisation comptable américaine a servi de modèle à la norma-
lisation comptable internationale. Aujourd’hui elle est organisée de
manière semblable. Si les Etats-Unis n’ont pas adopté pour leurs entre-
prises les IFRS, elles acceptent toutefois depuis 2007 que les entreprises
étrangères cotées sur une bourse américaine puissent présenter leurs
comptes en normes IFRS sans rapprochement avec les normes améri-
caines. D’autre part, depuis 2002, l’IASB et le normalisateur américains
se rencontrent régulièrement pour faire converger leurs normes respec-
tives (voir ci-après § 11.5).
Aux États-Unis, les organismes professionnels constituent la
source principale de la normalisation comptable avec notamment les
travaux de l’American Institute of Certified Public Accountants (AICPA)
créée en 1887 et du Financial Accounting Standards Board (FASB) créée
en 1973.
Il faut aussi signaler l’existence du Securities and Exchange Commission
(SEC). Faisant suite aux lois de 1933 (Securities Act) et  1934 (Securities
Exchange Act), le SEC est l’organe de surveillance et de contrôle des mar-
chés financiers américains.
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11.1. La Securities and Exchange


Commission (SEC)
Équivalent de l’AMF en France, la SEC est chargée de veiller au bon fonc-
tionnement des marchés boursiers. La SEC, dès sa création en 1934, a
laissé au secteur privé (AICPA puis FASB) le soin de définir les principes
comptables généralement admis.
Toutefois elle a publié trois types de textes en matière de comptabi-
lisation1 : les règlements SX (accounting rules) qui fixent le contenu et le
format des rapports financiers des entités tenues de respecter les règles

1  Intégrés aujourd’hui dans le code du FASB (voir ci-dessous § 11.4).

43
1.  La normalisation comptable


de la SEC, les règlements SK (integrated disclosure system) qui définissent


les exigences de la SEC pour les divers rapports demandés notamment
en cas d’introduction en bourse, d’appel public à l’épargne, ou de com-
munication financière des entités cotées et les SAB (Staff Accounting Bul-
letins), lesquels reflètent l’avis de la Commission sur un certain nombre
de pratiques comptables.
L’influence de la SEC explique pourquoi la réglementation comp-
table aux États-Unis est orientée vers les besoins de la Bourse et des
grandes entreprises (il y a environ 12 000 sociétés cotées aux États-Unis).
Les petites entreprises non cotées sont libres d’organiser leur comptabi-
lité, en fonction de leur propre situation, soit selon les US GAAP, soit
selon les principes appliqués en fiscalité.

11.2. L’American Institute of Certified Public


Accountants (AICPA)
L’AICPA constitue l’instance professionnelle représentative des
« experts-comptables auditeurs » (Certified public accountants, CPA) aux
États-Unis. Créée à la fin du siècle dernier, son action a été plutôt timide
jusqu’en 1929.
La loi sur les valeurs mobilières de 1934 a permis à l’AICPA d’inter-
venir directement dans l’élaboration des normes. Le SEC fut, en fait,
désigné pour être l’autorité chargée d’élaborer les normes générales de
comptabilité alors que la mission d’établissement des normes de vérifi-
cation était laissée à la profession comptable. Mais, dès sa création, le
SEC a mandaté la profession comptable pour ce qui concerne l’émission
des normes comptables concernant les entreprises privées.
En 1936, l’AICPA créa un organisme responsable de la normalisa-
tion, le CAP (Committee on Accounting Procedures), ou commission des
procédures comptables, qui publia de 1938 à 1959, 51 bulletins de
recherche comptables appelés ARB (Accounting Research Bulletins) trai-
tant des principes comptables généralement reconnus. En 1959, le CAP
a été remplacé par un organisme plus structuré, l’APB (Accounting Prin-
ciples Board). Cet organisme a publié 31 Opinions ayant valeur de prises
de position officielle et quatre Statements ayant valeur de recomman-
dation. Toutefois, cet organisme étant toujours dépendant de l’AICPA,
il fut convenu en 1973 de créer un nouvel organisme, le FASB, dans
lequel toutes les parties intéressées par la normalisation comptable sont
représentées.

44
Il est à noter que depuis, cependant, l’AICPA a également publié des
recommandations en matière de comptabilisation et d’audit (SOP, Sta-
tement of position).

11.3. Le Financial Accounting Standard Board


(FASB)
Depuis 1973, le FASB est l’organisation compétente pour établir des
normes de comptabilité financière et de reporting pour le secteur privé.
Ces normes régissent la préparation des états et rapports financiers. Elles
ont été officiellement identifiées comme bien fondées par la SEC (Finan-
cial reporting release n°  1 Section  101), la politique de celle-ci étant de
compter sur un secteur privé qui démontre sa capacité de prendre une
responsabilité dans l’intérêt public.
Outre le FASB, il y a lieu de distinguer le Financial Accounting Foun-
dation (FAF), le Financial Accounting Standards Board (FASB) proprement
dit, le Financial Accounting Standards Advisory Council (FASAC) et l’Emer-
ging Issues Task Force (EITF). On peut constater que l’organisation du
FASB a de multiples ressemblances avec l’organisation de l’IASB. À l’IFRS
Foundation correspond le FAF, à l’IASB correspond le FASB proprement
dit, au IFRS Advisory Council correspond le FASAC et à l’IFRS Interpreta-
tion Committee correspond l’EITF.
Les normes de technique comptable du FASB sont au nombre de 168,
auxquelles, il faut ajouter depuis le 1er juillet 2009 les mises à jour du
code du FASB (voir ci-après § 11.4), elles venaient compléter quelques
normes ARB ou APB encore valables.
En plus des normes de technique comptable (FAS), le FASB a aussi
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approuvé des normes de concepts qui fixent la doctrine du FASB et l’ai-


deront ensuite à avoir une approche cohérente dans l’élaboration des
normes comptables. Cet ensemble de normes est appelé cadre concep-
tuel (conceptual framework) du FASB.
Alors que les normes comptables internationales sont axées sur des
principes directeurs (voir l’analyse de ces principes dans le chapitre 2) et
notamment l’obtention de l’image fidèle, les US GAAP sont plus axées sur
les modalités d’application. Cette différence entre normes IFRS et normes
américaines s’explique, selon Gilbert Gélard, ancien membre de l’IASB1

1 Du bon usage d’un cadre conceptuel amélioré, Revue française de comptabilité n°  437
novembre 2010, p. 36.

45
1.  La normalisation comptable


« par la différence des environnements économiques et institutionnels.


Des normes plus détaillées et plus prescriptives établies pour un seul
pays – les États-Unis – n’entendent pas laisser de lacunes ou de « trous »
qui permettraient au préparateur ou qui exigeraient de lui qu’il imagine
son propre traitement pour une transaction. Cette approche détaillée
et prescriptive est tout simplement impossible dans un environne-
ment international, en raison des différences juridiques, économiques
et sociales dans le monde ». Ceci s’explique aussi par l’environnement
américain, relativement procédurier (les procès sont nombreux et les
dommages et intérêts réclamés importants). Pour se couvrir, pour évi-
ter les pressions de dirigeants de sociétés souvent rémunérés en fonc-
tion des résultats, les auditeurs préfèrent des normes détaillées et qui
limitent le champ d’interprétation. Le dispositif américain comprend
des milliers de pages de normes comptables, fruit de plusieurs décen-
nies d’accumulation (par exemple 600 pages sur les instruments finan-
ciers dérivés, plus de 800 pages sur les structures spécifiques). Les US
GAAP contiennent de nombreuses règles détaillées, communément
appelées bright lines qui tracent clairement la frontière entre ce qui est
acceptable et ce qui ne l’est pas.

11.4. La codification des normes du FASB


Depuis juillet  2009, l’ensemble des normes applicables du FASB
(incluant les bases de conclusion) ainsi que celles de l’ARB et de l’APB,
les interprétations EITF, voire les recommandations et amendements
de la SEC (notamment les Staff Accounting Bulletins (SAB) et les Regula-
tion SX), les prises de positions de l’AICPA (Statement of Position – SOP),
celles de la direction du FASB (Staff positions) ont été intégrées dans
un code dénommé « FASB Accounting Standards Codification™ » (« FASB
Codification » ou encore « ASC »). Ce code fait depuis l’objet de mises à
jour qui y sont intégrées. La structure et les principaux thèmes (appe-
lés « topics ») du code du FASB sont fournis en annexe de ce chapitre
(annexe 2).

11.5. Convergence entre normes américaines


et normes IFRS
À la suite d’une réunion commune entre les membres du Board du FASB
et du Board de l’IASB à Norwalk (Connecticut, USA) le 18  septembre
2002, les deux organisations se sont mises d’accord pour employer leurs

46
efforts à rendre leurs normes respectives compatibles et pour coordon-
ner leurs travaux futurs.
Un programme en quatre points (mémorandum « The Norwalk agree-
ment » a été arrêté lors de cette réunion.
Un mémorandum publié conjointement par le FASB et l’IASB le
27 février 2006 (Memorandum of Understanding, MOU) mis à jour depuis,
a fixé l’ensemble des engagements à des deux organisations.
Depuis l’accord de Norwalk, de nombreuses réunions communes
entre IASB et FASB ont été organisées, de nombreux projets de conver-
gence ont été mis en chantier qui ont conduit l’IASB à la publication
des normes IFRS 5, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15 et 16, à la révision du cadre
conceptuel et à la révision des normes IFRS 2 et 3 et IAS 1, 19 et 23.
L’ensemble de ce travail de rapprochement, qui devait trouver son
aboutissement au milieu de l’année 2013 (mais qui continue à se pour-
suivre, les deux organisations continuant à se rencontrer), peut être ana-
lysé en deux sous ensembles1 :
–– certains projets sont communs ont été rédigés ensemble par l’IASB et le
FASB, aboutissant à des normes ayant la même structure et le même texte
de base : c’est le cas de la mise à jour du cadre conceptuel, des normes sur
la juste valeur, les produits tirés de contrats avec les clients, les locations ;
–– pour les autres projets, chaque organisation a effectué ses propres amen-
dements, les textes de base restant cependant différents.
Il faut voir que ce processus de convergence est extrêmement ardu : il
est difficile de convaincre les Américains de changer de position. De son
côté, l’IASB s’attache à des positions qu’il estime justifiées. La conver-
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gence se révèle en fait comme un processus lent et peut-être non sus-


ceptible d’aboutir.
Le 14 novembre 2008, le Securities Exchange Commission (SEC) avait
publié un document extrêmement important (165 pages) intitulé Road-
map for the potential use of the financial statements prepared in accordance
with international reporting standards by US issuers. Ce document, évo-
quait la possibilité pour les entités américaines d’utiliser les normes IFRS
pour présenter leurs comptes à partir de 2014.
À ce jour, ce projet n’a pas abouti. On peut cependant espérer, mal-
gré les difficultés actuelles et les réticences américaines d’adopter ce

1  Joint Update Note from the IASB and FASB on Accounting Convergence – Note from IASB on Gover-
nance Enhancements April 2012.

47
1.  La normalisation comptable


processus, que dans quelques années toutes les sociétés au monde (y


compris aux États-Unis) utiliseront pour leur communication finan-
cière, les normes IFRS.
Si l’on compare les normes IFRS avec les normes américaines, on
peut constater une convergence dans plusieurs domaines importants
qui ont fait l’objet récemment de travaux communs entre l’IASB et le
FASB, à savoir, les produits de contrats avec les clients, les locations et
les instruments financiers. Toutefois, dans certains cas, IASB et FASB
sont parvenus à des conclusions différentes au cours de leurs délibéra-
tions. Aussi, même après la mise en œuvre de ces projets, des différences
subsisteront entre les US GAAP et les IFRS.
Il ne faut pas non plus perdre de vue que globalement les deux
ensembles de normes sont généralement plus semblables que différents
pour les transactions les plus fréquemment rencontrées, les normes IFRS
étant en grande partie, mais pas entièrement, fondées sur les mêmes
principes de base que les US GAAP (avec il est vrai, des modalités d’appli-
cation souvent différentes). Les principes généraux et le cadre concep-
tuel sont souvent identiques ou similaires dans les deux ensembles de
normes, conduisant finalement à des résultats comptables similaires.
L’existence de différences –  et de leur importance aux états financiers
d’une entité – dépend d’une variété de facteurs spécifiques, comme la
nature de l’entité, les détails des transactions, l’interprétation des prin-
cipes IFRS, des pratiques plus générales de l’industrie et les options où
US GAAP et IFRS offrent un choix.

12. La pratique de l’audit


« Une mission d’audit des états financiers a pour objectif de permettre
à l’auditeur d’exprimer une opinion selon laquelle les états financiers
ont été établis, dans tous leurs aspects significatifs, conformément à un
référentiel comptable identifié. » Telle est la définition que donne un
organisme international, l’IFAC (International Federation of Accountants),
de cette mission du professionnel comptable, qui vient compléter la
mission d’établissement des comptes individuels et consolidés.
Nous ne pourrions pas, dans cet ouvrage, analyser les normes comp-
tables sans tenir compte des normes d’audit qui ont suivi un chemin
parallèle aux normes de comptabilité. Ainsi, nous analyserons dans
cette section les règles édictées par l’organisme international.

48
Faisant suite à la création de l’IASC en 1973 dont la mission était
d’édicter des normes comptables applicables à l’élaboration des
comptes et de promouvoir leur acceptation à travers le monde, l’IFAC
(International Federation of ACcountants) fut constituée le 7  octobre
1977 par 63 organisations professionnelles représentant 51 pays dif-
férents.
L’objectif essentiel de l’IFAC est de « favoriser le développement
d’une profession comptable homogène utilisant des normes harmoni-
sées ». Aujourd’hui, plus de 175  organisations professionnelles repré-
sentant plus de 130 pays réunissant ensemble près de trois millions de
personnes (professions comptables, entités publiques, industrie, com-
merce, enseignement) participent à l’IFAC. Le siège de l’IFAC est à New
York (alors que celui de l’IASB est situé à Londres).
Pour pouvoir mettre les recommandations qui composent son
objet, l’IFAC a constitué des commissions permanentes dans les
domaines de la formation, de l’éthique, de la comptabilité finan-
cière et de gestion, dans le secteur public (voir chapitre 20, § 7) et en
matière de pratiques d’audit.
La commission internationale des normes internationales d’audit et
d’expression d’assurance ou International Auditing and Assurance Stan-
dards Board (IAASB) (qui a pris en 2002 la suite de l’IAPC – International
Auditing Practice Committee) a publié un ensemble de normes interna-
tionales d’audit (International Standards on Auditing  – ISA), de normes
internationales de missions d’examen (International Standards on Review
Engagements –  ISRE) et de normes internationales de missions d’assu-
rance (International Standards on Assurance Engagements – ISAE)12.
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Il est à noter que l’article L 821-13 du Code de commerce (modifié


par l’ordonnance 2016-315 du 17  mars 2016 relative au commissariat
aux comptes) stipule que « le commissaire aux comptes exerce sa mis-
sion conformément aux normes d’audit internationales adoptées par la
Commission européenne dans les conditions définies par l’article 26 de
la directive 2006/43/CE du 17 mai 2006… ».

1  Que l’on retrouve dans un manuel mis en ligne par l’IFAC (https://www.ifac.org/) « Handbook of
international quality control, auditing, review, other assurance and related services pronouncements”.
2  L’IFAC a notamment demandé au G20 qui s’est réuni en Chine en septembre 2016 de présenter
une résolution dans laquelle serait reconnue l’importance des normes internationales dans toutes les
juridictions, qu’il s’agisse des normes en matière de comptabilité (IFRS), d’audit et d’assurance (ISA
notamment), d’éthique professionnelle (code d’éthique), d’éducation (IES), et de comptabilité du sec-
teur public (IPSAS).

49
1.  La normalisation comptable


À ce jour, l’IAASB a publié un peu plus de quarante normes désignées


ci-après :

N° Intitulés
de codification des normes
des normes
Introduction
Préface aux normes internationales de contrôle qualité, d’audit,
de missions d’assurance et de services connexes
Lexique
ISQC 1 Contrôle qualité des cabinets réalisant des missions d’audit
ou d’examen limité d’états financiers, et d’autres missions
d’assurance et de services connexes
Principes généraux et responsabilités
ISA 200 Objectifs généraux de l’auditeur indépendant et conduite
d’un audit selon les normes internationales d’audit
ISA 210 Accord sur les termes des missions d’audit
ISA 220 Contrôle qualité d’un audit d’états financiers
ISA 230 Documentation d’audit
ISA 240 Les obligations de l’auditeur en matière de fraude lors
d’un audit d’états financiers
ISA 250 Prise en considération des textes législatifs et réglementaires
dans un audit d’états financiers
ISA 260 Communication avec les personnes constituant
le gouvernement d’entreprise
ISA 265 Communication des déficiences dans le contrôle interne
aux personnes constituant le gouvernement d’entreprise
et à la direction
Évaluation des risques et réponse aux risques évalués
ISA 300 Planification d’un audit d’états financiers
ISA 315 Identification et évaluation des risques d’anomalies significatives
au travers de la connaissance
de l’entité et de son environnement
ISA 320 Caractère significatif en matière d’audit
ISA 330 Réponses de l’auditeur aux risques évalués
ISA 402 Facteurs à considérer pour l’audit lorsque l’entité fait appel
à des sociétés de services
ISA 450 Évaluation des anomalies relevées au cours de l’audit
Éléments probants
ISA 500 Éléments probants
ISA 501 Éléments probants – Considérations supplémentaires
sur des aspects spécifiques »
50
» N° Intitulés
de codification des normes
des normes
ISA 505 Confirmations externes
ISA 510 Missions d’audit initiales – soldes d’ouverture
ISA 520 Procédures analytiques
ISA 530 Sondages en audit
ISA 540 Audit des estimations comptables, y compris des estimations
comptables en juste valeur et des informations fournies
les concernant
ISA 550 Parties liées
ISA 560 Événements postérieurs à la clôture
ISA 570 Continuité de l’exploitation
ISA 580 Déclarations écrites
Utilisation des travaux d’autres professionnels
ISA 600 Aspects particuliers – Audits d’états financiers du groupe
(y compris l’utilisation des travaux des auditeurs
des composants)
ISA 610 Examen des travaux des audits internes
ISA 620 Utilisation des travaux d’un expert désigné par l’auditeur
Conclusions de l’audit et rapports
ISA 700 Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des états
financiers
ISA 701 Communiquer les questions clés d’audit dans le rapport
de l’auditeur indépendant
ISA 705 Modifications apportées à l’opinion formulée dans le rapport
de l’auditeur indépendant
ISA 706 Paragraphes d’observation et paragraphes descriptifs d’autres
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questions dans le rapport de l’auditeur indépendant


ISA 710 Données comparatives
ISA 720 Les responsabilités de l’auditeur au regard des autres
informations présentées dans des
documents contenant des états financiers audités
Domaines spécialisés
ISA 800 Aspects particuliers – Audits d’états financiers établis
conformément à des référentiels à caractère spécifique
ISA 805 Aspects particuliers – Audits d’états financiers pris isolément
et d’éléments, de comptes ou de rubriques spécifiques d’un état
financier
ISA 810 Missions ayant pour but d’émettre un rapport sur des états
financiers résumés »

51
1.  La normalisation comptable


» N° Intitulés
de codification des normes
des normes
Autres normes
IAPN 1000 Considérations particulières pour l’audit d’instruments financiers
ISRE 2400 Missions d’examen limité d’états financiers
ISRE 2410 Examen limité d’informations financières intermédiaires effectué
par l’auditeur indépendant de l’entité
ISAE 3000 Missions d’assurance autres que des audits ou examens limités
d’informations financières historiques
ISAE 3400 Examen d’informations financières prévisionnelles
ISAE 3402 Rapports d’assurance sur les contrôles d’un organisme
de services
ISAE 3410 Missions d’assurance relatives aux bilans des gaz à effet de serre
ISAE 3420 Missions d’assurance sur la compilation de l’information
financière pro forma inclus dans un prospectus
ISRS 4400 Mission d’examen d’informations financières sur la base
de procédures convenues
ISRS 4410 Mission de compilation d’informations financières

52
Test de connaissances

Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).

Q1. Qu’est-ce que l’IFRS Advisory Council ?


a) un comité consultatif de l’IASB ;
b) le conseil de surveillance de l’IASB ;
c) le comité d’urgence de l’IASB.

Q2. Où se trouve le siège de l’IASB ?


a) à New York ;
b) à Londres ;
c) à Bruxelles.

Q3. Quel sujet n’est pas traité à ce jour par une norme de l’IASB ?
a) l’abandon d’activité ;
b) les événements postérieurs à la clôture :
c) la répartition des bénéfices.

Q4. Quel est l’objet actuel de la norme IAS 1 ?


a) la publicité des méthodes comptables ;
b) la présentation des comptes individuels et consolidés ;
c) la présentation des états financiers.

Q5. Combien de normes IFRS traitent des instruments financiers


au 1er janvier 2017 ?
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a) une norme ;
b) deux normes ;
c) trois normes.

Q6. Qu’est-ce que l’IFRS Foundation ?


a) un organe chargé de la stratégie de l’IASB ;
b) le comité d’interprétation de l’IASB ;
c) le comité d’interprétation du FASB.

Q7. À qui est destinée la norme IFRS pour PME ?


a) aux entités qui ont émis des instruments de dettes ou de capitaux propres sur
un marché public ;
b) aux entités qui détiennent des actifs à titre financier pour un large groupe de
tiers (comme par exemple une banque ou une compagnie d’assurance) ;
c) aux entités qui n’exercent pas de responsabilité publique. »
53
1.  La normalisation comptable


» Q8. Quelles sont les règles fixées par le règlement européen sur les normes
comptables internationales ?
a) l’obligation dès 2005 pour toutes les entreprises européennes d’utiliser pour
leur comptabilité les normes IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC ;
b) l’obligation dès 2005 pour toutes les sociétés européennes d’utiliser pour leurs
comptes consolidés les normes IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC ;
c) l’obligation dès 2005 pour toutes les sociétés européennes dont les titres sont
négociés sur un marché réglementé ou qui préparent leur admission à la cote
d’un marché réglementé d’utiliser pour leurs comptes consolidés les normes
IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC.

Q9. Qu’est-ce que l’EFRAG ?


a) un comité consultatif de l’IASB ;
b) un comité institué auprès de l’Union européenne et chargé d’évaluer pour le
compte de l’Union les normes de l’IASB ;
c) un comité chargé de proposer des modifications aux directives européennes.

Q10. Qu’est que l’IAASB ?


a) la commission internationale des normes d’audit et d’expression d’assurance ;
b) le comité des normes comptables internationales ;
c) l’institut américain des auditeurs et experts-comptables.
Corrigés et commentaires p. 557.

54
ANNEXES AU CHAPITRE 1
Annexe 1 : Liste des décisions du comité permanent d’interprétation
Annexe 2 : Structure du FASB Accounting Standard Codification™

Annexe 1
Liste des décisions du comité permanent d’interprétation

Normes IFRS
Références Titres – Objet des décisions
interprétées
SIC 1 Devenue sans effet depuis la révision IAS 2
en décembre 2003
SIC 2 Devenue sans effet depuis la révision IAS 8
en décembre 2003
SIC 3 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 28 en décembre 2003
SIC 4 Non publiée (intégrée dans IAS 32)
SIC 5 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003
SIC 6 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 16 en décembre 2003
SIC 7 Introduction de l’euro IAS 8, 10, 21
SIC 8 Devenue sans effet depuis la publication
IFRS 1 en juin 2003
SIC 9 Devenue sans effet depuis la publication
d’IFRS 3 en mars 2004
SIC 10 Aide publique – Absence de relation IAS 8, 20
spécifique avec des activités
opérationnelles
SIC 11 Devenue sans effet depuis la révision
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IAS 21 en décembre 2003
SIC 12 Devenue sans effet depuis la mise
en œuvre d’IFRS 10 en janvier 2013
SIC 13 Devenue sans effet depuis la mise
en œuvre d’IFRS 11 en janvier 2013
SIC 14 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 16 en décembre 2003
SIC 15 Avantages dans les contrats de location IAS 1, 8, 17
simple (sera sans effet au moment de la mise
en œuvre d’IFRS 16 en janvier 2016)
SIC 16 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003
SIC 17 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003 »
55
1.  La normalisation comptable


» Références Titres – Objet des décisions


Normes IFRS
interprétées
SIC 18 Devenue sans effet depuis la révision IAS 8
en décembre 2003
SIC 19 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 21 en décembre 2003
SIC 20 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 28 en décembre 2003
SIC 21 Devenue sans effet depuis la mise
en œuvre de l’amendement à IAS 12
en janvier 2012
SIC 22 Devenue sans effet depuis la publication
d’IFRS 3 en mars 2004
SIC 23 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 16 en décembre 2003
SIC 24 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 33 en décembre 2003
SIC 25 Impôts sur le résultat – Changements IAS 8, 12
de statut fiscal d’une entreprise
ou de ses actionnaires
SIC 26 Abandonnée
SIC 27 Évaluation de la substance des transactions IAS 8, 11, 17, 18, 37,
comportant des opérations ayant la forme 39, IFRS 4
juridique d’un contrat de location (sera
sans effet au moment de la mise en œuvre
d’IFRS 16 en janvier 2019)
SIC 28 Devenue sans effet depuis la publication
d’IFRS 3 en mars 2004
SIC 29 Informations à fournir – Concessions IAS 1, 16, 17, 37, 38
de services
SIC 30 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 21 en décembre 2003
SIC 31 Comptabilisation des produits – IAS 8, 18
Opérations de troc publicitaire (sera
sans effet au moment de la mise en œuvre
d’IFRS 15 en janvier 2018)
SIC 32 Actifs incorporels – Coûts IAS 1, 2, 11, 16, 17,
de développement des sites Internet 36, 38, IFRS 3
SIC 33 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 27 et 28 en décembre 2003
SIC 34 Devenue sans effet depuis la révision
d’IAS 32 en décembre 2003
IFRIC 1 Variations des passifs relatifs aux coûts de IAS 1, 8, 16, 23, 36, 37
démantèlement et de remise en état des sites »
56
» Références Titres – Objet des décisions
Normes IFRS
interprétées
IFRIC 2 Parts sociales des entités coopératives et IAS 32, 39
instruments similaires
IFRIC 3 Droits d’émission des gaz à effet de serre
(retirée par l’IASB)
IFRIC 4 Conditions permettant de déterminer IAS 8, 16, 17, 38
si un accord contient une location (sera
sans effet au moment de la mise en œuvre
d’IFRS 16 en janvier 2019)
IFRIC 5 Droits aux intérêts émanant de fonds IAS 8, 27, 28, 37, 39
de gestion dédiés au remboursement
des coûts de démantèlement et de remise
en état des sites
IFRIC 6 Passifs résultant de la participation IAS 8, 37
à un marché spécifique – Déchets
d’équipements électriques et électroniques
IFRIC 7 Modalités de retraitement des états IAS 12, 29
financiers selon IAS 29
IFRIC 8 Devenue sans effet depuis la révision
d’IFRS 2 en mars 2010
IFRIC 9 Réexamen des dérivés incorporés IAS 39, IFRS 1, 3
IFRIC 10 Information financière intermédiaire IAS 34, 36, 39
et perte de valeur
IFRIC 11 Devenue sans effet depuis la révision
d’IFRS 2 en mars 2010
IFRIC 12 Accords de concession de service IAS 8,11, 16, 17, 20,
23, 32, 36, 37,38, 39,
IFRS 1, 7, SIC 29
IFRIC 13 Programme de fidélisation des clients (sera IAS 8,18, 36
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sans effet au moment de la mise en œuvre


d’IFRS 15 en janvier 2018)
IFRIC 14 Limitation de l’actif au titre des prestations IAS 1, 8, 19, 37
définies, obligations de financement
minimum et leur interaction
IFRIC 15 Accord pour la construction d’un IAS 1, 8, 11, 19, 37,
bien immobilier IFRIC 12, 13
IFRIC 16 Couvertures d’un investissement net IAS 8, 21, 39
dans une activité à l’étranger
IFRIC 17 Distribution d’actifs non monétaires IAS 1, 10, 27, 37,
aux actionnaires IFRS 3, 5, 7
IFRIC 18 Transferts d’actifs provenant de clients IAS 8, 16, 18, 20, IFRS
(sera sans effet au moment de la mise 1, IFRIC 12
en œuvre d’IFRS 15 en janvier 2018) »
57
1.  La normalisation comptable


» Références Titres – Objet des décisions


Normes IFRS
interprétées
IFRIC 19 Extinction de passifs financiers avec IAS 1, 8, 32, 39, IFRS
des instruments de capitaux propres 2, 3
IFRIC 20 Frais de découverture engagés en phase IAS 1, 2,16, 36
d’exploitation d’une mine à ciel ouvert
IFRIC 21 Taxes prélevées par une autorité publique IAS 1, 8, 12, 20, 24,
34, 37, IFRIC 6

Annexe 2
Structure du « FASB Accounting standards codification™ »
(FASB codification)

Éléments essentiels contenus


Code Intitulés
dans le thème et codes rubriques
thèmes thèmes
correspondants
100 Principes généraux 105 – Hiérarchie principes comptables
200 Présentation 205 – Présentation des états financiers
210 – Bilan
215 – État des capitaux propres
220 – État du résultat global
225 – Compte de résultat
230 – Tableau de flux de trésorerie
235 – Notes afférentes aux états financiers
250 – Changements comptables et erreurs
255 – Évolution des prix
260 – Résultat par action
270 – Information intermédiaire
272 – Entités à responsabilité limitée
274 – États financiers personnels
275 – Risques et incertitudes
280 – Information segmentée
300 Actifs 305 – Trésorerie et équivalents de trésorerie
310 – Créances
320 – Valeurs mobilières de placement
323 – Participations – Mise en équivalence
et entités sous contrôle conjoint
325 – Autres placements
330 – Stocks
340 – Autres actifs et coûts différés
350 – Immobilisations incorporelles
360 – Immobilisations corporelles »

58
» Code Intitulés
Éléments essentiels contenus
dans le thème et codes rubriques
thèmes thèmes
correspondants
400 Passifs 405 – Passifs
410 – Mise hors service d’actifs et obligations
environnementales
420 – Coûts liés à des activités abandonnées
430 – Produits différés
440 – Engagements
450 – Éventualités
460 – Garanties
470 – Dettes
480 – Instruments financiers remboursables
500 Capitaux propres 505 – Capitaux propres
600 Produits 605 – Reconnaissance des produits
606 – Produits des contrats avec les clients
610 – Autres produits
700 Charges 705 – Coût des ventes et des services
710 – Rémunérations
712 – Avantages postérieurs à l’emploi autres que
les retraites
715 – Régimes de retraites
718 – Paiement fondé sur des actions
720 – Autres dépenses
730 – Recherche et développement
740 – Impôt sur le résultat
800 « Transactions 805 – Regroupements d’entreprises
larges » (Broad 808 – Accords de collaboration
transactions) 810 – Consolidation
815 – Dérivés et opérations de couverture
820 – Évaluation à la juste valeur
825 – Instruments financiers
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830 – Monnaies étrangères


835 – Coûts d’emprunts
840 – Contrats de locations
845 – Opérations non monétaires
850 – Information relative aux parties liées
852 – Réorganisations
855 – Événements postérieurs à la clôture
860 – Transferts et services
900 Industrie 905 – Agriculture
908 – Aéronautique
910 – Entrepreneurs bâtiment
912 – Entrepreneurs gouvernement fédéral
915 – Entités en phase de développement
920 – Activités de divertissement – Diffuseurs
922 – Activités de divertissement – Télévision câble »

59
1.  La normalisation comptable


» Code Intitulés
Éléments essentiels contenus
dans le thème et codes rubriques
thèmes thèmes
correspondants
924 – Activités de divertissement – Casinos
926 – Activités de divertissement – Films
928 – Activités de divertissement – Musique
930 – Industries extractives – Mines
932 – Industries extractives – Pétrole et gaz
940 – Services financiers – Courtage
942 – Services financiers – Dépôts et prêts
944 – Services financiers – Assurances
946 – Services financiers – Sociétés de placement
948 – Services financiers – Hypothèques bancaires
950 – Services financiers – Registre foncier
952 – Franchiseurs
954 – Santé
958 – Entités sans but lucratif
960 – Organismes de retraite à prestations définies
962 – Organismes de retraite à cotisations définies
965 – Organismes de couverture santé et aide
sociale
970 – Immobilier – Général
972 – Immobilier – Associations foncières
974 – Immobilier – Fiducies de placement
976 – Immobilier – Ventes de terrains
978 – Immobilier – Activités de partage
980 – Opérations réglementées
985 – Logiciels
995 – Entités navales
Glossaire (ASC
Master Glossary)

60
Chapitre 2

Les principes
comptables
fondamentaux

D
e nombreuses entreprises de par le monde établissent et pré-
sentent des états financiers à l’usage d’utilisateurs externes. Bien
que ces états financiers puissent apparaître comme similaires de
pays à pays, il existe des différences, dont les causes sont probablement
à rechercher dans les principes comptables fondamentaux qui sont utili-
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sés pour bâtir ces états. Le principe de prééminence du fond sur la forme,
c’est-à-dire celui de la prédominance de la réalité financière sur l’apparence
juridique est mis beaucoup plus en valeur dans les comptabilités anglo-
saxonnes et dans la comptabilité établie selon les normes internationales
que dans la comptabilité française. C’est pourquoi les normalisateurs amé-
ricains d’abord, entre 1978 et 1985, puis les normalisateurs de l’IASB en
1989, se sont imposés à bâtir un cadre conceptuel précisant les principes
comptables fondamentaux sur lesquels sont bâties les normes. L’idée sous-
jacente, notamment aux États-Unis1, à la création d’un cadre conceptuel
était qu’il devait aider les normalisateurs à élaborer des normes cohérentes.

1  Aux États-Unis, six normes de concept (statements of financial accounting concepts ou SFAC) ont été
publiées entre 1978 et 1985, la septième ayant été publiée en 2000 et la huitième en 2010.

61
2.  Les principes comptables fondamentaux


1. Les principes comptables


fondamentaux de l’IASB
Ils sont formulés par le cadre conceptuel de l’information financière
de l’IASB publié en septembre 2010 (Conceptual Framework for Financial
Reporting 2010), et en cours de révision fin 20161. Ce cadre est placé en
introduction à l’ensemble des normes et en est la « philosophie ». Il est
complété par des dispositions des normes IAS 1 « Présentation des états
financiers » et IFRS 13 « Évaluation à la juste valeur ».
L’analyse des principes fondamentaux est essentielle en IFRS. En
effet, les règles ne peuvent pas tout prévoir et il faudra que le profes-
sionnel fasse de nombreuses fois appel à son jugement2. Des règles très
détaillées peuvent aussi conduire à des contournements. Certaines des
plus grandes fraudes de la comptabilité financière des 20 dernières
années concernent des transactions comptabilisées conformément aux
régles3. L’IASB ayant privilégié la construction de normes bâties sur des
principes et non sur des règles détaillées, l’existence d’un solide cadre
conceptuel est donc fondamentale.
Le cadre conceptuel de l’information financière de l’IASB comprend
huit chapitres : il traite de l’objectif de l’information financière à usage
général, des caractéristiques qualitatives de l’information financière,
des états financiers et du concept d’entité comptable, des composantes
des états financiers, de la comptabilisation et de la décomptabilisation,

1  Le cadre conceptuel de 1989 appelé « cadre pour la préparation et la présentation des états finan-
ciers (Framework for the preparation and presentation of financial statements) » a été remplacé partiel-
lement en septembre 2010 par un nouveau cadre préparé de concert avec le FASB (qui a publié en
même temps la norme de concept SFAC 8). En mai 2015, l’IASB, qui avait décidé de continuer seule
la révision de son cadre conceptuel, a publié un exposé sondage. Fin 2016, les travaux sont toujours
en cours. Nous avons choisi dans cet ouvrage, en tenant compte de l’exposé sondage et des travaux
effectués sur le sujet par l’IASB depuis cette publication, de présenter le nouveau cadre conceptuel qui
devrait être publié en 2017.
2  Dans les deux dernières normes publiées IFRS 15 et IFRS 16, sur les produits des contrats avec les
clients et les locations, le mot « jugement » apparaît plus de 50 fois.
3  Ainsi en décembre 2001, la société Enron, l’une des plus grandes entreprises américaines par sa
capitalisation boursière, spécialisée dans la vente et le courtage de du gaz naturel et de l’électri-
cité, fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de
l’électricité, qui avaient été maquillées en bénéfices via des manipulations comptables. Elle avait
notamment créé plus de 3 000 sociétés offshores, dont les sièges sociaux étaient installés dans les
îles Caïmans, les Bermudes ou les Bahamas et qu’il n’était pas nécessaire, selon les règles en vigueur
à l’époque (entités ad hoc, voir chapitre 4, § 2.2.1) de consolider. Ces sociétés, rendaient ainsi le
bilan d’Enron plus « présentable ». Cette faillite entraîna dans son sillage celle d’Arthur Andersen,
qui auditait ses comptes.

62
de l’évaluation, de la présentation et des informations à fournir, des
concepts de capital et de maintien du capital.

2. La finalité du cadre conceptuel


de l’IASB
Le cadre conceptuel de l’information financière (ou «  Cadre concep-
tuel » à usage général) est un outil pratique qui aide :
–– l’IASB à élaborer des normes qui reposent sur des concepts cohérents ;
–– les préparateurs à élaborer des méthodes comptables cohérentes en
l’absence d’une norme qui s’applique à une transaction ou à un évé-
nement donné, ou lorsqu’une norme permet un choix de méthode
comptable ;
–– les autres parties intéressées à comprendre et à interpréter les normes.
Il doit permettre :
–– d’assister l’IASB dans l’élaboration des IFRS à venir et la révision des
IFRS existants ;
–– d’assister l’IASB dans la promotion de l’harmonisation des réglemen-
tations, des normes comptables, des procédures relatives à la présenta-
tion des états financiers en fournissant une base permettant de réduire
le nombre des traitements comptables autorisés ;
–– d’aider les organes nationaux de normalisation à développer leurs
propres normes ;
–– d’aider les préparateurs des états financiers à appliquer les IFRS1 ;
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

–– d’aider les auditeurs à se faire une opinion sur la conformité des états
financiers avec les IFRS ;
–– d’aider les utilisateurs des états financiers à interpréter l’information
préparée en conformité avec les IFRS ;
–– de fournir à ceux qui sont intéressés par les travaux de l’IASB une
information sur son approche dans l’élaboration des normes IFRS.

