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ww.tabledesable. " w L’objeu " 1978 ! Pierre Fedida ( 1934 – 2002) L’ « objeu

L’objeu

"

1978

!

Pierre Fedida ( 1934 – 2002)
Pierre Fedida
(
1934 – 2002)

L’ « objeu » - Objet, jeu et enfance.

L’ $ pace psychothérapeutiqu e

(

ch.VIII ) [ p.97 - 195 ]

L’absence - Gallimard - Paris

1978

p.97

«

Francis Ponge nous a, un jour, donné le mot

“objeu”. [

] . Le mot ouvre l’oreille comme par surprise et

l’objet e joué ! Mépris, peut- être?

Avec l’objet, aussi le

concept. »

«

Ainsi donc le je t y devient un jeu. Jeter n’epas jouer

mais l’objeu pourrait être un jeu à objet perdu. Jamais objet de

jeu qui ferait de lui un jouet : les enfants reçoivent des jouets

pour que soient épargnés les objets ! »

Objeu e un évènement de mot dans un éclat de rire de

«

chose. Il e jubilation de rencontre, j " te e# re chose et mo t.

Lorsque le jet

il est

déjà le dess ( e ) in d’un

est un

jeu,

bondissement et d’un saut. Et ce dessin e celui de l’ $ pac e

d’un tra & por t . Littéralement métaphor e . »

«

Jouir d’un jeu à jeter l’objet c’e laisser l’objet se

prendre au mot du mouvement qui le con itue ava ' qu’il

soit en fac e , posé sur l’extériorité de ses limites. Et si, somme

toute, l’objet n’était fait que pour être jeté ? »

e , posé sur l’extériorité de ses limites. Et si, somme toute, l’objet n’était fait que
Pierre Fe!da « Le petit d’homme ne s’en prive pas lorsque le sevrage décide ainsi
Pierre Fe!da
«
Le petit d’homme ne s’en prive pas lorsque le sevrage
décide ainsi de l’objet de son enjeu. [
] [ // p. 98 ] “jouer à laisser
tomber les objets” fait de l’objet l’évèneme # dépr$ sif de la perte.
Je dis évèneme ' car il y va d’une découverte de l’objet par le
jeu : ce jeu consi ste à ouvrir la main, à se d $ sa ) ir. L’objet serait
ainsi con st itué comme signifiant la séparation, l’abandon ou la
perte. »
«
L’idée ne manque pas de surprendre si on songe que
l’objet e st culturellement organisé et intelle ) uellement invest i
comme symbole de conservation, de domination ou de
possession. Et ce qui nous importe ici est , au contraire, de lui
connaître le pouvoir de s’in st ituer en lieu et place d’un
manqu e . Que sont les objets - relique, les objets - fétiche, les
objets transitionnels ? »
«
Nul ne connaît mieux que l’arti ste et le poète le plaisir
de ce jeu à transgresser les limites de l’objet, à le faire
disparaître pour faire revenir le mot – celui qui atte ste d’une
v
érité de chos e. La désin st rumentalisation pratique de l’objet et
sa défonctionnalisation sociale sont œuvre d’humour
poétique : une sur- réalité de l’objet est l’e ff et de l’opération
que l’objet produit sur lui- même et tient de la dérision des
limites que lui impose son concept. Faudrait-il parler ici d’un
travail du jeu au sens où se conçoit un “travail du rêve” ? »
« Les questions qui affluent sont, [
] autant
d’hypothèses s’appelant l’une l’autre pour interroger ce +e
renco # re du jeu et de l’obje t . »
«
On pourrait me faire grief de confondre les objets
matérialisés – une boîte, une lampe, un briquet, un livre
– et
L’objeu
2

L’objeu

l’objet tel qu’il se conçoit formellement parfois

symboliquement et toujours abstraitement dans la

détermination complémentaire d’un choix (le choix d’obje t) , de

l’amour (l’amour d’obje t ) , de la relation (relation d’obje t ) , etc. »

« La théorisation [ // p. 99 ] opératoire du concept de l’obje t en

psychanalyse appartient à des champs d’élaboration souvent

congruents ou connexes qui renvoient à une attention exa )e

des modèles et des procédures techniques de la pratique dont

elle se réclame. »

«

Une métapsychologie de l’objet court le risque de

l’ab ra ) ion discursive [

] si elle ne se maintient pas au

conta ) de la démarche technique qui concrètement l’inspire

et en porte le mouvement. L’essai théorique du psychanaly e

[

] doit ouvrir la le ) ure au fondement de l’expérience. »

va

« Il

sans dire que la question du rêve ( et de

l’interprétation ) se trouvera au cœur de notre réflexion dur le

jeu. Car non seulement le rapport du rêve au jeu demande à

être éclairci mais l’interprétation peut- elle se passer, dans sa

notion analytique, de la référence opérante et opératoire au

jeu ? »

«

C’e pourquoi une seule que ion pourrait orienter

l’essentiel de mon propos : qu’en $ t - il de la création du se & ? [

]

toute recherche analytique sur le concept d’objet ne peut se

dispenser de se poser la qu $ tion du se & . »

