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MINISTÈRE D’ETAT CHARGÉ DES PROJETS PRÉSIDENTIELS, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ÉQUIPEMENT
MINISTÈRE D’ETAT CHARGÉ DES PROJETS PRÉSIDENTIELS, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ÉQUIPEMENT

MINISTÈRE D’ETAT CHARGÉ DES PROJETS PRÉSIDENTIELS, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ÉQUIPEMENT

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

DIRECTION GÉNÉRALE DES SERVICES FONCIERS

RECUEIL DE TEXTES SUR LE FONCIER

Édition 2015

SOMMAIRE

LIVRE I: STATUT DES TERRES

1

I.1. Loi cadre n°2005-019 du 17 Octobre 2005 fixant les principes régissant les statuts

des terres

1

LIVRE II : DOMAINE PUBLIC

13

II.1. Loi 2008.013 du 23.07.08 sur le domaine public

II.2 Décret 2008-1141 du 01 Décembre 2008 portant application de la loi 2008.013

13

du 23.07.08 sur le domaine public

20

LIVRE III : DOMAINE PRIVÉ DE L’ETAT

29

III.1 Loi 2008.014 du 23.07.08 sur le Domaine privé de l’Etat, des Collectivités

Décentralisées et des personnes morales de Droit public

29

III.2 Décret n°2010-233 portant application de la Loi n°2008-014

40

LIVRE IV : PROPRIÉTÉ PRIVÉE NON TITRÉE

57

IV.1 Loi 2006-031 du 24 NOVEMBRE 2006 fixant le régime juridique de la

PROPRIETE FONCIERE PRIVEE NON TITREE

57

IV.2 Décret n°2007-1109 portant application de la Loi 2006-031 du 24 NOVEMBRE

2006

65

IV.3 Circulaire sur l’ouverture de Guichet Foncier

77

LIVRE V : RÉGIME FONCIER DE L’IMMATRICULATION

84

V.1. Loi du 9 Mars 1896 - 176 sur la conservation foncière

et

le

régime de

 

84

V.2.

Ordonnance

60-146

du

3

Octobre

1960

relative

au

régime foncier de

86

V.3. Décret n° 60-529 28 Décembre 1960 223 réglementant les modalités

d’application de l’Ordonnance n° 60-146 du 3 octobre 1960 relative au régime

foncier de

V.4. Décret n° 64-396 du 24 Septembre 1964 247 modifiant et complétant le décret

116

n° 60-529 portant application de l’Ordonnance n° 60-146

132

V.5. Ordonnance n° 60-121 du 1 er Octobre 1960 248 visant à réprimer les atteintes à

la

133

V.6. Loi n° 66-025 du 19 Décembre 1966 249 tendant à assurer la mise en culture des

terres à vocation

134

V.7. Décret n° 50-1631 du 27 Décembre 1950 254 portant règlement du statut de la copropriété des immeubles divisés par appartement à Madagascar et

LIVRE VI : VOIES D’EXECUTION

143

VI.1. Des règles génerales pour l’éxecution des jugements et des actes

143

VI.2. Code des 305 Articles 400 (extrait)

146

VI.3. Saisie (Extrait tiré du Code de procédure civil - Livre II)

146

LIVRE VII : CADASTRE ET IMMATRICULATION

160

VII.1. Ord. n° 74-034 du 10.12.74

VII.2. Décret n° 64-076 du 6 Mars 1964 265 relatif aux tribunaux terriers ambulants chargés de la consécration du droit de propriété soumis au statut du droit

160

traditionnel coutumier

160

VII.3. Décret n° 68-213 du 21 Mai 1968 266 fixant la procédure des opérations de délimitation d’ensemble prévue par la loi n° 67-029 du 18 décembre 1967. 161

VII.4. Loi 2003-029 modifiant certaines dispositions de l’ordonnance n°60-146 3

octobre 1960 relative au régime foncier de l’immatriculation

162

LIVRE VIII : EXPROPRIATION

164

VIII.1. Ordonnance n° 62-023 du 19 Septembre 1962 268relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique, à l’acquisition à l’amiable de propriétés

immobilières par l’Etat ou les collectivités publiques secondaires et aux plus-

values

164

VIII.2. Décret n° 63-030 du 16 Janvier 1963 295 fixant les modalités d’application de l’ordonnance n° 62-023 du 19 septembre 1962 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique, à l’acquisition à l’amiable de propriétés immobilières par l’Etat ou les collectivités publiques secondaires.et aux plus-values

181

VIII.3. Ordonnance n° 74-021 du 20 Juin 1974 304 portant refonte de l’ordonnance n° 62-110 du 1 er octobre 1962 sanctionnant l’abus de droit de propriété et

prononçant le transfert à l’Etat des propriétés non

187

VIII.4. Loi n° 96-015 du 13 Août 1996 316 portant abrogation de la loi n° 89-026 du 29 décembre 1989 relative au Code des Investissements et fixant les garanties

générales des investissements à Madagascar

190

LIVRE IX : BAIL EMPHYTEOTIQUE

191

IX.1.

Ordonnance

62-064

du

27

septembre

1962

407

relative

au

bail

 

191

IX.2. Loi n° 89-027 du 29 Décembre 1989 384 relative au régime de zone franche

industrielle à

193

IX.3. Décret n° 92-809 du 9 Septembre 1992 385 portant application de la loi

modifiée n° 89-027 du 29 décembre

194

IX.4. Arrêté n° 3976/92 du 9 Juillet 1992 389 portant approbation du contrat-type de bail emphytéotique pour les terrains domaniaux ou immatriculés au nom de

l’Etat

195

IX.5. Arrêté n° 1176/98 du 18 février 1998 397 portant création d’un guichet unique pour instruction des demandes de bail emphytéotique sur les terrains

domaniaux

198

IX.6. Arrêté n° 1177/98 du 18 février 1998 398 portant institution d’une commission spéciale de reconnaissance domaniale en matière de demande de bail

199

LIVRE X : VARIÉS

200

X.1. Loi n° 2003-041 sur les sûretés

200

X.2. Loi n°2007-022 du 20 Août 2007

227

X.3. Extrait de Loi n°67-030 du 18 Décembre 1967 relative à la forme des

X.5.

testaments

Loi

Madagascar

2007-026

du

12

Décembre

2007

portant

Statut

du

242

notariat

à

260

X.6. Circulaire sur les instructions à suivre en matière de demande de terrain de

grande superficie

277

X.7. Loi n°2011-005 instituant l’Ordre des géomètres experts de Madagascar

282

Édition 2015

LIVRE I: STATUT DES TERRES

I.1. Loi cadre n°2005-019 du 17 Octobre 2005 fixant les prin- cipes régissant les statuts des terres

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana - Fahafahana – Fandrosoana

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

LOI N° 2005-O19

du 17 octobre 2005

fixant les principes régissant les statuts des terres

EXPOSÉ DES MOTIFS

Le contexte

La Lettre de Politiq ue Foncière approuvée par le Gouvernement a tracé les lignes générales de la politique foncière à Madagascar.

Cette lettre de Politique Foncière, préparée par un comité où ont été représentés les institutions, les élus et la société civile concernés par le foncier, a souligné la nécessité pour le pays d’avoir une poli- tique foncière claire et réaliste.

Le Programme National Foncier, issu de la Lettre de Politique Foncière, définit les actions à mener pour une réforme du foncier à travers quatre grands axes :

La modernisation de la conservation foncière qui prendra en compte l’informatisation et la numérisation des documents fonciers et cadastraux, et la mise aux normes des locaux d’archives des documents.

L’amélioration et la décentralisation de la gestion du foncier qui doit répondre aux attentes des usagers notamment par l’adoption d’instruments plus simples.

La réorganisation et la rénovation de la législation foncière et domaniale en fonction des exi- gences des réalités du terrain et de la modernité.

Cette réforme de la législation aura pour objectif de :

Mettre à jour et organiser les textes actuels très disparates ;

Prendre en compte le cadre institutionnel résultant de la décentralisation ;

Répondre aux attentes de sécurisation foncière, en proposant, outre le titre de propriété fon- cière, un instrument plus simple correspondant aux besoins d’une partie des usagers ;

Moderniser et équiper en conséquence les services chargés de la gestion domaniale et foncière.

Le renforcement des capacités et la mise en place d’un plan de formation pour les personnes concernées par le foncier.

Les éléments de la loi

La présente loi fixe le cadre qui détermine les différents statuts des terres et pose les principes qui doivent les présider.

Recueil de textes de lois sur le foncier

Il a été constaté que les difficultés d’une loi relevaient souvent de l’incompréhension des termes techniques utilisés par les praticiens. C’est pourquoi la loi, après avoir défini son objet, établit une liste de définition des termes couramment utilisés en matière domaniale et foncière

La loi, par la suite, énumère les différents statuts des terres en donnant leur définition, consis- tance, régime juridique et mode de gestion.

Dans les points les plus significatifs des dispositions de la loi, figurent :

la gestion décentralisée des terres et d’une plus grande déconcentration de l’Administration en charge du foncier ;

la reconnaissance des droits d’occupation et de jouissance comme une forme de propriété, ainsi que les mesures d’accompagnement devant être mises en place pour une bonne gestion du foncier, telle l’exigence de mettre en adéquation les moyens et les ambitions de la réforme législative.