1  La norme IAS 8 « Méthodes comptables, changements d’estimations et erreurs » précise (§ 10 et


11 b) qu’en l’absence d’une norme ou d’une interprétation spécifique, la direction de l’entité peut
faire référence aux définitions, critères de comptabilisation et d’évaluation des actifs, passifs produits
et charges énoncés dans le cadre conceptuel. Cette référence au cadre conceptuel peut s’expliquer
également par le fait que les normes IFRS (à l’opposé des normes du FASB) sont relativement brèves,
ce qui laisse une place à l’interprétation.

63
2.  Les principes comptables fondamentaux


Le cadre conceptuel n’est pas une IFRS et rien dans le présent


cadre ne l’emporte sur une IFRS spécifique. En cas de conflits
(conflits qui devraient se réduire avec le réexamen d’IFRS exis-
tantes), les ­e xigences de la norme IFRS l’emportent sur celles du
cadre conceptuel.

3. L’objectif de l’information financière


à un usage général
Selon le § 1.2 du cadre conceptuel : « l’objectif de l’information finan-
cière à usage général est de fournir, au sujet de l’entité qui la présente,
des informations utiles aux investisseurs en capitaux propres, aux
prêteurs et aux autres créanciers actuels et potentiels aux fins de leur
prise de décisions sur l’apport de ressources de l’entité. Ces décisions
concernent l’achat, la vente ou la conservation d’instruments de capi-
taux propres, l’obtention ou le règlement de prêts ou autres formes de
crédit ».
On peut noter que le cadre conceptuel de 2010-2017 ne détaille pas
(comme le faisait le cadre de 1989) les catégories d’utilisateurs potentiels
(investisseurs, membres du personnel, prêteurs, fournisseurs et autres
créditeurs, clients, États et organismes publics, public), ainsi que leurs
besoins d’information. Mais il considère, comme le faisait le cadre de
1989, que l’information comptable doit satisfaire avant tout les besoins
–  estimés être les plus importants  – des utilisateurs les plus exposés
aux risques (les investisseurs sur les marchés financiers, c’est-à-dire les
apporteurs de capitaux, actionnaires actuels, actionnaires potentiels
et prêteurs) qui sont supposés être aussi les moins à même de pouvoir
demander une information spécifique. La notion d’investisseurs est plus
large dans le nouveau cadre que dans celui de 1989, le nouveau cadre
incluant également les créanciers (prêteurs et autres créanciers actuels et
potentiels) dans la cible privilégiée des utilisateurs dont il devrait satis-
faire les besoins.
Les objectifs des états financiers peuvent être divers : on pourrait
très bien concevoir des cadres conceptuels différents en fonction des
utilisateurs des états financiers  : on pourrait avoir un cadre concep-
tuel pour une comptabilité destinée à des investisseurs, un cadre
pour une comptabilité destinée à des fins fiscales, un cadre pour une
comptabilité ­environnementale, etc. Mais vouloir satisfaire une mul-

64
tiplicité d’utilisateurs ayant des intérêts différents, voire divergents,
est une gageure, voire une impossibilité. Un cadre bâti en fonction
des besoins des investisseurs ne fournirait pas les mêmes bilans et
comptes de résultat qu’un cadre bâti en fonction des besoins de l’Ad-
ministration fiscale. Aussi, le besoin d’un cadre conceptuel unifié s’est
imposé au normalisateur, car il était le seul susceptible de permettre
une meilleure compréhension des comptes et une communication
financière efficace.
Le cadre conceptuel considère par ailleurs que les autres utilisa-
teurs se satisferont de l’information ainsi dispensée lorsque leurs
besoins d’information ne sont pas sophistiqués ou qu’ils pourront
demander des informations spécifiques dans le cas contraire. Ainsi,
il est aussi précisé que l’IASB, dans la formulation des normes,
essaiera de répondre aux besoins d’un nombre maximum d’utilisa-
teurs principaux. Cependant, l’accent porté sur les besoins communs
d’information n’empêche pas qu’il est possible d’inclure, dans les
états financiers, des informations supplémentaires qui pourront être
plus utiles à un sous-ensemble particulier d’utilisateurs. Pour ce qui
concerne l’entité déclarante, celle-ci ne peut limiter son information
aux états financiers à usage général car elle est en mesure d’obtenir les
informations nécessaires à l’interne.
Le cadre détaille ensuite les besoins des investisseurs existants et
potentiels, prêteurs et autres créanciers. Il précise également que les uti-
lisateurs peuvent être amenés à examiner les informations provenant
d’autres sources, par exemple, les conditions économiques générales, la
conjoncture, les événements politiques et le climat politique, les pers-
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

pectives de l’industrie et de l’entreprise.


Le cadre stipule que les états financiers à usage général ne sont
pas conçus pour fournir la valeur de l’entité déclarante, mais qu’elles
donnent des informations aux investisseurs, prêteurs et autres créan-
ciers pour leur permettre d’estimer la valeur de la dite entité.
Il est enfin spécifié que dans une large mesure, les états financiers
sont fondés sur des estimations, des jugements et des modèles plutôt que
des représentations exactes. Le cadre conceptuel établit les concepts qui
sous-tendent ces estimations, jugements et modèles.
Sont ensuite analysées les informations relatives à la situation finan-
cière, la performance financière, les flux de trésorerie et les variations de
capitaux de l’entité.

65
2.  Les principes comptables fondamentaux


L’approche dominante qui considère que l’objet de l’information


comptable est d’aider à la prise de décisions des investisseurs repose sur
deux fondements théoriques  : la théorie de l’agence et la théorie des
marchés efficients.
La théorie de l’agence a été développée par Jensen et Meckling en
1976. Ceux-ci ont défini la relation d’agence comme un contrat par
lequel une ou plusieurs personnes (le principal) engage une autre per-
sonne (l’agent) pour accomplir quelques services en leur nom, impli-
quant la délégation d’une partie de l’autorité de prise de décision à
l’agent. Dans sa forme la plus simple, la théorie de l’agence oppose le
principal (les actionnaires, propriétaires du capital) à son agent (les ges-
tionnaires, managers salariés et professionnels d’une organisation). qui
doivent leur rendre des comptes
La théorie des marchés efficients, développée par Fama en 1965
considère que dans un marché suffisamment large où l’information se
répand instantanément, comme c’est le cas pour le marché boursier, les
opérateurs réagissent correctement et quasi immédiatement aux infor-
mations s’ils ont la capacité de les interpréter avec justesse. En produi-
sant une information comptable de qualité, l’efficience des marchés est
assurée à condition que les investisseurs soient capables d’interpréter
correctement cette information.

4. Les caractéristiques qualitatives


de l’information financière utile
Ces caractéristiques qualitatives déterminent l’utilité des informations
contenues dans les états financiers. Elles peuvent être classées en deux
sous-ensembles : les caractéristiques qualitatives essentielles et les carac-
téristiques qualitatives auxiliaires. Le chapitre relatif aux caractéristiques
qualitatives traite également d’une contrainte limitant le contenu de
l’information financière, à savoir son coût.
Pour que l’information financière soit utile, elle doit être pertinente
et représenter fidèlement ce qu’elle prétend représenter. L’utilité de
l’information financière est renforcée si elle est comparable, vérifiable,
prise rapidement et compréhensible.
Le cadre conceptuel de 1989 présentait quatre principales carac-
téristiques qualitatives  : l’intelligibilité, la pertinence, la fiabilité et la
comparabilité. Il présentait aussi un certain nombre de caractéristiques

66
qualitatives dérivées  : l’importance relative (dérivée de la pertinence),
l’image fidèle, la prééminence de la substance sur la forme, la neutralité,
la prudence, l’exhaustivité (dérivées de la fiabilité).
Il est à noter que le nouveau cadre a préféré retenir la notion de fidé-
lité plutôt que celle de fiabilité. Au vu de la nature et de l’étendue des
difficultés posées depuis longtemps par la caractéristique qualitative de
fiabilité, et des tentatives antérieures pour les régler, les Boards de l’IASB
et du FASB en étaient arrivés à remettre en cause le terme même. Aussi
ont-ils cherché un terme qui traduirait plus clairement le sens visé. La
fidélité, c’est-à-dire la description fidèle des phénomènes économiques
dans les rapports financiers, est essentielle à l’utilité décisionnelle de
l’information. Pour donner une image fidèle des phénomènes écono-
miques, les représentations comptables doivent être complètes, neutres
et exemptes d’erreurs significatives. Les Boards de l’IASB et du FASB ont
donc avancé que la fidélité englobe toutes les qualités clés que les cadres
antérieurs décrivaient comme des aspects de la fiabilité.
Il est à noter également qu’un certain nombre de concepts et prin-
cipes sont aussi traités par la norme IAS 1 (voir ci-dessous § 4.4).

4.1. Caractéristiques qualitatives essentielles


Le cadre conceptuel distingue deux caractéristiques qualitatives fonda-
mentales : la pertinence (relevance) et la fidélité (faithful representation).
Pour que l’information financière soit utile, elle doit posséder ces carac-
téristiques qualitatives essentielles.

4.1.1. Pertinence
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

L’information financière est pertinente si elle est susceptible d’influen-


cer les décisions prises par des utilisateurs. Une information financière
est pertinente si elle a une valeur prédictive, une valeur de confirmation
ou les deux à la fois.
L’information financière a une valeur prédictive si elle peut être uti-
lisée comme une donnée par les utilisateurs pour prédire les résultats
futurs. L’information financière a une valeur de confirmation si elle
confirme ou modifie des évaluations précédentes. La valeur prédictive
et la valeur de confirmation de l’information financière sont interdé-
pendantes. L’information qui a une valeur prédictive a souvent aussi
une valeur de confirmation. Par exemple, des données sur les produits
réalisés, pour une année courante, peuvent être utilisées comme base

67
2.  Les principes comptables fondamentaux


pour la prévision des recettes de l’année à venir. Ils peuvent également


être comparés avec les prévisions de recettes de l’année en cours ou des
années précédentes. Les résultats de ces comparaisons peuvent aider son
utilisateur à corriger et améliorer les processus qui ont été utilisés pour
effectuer ces prévisions.
Il est à noter que le principe de pertinence s’appuie sur le principe
d’importance relative (materiality). L’information est significative si son
omission ou sa falsification peut influencer les décisions que prennent
les utilisateurs sur la base des informations financières que leur four-
nit une entité déclarante spécifique. En d’autres termes, la matérialité
est un aspect spécifique de la pertinence en fonction de la nature ou
l’ampleur, ou des deux à la fois, des rubriques à laquelle se rapportent
les informations dans les états financiers d’une entité.
L’un des facteurs ayant une incidence sur la pertinence de l’informa-
tion financière est le degré d’incertitude relative aux estimations. Cette
incertitude se manifeste lorsque la valeur d’un actif ou d’un passif n’est
pas directement observable, de sorte qu’elle doit faire l’objet d’une esti-
mation.

4.1.2. Fidélité
Pour être utile, l’information financière doit non seulement représen-
ter des phénomènes pertinents, mais aussi donner une image fidèle des
phénomènes qu’elle est censée représenter. Une image fidèle commu-
nique la substance d’un phénomène économique plutôt que de s’en
tenir à la forme juridique. Fournir de l’information uniquement sur la
forme juridique lorsqu’elle diffère de la substance économique du phé-
nomène économique sous-jacent ne peut aboutir à une image fidèle.
Pour donner une image parfaitement fidèle, une représentation
doit posséder trois caractéristiques. Elle doit être exhaustive, neutre et
exempte d’erreurs.
Une représentation exhaustive comprend toutes les informations
nécessaires à un utilisateur pour comprendre les faits qui y sont pré-
sentés, y compris toutes les évaluations nécessaires, les descriptions et
explications. Une représentation neutre implique une absence de parti
pris dans la sélection ou la présentation de l’information financière.
La neutralité s’appuie sur la prudence, qui consiste à faire usage de cir-
conspection dans l’exercice du jugement en situation d’incertitude. La
prudence suppose de ne pas surestimer les actifs et les produits ni sous-

68
estimer les passifs et les charges. De même, la prudence ne permet pas
que l’on sous-évalue les actifs et les produits, ni que l’on surévalue les
passifs et les charges, car les inexactitudes qui en résulteraient pour-
raient entraîner la surévaluation des produits ou la sous-évaluation des
charges de périodes ultérieures. Il est à noter que la base de conclusions
du cadre conceptuel révisé distingue deux types de notion de prudence :
–– la nécessité de faire preuve de la prudence lors de jugements dans des
conditions d’incertitude, appelée « cautions prudence » en anglais, sans
qu’il soit obligatoire d’être plus prudents dans les jugements relatifs
aux actifs ou aux profits ainsi qu’à ceux ayant trait aux passifs et aux
pertes ;
–– une prudence qui consiste à comptabiliser à un stade plus précoce les
pertes que les profits, appelée « asymmetric prudence », en anglais.
Le cadre conceptuel révisé a retenu la première notion (alors que
celui de 1989 avait retenu la seconde). Enfin, l’expression «  exempte
d’erreurs » signifie qu’il n’y a pas d’erreurs ou d’omissions dans la des-
cription du phénomène, et que le processus suivi pour produire l’infor-
mation présentée a été choisi et appliqué sans erreurs. Dans ce contexte,
l’absence d’erreurs ne signifie pas l’exactitude parfaite à tous les égards.
Il est à noter que le nouveau cadre conceptuel ne reprend pas formel-
lement (et ne définit pas) un certain nombre de concepts qui figuraient
dans le cadre conceptuel de 1989 et notamment la prudence et la pré-
éminence de la substance sur la forme (substance over form) qui avaient
été définis ainsi :
–– pour le principe de prudence : « la prudence est la prise en compte
d’un certain degré de précaution dans l’exercice des jugements néces-
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saires pour préparer les estimations dans des conditions d’incertitude,


pour faire en sorte que les actifs et produits ne soient pas surévalués et
que les passifs et les charges ne soient pas sous-évalués » ;
–– pour le concept de prééminence de la substance sur la forme : « si l’in-
formation doit présenter une image fidèle des transactions et autres
événements qu’elle vise à présenter, il est nécessaire que transactions
et événements soient comptabilisés et présentés conformément à leur
substance et leur réalité économique et non pas seulement selon leur
forme juridique » ;
En effet, la substance des transactions et autres événements n’est pas
toujours cohérente avec ce qu’il en ressort du montage juridique. Ainsi,
sur un plan juridique, une opération de crédit-bail est un contrat de

69
2.  Les principes comptables fondamentaux


location d’un bien mobilier ou immobilier pour une période déterminée


avec une option de rachat à la fin du contrat et, pendant toute la durée
du contrat, le bailleur reste propriétaire du bien. Or, pour le preneur du
bien en crédit-bail, sur un plan économique et financier, une opération
de crédit-bail peut être considérée comme l’acquisition d’un bien mobi-
lier ou immobilier assorti d’une forme de financement spécifique. Si
les règles comptables de certains pays privilégient souvent, lorsqu’il y
a discordance entre le point de vue juridique et le point de vue écono-
mique et financier, le point de vue juridique, il n’en est pas de même de
l’IASB qui consacre la prééminence de la substance de l’opération et de
sa réalité économique sur sa forme juridique.

4.2. Caractéristiques qualitatives auxiliaires


Le cadre conceptuel distingue quatre caractéristiques qualitatives auxi-
liaires : la comparabilité (comparability), la vérifiabilité (verifiability), la
rapidité (timeless) et la compréhensibilité (understandability). De même
que pour la pertinence et la fidélité, le cadre conceptuel ne définit pas
ces termes, il n’en précise que les caractéristiques.

4.2.1. Comparabilité
La comparabilité est la qualité de l’information qui permet aux utilisateurs
de relever les similitudes et les différences de deux séries de phénomènes
économiques. La cohérence et la permanence des méthodes renvoient à
l’utilisation des mêmes méthodes et procédés comptables au cours d’une
même période dans différentes entités ou d’une période à l’autre dans
une même entité. La comparabilité est le but, la cohérence et la perma-
nence des méthodes constituent un moyen facilitant l’atteinte de ce but.
Ainsi, comme les décisions des utilisateurs impliquent de choi-
sir entre des alternatives, par exemple, vendre ou conserver un inves-
tissement, ou investir dans l’entité déclarante ou dans une autre, des
informations sur l’entité déclarante sont plus utiles si elles peuvent être
comparées à des informations similaires concernant d’autres entités
et avec des informations similaires sur la même entité pour une autre
période ou à une autre date.

4.2.2. Vérifiabilité
La vérifiabilité est la qualité de l’information qui aide à fournir aux utili-
sateurs l’assurance que l’information donne une image fidèle des phéno-

70
mènes économiques qu’elle prétend représenter. La vérifiabilité suppose
que différents observateurs bien informés et indépendants pourraient
aboutir à un consensus général, quoique pas nécessairement complet,
sur l’un ou l’autre des points suivants :
–– que l’information dépeint sans erreur ou biais significatif les phéno-
mènes économiques qu’elle prétend représenter ;
–– qu’une méthode de comptabilisation ou d’évaluation appropriée a été
appliquée sans erreur, biais ou parti pris significatif.

4.2.3. Rapidité
La rapidité répond au besoin de rendre l’information accessible aux déci-
deurs avant qu’elle perde sa capacité d’influencer leurs décisions. Rendre
plus rapidement accessible l’information pertinente peut accroître sa
capacité d’influencer les décisions, et un manque de rapidité peut priver
une information de son utilité potentielle.
En règle générale, l’ancienneté de l’information la rend moins utile.
Toutefois, certaines informations peuvent continuent d’être oppor-
tunes longtemps après la fin d’une période d’établissement parce que,
par exemple, certains utilisateurs peuvent avoir besoin d’analyser des
tendances.

4.2.4. Compréhensibilité
La compréhensibilité est la qualité de l’information qui permet aux utili-
sateurs d’en comprendre la signification. La compréhensibilité se trouve
accrue lorsque l’information est classée, définie et présentée de façon
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claire et concise. La comparabilité peut également accroître la compré-


hensibilité.
Il faut noter que certains phénomènes économiques sont complexes
et ne peuvent pas être faciles à comprendre. Certes, exclure les infor-
mations sur ces éléments dans les états financiers pourrait faire que
les informations contenues dans ces états financiers sont plus faciles à
comprendre. Cependant, ces états seraient incomplets et donc poten-
tiellement trompeurs. En fait, les états financiers sont préparés pour des
utilisateurs qui ont une connaissance certaine des activités commer-
ciales et économiques et qui examinent et analysent les informations
fournies avec diligence. Parfois même, même bien informés, les utilisa-
teurs peuvent avoir recours à une aide extérieure pour comprendre des
phénomènes économiques complexes.

71
2.  Les principes comptables fondamentaux


4.3. Coût de l’information financière


L’information financière entraîne des coûts  ; les avantages procurés
par l’information financière devraient justifier ces coûts. L’applica-
tion de la contrainte de coût amène à évaluer s’il est probable que les
avantages procurés par l’information financière justifieront les coûts
entraînés par sa production et son utilisation. Lors de cette évalua-
tion, il y a lieu de se demander si une ou plusieurs caractéristiques
qualitatives pourraient être sacrifiées dans une certaine mesure pour
réduire les coûts.

4.4. Concepts et principes traités


par la norme IAS 1
Sont aussi traités par la norme IAS 1 les concepts et principes suivants :
l’image fidèle, la continuité d’exploitation, la méthode de comptabilité
d’engagement, la permanence de la présentation, l’importance relative
et les possibilités de regroupement, le principe de cohésion, la compen-
sation et la non-compensation, la nécessité d’informations compara-
tives.

4.4.1. Image fidèle et conformité aux IFRS


Les états financiers doivent présenter une image fidèle de la situation
financière, de la performance financière et des flux de trésorerie d’une
entité. La présentation d’une image fidèle nécessite une représenta-
tion fidèle des effets des transactions, autres événements et conditions
selon les définitions et les critères de comptabilisation des actifs, des
passifs, des produits et des charges exposés dans le cadre conceptuel.
L’application des IFRS, accompagnée de la présentation d’informations
supplémentaires lorsque nécessaire, est présumée conduire à des états
financiers qui donnent une image fidèle.
L’entité doit indiquer que ses états financiers se conforment aux
IFRS. Les traitements comptables inappropriés ne peuvent être corrigés
ni par l’indication des méthodes comptables utilisées, ni par des notes
annexes ou d’autres textes explicatifs.
Dans les cas extrêmement rares où la direction d’une entité estime
que le fait de se conformer à l’une des dispositions d’une norme ou
d’une interprétation ne correspond pas aux objectifs des états finan-
ciers donnés dans le cadre conceptuel et qu’en conséquence il faut s’en

72
écarter pour parvenir à la présentation d’une image fidèle, l’entité doit
indiquer, en précisant le caractère exceptionnel des circonstances qui
conduiraient à s’en écarter :
–– que la direction estime que les états financiers donnent une image
fidèle de la situation financière de l’entité, de sa performance finan-
cière et de ses flux de trésorerie ;
–– qu’elle s’est conformée aux IFRS applicables, à l’exception d’une dis-
position particulière dont elle s’est écartée afin de parvenir à la pré-
sentation d’une image fidèle ;
–– le titre de l’IFRS dont l’entité s’est écartée, la nature de l’écart, y com-
pris le traitement imposé par l’IFRS, la raison pour laquelle ce trai-
tement serait trompeur en la circonstance, au point d’être contraire
à l’objectif des états financiers défini dans le cadre conceptuel, et le
traitement appliqué ;
–– pour chaque période présentée, l’effet financier de l’écart sur chaque
élément des états financiers qui aurait été présenté si la disposition
avait été respectée.

4.4.2. Continuité d’exploitation
Les états financiers doivent être établis sur une base de continuité d’ex-
ploitation sauf si la direction a l’intention ou n’a pas d’autre solution
réaliste que de liquider l’entité ou cesser son activité. Lorsque la direc-
tion prend conscience, à l’occasion de cette évaluation, d’incertitudes
significatives liées à des événements ou à des conditions susceptibles
de jeter un doute important sur la capacité de l’entité à poursuivre son
activité, ces incertitudes doivent être indiquées. Lorsque les états finan-
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ciers ne sont pas établis sur une base de continuité d’exploitation, ce fait
doit être également indiqué ainsi que la base sur laquelle ils sont établis
et la raison pour laquelle l’entité n’est pas considérée comme étant en
situation de continuité d’exploitation.
L’analyse présentée ci-dessus figure également dans le cadre conceptuel.

4.4.3. Méthode de comptabilité d’engagement


Une entité doit établir ses états financiers selon la méthode de la comp-
tabilité d’engagement, sauf pour les informations relatives aux flux de
trésorerie. Lorsque la méthode de la comptabilité d’engagement est uti-
lisée, les éléments sont comptabilisés en tant qu’actifs, passifs, capitaux
propres, produits et charges (les éléments des états financiers) lorsqu’ils

73
2.  Les principes comptables fondamentaux


satisfont aux définitions et aux critères de comptabilisation pour ces


éléments définis dans le cadre conceptuel.

4.4.4. Importance relative et les possibilités


de regroupement
Chaque catégorie significative d’éléments similaires doit faire l’objet
d’une présentation séparée dans les états financiers. Les éléments de
nature ou de fonction dissemblables sont présentés séparément, sauf
s’ils sont non significatifs.
L’entité ne doit pas regrouper ou ventiler des informations de telle
sorte que des informations utiles s’en trouvent obscurcies, par exemple, en
regroupant des éléments disparates ou en noyant des informations utiles
dans une profusion d’informations non significatives et que les disposi-
tions concernant l’importance relative s’appliquent aux états financiers
de base, aux notes ainsi qu’à toute autre information à fournir en vertu
des IFRS, c’est-à-dire qu’une entité n’est tenue de fournir les informations
spécifiquement imposées par les IFRS que si celles-ci sont significatives.

4.4.5. Compensation et la non-compensation
Les actifs, passifs, produits et charges ne doivent pas être compensés,
sauf si cette compensation est imposée ou autorisée par une norme ou
une interprétation.

4.4.6. Obligation d’informations comparatives


Sauf autorisation ou disposition contraire des IFRS, l’entité doit pré-
senter des informations comparatives au titre de la période précédente
pour tous les montants figurant dans les états financiers de la période
considérée. L’entité doit inclure des informations comparatives pour les
informations de nature explicative et descriptive si cela est utile à la
bonne compréhension des états financiers de la période considérée.
L’entité doit présenter au minimum deux états de la situation financière,
deux états du résultat net et des autres éléments du résultat global, deux états
du résultat net séparés (si elle en présente), deux tableaux des flux de tréso-
rerie et deux états des variations des capitaux propres, ainsi que les notes.

4.4.7. Permanence de la présentation
La présentation et la classification des postes dans les états financiers
doivent être conservées d’une période à l’autre, à moins :

74
–– qu’il ne soit apparent, à la suite d’un changement important de la
nature des activités de l’entité ou d’un examen de la présentation de
ses états financiers, qu’une autre présentation ou classification serait
plus adéquate eu égard aux critères de sélection et d’application des
méthodes comptables selon IAS 8 ;
–– ou qu’une norme ou une interprétation impose une modification de
la présentation.
Lorsqu’une entité modifie la présentation ou la classification d’élé-
ments dans les états financiers, elle doit reclasser les montants compara-
tifs correspondants (à moins que cela ne soit pas possible) afin d’assurer
la comparabilité avec l’exercice, et indiquer la nature, le montant et la
raison de tout reclassement. Lorsqu’il n’est pas possible de reclasser les
montants comparatifs correspondants, l’entité doit indiquer la raison
pour laquelle elle n’a pas procédé à leur reclassement et la nature des
changements qu’aurait entraîné ce ­reclassement.

5. Les états financiers et l’entité


comptable
Ce chapitre précise que l’objectif des états financiers est de fournir des
informations sur les actifs, passifs, capitaux propres, produits et charges
de l’entité qui sont utiles pour les utilisateurs des états financiers afin de
leur permettre d’évaluer les perspectives de flux de trésorerie nets futurs
de l’entité et d’apprécier la gestion de ses ressources, et cela dans le cadre
d’une hypothèse de continuité d’exploitation.
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Les états financiers sont constitués d’états, dont un état de la situa-


tion financière et un ou des états de la performance financière, et
de notes annexes. Les actifs, les passifs et les capitaux propres sont
comptabilisés dans l’état de la situation financière, tandis que les pro-
duits et les charges le sont dans l’état ou les états de la performance
financière.
Le chapitre traite également de la définition d’une entité comptable
(reporting entity) et de sa limite. Une entité comptable est une entité qui
choisit (ou qui est tenue) de préparer des états financiers à usage géné-
ral. Une entité comptable n’est pas nécessairement une entité juridique,
elle peut comprendre une partie d’entité ou deux ou plusieurs entités
différentes.

75
2.  Les principes comptables fondamentaux


6. Les composantes des états financiers


L’objectif premier de ce chapitre est de fournir des définitions sur les
divers éléments des états financiers (actifs, passifs, capitaux propres,
produits et charges) et d’analyser ces définitions. On y trouve les défi-
nitions suivantes.
–– Un actif est une ressource économique actuelle contrôlée par l’entité à
la suite d’événements passés. Une ressource économique est un droit
susceptible de produire des avantages économiques.
–– Un passif est une obligation actuelle de l’entité de transférer une res-
source économique à la suite d’événements passés.
–– Les capitaux propres représentent l’intérêt résiduel dans les actifs de
l’entité après déduction de tous ses passifs.
–– Les produits représentent les augmentations d’actifs ou les diminu-
tions de passifs entraînant une augmentation des capitaux propres,
autres que celles relatives aux contributions des détenteurs d’ac-
tions.
–– Les charges représentent les diminutions d’actifs ou les augmentations
de passifs qui se traduisent par une diminution des capitaux propres,
autres que celles relatives aux distributions aux détenteurs d’actions.

Remarque
Dans le cadre conceptuel de 1989-2010, ces termes étaient ainsi définis :
Un actif est une ressource contrôlée par l’entité du fait d’événements passés et
dont des avantages économiques futurs sont attendus par l’entité.
Un passif est une obligation actuelle de l’entité résultant d’événements passés et
dont le règlement attendu doit résulter en une sortie de l’entité de ressources
représentatives d’avantages économiques.
Les capitaux propres sont l’intérêt résiduel dans les actifs de l’entité après déduc-
tion de tous ses passifs.
Les produits sont les accroissements d’avantages économiques au cours de la
période comptable, sous la forme d’accroissements d’actifs ou de diminutions
de passifs qui ont pour résultat l’augmentation des capitaux propres autres que
l’augmentation provenant des contributions des propriétaires du capital.
Les charges sont des diminutions d’avantages économiques au cours de la période
comptable sous la forme de sorties ou de diminutions des valeurs des actifs, ou de
survenance de dettes qui ont pour résultat de faire diminuer les capitaux propres
autrement que par des distributions aux propriétaires du capital. n

76
7. La comptabilisation
et la décomptabilisation des éléments
des états financiers
La comptabilisation est définie dans ce chapitre comme le processus de
saisie, pour une inclusion dans l’état de la situation financière ou dans
l’état (ou les états) de la performance financière, d’un objet qui répond
à la définition d’un élément des états financiers. Elle implique de repré-
senter cet objet (seul ou comme partie d’un élément global) sous forme
textuelle et avec un montant monétaire, et d’incorporer ce montant
dans un document de synthèse pertinent. Il est affirmé dans ce chapitre
que seuls les éléments qui répondent à la définition d’un actif, d’un
passif ou de capitaux propres doivent être comptabilisés dans l’état de
la situation financière et que les éléments qui répondent à la définition
de produits ou de charges doivent être comptabilisés dans l’état (ou les
états) de la performance financière.
La comptabilisation d’un élément doit respecter les trois critères suivants :
–– elle doit fournir aux utilisateurs des états financiers des informations
pertinentes sur les actifs, les passifs, les produits, les charges et les
variations des capitaux propres ;
–– elle doit fournir une représentation fidèle de l’actif, du passif, de tout
produit, charge ou variation des capitaux propres ;
–– l’information doit se traduire par des avantages dépassant le coût de
la fourniture de cette information.
La décomptabilisation est la suppression de tout ou partie d’un actif,
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précédemment comptabilisé ou d’un passif de l’état de la situation


financière de l’entité. Pour un actif, cette suppression se produit lorsque
l’entité perd le contrôle de tout ou partie de l’actif précédemment comp-
tabilisé ; pour un passif, cela se produit lorsque l’entité n’a plus d’obliga-
tion actuelle, pour tout ou partie du passif comptabilisé antérieurement.

8. L’évaluation des éléments


des états financiers
Ce chapitre est consacré à la description des différentes bases d’éva-
luation, les informations qu’elles fournissent, leurs avantages et
inconvénients. On y distingue le coût historique et la valeur actuelle.

77
2.  Les principes comptables fondamentaux


L’évaluation à la valeur actuelle inclut la juste valeur et la valeur d’uti-


lité pour les actifs ou la valeur de réalisation pour les passifs.
Ce chapitre énonce également les facteurs à considérer lors du choix
d’une base d’évaluation (pertinence, représentation fidèle, amélioration
des caractéristiques qualitatives, prise en compte de facteurs propres) et
souligne que l’examen de l’objectif de l’information financière, les carac-
téristiques qualitatives de l’information financière utile et la contrainte de
coût sont susceptibles d’aboutir à la sélection de bases d’évaluation diffé-
rentes pour différents actifs, passifs et éléments de produits et de charges.

8.1. Coût historique


L’évaluation au coût historique est une évaluation qui fournit des infor-
mations monétaires sur les actifs, passifs, produits et charges en utilisant
des informations provenant de la transaction ou de l’événement qui les
a créés. Les évaluations au coût historique des actifs ou des passifs ne
reflètent pas l’évolution des prix.
Le cadre conceptuel distingue le coût historique d’actif (ou d’un passif)
non financier du coût historique d’un actif (ou d’un passif) non financier.
•  Le coût historique d’un actif non financier au moment de son acqui-
sition ou de sa construction est la valeur de tous les coûts engagés
pour l’acquisition ou la construction de cet actif, ce qui comprend la
contrepartie offerte, mais aussi les coûts de transaction. Cette valeur
est régularisée au fil du temps afin de représenter, s’il y a lieu :
–– la consommation de la ressource économique qui constitue l’actif
(amortissement) ;
–– le fait qu’une partie du coût historique de l’actif n’est plus recouvrable
(dépréciation).
•  Le coût historique d’un passif non financier au moment où il est contracté
est la valeur de la contrepartie reçue, c’est-à-dire la contrepartie déduc-
tion faite des coûts de transaction afférents à sa prise en charge. Cette
valeur est régularisée au fil du temps afin de représenter, s’il y a lieu :
–– les intérêts à payer ;
–– l’acquittement du passif ;
–– l’excédent, le cas échéant, des sorties de trésorerie estimatives sur la
contrepartie nette reçue (provision pour contrat déficitaire).
•  Le coût historique d’un actif financier (qu’on appelle parfois le coût
amorti) correspond initialement à la valeur de la contrepartie offerte

78
pour acquérir l’actif, plus les coûts de transaction afférents à cette
acquisition.
•  Le coût historique d’un passif financier (qu’on appelle lui aussi parfois
le coût amorti) correspond initialement à la valeur de la contrepartie
reçue pour prendre en charge le passif, moins les coûts de transaction
afférents à cette prise en charge.
•  La valeur comptable des actifs financiers et des passifs financiers est ulté-
rieurement évaluée au coût amorti et reflète les variations ultérieures
telles que les intérêts constatés par régularisation, les changements
dans les estimations des flux de trésorerie (y compris la dépréciation
des actifs financiers) et les versements ou les encaissements, mais ne
reflète pas les variations de prix ultérieures causées par d’autres facteurs.

8.2. Valeur actuelle


L’évaluation à la valeur actuelle est une évaluation qui fournit des
informations monétaires sur les actifs, passifs, produits et charges en
utilisant une information mise à jour pour refléter la situation à la date
d’évaluation.
Les bases d’évaluation à la valeur actuelle comprennent :
–– la juste valeur ;
–– la valeur d’utilité pour les actifs et la valeur de remboursement pour
les passifs.

8.2.1. Juste valeur
La norme IAS  32, puis la norme IAS  39 (voir chapitre  6, §  1), toutes
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deux relatives aux instruments financiers, ont introduit à compter de


1995 la notion de juste valeur (non analysée dans le cadre conceptuel
de 1989). Celle-ci est notamment évoquée depuis dans la plupart des
autres IFRS.
En mai  2011, l’IASB (de concert avec le FASB) a publié une norme
générale sur la juste valeur (IFRS 13 «  Évaluation à la juste valeur  »).
Cette norme définit la notion de juste valeur, elle présente dans une
seule norme un cadre pour évaluer cette juste valeur et indique les infor-
mations à fournir.
IFRS 13 s’applique (depuis janvier 2013) quand une autre IFRS impose
ou autorise des évaluations à la juste valeur ou informations à fournir
sur les évaluations de la juste valeur à l’exception :

79
2.  Les principes comptables fondamentaux


–– des opérations de paiement à base d’actions dans le cadre de la norme


IFRS 2 « Paiement fondé sur des actions », laquelle présente dans son
guide d’application une méthodologie spécifique ;
–– les opérations de location dans le cadre de la norme IAS 17 ou IFRS 16
« Contrats de location » ;
–– les évaluations qui ont quelques similitudes avec la juste valeur, mais
qui ne sont pas la juste valeur, tels que la valeur nette de réalisation de
IAS 2 « Stocks » ou la valeur d’utilité en usage dans la norme IAS 36,
« Dépréciation d’actifs ».
L’ensemble des normes IFRS, depuis le 1er janvier 2013, fait référence à
IFRS 13 lorsque le concept de juste valeur a à s’appliquer.
On utilise notamment ce concept :
–– pour évaluer certains actifs ou passifs  : c’est le cas des instruments
financiers (IAS 32, IAS 39, IFRS 4, IFRS 9), des immeubles de place-
ment (IAS 40), pour lesquels l’entité a le choix entre une évaluation au
coût et une évaluation à la juste valeur, de certains actifs biologiques
(IAS 41), des paiements effectués en actions (IFRS 2) ;
–– pour évaluer les actifs d’un régime de retraite à prestations définies
(IAS 19) ;
–– pour déterminer une dépréciation dans le cadre de l’évaluation d’un
actif non courant classé comme détenu en vue de la vente (IFRS 5) ;
–– dans le cadre de l’évaluation des activités ordinaires (IAS 18 ou IFRS 15)
dont les montants sont évalués à la juste valeur de la contrepartie reçue
ou à recevoir en tenant compte du montant de toute remise commer-
ciale ou rabais pour quantités consenti par l’entité (§ 10 pour IAS 18,
§ 66 pour IFRS 15) ;
–– dans le cadre de subventions non monétaires (IAS 20) ;
–– dans le cadre de regroupements d’entreprises pour évaluer les actifs
acquis et les passifs repris à la date d’acquisition (IFRS 3 § 18) ;
–– dans le cadre d’une première application des normes IFRS (IFRS 1), la
juste valeur étant considéré comme coût présumé dans le cadre d’une
réévaluation.

➢➢Définition
Pour IFRS 13, la juste valeur est « le prix qui serait reçu pour la vente
d’un actif ou payé pour le transfert d’un passif lors d’une transaction
normale entre des participants de marché à la date d’évaluation ».

80
➢➢Caractéristiques

•  La juste valeur prend en considération les caractéristiques de l’actif


ou du passif, par exemple sa localisation, ou les restrictions qui en
limitent l’usage, dès lors que ces caractéristiques seraient prises en
compte par des intervenants du marché. Elle suppose donc suppose
que l’actif ou le passif qui est échangé dans le cadre d’une transaction
entre les acteurs du marché soit déterminé à la date d’évaluation dans
les conditions de marché actuelles.
•  Une opération conclue à des conditions normales signifie que l’élé-
ment est supposé être mis en vente suffisamment tôt, pour mettre
l’accomplissement des démarches usuelles. Elle sous-entend que le
contexte de la cession n’est pas celui d’une liquidation ou d’une vente
forcée.
•  L’évaluation de la juste valeur suppose que la transaction de vente
de l’actif ou de transfert du passif ait lieu sur le marché principal
ou le marché le plus avantageux auquel l’entité a accès, c’est-à-dire
le marché qui maximise le montant qui serait reçu pour la vente de
l’actif ou qui minimise le montant qui serait payé pour le transfert
du passif, après prise en compte des coûts de transaction et des frais
de transport.
•  Aussi, lors de la mesure de la juste valeur, une entité doit prendre en
compte les caractéristiques de l’actif ou du passif si les participants
du marché prennent ces caractéristiques en compte pour déterminer
les prix de l’actif ou le passif à la date d’évaluation. Ces caractéris-
tiques comprennent, par exemple, l’état et l’emplacement de l’actif
et des restrictions, le cas échéant, sur la vente ou l’utilisation de
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l’actif.
•  La juste valeur suppose que la transaction de vente de l’actif ou le
transfert du passif se fait soit :
–– sur le marché principal de l’actif ou du passif, c’est-à-dire celui enre-
gistrant la plus forte activité ;
–– en l’absence d’un marché principal, le marché le plus avantageux
pour l’actif ou du passif.
Les concepts de marché principal et de marché le plus avantageux
sont relatifs : ils ne sont les mêmes selon les entités car celles-ci n’ont
pas accès à tous les marchés.