La que ion e , peut- être, alors déjà : quel e le

«

pouvoir du lapsus ou de l’a )e manqué qui créent un sens en

opérant sur des mots ou des comportements un jeu de dé -

Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

signification. L’humour est là : c’est du sens par dé -

3
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

signification. Le jeu y e bien pour quelque chose dans ce

“décrochage” de la signification! »

[ note en bas de page 100 // 101 ] « Il n’e certainement pas facile de

re ituer le contenu d’un jeu scénique corporel au cours d’une consultation

mettant en présence le psychothérapeute et // l’enfant avec le parent. La

disponibilité corporelle du psychothérapeute e la condition de son

aptitude à écouter et regarder les échanges et les passages qui s’e e ) uent

entre le parent et l’enfant au cours de l’entretien. Le corps du thérapeute

une scène qui gagne à être aussi mobile que possible afin de pouvoir

accueillir et laisser jouer en écho l’un à l’autre les scénarios multiples

e

présents à la parole du parent, à celle de l’enfant et aux expressions

souvent décalées de l’un et de l’autre. »

p. 105 « J’aurai l’occasion de m’expliquer ultérieurement

plus à fond sur l’importance que j’accorde ici à la dimension

hétique et singulièrement poétiqu e de l’objet. Il s’agit

e

d’ailleurs moins d’une “dimension” que d’une direction

“dire )ion de signification” (Bedeutungsrichtung) . Pour l’heure, il

me su t de rappeler que l’objet coïncide, dans sa con itution

obje ) ive et obje ) ale, avec le juge [ // p. 106 ] ment d’attribution et

le jugement d’exi ence qui marque la mise en place de

l’extériorité au titre d’une in auration surmoïque. L’objet se

conçoit, comme tel, d’un interdit qui renvoie à une fon )ion de

la loi. »

p. 107 « Lorsqu’elle peut “parler contre les paroles”, la

parole joue avec les choses une renco # re de surpr )e . À être

nommées dans cette parole appelé $ plutôt que nommées les

choses s’émerveillent de ce qu’elles ne savaient pas qu’elles

étaient, de quoi et comment elles étaient faites; elles jubilent,

jouissent et se réjouissent de cette parole à laquelle elles

apportent et confient une énergie et une dynamique. »

L’objeu

4
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exientielle que Binswanger, après Heidegger, désigne comme

L’objeu

Et la parole morte d’être parlé e , tel un discours

«

reposant sur sa seule syntaxe et sur ses mots - concepts

ignorait sa propre ressource poétique (créatrice ) et son pouvoir

de tenir de sa sa gorge jusqu’à la “rage” la matérialité des

choses, leur sub ance ainsi que l’étonnement de leurs formes.

Il e essentiel de rappeler que l’articulation de la parole

articulante parce qu’articulée e en communication avec

celle de la main. »

L’apparition de la chose sollicite de son élémentarité

«

et de son élémentalité une motricité qui, chez le jeune

enfant, est pré - fonctionnelle et ainsi, soustraite aux

adaptations concepto - motrice que commande l’objet. »

Ce

qui

e chos e

et

non objet e , avant tout,

«

donnée multiple de sensations en elle recueillies et indi in )es

dans leur détermination. La corporéité de la parol e le plaisir de

chose des phonèmes et des mots qu’elle produit $ t comme la

racine subje , ive d $ chos $ . C’e aux choses que revient la

capacité de la parole d’être métaphor e . Et la métaphore

suppose cet espace de rencontre et de jeu entre les mots et les

choses. »

« Subjectif : Fai" e et saut. La p #$ ée et le jet »

On peut s’apercevoir pour nous en tenir ici à une

«

phénoménologie poétique de la création que ce rapport de la

parole aux choses, essentiel à tout dévoilement ludique,

poétique, pi ) ural, ne saurait pouvoir s’assumer par [ // p. 108 ] le

concept d’une opposition entre sujet et obje t , subje , if et obje , if,

Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

voire même i # érieur et extérieur. Tout comme le jeu, l’a , e poétiqu e

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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

$

t le temps d’un $ pace de renco # re, de tra & formation et d’échange

où se trouvent remis en que ion le sujet et sa subje) ivité,

l’objet

et

son

objectivité

ainsi

que

leurs

limites

oppositionnelles dans le concept qui les pense. »

p. 109 « Il e , [

] , important de retrouver ici les dire )ions

de signification ( Bedeutungsrichtung) qui engagent la temporalit é

de la parole à même l’$pace qu’e. e établi t . Et il e alors tout à fait

primordial de reconnaître à la subjectivit é cette double

dimension corrélative du projet et de la proje ) ion : de façon

qui leur e inhérente et con itutive, l’axe du jeter. »

« Entendons qu’il s’agit d’un axe - dire )ion de sens et non

d’un

simple

mouvement

réductible

au

donné

chronophotographique d’un déplacement dans l’espace. C’e

dire que la découverte du “mouvement” par le nourrisson

concerne une ruptur e et un p /sag e qui sont l’espace originaire

du soi ( en tant que hors de soi) : comme si le soi de la subje , ivité

désigne donc à la fo ) la fai. e et le saut, l’ob acle et le jet »

p. 111 « “Objeu” et subjet »

« 1° L’obje t , contemporain de la perception et du

jugement, correspond à une organisation fon ) ionnelle et

symbolique du “monde extérieur” qui, en tant que tel, repose

sur l’inauration d’unités conceptue .$ à la fois perceptives et

motrices. Ces unités sont obje, iveme ' définies par des limites

L’objeu

6
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était bien l’objeu du projet ( ou l’objet de la proje , ion ) . Subje , if

L’objeu

assignables

leur

séparatio n

consciemment

et

par

»

diachronique.