Il convient de souligner que la mise en application de la législation domaniale et foncière, pour des raisons d’échelles de coût et de nombre des actions à mener, en particulier pour le suivi des différents actes domaniaux et des titres fonciers, nécessite :

• l’utilisation de moyens de traitement de l’information tant alphanumérique que géoma- tiques, tenant compte de l’évolution des techniques, en particulier informatiques et de trai- tement de l’image ;

• la mise à disposition d’un personnel spécialisé, de différents niveaux et domaines de com- pétence, pour la formation duquel des filières de formation appropriées doivent être mise en place ;

que soit mis en œuvre un dispositif de financement qui permette de répondre aux besoins de l’application de la législation en matériel, en personnel tel qu’évoqués aux deux points précédents.

Tel est l’objet de la présente loi.

Édition 2015

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana - Fahafahana – Fandrosoana

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

LOI N° 2005 - O19

du 17 OCTOBRE 2005

fixant les principes régissant les statuts des terres

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté en leur séance respective en date du 27 juillet 2005,

Le Président de la République,

Vu la constitution,

Vu la décision n° 14 – HCC/D3 du 7 octobre 2005 de la Haute Cour Constitutionnelle,

Promulgue la loi dont la teneur suit :

SECTION 1 Généralités

Article 1. Objet de la loi : La présente loi fixe les principes généraux régissant les différents statuts juridiques de l’ensemble des terres qui composent la République de Madagascar.

Les terrains constitutifs des domaines public et privé de l’Etat et des collectivités décentralisées sont sou- mis aux règles de la gestion domaniale.

Les terrains constitutifs du patrimoine des personnes privées, physiques ou morales, sont soumis aux règles de la gestion foncière.

Article 2. – Les statuts des terres : Les terres situées sur le territoire de la République de Madagascar, se répartissent, dans les conditions fixées par la présente loi, en :

terrains dépendant des Domaines de l’Etat, des collectivités décentralisées et des autres per- sonnes morales de droit public ;

terrains des personnes privées ;

terrains constitutifs des aires soumises à un régime juridique de protection spécifique.

Article 3. Définitions : Dans le présent texte, les termes ci-après sont définis comme suit :

- Acte domanial : Acte administratif pris par l’administration de l’Etat en charge des Domaines ou par le service domanial d’une collectivité décentralisée, pour établir ou constater un droit réel ou personnel portant sur l’utilisation, l’occupation et/ou la valorisation d’un terrain.

- Affectation : Fait matériel ou acte juridique permettant de donner à un bien immobilier sa destination particulière au regard de son statut juridique de rattachement.

- Antichrèse : Désigne le fait de se servir ou d’utiliser une chose ou une procédure en remplacement d’une autre. Par exemple, le nantissement est une forme d’antichrèse puisqu’il remplace le paiement.

- Aire protégée : Portion de terre et/ou de mer vouée spécialement à la protection et au maintien de la diversité biologique, ainsi que des ressources naturelles et culturelles associées, et gérée par des moyens efficaces, juridiques ou autres.

- Bail : Contrat par lequel le propriétaire d’un terrain laisse l’usage de celui-ci à une autre personne, pour une durée déterminée, et moyennant le versement régulier d’une somme d’argent, le loyer.

Selon ses conditions, le bail peut revêtir diverses formes par exemple le bail emphytéotique.

Le bail peut être notamment à usage d’habitation, industriel, commercial ou agricole.

- Bail emphytéotique (ou Emphytéose) : Bail de dix huit à quatre vingt dix neuf ans qui permet au bénéficiaire (preneur), l’emphytéote, de disposer du terrain pour y réaliser des impenses qui reviendront

Recueil de textes de lois sur le foncier

au propriétaire à l’issue du bail, moyennant le versement d’une redevance annuelle dont le montant est inversement proportionnel à la valorisation du terrain attendue à l’expiration du contrat.

- Bailleur : Le propriétaire du bien qui le loue à une tierce personne.

- Bien : Toute chose ou objet susceptible de devenir la propriété d’une personne. Les biens peuvent être corporels (matériels) ou incorporels ; meubles ou immeubles ; personnels (définis par la personne qui les détient) ou réels (définis par leur objet).

- Biens vacants et sans maître : Biens pour lesquels il peut être établi, par une procédure appropriée, qu’ils ne sont l’objet d’aucune utilisation ou occupation, et qu’ils ne font l’objet d’aucune revendication de propriété.

- Bornage : Action de délimitation d’un terrain par la matérialisation de ses limites. Cette action menée publiquement, peut être l’occasion de faire une enquête publique et contradictoire sur le statut juridique du terrain. Le bornage est d’une importance essentielle dans la procédure de l’immatriculation puisqu’il permet d’identifier le terrain comme un bien réel dont le contenu est établi de manière incontestable et qui sera l’objet du droit de propriété inscrit au livre foncier.

- Borne : Signal matériel, dont la forme et les matériaux sont définis par la loi ou la réglementation en vigueur, et qui doit être utilisé dans les procédures de bornage devant permettre l’immatriculation des terrains.

- Cadastre : Techniquement, le terme Cadastre est utilisé à la fois pour désigner le service spécialisé de l’Administration qui gère la cartographie foncière et cette dernière.

Juridiquement, à Madagascar, le terme « cadastre » est utilisé pour désigner une procédure particulière applicable aux droits de jouissance aboutissant à une reconnaissance juridique collective de ces der- niers.

- Certificat foncier : Acte administratif attestant de l’existence de droits d’occupation, d’utilisation, de mise en valeur, personnels et exclusifs, portant sur une parcelle de terre, établi par suite d’une pro- cédure spécifique légalement définie. Le certificat reconnaît un droit de propriété opposable aux tiers jusqu’à preuve du contraire.

- Cession : Acte juridique qui permet le transfert, moyennant ou non une contrepartie, de la propriété d’un bien d’une personne juridique à une autre personne juridique. La cession peut être à titre onéreux (avec contrepartie) ou à titre gratuit. Elle peut être amiable ou forcée (par exemple en cas d’expropria- tion). Elle peut être de gré à gré, les parties se choisissant, ou par adjudication, l’acheteur étant celui qui offre le meilleur prix dans le cadre des conditions prédéfinies de la vente. La cession peut être définitive dès la signature de l’acte, ou conditionnelle, lorsque certaines conditions sont fixées pour la valider.

- Concession : Portant sur une dépendance du domaine public, la concession est l’acte administratif par lequel l’administration en charge du domaine public, concède à une personne physique ou morale, publique ou privée, la jouissance d’un terrain déterminé et des immobilisations qu’il supporte, dans les conditions fixées dans l’acte et au cahier des charges, moyennant redevance, pour une durée déterminée.

- Classement : Procédure légalement établie par laquelle l’Etat ou une collectivité décentralisée attribue à un terrain ou à une infrastructure, un équipement, le statut de domanialité publique.

- Déclassement : Procédure légalement établie qui permet de faire sortir un bien immobilier du do- maine public pour le faire rentrer dans le domaine privé de la personne morale publique en charge du bien.

- Délimitation : Action qui permet de fixer les limites physiques d’un bien immobilier et donc d’en déterminer la consistance.

Appliquée au domaine public, la délimitation permet de fixer les limites des dépendances de celui-ci, et est donc la condition de l’application du régime juridique particulier.

- Dépendance : En matière domaniale immobilière, la dépendance est le bien qui est rattaché soit au domaine public, soit au domaine privé de la personne morale publique concernée, et qui donc « dé- pend » du régime juridique approprié.

Édition 2015

- Dol : Pratique, manœuvre, comportement, tromperie, de caractère volontairement malhonnête, produi- sant un résultat dommageable.

- Domaine : Etymologiquement, le domaine est l’ensemble des biens administrés par un même « maître » ou propriétaire. Pratiquement, il renvoie à une propriété foncière privative (« le domaine de »), mais aussi à un ensemble de biens dépendant d’un acteur public. Dans ce dernier cas, il est plutôt utilisé au pluriel (cf. ci-après). Le domaine peut alors être privé ou public.

- Domaines : Ensemble des biens meubles et immeubles constituant le patrimoine d’une personne mo- rale publique.

- Domaine privé immobilier : Ensemble des biens fonciers de l’Etat, d’une collectivité décentralisée ou de toute autre personne morale de droit public, susceptible de disposer d’un patrimoine. Les biens du domaine privé sont soumis aux règles du droit commun relatives aux biens, sous réserve des règles spécifiques légalement fixées dérogeant à ce droit commun.

- Domaine public immobilier : Ensemble des biens, d’origine naturelle ou artificielle, dont l’Etat (ou une collectivité décentralisée) a la responsabilité directe de la protection et de la gestion pour l’intérêt collectif.

Le domaine public est inaliénable, insaisissable et imprescriptible. Il peut être assorti de servitudes particulières qui s’imposent aussi à la propriété privative.

- Don (ou Donation) : Juridiquement, désigne l’acte assorti ou non de conditions, par lequel une per- sonne, le donateur, transfère, de manière irrévocable, sans contrepartie et de manière désintéressée, un bien de son patrimoine à une autre personne, le donataire, qui l’accepte.

- Dotation : Terme utilisé habituellement pour désigner l’attribution d’une somme d’argent (une aide par exemple).

Dans la présente loi et dans son dispositif d’application, la dotation désigne une procédure particulière qui permet de transférer un terrain du domaine privé de l’Etat à celui d’une collectivité décentralisée à charge pour celle-ci d’en assurer la gestion et ou la distribution au profit de ses membres, en se fondant sur les droits de jouissance ou d’occupation existants, selon les règles du droit commun.