81
2.  Les principes comptables fondamentaux


Notions de marchés selon IFRS 13

Marché sur lequel ont lieu des transactions sur l’actif


Marché actif ou le passif selon une fréquence et un volume suffisants
pour fournir de façon continue une information sur le prix.
Marché qui maximise le montant qui serait reçu
pour la vente de l’actif ou qui minimise le montant
Marché le plus
qui serait payé pour le transfert du passif, après
avantageux
prise en compte des coûts de transaction et des frais
de transport.
Marché sur lequel on observe le volume et le niveau
Marché principal d’activité les plus élevés
pour l’actif ou le passif

•  L’entité doit déterminer la juste valeur à l’aide des hypothèses que les
intervenants du marché utiliseraient pour fixer le prix de l’actif ou du
passif.
Ces intervenants doivent être :
–– indépendants des uns des autres (ce ne sont pas des filiales ou des
mères, notamment) ;
–– bien informés, c’est-à-dire suffisamment renseignés pour prendre une
décision d’investissement ;
–– capables de conclure une transaction sur l’actif ou le passif ;
–– consentants, c’est-à-dire motivés, mais non forcés ou obligés de
quelque autre façon de le faire.
•  Le prix obtenu n’est pas augmenté des coûts de transaction, car ces
coûts ne forment pas une caractéristique de l’actif ou du passif, mais
une caractéristique de l’opération conclue.
•  La juste valeur d’un actif doit tenir compte de la capacité d’un inter-
venant du marché de générer un avantage économique en utilisant
l’actif ou en le vendant à un autre intervenant du marché qui en fera
une utilisation optimale.
•  L’évaluation de la juste valeur d’un passif suppose que celui-ci est
transféré à un intervenant du marché à la date d’évaluation et que :
–– s’il existe un marché actif correspondant, le prix observé sur ce mar-
ché représente la juste valeur du passif de l’émetteur ;
–– s’il n’existe pas d’actif correspondant au passif, l’entité estime le prix
que les intervenants du marché exigeraient pour assumer le passif
et utilise à cette fin des techniques d’actualisation ou d’autres tech-
niques d’évaluation.

82
La juste valeur d’un passif doit refléter le risque de non-exécution, à
savoir le risque qu’une entité n’exécute pas une obligation.
•  La juste valeur des instruments de capitaux propres d’une entité
(actions, etc.) correspond à des cours cotés résultant d’opérations
effectuées sur des titres identiques. Lorsque de tels cours n’existent
pas, la juste valeur est déterminée en se plaçant du point de vue d’un
intervenant de marché qui détiendrait ces titres. À défaut de cours
sur un marché, les prix observés sur des transactions isolées ou sur un
marché inactif seraient considérés, de même que des techniques de
valorisation comme la valeur actualisée.

➢➢Techniques d’évaluation
Les techniques d’évaluation utilisées pour mesurer la juste valeur
doivent maximiser l’utilisation des données observables pertinentes et
de minimiser l’utilisation de données non observables.
L’objectif de l’aide d’une technique d’évaluation consiste à estimer le
prix auquel une transaction ordonnée de vendre un actif ou de transfé-
rer un passif aurait lieu entre les participants au marché à la date d’éva-
luation en vertu des conditions du marché actuel.
Trois techniques d’évaluation sont généralement utilisées :
–– l’approche marché, laquelle utilise les prix et autres informations per-
tinentes générées par transactions sur le marché impliquant des actifs,
passifs, groupes d’actifs et des passifs (par exemple une entreprise)
identiques ou comparables (similaires) ;
–– l’approche coût, laquelle reflète le montant qui serait nécessaire
actuellement pour remplacer un actif (coût de remplacement
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actuel) ;
–– l’approche résultat, laquelle convertit les montants futurs (flux de tré-
sorerie ou produits et charges) en un seul montant, reflétant le mar-
ché actuel et les attentes à l’égard de ces montants futurs.
Dans certains cas, une technique d’évaluation unique sera appro-
priée, alors que dans d’autres, il y a lieu d’utiliser des techniques d’éva-
luation multiples.

➢➢Hiérarchie des niveaux d’évaluation


IFRS 13 présente une hiérarchie en trois niveaux de l’évaluation à la
juste valeur. Le niveau 1 est applicable lorsqu’il existe des prix cotés
pour actif ou un passif identique sur un marché actif. Le niveau 2 s’ap-

83
2.  Les principes comptables fondamentaux


plique lorsqu’il existe des prix cotés pour un actif ou un passif similaire
dans un marché actif, ou des prix cotés pour un actif et passif identique
ou similaire dans un marché non actif. Enfin, le niveau 3 s’applique
aux cas où les marchés ne sont pas du tout observables, directement ou
indirectement, le modèle utilisé d’évaluation devant prendre en compte
notamment le risque qu’accepte de courir le vendeur sur ce type de
marché.
Le niveau 1 implique un marché actif, c’est-à-dire un marché où les
transactions relatives à l’actif ou du passif ont lieu avec une fréquence et
un volume suffisants et donnent de manière continue des informations
sur les prix.
Les valeurs du niveau 2 comprennent :
–– les cours des actifs ou de passifs similaires sur des marchés actifs ;
–– les cours des actifs identiques ou similaires ou de passifs dans des mar-
chés qui ne sont pas actifs ;
–– d’autres intrants que les prix cotés qui sont observables pour l’actif ou
du passif, par exemple, les taux d’intérêt et les courbes de rendement
observables à intervalles réguliers, les volatilités implicites, les spreads
de crédit ;
–– des intrants qui sont principalement tirés ou corroborés par le marché
observable donné par corrélation ou d’autres moyens.
Au niveau 3, une entité analyse les données non observables à l’aide
des meilleures informations disponibles, qui peuvent inclure des don-
nées propres à l’entité, en tenant compte de toutes les informations
sur les hypothèses participant au marché qui sont effectivement dispo-
nibles.

Niveaux des données d’entrées

Données d’entrée Prix cotés (non ajustés) sur des marchés actifs pour des
de niveau 1 actifs ou des passifs identiques.
Données d’entrée concernant l’actif ou le passif, autres
que les prix cotés inclus dans les données d’entrée de
Données d’entrée
niveau 1, qui sont observables soit directement (sous
de niveau 2
forme de prix), soit indirectement (déterminées à partir
de prix).
Données d’entrée concernant l’actif ou le passif qui ne
Données d’entrée
sont pas fondées sur des données de marché observables
de niveau 3
(données d’entrée non observables).

84
➢➢Informations à fournir
L’entité doit fournir certaines informations visant à permettre aux uti-
lisateurs des états financiers d’évaluer les méthodes et les données d’en-
trée utilisées pour établir les justes valeurs.
Ainsi, l’entité doit fournir des informations aidant les utilisateurs de
ses états financiers à apprécier les deux éléments suivants :
–– pour les actifs et les passifs évalués à la juste valeur dans l’état de la situa-
tion financière (bilan) après la comptabilisation initiale, les techniques
d’évaluation et les données d’entrée utilisées pour établir les valeurs ;
–– pour les justes valeurs déterminées à l’aide de données d’entrée non
observables significatives (niveau 3), analyse de l’incertitude de
mesure et effet sur le résultat net ou sur les autres éléments du résultat
global pour la période.

s d’évaluation

1. Données d’entrées de niveau 1


Évaluation d’actions cotées.
Une société possède un portefeuille d’actions de sociétés du CAC 40. Pour éva-
luer ces titres, on utilisera des prix cotés (non ajustés) sur des marchés actifs pour
des titres identiques auxquels l’entité peut avoir accès à la date d’évaluation.

2. Données d’entrées de niveau 2


Évaluation d’un bâtiment détenu et utilisé.
Pour évaluer ce bâtiment, on utilisera le prix par mètre carré du bâtiment (un
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multiplicateur de valorisation) obtenu à partir des données de marché obser-


vables, par exemple les multiplicateurs obtenus à partir des prix de transac-
tions observées portant sur des bâtiments comparables (similaires) situés à des
endroits similaires.

3. Données d’entrées de niveau 3


a) Évaluation d’un passif relatif au démantèlement repris lors d’un regrou-
pement d’entreprises. L’estimation de ce passif sera faite à partir de l’actuali-
sation des sorties de trésorerie à effectuer pour exécuter l’obligation, élaborée
à partir des données propres à l’entité. S’il n’y a pas d’information raisonna-
blement disponible indiquant que les intervenants du marché utiliseraient
des hypothèses différentes, la technique d’actualisation tiendra compte, avec
d’autres données d’entrée, par exemple un taux d’actualisation sans risque
actuel pour tenir compte de la valeur temps de l’argent, et d’une prime de

85
2.  Les principes comptables fondamentaux


risque tenant compte de l’incertitude inhérente à l’estimation des sorties de


trésorerie futures.
b) Évaluation par une méthode d’actualisation
La société Alpha a émis 4  000  obligations à bons de souscription d’actions
(OBSA) d’un nominal de 1  000  € au taux de 5  % souscrites à 950  € et rem-
boursables in fine à 10  ans à 1  050  €. Les bons de souscription permettront
aux titulaires de participer à une émission d’actions prévues en juillet N au prix
d’émission de nominal de 500 € et au prix d’émission de 750 €. Le taux moyen
actuariel des obligations émises en N – 2 était de 7 %. Les bons de souscription
ne sont pas cotés sur un marché réglementé.
La valeur des bons de souscription d’actions est égale à la différence entre le prix
d’émission et la valeur actuelle au taux de 7 % des intérêts à verser et du capital
à rembourser :
1 – 1,07– 10
BSA = 950 – (1 000 × 5 % × + 1 050 × 1,07– 10) = 65,05 €.
0,07
c) Évaluation par un modèle financier (modèle de Black & Scholes)
Au début de l’année N, la société Alpha a émis 20 000 obligations convertibles
en actions. Ces obligations, d’une durée de trois ans, sont émises au pair pour
une valeur de 100 € chacune, ce qui donne un produit total de 2 000 000 €. Les
intérêts, de taux nominal de 5 %, sont payables sur une base annuelle, à terme
échu. Chaque obligation est convertible à tout moment jusqu’à son échéance
en deux actions ordinaires. À l’émission des obligations, le taux d’intérêt préva-
lant sur le marché pour des emprunts similaires sans option de conversion est
de 6 %.
Le 31 décembre de l’année N, le cours de l’obligation convertible est de 99 €,
alors le cours d’obligations semblables non convertibles est de 96 €.
Au 31 décembre N, le prix de marché d’une action ordinaire est de 37,50 €, les
dividendes attendus sur la durée de vie restante des obligations (2 ans) sont de
1,75 € à la clôture de chaque exercice, l’écart type des variations (calculé sur les
50 derniers jours de bourse) étant de 18 %. Le taux annuel sans risque pour une
durée de 2 ans est de 4 %.
L’option n’est pas cotée. Le modèle de Black & Scholes permet notamment de
calculer la valeur C d’une option au 31  décembre N, laquelle est donnée par
l’équation suivante :
Pe × N (d2)
C =  Pa × N (d1) –
ert
In × Pa/Pb + (r + 0,5σ2) × t
avec d1 = 
σ√t

In × Pa/Pb + (r – 0,5σ2) × t
et d2 = 
σ√t
avec C = cours de l’option ;
Pa = prix de l’action (sous-jacent) ;

86
Pe = prix d’exercice ;
r = taux d’intérêt annuel pour le placement sans risque ;
t = durée de vie de l’option exprimée en années jusqu’à l’échéance ;
σ = écart type des variations du titre de base ;
N (d) = fonction normale cumulée ;
ln = logarithme népérien ;
e = 2,71828.
Le prix de l’action Pa est de : 37,50 – 1,75 = 35,75 €.
Le prix d’exercice Pe se calcule à partir des valeurs actualisées du principal et des
intérêts des obligations.
• Valeur actualisée du principal : 2 000 000 × 1,06–2 = 1 779 993
1 – 1,06– 2
• Valeur actualisée des intérêts : 2 000 000 × 5 % × = 183 339
0,06
Total : 1 963 332
Ce prix d’exercice est donc égal à  : 1  963  332/20  000 =  98,16, soit 98,16/2
= 49,08 par action.
r = 0,04
t = 2
σ = 0,18
On obtient :
ln(35,75/49,08) + (0,04 + 0,5 × 0,18 × 0,18) × 2
• d1 =  = – 0,8033
0,18√2
ln(35,75/49,08) + (0,04 – 0,5 × 0,18 × 0,18) × 2
• d2 =  = – 1,0579
0,18√2
On trouvera dans une table de Laplace-Gauss (après interpolations) :
• pour N (d1) = 1 – 0,7890 = 0,2110
• pour N (d2) = 1 – 0,8549 = 0,1451
49,08
On trouvera ainsi C = 35,75 × 0,2110 − × 0,1451 = 0,9693
2,718280,04 × 2
D’où pour la valeur des droits : 0,9693 × 2 × 20 000 = 38 772 €.
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L’application de la juste valeur dans les états financiers peut se justi-


fier par les raisons suivantes :
–– les investisseurs, principaux utilisateurs des états financiers, se fondent
essentiellement sur la juste valeur des entités dans leur prise de déci-
sions, parce qu’elle reflète l’opinion des marchés et traduit mieux la
valeur actuelle des flux monétaires futurs ;
–– la mise sur le marché des instruments financiers de plus en plus fré-
quemment avant leur échéance contractuelle justifie un mode d’éva-
luation qui permet de mieux refléter la réalité économique ;

87
2.  Les principes comptables fondamentaux


–– les valeurs historiques ne permettent pas toujours de comparer les


performances alors qu’une valeur du jour, observée sur les marchés,
facile la comparabilité des comptes.
La comptabilité en juste valeur, forte intéressante conceptuellement
est cependant (notamment pour la juste valeur appliquée à tous les élé-
ments et appelée « full fair value ») critiquée par de nombreux auteurs. On
lui reproche notamment de privilégier une vue à très court terme sur la
situation financière des entités, la difficulté de fournir une information
fiable (contrairement à l’évaluation au coût) et les volatilités des capitaux
propres et résultats engendrées par les variations de juste valeur. On lui
reproche aussi de s’appuyer sur la théorie des marchés efficients, base de
l’économie néoclassique (voir ci dessus § 3), selon laquelle les cours équi-
vaudraient toujours au juste prix. Or, les crises financières ont montré que
les marchés ne sont pas toujours efficients. Depuis 1980 de nombreuses
crises ont perturbé les marchés financiers, conduisant à une volatilité
excessive des cours. De nouvelles analyses comme celle de la finance com-
portementale sont venues contredire la théorie des marchés efficients.
D’autre part, l’évaluation à la juste valeur est souvent réalisée sur des mar-
chés dits « inactifs », notamment à partir de techniques de valorisation1,
lesquelles prennent en compte des critères variés et parfois discutables.
Certains auteurs considèrent que la juste valeur n’est pas pertinente
dans le cas de certaines opérations et activités qui ne sont pas toujours
gérées et soumises à des évaluations sur la base de ces justes valeurs.
Enfin, d’autres auteurs vont même jusqu’à reprocher à l’utilisation
généralisée de la juste valeur la perte de confiance dans les marchés
financiers qui a été constatée ces dernières années.

8.2.2. Valeur d’utilité et valeur


de remboursement
La valeur d’utilité est la valeur actualisée des flux de trésorerie que l’en-
tité attend de l’utilisation continue d’un actif et de sa sortie à la fin de
sa durée d’utilité.
La valeur de remboursement est la valeur actualisée des flux de
trésorerie que l’entité prévoit de consacrer à l’acquittement d’un
­passif.

1  BNP Paribas (page 168-169 de son document de référence 2015) indique que sur 601 907 M€ d’actifs
financiers en valeur de marché par résultat ou disponibles à la vente (dérivés compris), 109 417 M€ sont
évalués au niveau 1 (prix cotés sur un marché actif), 481 419 M€ au niveau 2 et 11 071 M€ au niveau 3.

88
La valeur d’utilité et la valeur de remboursement ne sont pas directe-
ment observables et sont établies au moyen de techniques d’évaluation
fondées sur les flux de trésorerie.

9. Présentation et informations à fournir


Dans ce chapitre, sont présentés les concepts qui déterminent quelles
informations doivent être incluses dans les états financiers et comment
cette information doit être présentée et communiquée. Ce chapitre
traite des objectifs et de la place des états financiers, de la présentation
et des informations à fournir comme outils de communication et des
informations sur la performance financière.

10. Les concepts du capital


et de maintien du capital
Le texte du cadre conceptuel de l’IASB se termine par la présentation du
concept général de capital à travers deux notions : celle du maintien du
capital financier et celle du maintien du capital physique.
Ces concepts permettent d’expliquer la détermination du profit
lorsque le montant des actifs nets (ou la capacité de production phy-
sique) à la fin d’une période dépasse le montant des actifs nets (ou la
capacité de production physique) au début de la période, après exclu-
sion de toute distribution aux propriétaires et toute contribution de leur
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part au cours de la période.

11. La mise en oeuvre du concept


de matérialité (importance relative)
En octobre  2015, l’IASB a publié l’exposé-sondage ED/2015/8 relatif à
l’application de l’importance relative (materiality) dans les états finan-
ciers. Cet exposé-sondage devrait conduire à un nouvel énoncé de pra-
tiques IFRS (IFRS Practice statement). Un énoncé de pratiques n’est pas
une norme et son application n’est pas nécessaire pour que soit res-
pectée la conformité aux normes IFRS. Toutefois, une juridiction qui
permet ou exige les IFRS pourrait choisir d’adopter formellement un

89
2.  Les principes comptables fondamentaux


énoncé de pratiques dans ses exigences en matière de rapports finan-


ciers nationaux.
Le but de cet énoncé de pratiques IFRS est de fournir des conseils pour
aider la direction dans l’application de la notion d’importance relative
aux états financiers à usage général préparés conformément aux IFRS. Le
concept d’importance relative permet à la direction de décider si l’infor-
mation doit être comprise dans, ou non comprise, ou regroupée avec
d’autres informations dans les états financiers. Le concept permet éga-
lement de décider comment l’information doit être présentée dans les
états financiers pour assurer que ceux-ci sont clairs et compréhensibles.
L’énoncé de pratiques doit fournir aux entités des conseils dans les
trois principaux domaines suivants :
–– les caractéristiques de l’importance relative ;
–– la façon d’appliquer le concept d’importance relative lorsque les enti-
tés prennent des décisions au sujet de la présentation et la divulgation
d’informations dans les états financiers ;
–– comment évaluer si des omissions et des inexactitudes de l’informa-
tion sont importantes.
L’énoncé de pratiques vise à illustrer les types de facteurs que la
direction devrait penser lorsque l’on considère que cette information
est significative. Cependant, parce que l’importance relative devrait être
considérée dans le contexte d’une entité spécifique, cette orientation ne
vise pas à fournir une liste complète de considérations pour la fabrication
des jugements sur l’importance lors de la préparation des états financiers.

12. Le rapport de gestion


En décembre 2010, l’IASB a publié un énoncé de pratiques IFRS relatif au
rapport de gestion « IFRS Practice Statement – Management Commentary –
A framework for presentation ».
L’objectif de cet énoncé de pratiques (qui n’est pas une norme) est
d’aider la direction d’une entité à présenter des commentaires utiles sur
des états financiers qui ont été préparés conformément aux IFRS.
L’énoncé de pratiques précise comment le rapport de gestion doit
être identifié, quels en sont les destinataires. Il se compose pour l’essen-
tiel d’un cadre conceptuel et de la présentation et de l’analyse des élé-
ments devant y figurer.

90
13. Hiérarchie des règles comptables
internationales
Les règles comptables internationales, pour pouvoir être appelées IFRS
GAAP (par opposition aux règles comptables américaines appelées US
GAAP – voir chapitre  1 §  11), sont en situation, conformément à la
norme IAS  8 «  Méthodes comptables, changements d’estimations et
erreurs », § 7 à 12 d’être classées selon la préférence suivante :

Classement des IFRS GAAP

Niveaux Classement

Premier 1. Normes IAS et IFRS (1)

2. Interprétations SIC et IFRIC

Second 3. Cadre conceptuel IASB

Troisième 4. Bases de conclusions de chacune des normes IFRS


5. Guides d’application des normes IFRS ne faisant pas partie
intégrante de la norme

Quatrième 6. Standards présentés par des normalisateurs nationaux, autre


littérature comptable, pratiques acceptées par l’industrie

(1) Y compris les guides d’application figurant dans l’appendice d’une norme (voir
chapitre 1 § 5)

Test de connaissances
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Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse


(une seule réponse est possible).

Q1. Qu’est-ce qu’un cadre conceptuel ?


a) un cadre fixant les règles de fonctionnement (statuts) d’un organisme de nor-
malisation ;
b) un cadre fixant un ensemble de principes généraux formulés par une organisa-
tion normative en vue de fournir une base commune permettant l’élaboration
de règles cohérentes et les concepts généraux utilisables pour la préparation
et la présentation des états financiers ;
c) un cadre présentant des états de synthèse normalisés du bilan, de l’état du résultat
global, des notes annexes, du tableau de flux de trésorerie et autres documents. »
91
2.  Les principes comptables fondamentaux


» Q2. Dans le cadre conceptuel de l’IASB, quelles sont les personnes qui sont
les destinataires privilégiés des états financiers ?
a) les investisseurs ;
b) les clients ;
c) les hommes politiques.

Q3. Qu’est-ce qu’une information pertinente ?


a) une information relative à l’évaluation et la présentation de l’effet financier de
transactions présentée de manière cohérente et permanente pour une même
entité ou pour plusieurs entités ;
b) une information exempte d’erreurs et de biais significatifs ;
c) une information qui peut influencer sur les décisions économiques des utilisateurs.

Q4. Qu’est-ce qu’une information fidèle ?


a) une information qui aide à fournir aux utilisateurs l’assurance que l’informa-
tion donne une image fidèle des phénomènes économiques qu’elle prétend
représenter ;
b) une information qui dépeint un phénomène économique de façon complète,
neutre et exempte d’erreurs significatives ;
c) une information accessible aux décideurs avant qu’elle perde sa capacité d’in-
fluencer leurs décisions.

Q5. À quoi correspond la notion de continuité d’exploitation ?


a) cela veut dire que la direction de l’entreprise n’a pas changé ;
b) cela veut dire que les contrats de l’entreprise sont maintenus ;
c) cela veut dire que l’entreprise doit être capable de poursuivre son activité.

Q6. Dans la norme IAS 1 relative à la présentation des états financiers, est-il


impossible ?
a) de compenser un actif ou un passif ;
b) de regrouper des éléments non significatifs de nature et de fonction similaires ;
c) de présenter des états financiers selon une méthode de comptabilité de tré-
sorerie.

Q7. Dans la norme IAS 1 relative à la présentation des états financiers, quelle


obligation est relative à la comparabilité des postes des états financiers ?
a) présenter une information comparative au titre des trois exercices précédents
pour toute information chiffrée figurant dans les états financiers ;
b) 
fournir une information comparative sous forme narrative et descriptive
lorsque cela est nécessaire à la bonne compréhension des états financiers.
c) lorsque l’entité modifie la présentation ou la classification d’éléments dans les
états financiers, reclasser les montants comparatifs correspondants.

Q8.  Quelle est la définition de «  passif  » qui n’est pas applicable dans les
normes internationales ? »
92
» a) upour
n passif est un élément du patrimoine ayant une valeur économique négative
l’entité, c’est-à-dire une obligation de l’entité à l’égard d’un tiers dont il
est probable ou certain qu’elle provoquera une sortie de ressources au béné-
fice de ce tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci ;
b) le passif est le total formé par les capitaux propres, les provisions et les dettes ;
c) un passif est une obligation actuelle qu’a l’entité de céder une ressource éco-
nomique du fait d’événements passés.

Q9. Quand un produit est-il comptabilisé dans le résultat ?


a) un produit est comptabilisé dans le résultat lorsqu’il est probable que des avan-
tages économiques futurs iront à l’entreprise et que l’actif a un coût ou une
valeur qui peut être évalué de façon fiable ;
b) un produit est comptabilisé dans le résultat lorsqu’une diminution d’avan-
tages économiques futurs liée à la diminution d’actif ou à l’augmentation de
passif s’est produite et peut être évaluée de façon fiable ;
c) un produit est comptabilisé dans le résultat lorsqu’un accroissement d’avan-
tages économiques futurs lié à un accroissement d’actif ou à une diminution
de passif s’est produit et peut être évalué de façon fiable.

Q10. Comment peut être décrit le principe de matérialité (ou d’importance


relative) ?
a) Si l’information doit présenter une image fidèle des transactions et autres événe-
ments qu’elle vise à présenter, il est nécessaire qu’ils soient comptabilisés et présentés
conformément à leur substance et à leur réalité économique et non pas seulement
selon leur forme juridique. La substance des transactions et autres événements n’est
pas toujours cohérente avec ce qui ressort du montage juridique apparent.
b) Les omissions ou inexactitudes d’éléments sont significatives si elles peuvent,
individuellement ou collectivement, influencer les décisions économiques que
prennent des utilisateurs sur la base des états financiers. L’importance relative
dépend de la taille et de la nature de l’omission ou de l’inexactitude, appréciée
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par rapport aux circonstances particulières. La taille ou la nature de l’élément,


ou une combinaison des deux, peut être le facteur déterminant.
c) Les préparateurs d’états financiers sont confrontés avec les incertitudes qui,
de façon inévitable, entourent un grand nombre d’événements et de circons-
tances, tels que la recouvrabilité des créances douteuses, la durée d’utilité pro-
bable des immobilisations corporelles et le nombre de demandes en garantie
qui peuvent survenir. De telles incertitudes sont reconnues à travers une infor-
mation sur leur nature et étendue et dans la préparation des états financiers. Il
y a lieu de prendre en compte d’un certain degré de précaution dans l’exercice
des jugements nécessaires pour préparer les estimations dans des conditions
d’incertitude, pour faire en sorte que les actifs ou les produits ne soient pas
surévalués et que les passifs ou les charges ne soient pas sous-évalués.

Corrigés et commentaires p. 560.

93
Chapitre 3

La présentation
des états financiers

L es états financiers (individuels ou consolidés) des entités com-


prennent généralement :
–– un bilan ;
–– un compte de résultat ;
–– d’autres documents de synthèse (tableau de flux de trésorerie, tableau
de variation des capitaux propres, annexe, etc.).
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Les états financiers ont pour objectif de fournir une information sur
la situation financière, la performance et l’évolution dans la situation
financière de l’entité.
Pour l’IASB, des états financiers ne peuvent être qualifiés de conformes
aux normes internationales qu’à la condition qu’elles respectent inté-
gralement les exigences de chaque norme et de chaque interprétation
du comité d’interprétation applicables en l’espèce. Des états financiers
ne respectant que certaines normes de l’IASB (et non l’intégralité) ne
peuvent être qualifiées de conformes aux normes internationales.

95
3.  La présentation des états financiers


1. Considérations générales
relatives aux états financiers
présentés selon les normes IFRS
1.1. Composantes des états financiers
Selon la norme IAS 1 un jeu complet d’états financiers comprend (§ 10) :
a) un état de la situation financière à la fin de la période ;
b) un état du résultat net et des autres éléments du résultat global (sta-
tement of profit or loss and comprehensive income en anglais) pour la période ;
c) un état des variations des capitaux propres de la période ;
d) un tableau des flux de trésorerie pour la période ;
e) des notes contenant les principales méthodes comptables et
d’autres informations explicatives ;
f) des informations comparatives au titre de l’année précédente ;
g) un état de situation financière au début de la première période de
comparaison lorsque l’entité applique une méthode comptable de façon
restropective ou effectue un retraitement retrospectif des éléments de
ses états financiers, ou lorsqu’elle procède à un reclassement des élé-
ments dans ses états financiers.
La norme IAS 1 précise qu’une entité peut utiliser des titres d’états
autres que ceux indiqués dans la norme (bilan au lieu d’état de la situa-
tion financière à la fin de la période, état de résultat global au lieu d’état
du résultat net et des autres éléments du résultat global, compte de
résultat au lieu d’état de résultat net, par exemple).
La norme IAS 1 n’impose pas de modèle d’états financiers. Elle indique
seulement la nature des informations devant figurer dans ces états. Ainsi le
compte de résultat établi conformément aux normes IASB peut être construit
selon l’un des modèles de la directive européenne relative aux comptes
annuels et consolidés du 26  juin 2013 ou du RRCC (règlement 99-02 du
CRC) à la condition que l’on trouve les informations imposées par IAS 1.

1.2. Principes applicables aux états financiers


établis selon les normes IFRS
La norme IAS 1 présente un certain nombre de principes généraux (voir
chapitre 2 § 4.4) applicables aux états financiers :
–– image fidèle et conformité aux IFRS ;

96
–– continuité d’exploitation ;
–– méthode de la comptabilité d’engagement ;
–– importance relative et regroupement ;
–– non-compensation ;
–– fréquence de l’information financière ;
–– informations comparatives avec la précédente période ;
–– permanence de la présentation.

1.3. Identification des états financiers


Les états financiers doivent être clairement identifiés et distingués des
autres informations figurant dans le même document publié.
Chacune des composantes des états financiers doit être clairement
identifiée. En outre, les informations énumérées ci-après doivent être
indiquées de façon bien évidente et répétées si cela est nécessaire à une
bonne compréhension des informations présentées :
a) le nom ou tout autre mode d’identification de l’entité présentant
les états financiers ainsi que tout changement dans cette information
depuis la fin du précédent exercice ;
b)  le fait que les états financiers concernent l’entité seule ou un
groupe d’entités ;
c) la date de clôture de l’exercice couvert par les états financiers selon
ce qui est le plus approprié pour la composante en question des états
financiers ;
d) la monnaie dans laquelle sont libellés les états financiers ;
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e) le niveau d’arrondi retenu pour la présentation des chiffres dans


les états financiers.

1.4. Fréquence d’établissement
des états financiers
Les états financiers doivent être présentés au minimum une fois par an.
L’entité doit présenter les données de l’exercice et celles de l’exercice
précédent. Lorsqu’une entité modifie la date de clôture de son exercice
et présente ses états financiers annuels pour un exercice plus long ou
plus court qu’une année, outre la durée de l’exercice couvert par les états
financiers, elle doit indiquer :

97
3.  La présentation des états financiers


a) la raison l’ayant conduite à utiliser une durée d’exercice différente


d’une année ;
b)  le fait que les chiffres comparatifs présentés dans les différents
états financiers ne sont pas entièrement comparables.

2. Le bilan (ou état de la situation


financière)
La norme IAS 1 révisée (§ 10) appelle le bilan « état de la situation finan-
cière à la fin de la période ». Elle permet toutefois à l’entité d’utiliser des
titres d’états autres que ceux utilisés dans la norme.
La norme IAS 1 précise quelles informations doivent figurer dans les
états de la sitution financière des entités tenues d’établir des états finan-
ciers. Cette norme insiste également sur la distinction entre éléments
courants et non courants.
La norme IFRS 5 « Actifs non courants détenus en vue de la vente
et activités abandonnées » complète la norme IAS  1 pour ce qui
concerne la classification et l’évaluation d’actifs non courants (ou
groupes destinés à être cédés) comme détenus en vue de la vente (voir
chapitre 11).

2.1. Distinction entre éléments courants


et non courants
Chaque entité doit présenter dans l’état de la situation financière, sépa-
rément ses actifs courants et non courants et ses passifs courants et non
courants. Toutefois, lorsqu’une autre présentation est plus appropriée,
l’entité peut ne pas distinguer ses éléments courants et ses éléments non
courants : elle doit alors classer ses actifs et passifs en fonction de leur
liquidité.
Quelle que soit la méthode de présentation appliquée, l’entité doit
indiquer, pour chaque élément d’actif ou de passif comprenant des
montants qu’elle s’attend à recouvrer ou à régler avant ou après douze
mois après la date de clôture de l’exercice, le montant qu’elle s’attend à
recouvrer ou à régler au-delà de douze mois.
Un actif doit être classé en tant qu’actif courant quand il satisfait à
l’un des critères suivants :

98
a) l’entité s’attend à pouvoir réaliser l’actif, le vendre ou le consom-
mer dans le cadre du cycle d’exploitation normal ;
b) l’actif est détenu essentiellement à des fins de négociation ;
c) l’entité s’attend à le réaliser dans les douze mois suivant la date de
clôture de l’exercice ;
d)  l’actif représente de la trésorerie ou un équivalent de trésorerie
dont l’utilisation n’est pas soumise à restrictions pour être échangé ou
utilisé à couvrir une dette devant être réglée dans douze mois après la
clôture de l’exercice.
Tous les autres actifs doivent être classés comme non courants.
Un passif doit être classé en tant que passif courant quand il satisfait
à l’un des critères suivants :
a) il est attendu que le passif soit réglé dans le cadre du cycle d’ex-
ploitation normal de l’entité ;
b) le passif est détenu essentiellement à des fins de négociation ;
c) le passif doit être réglé dans les douze mois après la date de clôture
de l’exercice.
d) l’entité n’a aucun droit inconditionnel de déférer le règlement de
la dette au-delà des douze mois qui suivent la clôture de l’exercice. Les
termes d’un passif qui pourraient, au choix de la contrepartie, résul-
ter en son règlement par l’émission d’instruments de capitaux propres
n’affectent pas sa classification.
Certains passifs tels que les dettes fournisseurs, certaines dettes liées
au personnel et d’autres coûts opérationnels font partie du fonds de rou-
lement utilisé dans le cadre du cycle d’exploitation normal de l’entité.
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L’entité doit classer ces éléments en tant que passifs courants même s’ils
doivent être réglés plus de douze mois après la clôture. D’autres passifs
qui ne sont pas réglés dans le cadre du cycle d’exploitation normal, mais
qui doivent être réglés dans les douze mois suivant la clôture ou sont
détenus essentiellement en vue d’être négociés doivent également être
classés en passifs courants.
Tous les autres passifs doivent être classés en tant que passifs non
courants.

99
3.  La présentation des états financiers


2.2. Classification d’actifs non courants


(ou de groupes destinés à être cédés)
comme détenus en vue de la vente
Une entité doit classer un actif non courant (ou un groupe destiné à
être cédé) comme détenu en vue de la vente si sa valeur comptable est
recouvrée principalement par le biais d’une transaction de vente plutôt
que par l’utilisation continue.
Elle doit évaluer cet actif (ou ce groupe) classé comme détenu en vue
de la vente au montant le plus bas entre sa valeur comptable et sa juste
valeur diminuée des coûts de la vente.
Un groupe d’actifs destinés à être cédés, par la vente ou d’une autre
manière, est un ensemble composé d’actifs et de passifs directement liés
à ces actifs qui seront transférés lors de la transaction.

2.3. Informations à présenter
dans l’état de situation financière (bilan)
Au minimum, le bilan doit comporter des postes présentant les mon-
tants suivants :
a) immobilisations corporelles ;
b) immeubles de placement ;
c) immobilisations incorporelles ;
d) actifs financiers (à l’exclusion des montants indiqués selon e), h)
et i) ;
e) participations comptabilisées selon la méthode de la mise en équi-
valence ;
f) actifs biologiques (pour les entités du secteur agricole) ;
g) stocks ;
h) clients et autres débiteurs ;
i) trésorerie et équivalents de trésorerie ;
j) total des actifs (ou groupes d’actifs) classés en actifs appelés à être
cédés (conformément à la norme IFRS 5 « Actifs non courants détenus
en vue de la vente et activités abandonnées » (voir chapitre 11) ;
k) fournisseurs et autres créditeurs ;
l) provisions ;
m) passif financier (à l’exclusion des montants indiqués selon k) et l) ;

100
n) actifs et passifs d’impôts exigibles ;
o) actifs et passifs d’impôts différés ;
p)  total des passifs compris dans les groupes d’actifs appelés à être
cédés (conformément à IFRS 5) ;
q) participations ne donnant pas le contrôle (présentés au sein des
capitaux propres) ;
r) capital émis et réserves (attribuables aux actionnaires de la société
mère) ;
L’entité doit présenter des postes (y compris en décomposant les
postes énumérés ci-dessus) rubriques et sous-totaux supplémentaires
dans l’état de situation financière lorsqu’une telle présentation est
utile à la bonne compréhension de la situation financière de l’entité.
Ainsi, l’entité pourra ventiler le poste « immobilisations corporelles »,
en différents postes « biens immobiliers », « installations de production »
et « matériel », si cette ventilation améliore la capacité d’influencer
les décisions prises par les utilisateurs de ses états financiers. Lorsque
l’entité présentera des sous-totaux, ces sous-totaux devront être
constitués d’éléments comptabilisés et évalués selon les IFRS, être
présentés et identifiés de manière à ce que l’on puisse comprendre de
quels éléments ils sont constitués et rester cohérents d’une période à
l’autre.
Quand une entité présente dans son état de la situation financière
une répartition de ses actifs en actifs courants et non-courants et une
répartition de ses passifs en passifs courants et non courants, elle ne doit
pas classer les actifs (ou passifs) d’impôts différés en actifs (ou passifs)
courants.
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2.4. Informations à présenter soit dans l’état


de la situation financière soit dans les notes
annexes
L’entité doit indiquer, soit dans l’état de la situation financière, soit
dans des notes annexes, des subdivisions complémentaires aux postes
présentés, classées d’une manière adaptée à l’activité de l’entité. Chaque
élément des états financiers doit être attribué selon sa nature à ces sub-
divisions lorsque cela est approprié, et l’entité doit indiquer séparément
les montants à payer et à recevoir de la société mère, des filiales, des
entités associées au groupe et autres parties liées.