«

La chos e se di ingue de l’objet en ce qu’elle participe

d’une communication élémentaire entre sentir et se mouvoir

[

]

elle

est

réalité esthétiqu e anté - prédicative

et

pré -

:

conceptuelle. L’horizon des potentialités ou marginalit é ( cf.

Husserl, Maldiney ) sous lequel se découvre la chose e

Umwel t ou fond de monde qu’on peut nommer réalit é ( cf.

Merleau - Ponty ) »

«

Une ontologie de la parole ( que méconnaissent, en

grande partie, la lingui ique contemporaine et certaines [ // p. 112 ]

recherches psychanalytiques qu’elle inspire ) e sous - tendue

par cette corporéité de la chose. Celle -ci implique, au cœur de

la parole, un rapport de pr )e ( une préhension articulante ) et

de lanceme ' (jaculation ou jet ). Prendre et lancer enveloppent

l’entrelacs de sensations et de mouvements. »

« Cette ontologie de la parole engage

la doubl e

signification ex ) te #ie .e du temps et de la subje , ivité. Sans quoi, la

parole n’e qu’une organisation fon ) ionnelle de sémantèmes

reproduisant le sy ème des concepts et des objets. »

«

L’ “objeu” objet poétique et de e un espace ou

plutôt la métaphorisation spatiale d’un temps de la rencontre

entre les mots et les choses. C’$ t l’objeu qui définit ce qu’o n

nomme subje, ivit é : la subje ) ivité e originairement ce soi hors

de soi qui se signifie d’un temps pulsionnel ( sy ole - dia ole ) de

recueillement et de bondissement [

] »

«

Le rapport mère - nourrisson est, sans doute,

Pierre Fe!da
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déterminant dans la con itution ludique du soi. Et il s’agit

7
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

bien [ // p. 113 ] d’une con itution corporelle qui e dominée par

un rythme des échanges d’où prennent sens les comportement

a

) ifs et expressifs de l’enfant. »

En appelant donc ici la notion de rythme, c’e de

«

genèse de temps et évènement de langage que je désigne : c’e

sous cette double référence co - essentielle que le rythme

enfant qui jou e ,

selon Héraclite est

une articulation

chronogénétique du sens en même temps qu’il en est la

dire ) ion. Ce problème mérite toute notre attention car il en

va de la signification de l’absence pour la présence. Comme si

le rythme avait donc dire )ement à voir avec l’émergence du

sens entre présence et absence. »

[

]

la

capacité de jouer. Il e st [

]

tout à fait

p. 114 «

essentiel de rapporter celle - ci à une cara) éri ique singulière

de la personne et de sa sensibilité corporelle inventive et

créative et non pas une acquisition «technologique»

occasionnel

de

ser vir

pratique

moyen

une

psychothérapeutique. »

«

L’ enfanc e et non pas l’enfantin ( qui rend «précieux»

l’infantile ) – $ t le milieu et le médiat du rapport e #re l’analye e t

son patien t : elle a pour séjour la présence corporelle de

l’analy e au sens où elle e l’a ) ivité de l’amnésie m ) e en jeu et

ainsi de l’aptitude spontanée à créer et à re - créer la

rencontre.

»

Le corps de l’analy e e le foyer scénique de ce jeu

«

[

] . C’emoins une aptitude à jouer avec les enfants que la

capacit é

à laisser corporellement jouer en soi ce qui evu et

L’objeu

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8

secondaire, c’e st- à - dire acquise et exploitée comme le serait un

L’objeu

ce qui est entendu. [

] La mobilité s’avère ainsi plus

kine hésique qu’a ) ivité motrice. Elle e la condition de se

trouver «en prise» sur la situation par une présence dont la

créativité e con amment sollicitée. »

Freud n’a pas manqué de faire appel à la métaphore du

«

jeu pour désigner ce qui se passe dans la cure analytique [

] . [ //

p. 115 ] Ceux qui, par la suite, ont frayé la voie à la psychanalyse

d’enfant ont accordé au jeu la place qui lui revenait dans

l’expression symbolique des conflits et leur communication. »

« J# er et éc % re »

Jouer être jouant e semblable à écrire : la feuille

«

blanche en e l’espace de repos et d’attaque, de recueillement

et d’expansion. Écrire

comme jouer et dessiner el’a , e du

même à l’autr e dans l’entre lacs de l’apparaître et du disparaître,

du voilement et du dévoilement d’un objet innomé

innommable. »

Cet a )e, do # l’aire de renco # re $ t le mond e ( sans que le

«

jeu se laisse enfermer en un monde sous forme de “monde du

jeu” ) , fait du jeu [ // p. 116 ] l’a # i - phr/ e do # le corps serait le verbe.