- Droit commun (de) : Expression utilisée pour préciser que la règle juridique applicable est celle défi- nie par les textes de base relatifs au point de droit concerné.

- Emprise : Désigne un espace de terrain au regard du régime juridique qui lui est applicable. La consis- tance de l’emprise est définie par la loi, par un acte administratif spécifique ou par un contrat.

- Foncier : Le terme « Foncier » peut être interprété comme substantif, auquel cas il recouvre l’ensemble des relations entre l’Homme et la terre, ou comme qualificatif, auquel cas il renvoie à l’ensemble des règles qui sont relatives à l’appropriation privative des terres.

- Hypothèque : Garantie constituée au profit d’un prêteur et consistant dans la valeur, totale ou par- tielle, d’un bien immobilier. L’hypothèque est un droit réel qui appartient au titulaire du droit de pro- priété. L’hypothèque peut être conventionnelle ou légale selon les textes en vigueur.

- Immatriculation : Régime juridique applicable à la propriété foncière garantissant à celle-ci un carac- tère définitif et inattaquable. Plus précisément, l’immatriculation est la phase qui permet l’identification du terrain par le bornage de celui-ci et l’attribution d’un numéro chronologique au livre foncier.

- Imprescriptibilité : Caractère juridique d’un droit (celui de propriété par exemple), d’un bien (dépen- dance du domaine public par exemple), ou d’une action en justice, qui ne peut s’éteindre par l’effet de la prescription, autrement dit par l’écoulement du temps.

- Inaliénabilité : Contrainte qui empêche le transfert de la propriété d’un bien d’une personne à une autre. En particulier, l’inaliénabilité s’applique aux dépendances du domaine public.

- Insaisissabilité : Caractère juridique qui, dans des conditions fixées par la loi, empêche un bien d’être saisi par un créancier.

L’insaisissabilité caractérise notamment les dépendances constitutives du domaine public.

Recueil de textes de lois sur le foncier

- Inscription : Action par laquelle un acte juridique constitutif ou relatif à un droit réel portant sur un immeuble immatriculé, est enregistré sur le compte spécifique de cet immeuble dans le livre foncier. L’inscription est la condition de l’inopposabilité de l’acte juridique aux tiers.

- Legs : Acte unilatéral de disposition à cause de mort et à titre gratuit contenu dans un testament par lequel le testateur (celui qui meurt) laisse tout ou partie de ses biens en pleine propriété, en usufruit ou en nue propriété à un légataire (celui qui reçoit le bien en héritage).

- Limite : ce qui délimite un terrain ; le tracé des limites est défini par les bornes implantées légalement ou par les signaux implantés par les usagers selon les pratiques localement reconnues.

- Livre foncier : Registre sur lequel sont inscrits, par ordre chronologique, les immeubles, au fur et à mesure de leur immatriculation. A chaque immeuble correspond un compte, dit titre foncier, sur lequel sont enregistrés, de manière chronologique, tous les actes juridiques réels relatifs à la parcelle de terrain immatriculée.

- Locataire (ou preneur) : Personne physique ou morale, partie au contrat de location, qui reçoit la jouissance du bien loué dans les conditions fixées par le contrat.

- Occupation : Fait d’occuper un terrain en vertu d’un titre ou sans droit légalement établi.

- Prescription : Effet juridique produit par l’écoulement du temps.

Extinctive, la prescription fait disparaître un droit ou une obligation par défaut d’usage.

Acquisitive, la prescription crée un droit ou une obligation ; cette prescription ne peut pas s’appliquer qu’aux immeubles immatriculés, sauf dispositions légales contraires.

- Présomption : Conséquence validée légalement d’un fait ou d’un acte dont la seule existence dispense

le bénéficiaire de la présomption d’apporter une preuve d’un autre fait ou acte dont l’existence est vrai-

semblable au regard du premier. La présomption peut être absolue ou irréfragable, auquel cas aucune preuve contraire ne peut lui être opposée, ou simple ou réfragable auquel cas elle peut être combattue par la preuve contraire.

- Propriété (Droit de) : C’est le droit réel qui permet à son détenteur d’user, de jouir et de disposer de son bien de la manière la plus absolue, sous réserve des limites qui pourraient être fixées par les dispo- sitions légales en vigueur.

- Plan : Document topographique, établi par un géomètre agréé ou par le service administratif compé- tent, représentatif de la parcelle de terrain, de ses limites et bornes, de sa superficie.

- Reconnaissance locale : Procédure fixée légalement qui permet la mise en œuvre au niveau local (communal ou autre) d’un processus de constat et de validation de situation juridique d’un terrain, par une commission ad hoc.

- Redevance : Somme d’argent qui doit être versée régulièrement par le titulaire d’un acte domanial (concession par exemple), par le locataire emphytéotique.

- Réserve foncière : Espace érigée par arrêté du Ministre chargé des Domaines en zone à statut spéci- fique dont la destination est de promouvoir une activité économique telle que le tourisme, l’agriculture, l’industrie.

- Servitude : De nature et d’origine juridique très variable, la servitude est une contrainte qui s’impose aux dépens du droit de propriété. La servitude peut être privative ou liée à la domanialité publique.

- Superficie (droit de) : Droit de propriété (droit réel) portant sur les aménagements (constructions, plantations, etc.) effectués sur un immeuble, à l’exclusion de tout droit sur le terrain lui-même.

- Superficiaire : Bénéficiaire du droit de superficie.

- Titre foncier : De manière générale, copie authentique de la page du livre foncier relative à l’immeuble immatriculé, attestant de la propriété au profit du détenteur du titre.

A Madagascar le titre foncier est le nom donné au compte spécifique de chaque immeuble dans le livre

foncier. Le propriétaire de l’immeuble reçoit un duplicata authentique dudit titre.

- Vente : (voir cession)

Édition 2015

SECTION 2 Domaine de l’Etat, des collectivités décentralisées et autres personnes morales de droit public

Article 4. – Les terrains appartenant ou détenus par l’Etat, les collectivités décentralisées et autres per- sonnes morales de droit public, sont soumis, selon leur nature, aux règles applicables soit au domaine public, soit au domaine privé.

Paragraphe 1 : Du domaine public de l’Etat et des collectivités décentralisées

Définition du domaine public

Article 5. – Le domaine public immobilier, de l’Etat et des collectivités décentralisées, comprend l’en- semble des biens immeubles qui, soit par leur nature, soit par suite de la destination qu’ils ont reçue de l’autorité, servent à l’usage, à la jouissance ou à la protection de tous et qui ne peuvent devenir, en demeu- rant ce qu’ils sont, propriété privée.

Consistance du domaine public

Article 6. – Le domaine public se subdivise en trois fractions principales, caractérisées par l’origine des biens qui le composent :

Le domaine public naturel essentiellement immobilier, dont l’assiette et la destination sont l’œuvre de la nature ;

Le domaine public artificiel dont l’établissement est le fait du travail et de la volonté de l’Homme ;

Le domaine public légal, c’est-à-dire, celui qui, par sa nature et sa destination, serait susceptible d’appro- priation privée, mais que la loi a expressément classé dans le domaine public.

Article 7. – Abstraction faite de la distinction que comporte l’article précédent, le domaine public se sub- divise encore d’après la nature des biens ou leur affectation, en domaine public terrestre, domaine public maritime, domaine public fluvial et lacustre, et domaine public militaire.

Article 8. – Des servitudes de passage sont réservées :

Sur les rives des cours d’eau, des lacs, étangs et lagunes, relevant du domaine public ainsi que sur le bord des îles ;

Pour l’exécution des travaux ou de réparation sur les rives des canaux, drains et ouvrages de toutes sortes appartenant à la puissance publique et dépendant d’un réseau hydro agricole ;

Et de manière générale, pour l’exécution de tous autres travaux d’aménagement ou d’infrastructure rele- vant du domaine public.

La largeur d’emprise desdites servitudes est fixée par la loi portant régime juridique du domaine public.

Régime juridique du domaine public

Article 9. – Les biens du domaine public sont inaliénables et imprescriptibles alors même qu’ils seraient immatriculés suivant la procédure prévue par la réglementation sur le régime foncier à Madagascar. Toute aliénation consentie en violation de cette règle est atteinte d’une nullité d’ordre public.

Article 10. – Le domaine public n’est pas susceptible d’expropriation pour cause d’utilité publique, le changement de destination des biens qui en dépendent s’opérant dans les conditions fixées à l’article 12 ci-après.

Article 11. – Les biens du domaine public sont placés en la dépendance des personnes morales visées à l’article 5 ci-dessus, qui ne peuvent en disposer qu’après la réalisation d’une procédure de déclassement telle que fixée à l’article 12 ci-après.

Recueil de textes de lois sur le foncier

Article 12. – Les portions du domaine public qui seraient reconnues susceptibles d’être déclassées pour- ront l’être par l’autorité dont elles dépendent sous réserve de l’approbation de l’autorité de tutelle lorsqu’il s’agit d’une dépendance d’un domaine public autre que celui de l’Etat.

Les parcelles déclassées, du domaine public sont intégrées au domaine privé de la personne morale de droit public qui procède au déclassement.

Gestion du domaine public

Article 13. – Certaines parties du domaine public peuvent faire l’objet d’affectations privatives :

Soit sous la forme de contrats de concession, d’une durée maximale de trente ans, pour l’exploitation d’une dépendance du domaine public selon la destination de celle-ci ;

Soit sous la forme d’une autorisation ou d’un permis d’occupation temporaire révocable à tout moment.