101
3.  La présentation des états financiers


Une entité doit fournir, soit dans l’état de la situation financière, soit
dans les notes annexes, les informations suivantes :
a) pour chaque catégorie d’action :
–– le nombre d’actions autorisées ;
–– le nombre d’actions émises et entièrement libérées et le nombre d’ac-
tions émises et non entièrement libérées ;
–– la valeur nominale des actions ou le fait que les actions n’ont pas de
valeur nominale ;
–– un rapprochement entre le nombre d’actions en circulation au début
et en fin d’exercice ;
–– les droits, privilèges et restrictions attachés à cette catégorie ­d’actions,
y compris les restrictions relatives à la distribution des dividendes et
au remboursement du capital ;
–– les actions de l’entité détenues par elle-même ou par ses filiales ou
entités associées ;
–– les actions réservées pour une émission dans le cadre d’options et de
contrats de vente, y compris les modalités et les montants ;
b) une description de la nature et de l’objet de chacune des réserves
figurant dans les capitaux propres.
Une entité sans capital social telle qu’une société de personnes doit
fournir des informations équivalentes à celles imposées ci-dessus, indi-
quant les variations au cours de l’exercice des différentes catégories de
parts dans les capitaux propres ainsi que les droits, privilèges et restric-
tions attachés à chaque catégorie de capitaux propres.

2.5. Modèle d’état de la situation financière


Le modèle présenté ci-dessous est celui du guide d’application annexé à
la norme IAS 1 (version 2007). Nous l’avons corrigé pour tenir compte de
la norme IFRS 5 « Actifs non courants destinés à être cédés et abandons
d’activités » et des normes IAS 40 « Immeubles de placement » et IAS 41
« Agriculture ».

102
Actifs non courants Capitaux propres attribuables
aux actionnaires de la société mère
Immobilisations corporelles
Immeubles de placement Capital émis
Goodwill Autres réserves
Autres immobilisations Bénéfices non distribués
incorporelles Montants comptabilisés
Actifs non courants biologiques directement en capitaux propres
(agriculture) Capitaux propres attribuables
aux participations ne donnant
pas le contrôle
Participations dans Total capitaux propres
les entreprises associées
et coentreprises Passifs non courants
(mise en équivalence) Emprunts à long terme
Autres actifs financiers Impôts différés
Actifs courants Provisions à long terme
Stocks Passifs courants
Actifs courants biologiques Fournisseurs et autres créditeurs
(agriculture) Emprunts à court terme
Créances clients Partie courante des emprunts
Autres actifs courants à long terme
Trésorerie et équivalents Impôts exigibles
Actifs classés en actifs non Provisions à court terme
courants destinés à être cédés Passifs directement associés
à des actifs classés en actifs non
courant destinés à être cédés
Total Passifs

Total Total

NB. Il est à noter que ce modèle ne comporte pas de rubrique « résultat de


l’exercice ». Ce dernier peut être intégré dans la rubrique « bénéfices non
distribués » ou faire l’objet d’une rubrique spécifique.
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d’état de la situation financière IFRS

Les informations présentées ci-après sont extraites du document de référence


2011 p. 74-75 de Danone. Elles concernent le bilan consolidé. On peut retrou-
ver le document de référence sur le site Internet de l’entreprise : http://www.
danone.com

Bilan consolidé
Actif (en millions d’euros) Notes 31/12/2014 31/12/2015
Goodwill 11 582 11 653
Marques 4 337 3 833 »

103
3.  La présentation des états financiers


» Actif (en millions d’euros) Notes 31/12/2014 31/12/2015


Autres immobilisations 315 292
incorporelles
Immobilisations incorporelles 9.1 à 9.3 16 234 15 779
Immobilisations corporelles 5.5 4 582 4 752
Titres mis en équivalence 4.1 à 4.8 2 146 2 882
Autres titres non consolidés 92 70
Autres immobilisations 228 204
financières et prêts à plus
d’un an
Autres actifs financiers 11.1, 11.2 320 274
Instruments financiers – actifs 12.4, 12.5 153 125
Impôts différés 8.2 836 902
Actifs non courants 24 272 24 715
Stocks 5.4 1 340 1 374
Clients et comptes rattachés 5.4 1 900 2 230
Autres comptes débiteurs 5.4 974 1 029
Prêts à moins d’un an 30 40
Instruments financiers – actifs 12.4, 12.5 28 120
Placements à court terme 10.4 2 317 2 514
Disponibilités 880 519
Actifs détenus en vue 6.2 8 171
de la cession
Actifs courants 7 476 7 998
TOTAL DE L’ACTIF 31 747 32 712

Passif et capitaux propres


Notes 31/12/2014 31/12/2015
(en millions d’euros)
Capital 161 164
Primes 3 505 4 132
Bénéfices accumulés 11 817 11 454
Écarts de conversion (1 501) (1 177)
Autres résultats directement (427) (260)
enregistrés en capitaux propres
Actions propres et call Danone 13.2 (1 859) (1 707)
Capitaux propres – part du Groupe 11 696 12 606
Intérêts ne conférant pas le contrôle 3.1 à 3.6 49 63
Capitaux propres 11 745 12 669
Financements 10.1 à 10.3 6 238 7 835 »
104
» Passif et capitaux propres
Notes 31/12/2014 31/12/2015
(en millions d’euros)
Instruments dérivés – Passifs 12.4, 12-5 11 4
Dettes liées aux options accordées 3.6 349 248
aux détenteurs d’intérêts ne
conférant pas le contrôle
Dettes financières non courantes 6 598 8 087
Provisions pour retraites et autres 7.3 818 793
avantages à long terme
Impôts différés 8.2 1 225 1 126
Autres provisions et passifs 14.2 737 834
non courants
Passifs non courants 9 377 10 841
Financements 10.1 à 10.3 2 332 2 374
Instruments dérivés – Passifs 12.4 – 12-5 3 3
Dettes liées aux options accordées 3.6 2 209 614
aux détenteurs d’intérêts
ne conférant pas le contrôle
Dettes financières courantes 4 544 2 991
Fournisseurs et comptes rattachés 5.4 3 334 3 334
Autres passifs courants 5.4 2 741 2 859
Passifs liés aux actifs détenus en vue 6.2 6 18
de leur cession
Passifs courants 10 625 9 202
TOTAL DU PASSIF 31 747 32 712
ET DES CAPITAUX PROPRES
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3. L’état du résultat net et des autres


éléments du résultat global
Le résultat généré par une entité peut être appréhendé selon deux
approches en comptabilité. Selon la première, dite « bilantielle » ou
« actifs-passifs », il est déterminé par les variations de l’actif net, dif-
férence entre les actifs et les passifs, tandis que selon la seconde dite
« produits-charges », il correspond à la différence entre les produits
de la période et les charges engagées pour générer ces produits. Si la
seconde approche est celle qui a été retenue dans les règles françaises
(Plan comptable général et règlement relatif aux comptes consoli-
dés), la première correspond à celle qui était agréée sous le vocable de

105
3.  La présentation des états financiers


résultat global (ou étendu) en anglais « comprehensive income » par les


normes internationales.
La norme IAS 1 révisée appelle « état du résultat net et des autres élé-
ments du résultat global » ou « statement of profit or loss and comprehen-
sive income » l’état analysant la performance de l’entité.
Selon IAS 1 (§  10A), les entités peuvent présenter les informations
conduisant au résultat global :
–– en un seul état ;
–– en deux états, un premier état présentant les éléments du résultat net
(profit or loss) et un second état partant du résultat net et présentant
les autres éléments du résultat global (other comprehensive income)1.

3.1. Informations à présenter dans l’état du résultat


net et des autres éléments du résultat global
L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global (l’état du
résultat global) doit présenter, en plus de la section résultat net et de la
section autres éléments du résultat global :
–– le résultat net ;
–– le total des autres éléments du résultat global ;
–– le résultat global de la période, c’est-à-dire le total du résultat net et
des autres éléments du résultat global.
Si l’entité présente un état du résultat net séparé, elle n’a pas à pré-
senter une section résultat net dans l’état présentant le résultat global.
En plus des éléments exigés par certaines normes, la section résultat net
de l’état du résultat net et des autres éléments du résultat global doit com-
porter des postes présentant les montants suivants au titre de la période :
a) produits des activités ordinaires ;
b) charges financières ;
c) quote-part dans le résultat net des entités associées et des co-enti-
tés comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence ;
d) charge d’impôt sur le résultat ;

1  Selon une analyse que nous avons faite en 2016 et concernant les publications des entreprises du
CAC 40 (documents de référence 2015 ou états financiers 2015) 39 entreprises ont présenté deux états
séparés appelés généralement « Compte de résultat » et « État du résultat net et des gains et pertes
comptabilisés directement en capitaux propres » (conformément à la recommandation 2013.03 de
l’ANC du 7 novembre 2013 (ou « État du résultat global »). Une seule d’entre elles a présenté un état
unique.

106
e) un montant unique représentant le total des activités abandon-
nées (voir IFRS 5 : chapitre 11) ;
f) résultat net (perte ou profit).

Remarque
IAS 1 ne précise pas aujourd’hui si des soldes intermédiaires ou indicateurs alternatifs
de performance (du type résultat opérationnel ou excédent brut d’exploitation
– EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization en anglais)
doivent être insérés dans l’état de résultat net et des autres éléments du résultat
global. L’ESMA d’une part (ESMA/2015/1415057), l’AMF (position DOC-
2015‑12) et l’ANC (recommandation RECO 2009‑03) d’autre part, autorisent
cette insertion en exigeant notamment de définir ces indicateurs, de les réconcilier
avec les états financiers et de leur attribuer des libellés clairs. n

La section « autres éléments du résultat global » doit présenter les


postes au titre de la période en faisant la distinction entre :
•  les autres éléments du résultat global (à l’exclusion de la quote-part
des entreprises associées et des coentreprises) classés en fonction de
leur nature et répartis, conformément aux autres normes IFRS, entre :
–– ceux qui ne seront pas reclassés ultérieurement en résultat net ;
–– ceux qui seront reclassés ultérieurement en résultat net lorsque cer-
taines conditions seront remplies.
•  la quote-part des autres éléments de résultat global des entreprises
associées et des coentreprises comptabilisées selon la méthode de
la mise en équivalence, subdivisée en quote-part des éléments qui,
conformément aux autres normes IFRS :
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–– ne seront pas reclassés ultérieurement en résultat net ;


–– seront reclassés ultérieurement en résultat net lorsque certaines condi-
tions seront remplies.
L’entité doit présenter des postes (y compris en décomposant les
postes énumérés ci-dessus), rubriques et sous-totaux supplémentaires
dans le ou les états du résultat net et des autres éléments du résultat
global lorsqu’une telle présentation est utile à la bonne compréhension
de la performance financière de l’entité.
Pour ce qui concerne la prise en compte des taxes sur les autres élé-
ments du résultat global, IAS 1 autorise deux solutions :
–– présentation des autres éléments net de taxes ;

107
3.  La présentation des états financiers


–– présentation des autres éléments avant taxes et inscription de l’effet


fiscal sur une ligne spécifique.
Si l’entité choisit la seconde solution, elle doit répartir l’impôt entre
les éléments susceptibles d’être reclassés ultérieurement dans la section
résultat net et ceux qui ne seront pas reclassés dans cette section.
On entend par « autres éléments du résultat global » (other comprehen-
sive income ou OCI), des éléments de résultat comptabilisés directement
en capitaux propres : ces éléments concernent notamment :
–– les différences de change liées aux conversions (voir chapitre 17, § 2) ;
–– les gains ou pertes portés en capitaux propres relatifs aux actifs finan-
ciers évalués à la juste valeur (voir chapitre 6 § 3.2) ;
–– les gains et pertes portés en capitaux propres dans le cadre d’une
couverture de flux de trésorerie ou d’un investissement net dans une
entité étrangère (voir chapitre 6, § 8.5 et 8.6) ;
–– les profits sur réévaluations d’immobilisations corporelles ou incorpo-
relles (voir chapitre 8, § 5.2 et chapitre 9 § 6.2) ;
–– les réévaluations (notamment écarts actuariels) au titre des régimes de
retraite à prestations définies (voir chapitre 13, § 5.6) ;
–– la quote-part d’autres éléments du résultat global dans les entités associées ;
–– les impôts sur les éléments ci-dessus portés ou transférés en capitaux
propres.
Le résultat net et le résultat global doivent être analysés selon leur
affectation (dans les comptes consolidés) :
–– résultat net et résultat global attribuables aux intérêts minoritaires ne
donnant pas le contrôle de l’entité ;
–– résultat net et résultat global attribuables aux porteurs de capitaux
propres de la société mère.
Des postes, rubriques et sous-totaux supplémentaires doivent être
présentés dans l’état de résultat net et des autres éléments du résultat
global lorsqu’une telle présentation est nécessaire pour comprendre la
performance financière de l’entité.
L’entité ne doit plus présenter de rubrique relative au résultat extraordi-
naire, que ce soit dans le résultat global ou dans les notes annexes (l’obliga-
tion de présenter le résultat extraordinaire était spécifiée dans la norme IAS 1
révisée 1997. La révision de décembre 2003 a supprimé cette possibilité).
Les éléments extraordinaires étaient les produits et les charges résul-
tant d’événements ou de transactions clairement distincts des activi-

108
tés ordinaires de l’entité et dont on ne s’attend guère à ce qu’elles se
reproduisent de manière fréquente ni régulière (comme les expropria-
tions d’actifs ou un tremblement de terre ou toute autre catastrophe
naturelle). La nature et le montant de chaque élément extraordinaire
devaient être indiqués séparément.
Par ailleurs, la norme IAS 33 (voir chapitre 19, § 2) prévoit la présen-
tation du résultat par action (résultat de base et résultat dilué) dans les
états de résultat net des sociétés cotées.

3.2. Informations à présenter soit dans l’état


du résultat net et des autres éléments du résultat
global soit dans des notes annexes
L’entité doit présenter, dans ses notes annexes, toute information rela-
tive aux rubriques de l’état du résultat net et des autres éléments du
résultat global, dont la nature ou le montant sont significatifs dans
l’analyse de la performance de l’entité.
Elle doit présenter une analyse des charges, de préférence au compte
de résultat, en utilisant une classification reposant, soit sur la nature
des charges, soit sur leur fonction au sein de l’entité, en choisissant la
méthode qui fournit des informations fiables et plus pertinentes1.
Les entités classant les charges par fonction doivent fournir des
informations supplémentaires sur la nature des charges, y compris les
dotations aux amortissements et les frais de personnel.

3.3. Modèles d’état du résultat net et des autres


éléments du résultat global
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La norme IAS 1, dans son guide d’application annexé (version 2007), pré-
sente deux modèles de compte de résultat, l’un présentant les charges ana-
lysées par fonction, l’autre présentant les charges analysées par nature.
Nous les avons corrigés en tenant compte des révisions de la norme
depuis 2007 et notamment l’introduction dans le résultat des autres élé-
ments du résultat global.

1  Selon une analyse que nous avons faite en 2016 et concernant les publications des entreprises du
CAC 40 (documents de référence 2015 ou états financiers 2015) 29 entreprises ont présenté leur
compte de résultat net en analysant leurs charges par fonction, 6 par nature, les 5 autres (banques et
assurances) ayant une présentation spécifique (conformément aux recommandations RECO 2013-04
et RECO 2013-05 de l’ANC du 7 novembre 2013).

109
3.  La présentation des états financiers


Il est à noter que la recommandation RECO 2013‑03 de l’ANC pro-


pose, quant à elle, l’introduction des soldes intermédiaires suivants (que
ce soit pour l’état de résultat net présenté par fonction ou par nature) :
résultat opérationnel courant, résultat opérationnel, coût de l’endet-
tement financier net, autres produits financiers, autres charges finan-
cières, charge d’impôt, quote-part du résultat net des sociétés mises en
équivalence, résultat net d’impôt des activités poursuivies, résultat net
d’impôt des activités abandonnées, résultat net, résultat par action,
résultat par action des activités poursuivies.

Modèle d’état de résultat net (charges par fonction) (en liste)

Activités maintenues
Produits des activités ordinaires
Coût des ventes
Marge brute
Autres produits
Coûts commerciaux
Charges administratives
Autres charges
Charges financières
Quote-part dans le résultat net des entités associées
Résultat avant impôt
Charge d’impôt sur le résultat
Résultat de l’exercice relatif aux activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat de l’exercice des activités abandonnées (1)
Profit (ou perte) de l’exercice
Profit ou perte attribuable à :
Actionnaires de la société mère
Intérêts minoritaires
Résultat de base par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat dilué par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
(1) L’analyse sera donnée dans les notes annexes.

110
Modèle d’état de résultat net (charges par nature) (en liste)
Activités maintenues
Produits des activités ordinaires
Autres produits
Variations des stocks des produits finis et en cours
Production immobilisée
Marchandises et matières consommées
Frais de personnel
Amortissements et dépréciations
Dépréciation des immobilisations corporelles
Autres charges
Charges financières
Quote-part dans le résultat net des entités associées
Résultat avant impôt
Charge d’impôt sur le résultat
Résultat de l’exercice relatif aux activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat de l’exercice des activités abandonnées (1)
Profit (ou perte) de l’exercice
Profit ou perte attribuable à :
Actionnaires de la société mère
Intérêts minoritaires
Résultat de base par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat dilué par action
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Activités maintenues
Activités abandonnées
(1) L’analyse sera donnée dans les notes annexes.

Modèle d’état du résultat net et des gains et pertes comptabilisés


directement en capitaux propres (ou État du résultat global)

Profit (ou perte) de l’exercice


Autres éléments du résultat global
Différences de change liées aux conversions
Instruments financiers : gains ou pertes portés en capitaux propres
Couverture de flux de trésorerie : gains et pertes portés
en capitaux propres »

111
3.  La présentation des états financiers


» Profits sur réévaluations immobilisations


Résultat actuariel sur régimes de retraite à prestations définies
Sous total autres éléments à l’exclusion de la quote-part
des entreprises associées et coentreprises
Quote-part d’autres éléments dans les entités associées
et co-entreprise
Impôts sur les éléments portés ou transférés en capitaux propres
Sous total autres éléments compris dans la quote-part
des entreprises associées et coentreprises
Total des éléments qui seront reclassés ultérieurement en résultat
net lorsque certaines conditions seront remplies
Résultat actuariel sur régimes de retraite à prestations définies
Impôts sur les éléments portés ou transférés en capitaux propres
Total des éléments qui ne seront pas reclassés ultérieurement
en résultat net
Total des autres éléments du résultat global de l’exercice
Résultat global de l’exercice
Résultat global attribuable à :
Actionnaires de la société mère
Intérêts minoritaires

Remarque
Il y a lieu de ne pas confondre, en normes IFRS, l’état du résultat global (statement
of comprehensive income) qui comprend tous les éléments de résultat (y compris
ceux imputés directement) en capitaux propres et le compte de résultat
proprement dit ou compte de profits et pertes1 (separate income statement or
statement of profit and loss for the period). n

d’état du résultat net et des autres éléments


du résultat global IFRS

Les informations présentées ci-après sont extraites du document de référence


2015 de Danone p. 72-73. Elles concernent le compte de résultat consolidé et
l’état du résultat global consolidé (deux documents séparés). L’état de situation
financière (bilan) consolidé a été présenté ci-dessus (§ 2.5).
On peut retrouver le document de référence sur le site Internet de l’entreprise :
http://www.danone.com

1  C’était le terme utilisé par le PCG avant la révision de 1982.

112
Résultat consolidé et résultat par action

(en millions d’euros) Notes 2014 2015


Chiffre d’affaires net 5.1 à 5.2 21 144 22 412
Coût des produits vendus (11 056) (11 212)
Frais sur vente (5 209) (5 677)
Frais généraux (1 743) (1 944)
Frais de recherche et de développement (272) (307)
Autres produits et charges 5.3 (202) (380)
Résultat opérationnel courant 2 662 2 892
Autres produits et charges exceptionnels 6 (511) (682)
Résultat opérationnel 2 151 2 210
Produits de trésorerie et d’équivalents 94 122
de trésorerie
Coût de l’endettement financier brut (274) (274)
Coût de l’endettement financier net 10.6 (179) (152)
Autres produits financiers 11.3 5 1
Autres charges financiers 11.3 (137) (134)
Résultat avant impôts 1 839 1 925
Impôts sur les bénéfices 8.1 (599) (626)
Résultat des sociétés intégrées 1 239 1 299
Résultat des sociétés mises en équivalence 4.8 14 99
Résultat net 1 253 1 398
–  Part du groupe 1 119 1 282
–  Part des intérêts ne conférant pas le 134 115
contrôle
Résultat net – Part du groupe par action 13.4 1,88 2,10
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

Résultat net – Part du groupe par action 1,88 2,10


dilué

État du résultat global consolidé

(en millions d’euros) 2014 2015


Résultat net – Part du groupe 1 119 1 282
Écart de conversion 177 67
Instruments dérivés de couverture de flux de trésorerie
Gains et pertes latents bruts (120) 121
Effets d’impôts 5 (13)
Actifs financiers disponibles à la vente
Gains et pertes latents bruts (71) (10) »
113
3.  La présentation des états financiers


» (en millions d’euros) 2014 2015


Montant recyclé en résultat sur l’exercice en cours –  – 
Effets d’impôt (1) 8
Autres gains et pertes, nets d’impôts 3 – 
Éléments recyclables ultérieurement en résultat (7) 173
Écarts actuariels sur engagements de retraite
Gains et pertes bruts (203) 58
Effets d’impôts 64 (19)
Éléments non recyclables ultérieurement en résultat (138) 40
Résultat global – Part du groupe 973 1 495
Résultat global – Part des intérêts ne conférant pas 77 91
le contrôle
RÉSULTAT GLOBAL 1 051 1 586

4. L’état de flux de trésorerie


Appelé également tableau de flux de trésorerie, tableau de variation de
trésorerie, tableau d’emplois ressources ou encore tableau de finance-
ment, il permet d’améliorer la compréhension de l’exploitation et de
l’activité de l’entité pendant l’exercice considéré.
En mars 1976, l’IASC avait approuvé une norme IAS 7 portant sur le
tableau de financement, applicable à compter du 1er janvier 1979. Cette
norme très générale n’imposait aucun schéma aux utilisateurs. Elle
précisait simplement que le tableau de financement devait faire partie
intégrante des états financiers et devait être présenté au titre de chaque
exercice pour lequel est fourni le compte de résultat.
Début 1993, l’IASC a révisé cette norme. Celle-ci prévoit de présen-
ter les rentrées et sorties de trésorerie au cours de la période. Le modèle
d’analyse de la variation de fonds de roulement n’est plus autorisé.
L’IAS  7 prévoit de classer les opérations de flux de trésorerie entre les
opérations d’exploitation, d’investissement et de financement.
Les opérations d’exploitation ou activités opérationnelles (operating
activities) recouvrent les principales opérations de l’entité produisant des
revenus ainsi que les autres opérations qu’on ne peut qualifier d’opéra-
tions d’investissement ou de financement.
Les opérations d’investissement ou activités d’investissement (inves-
ting activities) comprennent les acquisitions et les cessions d’actifs à long
terme ainsi que les autres investissements qui ne sont pas inclus dans les
équivalents de liquidités.

114
Les opérations de financement ou activités de financement (finan-
cing activities) résultent de la variation des capitaux propres et de l’en-
dettement de l’entité.
IAS 7 invite les entités présenter les flux de trésorerie liés aux activi-
tés d’exploitation, en utilisant :
–– soit la méthode directe, suivant laquelle les principales catégories
d’entrées et de sorties de trésorerie brutes sont présentées ;
–– soit la méthode indirecte, suivant laquelle le résultat net est ajusté des
effets des transactions sans effet de trésorerie, de tout décalage ou régu-
larisation d’entrées ou de sorties de trésorerie opérationnelle passées ou
futures liés à l’exploitation et des éléments de produits ou de charges liés
aux flux de trésorerie concernant les investissements ou le financement.
Quoique IAS 7 encourage les entités à présenter les informations des
flux de trésorerie des activités d’exploitation en utilisant la méthode
directe, nous avons constaté que la totalité des entreprises du CAC 40
utilisaient la méthode indirecte, plus simple à appliquer.

Modèle d’état de flux de trésorerie (méthode directe) (selon l’annexe IAS 7)

Flux de trésorerie provenant des activités opérationnelles


Encaissements reçus des clients
– Sommes versées aux fournisseurs et au personnel
= Flux de trésorerie provenant des activités opérationnelles
– Intérêts payés
– Impôts sur le résultat payés
Flux net de trésorerie provenant des activités opérationnelles
Flux de trésorerie provenant des activités d’investissement
– Acquisition filiale sous déduction trésorerie acquise
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– Acquisition d’immobilisations
+ Cessions d’immobilisations
+ Produits financiers reçus
Flux net de trésorerie provenant des activités d’investissement
Flux de trésorerie provenant des activités de financement
+ Augmentation de capital
+ Encaissements provenant d’emprunts à long terme ou de contrats
de location
– Remboursements provenant d’emprunts à long terme
ou de contrats de location
Dividendes versés
Flux net de trésorerie provenant des activités de financement
Variation nette de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à l’ouverture de l’exercice
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à la clôture de l’exercice

115
3.  La présentation des états financiers


Modèle d’état de flux de trésorerie (méthode indirecte)

Flux de trésorerie provenant des activités opérationnelles


Résultat des activités ordinaires avant impôt
+ Ajustement pour amortissements et provisions
+ Charges financières
– Produits financiers
± Résultat de change
± Variation besoin de fonds de roulement opérationnel
– Intérêts (sur activités opérationnelles) payés
– Impôt sur le résultat payé
Flux net de trésorerie provenant des activités opérationnelles
Flux de trésorerie provenant des activités d’investissement
– Acquisition filiale sous déduction trésorerie acquise
– Acquisition d’immobilisations
+ Cessions d’immobilisations
+ Produits financiers reçus
Flux net de trésorerie provenant des activités d’investissement
Flux de trésorerie provenant des activités de financement
+ Augmentation de capital
+ Encaissements provenant d’emprunts à long terme
ou de contrats de location
– Remboursements provenant d’emprunts à long terme
ou de contrats de location
Dividendes versés
Flux net de trésorerie provenant des activités de financement
Variation nette de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à l’ouverture de l’exercice
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à la clôture de l’exercice

L’entreprise doit indiquer le montant des soldes importants de tréso-


rerie et d’équivalents de trésorerie détenus par l’entité et non disponibles
pour le groupe et l’accompagner d’un commentaire de la direction.

d’état de flux de trésorerie (tableau de financement) IFRS

Les informations présentées ci-après sont extraites du document de référence


2015 de Danone p. 76. Elles concernent le tableau de flux de trésorerie conso-
lidé
L’état de situation financière (bilan), le résultat consolidé et l’état de résultat
global consolidé ont été présentés ci-dessus (§ 2.5, et § 3.3).
On peut retrouver le document de référence sur le site Internet de l’entreprise :
http://www.danone.com

116
Tableau de variation des flux de trésorerie consolidé

En millions d’euros Notes 2014 2015


Résultat net 1 253 1 398
Résultat des sociétés mises en équivalence 4.8 4 (58)
net des dividendes reçus
Amortissements et dépréciations des actifs 5.5, 9.2, 956 1 217
corporels et incorporels 9.3
Dotations (reprises) des provisions 14.2 43 148
Variation des impôts différés 8.2 (94) (179)
Plus ou moins-values de cession des actifs (8) 29
industriels et financiers
Charges liées aux actions sous conditions 7.4 19 27
de performance et aux stocks options
Coût de l’endettement net financier 10.6 179 152
Intérêts décaissés nets (212) (182)
Variation nette des intérêts financiers (33) (30)
Autres éléments sans impact sur 19 1
la trésorerie
Autres décaissements nets (6) – 
Marge brute d’autofinancement 2 154 2 552
Variation des stocks (105) (66)
Variation des créances clients (96) (418)
Variation des dettes fournisseurs 184 174
Variation des autres comptes débiteurs 52 128
et créditeurs
Variation des éléments du besoin en fonds 5.4 35 (182)
de roulement
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Trésorerie provenant de l’exploitation 2 189 2 369


Investissements industriels 5.5 (984) (937)
Cessions d’actifs industriels 5.5 67 31
Acquisition d’actifs financiers 4.4 (1 070) (596)
Cessions d’actifs financiers 34 2
Variation nette des prêts et autres valeurs (14) (19)
immobilisées
Trésorerie provenant des opérations (1 966) (1 519)
d’investissement / désinvestissement
Augmentation du capital et des primes 33 39
Acquisition d’actions propres (nettes 13.2 13 198
de cession) et calls Danone »

117
3.  La présentation des états financiers


» En millions d’euros Notes 2014 2015


Dividendes versés aux actionnaires 13.5 (307) (314)
de Danone
Rachat d’intérêts ne conférant pas 3.1 à 3.6 (363) (1 929)
le contrôle
Versement de dividende (110) (97)
Contribution des intérêts ne conférant pas 1 (3)
le contrôle aux augmentations de capital
Transactions avec les détenteurs d’intérêts (471) (2 029)
ne conférant pas le contrôle
Flux nets d’instruments dérivés 12.4, 12.5 (4) 22
Financements obligataires émis au cours 10.3 150 2 049
de l’exercice
Financements obligataires remboursés 10.3 (618) (603)
au cours de l’exercice
Variation nette des dettes financières 10.3 312 (101)
courantes et non courantes
Variation des placements à court terme 10.4 535 (242)
Trésorerie affectée aux opérations (357) (982)
de financement
Incidence des variations de taux 45 (228)
de change et autres
Variation globale de la trésorerie (89) (361)
Disponibilités au 1  janvier
er
969 880
Disponibilités au 31 décembre 880 519
Informations complémentaires
Flux de trésorerie liés au paiement d’impôt (601) (804)
sur les bénéfices

5. L’état des variations de capitaux


propres
L’état de variation des capitaux propres d’une entité entre deux dates
de clôture préscrite des informations sur tous les changements dans les
capitaux propres pour la période considérée.
Selon IAS 1, l’entité doit présenter un état présentant :
a) le résultat global de l’exercice, en séparant le résultat attribuable
aux actionnaires de la société mère de ceux attribuables aux intérêts ne
donnant pas le contrôle (intérêts minoritaires) ;

118
b) pour chaque composant de capitaux propres, l’effet des change-
ments de méthodes comptables et corrections d’erreurs comptabilisés
en accord avec IAS 8 (voir ci-après chapitre 18) ;
c) pour chaque composante de capitaux propres un rapprochement
entre la valeur comptable en début et en fin d’exercice portant sur :
–– le résultat net (profit ou perte) de la période ;
–– chaque rubrique des autres éléments du résultat global ;
–– les transactions sur le capital avec les propriétaires et les distributions
aux propriétaires.
Pour chaque composante des capitaux propres, l’entité doit pré-
senter, soit dans l’état des variations des capitaux propres, soit dans
les notes, une analyse des autres éléments du résultat global, élément
par élément. Elle doit aussi indiquer, soit dans l’état des variations
des capitaux propres, soit dans les notes, le montant des dividendes
comptabilisés au titre des distributions aux propriétaires au cours de
la période, ainsi que le montant correspondant des dividendes par
action.

Modèle d’État des variations des capitaux propres


(sur un an avec changement de méthode)
Autres résultats enregistrés
en capitaux propres
Primes et bénéfices

Capitaux propres

Capitaux propres
Part du groupe
non distribués

de conversion

minoritaires
Intérêts
Capital

totaux
Écarts
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

Bilan au 31.12 N–1


Effets des changements
de méthode
Bilan corrigé
Changements capitaux
propres en N
Profits sur réévaluations
immobilisations
Titres disponibles à la vente :
gains et pertes portés en
capitaux propres »
119
3.  La présentation des états financiers


Autres résultats enregistrés


en capitaux propres
Primes et bénéfices

Capitaux propres

Capitaux propres
Part du groupe
non distribués

de conversion

minoritaires
Intérêts
Capital

totaux
Écarts
Couverture de flux de
trésorerie : gains et pertes
portés en capitaux propres
Différences de change
liées aux conversions
Autres (à détailler)
Impôts sur éléments portés ou
transférés en capitaux propres
Résultat net comptabilisé
en capitaux propres
Résultat de la période
Résultat global de la période
Augmentation de capital
Dividendes
Bilan au 31.12.N

de tableau de tableau des variations des capitaux


propres IFRS

Les informations présentées ci-après sont extraites du document de référence


2015 de Danone p.  78. Elles concernent le tableau de variation des capitaux
propres consolidés.
L’état des situations financier, le résultat consolidé, l’état de résultat global
consolidé et le tableau de flux de trésorerie consolidés ont été présentés ci-des-
sus (§ 2.5, § 3.3 et § 4).
On peut retrouver le document de référence sur le site Internet de l’entreprise :
http://www.danone.com

120
» Tableau de variation des capitaux propres consolidés
1

­ ctions sous conditions de performance


Contre partie des charges relatives aux

Autres transactions avec les intérêts ne


Autres opérations sur actions propres

Dividendes versés en numéraire


Dividendes versés en actions
Éléments du résultat global

conférant pas le contrôle


Augmentation du capital

Au 31 décembre 2015
Au 1er janvier 2015

Autres éléments
En millions
d’euros

a
Capital 161 3 164
Primes 3 505 39 588 4 132
Bénéfices 11 817 1 282 21 27 (591) (317) (457) (328) 11 454
accumulés
Écarts de (1 501) 67 (1) 259 (1 177)
conversion
Gains et pertes (109) 108 21 21
relatifs aux
instruments
dérivés de
couverture,
nets d’impôts
Gains et pertes 45 (2) (1) (1) 42
sur actifs
financiers
disponibles
à la vente nets
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d’impôts
Ecarts (363) 40 (323)
actuariels sur
engagements
de retraite, non
recyclables en
résultat, nets
d’impôt
Autres (427) 146 (1) 21 (261)
résultats
enregistrés
en capitaux
propres »
1  Des références aux notes sont aussi fournies. Un tableau semblable est donné pour 2014 p. 77 du
document de référence.

121
3.  La présentation des états financiers


­ ctions sous conditions de performance


Contre partie des charges relatives aux

Autres transactions avec les intérêts ne


Autres opérations sur actions propres

Dividendes versés en numéraire


Dividendes versés en actions
Éléments du résultat global

conférant pas le contrôle


Augmentation du capital

Au 31 décembre 2015
Au 1er janvier 2015

Autres éléments
En millions
d’euros

a
Actions (1 859) 157 (5) (1 707)
propres et
calls Danone
Capitaux 11 496 1495 39 178 27 (317) (464) (48) 12 606
propres- Part
du groupe
Intérêts ne 49 91 (95) (2) 20 63
conférant pas
le contrôle
Capitaux 11 745 1 586 39 178 27 (411) (466) (28) 12 669
propres
consolidés

6. Les notes annexes aux états financiers


Les notes annexes (appelées simplement « notes » par IAS 1) contiennent
des informations complémentaires à celles qui sont présentées dans
l’état de la situation financière, le ou les états du résultat net et des
autres éléments du résultat global, l’état des flux de trésorerie, l’état des
variations de capitaux propres.
Elles doivent notamment :
–– présenter des informations sur la base d’établissement des états finan-
ciers et sur les méthodes comptables spécifiques utilisées ;
–– fournir l’information requise par les IFRS qui n’est pas présentée ail-
leurs dans les états financiers ;
–– fournir des informations qui ne sont pas présentées ailleurs dans les
états financiers, mais qui sont pertinentes pour les comprendre.

122
Dans la mesure du possible, l’entité doit présenter les notes de
manière organisée. Lorsqu’elle définit cette manière organisée, l’entité
doit en examiner l’effet sur l’intelligibilité et la comparabilité de ses
états financiers. L’entité doit insérer, pour chaque élément des états de
situation financière et du ou des états du résultat net et des autres élé-
ments du résultat global, ainsi que de l’état des variations des capitaux
propres et de l’état des variations des flux de trésorerie, une référence
croisée vers l’information liée figurant dans les notes.
L’entité présente normalement les notes dans l’ordre suivant, pour
aider les utilisateurs à comprendre les états financiers et à les comparer
à ceux d’autres entités :
–– déclaration de conformité aux IFRS ;
–– résumé des principales méthodes comptables appliquées ;
–– informations supplémentaires pour les éléments présentés dans l’état
de situation financière et dans l’état du résultat global, dans l’état du
résultat global séparé (s’il est présenté), ainsi que dans l’état des varia-
tions des capitaux propres et dans l’état des variations des flux de tré-
sorerie, dans l’ordre dans lequel apparaît chacun des états financiers
et chacun des postes ;
–– autres informations dont les passifs éventuels et les engagements
contractuels non comptabilisés et des informations non financières,
par exemple les objectifs et les méthodes de l’entité en matière de
gestion des risques financiers.

6.1. Informations à fournir sur les méthodes


comptables
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La section sur les méthodes comptables dans les notes annexes aux états
financiers doit décrire :
a) la base (les bases) d’évaluation utilisé(s) pour l’établissement des
états financiers (coût historique, coût actuel, valeur nette de réalisation,
juste valeur ou valeur recourable) ;
b)  les autres méthodes comptables utilisées qui sont nécessaires à
une bonne compréhension des états financiers.
L’entité doit également fournir, en plus de ses méthodes comptables
significatives, les jugements réalisés par la direction qui ont un impact
significatif sur les montants comptabilisés dans les états financiers.

123
3.  La présentation des états financiers


6.2. Autres informations à fournir


Une entité doit également fournir dans ses notes annexes :
–– le montant des dividendes proposés pour l’exercice présenté et
des dividendes à payer au titre des précédentes distributions et qui
n’ont pas encore été versés, ainsi que le montant par action corres-
pondant ;
–– le montant des dividendes prioritaires qui restent à imputer.
Une entité doit enfin indiquer l’information suivante, sauf si cette
information est déjà communiquée par ailleurs :
a) l’adresse et la forme juridique de l’entreprise, le pays dans lequel
elle a été enregistrée et l’adresse de son siège social (oui de son établisse-
ment principal s’il est différent) ;
b)  une description de la nature des opérations de l’entité et de ses
principales activités ;
c) le nom de la société mère et celui de la société tête de groupe ;
d) s’il s’agit d’une entité à durée de vie limitée, les informations
concernant sa durée de vie.
Une entité doit également fournir un certain nombre d’informations
sur les abandons d’activité et sur les actifs non courants destinés à être
cédés (voir chapitre 11, § 4).