Comme si le jeu qui donne ge e au monde muet allait

toujours co# r e la phrase qui lie un sujet à son attribut et qui

procède par prédicats en fixation de sémantèmes. »

Le verbe jouer-jouant étant le maître -verbe ou verbe

«

originaire joue ses temps dans des dire ) ions spatiales ( haut-

qui sont

bas, élévation - chute, arrière - avant, droite - gauche

)

les dire ) ions de signification de la subje ) ivité corporelle de

Pierre Fe!da
Pierre Fe!da
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

soi sautant, bondissant ou se mettant en repos pour disparaître

et de nouveau apparaître et s’élancer. Le jeu e autogenèse de

la forme

la forme en formation. »

Le jeu le jouer crée l’espace corporel du tra & por t

«

c’e st- à - dire de la métaphor e . Ce qui compte est toujours

l’ouverture du corps à sa propre di ance, sorte de passage

toujours et en un i & ta ' d’un corps à l’autre du même corps

diérent. Le jeu $ t la métaphore corpore. e de l’écritur e et le corps

de la métaphore e , dans le jouer, ce rien où tout $t libr e

d’advenir. »

déplacement ) e par définition cet espace de passage et de

transformation où le temps de l’évènement sémantique ( le

sens, en un instant, dévoilé ) est délié de la discursivité

explicative ou descriptive de la phrase. »

p. 117 « [

] écrire comme jouer e création de se & par dé-

signification des contenus ou des vécus de conscience

sémantisés. Ces contenus ou ces vécus sont sociolingui iques;

ils sont le code in itutif du sujet dans la culture et dans la

langue ( cadre social, symbolique des échanges, sémiotique de

la communication, etc. ) . Écrire et ( ou) jouer - signifie ', soit

réfèrent chacun de ces contenus et de ces vécus à une

négativit é. »

« Un lapsus lingui ique ou relationnel a ce pouvoir

d’introduire du jeu ( de l’humour ) dans une fon ) ionnalité

apprésentative interpersonnelle. L’évènement de sens e eet

de désignification. »

L’objeu

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«

En somme, la métaphore ( engageant condensation et

L’objeu

«

Le présent du jeu semble a ) ualiser in antanément

toutes les dimensions pathiques [

] hors de toute phrase.

A#i - phr/e, le jeu ne se laisse prendre par aucune phrase et ne

se laisse non plus mettre en phrases. »

p. 118 « Nul ne peut douter que jouer e toujours d’intense

érotisation et que sa dynam ) et son energeïa sont au service d’un

moi-

plaisir au co# a4 du monde élémental terre et air, feu et

eau. On peut, il e vrai, interpréter tout jeu comme jouer

écrire et marcher le conta ) avec le corps de la mère : s’y

laisser accueillir et reposer, s’en élancer et, sur lui, sauter ou, de

lui, bondir. »

«

Le sens symbolique ne doit pourtant pas voiler ce

fa )eur ve )eur, plutôt de co # a4 car il y va [

] d’une

rencontre prénommée du mot- corps avec les choses et de

l’extraordinaire puissance que l’énergie des choses donne au

corps pour en faire leur verbe [

] »

Le jeu, avons - nous dit, e toujours une renco #re d e

«

surpr )e . Comme l’exprime Maldiney, « le réel

cela mêm e

e

qu’on a + endait p / : l’évènement- avènement de moi avec le

.

monde » [

]

Rencontre, c’e st- à- dire racointer ou acointer. Le

coi n e le seul angle que la géométrie du jeu connaisse. »

Être sur - pr) dans la rencontre c’e , en fait, ne pas

«

s’attendre à se trouver soi - même, là où l’autre- contre a fait de

vous en un in ant, l’étonnement d’un hasard. Le jeu joue co #r e

toute a + e #e de celui qui s’attend à quelque chose sa thés ) et

ses themata, en quelque sorte ! C’e la meilleure façon de ne

pas être pris. »

Pierre Fe!da
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11
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

p. 119 « J # er & t un corps d’a ' ention flo ' ant ( L’ adulte »

«

Les psychothérapies qui technicisent ou plutôt

technologisent le jeu et qui en font, ainsi, des moye &

d’exploration de l’inconscient et des auxiliaires de

communication

se

vident,

du

même

coup,

de

la

compréhension interne de leur propre projet et reposent sur

un déni et un désaveu de l’enfance au profit d’une

sure imation de l’enfant. »

«

Non seulement jouer n’y e pas possible mais son

pouvoir e faussé d’une méconnaissance radicale de l’enjeu

psychothérapeutique où jouer n’e pas di érent de écouter et

laisser, dans l’a +e # io n dite flottante, se créer et recréer cette

parole qui tra& port e en retour donne à d ) poser en son entendu

ce qu’elle a accuei . i. »

On

pourrait

la

théorisation

«

avancer

que

fétichisation herméneutique du jeu tout de même qu’il a été

fait du rêve dans l’analyse des adultes. Dans les deux cas , la

fétichisation du moye n renvoie à l’obje ) ivation des buts et à la

suprématie accordée à la représentation sur la présence. »