Les modalités de ces deux modes d’affectation étant fixées par la loi portant régime juridique du domaine public.

Article 14. – Il peut être délivré, dans une limite de trente ans, soit aux administrations, soit à des per- sonnes privées, physiques ou morales, des autorisations spéciales qui confèrent, moyennant redevance, le droit de récolter certains produits naturels du sol, d’extraire des matériaux, d’établir des prises d’eau, d’y exercer des droits de chasse et/ou de pêche.

Article 15. – La loi sur le domaine public et ses décrets d’application fixent les dispositions relatives à la police, la conservation, et la délimitation du domaine public.

Article 16. – La gestion des biens du domaine public peut, pour une cause d’intérêt général, être trans- férée de la personne morale qui les détient aux mains de l’une des autres personnes visées à l’article 4 ci-dessus. Le transfert est effectué selon des modalités fixées par la loi relative au Domaine public et à ses textes d’application.

Paragraphe 2 : Du domaine privé de l’Etat, des collectivités décentralisées et des autres personnes morales de droit public

Définition

Article 17. – Ensemble des biens immobiliers qui font partie du patrimoine soit de l’Etat, soit d’une col- lectivité décentralisée, soit de toute autre personne morale de droit public, et dont celui-ci ou celle-ci peut disposer selon le droit commun sous réserve des dispositions légales spécifiques en vigueur.

Consistance

Article 18. – Font partie du Domaine privé immobilier :

les biens immobiliers qui sont l’objet d’un titre foncier ;

les biens immobiliers constitutifs du domaine public après leur déclassement ;

les biens immobiliers légués ou donnés à une personne morale de droit public, après acceptation par celle-ci dans les conditions fixées par les textes en vigueur ;

les îles et îlots lesquels ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée sous quelque forme que ce soit, et qui peuvent seulement être loués ;

les terrains, urbains ou ruraux, qui ont fait l’objet d’une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique, ainsi que ceux dont le propriétaire ne se sera pas conformé à l’obligation de les mettre en exploitation, entretenir et utiliser, et qui seront transférés au domaine privé de l’Etat ou d’une autre personne morale publique dans les conditions fixées par les textes en vigueur ;

les terrains qui n’ont jamais fait l’objet ni d’une première occupation ni d’une première appro- priation.

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Régime juridique

Article 19. – Le domaine privé comprend des biens immobiliers qui peuvent être rattachés à deux caté- gories :

les biens affectés à un service public pour les besoins de celui-ci, et pour la durée de ces besoins ;

les biens non affectés qui sont ceux qui demeurent entre les mains et à la disposition de l’acteur public qui détient le patrimoine de rattachement.

Gestion du domaine privé

Article 20. – Les biens immobiliers constitutifs du domaine privé peuvent être, au gré de leur propriétaire et selon les conditions fixées par les textes en vigueur, l’objet de baux, ordinaires ou emphytéotiques, de ventes, aux enchères ou de gré à gré, d’échanges, et de manière générale, de transactions de toute nature autorisées par le droit commun. Ils peuvent aussi être l’objet de toute transaction spécifique dont les mo- dalités seraient fixées par la loi.

Les actes juridiques et administratifs relatifs aux biens constitutifs du domaine privé de l’Etat sont de la compétence du représentant de l’Etat pour la circonscription domaniale du lieu de situation du bien objet de l’acte.

Les terrains qui auront donné lieu à la délivrance d’un acte domanial ou d’un contrat dans les conditions prévues par les textes en vigueur, sont purgés de toute revendication possible, hormis celle de la personne bénéficiaire de l’acte ou du contrat.

Les mutations entre l’Etat, les collectivités décentralisées et toutes personnes morales de droit public, de biens dépendant de leur domaine privé respectif, ont lieu à l’amiable et à titre onéreux, soit en toute pro- priété, soit en jouissance, et dans les formes du droit commun.

Par dérogation à cette règle, les collectivités décentralisées et les personnes morales de droit public autre que l’Etat peuvent recevoir de celui-ci, gratuitement, des biens de son domaine privé. Réciproquement, l’Etat peut bénéficier, de la part des autres personnes morales publiques, des terrains qui lui sont néces- saires pour y installer ses services ou pour un but d’intérêt général.

SECTION 3 Des terrains des personnes privées

Article 21. – Les terrains des personnes privées se répartissent en :

terrains objet d’un droit de propriété reconnu par un titre foncier ;

terrains détenus en vertu d’un droit de propriété non titré qui peut être établi/reconnu par une procédure appropriée.

Paragraphe 1 :

Des terrains objet d’un droit de propriété reconnu par un titre foncier

Champ d’application du régime de la propriété foncière titrée

Article 22. – Sont soumis au régime de la propriété foncière titrée :

les terrains qui ont fait l’objet d’une procédure d’immatriculation individuelle ;

les terrains qui ont fait l’objet d’une procédure immatriculation collective.

Régime juridique de la propriété foncière titrée

Article 23. – Le service de la Conservation foncière est chargé d’assurer aux titulaires la garantie des droits réels qu’ils possèdent sur les immeubles soumis au régime de l’immatriculation, dans les conditions prévues par les textes y afférents.

Recueil de textes de lois sur le foncier

La garantie des droits réels est obtenue au moyen de la publication (l’inscription) sur des livres fonciers, à un compte particulier dénommé titre foncier, ouvert pour chaque immeuble, de tous les droits réels qui s’y rapportent, ainsi que des modifications de ces mêmes droits, ladite publication étant précédée de la vérification des justifications produites et faisant foi à l’égard des tiers, dans la limite et conformément aux dispositions légales en vigueur.

Pour permettre cette publication, les immeubles doivent être préalablement immatriculés sur les livres fonciers. L’immatriculation a lieu à l’issue d’une procédure fixée par la loi relative à la Propriété foncière immatriculée et ses textes d’application.

Article 24. – Une procédure particulière fixe les modalités de la transformation du certificat foncier en un titre foncier.

Article 25. – Le régime foncier de l’immatriculation s’applique aux fonds de terre de toute nature, bâtis ou non.

Les tombeaux contenant des sépultures peuvent être immatriculés avec les propriétés sur lesquels ils sont construits ; mais, même après l’immatriculation, ils restent soumis aux règles spéciales de propriété les concernant et conservent leur caractère d’inaliénabilité et d’insaisissabilité.

Article 26. – Les dispositions des lois et règlements en vigueur à Madagascar à la date de promulgation de la présente loi, sont en principe applicables d’une manière générale aux immeubles immatriculés et aux droits réels qui s’y rapportent.

Article 27. – Tout droit réel immobilier ou charge n’existe, à l’égard des tiers, qu’autant qu’il a été rendu public dans les formes, conditions et limites réglées par la présente loi et les textes permettant son appli- cation, sans préjudice des droits et actions réciproques des parties pour l’exécution de leurs conventions.

Article 28. – Sont immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent :

Les droits réels immobiliers, à savoir : la propriété des biens immeubles ; l’usufruit des mêmes biens ; les droits d’usage et d’habitation ; l’emphytéose ; les droits de superficie ; les servitudes et services fonciers ; l’antichrèse ; les privilèges et hypothèques ;

Les actions qui tendent à revendiquer les mêmes droits réels.

Gestion de la propriété foncière titrée

Article 29. – Le titre foncier établi par une procédure d’immatriculation dans les formes et conditions déterminées par les lois et règlements est définitif et inattaquable ; il constitue devant les juridictions mal- gaches le point de départ unique des droits réels et charges foncières existant sur l’immeuble au moment de l’immatriculation à l’exclusion de tous les autres droits non-inscrits. Toute action tendant à la revendi- cation d’un droit réel non révélé en cours de procédure est irrecevable.

Article 30. – Toute personne dont les droits ont été lésés par la suite d’une immatriculation n’a jamais de recours sur l’immeuble, mais seulement, en cas de dol, une action personnelle en dommages et intérêts contre l’auteur du dol.

Article 31. – Le titre foncier de propriété et les inscriptions ne conservent le droit qu’ils relatent qu’en tant qu’ils n’ont pas été annulés, rayés et modifiés, et font preuve à l’égard des tiers que la personne qui y est dénommée est réellement investie des droits qui y sont spécifiés.

Les annulations ou modifications ultérieures ne peuvent être opposées aux tiers inscrits de bonne foi.

Les simples interprétations en justice et contentieuses des termes et mentions obscurs ou ambigus des inscriptions seront opposables aux tiers.

Article 32. – Le propriétaire, à l’exclusion de toute autre personne, a droit à un duplicata authentique, exact et complet, sur feuillets et bordereaux cotés et paraphés, du titre de propriété et du plan y annexé. Ce duplicata unique du titre foncier est nominatif et le conservateur en certifie l’authenticité en y apposant sa signature et le sceau de la conservation.

Tout usufruitier, emphytéote ou superficiaire, a droit également à un duplicata authentique, exact et com-

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plet du titre spécial dont il a pu requérir l’établissement. Les autres titulaires de droits réels et charges foncières n’ont droit qu’à la délivrance de certificats d’inscription nominatifs portant copie littérale des mentions relatives aux droits réels ou charges inscrits.

Le duplicata détérioré auquel il manquera un ou plusieurs feuillets ou bordereaux cessera d’être probant et exécutoire.