124
de notes annexes IFRS

Les informations présentées ci-après sont extraites du document de référence


2015 de Danone p.  85 et s. Elles concernent les notes annexes aux comptes
consolidés.
L’état de situation financière (bilan), le résultat consolidé, l’état de résultat glo-
bal consolidé, le tableau de flux de trésorerie consolidé et le tableau de tableau
de variation des capitaux propres consolidé ont été présentés ci-dessus (§ 2.5,
§ 3.3, § 4 et § 5).
On peut retrouver le document de référence sur le site Internet de l’entreprise :
http://www.danone.com
NOTES ANNEXES
Note 1. Principes comptables
Note 2. Sociétés consolidées par intégration globale
Note 3. Détenteurs d’intérêts ne conférant pas le contrôle et dettes relatives
Note 4. Sociétés mis en équivalence
Note 5. Eléments courants de l’activité opérationnelle
Note 6. Eléments et évènements non courants de l’activité opérationnelle
Note 7. Effectifs, charges et avantages au personnel
Note 8. Impôts
Note 9. Actifs incorporels
Note 10. Financements et sécurité financière, dette nette et coût de l’endette-
ment net
Note 11. Autres actifs financiers, autres produits et charges financiers
Note 12. Organisation de la gestion des risques financiers et instruments dérivés
Note 13. Actions Danone, dividende, résultat par action
Note 14. Autres provisions et passifs non courants et procédures judiciaires et
d’arbitrage
Note 15. Transactions avec les parties liées
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Note 16. Evénements postérieurs à la clôture


Note 17. Principales sociétés du groupe au 31 décembre 2015
Chaque note est ensuite décomposée : ainsi la note 5 s’analyse comme suit :
Note 5.1. Principes comptables
Note 5.2. Secteurs opérationnels
Note 5.3. Autres éléments courants du résultat opérationnel
Note 5.4. Besoins en fond de roulement
Note 5.5. Actifs corporels et investissements industriels
Note 5.6. Engagements hors bilans relatifs à l’activité opérationnelle
Note 5.7. Risques financiers liés à l’activité opérationnelle

125
3.  La présentation des états financiers


Test de connaissances
Test de connaissances

Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).

Q1.  Indiquer quelle information concerne obligatoirement l’établissement


de l’état de la situation financière selon IAS 1 ?
a) une entité doit présenter l’état de la situation financière séparément ses actifs
courants et non courants et ses passifs courants et non courants ;
b) l’état de la situation financière doit comporter des postes spécifiques relatifs
aux actifs d’impôt et aux passifs d’impôt ;
c) l’état de la situation financière doit distinguer la nature et l’objet de chacune
des réserves figurant dans les capitaux propres.

Q2. Dans quelle rubrique de l’état de situation financière doivent figurer les
immeubles de placement ?
a) les actifs courants ;
b) les actifs non courants ;
c) les actifs appelés à être cédés.

Q3. Quelle information ne doit pas être présentée dans un état du résultat


net et des autres éléments du résultat global établi selon la norme IAS 1 ?
a) la charge d’impôt ;
b) le résultat relatif aux activités abandonnées ;
c) le résultat extraordinaire.

Q4. Quelle ligne ne doit pas figurer dans la section « autres  éléments du
résultat global » de l’état du résultat net et des autres éléments du résultat
global ?
a) les différences de change liées aux conversions des états financiers des activités
à l’étranger ;
b) les profits sur réévaluations des immobilisations corporelles et incorporelles ;
c) les profits sur cessions des immobilisations corporelles et incorporelles.

Q5. Dans la section « autres éléments du résultat global » de l’état du résultat


net et des autres éléments du résultat global, comment doivent être répartis
les différents postes ?
a) en indiquant les montants bruts avant effets d’impôt liés et en présentant par
ailleurs le montant total d’impôt relatif à ces éléments ; »

126
» b) epasntrele ceux attribuables aux intérêts minoritaires (participations ne donnant
contrôle) et ceux attribuables aux porteurs de capitaux propres de la
société mère ;
c) entre ceux qui ne seront pas reclassés ultérieurement en résultat net et ceux
qui seront reclassés ultérieurement en résultat net lorsque certaines conditions
seront remplies.

Q6. Quelle rubrique doit figurer dans l’état de flux de trésorerie de l’IASB,
établi selon la méthode directe ?
a) les sommes versés aux fournisseurs et au personnel ;
b) le résultat des activités ordinaires après impôt ;
c) la variation du fonds de roulement opérationnel.

Q7.  Quelle information ne doit pas être fournie dans l’état de flux de
trésorerie de l’IASB ?
a) la variation du fonds de roulement net global ;
b) le flux net de trésorerie provenant des activités d’investissement ;
c) les encaissements reçus des clients.

Q8. Dans les notes annexes de l’IASB, quelle information ne doit pas être
obligatoirement fournie ?
a) le nom de la société mère et celui de la société tête de groupe ;
b) les bases d’évaluation utilisées pour l’établissement des états financiers ;
c) le montant des dividendes proposés par l’assemblée qui statuera sur les états
financiers présentés.

Q9. Dans le bilan de la société Danone (§ 2.5) que représente la rubrique


« Titres mis en équivalence » ?
a) l’ensemble des titres de participation de la société Danone à leur coût d’acqui-
sition ;
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b) l’ensemble des titres de participation de la société Danone à leur juste valeur ;


c) la valeur d’équivalence des titres de participation des sociétés dans laquelle la
société Danone a une influence notable.

Q10. Dans le bilan de la société Danone (§ 2.5), les passifs sont répartis en


passifs courants et en passifs non courants. Dans quel cas un passif doit-il
être classé comme non courant ?
a) s’il est attendu que le passif soit réglé dans le cadre du cycle d’exploitation
normal de l’entreprise ;
b) si le passif doit être réglé dans les douze mois après la date de clôture de
l’exercice ;
c) s’il s’agit d’obligations remboursables au cours du prochain cycle d’exploita-
tion mais qui sont refinancées à la discrétion de l’entreprise.
Corrigés et commentaires p. 562

127
Chapitre 4

La consolidation

C
’est en 1904 qu’ont eu lieu aux États-Unis les premiers débats
sur les comptes consolidés dont les premiers avaient été établis
en 1892 par la société National Lead. Au Royaume-Uni, il fallut
attendre 1922 pour que l’attention des milieux professionnels soit atti-
rée par la pratique de la consolidation et 1948 pour que le « Companies
act » rende les comptes consolidés obligatoires. En France, un congrès de
la Compagnie nationale des experts-comptables s’intéressa au sujet en
1954 mais c’est le décret du 23 mars 1967 sur les sociétés commerciales
qui donna la possibilité d’annexer des comptes consolidés aux comptes
individuels. L’obligation d’établissement des comptes consolidés a été
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introduite par la loi 85-11 du 3  janvier 1985 applicable à compter du


1er janvier 1990.

1. La consolidation selon les normes IFRS


En 1976, l’IASC avait adopté sa troisième norme (IAS 3) portant sur les
états financiers consolidés, norme applicable à compter du janvier 1977.
Compte tenu de l’évolution des structures, cette norme a été remplacée
en 1989 par la norme IAS 27 « États financiers consolidés et comptabi-
lisation des participations dans les filiales » devenues en 2003 « États
financiers consolidés et individuels » accompagnée des normes IAS 28
« Comptabilisation des participations dans les entreprises ­ associées »

129
4.  La consolidation


devenue en 2003 « Participations dans des entités associées » et IAS 31


« Information financière relative aux participations dans les co-entre-
prises » devenue en 2003 « Participations dans les coentreprises » trai-
tant toutes deux de la comptabilité des participations. En mai  2011,
l’IASB a publié trois nouvelles normes relatives à l’établissement des
comptes consolidés, les normes IFRS 10 « États financiers consolidés »
(Consolidated financial statements), IFRS 11 « Partenariats » (Joint arran-
gements), et IFRS 12 « Informations à fournir sur les intérêts détenus
par d’autres entités » (Disclosure of involvement with other entities). Les
normes anciennes IAS 27 et 28 ont été largement amendées devenant
IAS 27 « États financiers individuels » (Separate financial statements) et
IAS 28 « Participations dans des entités associées et des coentreprises »
(Investments in associates and joint ventures). La norme IAS 31 a été abro-
gée. Cet ensemble s’applique pour les exercices ouverts à compter du
1er janvier 2013, une application anticipée étant autorisée.
À côté de ces normes, il y a également lieu d’analyser la norme IAS 24
« Informations relatives aux parties liées ».

2. Les états financiers consolidés


La norme IFRS 10 doit être appliquée à la préparation et à la présentation
des états financiers consolidés d’un groupe d’entités contrôlées par une
société mère. Elle fournit dans son annexe A un certain nombre de défi-
nitions comme celles de contrôle, de filiale, de groupe, d’états financiers
consolidés, et d’intérêts non assortis de contrôle (intérêts minoritaires).
Le contrôle (au sens de la norme) est ainsi défini : « un investisseur
contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il est
exposé ou qu’il a droit à des rendements variables en raison de ses liens
avec l’entité faisant l’objet d’un investissement et qu’il a la capacité d’in-
fluer sur ces rendements du fait du pouvoir qu’il détient sur celle-ci ».
Une société mère (ou mère) est une entité qui contrôle une ou plu-
sieurs autres entités.
Une filiale est une entité contrôlée par une autre entité (appelée la
mère).
Un groupe est un ensemble composé d’une société mère et de ses
filiales.
Les états financiers consolidés d’un groupe représentent les actifs,
passifs, capitaux propres, produits, charges et flux de trésorerie de la

130
société mère et ses filiales, présentés comme ceux d’une entité écono-
mique unique.
Les intérêts non assortis de contrôle ou participations ne donnant
pas le contrôle (appelés « intérêts minoritaires » avant la révision de la
norme IAS 27 en janvier  2008) sont les capitaux propres d’une filiale
qui ne sont pas attribuables, directement ou indirectement à la société
mère.

2.1. Présentation des états financiers consolidés


Une mère se doit de présenter des états financiers consolidés comme
ceux d’une entité unique. Toutefois, une société mère n’est pas tenue de
présenter des états financiers consolidés si :
–– la société mère est elle-même une filiale détenue totalement ou par-
tiellement par une autre entité et ses autres propriétaires, y compris
ceux qui n’ont, par ailleurs, pas le droit de voter, ont été informés de
la non-préparation d’états financiers consolidés par la société mère et
ne s’y opposent pas ;
–– les instruments de dette ou de capitaux propres de la société mère ne
sont pas négociés sur un marché public (une bourse des valeurs natio-
nale ou étrangère ou un marché de gré à gré, y compris des marchés
locaux et régionaux) ;
–– la société mère n’a pas déposé, et n’est pas sur le point de déposer ses
états financiers auprès d’un comité des valeurs mobilières ou de tout
autre organisme de réglementation, aux fins d’émettre une catégorie
d’instruments sur un marché public ;
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–– la société mère ultime ou une société mère intermédiaire présente des


états financiers consolidés, disponibles en vue d’un usage public, qui
sont conformes aux IFRS.
D’autre part, il ne faut pas intégrer aux états financiers consolidés les
régimes d’avantages postérieurs à l’emploi ou d’autres avantages à long
terme pour lesquels s’applique la norme IAS 19 « Avantages du person-
nel » (voir chapitre 13 § 5.4).

La société Alpha détient 90 % du capital et des droits de vote de la société Bêta
laquelle détient 70 % du capital et des droits de vote de la société Gamma. La
société Alpha est une société mère, ses filiales sont Bêta et Gamma et elle doit

131
4.  La consolidation


présenter des états financiers consolidés. La société Bêta est aussi une société
mère et sa filiale est Gamma et elle doit aussi présenter des états financiers
consolidés. La société Bêta peut se dispenser d’établir des comptes consolidés
(elle est détenue quasi totalement par Alpha) si elle n’est pas cotée en bourse,
si la société Alpha publie des comptes consolidés conformes aux normes inter-
nationales et si elle obtient l’unanimité des détenteurs d’intérêts minoritaires
(soit les détenteurs de 10 % du capital de Bêta). Elle devra indiquer également
comment elle a évalué ses titres Gamma dans son bilan (soit au coût, soit à la
juste valeur selon IAS 39 ou IFRS 9).
Il est évident que si les intérêts minoritaires de Bêta sont substantiels (par
exemple 30 % ou 40 % du capital), on ne pourra certainement plus obtenir
l’unanimité des intérêts minoritaires et la dispense d’établissement des états
financiers consolidés n’est plus possible.

2.2. Périmètre des états financiers consolidés


Déterminer le périmètre des états financiers consolidés, c’est, dans un
groupe, déterminer les sociétés qui sont consolidables et celles qui ne le
sont pas.
Les états financiers doivent intégrer la mère et toutes les filiales que
la société mère contrôle.

2.2.1. Principes applicables
Dans l’application de la norme IFRS  10, le concept de « contrôle »
l’emporte sur le concept de « propriété ». On peut, en effet, concevoir
qu’il faille consolider une « filiale », même si la mère n’est propriétaire
d’aucune part, parce qu’elle est contrôlée par la mère, alors qu’il ne faut
pas consolider une autre « filiale » dont la mère est propriétaire de la
majorité des parts lorsqu’elle n’exerce aucun contrôle. Dans IFRS 10,
pour entraîner la consolidation, le contrôle doit porter sur les « activités
pertinentes » de l’entité considérée.
Ceci peut s’expliquer par l’application, dans les normes IFRS, du prin-
cipe de prééminence de la substance sur la forme (voir chapitre 2, § 4.1).

➢➢Contrôle
Le contrôle (défini par IFRS 10 annexe A – voir ci-dessus § 2) comporte
trois critères nécessaires caractérisant les liens entre l’entité détentrice
présentant ses comptes consolidés et l’entité détenue susceptible d’être
incluse dans le périmètre de consolidation. Ces trois critères sont le pou-
voir, l’exposition à la variabilité des rendements de l’entité détenue et

132
la capacité d’utiliser le pouvoir pour influencer le montant des rende-
ments (lien entre le pouvoir et les rendements) :
–– pouvoir de diriger les activités de l’entité détenue. Ce pouvoir
existe lorsque l’investisseur a des droits qui lui donnent la capacité de
diriger les activités qui affectent la rentabilité de la société émettrice
(activités dites « pertinentes »). Parfois, cette évaluation du pouvoir
est simple, lorsque le pouvoir sur une entité détenue est obtenu direc-
tement et exclusivement à partir des droits de vote accordés par des
instruments de capitaux propres. Dans d’autres cas, l’évaluation est
plus complexe, nécessitant un certain nombre de facteurs à considé-
rer, par exemple lorsque le pouvoir est lié à une ou plusieurs disposi-
tions contractuelles (cas d’entités ad hoc)1 ;
–– capacité à générer un rendement variable pour lui-même. Le
rendement pour l’investisseur doit pouvoir varier en fonction de la
performance de l’entité détenue et peut être positif ou négatif : sont
considérés comme des formes de rendement (IFRS 10 § 10 B 57) des
dividendes ou autres formes de distribution d’avantages économiques,
une modification de la valeur de l’investissement, un rendement indi-
rect tel que synergies des activités et économies d’échelle ;
–– capacité, pour l’investisseur, d’utiliser son pouvoir sur l’entité
détenue pour influer sur le rendement de celle-ci. Il ne suffit pas
que l’investisseur ait le pouvoir ou qu’il ait des droits sur les rende-
ments variables, il faut encore qu’il ait la capacité d’utiliser son pou-
voir sur l’entité détenue pour affecter les rendements qu’il en retire.

➢➢Pouvoir
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Le pouvoir est défini dans la norme (IFRS 10 Annexe A) comme « les


droits effectifs qui donnent la capacité actuelle de diriger les activités
pertinentes ». Il peut être conféré par les droits de vote ou résulter de
circonstances où les droits de vote ne sont pas déterminants. Le pouvoir
par les droits de vote n’implique pas que la majorité absolue de ceux-
ci soit détenue. Une majorité relative est suffisante dans de nombreux
cas de figure, par exemple lorsque les autres actionnaires sont très dis-
persés et qu’il est peu vraisemblable qu’ils se coalisent pour prendre

1  Une entité ad hoc est une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une opéra-
tion ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une entreprise. L’entité ad hoc est struc-
turée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exercée que pour le compte de cette
entreprise, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens, de services ou de capitaux. Il n’est pas
nécessaire que le capital de l’entité ad hoc soit la propriété de l’entreprise qui en exerce le contrôle.

133
4.  La consolidation


le pouvoir. En outre les droits de vote potentiels sont pris en compte


à condition qu’ils soient exerçables et substantifs. En effet, une entité
peut posséder des bons de souscription d’actions, des options d’achat
d’actions, des instruments d’emprunt ou de capitaux propres conver-
tibles en actions ordinaires ou autres instruments analogues qui, s’ils
sont exercés ou convertis, ont la faculté de donner à l’entité un pouvoir
de vote ou de restreindre le pouvoir de vote d’un tiers. Le pouvoir peut
aussi être obtenu par des moyens autres que les droits de vote, en par-
ticulier lorsque ceux-ci ne s’exercent pas sur les activités pertinentes. Il
en est ainsi lorsque l’entité exerçant le pouvoir a le droit de nommer ou
de révoquer les principaux dirigeants et dans nombre d’entités ad hoc.
La notion d’« activité pertinente » remplace le critère d’IAS 27 à
savoir « les politiques financières et opérationnelles de l’entité ». Elle est
ainsi définie par IFRS 10 (annexe A) : « aux fins de la présente norme,
les activités pertinentes sont des activités faisant l’objet d’un investisse-
ment qui ont une incidence importante sur ses rendements ».
Le pouvoir doit aussi permettre d’agir sur le montant des rendements
(le terme « rendements » s’entendant de façon large et ne limitant pas
aux dividendes ou autres rémunérations monétaires perçues par le déten-
teur du pouvoir). Un rendement peut être positif ou négatif. Il faut que
le pouvoir puisse être utilisé pour influer sur le montant des rendements.
Une entité n’a pas le contrôle lorsque tout en ayant le pouvoir, elle
n’a aucune influence sur les rendements qui lui reviennent. c’est le cas,
par exemple, d’un mandataire qui agit pour le compte d’une autre partie
et qui est un simple agent de cette autre partie.

2.2.2. Application des principes


•  Le contrôle est présumé exister si un investisseur détient, directement
ou indirectement par l’intermédiaire de ses filiales plus de la moitié
des droits de vote, y compris les droits de vote potentiels (sauf si dans
des circonstances exceptionnelles, il peut être démontré que cette
détention ne permet pas le contrôle) et détient le pouvoir dans les
conditions suivantes :
–– les activités de l’entité sont dirigées par un vote du détenteur de la
majorité des droits de vote ;
–– la majorité des membres du conseil d’administration qui dirige les
activités de l’entité est nommée par un vote du titulaire de la majorité
des droits de vote.

134
Toutefois, lorsque les droits de vote sont relatifs uniquement à des
tâches administratives, alors que les activités significatives font l’objet
d’autres arrangements contractuels, les droits de vote ne sont pas un
facteur décisif pour établir le contrôle ; il convient alors d’examiner
d’autres facteurs et leur combinaison.
•  Un investisseur pourrait avoir plus de la moitié des droits de vote
dans une autre entité sans avoir le pouvoir de diriger les activités de
cette entité. Ce peut être le cas lorsque des dispositions légales ou les
documents constitutifs de l’autre entité ou encore d’autres accords
contractuels limitent le pouvoir de l’investisseur à un point tel qu’elle
ne peut pas diriger les activités de l’autre entité, ou lorsqu’une autre
partie a ce pouvoir. Par exemple, si une entité dans laquelle l’inves-
tisseur a plus de la moitié des droits de vote est mise sous surveillance
légale, l’investisseur ne contrôle plus l’autre entité, car il a perdu le
pouvoir d’en diriger les activités.
•  Un investisseur a le pouvoir de diriger les activités d’une autre entité
avec moins de la moitié des droits de vote si :
–– il a plus de droits de vote que toute autre partie ;
–– il en a suffisamment pour pouvoir déterminer les politiques straté-
giques d’exploitation et de financement de cette entité.
•  D’autres pouvoirs de décision, en combinaison avec droits de vote,
peuvent donner à un investisseur la capacité de diriger les activités
d’une entité. Par exemple, les droits au sein d’un arrangement contrac-
tuel en combinaison avec des droits de vote peuvent être suffisants
pour donner à un investisseur la capacité d’orienter des procédés de
fabrication d’une entité ou de diriger d’autres activités d’exploitation
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ou de financement d’une entité qui influent considérablement sur les


rendements de l’investisseur. Toutefois, la dépendance économique
d’une entité par rapport à un investisseur (tels que les relations d’un
fournisseur avec son principal client) n’a pas, seule, à donner à l’in-
vestisseur un pouvoir sur ladite entité.

La société Alpha détient 90 % du capital et des droits de vote de la société


Bêta, laquelle détient, nous l’avons vu (§ 2.1) 70 % du capital et des droits de
vote de la société Gamma. Elle détient 40 % du capital de la société Delta, mais
s’accordant avec d’autres propriétaires, elle a pouvoir sur plus de la moitié des
droits de vote. Elle détient aussi 30 % du capital de la société Epsilon, mais un

135
4.  La consolidation


accord d’exclusivité qu’elle a fait signer aux dirigeants de cette société lui per-
met de diriger les différentes activités de cette dernière et d’en tirer des résultat
positifs. Elle détient encore 40 % des droits de vote de la société Zêta, mais a
pu faire nommer dans cette société la majorité des membres du conseil d’admi-
nistration. Enfin, elle détient aussi 40 % des droits de vote de la société Eta, n’a
pu faire nommer que trois membres sur sept du Conseil d’administration, mais,
s’accordant habituellement avec un administrateur possédant 20 % du capital,
elle est capable de réunir la majorité des droits de vote dans les réunions du
conseil d’administration.
La société Alpha doit comprendre dans le périmètre de consolidation pour
l’établissement des états financiers consolidés, elle-même, mais aussi la société
Bêta, la société Gamma, la société Delta, la société Epsilon, la société Zêta et
la société Eta.

Pour ce qui concerne les entités d’investissement (investment enti-


ties) entités qui se caractérisent par un objectif d’investissement en
vue de sa valorisation ou de se procurer des revenus de placement
ou les deux à la fois (sociétés de capital-risque, fonds investissant en
LBO, organismes de placement collectif ou autres entités similaires),
la norme IFRS 10 n’a pas à s’appliquer et l’entité d’investissement n’a
pas à consolider les participations dans les entités qu’elle contrôle,
mais simplement à évaluer ces participations à leur juste valeur
(conformément à IFRS 9 ou à IAS 39, tant que cette dernière norme est
applicable), les variations de juste valeur étant constatées en résultat.
Toutefois, la société mère d’une entité d’investissement, sauf si elle
est elle-même une entité d’investissement, doit consolider toutes les
entités qu’elle contrôle, y compris celles qui sont contrôlées par une
entité d’investissement.
Un certain nombre de critères sont à prendre en compte pour qu’une
entité soit qualifiée d’entité d’investissement :
–– elle doit obtenir des fonds d’un ou de plusieurs investisseurs en vue de
leur fournir des services de gestion d’investissements ;
–– elle doit s’engager auprès de ses investisseurs à ce que l’objet de son
activité soit d’investir des fonds dans le seul but de réaliser des rende-
ments sous forme de plus-values en capital et/ou de revenus d’inves-
tissement ;
–– elle doit évaluer et apprécier la performance de la quasi-totalité de ses
investissements sur la base de la juste valeur.

136
Enfin, même lorsque le contrôle est destiné à être temporaire, la
filiale ayant été acquise et détenue dans l’unique perspective d’une ces-
sion dans un avenir proche, celle-ci doit être intégrée à la société mère.
Cette dernière (voir chapitre 11, § 4.2) doit présenter séparément dans
son bilan consolidé les actifs (et passifs) de la filiale destinée à être cédée.
Si la filiale fonctionne sous l’emprise de contraintes durables qui
l’empêchent de transférer des fonds à sa société mère, celle-ci doit tout
de même effectuer la consolidation, des informations spécifiques sur les
restrictions étant cependant fournies en annexe.

La société Alpha détient 60 % des droits de vote de la société Thêta et 70 % de la
société Iota. La société Thêta a été acquise en novembre N et Alpha envisage de
la céder (avec bénéfice) durant le premier semestre de l’année N  +  1. La société
Iota, acquise depuis très longtemps est située dans un pays du Moyen Orient et des
contraintes politiques empêchent la société Alpha de bénéficier de transfert de fonds
de sa filiale. La société Iota reste cependant sous le contrôle de la société Alpha.
La société Alpha devra intégrer la société Thêta dans son périmètre de consolida-
tion. Elle présentera les actifs et passifs de cette filiale sur une ligne (ou plusieurs)
séparée(s). La société Iota sera aussi consolidée (car le contrôle subsiste) et une
information spécifique sur les restrictions qui limitent la capacité de la participa-
tion de transférer des fonds à la société mère sera fournie dans l’annexe.

2.3. Procédures de consolidation
La consolidation consiste à combiner les éléments semblables d’actifs,
passifs, capitaux propres, produits, charges et flux de trésorerie de la
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société mère avec ceux de ses filiales.


Afin que les états financiers consolidés présentent l’information
financière du groupe (actifs, passifs, capitaux propres, produits, charges,
flux de trésorerie) comme celle d’une entité économique unique, les
étapes ci-dessous sont alors suivies :
–– lorsque les états financiers individuels (sociaux) des entités à consoli-
der ne sont pas établis conformément aux IFRS, il y a lieu, préalable-
ment, dans des opérations de pré-consolidation, de retraiter ces états
en vue de les rendre conformes aux IFRS11 ;

1  Pour plus de détail sur ces opérations voir Robert OBERT, Marie Pierre MAIRESSE, Arnaud DESENFANS,
Comptabilité et audit, DSCG 4, 7e édition 2016/2017, chapitre 4, section 5.

137
4.  La consolidation


–– les éléments semblables de la mère et des filiales sont totalisés ligne


par ligne en additionnant les postes semblables d’actifs, de passifs, de
capitaux propres, de produits et de charges ;
–– la valeur comptable de la participation de la société mère dans chaque
filiale et la quote-part de la société mère dans les capitaux propres de
chaque filiale sont éliminées (voir IFRS 3 qui décrit le traitement du
goodwill en résultant, chapitre 5, § 2.4) ;
–– les actifs, passifs, capitaux propres, produits, charges, flux de tré-
sorerie relatifs aux transactions entre entités du groupe sont éli-
minés (soldes au bilan, transactions, profits et pertes intra-groupe
et transactions intra-groupe). Ainsi, lorsque deux dettes sont réci-
proques (par exemple « compte fournisseur » dans la société mère
et « compte client » dans une filiale, il y a lieu de solder ces deux
comptes. Il est en de même dans l’état de résultat net des achats
et ventes (ou des charges financières et produits financiers réci-
proques). Lorsqu’une société du groupe vend régulièrement des
marchandises à une autre société et que dans celle-ci un stock reste,
il y a lieu d’évaluer ce stock à sa valeur dans la société vendeuse
(la différence étant constatée dans le résultat, dans les réserves et
dans un poste d’impôts différé). Il en est de même lors de cession
de biens immobiliers à l’intérieur du groupe1 ;
–– les intérêts minoritaires (intérêts non assortis du contrôle) dans le
résultat et l’actif net des filiales consolidées sont identifiés sépa-
rément des capitaux propres et du résultat de la société mère : ils
doivent être présentés dans l’état de situation financière (bilan)
consolidé dans les capitaux propres, séparément des capitaux
propres de la mère. Les intérêts non assortis de contrôle dans les
capitaux propres comprennent le montant à la date du regrou-
pement d’origine, calculé selon la norme IFRS 3 (voir chapitre  5,
§ 2.5) et la part des minoritaires dans les mouvements des capitaux
propres depuis la date du regroupement.
IFRS 10 rappelle également (dans son guide d’application, en
annexe B de la norme) un certain nombre de principes à respecter :
–– les états financiers de la mère et de ses filiales utilisés pour l’établis-
sement des états financiers consolidés doivent être établis à la même
date. Quand les dates d’établissement des états financiers de la mère et

1  Pour plus de détail sur ces opérations voir Robert OBERT, Marie Pierre MAIRESSE, Arnaud D
­ ESENFANS
Comptabilité et audit, DSCG 4, 7e édition 2016/2017, chapitre 5, section 1.

138
d’une filiale sont différentes, la filiale prépare, pour la consolidation,
des états financiers additionnels à la même date que les états finan-
ciers de la mère sauf si cela est irréalisable ;
–– lorsque cela n’a pu être réalisé quand les états financiers d’une filiale
utilisés pour la préparation des états financiers consolidés ont été éta-
blis à une date différente de celle de la mère, des ajustements doivent
être effectués pour prendre en compte les effets des transactions et
événements qui se sont produits entre cette date et la date des états
financiers de la mère. En aucun cas, la différence entre la date de clô-
ture de la filiale et celle de la mère ne peut être supérieure à trois
mois. La durée des exercices et la différence entre les dates de clôture
doivent être les mêmes d’une période à l’autre ;
–– les états financiers consolidés doivent être établis en utilisant des
méthodes comptables uniformes pour des transactions et autres évé-
nements semblables dans des circonstances similaires.

Supposons deux sociétés, les sociétés Alpha et Bêta dont les bilans (résumés en k€)
sont donnés ci-dessous :

Bilan société Alpha


Immobilisations 80 000 Capital 1 000 000
incorporelles 850 000 Réserves 600 000
Immobilisations corporelles 450 000 Résultat 160 000
Titres de participation Bêta 180 000 Dettes 1 200 000
Autres immobilis. financières 1 400 000
Actif circulant 2 960 000 2 960 000
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Bilan société Bêta


Immobilisations corporelles 800 000 Capital 600 000
Actif circulant 1 000 000 Réserves 300 000
Résultat 100 000
Dettes 800 000
1 800 000 1 800 000

La société Alpha possède 75 % du capital de la société Bêta, acquis au moment


de la constitution de ladite société. Si la société Alpha doit présenter des comptes
consolidés, elle réalisera une intégration globale de la société Bêta (car elle en a
le contrôle exclusif).
Si l’on utilise la méthode des écritures (il existe aussi une méthode par tableaux)
pour réaliser cette consolidation, on effectuera les enregistrements suivants :

139
4.  La consolidation


–– celui de la reprise du bilan de la société Alpha ;


–– celui de la reprise du bilan de la société Bêta ;
–– celui de l’élimination des titres Bêta.

20 Immobilisations incorporelles 80 000


21 Immobilisations corporelles 850 000
261 Titres de participation Bêta 450 000
26-27 Autres immobilisations financières 180 000
4-5 Actif circulant 1 400 000
101 Capital Alpha 1 000 000
106 Réserves Alpha 600 000
120 Résultat Alpha 160 000
4-5 Dettes 1 200 000
Reprise bilan annuel société Alpha

21 Immobilisations corporelles 800 000


4-5 Actif circulant 1 000 000
101 Capital Bêta 600 000
106 Réserves Bêta 300 000
120 Résultat Bêta 100 000
4-5 Dettes 800 000
Reprise bilan annuel société Bêta

101 Capital Bêta 600 000


106 Réserves Bêta 300 000
120 Résultat Bêta 100 000
261 Titres Bêta 450 000
106 Réserves Alpha 225 000
120 Résultat Alpha 75 000
108* Intérêts minoritaires 225 000
128* Résultats minoritaires 25 000
Intégration société Bêta

* Comptes spécifiques à la consolidation, les numéros et les noms ne figurent pas dans
le PCG lequel ne concerne que les comptes individuels des entités.
Le bilan consolidé après ces écritures est le suivant.

Immobilisations 80 000 Capital 1 000 000


incorporelles 1 650 000 Réserves 825 000
Immobilisations corporelles 180 000 Résultat 235 000
Immobilisations financières 2 400 000 Intérêts minoritaires 225 000
Actif circulant Résultats minoritaires 25 000
Dettes 2 000 000
4 310 000 4 310 000

Il est à noter que le poste capital de ce bilan représente le capital de la société


mère. D’autre part, les titres de la société intégrée ont disparu de ce bilan.
Reprenons les comptes des sociétés Alpha et Bêta dont nous avons effectué ci-
dessus la consolidation du bilan. Les comptes de résultat de ces deux sociétés
vous sont donnés ci-après (en k€). Il n’y a pas d’autres éléments du résultat global.

140
Compte de résultat société Alpha
Charges d’exploitation 1 780 000 Produits d’exploitation 2 100 000
Charges financières 140 000 Produits financiers 100 000
Impôt sur les sociétés 120 000
Résultat 160 000
2 200 000 2 200 000

Compte de résultat société Bêta


Charges d’exploitation 1 560 000 Produits d’exploitation 1 720 000
Charges financières 60 000 Produits financiers 80 000
Impôt sur les sociétés 80 000
Résultat 100 000
1 800 000 1 800 000

Comme pour le bilan, le compte de résultat est obtenu en cumulant les élé-
ments (par des écritures ou un tableau) des comptes de résultats des sociétés
intégrées Alpha et Bêta.

Tableau d’obtention du résultat cumulé


Alpha Bêta Total
Charges d’exploitation 1 780 000 1 560 000 3 340 000
Charges financières 140 000 60 000 200 000
Impôt sur les sociétés 120 000 80 000 200 000
Résultat 160 000 100 000 260 000
2 200 000 1 800 000 4 000 000
Produits d’exploitation 2 100 000 1 720 000 3 820 000
Produits financiers 100 000 80 000 180 000
2 200 000 1 800 000 4 000 000

Le compte de résultat consolidé se présentera comme suit :


Produits d’exploitation 3 820 000
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Charges d’exploitation 3 340 000


Résultat d’exploitation 480 000
Produits financiers 180 000
Charges financières 200 000
Résultat financier – 20 000
Résultat courant des entreprises intégrées 460 000
Impôts sur les sociétés 200 000
Résultat des entreprises intégrées 260 000
Intérêts minoritaires 25 000
Résultat net (part du groupe) 235 000

NB. Résultats majoritaires et minoritaires sont donnés dans l’analyse qui a


conduit à la consolidation du bilan.

141
4.  La consolidation


2.4. Perte de contrôle
Si la société mère perd le contrôle d’une filiale, elle doit :
–– décomptabiliser les actifs (y compris le goodwill, le cas échéant) et les
passifs de la filiale à leur valeur comptable à la date de la perte du
contrôle ;
–– décomptabiliser la valeur comptable, à la date de la perte du contrôle,
des participations ne donnant pas le contrôle détenues le cas échéant
dans l’ancienne filiale (ainsi que les composantes des autres éléments
du résultat global qui leur sont attribuables) ;
–– comptabiliser la juste valeur de la contrepartie reçue, le cas échéant,
par suite de la transaction, de l’événement ou des circonstances ayant
entraîné la perte du contrôle ;
–– comptabiliser la distribution des actions de la filiale aux propriétaires
en leur qualité de propriétaires, si la transaction, l’événement ou les
circonstances ayant entraîné la perte du contrôle donne lieu à une
telle distribution ;
–– comptabiliser la participation conservée dans l’ancienne filiale, le cas
échéant, à sa juste valeur à la date de la perte du contrôle ;
–– reclasser en résultat net, ou virer directement aux résultats non distri-
bués lorsque d’autres normes IFRS l’imposent, les montants compta-
bilisés dans les autres éléments du résultat global au titre de la filiale ;
–– comptabiliser en résultat net, à titre de profit ou de perte attribuable
à la société mère, tout écart restant.
Les changements d’intérêts (variations du pourcentage) de la
société mère dans l’entité, lorsqu’il n’en résulte pas par une perte de
contrôle, sont des transactions sur capitaux propres (aucun résultat
n’est constaté).

3. Participations dans les entités associées


La norme IAS  28 révisée définit les notions d’entité associée de coen-
treprise et d’influence notable, et précise la méthode comptable à pra-
tiquer dans l’élaboration des comptes consolidés pour ce qui concerne
ces entités.
Depuis la révision de 2011, IAS 28 traite également de l’évaluation
des participations dans les coentreprises (voir ci-après § 4).

142
La norme IAS  28 ne fait pas véritablement référence à la notion
de consolidation, cette expression étant conservée uniquement pour
décrire les procédures qui s’appliquent à la comptabilisation des entités
contrôlées.

3.1. Entité associée et influence notable


Selon la norme IAS  28, le terme « entité associée » désigne une entité
dans laquelle un investisseur a une influence notable.
L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions de poli-
tique financière et opérationnelle de l’entité détenue, sans toutefois en
exercer un contrôle ou un contrôle conjoint sur ces politiques (pour la
définition de la notion de contrôle et de contrôle conjoint, voir ci-des-
sus § 2 et ci-dessous § 4).
Si un investisseur détient directement ou indirectement par des
filiales 20 % ou plus des droits de vote dans l’entité détenue, il est pré-
sumé avoir une influence notable, sauf à démontrer que ce n’est pas le
cas. Inversement, si l’investisseur détient, directement ou indirectement
par ses filiales, moins de 20 % des droits de vote dans l’entité détenue, il
est présumé ne pas avoir d’influence notable, sauf à démontrer que cette
influence existe. L’existence d’une participation importante ou majori-
taire d’un autre associé n’exclut pas nécessairement que l’investisseur
ait une influence notable.
Toujours selon IAS 28, l’existence de l’influence notable d’un inves-
tisseur est habituellement mise en évidence par une ou plusieurs des
indications suivantes :
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a) représentation au conseil d’administration, ou à l’organe de direc-


tion équivalent, de l’entreprise détenue ;
b) participation au processus d’élaboration des politiques, incluant
la participation aux décisions relatives aux dividendes et autres distri-
butions ;
c) transactions significatives entre l’investisseur et l’entreprise déte-
nue ;
d) échange de personnels dirigeants ;
e) fournitures d’informations techniques essentielles.
Une perte d’influence notable peut intervenir sans modification du
niveau de participation par exemple lorsque l’entreprise passe sous le
contrôle d’un administrateur judiciaire ou par un accord contractuel.

143
4.  La consolidation


Remarque
Outre les exemptions proches d’IFRS 10 (entité détenue par une autre entité),
une entité peut ne pas appliquer la méthode de la mise en équivalence si :
– la participation est détenue par, ou détenue indirectement à travers un orga-
nisme de capital-risque, un fonds ou une entité équivalente et la participation
est comptabilisée à la juste valeur par résultat conformément à IFRS 9 ou IAS
39 (voir chapitre 6) ;
– 
la participation est classée comme destinée à être vendue ; elle est alors
comptabilisée conformément à IFRS 5 (voir chapitre 11).
Contrairement à IFRS 10 (voir ci-dessus §  2), les droits de vote potentiels
peuvent être pris en compte pour déterminer le niveau d’influence notable.
sauf si, dans certaines circonstances, ces droits de vote potentiels donnent,
en substance, actuellement, droit au résultat. Les instruments contenant des
droits de vote potentiels qui ne donnent pas droit au résultat sont comptabilisés
conformément à IFRS 9. Ceux qui contiennent de tels droits au résultat ne sont
pas comptabilisés conformément à IFRS 9. n

3.2. Choix de la méthode comptable


Ayant défini la notion d’entité associée et rappelé celle de coentreprise,
la norme IAS  28 traite de la comptabilisation dans les états financiers
consolidés des participations dans ces entités.
Une participation dans une entité associée ou une coentreprise
doit être comptabilisée dans les états financiers consolidés selon la
méthode de la mise en équivalence sauf si la participation est classée
comme destinée à être cédée. Dans ce cas elle doit être comptabilisée
conformément à la méthode développée par la norme IFRS  5 (voir
chapitre 11, § 3).
La méthode de la mise en équivalence est une méthode comptable
qui consiste à comptabiliser initialement la participation au coût et
à l’ajuster par la suite pour prendre en compte les changements de la
quote-part de l’investisseur dans l’actif net de l’entité émettrice qui sur-
viennent postérieurement à l’acquisition. Le résultat net de l’investis-
seur comprend sa quote-part du résultat net de l’entité émettrice, et
les autres éléments du résultat global de l’investisseur comprennent sa
quote-part des autres éléments du résultat global de l’entité émettrice.
La quote-part du résultat interne provenant de transactions entre l’en-
tité consolidante (ou une filiale consolidée) et l’entité mise en équiva-
lence doit être éliminée.