Soumis à la technologie du jeu - moyen con itué en

«

objets ( jouets ) , le psychothérapeute ne peut que devenir

ab rait ( ab rait de son corps ) sous l’alibi d’être neutre

(

comme on dit : ne pas s’impliquer!) C’$ t l’enfance en l’analye qui

t ai &i perdu e. Comme en témoignent les propos avoués de

$

nombre de psychothérapeutes d’enfants, la rigidit é du fair e

sembla ' place la pratique psychothérapeutique sur la base de

L’objeu

12
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psychanalytique du jeu a abouti, le plus souvent, à une

L’objeu

la simulation de jouer simuler de jouer et concevoir le jeu

comme simulation. »

«

Autrement dit, seule la capacité de jouer de l’analy e

qui s’alimente et se nourrit de toute sa vie e en mesure de

produire [

] cette aire de jeu qui e l’espace corporel, non -

prédéterminé, de la surprise du sens dans la rencontre. »

«

Le manque de capacité de jouer se symptomatise en ce

qu’on nomme ennui : lorsque l’ennui envahit, de façon

constante, l’attention de l’analyste, aucune pratique

psychothérapeutique n’e désormais plus possible. L’ennui

signifie une prote ) ion terrifiée et la terreur $t ce qui détruit la

capacité de jouer. »

p. 120 « Bien évidemment, d’apprentissage, ici, point.

L’“acquisition” de la capacité de jouer eaaire de découvert e

qui suppose, de la part du psychothérapeute une just e

exa , itude dans l’appréciation de sa propre d ) tanc e au patient

et de sa mobilité personnelle intérieure.

»

«

Lors des premiers entretiens avec le patient enfant

ou adulte l’analye doit se trouver en mesure de découvrir sur

lui - même cette scène ou aire corporelle du jeu : en d’autres

termes, il doit assez immédiatement savoir si le patient

quelle que soit la sourance qui l’amène à consulter peut être

par lui accueilli avec le plaisir de jouer. »

p. 121 « C’est la raison pour laquelle je considère les

premiers entretiens de consultation comme tout à fait

déterminants. L’analy e e, à ce moment- là, un peu dans la

position de celui qui aurait dessiner de quelques traits la

Pierre Fe!da
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13
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Pierre Fe!da
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personne qui lui fait face. Mais ce dessin s’e e )ue, au cours de

l’entretien, sur le corps de l’analye. »

«

En se dessinant ainsi d’un regard à pointe d’écoute

le patient se ré - anime déjà, prend mobilité potentielle à même

l’aire corporelle de l’analyste. Ce qu’on nomme écoute

analytique ne peut ainsi qu’y gagner. Laisser le patient se

dessiner dans l’écoute c’est aussi trouver sur lui cette

perception singulière et originale du nourrisson ou de l’enfant

derrière et à travers tous les accoutrements de l’adulte. »

Être pr ) par une parole, se faire l’objet d’emprise d’une

«

alors inutile d’espérer pouvoir engager une cure avec le

patient. Le trop - présent de l’analy e signifie l’impossibilité de

donner lieu à l’absence [

] »

«

Et c’e donc seulement avec la découverte de ce jouer

que présence de l’analy e veut dire : perme + re à l’absence d’avoir

lieu. [

] jouer $t donner un $ pace à l’absence à partir d’une présenc e

qui en signifie le temps. »

« [

] s’il e vrai qu’il convient d’amener le patient à la

capacité de jouer, on a le plus souvent aaire à des patients

adultes incapables de jouer. Être incapable de

jouer, dessiner,

peindre, etc. signifie, ici, que quelque part dans sa vie le

patient a subi une terreur intérieure si violente qu’il semble

que les bourgeons en ont été gelés : un épanouissement s’e

enrayé et le dévelop [ // p. 122 ] pement a e ) if a pris l’habitude de

se protéger de sa propre énergie créatrice au moyen de

mécanismes de défenses dépressives ou de clivages schizoïdes.

»

L’objeu

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sou rance empêche les aires de jeu de se con ituer : il e

L’objeu p. 124 « Une phénoménologie de l’expérience du corps [ ] est sous -
L’objeu
p. 124 « Une phénoménologie de l’expérience du corps [
]
est sous - tendue par la description et le dévoilement des
st ru ) ures spatiales qui définissent des modalités d’être - au -
monde et d’habiter »
p. 125 « [
] “être présent par le corps dans le corps” signifie
que la présenc e e st un “devenir- présent” corporel. Mais la
localisation spatiale de la présence soustrait aussitôt la
présence à une dimension temporelle sans laquelle elle e st
inintelligible. »
« Une des di ffi cultés majeures que nous rencontrons ici
e
st celle d’articuler exa )ement cette dimension temporelle de
la présence à un rapport corporel à l’espace. »
p. 126 « L’“espace psychothérapeutique” de l’analyse trouve
donc sa spécification
technique opératoire du référent
symbolique dont il s’in st aure. Ce référe# symbolique $ t le pouvoir
du négatif : séparation, perte, absence, c / tratio n , sont les
expressions d’une négativité qu’aucun contenu empirique
positif ( séparation “réelle”, carence, disparition, etc
)
ne peut
logiquement définir. Et c’est
ce pouvoir du négatif qui
sou st rait la psychanalyse au psychanalysme [
] »
p. 127
«
Quand on
parles
de
négativit é ,
je pense
précisément à une référence essentielle du jouer. Quelle e st
donc la négativité du jeu ?
»
p. 128 « L’ observation de l ’enfant : une apo % e et son jeu. »
« Octave Mannoni rappelait fort justement que
“Winnicott n’a pas eu à découvrir, comme on le dit quelque
Pierre Fe!da
15
Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