Paragraphe 2:

Des terrains détenus en vertu d’un droit de propriété non titré

Champ d’application

Article 33. – Ensemble des terrains, urbains comme ruraux, sur lesquels sont exercés des modes de détention du sol se traduisant par une emprise personnelle ou collective, réelle, évidente et permanente, selon les usages du moment et du lieu et selon la vocation du terrain, qui sont susceptibles d’être reconnus comme droit de propriété par un acte domanial.

Régime juridique

Article 34. – Le service administratif compétent de la collectivité décentralisée en charge de la propriété foncière non titrée, établit un acte domanial reconnaissant comme droit de propriété l’occupation, l’utili- sation ou la valorisation du terrain, à l’issue d’une procédure ad hoc, laquelle doit satisfaire aux conditions de principe ci-après :

la procédure est publique et contradictoire ; une commission ad hoc, dont la composition sera fixée par des dispositions légales spécifiques à la propriété non titrée, est nommée par arrêté du responsable de l’exécutif de la collectivité concernée ; un procès-verbal est dressé dont copie doit être adressée à la cir- conscription domaniale et foncière de rattachement de la commune ; les oppositions non tranchées lors de la reconnaissance sont mentionnées au procès-verbal, et leur règlement qui s’effectue selon les modalités légalement prévues, doit être obtenu avant que l’acte domanial puisse être établi ; l’acte domanial est signé par le responsable de l’exécutif local.

Article 35. – La demande de reconnaissance des droits peut être individuelle ou collective.

Lorsqu’il s’agit d’une demande collective, elle peut être le fait :

de la Collectivité Décentralisée. Dans ce cas, le territoire qui est l’objet de la demande peut être at- tribué à la collectivité en dotation, par arrêté de l’autorité administrative légalement compétente, laquelle peut ou non faire immatriculer préalablement le terrain. Dans le cas où il est procédé à l’immatriculation du territoire concerné et à l’établissement d’un titre foncier au nom de la com- mune, celle-ci ne peut disposer du titre que pour procéder à l’établissement des actes domaniaux au profit des occupants ou utilisateurs reconnus. Ceux-ci peuvent aussi, si ils le souhaitent et si les conditions légales sont réunies, demander à l’administration foncière compétente l’établissement de titres fonciers ;

d’une association d’usagers, constituée conformément à la loi. Dans ce cas, le territoire qui est l’objet de la demande peut lui être attribué par arrêté de l’autorité administrative légalement com- pétente, laquelle peut ou non faire immatriculer préalablement le terrain.

Lorsqu’il s’agit d’une demande individuelle, il est fait application des dispositions spécifiques de la loi sur la Propriété foncière non titrée.

Article 36. – Les droits constatés et reconnus par l’acte domanial sont opposables aux tiers jusqu’à la preuve contraire établie selon les règles du droit commun.

Gestion de la propriété foncière non titrée

Article 37. – La propriété foncière non titrée, constatée par un acte domanial, permet à son détenteur d’exercer tous les actes juridiques portant sur des droits réels et leurs démembrements reconnus par les lois en vigueur, notamment la cession à titre onéreux ou gratuit, la transmission successorale, le bail, l’em- phytéose, la constitution d’hypothèque.

Recueil de textes de lois sur le foncier

SECTION 4 Des terres incluses dans des aires soumises à des régimes juridiques spécifiques

Article 38. – Dans la mise en œuvre des dispositions de la présente loi, il doit être tenu compte des aires qui en sont exclues parce que soumises à un dispositif juridique particulier. Il s’agit notamment :

des terrains constitutifs de zones réservées pour des projets d’investissement ;

des terrains qui relèvent du domaine d’application de la législation relative aux Aires protégées ;

des terrains qui servent de support à la mise en application de conventions signées dans le cadre de la législation sur la gestion des ressources naturelles ;

des terrains qui sont juridiquement définis comme relevant de l’application du droit forestier ;

des terrains qui sont constitués en espaces protégés en application d’une convention internatio- nale ratifiée par la République de Madagascar.

SECTION 5 De l’Administration domaniale et foncière

Le dispositif administratif de gestion

Article 39. – Les collectivités décentralisées, notamment celles du niveau de base, mettent en place le(s) service(s) appropriés pour l’application des dispositions de la présente loi et des autres textes relatifs à la gestion domaniale et foncière, pour l’exercice des compétences qui leurs sont reconnues.

Article 40. – Les administrations de l’Etat organisent leurs services déconcentrés pour l’exécution des compétences qui leur sont dévolues par la loi en tenant compte de la nécessaire complémentarité avec les services décentralisés évoqués à l’article précédent, en même temps que des tâches de contrôle qui leurs sont dévolues.

SECTION 6 Dispositions finales

Article 41. – Les droits sur les terrains résultant de l’application des statuts juridiques qui ne sont pas repris dans le présent texte, devront être mis en conformité avec les dispositions de celui-ci et des textes nécessaires à son application.

Article 42. – Des textes réglementaires détermineront les modalités nécessaires pour l’application de la présente loi.

Article 43. – La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République.

Elle sera exécutée comme loi de l’Etat malgache.

Promulguée à Antananarivo, le 17 octobre 2005

Marc RAVALOMANANA

Extrait du Journal Officiel n°3007 du 02/01/06

Édition 2015

LIVRE II : DOMAINE PUBLIC

II.1. Loi 2008.013 du 23.07.08 sur le domaine public

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana –Fahafahana- Fandrosoana

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Loi N°2008-013

Sur le domaine public

présenté

au nom de Monsieur le PREMIER MINISTRE,

CHEF DU GOUVERNEMENT

par

LE MINISTRE DE LA REFORME FONCIERE,

DES DOMAINES ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE.

EXPOSE DES MOTIFS

L’annulation du principe de la présomption de domanialité ainsi que la mise en place de la

propriété foncière privée non titrée

gissant les statuts des terres à Madagascar domaine public.

Ont de ce fait été retirées du présent projet de loi les dispositions contraires à celles de la loi n° 2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les principes régissant les statuts des terres à Madagascar. Il s’agit essentiellement de travaux de toilettage de la rédaction, les principales dispositions de la loi n° 60-099 du 21 septembre 1960 sur le domaine public n’ont pas été modifiées.

impliquent une révision de l’ordonnance réglementant le

par la loi n°2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les principes ré-

Cependant sur le point particulier relatif à la gestion de la bande de terre jouxtant le rivage de la mer, appelée zone des pas géométriques, il est apparu opportun d’en simplifier le régime juridique pour régler les difficultés constatées dans la gestion de celle-ci.

L’existence du domaine public littoral de l’Etat y est reconfirmée sous la forme d’une servitude publique de passage de 25 mètres de largeur le long du rivage de la mer, laquelle entraîne l’indisponibi- lité des terrains situés à l’intérieur de cette bande. Les dispositions réglementaires de la loi permettront de clarifier les modalités d’utilisation de cette zone et d’en renforcer sa protection.

Tel est l’objet du présent projet de loi.

Marius RATOLOJANAHARY

Recueil de textes de lois sur le foncier

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana –Fahafahana- Fandrosoana

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

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LOI N° 2008-013

du 23 juillet 2008

Sur le domaine public

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution,

Vu la décision n°

HCC/D du …………….,

Promulgue la loi dont la teneur suit :

TITRE I DEFINITION, CONSISTANCE ET CONDITION JURIDIQUE DU DOMAINE PUBLIC

CHAPITRE 1

Définition

Article premier -

l’ensemble des biens immeubles qui, soit par leur nature, soit par suite de la destination qu’ils ont reçue de l’autorité, servent à l’usage, à la jouissance ou à la protection de tous et qui ne peuvent devenir, en demeu- rant ce qu’ils sont, propriété privée.

Le domaine public immobilier de l’Etat et des collectivités décentralisées, comprend

CHAPITRE 2 Consistance et regime juridique

Section 1 Consistance du domaine public

Art. 2 - Le domaine public se subdivise en trois fractions principales, caractérisées par l’origine des biens qui les composent :

1. le domaine public naturel essentiellement immobilier, dont l’assiette et la destination sont l’œuvre de la nature ;

2. le domaine public artificiel, tantôt immobilier, tantôt mobilier, dont l’établissement est le fait du travail et de la volonté de l’homme ;

3. le domaine public réglementaire résultant d’une procédure spécifique de classement.

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Art. 3 - Font partie du domaine public les biens ci-après, sans que cette énumération soit limitative :

a) Domaine public naturel :

1) La mer territoriale qui s’étend vers le large jusqu’à 12 milles marins à partir de la ligne de base tel que définie par le Code maritime ainsi que les golfes, baies ou détroits enclavés dans les terres ;

2) Le rivage de la mer jusqu’à la limite des plus hautes marées périodiques et régulières ;

3) Une bande littorale d’une largeur de 25 mètres à partir de la limite ci-dessus ;

4) Les étangs salés et les marais salants en communication directe et naturelle avec la mer, les che- naux et étiers, ainsi que les lagunes ;

5) Les fleuves, rivières, cours d’eau, lacs et étangs.