144
Supposons que la société Alpha détienne 25 % du capital de la société Gamma
acquis au moment de la constitution de ladite société pour 50 000 € (compris
dans les immobilisations financières). Les titres de la société Gamma sur lesquels
la société Alpha a une influence notable pourront être mis en équivalence, c’est-
à-dire en fait réévalués.
Le bilan et le compte de résultat de société Gamma sont donnés ci-après.

Bilan société Gamma


Immobilisations corporelles 400 000 Capital 200 000
Actif circulant 460 000 Réserves 180 000
Résultat 60 000
Dettes 420 000
860 000 860 000

Compte de résultat société Gamma


Charges d’exploitation 410 000 Produits d’exploitation 520 000
Charges financières 40 000 Produits financiers 30 000
Impôt sur les sociétés 40 000
Résultat 60 000
550 000 550 000

La valeur d’équivalence des titres Gamma possédés par Alpha peut se détermi-
ner ainsi :
• Actif net comptable de Gamma :
Capital200 000
Réserves180 000
Résultat60 000
 440 000
• 440 000 × 25 % = 110 000
• Plus-value : 110 000 – 50 000 = 60 000
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Les écritures de consolidation suivantes pourront être passées :

Pour le bilan :

261 Titres Gamma mis en équivalence 110 000


261 Titres Gamma (ou Immobilisations financières) 50 000
106 Réserves Alpha 45 000
120 Résultat Alpha 15 000
Mise en équivalence

Pour le compte de résultat :

120 Résultat Alpha 15 000


755* Résultat des sociétés mises en équivalence* 15 000
Résultat Gamma

* Nom de compte propre à la consolidation. Numéro de compte attribué par nos soins.

145
4.  La consolidation


Lorsque la quote-part de l’investisseur est ramenée à zéro, les pertes


supplémentaires font l’objet d’une provision, et un passif est comptabilisé,
seulement dans la mesure où l’investisseur a encouru une obligation légale
ou implicite ou a effectué des paiements au nom de l’entreprise associée.

Remarque
Dans certains cas (notamment sociétés de capital-risque, fonds de placement,
sociétés d’investissement à capital variable, etc.) la méthode de mise en équiva-
lence n’est pas applicable et l’entité doit comptabiliser ses titres conformément
à IFRS 9 (ou IAS 39) (voir aussi § 2.2.2.). n

4. Partenariat et participations
dans les coentreprises
En vue de réduire les divergences avec le référentiel américain, l’IASB a
publié en mai 2011, une nouvelle norme IFRS 11 « Partenariats » desti-
née à remplacer la norme IAS 31 « Participations dans les coentreprises »
à compter du 1er janvier 2013.
Les principales dispositions d’IFRS 11 concernent les notions de par-
tenariat, de type de partenariat, de coentreprise et de contrôle conjoint
et la présentation du traitement comptable correspondant.

4.1. Partenariat et contrôle conjoint


Un partenariat (joint arrangement) ou accord conjoint est défini
par IFRS 11 comme un accord dans lequel une ou plusieurs parties
exercent un contrôle conjoint. Un accord conjoint doit présenter les
caractéristiques suivantes : les parties sont liées par un accord contrac-
tuel ; l’accord contractuel donne à deux parties ou plus le contrôle
conjoint de cet accord. La norme IFRS 11 distingue deux types de
partenariats  : l’activité conjointe (joint operation), et la coentreprise
(joint venture).
La forme de l’accord de partenariat importe peu  : ce peut être un
écrit, tel qu’un contrat. Lorsque le partenariat prend la forme d’une
entité, il est alors défini dans les statuts de l’entité.
L’accord contractuel précise généralement les points suivants :
–– l’objet, l’activité et la durée de l’accord conjoint ;
–– la nomination des membres de la direction ;

146
–– le processus de décision, les sujets requérant une décision des parties,
le niveau de consensus requis pour ces sujets ;
–– le capital et autres contributions requis des parties ;
–– comment les parties partagent les actifs, passifs, revenus, dépenses,
profits ou pertes de l’accord conjoint.
Le contrôle conjoint est le partage convenu par contrat du contrôle
d’une entité, qui n’existe que lorsque des décisions pertinentes au sujet
des activités nécessitent le consentement unanime des parties parta-
geant le contrôle.
Une activité conjointe est un partenariat résultant d’un accord par
lequel les parties qui ont un contrôle conjoint ont des droits sur les actifs
et des obligations pour le passif relatif à l’activité. Chaque partenaire
utilise ses propres actifs, tels que ses immobilisations corporelles et ses
stocks. Il assume également ses propres charges et ses propres passifs et
réunit son propre financement. Il peut aussi utiliser des actifs acquis en
commun, et assume sa quote-part de charges et sa quote-part de passifs.
L’accord contractuel précise le mode de répartition entre les partenaires
du produit de la vente des produits communs et des charges partagées.
Les participants d’une activité conjointe sont appelés « coparticipants »
ou « opérateurs conjoints ».

(inspiré du Feuillet rapide comptable Francis Lefebvre,


FRC 12/11 p. 15)

Deux fabricants de bateaux de plaisance à moteur Alpha et Bêta détiennent


chacun 50 % de la société Gamma. Gamma produit des moteurs de bateaux et
les vend à Alpha et Bêta uniquement. Le prix de vente des moteurs est fixé par
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Alpha et Bêta de telle sorte qu’il couvre les coûts de Gamma. Ainsi la gestion de
trésorerie est assumée par les encaissements reçus des achats de moteurs par
Alpha et Bêta. Dans ce cas, Alpha et Bêta ont des droits directs sur les actifs de
Gamma et des obligations directes sur les passifs de Gamma. La société Gamma,
pourtant structure financière directe distincte, est donc une activité conjointe.

Une coentreprise est un partenariat par lequel les parties qui exercent
un contrôle ont des droits sur l’actif net de l’entité contrôlée conjointe-
ment. Les participants d’une coentreprise sont appelés « coentrepreneurs ».
Les coentrepreneurs n’ont ni droits sur des actifs isolés de la coentreprise
ni obligations au titre des charges. À la place, chaque coentrepreneur a
droit à une quote-part du résultat des activités de la coentreprise.

147
4.  La consolidation


La norme IFRS 11 emprunte beaucoup à IFRS 10. Elle partage avec


celle-ci les deux notions essentielles de pouvoir et d’activité pertinentes,
ainsi que les liens avec les rendements qui découlent de ce pouvoir. La
différence est que l’exercice de ce pouvoir sur les activités pertinentes
exige le consentement unanime des parties signataires de l’accord. Pour
distinguer les activités conjointes et les entités sous contrôle conjoint
(coentreprises), indépendamment de la forme juridique, on recher-
chera si les coentrepreneurs ont des droits sur tout ou partie des actifs et
­passifs faisant l’objet de l’accord (et des charges ou des produits qui en
découlent) (pour les activités conjointes) ou bien s’ils n’ont des droits
que sur l’actif résiduel (pour les coentreprises).
La distinction entre activité conjointe et coentreprise nécessite l’exa-
men du montage de l’opération : aspects juridiques, contractuels et éga-
lement tout fait de nature à mettre en évidence les droits et obligations
effectifs des partenaires.

Remarque
La norme IAS 31 qui s’est appliquée jusqu’en décembre 2012 distinguait trois
types de contrôle conjoint  : les activités contrôlées conjointement, les actifs
contrôlés conjointement et les entités contrôlées conjointement. n

4.2. Traitement comptable des deux principaux


types d’organisation de partenariat
La norme IFRS 11 doit être appliquée par l’ensemble des entités à leurs
participations dans des partenariats. Elle distingue le traitement comp-
table des activités conjointes et des coentreprises.

4.2.1. Activités conjointes
En ce qui concerne sa participation dans une activité conjointe, un par-
tenaire doit comptabiliser, selon les IFRS applicables :
–– ses actifs, y compris sa part de tout actif détenu conjointement ;
–– son passif, y compris sa part de tout passif encouru conjointement ;
–– ses produits provenant de la vente de sa part de la production décou-
lant de l’activité commune ;
–– sa part de produits provenant de cession de l’activité commune ;
–– ses dépenses, y compris sa quote-part de charges engagées en com-
mun.

148
La société Kappa a une activité conjointe avec le groupe Omicron sur la société
Lambda (laquelle n’est pas une coentreprise, car elle ne peut prendre aucune ini-
tiative, l’analyse montrant en substance que Kappa et Omicron contrôlent les actifs
et les passifs de Lambda et les flux qui en découlent) et qu’elle a des droits de 40 %
sur les actifs non courants, de 50 % sur les actifs courants, de 45 % sur les dettes,
de 50 % sur les charges et produits, y compris l’impôt, sauf sur les amortissements
portant sur des immobilisations détenues à 40 %. Il vous est demandé de présenter
le bilan consolidé et le compte de résultat consolidé du groupe Kappa.
Vous trouverez ci-après les bilans et comptes de résultat des sociétés Kappa et
Lambda au 31 décembre N (en milliers d’euros).

Bilan société Kappa


Immobilisations 21 500 Capital 20 000
Titres de participation Lambda 4 000 Réserves 9 600
Actif circulant 25 500 Résultat de l’exercice 1 200
Dettes 20 200
51 000 51 000

Bilan société Lambda


Immobilisations 16 800 Capital 8 000
Actif circulant 18 400 Réserves 4 200
Résultat de l’exercice 1 600
Dettes 21 400
35 200 35 200

Compte de résultat société Kappa


Achats et variation de stock 60 000 Ventes 100 000
Autres charges 39 200 Autres produits 6 000
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Dotations aux amortissements 6 000 Produits financiers 3 000


Charges financières 1 600
Impôts sur les bénéfices 1 000
Résultat de l’exercice 1 200
109 000 109 000

Compte de résultat société Lambda


Achats et variation de stock 24 800 Ventes 50 000
Autres charges 21 600 Autres produits 3 000
Dotations aux amortissements 3 000 Produits financiers 2 000
Charges financières 3 000
Impôts sur les bénéfices 1 000
Résultat de l’exercice 1 600
55 000 55 000 »

149
4.  La consolidation


» Pour effectuer cette consolidation, on passerait alors les écritures suivantes :


21 Immobilisations 16 800 × 40 % 6 720
4-5 Actif circulant 18 400 × 50 % 9 200
101 Capital Lambda (apport en titres) 4 000
106 Réserves Lambda (par différence) 1 190
120 Résultat Lambda (voir écriture résultat) 1 100
4-5 Dettes 21 400 × 45 % 9 630
Reprise bilan annuel société Lambda

60 Achats et variations de stock 24 800 × 50 % 12 400


61 Autres charges 21 600 × 50 % 10 800
68 Dotations aux amortissements 3 000 × 40 % 1 200
67 Charges financières 3 000 × 50 % 1 500
69 Impôts sur les bénéfices 1 000 × 50 % 500
120 Résultat (par différence) 1 100
70 Ventes 50 000 × 50 % 25 000
75 Autres produits 3 000 × 50 % 1 500
77 Produits financiers 2 000 × 50 % 1 000
Reprise compte de résultat société Lambda

101 Capital Lambda 4 000


106 Réserves Lambda 1 190
120 Résultat Lambda 1 100
261 Titres Lambda 4 000
106 Réserves Kappa 1 190
120 Résultat Kappa 1 100
Intégration Lambda

On obtiendra le bilan et le compte de résultat consolidés

Bilan consolidé société Kappa


Immobilisations 28 220 Capital 20 000
Actif circulant 34 700 Réserves 10 790
Résultat de l’exercice 2 300
Dettes 29 830
62 920 62 920

Compte de résultat consolidé société Kappa


Achats et variation de stock 72 400 Ventes 125 000
Autres charges 50 000 Autres produits 7 500
Dotations aux amortissements 7 200 Produits financiers 4 000
Charges financières 3 100
Impôts sur les bénéfices 1 500
Résultat de l’exercice 2 300
136 500 136 500

150
4.2.2. Coentreprises
Il s’agit d’entités créées par des associés entre lesquels existe un contrat
établissant un contrôle conjoint sur l’activité. Les coentreprises doivent
tenir une comptabilité propre et établir des comptes individuels
conformes aux normes comptables habituelles.
Le coentrepreneur doit comptabiliser sa participation dans une coen-
treprise selon la méthode de la mise en équivalence telle qu’elle est pré-
sentée dans IAS 28 (voir ci-dessous § 1.3).

Remarque
Pour la préparation des comptes consolidés des membres de la coentreprise,
IAS 31 (applicable jusqu’au 31 décembre 2012) permettait l’utilisation de deux
méthodes : la consolidation proportionnelle et la mise en équivalence.
La consolidation proportionnelle est une méthode de comptabilisation et de
présentation selon laquelle la quote-part d’un coentrepreneur dans chacun des
actifs et passifs, produits et charges de l’entité contrôlée est regroupée, ligne par
ligne, avec les éléments similaires dans les états financiers du coentrepreneur ou
est présentée sous des postes distincts dans les états financiers du coentrepreneur.
La méthode de mise en équivalence a été particulièrement défendue par ceux
qui font valoir qu’il est inapproprié de regrouper des éléments contrôlés avec
des éléments seulement contrôlés ­conjointement. n

Supposons maintenant que le groupe Kappa a pris une participation de 50 %


dans la société Lambda contrôlée conjointement (sous forme de coentreprise)
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par Kappa et Omicron. Les bilans et comptes de résultat des sociétés Kappa et
Lambda au 31 décembre N sont ceux présentés ci-dessus (§ 4.2.1).
Si l’on utilisait la méthode de mise en équivalence, on aurait les écritures suivantes :
Pour le bilan

261 Titres Lambda mis en équivalence 6 900


(8 000 + 4 200 + 1 600) × 50 %
261 Titres Lambda 4 000
106 Réserves Kappa 4 200 × 50 % 2 100
120 Résultat Kappa 1 600 × 50 % 800
Mise en équivalence Lambda

151
4.  La consolidation


Pour le compte de résultat

120 Résultat Kappa 800


755 Résultat des sociétés mises en équivalence 800
Quote-part de résultat

Et l’on obtiendrait le bilan et le compte de résultat consolidés suivants :


Bilan consolidé société Kappa
Immobilisations 21 500 Capital 20 000
Titres de participation 6 900 Réserves 11 700
Lambda mis en équivalence Résultat de l’exercice 2 000
Actif circulant 25 500 Dettes 20 200
53 900 53 900

Compte de résultat consolidé société Kappa


Achats et variation de stock 60 000 Ventes 100 000
Autres charges 39 200 Autres produits 6 000
Dotations aux amortissements 6 000 Produits financiers 3 000
Charges financières 1 600 Résultat des sociétés
Impôts sur les bénéfices 1 000 mises en équivalence 800
Résultat de l’exercice 2 000
109 800 109 800

5. Informations à fournir sur les intérêts


détenus par d’autres entités
La norme IFRS 12 intègre dans une seule norme, les informations à
fournir relatives aux participations dans des filiales, dans des accords
conjoints, dans des entreprises associées et dans des entités structurées
non consolidées.
Son objectif est d’imposer à une entité de fournir des informations
permettant aux utilisateurs de ses états financiers d’évaluer :
–– la nature et les risques associés à ses intérêts dans d’autres entités ;
–– les effets de ces intérêts sur la situation financière, la performance
financière et les flux de trésorerie.
L’entité consolidante doit fournir des informations sur les jugements
importants et les hypothèses qu’elle a faits (et modifications apportées
à ces jugements et des hypothèses) pour déterminer :
–– qu’elle a le contrôle d’une autre entité ;

152
–– qu’elle a le contrôle en commun d’un partenaire ou une influence
notable sur une autre entité ;
–– le type d’accord de partenariat (opération faite en commun ou coen-
treprise) lorsque l’entente a été structurée par une structure financière
identifiable séparée.

5.1. Informations à fournir sur les filiales


Une entité doit fournir les informations permettant aux utilisateurs de
ses états financiers :
•  de comprendre la composition du groupe, et l’intérêt que les intérêts
minoritaires ont dans les activités et des flux de trésorerie du groupe ;
•  d’évaluer :
–– la nature et l’étendue des restrictions importantes sur sa capacité à
accéder ou à utiliser les actifs et payer les créanciers du groupe ;
–– la nature et les changements dans les risques liés à ses participations
dans des entités consolidées ;
–– les conséquences de l’évolution de sa participation dans une filiale
qui n’aboutissent pas à une perte de contrôle ;
–– les conséquences de la perte de contrôle d’une filiale au cours de la période.

5.2. Informations à fournir sur les partenaires


et les entités associées
L’entité doit fournir des informations permettant aux utilisateurs de ses
états financiers d’évaluer :
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–– la nature, l’étendue et les effets financiers de ses participations dans


des partenariats et des entités associées, comprenant la nature et les
effets de sa relation contractuelle avec les autres investisseurs exerçant
un contrôle conjoint, ou une influence notable sur des accords de
coentreprise ou d’entité associée ;
–– la nature, et les changements dans les risques liés à ses participations
dans des coentreprises et entreprises associées.

5.3. Informations à fournir sur les entités


non consolidées
L’entité doit fournir des informations permettant aux utilisateurs de ses
états financiers :

153
4.  La consolidation


–– de comprendre la nature et l’étendue de ses intérêts dans des entités


structurées non consolidées ;
–– d’évaluer la nature, et les changements dans les risques liés à ses par-
ticipations dans des entités structurées non consolidées.

6. Les informations relatives aux parties


liées
Une partie liée est une entité (ou une personne physique) qui est liée à
l’entité qui établit ses états financiers.
Selon IAS 24, une partie est considérée comme étant liée à une entité
si directement ou indirectement la partie contrôle ou est contrôlée par
l’entité, ou a un contrôle conjoint ou est contrôlée conjointement ou
a une influence notable sur l’entité (pour les définitions de contrôle,
d’influence notable ou de contrôle conjoint voir les §  2, 3 et 4 de ce
chapitre). Elle est aussi considérée comme liée si la partie est un membre
de la direction de l’entité ou si la partie gère un régime de prestations
postérieures à l’emploi (voir chapitre 13 § 5).
IAS 24 prévoit notamment de fournir un certain nombre d’informa-
tions sur les transactions entre les parties liées dans les états financiers.
Les relations entre une société mère et ses filiales doivent être présen-
tées, qu’il y ait eu ou non des transactions entre elles.
Une entité doit indiquer la rémunération des principaux dirigeants,
en cumul, et pour chacune des catégories suivantes : avantages du per-
sonnel à court terme, avantages postérieurs à l’emploi, autres avantages
à long terme, indemnités de fin de contrat de travail, paiement fondé
sur les actions.
Si une entité a effectué des transactions entre parties liées pendant
les périodes couvertes par les états financiers, elle doit indiquer la nature
des relations entre les parties liées et fournir des informations sur les
transactions et les soldes, y compris les engagements, qui sont néces-
saires à la compréhension par les utilisateurs de l’impact potentiel de
la relation sur les états financiers. Les informations à fournir doivent
inclure au minimum :
–– le montant des transactions ;

154
–– le montant des soldes, y compris des engagements, leurs termes et
conditions, y compris l’existence éventuelle de garanties et la nature
de la contrepartie attendue lors du règlement et les modalités des
garanties données ou reçues ;
–– les provisions pour créances douteuses liées au montant des soldes ;
–– les charges comptabilisées pendant la période au titre des créances
douteuses sur parties liées.
Les informations à fournir doivent être communiquées séparément
pour chacune des catégories suivantes :
–– la société mère ;
–– les entités qui exercent un contrôle conjoint ou une influence notable
sur l’entité ;
–– les filiales ;
–– les entreprises associées ;
–– les coentreprises dans lesquelles l’entité est un coentrepreneur ;
–– les principaux dirigeants de l’entité ou de sa société mère ;
–– les autres parties liées.

7. Traitement des participations


dans les états financiers individuels
établis par l’entité en complément
des états financiers consolidés
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La norme IAS 27 révisée précise (§ 4) que « Les états financiers indi-


viduels sont ceux que présente une entité, et dans lesquels celle-ci
peut choisir de comptabiliser ses participations dans des filiales, des
coentreprises et des entreprises associées soit au coût, soit confor-
mément à IFRS 9 Instruments financiers, soit selon la méthode de
la mise en équivalence, décrite dans IAS 28 Participations dans des
entreprises associées et des coentreprises ». Les états financiers d’une
entité qui n’a pas de filiale, d’entreprise associée ou de participation
dans une coentreprise ne sont pas des états financiers individuels au
sens d’IAS 27.

155
4.  La consolidation


7.1. Traitement des participations


dans les filiales, les coentreprises
ou les entités associées
Quand des états financiers individuels sont établis, les participations
dans les filiales, les entités sous contrôle conjoint et les entités asso-
ciées, consolidées par intégration ou mise en équivalence dans les
états financiers consolidés doivent être comptabilisés soit au coût, soit
conformémement à IAS 39 ou IFRS 9 soit selon la méthode de mise en
équivalence (en dehors de celles qui sont classées en actifs appelés à être
cédés conformément à IFRS 5 – voir chapitre 11). Si des participations
dans les entités contrôlées conjointement et les entreprises associées
sont comptabilisées selon IAS 39 (ou IFRS 9) dans les états financiers
consolidés, elles doivent être comptabilisées de la même manière dans
les états financiers individuels de l’investisseur.
Les dividendes restent comptabilisés en résultat dans les comptes
individuels.

La société Kappa a fait l’acquisition le 1er janvier N – 2 de 27,5 % des actions


(soit 275 000 actions) de la société Iota pour 97 000 k€. Les frais d’acquisition
se sont élevés à 2 000 k€.
Au 31  décembre N, la situation nette comptable de la société Iota est de
350 000 k€ et le cours moyen de décembre N du titre en bourse est de 400 €.
Deux solutions sont donc possibles pour la comptabilisation des titres de parti-
cipation Iota dans le bilan de Kappa au 31 décembre N :

Comptabilisation au coût
Dans ce cas, les titres Iota figureront au bilan pour 97 000 + 2 000 = 99 000 k€.

Comptabilisation à la juste valeur


Le cours boursier peut être considéré comme une bonne approche de la juste
valeur des titres (45 % des titres sont la propriété des minoritaires et peuvent
être échangés en bourse). Dans ce cas les titres Iota figureront au bilan pour
275 000 × 400 = 110 000 k€.

Comptabilisation à la valeur d’équivalence


Comme la situation nette comptable de la société Iota est de 350 000 k€, dans
ce cas les titres Iota figureront au bilan pour 350 000 k€ × 27,5 % = 96 250 k€.

156
La même méthode doit être appliquée pour chaque catégorie de
titres. Les participations dans des filiales, entités sous contrôle conjoint
et entités associées classées comme actifs appelés à être cédés (confor-
mément à IFRS 5 – voir chapitre 11), doivent être comptabilisées confor-
mément à cette dernière norme, c’est-à-dire à la juste valeur, diminuée
des frais de cession.

7.2. Traitement des participations qui ne sont


ni des filiales, ni des coentreprises, ni des entités
associées
Les participations qui ne sont ni des filiales, ni des entités sous contrôle
conjoint ou des entités associées, et qui sont comptabilisées conformé-
ment à IAS 39 ou IFRS 9 dans les états financiers consolidés (voir cha-
pitre 6, § 2.2), doivent être évaluées de la même manière dans les états
financiers individuels de l’entité.

7.3. Informations devant figurer dans les états


financiers individuels et relatifs aux participations
Doivent notamment, être fournies les informations suivantes :
–– une description des méthodes utilisées pour comptabiliser les partici-
pations dans les filiales, les co-entreprises et entités associées ;
–– les raisons pour lesquelles une société mère n’établit pas de comptes
consolidés et ne présente que des états financiers individuels ;
–– la liste des principales participations dans les filiales, les co-entreprises, les
entités associées, comprenant, le nom, le pays d’implantation, le pour-
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centage de capital et s’il est différent, le pourcentage de droits de vote.

Test de connaissances

Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).

Q1. Une société A possède 42 % des actions d’une société B dont 20 % du
capital est constitué d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote,
50 % des actions d’une société  C (dont la société  X possède également »
157
4.  La consolidation


» 50 %), 30 % d’une société D et 10 % d’une société E. La société B possède


70 % des actions de la société  F et la société  D possède 90 % des actions
de la société G. Quelles sont les sociétés qui entrent dans le périmètre de
consolidation du groupe A ?
a) A, B, C, D, E, F, G.
b) A, B, C, D, F.
c) A, C, D.

Q2. Dans quel cas une société Alpha, filiale de la société Oméga, peut-elle,
conformément à IFRS 10, être exemptée de la consolidation ?
a) Quand elle a des activités dissemblables de celles des autres entreprises du groupe ;
b) Quand elle fait partie d’un groupe qui établit des comptes consolidés (la
société mère Oméga possède 55 % du capital de la société Alpha)
c) Dans aucun cas.

Q3. Comment est définie la notion de contrôle dans IFRS 10 ?


a) Le contrôle est le pouvoir de diriger les politiques financière et opérationnelle
d’une entreprise afin de tirer avantage de ses activités.
b) Le contrôle est le partage du contrôle d’une entreprise exploitée en commun
par un nombre limité d’associés ou d’actionnaires, de sorte que les politiques
financière et opérationnelle résultent de leur accord.
c) Un investisseur (investor) contrôle une entité détenue (investee) lorsqu’il a
des droits ou supporte des rendements variables du fait de son implication
avec l’entité détenue et a la capacité d’influer sur ces rendements grâce à son
pouvoir dans l’entité détenue.

Q4. Quand un contrôle est-il présumé exister selon IFRS 10 ?


a) Lorsque l’entreprise a disposé, au cours de la période, directement ou indirec-
tement, d’une fraction supérieure à quarante pour cent des droits de vote et
qu’aucun autre associé ou actionnaire ne détenait, directement ou indirecte-
ment, une fraction supérieure à la sienne.
b) Lorsqu’un investisseur a des droits effectifs qui lui confèrent la capacité actuelle
de diriger les activités pertinentes, à savoir les activités qui ont une incidence
importante sur les rendements de l’entité émettrice.
c) Lorsqu’une entité a une dépendance économique par rapport à un investisseur
(tels que les relations d’un fournisseur avec son principal client).

Q5. Que doit-on faire lorsque le contrôle d’une « filiale » est destiné
à être temporaire ?
a) ne pas consolider ;
b) consolider la filiale comme tout autre filiale ;
c) consolider la filiale en inscrivant ses actifs dans une rubrique « Actifs (ou groupe
d’actifs) appelées à être cédés » et ses passifs dans une rubrique « Passifs direc-
tement associés à des actifs (ou groupes d’actifs) destinés à être cédés ». »
158
» Q6. La société Alpha a fait l’acquisition le 1  janvier N–2 de 30 % du capital
er

de la société française Delta pour 2  607  000  €. Au 31  décembre N–3,


31  décembre N–2, 31  décembre N–1, 31  décembre N, les rubriques de
capitaux propres de la société Delta s’analysaient comme suit (en milliers
d’euros) :

N–3 N–2 N–1 N


Capital 5 000 5 000 5 000 5 000
Réserves 2 500 2 800 2 900 3 000
Résultat 800 900 1 100 600
Provisions réglementées * 600 500 400 1 000
* Provision pour hausse de prix et amortissements dérogatoires

Le taux de l’impôt est de 35 %. Quelle écriture de mise en équivalence


(écriture de consolidation du bilan en milliers d’euros) passe-t-on le
31 décembre N ?

La valeur d’équivalence au 31 décembre N se calcule à partir de l’actif net


retraité de la société Delta. Il y a lieu de tenir compte de l’impôt différé sur
les provisions pour hausse de prix et les amortissements dérogatoires.
a)

261 Titres Delta mis en équivalence 2 880 000


261 Titres Delta 2 607 000
106 Réserves Delta 93 000
120 Résultat Delta 180 000

b)

261 Titres Delta mis en équivalence 2 880 000


261 Titres Delta 2 607 000
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106 Réserves Delta 156 000


120 Résultat Delta 117 000

c)

261 Titres Delta mis en équivalence 2 775 000


261 Titres Delta 2 607 000
106 Réserves Delta – 129 000
120 Résultat Delta 297 000

Q7.  Comment peut être classée dans le cadre d’IFRS  11 une société
en participation (au sens de l’article 1871 du Code civil) ?
a) une activité conjointe ; »
159
4.  La consolidation


» b) un actif commun ;


c) une coentreprise.

Q8. Dans le cadre des normes IFRS quels sont les états financiers consolidés
qui doivent être établis ?
a) un état de situation financière et un état du résultat global consolidés ;
b) un état de situation financière, un état du résultat global et une annexe conso-
lidées ;
c) un état de situation financière, un état du résultat global, un état de variation
des capitaux propres, un tableau de flux de trésorerie consolidés et un état
comprenant les méthodes comptables et des notes explicatives.

Q9.  Quelle est, selon la norme IFRS  11, la méthode préférentielle


pour les co-entreprises ?
a) la consolidation proportionnelle ;
b) la mise en équivalence ;
c) aucune des deux méthodes.

Q10. Précisez dans quels cas il ne s’agit pas d’une entité liée au sens d’IAS 24 ?
a) si une personne ou un membre de la famille proche de cette personne fait
partie d’une société mère de l’entité présentant les états financiers ;
b) les deux entités sont des entités associées du même tiers ;
c) une entité est une entreprise associée ou coentreprise d’une filiale du groupe
dont l’autre entité fait partie.

Corrigés et commentaires p. 564.

160
Chapitre 5

Les regroupements
d’entreprises

L
es regroupements d’entreprises (c’est-à-dire le fait pour deux ou plu-
sieurs entreprises indépendantes de se réunir) couvrent, notamment
pour l’IASB non seulement l’apport d’une entité à une autre entité
(fusion, apport partiel d’actif) mais également les prises de contrôle d’une
entité par une autre (achat de titres, franchissements de seuils de contrôle).
Dans un regroupement d’entreprises, généralement l’une des enti-
tés acquiert tout ou partie du capital de l’autre en payant en liquidités
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les actionnaires de l’entité acquise. Parfois, l’acquisition ou la prise de


contrôle est obtenue en payant le prix d’acquisition en actions de l’ac-
quéreur (échange d’actions obtenu par offre publique d’échange, par
fusion ou par apport de titres).
En fait, la notion de regroupement d’entreprises est très large et peut
notamment recouvrir les opérations suivantes :
–– avec paiement pour les titres de la cible  : décaissement de liquidi-
tés, transfert d’autres actifs ou activités, reprise de dettes, émission de
titres remis en échange par l’acquéreur ;
–– sans paiement pour les titres de la cible : par contrat, par réduction de
capital de la cible, par disparition des droits de veto ou droits de vote
double des minoritaires, par obtention de droits de vote majorés.

161
5.  Les regroupements d’entreprises


L’IASB dans la norme IAS 22, aujourd’hui abrogée distinguait deux


types de regroupements d’entreprises : l’acquisition et la mise en com-
mun d’intérêts. Cette norme a fait l’objet d’une révision en mars 2004
et est devenue la norme IFRS  3 « Regroupement d’entreprises ». Cette
révision a conduit notamment à l’abandon de la mise en commun d’in-
térêts et a été suivie d’une seconde révision en janvier 2008 (avec appli-
cation à compter du 1er  juillet 2009), préparée conjointement avec le
FASB, portant notamment sur certains points relatifs à la mise en œuvre
de la méthode d’acquisition, au traitement des intérêts minoritaires et
aux variations de pourcentages d’intérêts.

1. Définitions et méthode
de comptabilisation
Un regroupement d’entreprises est défini par la norme IFRS 3 comme une
transaction ou tout autre événement au cours duquel un acquéreur
obtient le contrôle d’une ou plusieurs entreprises.
La norme IFRS 3 s’applique à tout regroupement d’entreprises, quelle
que soit sa forme juridique, à l’exception des opérations ou entités
apportées pour former un partenariat, à la simple acquisition d’un actif
ou d’un groupe d’actifs à une combinaison d’entités ou d’entreprises
sous contrôle commun, ou à l’acquisition, par une entité d’investisse-
ment (voir chapitre 4 § 2.2.2) d’une participation dans une filiale qui
doit être évaluée à la juste valeur par le biais du résultat net. Tous les
regroupements d’entreprises, à l’exception de ceux présentés ci-dessus
doivent être comptabilisés en appliquant la méthode d’acquisition.
Une entité déterminera si une transaction ou tout autre événement
est un regroupement d’entreprises en appliquant la définition donnée
dans la norme IFRS  3, qui exige que l’actif acquis et le passif assumé
constituent une entreprise1. Si les actifs acquis ne sont pas des entités,
l’entité effectuant le reporting comptabilisera la transaction ou tout autre
événement comme une acquisition d’actif (immobilisation, stock, ins-
trument financier…)

1 Une entreprise y est définie par IFRS 3 comme « un ensemble intégré d’activités et d’actifs, sus-
ceptible d’être exploité et géré dans le but de fournir un rendement sous forme de dividendes, de
coûts inférieurs ou d’autres avantages économiques directement aux autres détenteurs, sociétaires ou
participants ». Une réforme en cours au 1er janvier 2017 vise à expliciter cette définition (IFRS 3 annexe
B 7 à B 11).

162
2. Application de la méthode
d’acquisition
L’application de la méthode d’acquisition requiert les étapes suivantes :
–– identification de l’acquéreur ;
–– détermination de la date d’acquisition ;
–– évaluation et comptabilisation des actifs identifiables acquis, des pas-
sifs repris et des intérêts minoritaires (participations ne donnant pas
le contrôle) de l’entité acquise ;
–– évaluation et comptabilisation du goodwill (ou du profit provenant
de l’acquisition).

2.1. Identification de l’acquéreur
Dans chaque regroupement d’entreprise, l’une des entités intervenantes
doit être identifiée comme étant l’acquéreur. La norme IFRS 3 renvoie
à la norme IFRS 10 pour définir la notion de contrôle (voir chapitre 4,
§ 2). L’acquéreur dans un regroupement d’entreprise est donc celui qui
obtient le contrôle des autres entités ou activités qui se regroupent. Il est
à noter que l’acquéreur au sens juridique du terme n’est pas obligatoire-
ment l’acquéreur au sens de la norme IFRS 3.

Prenons le cas de quatre sociétés, les sociétés Alpha, Bêta, Gamma et Delta. La
société Bêta est une filiale de la société Alpha laquelle possède 60 % des actions
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et la société Delta est une filiale de la société Gamma qui possède 90 % des
actions. La société Bêta, dont le capital se compose de 100 000 actions, envisage
d’absorber la société Delta. À ce titre, elle va procéder à une augmentation de
capital de 150 000 actions qui seront remises aux actionnaires de Delta.
Qui est, dans ce cas, l’acquéreur ? On pourrait croire qu’il s’agit de la société
Alpha, puisque celle-ci contrôle la société Bêta et que cette dernière va absorber
la société Delta. Et pourtant, après l’acquisition, Alpha ne possédera plus que du
100 000 × 60 %
100 000 × 60 % = 24 %
250 000 = 24 %  capital de Bêta, alors que la société Gamma possédera
250 000
150 000 × 90 %
150 000 × 90 % = 54 % du capital de Betâ. C’est donc la société Gamma qui
250 000 = 54 %
250 000
doit être considérée comme étant l’acquéreur.

163
5.  Les regroupements d’entreprises


2.2. Détermination de la date d’acquisition


L’acquéreur doit également identifier la date d’acquisition qui est la
date à laquelle il obtient le contrôle de l’entité acquise.

Prenons le cas d’une société Alpha qui a acquis 51 % des actions et droit de
vote de la société Bêta le 1er  janvier N–2. Au 1er  janvier N, ces ceux sociétés
conviennent de fusionner, la société Alpha absorbant la société Bêta. Quelle est
la date d’acquisition pour la société Alpha ?
Au sens de la norme IFRS 10 « un investisseur contrôle une entité détenue
lorsqu’il a des droits ou supporte des rendements variables du fait de son impli-
cation avec l’entité détenue et a la capacité d’influer sur ces rendements grâce à
son pouvoir dans l’entité détenue » ; la prise de contrôle par Alpha de la société
Bêta est le 1er janvier N–2 (et non le 1er janvier N, qui correspond simplement à
une opération juridique). C’est donc à la date du 1er janvier N–2 que doit être
constaté le regroupement d’entreprises.

2.3. Évaluation et comptabilisation des actifs


et passifs identifiables
À la date d’acquisition, l’acquéreur doit comptabiliser, indépendam-
ment du goodwill, les actifs identifiables acquis, les passifs repris et
déterminer la part des intérêts minoritaires dans l’entité acquise.
Les actifs et passifs identifiables doivent correspondre aux éléments
définis dans le cadre conceptuel de l’IASB (voir chapitre 2, § 6) : « un
actif est une ressource contrôlée par l’entité du fait d’événements pas-
sés ; un passif est une obligation actuelle de l’entité de transférer une
ressource économique à la suite d’événements passés1. »
À la date d’acquisition, l’acquéreur classera ou indiquera l’actif iden-
tifiable acquis et le passif repris de façon à pouvoir appliquer plus tard
les autres IFRS. L’acquéreur fera ces classifications ou désignations en
tenant compte des modalités contractuelles, des conditions écono-
miques, des pratiques comptables utilisées et des autres conditions exis-
tant à la date d’acquisition.
L’acquéreur évaluera les actifs identifiables acquis et les passifs à leur
juste valeur à la date d’acquisition.

1  Définitions révisées.

164
Remarque
Les coûts directs liés à l’acquisition (autres que les frais d’émission des titres
émis en rémunération du regroupement d’entreprise, qui sont comptabilisés
en diminution des capitaux propres), sont constatés en charges de l’exercice
d’acquisition et non en tant que composante du prix payé en rémunération du
regroupement. n

Pour ce qui concerne les intérêts minoritaires, l’acquéreur les évaluera,


soit à leur juste valeur, soit à la quote-part des minoritaires dans l’actif net
identifiables de l’entité acquise (voir ci-après § 1.2.5 ci-dessous).