fois, l’objet transitionnel, mais il l’a théor ”. Remarque

semblant akker de soi si on pense que personne n’a jamais

attendu Winnicott pour observer que les enfants sucent leur

pouce, qu’ils gardent dans leur main un bout d’éto e pour

s’endormir [

] »

p. 129 « L’observation psychanalytique de l’enfa ' expression

en soi problématique vient, au milieu des évidences

communes : tel détail de comportement [

] e toujours déjà

, déjà connu, déjà raconté ou interprété par l’entourage ; il

e

aussi, de la sorte, “pris” dans le “vécu” de l’environnement,

ou isolé en un comportement étranger ou étrange. »

[

] la perception d’un détail de comportement e

«

pour l’analy e moins une a aire de théorie préalable à la

recherche de ses vérifications que la notation d ’un sign e

ére # iel dont l’expression se donne à l’observation comme

di

“insignifiante”. »

L’axe de la théorisation peut être tracé comme suit :

«

c’$ t l’i &ignifia # qui fait sign e ( par exemple : le gazouillis de

l’enfant au moment du pré -endormissement ; le bout de tissu

tenu dans la main, sucé ou non )/le signe rompt avec son code d e

compréhension établi tout en le gardant sémantiquement “e n

réserve” ( par exemple : faire du gazouillis ou du bout de tissu

l’expression signifiante d’une compensation orale : la [ // p. 130 ]

symbolisation court- circuite le sens et le signe e rendu

inopérant. Le signe se désigne d’une rupture) /la désignificatio n

du signe lui confère pouvoir d’être théoriqueme # opéra ' ( e appelé

obje t ou phénomèn e transitionnel le sign e de la discontinuité

qui définit conceptuellement “l’aire intermédiaire d’expérience

qui se situe entre le pouce et l’ours en peluche, entre l’érotisme

L’objeu

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L’objeu

oral

et la véritable relation d’objet, entre l’a ) ivité créatrice

primaire et la proje ) ion de ce qui a été introje ) é, entre

l’ignorance primaire de la dette et la reconnaissance de celle-

ci

) . [ D.W. Winnicott - jeu et réalité - L’espace potentiel - nrf -

Gallimard - Connaissance de l’inconscient - 1975 ]

»

Les gazouillis ou le bout d’éto e appellent à être pris

«

pour ce qu’ils sont un rien insignifiant! pour décider du

sens

engagent

par

qu’ils

théoriquement,

de

leur

désignification. Et ce rien insignifiant n’eautre que ce e #r e

ou cet i # er qui suggère le concept d’une aire intermédiaire et

d’un espace potentiel. »

«

A rmer que l’objet transitionnel ee #r e le pouce et

l’ours e # r e le sujet et l’objet ou encore e #r e

le subje) ile et

la proje ) ion c’ebien co &idérer la tra & ition comme l’$ se #iel

de l’objet. Le terme d’objeu e , on le voit, celui qui convient

pour désigner cet objet sans lui être, pour autant, assimilé.

»

On peut faire du jouet un symbole de l’objet et de la relatio n

«

pré - obje , ale ma ) il $ t exclu de signifier l’objeu par ce jouet : l’objeu

se signifie lui - même de sa désignification d’objet [ // p. 131 ] et de

jeu ( play ) et c’eainsi qu’il ne pourra jamais être un jouet. »

«

Ajoutons que la désignificatio n inhérente à la

théorisation analytique e précisément l’a aire d’un jouer.

Jouer désignifie des contenus de signification : c’e même

ainsi que jouer pourrait être défini. »

l’ai dit de

écrir e eune

«

Or

jouer ainsi que

je

subversion du support et transgression de la trace. Jouer, c’$t

toujours re- créer l’eaceme #, faire apparaître le caché en le fa ) a '

Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

d ) paraîtr e . Comment, dans ces conditions, l’observation

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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

pourrait-

elle “enregirer” le jeu sans le vider de ce qui lui e

essentiel

le trop

de sens

de son non - sens? Et la

représe #ation v )ue . e et v )ible du jeu e une scène de montage

qui ne fon ) ionne signicativement que sous le rapport à

l’“autre scène”. »

p. 134 « [

] ce qui s’écrit en se joua# (le jeu $ t écriture pure,

psychique, sans trace ) fait théorie de l’absenc e . [

] Ce qu’on

appellerait ainsi le jeu de l’absence eun travail du sens. Mais

cela n’e possible qu’en raison d’une non - thématisation du

sens par le jeu : la circulation de sens répond à un mouvement

de voilement - dévoilement et à des moments précis

d’articulation de l’apparaître dans le disparaître. »