La domanialité publique est, en ce qui les concerne, fixée par la limite des plus hautes eaux, sans débordement. Les modalités de détermination de ladite limite sont fixées par décret.

b) Domaine public artificiel :

1) Les ports maritimes et fluviaux dans les limites déterminées dans l’acte régissant leur création, extension/mise en place de dépendance ;

2) Les ouvrages pour assurer la protection des rives des cours d’eaux, ou pour faciliter la navigabilité ou le bon écoulement des eaux ;

3) Les puits aménagés à l’usage du public et les travaux de protection et d’aménagement des sources visées au point 6 du présent article ;

4) Les canaux de navigation et les cours d’eau canalisés et les aménagements qui permettent exploitation ;

5) Les canaux d’irrigation et de drainage, les conduites d’eaux, digues et barrages, construits dans un intérêt public, les installations de toute nature qui en sont les accessoires indispensables, ainsi que les aménagements destinés à l’entretien de ces ouvrages ;

leur

6) Les eaux recueillies et canalisées pour l’usage public ou collectif, les conduites, les aménagements destinés à la distribution d’eau, les lavoirs et abreuvoirs, les égouts, ainsi que les diverses installa- tions nécessaires à leur fonctionnement et à leur entretien ;

7) Les voies publiques de toute nature, routes, rues, places, jardins et squares publics, dans les limites déterminées par les dimensions des emprises qui les supportent ;

8) Les voies ferrées, les lignes de tramway ou de trolleybus et les dépendances nécessaires à leur exploitation et à leur entretien ;

9) Les aménagements et équipements aéroportuaires ainsi que de navigation aérienne et les dépen- dances permettant leur exploitation et entretien, dans les limites des terrains qui les supportent ;

10) Les installations permettant la circulation, la production et la distribution de l’énergie sous toutes ses formes, créées dans un but d’utilité publique, avec toutes les dépendances nécessaires à leur fonctionnement et à leur entretien, dans les limites des terrains qui les supportent ;

11) Les installations de télécommunications sous toutes leurs formes d’intérêt général avec les dépen- dances nécessaires à leur fonctionnement et à leur entretien dans les limites des terrains occupés pour l’installation de ces lignes ;

12) Les constructions et installations des points d’atterrissage des câbles sous-marins reliant Mada- gascar avec d’autres pays, dans les limites des terrains occupés ;

13) Les constructions et installations des postes de radiocommunications et de télévision, ainsi que leurs dépendances, dans les limites des terrains occupés ;

14) Les phares, balises et autres aménagements et infrastructures destinés à la sécurité de la naviga- tion, ainsi que leurs dépendances, dans les limites des terrains occupés ;

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15) Les ouvrages, infrastructures et équipements, ainsi que les sites naturels servant à la défense du territoire dans les limites des terrains occupés ;

16) Les édifices cultuels appartenant à l’Etat, dans les conditions définies par la législation sur le régime des cultes, et les objets qui en dépendent, ensemble le sol sur lequel ils sont construits, les murs extérieurs, contreforts et piliers, un chemin d’accès de trois mètres de large au minimum et un chemin de dégagement de cinq mètres de large autour desdits édifices ;

17) Les monuments relevant de la législation sur le patrimoine national ;

18) Les cimetières et lieux de sépultures collectives autorisés.

c) Domaine public réglementaire

Font partie du domaine public réglementaire les dépendances qui résultent d’une procédure spécifique de classement dont les modalités sont fixées par décret d’application de la présente loi.

Section 2 Condition juridique

Art. 4 - Les biens du domaine public sont inaliénables, insaisissables et imprescriptibles alors même qu’ils seraient immatriculés suivant la procédure prévue par la loi sur la propriété foncière titrée.

Toute violation de cette règle est sanctionnée d’une nullité d’ordre public.

Art. 5 - Si l’aliénation comprenait à la fois des biens du domaine privé et des biens du domaine public, la nullité prévue à l’article 4 n’atteindrait que ces derniers.

Art. 6 - Les biens du domaine public sont placés en la dépendance des personnes morales visées à l’article premier qui ne peuvent en disposer librement qu’à partir du jour où ces biens cessent régulièrement de remplir leur destination ou ont fait l’objet d’un déclassement.

Art. 7 - Le droit défini sous l’article 2 se répartit de la façon suivante entre les personnes morales visées

à l’article premier :

a. le domaine public naturel est en la dépendance de l’Etat ;

b. le domaine artificiel est en la dépendance de la personne morale dont le budget a pourvu aux frais d’acquisition, d’aménagement et d’entretien.

Art. 8 - Si des biens des particuliers étaient exceptionnellement aménagés en dépendance du domaine pu- blic sans acquisition préalable, il est fait application de la procédure de l’expropriation en ce qui concerne la fixation de l’indemnité.

L’indemnité est soumise, à compter de la date de prise de possession effective, à la déchéance quadriennale pour les créanciers domiciliés à Madagascar et à la déchéance quinquennale pour les créanciers résidant hors de Madagascar, et ce dans les conditions prévues par le régime financier en vigueur.

Art. 9 - Lorsque l’incorporation au domaine public se produit par la suite de la submersion habituelle,

pendant une période minimale de trente ans, de terrains ayant jusque-là fait l’objet d’une appropriation

à titre privé, les propriétaires dépossédés perdent définitivement et irrévocablement tous droits sur les

parcelles couvertes par les eaux sans pouvoir prétendre à aucune indemnité si ledit envahissement est le résultat d’une cause naturelle.

Dans le cas de l’abandon naturel de son ancien lit par un cours d’eau, les propriétaires riverains disposent d’un droit de préemption pour l’acquisition de la propriété de cet ancien lit, sur la partie déterminée par des lignes perpendiculaires tirées des deux extrémités des limites riveraines de leurs propriétés respec- tives, sur la ligne médiane du lit abandonné.

La procédure d’acquisition est fixée par la loi sur le domaine privé de l’Etat.

Art. 10 - Le domaine public grève les fonds riverains de servitudes d’utilité publique, dont la nature et l’importance sont déterminées d’après la destination assignée aux portions du territoire incorporées à ce domaine. Ces servitudes ne peuvent résulter que des textes légalement pris.

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Aucune indemnité n’est due aux propriétaires en raison de ces servitudes. Toutefois, s’il est nécessaire pour leur exercice de procéder à la destruction ou à la démolition de bâtiments, clôtures ou plantations, il est dû aux propriétaires grevés une indemnité fixée comme en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique.

Art. 11 - Les particuliers ont le droit de jouir du domaine public, à la condition de n’exercer cette jouis- sance que dans les conditions spéciales à chaque nature de biens et suivant l’usage auquel ils sont destinés, le tout dans les limites fixées par les règlements administratifs.

TITRE II CONSERVATION ET GESTION DU DOMAINE PUBLIC

CHAPITRE I Police du domaine public

Art. 12 - Les atteintes aux règlements relatifs à la police, à la conservation et à l’utilisation du domaine public qui sont édictées par acte réglementaire de l’autorité de qui relève le domaine public sont punies d’une d’amende de 100.000 à 1.000.000 Ariary, sans préjudice de la réparation du dommage causé et de la démolition des ouvrages indûment établis sur le domaine public ou dans les zones de servitudes.

Les atteintes sont constatées par des procès-verbaux dressés par des agents désignés et assermentés par l’autorité de qui relève la dépendance domaniale publique, selon des modalités fixées par décret.

Ces contraventions sont de la compétence de la juridiction administrative.

CHAPITRE 2 Gestion du domaine public

Art. 13 - La gestion des biens du domaine public peut pour une cause d’intérêt général, être transférée de la personne morale qui les détient aux mains de l’une des autres personnes visées à l’article premier. Ce transfert a lieu en vertu d’un arrêté du Ministre chargé du Service des Domaines, quand il s’agit d’un transfert pur et simple sans paiement de prix ou indemnité quelconque.

Si le transfert comporte le paiement d’un prix ou s’il donne lieu à une indemnité à raison des dépenses ou de la privation des revenus qui en résulteraient pour la personne publique dépossédée, le transfert a lieu en vertu d’un décret pris en conseil des Ministres.

Art. 14 - Sont et demeurent confirmés tous les actes administratifs antérieurs, transférant au profit de collectivités décentralisées, des biens du domaine public situés sur leur territoire et placés sous la surveil- lance de l’administration locale.

Art. 15 - Certaines parties du domaine public, à l’exception de la bande littorale de la mer et des emprises de voies publiques fixée à l’article 3 ci-dessus, peuvent faire l’objet d’affectations privatives, sous la forme :

a) d’un contrat de concession, d’une durée maximale de trente ans, renouvelable. Le contrat de

concession confère au bénéficiaire le droit d’exploiter une dépendance du domaine public déjà appropriée à sa destination, à condition de maintenir cette destination, ou une dépendance du domaine public créée par leur industrie, avec la possibilité de percevoir à temps, au lieu et place de l’administration concédante, les revenus à provenir de cette dépendance ;

b) ou d’une autorisation d’occupation temporaire, d’une durée d’une année renouvelable, révo-

cable à toute époque sans indemnité, pour une cause d’intérêt général, et comportant pour les titulaires, droit d’utiliser à leur profit exclusif, moyennant redevance, une portion déterminée du domaine public. L’occupant ne peut procéder qu’à des installations précaires et démontables.

Art. 16 - Il peut être délivré, dans la limite de trente ans, soit aux administrations, soit à des sociétés ou à des particuliers, des autorisations spéciales conférant le droit, moyennant redevance, de récolter les

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produits naturels du sol (abattage ou élagage des arbres, etc.), d’extraire des matériaux (terres, pierres, sables, etc.), d’établir des prises d’eau sur les dépendances du domaine public, d’y exercer des droits de chasse et de pêche.