Remarque
Pour certains apports, il y a lieu de tenir compte notamment de règles particu-
lières :
– il est possible, contrairement à IAS 37 « Provisions, passifs éventuels et actifs
éventuels » de prendre en compte un passif éventuel (passif ne correspondant
pas à la définition du cadre conceptuel) dans les passifs repris : il est nécessaire
cependant il faut que la juste valeur puisse être mesurée avec fiabilité. Un cer-
tain nombre d’actifs et de passifs éventuels, tels qu’ils sont aujourd’hui définis
par IAS 37 répondraient désormais à la définition d’un actif ou d’un passif. Ces
actifs et ces passifs seraient comptabilisés en tant que tels dès lors qu’ils pour-
ront être évalués de manière fiable. Il n’y aurait donc plus de divergence entre
la comptabilisation des éventualités selon IAS 37 et IFRS 3 ;
–  l’impôt sur le résultat doit être comptabilisé conformément à IAS  12 (voir
chapitre 16) : il doit être tenu compte des impôts potentiels déterminés sur les
différences liées à l’acquisition ;
– les avantages au personnel doivent être évalués conformément à IAS 19 (voir
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

chapitre 13) ;
–  les paiements fondés sur des actions doivent être évalués conformément
à IFRS 2 (voir chapitre 13 § 8) ;
– les actifs destinés à être cédés doivent être évalués conformément à IFRS 5
(voir chapitre 11) ;
–  les contrats de location simple et d’assurance sont évalués sur la base des
conditions à la signature des contrats (à condition que les termes du contrat
ne soient pas modifiés)  : ainsi, si le contrat n’est pas aux conditions de mar-
ché, il sera comptabilisé comme une immobilisation incorporelle en cas de
contrat favorable ou en passif en cas de contrat défavorable ; certains contrats
aux conditions de marché peuvent aussi contenir une immobilisation incorpo-
relle  au titre d’avantages économiques futurs ou parce qu’ils permettent de
pénétrer un marché. n

165
5.  Les regroupements d’entreprises


Ainsi, la reconnaissance séparée des actifs, passifs et passifs éventuels


à la date d’acquisition doit s’effectuer en fonction des critères suivants :
–– dans le cas d’un actif autre qu’une immobilisation incorporelle, il
faut qu’il soit probable que des avantages économiques futurs iront
à l’acquéreur et que la juste valeur puisse être mesurée avec fiabilité ;
–– dans le cas d’un passif autre qu’un passif éventuel, il faut qu’il soit
probable qu’une sortie de ressources engendrant des avantages écono-
miques pour l’acquéreur soit exigée pour éteindre l’obligation et que
la juste valeur puisse être mesurée avec fiabilité ;
–– dans le cas d’une immobilisation incorporelle ou d’un passif éventuel,
il faut que la juste valeur puisse être mesurée avec fiabilité.

La société Delta, société anonyme au capital de 10 000 000 € (nominal 100 €),


envisage de prendre le contrôle (en faisant l’acquisition de 60 % des titres) de
la société Epsilon dont le bilan et quelques informations complémentaires vous
sont donnés ci-dessous.

Bilan société Epsilon (en k€)

Terrains 3 000 Capital 20 000


Constructions 12 000 Réserve légale 2 000
Matériels 21 000 Réserves réglementées 8 500
Stocks 14 000 Autres réserves 8 100
Créances 20 000 Dettes 33 000
Disponibilités 1 600
71 600 71 600

Informations complémentaires :
La valeur nominale des titres est de 100 €.
Les valeurs respectives des éléments d’actif identifiables sont de (en k€) :
• éléments incorporels identifiables : 4 000
• terrains : 5 000
• constructions : 18 000
• matériels : 24 000
• stocks : 15 000
Un goodwill sera dégagé : il représentera la valeur du fonds de commerce.
Les autres éléments du bilan sont évalués à leur valeur nominale.
Les impôts différés seront calculés au taux de 35 %.
Aucun dividende ne sera distribué.

166
Il y a lieu, lors d’une fusion (mais cela est vrai également lors d’une prise de
participation) d’évaluer l’actif net de la société absorbée.
Il y a donc lieu d’évaluer les actifs et passifs identifiables de la société Epsilon.

Biens identifiables (en milliers d’E) :


• éléments incorporels identifiables : 4 000
• terrains : 5 000
• constructions : 18 000
• matériels : 24 000
• stocks : 15 000
• créances : 20 000
• liquidités : 1 600
87 600

À déduire :
• dettes : 33 000
• fiscalité différée (*) : 5 600
38 600
(*)
Fiscalité différée :
• sur éléments incorporels : 4 000 × 35 % = 1 400
• sur terrains : 2 000 × 35 % = 700
• sur constructions : 6 000 × 35 % =  2 100
• sur matériels : 3 000 × 35 % =  1 050
• sur stocks : 1 000 × 35 % = 350
5 600
La valeur totale des biens identifiables est donc de : 87 600 – 38 600 = 49 000 k€.
Cet apport pourrait être constaté comme suit :

205 Immobilisations incorporelles 4 000


© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

211 Terrains 5 000


213 Constructions 18 000
215 Matériels 24 000
3 Stocks 15 000
4 Créances 20 000
5 Liquidités 1 600
1687 Impôts différés 5 600
4 Dettes 33 000
456 Société Epsilon 49 000
Apport de la société Epsilon

Il a lieu ensuite de répartir la valeur de l’apport des actifs et passifs identifiables


entre les intérêts de la société mère et les intérêts minoritaires.
Il revient  : 49  000 × 60 % =  29  400  k€ à la société Delta et 49  000 × 40 %
= 19 600 k€ aux intérêts minoritaires (intérêts non assortis de contrôle).

167
5.  Les regroupements d’entreprises


On passera l’écriture suivante :

456 Société Epsilon 49 000


1081* Intérêts de la société mère 29 400
1082* Intérêts minoritaires 19 600
Répartition de l’apport société Epsilon entre
les droits de la société mère et les intérêts
minoritaires

* Comptes créés pour les besoins de la consolidation. Numéros attribués par nos
soins.

2.4. Évaluation et comptabilisation du goodwill


Le terme « goodwill » est un mot de langue anglaise. Il a été traduit
en français par « survaleur », notamment dans le glossaire des termes
économiques et financiers établi par le ministère de l’Économie et des
Finances (JO 27 septembre 2000). Le goodwill est la différence (positive,
la différence négative se traduisant par badwill ou goodwill négatif ou
sous-valeur – voir ci-après § 2.7) entre la valeur globale d’un ensemble
acquis et la somme des éléments qui composent cet ensemble. En comp-
tabilité, notamment française, le goodwill peut être comptabilisé, selon
le cas, dans le fonds commercial (comptes individuels) ou dans l’écart
d’acquisition (comptes consolidés).
La norme IFRS  3 définit le goodwill comme un actif représentant
les avantages économiques futurs générés par des actifs acquis dans un
regroupement d’entreprises qui ne peuvent être individuellement iden-
tifiés et comptabilisés séparément.
L’acquéreur doit (IFRS 3 § 32) constater le goodwill à la date d’acqui-
sition comme la différence (excédent) entre :
–– le total de la valeur de la contrepartie transférée et de la part revenant
aux intérêts minoritaires (participations ne donnant pas le contrôle) ;
–– le montant net des actifs et passifs identifiables constatés.

168
Reprenons le cas présenté ci-dessus (§ 2.3) : la société Delta a fait l’acquisition
de 60 % de la société Epsilon pour 36 000 k€.
On peut déterminer le goodwill de la manière suivante :
Contrepartie transférée (coût d’acquisition) : 36 000
Intérêts minoritaires : 19 600
55 600
Actifs et passifs identifiables constatés : 49 000
Goodwill : 6 600
On pourrait également calculer de goodwill de la manière suivante :
Actifs et passifs identifiables constatés : 49 000
Quote-part revenant aux majoritaires : 49 000 × 60 % = 29 400
Contre partie transférée (coût d’acquisition) : 36 000
Goodwill : 36 000 – 29 400 = 6 600

On pourrait (dans le cadre d’une consolidation) passer l’écriture suivante :

207 Goodwill 6 600


1081* Intérêts de la société mère 6 600
Constatation du goodwill

*Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.

On pourra ensuite compenser le compte « Intérêts de la société mère » par celui


des « Titres de participation Epsilon ». Il est à noter que la valeur des intérêts de
la société mère est égale, au moment de la prise de contrôle, à celle des titres
de participation acquis.
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

1081* Intérêts de la société mère 36 000


261 Titres de participation Epsilon 36 000
Élimination des titres : 29 400 + 6 600

*Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.

Remarque
Dans le cadre d’une mise en équivalence (voir chapitre  4 §  3.2) la valeur de la
participation comprend le goodwill qui n’est dissocié, un éventuel goodwill négatif
(voir ci-dessous § 2.7) étant constaté en résultat pour la quote-part de l’investisseur
dans le résultat de l’entité associée ou du coentrepreneur. n

169
5.  Les regroupements d’entreprises


2.5. Évaluation des intérêts minoritaires


(participations ne donnant pas le contrôle)
à la juste valeur
La norme IFRS 3 (§ 19) autorise l’évaluation des intérêts minoritaires :
–– soit leur quote-part dans l’actif net identifiable de l’entité acquise ;
–– soit à la juste valeur.
Elle précise que « pour chaque regroupement d’entreprises, les com-
posantes des participations ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise
acquise qui sont des titres représentant des droits de propriété actuels
qui donnent droit à leurs porteurs à une quote-part de l’actif net de
l’entité en cas de liquidation doivent, à la date d’acquisition, être éva-
luées par l’acquéreur :
–– soit à la juste valeur ;
–– soit pour la quote-part de l’actif net identifiable comptabilisé de l’en-
treprise acquise à laquelle donnent droit ces titres représentant des
droits de propriété actuels.
Toutes les autres composantes des participations ne donnant pas le
contrôle doivent être évaluées à leur juste valeur à la date d’acquisition,
à moins que des IFRS imposent une autre base d’évaluation ».
Si les intérêts minoritaires sont évalués à la juste valeur, il y a lieu de
comptabiliser la quote-part de goodwill revenant aux intérêts minoritaires.

Reprenons le cas présenté ci-dessus (§ 2.4). Supposons que les titres des inté-
rêts minoritaires sont évalués à la même valeur unitaire que ceux acquis par
la société Delta. La valeur de ces titres serait donc de 36  000 × 40 %/60 %
= 24 000. La quote-part de goodwill revenant aux minoritaires (dans le cadre
de leur évaluation à la juste valeur) serait donc de 24 000 – 19 600 = 4 400. On
passerait alors l’écriture complémentaire suivante :

207 Goodwill 4 400


1082* Intérêts minoritaires 4 400
Constatation de la part de goodwill revenant
aux minoritaires

* Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.

170
Remarque
En l’absence d’élément contraire, le prix payé par l’acquéreur serait présumé constituer
la meilleure estimation de la quote-part de l’acquéreur dans la juste valeur de l’acquise.
Dans le cas d’une acquisition portant sur 100 % de l’entité acquise, l’acquéreur devrait
généralement utiliser la juste valeur à la date d’acquisition du prix payé pour déterminer
la juste valeur totale de l’acquise. Dans le cas d’une acquisition portant sur moins de
100 % de l’acquise à la date d’acquisition (que ce soit en une transaction unique ou en
plusieurs transactions), la juste valeur totale de l’acquise serait évaluée par extrapolation
du prix payé (ou si le prix payé ne constitue pas la meilleure évaluation, par extrapolation
de la juste valeur totale dégagée par une autre méthode plus pertinente). Ainsi, par
exemple, si une société A prend le contrôle d’une société B en faisant l’acquisition de
100 % des titres de la société B pour 1 000 k€, la juste valeur totale de la société B sera
estimée à 1 000 k€. Si elle prend, par ailleurs, le contrôle d’une société C en faisant
l’acquisition de 60 % des titres de la société C pour 1 200 k€, la juste valeur totale de la
société C sera estimée à 1 200/60 % = 2 000 k€. n

En fait, la révision de la norme sur les regroupements d’entreprises


(version janvier 2008) propose, de manière optionnelle, une approche
différente de l’évaluation du goodwill. Alors que la norme IFRS 3 (ver-
sion mars  2004) utilisait uniquement la méthode du « purchase good-
will » (ou goodwill partiel) correspondant à la méthode présentée au
§ 2.4 ci-dessus, la version de janvier 2008 d’IFRS 3 propose également la
méthode du « full goodwill » (ou goodwill total), utilisée aux États-Unis,
qui inclut la quote-part du goodwill revenant aux minoritaires. Dans
ce cas, le goodwill est évalué comme étant la différence entre la juste
valeur totale de l’entité acquise (et non pas uniquement le prix payé
pour la quote-part de l’acquéreur) et la juste valeur totale des actifs et
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des passifs identifiables acquis (et non pas uniquement la quote-part de


l’acquéreur dans cette juste valeur).

Si l’on reprend l’exemple présenté ci-dessus, le « full goodwill » serait déterminé


comme suit :
–– coût d’acquisition de la société Epsilon : 60 000
–– actifs et passifs identifiables acquis : 49 000
11 000
Ce goodwill revient à la société Delta pour 11 000 × 60 % = 6 600 k€ et aux
intérêts minoritaires (qui seront intégrés au bilan consolidé) pour 11 000 × 40 %
= 4 400 k€.

171
5.  Les regroupements d’entreprises


Remarque
Il est possible, bien entendu, de présenter des écritures regroupées pour les opérations
analysées dans les §  2.3, 2.4, et 2.5. On pourrait avoir alors simplement les deux
écritures suivantes :

205 Immobilisations incorporelles 4 000


207 Goodwill 11 000
211 Terrains 5 000
213 Constructions 18 000
215 Matériels 24 000
3 Stocks 15 000
4 Créances 20 000
5 Liquidités 900
1687 Impôts différés 4 900
4 Dettes 33 000
456 Société Epsilon 49 000 + 11 000 60 000
Apport de la société Epsilon

456 Société Epsilon 60 000


261 Titres de participation Epsilon 36 000
108* Intérêts minoritaires 60 000 × 40 % ou 24 000
19 600 + 4 400
Constatation de la part de goodwill revenant
aux minoritaires

* Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins. n

Il est à noter que, dans le cadre d’une fusion (ou d’une prise de participa-
tion à 100 % dans la filiale), on calculerait le goodwill de la même manière.

Reprenons le cas précédent et supposons que la société Delta envisage d’absor-


ber (fusionner avec) la société Epsilon. La valeur du titre Delta serait fixée à 150 €
(nominal 100 €) et il serait créé 400 000 actions Delta nouvelles pour rémunérer
l’apport réalisé par Epsilon.
L’écriture d’augmentation de capital serait la suivante et remplacerait la seconde
écriture présentée ci-dessus. L’écriture relative à la constatation des apports
serait la même que la première écriture présentée ci-dessus.

456 Société Epsilon 60 000


101 Capital social 400 000 × 100 40 000
1042 Prime de fusion 400 000 × 50 20 000
Augmentation de capital de la société Delta

172
On voit, par cet exemple, qu’il y a dans l’esprit de la norme IFRS 3 d’importantes
convergences entre une opération de fusion et une simple opération de prise de
contrôle par acquisition de titres.

2.6. Dépréciation du goodwill
Conformément à IFRS 3 et à IAS 36 (voir chapitre 12, § 4) l’entité doit, à
la clôture de chaque exercice estimer la valeur recouvrable du goodwill.
Si cette valeur est devenue inférieure à la valeur comptable du goodwill,
une perte de valeur doit être constatée.

Si, à la fin de l’exercice N, la valeur de goodwill pour la prise de participation sur


Epsilon est évaluée à 6 000 k€ (au lieu de 6 600 k€), il y aura lieu de constater
les écritures suivantes :
Au bilan :

120 Résultat 600


207 Goodwill 600
Perte de valeur : 6 600 – 6 000

Au compte de résultat :

6816 Dotations aux provisions pour pertes de 600


valeur du goodwill
120 Résultat 600
Perte de valeur
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Les tests de dépréciations doivent être effectués à la fin de chaque


exercice et à chaque fois qu’un événement ou des changements peuvent
conduire à une dépréciation. La dépréciation du goodwill ne peut être
reprise.

2.7. Évaluation et comptabilisation du profit


provenant de l’acquisition (ou goodwill négatif)
Si l’intérêt de l’acquéreur dans la juste valeur des actifs, passifs et passifs
éventuels identifiables dépasse le coût du regroupement d’entreprise,
l’acquéreur doit comptabiliser immédiatement en résultat l’excédent
apparaissant après la révision.

173
5.  Les regroupements d’entreprises


L’IASB (IFRS 3 version 2004, § 32 et 57) analysait le goodwill négatif


en quatre composantes :
–– existence de dettes éventuelles liées à l’acquisition de l’entité nouvelle
(cas notamment de charges de restructuration) si celles-ci n’ont pas
été prises en compte ;
–– erreurs dans la mesure de la juste valeur des éléments de l’actif et du
passif identifiables ;
–– écarts entre l’évaluation d’un élément de l’actif net identifiable déter-
miné selon une méthode autre que la juste valeur et la juste valeur de
cet élément ;
–– un vrai gain sur l’acquisition de l’entité.
Elle préconisait que soient retraitées les trois premières composantes
et que le goodwill négatif résiduel soit constaté dans le résultat de l’exer-
cice.
IFRS 3, version 2008 (§ 34 à 36), a une approche différente du trai-
tement du « goodwill négatif » appelé « bargain purchase » ou « bonne
affaire ». Le § 36 de la norme stipule qu’« avant de comptabiliser un pro-
fit sur une acquisition à des conditions avantageuses (gain on a bargain
purchase), l’acquéreur doit réexaminer s’il a correctement identifié tous
les actifs acquis et tous les passifs repris ; il doit également comptabiliser
tous les actifs ou passifs additionnels identifiés lors de ce réexamen ».

Supposons dans l’exemple développé au § 2.4 ci-dessus que le prix d’acquisition


de 60 % du capital de la société Epsilon ait été de 24 000 k€. On aurait eu le
calcul du goodwill négatif suivant (méthode du « purchase goodwill ») :
Coût d’acquisition de 60 % des actions de la société Epsilon : 24 000
Quote-part valeur comptable de l’actif net d’Epsilon :
49 000 × 60 % =  – 29 400
Quote-part écart d’évaluation : – 5 400
L’écriture suivante aurait été comptabilisée :

261 Titres de participation 5 400


209* Goodwill négatif 5 400
Goodwill négatif

* Compte propre à la consolidation. Numéro attribué par nos soins.

174
Si l’on considère que ce goodwill négatif s’explique par des justes valeurs trop
« ambitieuses », il est possible de corriger ces justes valeurs et le goodwill corres-
pondant. De même, s’il est possible d’évaluer les passifs éventuels de manière
fiable, la prise en compte de ces passifs devra être intégrée pour le calcul du
goodwill.
Supposons que l’écart d’évaluation dégagé au § 2.4 ci-dessus soit trop élevé de
1 500 k€ pour les terrains, de 3 000 k€ pour les constructions et de 2 000 k€
pour les immobilisations incorporelles (les écarts corrigeables portent plutôt sur
des biens non appelés à être cédés) et que la dette de restructuration soit de
4 000 k€, on corrigera la comptabilisation ainsi :

106 Réserves Epsilon 6 825


1687 Impôts différés (2  000 + 1  500 + 3  000 + 3 675
4 000) × 35 %
205 Immobilisations incorporelles 2 000
211 Terrains 1 500
213 Constructions 3 000
154 Provisions pour restructuration 4 000
Corrections écarts d’évaluation

106 Réserves Delta 6 825 × 60 % 4 095


108* Intérêts minoritaires 2 730
106 Réserves Epsilon 6 825
Affectation réserves Epsilon

209 Goodwill négatif 4 095


106 Réserves Delta 4 095
Imputation sur le goodwill négatif

* Compte propre à la consolidation. Numéro attribué par nos soins.

Le goodwill négatif est ainsi ramené à 5 400 – 4 095 = 1 305 k€ et sera comp-
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.

tabilisé en résultat.
Au bilan :

209 Goodwill négatif 1 305


120 Résultat Delta 1 305
Reprise goodwill négatif

Au compte de résultat :

120 Résultat 1 305


778 Autres produits exceptionnels 1 305
Reprise goodwill négatif

175
5.  Les regroupements d’entreprises


Remarque
Si la méthode du « full goodwill » était utilisée dans l’exemple présenté ci-dessus, la
juste valeur totale de la société Epsilon serait estimée à 24 000/60 % = 40 000 k€.
Comme la valeur nette des actifs et passifs identifiables apportés est de 49 000 k€, le
« goodwill négatif » serait de 9 000 k€. La correction des actifs et passifs de 6 825 k€
ramènerait ce « goodwill négatif » à 2 175 k€ ; seule serait comptabilisée la quote-
part revenant à l’acquéreur, soit 2 175 × 60 % = 1 305 k€, soit la même valeur que
dans la méthode du « purchase goodwill ». n

2.8. Prise de contrôle d’une entité par lots


successifs
Dans un regroupement d’entreprises réalisé par étapes, l’acquéreur doit
réévaluer la participation qu’il détenait précédemment dans l’entreprise
acquise à la juste valeur à la date d’acquisition et comptabiliser l’éven-
tuel profit ou perte en résultat.
Ainsi, lors d’une acquisition par étapes, le goodwill est déterminé
(après la période d’évaluation) une fois pour toutes à la prise de contrôle.
Il en est de même des actifs et passifs identifiables évalués à la juste
valeur à la date de contrôle (les réévaluations éventuelles étant consta-
tées en résultat).

3. Informations à fournir
Pour chaque regroupement d’entreprises ayant eu lieu au cours d’une
période, l’acquéreur doit fournir les informations suivantes :
–– le nom et une description de l’entité acquise ;
–– la date d’acquisition ;
–– le pourcentage des participations conférant des droits de vote ;
–– les raisons qui ont conduit au regroupement et une description des
moyens que l’acquéreur a utilisé pour parvenir au contrôle de l’entité
acquise ;
–– une description des facteurs qui expliquent la constatation d’un
goodwill ;
–– la juste valeur à la date d’acquisition du prix payé ainsi que de la juste
valeur de chaque catégorie d’élément remis en rémunération de l’ac-
quise (trésorerie, immobilisations corporelles et incorporelles passifs
encourus, participations de l’acquéreur, etc.) ;

176
–– des indications sur les accords de contrepartie éventuelle et les actifs
compensatoires ;
–– des indications sur les créances acquises ;
–– les montants comptabilisés à compter de la date d’acquisition pour
chaque grande catégorie d’actifs acquis et de passifs repris ;
–– des indications sur les passifs éventuels pris en compte ;
–– le montant total du goodwill dont on s’attend à ce qu’il soit déduc-
tible fiscalement ;
–– une analyse des transactions qui sont comptabilisées séparément de
l’acquisition d’actifs et de la prise en charge de passifs ;
–– le montant du « goodwill négatif » imputé sur le résultat (avec indica-
tion de la ligne où ce montant est comptabilisé) ;
–– le montant de la participation ne donnant pas le contrôle dans l’en-
treprise acquise comptabilisée à la date d’acquisition et la base d’éva-
luation de ce montant, et pour chaque participation ne donnant pas
le contrôle dans une entreprise acquise évaluée à la juste valeur, les
techniques de valorisation et les principales variables des modèles uti-
lisés pour déterminer cette valeur ;
–– dans un regroupement d’entreprises réalisé par étapes, la juste valeur
à la date d’acquisition de la participation dans l’entreprise acquise
détenue par l’acquéreur immédiatement avant la date d’acquisition ;
–– le montant du résultat de l’entité acquise repris dans le résultat de la
période de l’entité acquéreur.
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Test de connaissances

Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse


(une seule réponse est possible).

Q1. Qu’est-ce qu’une acquisition au sens d’IFRS 3 ?


a) une acquisition est un regroupement d’entités dans lequel les actionnaires des
entités concernées regroupent la totalité, ou la quasi-totalité, de leur actif net
et de leurs activités de telle sorte que les risques et les avantages du regroupe-
ment soient mutuellement partagés de façon durable et qu’aucune partie ne
puisse être identifiée comme l’acquéreur ;
»

177
5.  Les regroupements d’entreprises


» b) utés,ne l’acquéreur
acquisition est un regroupement d’entreprises dans lequel l’une des enti-
prend le contrôle de l’actif et des activités d’une autre entité,
l’entité acquise, en échange d’un transfert d’actifs, de la prise en charge d’un
passif ou de l’émission de titres de capitaux propres ;
c) une acquisition est le pouvoir de diriger les politiques financière et opération-
nelle d’une entité afin d’obtenir des avantages de ses activités.

Q2. Quels coûts encourus lors de l’acquisition d’une filiale, désignés ci-après,


doivent être, selon IFRS 3, comptabilisés dans le coût d’acquisition ?
a) les honoraires professionnels versés aux comptables, aux conseils juridiques,
aux évaluateurs et autres consultants intervenus pour effectuer l’acquisition ;
b) les coûts de fonctionnement du service chargé des acquisitions ;
c) aucun des coûts d’acquisition.

Q3.  La société Alpha prend le contrôle de la société Bêta en faisant


l’acquisition de 51 % des actions du capital de cette société. Comment, dans
les états financiers consolidés de la société Alpha, doivent être présentés les
terrains et constructions de la société Bêta (selon IFRS 3) ?
a) à la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta ;
b) à leur juste valeur (valeur de marché) dans les comptes de la société Bêta ;
c) à la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta majorée
de 51 % de la différence entre la juste valeur (valeur de marché) et la valeur
comptable.

Q4.  La société Alpha vient de prendre le contrôle de la société Gamma


en faisant l’acquisition pour 8 100 k€ de 60 % du capital de cette société.
Les actifs identifiables de la société Gamma sont évalués à 20 000 k€ et les
passifs identifiables à 13 000 k€. Quel est le montant du goodwill (méthode
du « purchase goodwill »), le taux d’impôt sur les sociétés étant de 33 1/3 % ?
a) 1 100 k€ ;
b) 3 900 k€ ;
c) 2 600 k€.

Q5. En reprenant les données de la question précédente, quel est le montant


du goodwill (méthode du « full goodwill ») ?
a) 2 000 k€ ;
b) 4 000 k€ ;
c) 6 500 k€.

Q6. Comment dans la norme IFRS 3 se déprécie le goodwill ?


a) linéairement sur 40 ans ;
b) on détermine chaque année la valeur du goodwill et l’on constate chaque
année la perte de valeur ;
c) il ne s’amortit jamais. »
178
» Q7. La société Alpha a pris le contrôle de la société Upsilon. Avec ses actifs
et ses passifs, la société Upsilon a apporté des actifs éventuels (carnets de
commandes, projets de développement) qui ont été valorisés et des passifs
éventuels (frais de restructuration notamment) également valorisés avec
fiabilité. Doit-elle au moment du regroupement :
a) comptabiliser les actifs éventuels et les passifs éventuels apportés ;
b) ne comptabiliser que les passifs éventuels apportés ;
c) ne comptabiliser ni actifs éventuels, ni passifs éventuels.

Q8.  La société Alpha a pris le contrôle de la société Omicron en faisant


l’acquisition de 75 % du capital. Les titres ont été acquis pour une valeur de
70 000 k€. L’actif net comptable de la société Omicron était de 80 000 k€.
La différence entre la juste valeur de certains actifs et leur valeur comptable
est ainsi détaillée :
–– différence sur immobilisations incorporelles évaluées
selon un marché actif : 6 000 k€
–– différence sur immobilisations corporelles : 3 000 k€
–– différences sur stocks : 1 800 k€
–– impôts différés sur plus-values (à 33 1/3 %) : 3 600 k€

Quel serait le montant du goodwill positif ?


a) 1 000 k€ ;
b) 7 650 k€ ;
c) 4 600 k€.

Q9. La société Alpha a pris le contrôle de 80 % du capital de la société Epsilon


et un goodwill négatif de 4 800 k€ a été constaté. La société Alpha envisage
de restructurer la société Epsilon, le coût de restructuration devant s’élever
à 6  000 k€ (taux de l’impôt 33 1/3 %). Quel sera le montant du goodwill
négatif (« bargain purchase » ou « bonne affaire ») ?
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a) 0 k€ ;
b) 1 600 k€ ;
c) 800 k€.

Q10. Quelle information selon IFRS 3 n’est pas obligatoire ?


a) le nom et la description des entités se regroupant ;
b) des informations sur les montants recourables et la perte de valeur du good-
will ;
c) les raisons qui ont conduit au regroupement et une description des moyens
que l’acquéreur a utilisé pour parvenir au contrôle de l’entité acquise.

Corrigés et commentaires p. 568.

179
Chapitre 6

Les instruments
financiers

L
a notion d’instruments financiers en IFRS est bien plus large
que celle qui lui est donnée notamment en France par l’article
L. 211-1 du Code monétaire et financier (issu de la loi 96-597 du
2 juillet 1996 de modernisation des activités financières et de l’ordon-
nance 2009-15 du 8 janvier 2009 relative aux instruments financiers).
Cet article stipule que les instruments financiers comprennent les « titres
financiers » (titres de capital émis par les sociétés par actions, titres de
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créance, à l’exclusion des effets de commerce et des bons de caisse, parts


ou actions d’organismes de placements collectifs) et les « contrats finan-
ciers » dénommés « instruments financiers à terme ».
En effet, les instruments financiers en IFRS peuvent comprendre des
actifs financiers non représentés par des titres ou des contrats, comme
les créances clients ou les liquidités et des passifs financiers comme
les dettes fournisseurs, les emprunts ou les crédits de trésorerie. Dans
les entreprises financières (banque et assurance) et non financières, ils
représentent une part importante (très importante pour les entreprises
financières) des actifs et des passifs.

181
6.  Les instruments financiers


1. Les instruments financiers


selon les normes IFRS
Dès 1989, l’IASB s’était engagée dans un projet d’élaboration d’une norme
globale relative à la comptabilisation, l’évaluation et la fourniture d’infor-
mation sur les instruments financiers. Une première phase a été finalisée en
1995 avec l’approbation de la norme IAS 32 « Instruments financiers : infor-
mations à fournir et présentation ». La deuxième phase a abouti en 1998
avec l’approbation d’une seconde norme (IAS 39 « Instruments financiers :
comptabilisation et évaluation »). Cette dernière a accru sensiblement l’uti-
lisation de la juste valeur dans la comptabilisation des instruments finan-
ciers. Depuis, les normes IAS 32 et 39 ont été révisées de nombreuses fois.
En 2005, elles ont été complétées par la norme IFRS 7 « Instruments finan-
ciers : informations à fournir » laquelle a remplacé une partie de la norme
IAS 32 ainsi que la norme IAS 30 alors consacrée aux informations à four-
nir dans les états financiers des banques et autres institutions financières.
Enfin, en 2008 à la demande notamment du G20 (déclaration du 2 avril
2009), à la suite de la crise financière, a été mis en chantier la révision de la
norme IAS 39 et son remplacement par une nouvelle norme IFRS 9 publiée
en plusieurs parties, en novembre 2009, octobre 2010, novembre 2013 et
juillet 2014, plus simple d’application et utilisable à compter du 1er janvier
2018, une application anticipée étant autorisée.
Dans cet ouvrage, nous présenterons les dispositions applicables de
la norme IFRS 9 (avec sous forme de remarques les caractéristiques essen-
tielles d’IAS 39, laquelle reste applicable jusqu’au 31 décembre 2017).
L’ensemble des quatre normes représente aujourd’hui (en volume)
près de 25 % de l’ensemble des normes IFRS (normes proprement dites
en dehors des interprétations, des bases de conclusions et des guides de
mise en œuvre qui y sont associés)1.
La norme IAS 32 a pour objectif :
–– de présenter les définitions des différentes catégories d’instruments
financiers et de clarifier la classification en dettes ou capitaux propres
des dits instruments ;

1  L’ensemble des normes, interprétations, bases de conclusions, guides de mise en oeuvre représente
4 704 pages (Red Book IASB). La partie A du Red Book 2016 est de 1 664 pages (un livre) contenant
les normes et les interprétations et la partie B est de 3 040 pages (un livre) contenant les documents
d’accompagnement, les guides d’application, les bases des conclusions, etc. Dans le Mémento Francis
Lefebvre IFRS 2017 (2195 p.), le chapitre relatif aux instruments financiers est développé sur 731 pages
(p.1109 à 1840).

182
–– de préciser les conditions selon lesquelles les instruments financiers
sont portés au bilan.
La norme IFRS 9 (et IAS 39) a pour objectif :
–– de présenter les méthodes de comptabilisation (et de décomptabilisa-
tion) des différentes formes de d’instruments financiers ;
–– d’analyser les méthodes d’évaluation des différentes formes d’instru-
ments financiers ;
–– d’exposer les méthodes spécifiques de comptabilisation des instru-
ments financiers dits de couverture.
La norme IFRS 7 a pour objectif de fournir une information :
–– sur l’impact des instruments financiers sur la situation financière et la
performance de l’entité ;
–– sur les risques auxquels l’entité est exposée, la provenance de ces
risques, sur le risque de crédit, le risque de liquidité et le risque com-
mercial.
Les normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9 sont des normes complexes
qui concernent toutes les fonctions de l’entité et qui ont un impact sur
un grand nombre de postes du bilan.
Elles ont la particularité d’être applicables à la fois par les entités
financières (banque et assurance), pour qui elles sont essentielles, et les
entités non financières. Pour nombre de ces dernières, pour lesquels
les actifs financiers ne comprenant que des créances clients et dépôts
bancaires, le passage d’IAS 39 à IFRS 9 ne changera rien à leur pratique.
Pour les entités financières et les entités non financières qui ont une
gamme d’activités plus étendues portant sur des instruments financiers,
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le passage d’IAS 39 à IFRS 9 devrait conduire à moins de volatilité dans


leurs résultats et être d’une application moins complexe.
Dans cet ouvrage consacré à la pratique des normes internationales
(dans leur ensemble), nous n’avons pas l’ambition d’examiner tous les
cas particuliers pouvant se présenter (et qui concernent, pour l’essentiel,
les établissements financiers et les compagnies d’assurance).
Les normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9 analysent les définitions rela-
tives aux instruments financiers, leur classification, la notion de juste
valeur dans les instruments financiers, la comptabilisation et l’évalua-
tion des instruments financiers, la décomptabilisation, les problèmes
posés par les instruments de couverture et les informations à fournir sur
ces instruments dans les états financiers.

183
6.  Les instruments financiers


2. Définitions relatives aux instruments


financiers
2.1. Notion d’instrument financier
Selon la norme IAS  32 « un instrument financier est un contrat qui
donne lieu à un actif financier d’une entité et à un passif financier ou à
un instrument de capitaux propres d’une autre entité ».

2.2. Notions d’actif financier et de passif financier


Un actif financier désigne l’un ou l’autre des actifs suivants :
–– trésorerie (liquidités) ;
–– instrument de capitaux propres d’une autre entité ;
–– droit contractuel de recevoir d’une autre entité de la trésorerie ou un
autre actif financier ;
–– droit contractuel d’échanger des instruments financiers avec une
autre entité à des conditions potentiellement favorables ;
–– contrat qui sera ou pourra être réglé en instruments de capitaux
propres d’une entité (instrument non dérivé dans lequel une entité va
recevoir un certain nombre d’instruments de capitaux propres ou ins-
trument dérivé qui sera réglé ou qui peut être réglé autrement que par
l’échange d’un montant fixé de trésorerie ou d’un autre actif financier
contre un nombre fixé d’instruments de capitaux propres de l’entité
elle-même).
Un passif financier désigne tout passif correspondant à une obliga-
tion contractuelle (ou à un contrat) :
–– de remettre de la trésorerie à une entité ou tout autre actif financier ;
–– d’échanger des instruments financiers avec une autre entité à des
conditions potentiellement défavorables ;
–– contrat qui sera ou pourra être réglé en instruments de capitaux
propres de l’entité elle-même (instrument non dérivé dans lequel
une entité va délivrer un certain nombre d’instruments de capitaux
propres ou instrument dérivé qui sera réglé ou pourra être réglé autre-
ment que par un montant de trésorerie ou d’autres actifs financiers
contre un nombre fixé d’instruments de capitaux propres de l’entité
elle-même).

184
Exemple

Sont des actifs financiers au sens des normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9, les valeurs
constatées dans les postes suivants du bilan à l’actif (selon l’article 821-1 du PCG) :
–– immobilisations financières (participations, créances rattachées à des partici-
pations, titres immobilisés de l’activité de portefeuille, autres titres immobilisés,
prêts, autres) ;
–– avances et acomptes versés sur commandes ;
–– créances (créances clients et comptes rattachés, autres, capital souscrit-
appelé, non versé) ;
–– valeurs mobilières de placement ;
–– instruments de trésorerie ;
–– disponibilités.
Sont des passifs financiers, les valeurs constatées dans les postes suivants du
bilan au passif (selon l’article 821-1 du PCG) :
–– emprunts obligataires convertibles ;
–– autres emprunts obligataires ;
–– emprunts et dettes auprès des établissements de crédit ;
–– emprunts et dettes financières diverses ;
–– avances et acomptes reçus sur commande en cours ;
–– dettes fournisseurs et comptes rattachés ;
–– dettes fiscales et sociales ;
–– dettes sur immobilisations et comptes rattachés ;
–– autres dettes ;
–– instruments de trésorerie.
Sont aussi des passifs financiers les droits, les options et les warrants (qui sont
instruments dérivés) donnant le droit d’acquérir un nombre fixé d’instruments
de capitaux propres de l’entité contre un montant fixé de n’importe quelle mon-
naie. Sont des instruments de capitaux propres si l’entité propose ces droits,
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options et warrants en proportion à tous les détenteurs existants de la même


catégorie de ses instruments de capitaux propres non dérivés.