« Il serait insu sant et faux à la limite de parler

d’e et de sens produit par le jeu : la produ , ion du se & [

] $t

engagée par la création de l’absence. Comme si on pouvait ainsi

avancer qu’il n’y a de se& que de jouer de l’absenc e . »

p. 135 « En jouant, l’enfant désétablit les limites dont

conceptuellement on se sert dans le sy ème symboli [ // p. 136 ] que

de la langue et des objets. Que d’une assiette l’enfant fasse un

chapeau puis une roue, puis un bouclier puis une chaussure,

puis… Il donne à entendre comment, en jouant, se dé- signifie

et se dé -fon ) ionnalise l’objet

: Le parent ne tolère pas que le

concept soit injurié ou maltraité et qu’une assiette ne soit plus

une assiette. »

p. 137 « Les adultes parlent volontiers de l’enfant en disant

qu’il joue à

La poupée, au train, à l’auto, etc. Et si l’enfant

joue bien à quelque chose, il ne cesse pour autant, de jouer

avec

un autre parfois, lui -même toujours. »

L’objeu

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L’objeu « L’expression jouer à – e st révélatrice, chez l’adulte, de son aptitude à
L’objeu
«
L’expression jouer à – e st révélatrice, chez l’adulte, de
son aptitude à l’obje ) ivation : dans son regard, l’enfant se
tient d’un support de l’objet. Le “à” de jouer à
E st lui - même
[ // p. 138 ] adaptatif : il se comprend de l’ab st ra ) ion du jeu et de
son isolement ( passage de jouer ou joua ' à jeu et jouet ) et de
la sou st ra ) ion du partenaire imaginaire indiqué par jouer
avec.
»
«
Autrement dit, l’observation du jeu, en confiant à
celui - ci un objet d ’applicatio n , soustrait la dimension de
l’imaginaire qui réfère un autr e du jeu pour que le jeu puisse
jouer. Et, du même coup, l’observation se prive de la
perception qui comporte la capacité de jouer. Pris isolément,
le jouer à
annule la dimension créative du jeu. Car la créativité
du jeu tient précisément à cet avec sans complément, grâce à
quoi le jeu e st métaphore et métamorphose [
] »
« [
] le deuil met le monde en mouvement. Il inspire ce
jeu fanta st ique – désignifiant des attitudes et rituels de deuil –
qui crée la fête de la mort. L’enfant a, par son jeu, la capacité
d’être mort et de tuer. Le monde e st agi d’une mobilité
nouvelle dès lors que la mort tient, tout à coup, son évidence
d’un jeu qui en accomplit symboliquement le désir. »
«
[
] les cimetières sont toujours des jardins d’enfance :
on y houe à la marelle! Et c’e st pour énoncer aussi cette pensée
que le jeu d’enfance – quel qu’il soit – donne une place motrice
à la mort. Le jeu éclaire le deuil : il en eff e ) ue le sens caché et en
temporalise les potentialités subje ) ives. »
p. 139 « Jouer à et jouer avec sont indissociables dans
l’écriture du jeu [
] . Ils nous livrent ensemble simultanément
Pierre Fe!da
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

des contraires qui s’inversent : actif - passif, toucher- être

touché, voir- être vu. Les identifications imaginaires se

soutiennent d’une métaphore des inversions et des

renversements. »

Que l’enfant joue seul ou avec un autre enfant, jamais

«

n’e fa ) uellement réduit le pouvoir créatif du jeu par une

indétermination infinitive de son verbe. Et si on ne laisse pas

se perdre la mesure de cette dimension qui engage le jeu à êtr e

toujours un jeu de l’autr e on s’aperçoit que ce à quoi joue

»

l’enfant e à rie n .

«

Il faut le redire : combien les jouets sont dérisoires

tant ils portent ( et tant qu’ils portent ) l’interdit moteur d’être

démontés, mis en pièces, transformés ou

perdus. Ils sont si

souvent conçus par les adultes sur le modèle mégalomaniaque

de leurs enfants, selon la prétention à se représenter

gigantesques. Et pourtant les jouets poupées, soldats de

concept adaptatif qui assigne l’enfant à jouer à

Afin de ne pas

se perdre dans le monde et de ne pas non plus le que ionner. »

p. 140 « [

] la parole a pouvoir de ré - inventer la langue : le

verbe e le gee de la parole. [

] . La pulsion dans le verbe

peut-

être comprise comme [ // p. 141 ] dire ) ion de signification

( Bedeutungsrichtung ) , selon l’acception que lui accorde

Binswanger. Cette dire ) ion de signification soit ce qui

conduit au sens e inhérente au verbe temporellement

engagé dans la phrase. Ce qui revient à penser que le contenu

sémantique d’un fantasme e déjà l’eet d’une condensation

( et d’un déplacement ) [

] »

L’objeu

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20

plomb, machines, trains, voitures

sont formés sur le

L’objeu

La dire ) ion de signification qu’on peut nommer

«

aussi esquisse existentielle, ou encore détermination

yli ique anticipe sur le sens et l’informe mais le reconduit

aussi toujours au- delà de son in itution sémantique dans une

signification ( qu’on dit symbolique donnée) . »