Art. 17 - Dans les cas prévus par les articles 15 et 16 précédents, les concessions, permis, ou autorisations, peuvent être accordés par convention amiable ou procédure d’enchères.

La redevance peut être stipulée, soit en nature, soit en espèces.

Art. 18 - Les contrats de concession et les autorisations sont de la compétence du Ministre chargé du Service des Domaines pour le domaine public de l’Etat, et du représentant de la collectivité publique en la dépendance de laquelle est placé le domaine public.

La résiliation, la résolution ou la révocation relèvent de la même compétence. Ces divers actes sont publiés selon les modalités qui sont prévues dans le texte qui les concerne.

CHAPITRE 3 Déclassement du domaine public

Art. 19 - Les portions du domaine public qui seraient reconnues susceptibles d’être déclassées pourront l’être par l’autorité dont elles dépendent.

Les parcelles déclassées du domaine public accroissent au domaine privé de l’autorité publique dans la dépendance duquel elles se trouvaient.

CHAPITRE 4 Servitude de passage

Art. 20 - Une servitude de passage de dix à vingt mètres de largeur selon les lieux et les circonstances, calculée à partir de rive avant débordement, est réservée sur les rives des cours d’eau, des lacs, étangs et lagunes dépendant du domaine public ainsi que sur le bord des îles se trouvant dans ces cours d’eau, lacs, étangs et lagunes.

La même servitude est également réservée uniquement pour l’exécution des travaux d’entretien ou de ré- paration, sur les rives des canaux, drains et ouvrages de toutes sortes appartenant à la puissance publique et dépendant d’un réseau d’aménagement hydroagricole.

TITRE III PROCÉDURE

Art. 21 - Toute action intentée par l’administration intéressée contre l’atteinte aux dépendances du do- maine public, relève de la compétence exclusive des tribunaux administratifs.

Toutefois, le juge des référés est compétent pour ordonner l’expulsion de l’occupant sans droit ni titre sur une partie du domaine public.

L’action possessoire devant les tribunaux de droit commun est ouverte aux concessionnaires et occupants temporaires, à l’effet de défendre leur droit de jouissance contre les attaques des tiers.

Art. 22 - Toute instance ayant pour objet le recouvrement des produits, redevances, portions de fruits, participation aux bénéfices du domaine public corporel ou incorporel ou la recette des droits, actions et créances qui en dépendent, est introduite par la signification au débiteur d’une contrainte, décernée par le Chef de la circonscription domaniale et foncière compétent, visée et rendue exécutoire par le Président du tribunal administratif de la situation des biens.

L’exécution de la contrainte ne pourra être interrompue que par une opposition formée par le redevable et motivée, avec assignation à jour fixe devant le tribunal administratif. Dans ce cas, l’opposant sera tenu d’élire domicile dans la localité où siège le tribunal.

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Art. 23 - Les procédures et instances engagées ou soutenues à la requête de l’Etat pour le règlement des litiges intéressant le domaine public ou le recouvrement des produits et redevances de ce domaine sont poursuivies devant la juridiction administrative à la diligence et par les soins des autorités ci-après en qua- lité de mandataires légaux, à savoir le Ministre chargé du Service des Domaines ou ses délégués, le Chef du Service des Domaines et de la Propriété foncière, et les Chefs de circonscription domaniale et foncière.

Pour le domaine public des collectivités décentralisées, elles sont poursuivies à la diligence du Chef de l’Exécutif local.

TITRE IV DISPOSITIONS FINALES

Art. 24 - Les modalités d’application de la présente loi sont fixées par voie réglementaire.

Art. 25 - Sont et demeurent abrogées toutes les réglementations et dispositions antérieures contraires à la présente loi notamment l’ordonnance n° 60-099 du 21 septembre 1960 réglementant le domaine public ainsi que ses textes subséquents.

Art.26 La présente loi sera publiée au Journal officiel de la République. Elle sera exécutée comme loi de l’Etat.

Promulguée Antananarivo,

Le Président de la République,

Marc RAVALOMANANA

Recueil de textes de lois sur le foncier

II.2 Décret 2008-1141 du 01 Décembre 2008 portant application de la loi 2008.013 du 23.07.08 sur le domaine public

REPOBLIKAN’ i MADAGASIKARA

Tanindrazana – Fahafahana – Fandrosoana

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MINISTERE DE LA REFORME FONCIERE, DES DOMAINES

ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

----------------

DECRET N° 2008-1141 DU 01 DECEMBRE 2008

Portant application de la loi n°2008-013 du 23 juillet 2008 sur le Domaine public.

Vu la Constitution,

Vu la Loi N°2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les statuts des terres à Madagascar,

Vu la Loi N°2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée,

Vu la Loi N°2008-013 du 23 juillet 2008 sur le domaine public,

Vu la Loi N°2008-014 du 23 juillet 2008 sur le domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes morales de Droit public,

Vu le Décret N°2007-1109 du 18 décembre 2007 portant application de la loi N°2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée.

Vu le Décret N° 2007-022 du 20 janvier 2007 portant nomination du Premier Ministre Chef du Gouver- nement ;

Vu le décret N° 2008-427 du 20 avril 2008 modifié par le décret N° 2008-596 du 23 juin 2008, N° 2008- 766 du 25 juillet 2008 portant nomination des membres du Gouvernement ;

Sur proposition du Ministre de la Réforme Foncière, des Domaine et de l’Aménagement du Territoire,

En Conseil de Gouvernement ;

Édition 2015

DECRETE :

TITRE PRELIMINAIRE DISPOSITIONS GENERALES

Article premier. – L‘administration, la conservation et l’entretien du domaine public de l’Etat, tel qu’il est défini par la loi n° 2008-013 du 23 juillet 2008, relèvent de la gestion de :

- Du Ministère dépositaire pour les objets mobiliers ;

- Du ministère des travaux publics pour le domaine public artificiel ;

- Des services publics pour le domaine public nécessaire au fonctionnement desdits services, qu’ils aient ou non l’autonomie financière.

Le domaine public des régions, des communes et de toute autre collectivité publique dotée de la personna- lité morale est géré par ces collectivités.

Art. 2. – La fixation des limites du domaine public, lorsque l’administration la juge nécessaire, est opé- rée :

1. En ce qui concerne le domaine public naturel, par voie de délimitation conformément aux articles 4 à 13 inclus ci-après ;

2. En ce qui concerne le domaine public artificiel, soit par voie de classement suivi de délimitation, soit par voie d’alignement.

TITRE I CONSERVATION DU DOMAINE PUBLIC DE L’ETAT

CHAPITRE I

Délimitation

Art. 3. – Le service des domaines participe aux opérations de délimitation du domaine public de l’Etat.

Il intervient dans les instances relatives au droit de propriété de l’Etat et est chargé de l’aliénation des produits, de la fixation des redevances et de leur recouvrement.

Il est également chargé de l’instruction des demandes d’autorisation d’occupation et de déclassement de parcelles du domaine public de l’Etat.

Art. 4. – En cas de nécessité dont l’administration est seule juge, il peut être procédé à la constatation par l’autorité administrative des limites naturelles, artificielles ou réglementaires de certaines parties du domaine public.

Cette délimitation est préalablement autorisée par décision du Ministre chargé des Domaines sur propo- sition du ministère intéressé.

Art. 5. – Elle est préparée par une commission composée comme suit :

Le Chef de Région ou son délégué, président ;

Un représentant du ministère dont relève l’Aménagement du Territoire ;

Le maire de la commune de la situation des lieux ou un conseil.

La commission est assistée d’un géomètre du service topographique.

Elle peut s’adjoindre toute personne dont elle juge l’avis utile.

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Le secrétariat de la commission est assuré, par le représentant du ministère dont relève l’Aména- gement du Territoire.

Art. 6. – La date de l’opération est portée à la connaissance du public quinze jours à l’avance, par voie de placards apposés au chef lieu du District et de la commune intéressée et dans les villages voisins de la zone à délimiter, au lieu habituel d’affichage des avis officiels, et sur les terrains à délimiter.

Les propriétaires d’immeubles voisins, ou englobés dans la délimitation, titulaires de titres fonciers d’im- matriculation ou de titres cadastraux ou de certificats fonciers sont convoqués par la lettre adressée à domicile ou à domicile élu par la voie administrative.

Des certificats d’affichage sont dressés par le Chef du District et le maire.

Les communications et avis donnés par l’administration n’ont d’autre objet que de mettre les tiers en mesure de faire valoir leurs droits éventuels, dans les limites et conditions déterminées par la loi sur le Domaine public .

Art. 7. – Le bornage et le levé de plan ont lieu, au jour fixé par les soins du service topographique sur les indications du service intéressé, et sous le contrôle de la commission qui reçoit et examine sur place toutes les oppositions, revendications présentées. Celles-ci sont mentionnées au procès-verbal de la commission qui donne obligatoirement son avis quant à la suite susceptible d’être réservée aux réclamations formu- lées. Les bornes placées doivent être du modèle déterminé par la réglementation en vigueur.

Art. 8. – Les bornes placées sont rattachées à des points fixes et rapportées sur le plan de délimitation. Ce plan donne le tracé des limites et des points de repère. Les bornes voisines des propriétés définitivement immatriculées ou cadastrées y sont également repérées.