Ne sont pas des instruments financiers au sens de l’IASB et ne sont


pas ainsi soumis aux règles des normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9 :
–– les titres de participation consolidés par intégration globale ou mise
en équivalence (voir IFRS 10 et 11 et IAS 28 chapitre 4 § 2, 3 et 4) ;
seuls les titres de participation non consolidés devant être considérés
comme des instruments financiers. Toutefois, les titres de participa-
tion de filiales, entités associées et co-entreprises consolidées peuvent
être comptabilisées conformément à IFRS 9 (IAS 39) dans les comptes
individuels (voir chapitre 4, § 7) ;

185
6.  Les instruments financiers


–– les contrats à terme fermes signés dans le cadre de regroupements


d’entreprises ;
–– les droits et obligations résultant d’un contrat de location (voir IAS 17
et IFRS 16 chapitre 10) ;
–– les actifs et passifs résultant d’avantages du personnel (voir IAS  19,
chapitre 13) ;
–– les contrats et obligation relevant de transactions dont le paiement
est fondé sur des actions (voir IFRS 2, chapitre 13, § 8) ;
–– les obligations en matière d’assurance (voir IFRS 4, chapitre 20, § 2.1) ;
–– les droits à des paiements pour rembourser l’entité des dépenses
qu’elle est tenue de faire pour éteindre un passif qu’elle comptabilise
comme provision selon IAS 37 (voir chap. 14) ;
–– les actifs non financiers, comme les stocks, les immobilisations cor-
porelles et incorporelles, les contrats sur marchandises (voir exemple
ci-dessous) à l’exception des contrats conclus en vue de faire l’objet
d’un règlement net en trésorerie ou en un autre instrument ­financier.

Exemple

La société Zêta a acquis en avril N sur Euronext Paris SA 10 contrats de 50 tonnes


métriques de blé (Contrat Corn Future) à échéance de septembre N+1. Si le
contrat a été passé dans le but pour l’entreprise (une meunerie) de s’assurer un
approvisionnement certain à un prix certain en N+1, la livraison étant attendue,
il ne s’agit pas d’un instrument financier. Si le contrat a été passé uniquement
pour se couvrir sur une opération ou pour s’assurer un profit sans attendre la
livraison, il s’agit d’un instrument financier.

2.3. Notion d’instrument de capitaux propres


Un instrument de capitaux propres désigne tout contrat mettant en évi-
dence un intérêt résiduel dans les actifs d’une entité après déduction de
tous ses passifs.
Les instruments de capitaux propres correspondent en fait aux
actions et titres assimilés de l’entité.
Pour IAS 32 (§ 16), un instrument financier (ou un composant d’ins-
trument financier) est un instrument de capitaux propres si, notamment :
–– il n’inclut pas d’obligation contractuelle de remettre de la trésorerie
ou un autre instrument financier à une autre entité ou d’échanger des

186
actifs ou des passifs financiers avec une autre entité dans des condi-
tions potentiellement défavorables pour l’émetteur (ce qui corres-
pond à un passif financier) ;
–– étant ou pouvant être réglé aux instruments de capitaux propres de
l’émetteur lui-même, il est un instrument non dérivé (pour la notion
d’instrument dérivé voir ci-après § 2.4) qui n’inclut pas d’obligation
contractuelle pour l’émetteur de fournir un nombre variable d’instru-
ments de capitaux propres (cas des bons de souscription par exemple)
ou est un instrument dérivé qui sera éteint par l’émetteur en échan-
geant un montant fixé de trésorerie ou un autre actif financier contre
un nombre déterminé de ses propres instruments de capitaux propres
(options sur actions par exemple).
Il est à noter que les participations ne donnant pas le contrôle (inté-
rêts minoritaires) doivent être considérés comme des capitaux propres
(voir chapitre 3, § 2.1.5). Il en résulte que les achats et ventes de parti-
cipations minoritaires dans des filiales doivent être traités comme des
réductions ou des augmentations de capitaux propres.

2.4. Notion d’instrument financier dérivé


La norme IFRS 9 (reprenant la définition d’IAS 39) définit par ailleurs
l’instrument financier dérivé (notion qui correspond à celle d’instru-
ment financier à terme développée par l’article L. 211-1 du Code moné-
taire et financier cité ci-dessus) :
« un dérivé est un instrument financier ou autre contrat présentant
les trois caractéristiques suivantes :
–– sa valeur varie en fonction de la variation d’un taux d’intérêt, du prix
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d’un instrument financier, du prix d’une marchandise, d’un cours


de change, d’un indice de prix ou de taux, d’une notation ou d’un
indice de crédit, ou d’une autre variable spécifiée, à condition que,
dans le cas d’une variable non financière, celle-ci ne soit pas spéci-
fique à l’une des parties au contrat (la variable étant parfois appelée
le « sous-jacent ») ;
–– il ne requiert aucun investissement net initial ou qu’un investisse-
ment net initial inférieur à celui qui serait nécessaire pour d’autres
types de contrats dont on pourrait attendre des comportements simi-
laires face à l’évolution des facteurs du marché ;
–– son règlement se fait à une date future ».

187
6.  Les instruments financiers


➢➢Exemples d’instruments dérivés


Types de contrats Sous-jacents
Contrat d’échange de taux (swaps de taux) Taux d’intérêt
Contrat d’échange de devises (swaps de devises) Cours de la devise
Option d’achat ou de vente acquise ou cédée portant Taux d’intérêt
sur des titres d’État
Option sur les devises Cours de la devise
Option sur marchandises Cours des marchandises
Option sur actions sur marché organisé Cours des actions
ou traitée de gré à gré
Contrat à terme ferme sur marché organisé Taux d’intérêt
(type Euronext Liffe) lié à des intérêts produits
sur des titres d’État
Achat ou vente à terme ferme de taux d’intérêt Taux d’intérêt
traité de gré à gré (Forward rate agreement)
ou accord de taux futur

Les instruments financiers, en définitive, se répartissent en deux


catégories :
–– les instruments financiers dits « primaires » tels les créances, les dettes,
les instruments de capitaux propres émis par une autre entité ;
–– les instruments financiers dérivés tels les swaps, les options, les achats
et ventes à terme qui constituent des instruments financiers « secon-
daires ».

2.5. Notion de dérivé incorporé


Un dérivé incorporé est une composante d’un instrument hybride (ou
composé)1 qui inclut également un contrat hôte non dérivé, ce qui a
pour effet de faire varier une partie des flux de trésorerie de l’instru-
ment composé d’une manière analogue à celle des flux de trésorerie d’un
dérivé autonome. Si un dérivé est attaché à un instrument financier mais
qu’il est contractuellement transférable indépendamment de cet instru-
ment ou que la contrepartie diffère de celle de cet instrument, ce dérivé
n’est pas un dérivé incorporé, mais un instrument financier distinct.
La norme IFRS 9 (§  4.3.2) précise que lorsqu’un contrat hybride
a comme contrat hôte un actif financier, il n’est pas décomposé. Par

1  Un instrument composé est constitué d’une dette et d’un instrument de capitaux propres. Son trai-
tement relève d’IAS 32. Un instrument hybride est constitué d’un contrat hôte (dette par exemple) et
d’un ou de plusieurs dérivés.

188
contre, pour tout dérivé incorporé, lorsque le contrat hôte est un pas-
sif financier ou un élément non financier le dérivé incorporé doit être
séparé du contrat hôte et comptabilisé en tant que dérivé, si et seule-
ment si :
–– les caractéristiques économiques et les risques du dérivé incorporé
ne sont pas étroitement liés aux caractéristiques économiques et aux
risques du contrat hôte ;
–– un instrument séparé comportant les mêmes conditions que le dérivé
incorporé répondrait à la définition d’un dérivé ;
–– l’instrument hybride (composé) n’est pas évalué à la juste valeur avec
enregistrements des variations de la juste valeur en résultat net.

Remarque
IAS 39 § 11 prévoyait une séparation du dérivé incorporé et du contrat hôte,
à la fois lorsque le contrat hôte est un actif financier ou un passif financier ou
un élément non financier à la condition que les exigences présentées ci-dessus
soient respectées. n

Si un dérivé incorporé est séparé du contrat hôte, le contrat hôte pro-


prement dit doit être comptabilisé soit selon la norme IFRS 9 (ou IAS 39)
s’il est lui même un instrument financier, soit selon d’autres normes
appropriées s’il n’est pas un instrument financier.

Exemples de dérivés incorporés comptabilisés séparément


du contrat hôte
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1. Option de vente d’un instrument de capitaux propres.


2. Option d’achat incorporé à un instrument de capitaux propres.
3. Option de report de terme d’une dette.
4.  Paiements, pour un emprunt ou un contrat d’assurance (contrat hôte) en
intérêts ou principal indexés sur la valeur des actions.
5.  Paiements, pour un emprunt ou un contrat d’assurance (contrat hôte) en
intérêts ou principal indexés sur la valeur de marchandises.
6. Faculté de conversion en capitaux propres incorporée à un instrument d’em-
prunt (cas des obligations convertibles).
7. Option d’achat ou de vente sur un emprunt émis avec une prime d’émission
ou de remboursement importante (obligation à coupon zéro par exemple).

189
6.  Les instruments financiers


Exemples de dérivés incorporés non comptabilisés séparément


du contrat hôte

1. Dérivé incorporé lié à un taux d’intérêt qui peut faire varier le montant d’inté-
rêts payé ou reçu sur le contrat d’emprunt (un emprunt à taux variable ne
peut être traité comme un emprunt à taux fixe comportant un dérivé incor-
poré).
2. Taux plancher ou plafond incorporé à un instrument d’emprunt.
3. Flux de paiement d’intérêt ou de principal en monnaie étrangère.
4. Option de remboursement anticipé.

Si une entité est tenue de séparer de son contrat hôte un dérivé


incorporé mais qu’elle se trouve dans l’incapacité d’évaluer séparé-
ment le dérivé incorporé à la date de son acquisition ou à une date
ultérieure de clôture, elle doit traiter l’intégralité du contrat composé
instrument financier à la juste valeur par le biais du résultat net. Il
est à noter, cependant, que dans le cas d’un contrat hybride inscrit à
l’actif, le dérivé incorporé ne doit pas être séparé de son contrat hôte.

3. Classification des instruments


financiers
La norme IFRS 9 effectue la classification suivante des actifs financiers
(en trois catégories) :
–– les actifs financiers évalués au coût amorti ;
–– les actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres élé-
ments du réstultat global ;
–– les actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat
net.
Pour ce qui concerne les passifs financiers, elle ne distingue que deux
catégories :
–– les passifs financiers évalués au coût amorti ;
–– les passifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat
net.

190
La classification doit s’effectuer (IFRS 9 § 4.1) sur la base à la fois du
modèle économique d’entreprise économique (business model)1 utilisé
par l’entité pour la gestion de ses actifs (et passifs) financiers et les carac-
téristiques contractuelles des flux de trésorerie de l’actif (ou du passif)
financier.
La norme souligne que le business model doit être examiné en pre-
mier et que les caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie ne
doivent être examinées que pour les actifs financiers qui peuvent être
évalués au coût amorti, sur la base de ce business model.
Il faut ajouter à cette classification, la classification liée à la compta-
bilité de couverture.

Remarque
La norme IAS 39 (§  9) avait défini quatre catégories d’instruments financiers
(à laquelle il faut ajouter les instruments financiers de couverture) :
–– les actifs financiers et passifs financiers à la juste valeur par le biais du résultat
global ;
–– les placements détenus jusqu’à leur échéance ;
–– les prêts et créances ;
–– les actifs financiers disponibles à la vente.
•  Les actifs ou passifs financiers à la juste valeur par le biais de l’état du résultat
global sont des actifs ou passifs financiers :
–– classifiés comme détenus à des fins de transaction, c’est à dire acquis ou
encourus principalement en vue d’être vendus ou rachetés dans un proche
avenir, ou faisant partie d’un portefeuille d’instruments financiers présen-
tant des indications d’un profil récent de prise de bénéfices à court terme,
ou dérivés (à l’exception d’un dérivé contrat de garantie financière ou ins-
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trument de couverture désigné et efficace), ou encore il s’agit de la contre-


partie d’un acquéreur dans un regroupement d’entreprises ;
–– désignés par l’entité lors de sa comptabilisation initiale, comme étant à la
juste valeur par le biais de l’état du résultat global (dans le cas ou ce classe-
ment conduit à des informations plus pertinentes).
•  Les placements détenus jusqu’à leur échéance sont des actifs financiers non
dérivés, assortis de paiements déterminés ou déterminables et d’une échéance
fixée, que l’entité a l’intention manifeste et la capacité de c­ onserver.

1  Il n’y a pas de définition « officielle » de la notion de business model. On peut toutefois définir (Wiki-
pédia) le business model ou modèle d’entreprise comme une représentation synthétique censée décrire
les aspects majeurs de l’activité entreprise par une organisation, tant au niveau de ses finalités que des
ressources et moyens déployés.

191
6.  Les instruments financiers


•  Les prêts et créances sont des actifs financiers non dérivés à paiements déter-
minés ou déterminables qui ne sont pas cotés sur un marché actif.
•  Les actifs financiers disponibles à la vente sont des actifs financiers non déri-
vés classés ainsi ou non classés comme prêts et créances, placements détenus
jusqu’à leur échéance, actifs financiers à la juste valeur par le biais de l’état
de résultat global.
À cette classification, il y avait lieu d’ajouter également celle des passifs financiers
autres que les passifs détenus à des fins de transaction (lesquels étaient évalués à
la juste valeur par le biais du résultat global). Ces autres passifs financiers étaient
évoqués dans le § 47 d’IAS 39 relatif à l’évaluation des autres passifs financiers.
Cette classification ne s’appuyait pas formellement, comme pour IFRS 9, sur le
business model utilisé par l’entité et sur le mode d’évaluation correspondant.
Toutefois, pour la catégorie des actifs financiers à la juste valeur et pour les
placements détenus jusqu’à leur échéance, IAS 39 précisait l’objet de leur
utilisation (« acquis ou encouru principalement en vue d’être vendu ou racheté à
court terme », pour les actifs financiers à la juste valeur classifié comme détenus
à des fins de transaction ; « que l’entité a l’intention manifeste et la capacité
de conserver jusqu’à leur échéance » pour les placements détenus jusqu’à leur
échéance). D’autre part, les actifs financiers disponibles à la vente représentaient
dans IAS 39 une catégorie résiduelle (cette catégorie comprenait les actifs
financiers autres que ceux classés comme des actifs financiers à la juste valeur
par le biais du résultat global, des placements détenus jusqu’à leur échéance
et des prêts et créances). Ces actifs disponibles à la vente étaient évalués à la
juste valeur, les variations de cette juste valeur étant enregistrés dans les autres
éléments du résultat global. Au contraire, dans IFRS 9, la catégorie résiduelle
est la catégorie des actifs financiers évalués à la juste valeur par le résultat net. Il
n’y a donc pas de correspondance entre les catégories d’IAS 39 et celles d’IFRS
9. Pour classifier ses actifs financiers, chaque entité devra évaluer ses modèles
économiques correspondants. Toutefois, pour les sociétés non financières,
l’évaluation peut être relativement simple, car leurs actifs financiers peuvent
ne comprendre que les créances clients et les dépôts bancaires pour lesquels
l’évaluation au coût amorti est probable. n

3.1. Actifs ou passifs financiers évalués


au coût amorti
Un actif financier doit être évalué au coût amorti si les deux conditions
suivantes sont réunies :
–– la détention de l’actif s’inscrit dans un business model dont l’objectif
est de détenir des actifs afin de percevoir les flux de trésorerie contrac-
tuels ;

192
–– les conditions contractuelles de l’actif financier donnent lieu, à des
dates spécifiées, à des flux de trésorerie qui correspondent unique-
ment à des remboursements de principal et à des versements d’inté-
rêts sur le principal restant dû.
Tout passif financier doit être évalué au coût amorti à l’exception :
–– des passifs financiers à la juste valeur par le biais du résultat net, les-
quels (y compris les dérivés) seront évalués à la juste valeur (voir ci-
après § 3.2 et 3.3) ;
–– des passifs financiers qui prennent naissance dans le cas où un trans-
fert d’actif financier ne répond pas aux conditions de décomptabilisa-
tion ou lorsque l’approche du lien conservé s’applique ;
–– des contrats de garantie financière ;
–– des engagements de prêt à un taux d’intérêt inférieur à celui du mar-
ché ;
–– de la contrepartie éventuelle reconnue par l’acquéreur dans un regrou-
pement d’entreprise.
Toutefois (IFRS 9 § 4.1.5 et 4.2.2), une entité peut, lors de la comp-
tabilisation initiale, désigner un actif financier (ou un passif financier)
comme étant évalué à la juste valeur par résultat net ou par autres élé-
ments du résultat global si cela élimine ou réduit significativement une
incohérence qui, autrement, découlerait de l’évaluation d’actifs ou de
passifs ou de la comptabilisation des gains et des pertes sur des bases
différentes.

Exemples d’instruments financiers évalués au coût amorti


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–– créances clients ordinaires, effets à recevoir et à payer ainsi que prêts consentis
par des banques ou d’autres tiers ;
–– placements dans des instruments de dette non convertibles ;
–– obligations à taux fixe ou variable émises par l’entité ;
–– dettes fournisseurs, y compris celles libellées en monnaie étrangère ;
–– prêts et emprunts aux filiales ou aux entreprises associées payables à vue.

193
6.  Les instruments financiers


3.2. Actifs financiers évalués à la juste valeur


par le biais des autres éléments du résultat global
Un actif financier doit être évalué à la juste valeur par le biais des autres
éléments du résultat global si les deux conditions suivantes sont rem-
plies :
–– l’actif financier s’inscrit dans un business model dont l’objectif est
atteint à la fois par la collecte des flux de trésorerie contractuels et la
vente d’actifs financiers ;
–– les conditions contractuelles de l’actif financier donnent lieu, à des
dates spécifiées, à des flux de trésorerie qui correspondent unique-
ment à des remboursements de principal et à des versements d’inté-
rêts sur le principal restant dû.
La norme IFRS 9 ne présente pas de classification de passifs finan-
ciers évalués à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat
global.

Exemples d’actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais


des autres éléments du résultat global

–– placements en actions non détenues à des fins de transaction ;


–– certains titres de créances (notamment des passifs d’assurance).

3.3. Actifs ou passifs financiers évalués


à la juste valeur par le biais du résultat net
Un actif financier ou un passif financier qui ne remplit pas les condi-
tions pour être évalué au coût amorti, ou à la juste valeur par le biais des
autres éléments du résultat global doit être évalué à la juste valeur par le
biais du résultat net.
L’entité peut aussi, lors de la comptabilisation initiale, désigner irré-
vocablement un actif ou un passif financier comme étant évalué à la
juste valeur par le biais du résultat net lorsque, ce faisant, elle aboutit à
des informations d’une pertinence accrue.

194
Exemples d’instruments financiers évalués à la juste valeur
par le biais du résultat net

–– placements en instruments de capitaux propres dont les cours sont publiés ;


–– swap de taux d’intérêt qui génère un flux de trésorerie positif ou négatif ;
–– engagement à terme d’achat d’une marchandise ou d’un instrument finan-
cier, susceptible d’être réglé en trésorerie ;
–– options et contrats à terme ;
–– placements dans des titres de dette convertibles ;
–– dette perpétuelle.

3.4. Classification liée à la comptabilité


de couverture
La norme IFRS 9 (comme le faisait la norme IAS 39) distingue aussi les
éléments couverts et les instruments de couverture :
–– un élément couvert est un actif, un passif, un engagement ferme, une
transaction future prévue ou un investissement net dans une entité
étrangère, qui expose l’entité à un risque de variation de juste valeur
ou de variation de flux de trésorerie futurs ;
–– un instrument de couverture est un dérivé désigné ou (pour une cou-
verture du seul risque de variation des taux de change) un actif ou
passif financier non dérivé dont on s’attend à ce que la juste valeur ou
les flux de trésorerie compensent les variations de juste valeur ou de
flux de trésorerie d’un élément couvert désigné.

3.5. Affectation en passifs ou en capitaux propres


des instruments financiers composés (hybrides)
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Pour IAS 32 § 28, (ou IFRS 9 § 4.3 ou IAS 39 § AG 28), l’émetteur d’un
instrument financier composé (ou hybride) doit classer l’instrument ou
ses différentes composantes lors de la comptabilisation initiale en tant
que passif ou que capitaux propres conformément à la substance de
l’accord contractuel et aux définitions d’un passif financier, d’un actif
financier et d’un instrument de capitaux propres.

Exemple

La société Zêta a émis des actions de préférence. À l’émission, il est prévu une
date de rachat spécifique ou au gré du porteur. Ces actions doivent être affectées
en passifs financiers. Lorsque les actions de préférence ne sont pas rachetables,

195
6.  Les instruments financiers


le classement approprié est déterminé par les autres droits qui peuvent leur
être attachés. Lorsque les distributions aux porteurs d’actions de préférence, à
dividende cumulatif ou non, sont à la discrétion de l’émetteur, les actions sont
des instruments de capitaux propres (cas des actions de préférence à dividende
prioritaire sans droit de vote créées conformément à l’article L. 228-11 du Code
de commerce).

Si l’instrument financier contient à la fois un élément de passif et


un élément de capitaux propres, l’émetteur de l’instrument doit évaluer
séparément les différentes composantes de l’instrument.

Exemple

Au début de l’année N, la société Zêta a émis 20 000 obligations convertibles


en actions. Ces obligations, d’une durée de trois ans, sont émises au pair pour
une valeur de 100 € chacune, ce qui donne un produit total de 2 000 000 €. Les
intérêts, de taux nominal de 5 %, sont payables sur une base annuelle, à terme
échu. Chaque obligation est convertible à tout moment jusqu’à son échéance
en deux actions ordinaires. À l’émission des obligations, le taux d’intérêt préva-
lant sur le marché pour des emprunts similaires sans option de conversion est
de 6 %.
Pour attribuer une valeur à chacune des composantes  : dettes et capitaux
propres, il faut attribuer à la composante la plus facile à évaluer (souvent l’ins-
trument de dettes) un montant et à l’autre composante le montant résiduel.
Valeur actualisée du principal : 2 000 000 × 1,06–3 = 1 679 239
1 – 1, 06– 3 =
Valeur actualisée des intérêts : 2 000 000 × 5 % × -------------------------- 267 301
-
0, 06
Total de la composante passif : 1 946 540
Composante capitaux propres (par différence) : 53 460
Produit de l’émission obligataire : 2 000 000

3.6. Intérêts, dividendes, pertes et profits


Les intérêts, dividendes, profits et pertes liés à un instrument financier
ou à une composante constituant un passif financier doivent être comp-
tabilisés à titre de produit ou de charge en résultat net. L’entité doit
comptabiliser les distributions aux porteurs d’instruments de capitaux
propres directement dans les capitaux propres. Les coûts de transaction
d’une transaction sur capitaux propres doivent être comptabilisés en
déduction des capitaux propres.

196
Exemple

Si la société Zêta a émis des actions de préférence classées en capitaux propres,


les dividendes versés sur ces actions doivent être imputées en capitaux propres.
Si ces actions sont classées en passifs financiers, les dividendes doivent être clas-
sés en charges de la même manière que les intérêts sur une obligation sont
présentés dans le résultat.

Si une partie des actions est inscrite en passif financier et l’autre en


capitaux propres, intérêts et dividendes doivent être analysés et inscrits,
pour leur part respective en résultat ou en diminution des capitaux
propres.
Les dividendes classés en charges peuvent être présentés dans le ou
les états du résultat net et des autres éléments du résultat global, soit
avec les intérêts liés à d’autres passifs, soit comme un élément distinct
(IAS 32 § 40).

3.7. Actions propres
Selon IAS  32 §  33, si une entité fait l’acquisition de ses propres ins-
truments de capitaux propres, ces instruments (actions rachetées ou
actions propres) doivent être déduits des capitaux propres. Aucun résul-
tat ne doit être constaté sur ce rachat.

Exemple

Si nous reprenons le bilan de la société Danone, (présenté dans le chapitre 3,


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§ 2.5), les fonds propres 2015 de cette société s’analysent comme suit :
Capital164
Primes4 132
Bénéfices accumulés 11 454
Écarts de conversion (1 177)
Autres résultats directement enregistrés en capitaux propres (260)
Actions propres et options d’achat (call Danone) (1 707)
Capitaux propres – part du Groupe 12 606
Intérêts ne conférant pas le contrôle 63
Capitaux propres 12 669

197
6.  Les instruments financiers


3.8. Compensation d’un actif et d’un passif


financier
IAS 32 (§  43) impose la présentation d’actifs et passifs financiers sur
une base nette lorsque ceci reflète les flux de trésorerie futurs attendus
par une entité associée au règlement de deux ou plusieurs instruments
financiers séparés. Lorsqu’une entité a le droit de recevoir ou de payer
un montant net unique et qu’elle a l’intention de le faire, elle n’a, en
fait, qu’un seul actif ou passif financier. Dans d’autres circonstances, les
actifs et passifs financiers sont présentés séparément les uns des autres
en accord avec leurs caractéristiques en tant que ressources ou obliga-
tions de l’entité.
Selon IAS 32 § 42, un actif et un passif financier doivent être com-
pensés et le solde net doit être présenté au bilan lorsqu’une entité :
–– dispose d’un droit (ou état de la situation financière) juridiquement
exécutoire de compenser les montants comptabilisés ;
–– envisage soit de régler le montant net soit de réaliser l’actif et de régler
le passif simultanément.
Si les conditions ne sont pas remplies, les actifs et les passifs finan-
ciers sont présentés séparément les uns des autres en accord avec leurs
caractéristiques en tant que ressources ou obligations de l’entité.

Exemple 1

La société Zêta doit à la société Oméga une somme de 4 000 000 € payable


par quart (soit 1 000 000 € à chaque fois) à la fin de chaque trimestre (31 mars,
30 juin, 30 septembre et 31 décembre). Par ailleurs, la société Oméga doit à la
société Zêta une somme de 3 000 000 € payables en 2 fois (soit 1 500 000 €
à chaque fois) le 30 juin et le 31 décembre. L’intention de compenser les paie-
ments au 30 juin et au 31 décembre peut être démontrée. Ainsi la société Zêta
pourra ne comptabiliser sa dette sur Oméga qu’à hauteur de 2  000  000  d’€
(échéances du 31  mars et du 30  septembre) et comptabilisera sa créance sur
Oméga pour 1 000 000 € (c’est-à-dire deux fois la différence entre 1 500 000 €
et 1 000 000 € aux échéances du 30 juin et 31 décembre).

198
Exemple 2

La société Zêta a émis une dette à long terme à taux variable combinée avec
un swap de taux d’intérêt qui permet de considérer que la dette est une dette
à long terme à taux fixe. L’ensemble correspond donc à un instrument synthé-
tique qui ressemble à une dette à taux fixe. Toutefois, chacune des composantes
de cet instrument représente un droit ou une obligation contractuel assorti de
ses propres termes et conditions et pouvant être transféré ou réglé séparément.
L’instrument synthétique ne correspond pas aux conditions fixées ci-dessus et
la compensation n’est pas possible. L’emprunt à long terme et le swap de taux
d’intérêt doivent être présentés séparément.

4. Reclassements des actifs financiers


Une entité peut reclasser les actifs financiers concernés (d’une caté-
gorie à l’autre) si et seulement si elle modifie son « business model »
pour la gestion des actifs financiers. Ces reclassements devraient être
exceptionnels. Si une entité reclasse des actifs financiers, elle doit appli-
quer le reclassement de manière prospective à compter de la date du
reclassement. Elle ne doit pas retraiter les gains comptabilisés précé-
demment, ni les pertes ou les intérêts. Si elle reclasse un actif financier
de sorte qu’il soit mesuré à la juste valeur, la juste valeur est déterminée
à la date du reclassement. Tout gain ou perte résultant de la différence
entre la valeur comptable antérieure et la juste valeur est comptabilisée
en résultat. Si elle reclasse un actif financier afin qu’il soit évalué au
coût amorti, sa juste valeur à la date de reclassement devient sa nou-
velle valeur comptable. Le reclassement d’un passif financier n’est pas
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­autorisé.

Exemples

•  L’entité a des passifs en vertu de contrats d’assurance dont l’évaluation


intègre des informations actuelles (comme l’autorise le paragraphe 24 d’IFRS 4
« Contrats d’assurance »), et des actifs financiers qu’elle considère comme liés
qui autrement seraient évalués au coût amorti. L’option pour une évaluation à la
juste valeur est réductrice d’incohérence.
•  L’entité dispose d’actifs financiers, de passifs financiers ou des deux qui ont
en commun un risque, tel qu’un risque de taux d’intérêt, qui donne lieu à
des variations en sens contraire de la juste valeur qui tendent à se compenser.

199
6.  Les instruments financiers


Toute­fois, seuls quelques-uns des instruments seraient évalués à la juste valeur


par le biais du résultat net (c’est-à-dire sont des dérivés). Il peut également
s’agir du cas où les conditions de la comptabilité de couverture ne sont pas
remplies. L’évaluation de tous les actifs et passifs financiers ayant en commun
le risque est réducteur d’incohérence.
•  L’entité dispose d’actifs financiers, de passifs financiers ou des deux qui ont en
commun un risque, tel qu’un risque de taux d’intérêt, qui donne lieu à des varia-
tions en sens contraire de la juste valeur qui tendent à se compenser, et l’entité
ne remplit pas les conditions requises pour la comptabilité de couverture parce
qu’aucun des instruments n’est un dérivé. De plus, en l’absence de comptabilité
de couverture, il existe une incohérence notable dans la comptabilisation des
profits et des pertes. Par exemple :
–– l’entité a financé un portefeuille d’actifs à taux fixe par des emprunts obliga-
taires à taux fixe, et les variations de la juste valeur tendent à se compenser. La
comptabilisation des actifs et des emprunts obligataires à la juste valeur par le
biais du résultat net corrige l’incohérence qui pourrait résulter de l’évaluation
des actifs à la juste valeur et des emprunts obligataires au coût amorti ;
–– l’entité a financé un groupe spécifique de prêts par l’émission d’obligations
négociées, et les variations de la juste valeur tendent à se compenser. Si, en
outre, l’entité achète et vend régulièrement les obligations, mais n’achète et ne
vend les prêts que rarement, voire jamais, le fait de comptabiliser les prêts et
les obligations à la juste valeur par le biais du résultat net élimine l’incohérence
quant au moment de la comptabilisation des profits et des pertes qui résulterait,
autrement, de l’évaluation des prêts au coût amorti et des obligations à la juste
valeur.

Remarque
La possibilité de reclassement a été introduite par la révision de la norme IAS 39
en 2008 (après la crise financière faisant suite à la faillite de Lehman Brothers).
Elle n’était possible que pour les actifs financiers classés dans la catégorie « à la
juste valeur par le résultat net », à l’exception des dérivés et des instruments
volontairement classés dans cette catégorie.
IAS 39 permettait simplement, en présentant tous les cas possibles ou
impossibles, le reclassement vers la catégorie des actifs financiers à la juste
valeur par le biais du résultat global, à l’exception d’un reclassement possible
des actifs disponibles à la vente dans la catégorie des prêts et créances. IFRS 9
est beaucoup plus concis, en faisant référence au modèle économique, à des
principes plutôt qu’à des règles précises. n

200
5. Comptabilisation et évaluation initiales
des instruments financiers
5.1. Comptabilisation initiale
Une entité doit comptabiliser un actif ou un passif financier lorsqu’elle
devient partie aux dispositions contractuelles de l’instrument. Quand
une entité comptabilise pour la première fois un instrument financier,
elle doit le classer au coût amorti ou à la juste valeur par le biais des
autres éléments du résultat global ou par résultat net.

Exemple

Le 1er décembre N, la société Zêta s’est portée acquéreur de 20 options d’achat


sur le contrat notionnel (option on euro notional future sur Euronext), échéance
mars N + 1, pour un prix d’exercice de 109. La prime payée s’élève à 0,80 % par
option, soit un montant de 20 × 100 000 × 0,80 % = 16 000 €.
On comptabilisera à cette date l’opération comme suit :
01.12.N
52 Instruments de trésorerie – Options de taux 16 000
d’intérêt
512 Banque 16 000
Acquisition de 20 options d’achat au cours
de 0,80

Il reste à noter que la comptabilisation doit être effectuée, éventuellement pour


mémoire, pour tous les instruments financiers, même s’il n’y a aucun versement
de liquidités.
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5.2. Évaluation initiale d’actifs


et de passifs financiers
Sauf pour les créances commerciales (qui doivent être évaluées au prix
de transaction), lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer
un actif financier ou un passif financier à sa juste valeur, majorée ou
minorée, dans le cas d’un actif financier ou d’un passif financier qui
n’est pas à la juste valeur par le biais du résultat net, des coûts de tran-
saction directement attribuables à l’acquisition ou à l’émission de l’actif
ou du passif financier.
Cependant, si la juste valeur de l’actif financier ou du passif finan-
cier lors de la comptabilisation initiale diffère du prix de transaction,

201
6.  Les instruments financiers


l’entité doit comptabiliser la différence entre la juste valeur à la date de


la comptabilisation initiale et le prix de transaction comme un profit ou
une perte en résultat net.

Exemple

Le 1er juin N, la société Zêta a fait l’acquisition, en vue d’un placement à long


terme, de 1 000 obligations Lambda au cours de 15 € l’unité. Les frais d’acquisi-
tion se sont élevés à 500 € plus une TVA récupérable de 100 €. Le coût d’acqui-
sition est donc de 1 000 × 15 + 500 = 15 500 €. On passera l’écriture suivante :
1.6.N
2711 Titres immobilisés – Actions 15 500
4456 État, TVA déductible 100
512 Banque 15 600
Acquisition 1 000 titres Lambda

Si les obligations Lambda étaient des titres évalués à la juste valeur (valeurs mobi-
lières de placement pouvant être cédées dès que l’opportunité se présente), cette
juste valeur des titres au moment de l’acquisition serait de 1 000 × 15 = 15 000 €
et les coûts de transaction devraient être constatés en charges. On aurait alors
l’écriture suivante :
1.6.N
503 Valeurs mobilières – Actions 15 000
6271 Frais sur titres (achat, vente, garde) 500
4456 État, TVA déductible 100
512 Banque 15 600
Acquisition 1 000 titres Lambda

Remarque
Dans IAS 39, l’évaluation initiale d’un actif ou d’un passif financier était effectuée
(§ 43) « à sa juste valeur majorée, dans le cas d’un actif ou d’un passif financier
qui n’est pas à la juste valeur par le biais du résultat, des coûts de transaction
directement imputables à l’acquisition ou à l’émission de l’actif ou du passif
financier ». n

202
6. Évaluation et comptabilisation
postérieures à l’acquisition
des instruments financiers
Les actifs financiers doivent être, selon leur classification, évalués au
coût amorti, à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat
global ou à la juste valeur par le biais du résultat net. Les passifs finan-
ciers doivent être, selon leur classification, évalués au coût amorti ou à
la juste valeur par le biais du résultat net.

6.1. Cas des actifs financiers évalués


à la juste valeur (par le biais du résultat net
ou des autres éléments du résultat global)
Selon le cas, l’entité doit constater les variations de juste valeur soit dans
le résultat net de la période (dans le cas d’actifs financiers évalués à la
juste valeur par le biais du résultat net) soit dans les autres éléments du
résultat global (dans le cas d’actifs financiers évaluées à la juste valeur
par le biais des autres éléments du résultat global).

Exemple 1

En reprenant l’exemple des options d’achat de la société Zêta acquis le


1er  décembre N (voir ci-dessus §  5.1) en supposant que le cours soit de 0,90
au 31 décembre N, on dégagerait une plus-value de 20 × 100 000 × (0,90 % –
0,80 %) = 2 000 €.
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La comptabilisation de cette opération s’effectuerait de la manière suivante (sauf


cas de couverture) :
31.12.N
52 Instruments de trésorerie – Option de taux 2 000
d’intérêt
768 Autres produits financiers (plus-value 2 000
sur instruments de trésorerie)*
Plus-value sur les 20 options d’achat acquises
en décembre

*  Il peut être souhaitable d’une part de séparer dans le résultat, les plus-values latentes des
plus-values définitives, et d’autre part de pouvoir analyser ces plus-values – ou moins-values –
(sur valeurs mobilières de placement négociables, sur créances rachetées, sur instruments de
trésorerie, par exemple).

203
6.  Les instruments financiers


Si cette option est cédée le 1er mars N+1 au cours de 0,95, on dégagerait une
nouvelle plus-value de 20 × 100  000 × (0,95 % – 0,90 %) =  1  000  € et l’on
comptabiliserait la cession comme suit.
1.3.N + 1
512 Banque 19 000
52 Instruments de trésorerie – Options 18 000
de taux d’intérêt 16 000 + 2 000
768 Autres produits financiers (plus-value 1 000
sur instruments de trésorerie)
Cession des 20 options 20 × 100  000
× 0,95 %

Exemple 2

Supposons que la société Zêta ait fait le 1er février N l’acquisition de 12 % du


capital de la société Oméga pour 1 000 000 €. Les titres sont des placements en
instruments de capitaux propres. Au 31 décembre N, la juste valeur de ces titres
est de 1 100 000 €. On pourrait passer l’écriture suivante :
31.12.N
261 Titres de participation Oméga (non conso- 100 000
lidés)
107 Écart d’évaluation sur instruments 100 000
financiers*
1 100 000 – 1 000 000

* Nom et numéro de compte attribué par nos soins.


Si ces titres étaient vendus le 1er juin N+1 pour 1 080 000 €, on aurait la comp-
tabilisation suivante :
1.6.N + 1
512 Banque 1 080 000
775 Produits des cessions d’éléments 1 080 000
d’actifs
Cession titres Oméga
1.6.N + 1
675 Valeur comptable des éléments d’actifs 1 000 000
cédés
107 Écart d’évaluation sur instruments finan- 100 000
ciers
261 Titres de participation Oméga 1 100 000
(non consolidés)
Valeur comptable

La plus-value constatée dans le résultat en N+1 sera donc de 1  080  000 –


1 000 000 = 80 000 €.

204
Remarque
Dans IAS 39, les actifs financiers, y compris les dérivés, autres que les prêts et
créances, les placements détenus jusqu’à leur échéance, les instruments de
capitaux propres qui n’ont pas de prix coté sur un marché actif et dont la juste
valeur ne peut être évaluée de manière stable, sont évalués à leur juste valeur,
sans aucune déduction au titre des coûts de transaction.
Quant aux actifs qui sont désignés comme éléments couverts, ils sont soumis
à l’évaluation selon les dispositions de la comptabilité de couverture (voir ci-
après § 8) n

6.2. Cas des actifs financiers évalués


au coût amorti
Le coût amorti doit être calculé selon la méthode du taux d’intérêt effec-
tif. Il correspond donc à la valeur actuelle calculée à partir des données
d’entrée suivantes :
–– les flux de trésorerie attendus sur la durée de vie restante de l’instru-
ment ;
–– le taux d’intérêt effectif, qui sert de taux d’actualisation.
Le coût amorti ne s’applique pas à l’acquisition des actifs (voir ci-des-
sus § 5.1 et 5.2), lesquels sont évalués à la juste valeur (majorée ou non
des coûts d’acquisition, selon le classement de l’actif) ni à la déprécia-
tion de