« Je ne néglige pas la compréhension des significations

symbolique d’un jeu [

] et je ne sous - e ime pas non plus

l’organisation du jeu en scénario fantasmatique : je pense,

cependant, que le jeu ( et notamment sous son rapport au

verbe ) est, par essence, effectuation de directions de

significations, modulation temporelle de pulsion à travers en

deçà et au - delà les représentations fantasmatiques qu’il met

en scène. »

L’idée de penser uniquement le jeu comme langage

«

symbolique ou comme a ) ivité imaginaire de fantasmes mis en

scène conduit à faire du jeu, comme on dit, “le monde de

l’enfant”. C’e , dans ces conditions, ignorer que le monde e ,

par le jouer, tout en même temps fondé et dévoilé, retiré et mis

au jour, exploré comme absence et retrouvé ( caché ) comme

présence

»

« Méta) ore : &pace de jeu. »

Les dire ) ions de signification ne sont point des

«

déterminations ru ) urelles qui définiraient un espace comme

pote # iel [

] . Relevant de l’expérience pathiqu e ( E. Strauss ) et

thymique ( L. Binswanger ) , leur mise à jour dans

l’interprétation ne peut- être le fait que d’un a , e poétiqu e . »

Pierre Fe!da
Pierre Fe!da
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

«

Métaphore e , sans doute, cet a )e poétique au sens

où il lui revient, dans la parole, d’éveiller et de réveiller toute la

signifiance temporelle de la langue, d’en attaquer les [ // p. 142 ]

sédimentations sémantiques, de recueillir enfin dans les mots

la réalité de chose. »

« [

] la notion de dire) ion de signification qu’il serait

préférable d’appeler concep t convoque et agit le corporel

dans la parole, à même la parol e : comme si le sens, avant qu’il

soit sédimenté dans sa signification, était immanent à la

sensation et à se sollicitation motrice. »

l’écoute de l’analye une possibilité de germinatio n : c’e là que

e

# endr e transcende comprendr e. Parler de germination de la

parole dans l’écoute de l’analy e, c’e désigner l’a )e temporel

intersubje) if de la métaphore. »

p. 143 « On conçoit mieux comment jouer engage la

métaphore de façon totale et essentielle. Et le gee du jeu

ge e de la métaphore rendue visible est d’autant plus

dicilement représentable que son entrelacs rythmique e en

perpétuelle a ) ivité de dé- signification et d’acheminement de

sens. C’eà cette condition qu’un tel ge e e jouer soit

toujours en même temps créer ( détruire ) et interpréter. »

« Il e clair que jouer comme écrir e et peindr e

implique nécessairement l’expérience e hétique dans la parole

qui veut en parler : et cela, parce que le jeu participe lui - même

d’une a $ thés ). »

«

L’ engendreme # temporel de l’$ pace du jeu $t le jeu lui -

mêm e pour ainsi dire son verbe et son g $ te, le verbe de son g $ te.

L’objeu

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«

Je dira ) volo# iers que la parole du patie # doit trouver da &

L’objeu Le jeu se laisse bien maladroitement raconter et décrire : il se peut, sans
L’objeu
Le jeu se laisse bien maladroitement raconter et décrire : il se
peut, sans doute, seulement, écrire. Pour autant qu’il est lui
même chemin de créer, je jeu n’e st pas non plus une œuvre
d’art. »
«
En rapprochant le rêve, l’a )e graphique ( ou pi) ural) ,
l’écriture et le jeu, nous ne pouvons certainement pas rester
insensibles à ce qui les diff érencie et à ce qui fait de l’un la
forme transformée de l’autre. Les espaces produits ne se
superposent pas et ne peuvent s’assimiler l’un à l’autre. »
p. 144 « Jeter au loin/de n # veau. L’ho % zontal et le ve * ical. »
«
La référence fréquente faite à ce jeu [ le Fort- Da ] , dans
la littérature psychanalytique, lui donne valeur de modèle et
même, d’une certaine façon, de paradigme. C’e st le jeu d e
l’absenc e , du “parti - trouvé” – ou encore sa scansion répétitive
en “va - et-vient” figure la toute -puissance manipulatoire d’un
lien et le jeu du rejet et du retour. »
«
[
] il ne fait pas de doute que ce jeu de la bobine –
dont on pourrait décrire de multiples variantes – concerne une
tentative e maîtrise symbolique de l’absence et de son objet. »
«
[
] je voudrais faire état de l’interprétation que Freud
explicite à la suite de cette observation. »
«
1° – Le jeu e st formé sur le mode d’une sub stitution
afin de permettre à l’enfant de supporter sans douleur ni
prote st ation le départ et l’absence de la mère : il reproduit par
une mise en scène [
] la disparition et la réapparition de
l’objet aimé. Cette mise en scène par le jeu dédommage [
]
Pierre Fe!da
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Pierre Fe!da
Pierre Fe!da

l’enfant du désagrément occasionné par le départ et

l’absence.

»

«

Le jeu prend donc fon ) ion de sub itution symboliqu e

concernant [

] un “renoncement à la satisfaction de la

pulsion”. Nous voici en présence d’un premier niveau

d’interprétation de la fon