Les immeubles immatriculés ou cadastrés ou objet de certificat foncier compris, en partie ou en totalité, dans les délimitations, font l’objet de mentions spéciales portées d’office au procès-verbal de délimitation, d’après le plan général de repérage ou le plan local d’occupation foncière dont un extrait est communiqué par le représentant du service des domaines. Ils seront reportés également d’office sur le plan de délimi- tation.

Une expédition conforme au plan de délimitation est dressée au service topographique en vue de son report sur les cartes du service.

Art. 9. – Une copie de procès-verbal et du plan de délimitation et leurs annexes sont déposées pendant un mois aux bureaux du District et du maire pour que tout intéressé puisse en prendre connaissance.

Avis de ce dépôt est donné par voie d’affiche, de kabary ou autres moyens de publicité en usage. Le délai d’un mois court du jour de cet affichage qui est attesté par certificat du Chef du District et du maire.

Un registre de réclamation est tenu, durant ce délai au bureau du District à la disposition du public.

Art. 10. – Les propriétaires des constructions, clôtures ou plantations existantes dans les zones de servi- tudes prévues par l’article 10 de la loi n°2008-013 du 23 juillet 2008 sur le Domaine public, les particu- liers détenteurs de terrains compris dans des portions du domaine public en cours de délimitation et qui invoquent des titres réguliers et définitifs ou qui peuvent prétendre à des droits de propriété , doivent faire mentionner les droits, invoqués par eux, soit au procès-verbal de délimitations, soit au registre de récla- mations tenu durant l’enquête à la disposition du public. Ils doivent justifier de leurs droits et déposer à cet effet, entre les mains de la commission, contre récépissé, des expéditions de tous les titres et documents en leur possession.

Les constructions, clôtures, plantations, terrains qui font l’objet de revendications comme il est dit ci-des- sus sont reportés sur le plan de délimitation.

Art. 11. – Les détenteurs des immeubles immatriculés ou cadastrés ou objet de certificats fonciers com- pris en partie ou en totalité dans les délimitations et portés sur le plan comme il est dit à l’article 8, ne sont pas tenus de justifier de leurs droits de propriété établis par leurs titres.

Les autres détenteurs sont tenus d’établir vis-à-vis de l’administration, leurs droits de propriété ou autres

Édition 2015

droits réels qui leur auraient été reconnus et non inscrits sur les livres fonciers.

Art. 12. – A l’expiration du délai d’un mois prévu à l’article 9, la commission établit un rapport de toutes ses opérations, en examinant spécialement les observations et réclamations des détenteurs de terrains englobés dans la délimitation. Elle procède à toute enquête nécessaire et formule des conclusions motivées quant au sort à réserver auxdites réclamations.

Art. 13. – Un décret en conseil des Ministres pris sur la proposition du Ministre chargé des Domaines après avis du Ministre intéressé, homologue le plan de délimitation du domaine public, sous réserve, le cas échéant, des droits à indemnités des propriétaires des immeubles englobés dans la zone ainsi délimitée.

Le décret est publié et notifié dans les formes prévues par les articles 17 et suivants de l’ordonnance 62-023 du 19 septembre 1962 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique. Les indemnités non prescrites dues pour incorporation au domaine public de propriétés privées sont fixées conformément aux dispositions de cette dernière ordonnance.

CHAPITRE II Classement.

Art. 14. – Le classement est l’acte de l’autorité publique qui confère à un bien meuble ou immeuble, le caractère de domanialité publique, ou constate ce caractère.

Art. 15. – Toutefois, le caractère de domanialité publique n’est subordonné à une décision de classement que pour les biens prévus à l’article 3 –c de la loi sur le domaine public.

Ces biens doivent, avant toute décision définitive de classement, être en la possession de l’Etat et avoir été aménagés en vue de les rendre propres à leur destination.

Le classement définitif est prononcé par décret pris en conseil des Ministres sur proposition du Ministre chargé Des domaines après avis du Ministre en la dépendance duquel seront placés lesdits biens.

Art. 16. – Le classement définitif d’immeubles dans les formes ci-dessus peut, si l’administration l’estime nécessaire, être complété par la délimitation telle qu’elle est fixée par les articles 4 à 13 inclus du présent décret.

Art. 17. – Les décrets portant homologation des plans généraux d’alignement prévus au chapitre III ci-dessous valent, en outre, classement dans le domaine public.

CHAPITRE III Alignement.

Art. 18. – La fixation des limites du domaine public artificiel lorsqu’il s’agit spécialement des routes, chemins, rues, places, quais et toutes autres voies de communication, doit être effectuée par voie d’ali- gnement, toutes les fois que les règlements généraux sur la matière permettent d’avoir recours à cette procédure spéciale.

Art. 19. – L’alignement est la limite, déterminée par l’autorité administrative dans les formes légales, qui sépare ou doit séparer la voie publique des propriétés riveraines.

Art. 20. – L’alignement général est une mesure d’ensemble, qui s’applique à tous les riverains d’une voie ou place publique. Cette mesure consiste dans l’établissement, par l’administration, d’un plan général d’alignement qui peut s’appliquer, soit à une ville, soit à une route, à une rue ou même à une portion de route ou de rue.

Art. 21. – Les plans généraux d’alignement sont, pour le domaine public de l’Etat, dressés par le ministère des travaux publics. Ils sont rattachés régulièrement à des repères fixes et apparents et adressés au service topographique en vue de leur repérage sur les cartes du service.

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Ils sont soumis à une enquête de commodo et incommodo dans les conditions prévues à l’article 4 de l’or- donnance n°62-023 du 19 septembre 1962 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.

Le Chef de Région réunit, après l’enquête, la commission prévue à l’article 5 ci-dessus, celle-ci établit un rapport.

Les plans d’alignement sont dressés par leurs Services techniques respectifs pour le Domaine public des Collectivités décentralisées.

Si l’alignement est compris dans les communes urbaines, l’avis du conseil municipal doit être joint au dossier.

Art. 22. – Après communication au Service des Domaines qui s’assure de la régularité de la procédure, les plans généraux d’alignement sont homologués par décret en conseil des Ministres sur proposition du Ministre chargé de l’Aménagement du Territoire. Un exemplaire du plan homologué est déposé au service topographique pour la mise à jour des cartes de repérage.

Art. 23. – L’alignement partiel ou individuel est l’acte par lequel l’administration, en application du plan d’alignement ou à défaut de celui-ci, en tenant compte des limites de fait de la dépendance du domaine public, assigne à un riverain déterminé la ligne séparatrice de la voie publique et de sa propriété.

Art. 24. – Nul ne peut construire ou réparer un édifice bordant une route, une rue ou un chemin, sans avoir obtenu de l’autorité compétente, la délivrance de l’alignement, c’est-à-dire la constatation régulière des limites de la voie publique.

Art. 25. – Quand à la suite d’un plan général d’alignement, un immeuble est en saillie, si le terrain est nu, le plan général d’alignement a pour effet de réunir immédiatement et de plein droit à la voie publique le sol compris entre ses limites. Les propriétaires ont droit, dans ce cas, à une indemnité qui est réglée d’après les dispositions de l’article 63 de l’ordonnance n°62-023 du 19 septembre 1962.

Art. 26. – Si le terrain est bâti ou clos de murs, le sol n’est pas incorporé de plein droit à la voie publique. Au cas où l’administration exige l’occupation immédiate des terrains, elle doit procéder par la voie ordinaire de l’expropriation. Au cas contraire, l’application du plan général d’alignement a pour effet de grever les terrains bâtis ou clos de la servitude de reculement. Cette servitude a pour objet d’interdire au propriétaire de faire non seulement de nouvelles constructions sur le terrain, mais aussi toute espèce de travaux confor- tatifs aux bâtiments ou instructions situées dans la partie susceptible d’être enlevée. Seuls les travaux de simple entretien peuvent être autorisés.

Art. 27. – Lorsque les bâtiments ou constructions sont démolis pour cause de vétusté ou tout autre motif, l’administration prend possession du terrain moyennant indemnité uniquement pour la valeur du sol.

Art. 28. – Dans le cas où, du fait des alignements arrêtés, la largeur du chemin, de la route, de la rue ou des places se trouve rétrécie, et où les immeubles riverains sont, par suite, en retrait de la nouvelle voie, les propriétaires ont, sur les portions ainsi déclassées de la voie publique, le droit de préemption prévu par les articles 11 à 13 de la loi N° 2008-014 sur le Domaine Privé de l’Etat. Le mode d’exercice de ce droit est réglé par les articles 20 à 22 du décret d’application de la loi sur le domaine privé de l’Etat.

Art. 29. – Ce droit de préemption a pour corollaire le droit conféré à l’administration, au cas où le pro- priétaire riverain ne voudrait pas acquérir, d’exproprier l’ensemble de son immeuble dans les conditions prévues par l’article 64 de l’ordonnance sur l’expropriation pour cause d’utilité publique.

Art. 30. – L’alignement donné à un riverain n’a jamais pour effet de garantir que ce riverain est proprié- taire du terrain, ni de lui conférer aucun droit à l’égard des tiers. Il se borne à mettre le riverain en règle vis-à-vis de l’administration.

Art. 31. – Les riverains doivent souffrir l’écoulement des eaux, des routes. Le fait de la part d’un riverain d’avoir, par des travaux pratiqués sur sa propriété, fait refluer les eaux sur la route, est assimilé à une dé- térioration de la voie et constitue une contravention.

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Art. 32. – Les décrets homologuant les plans généraux d’alignement de même que les décisions indivi- duelles d’alignement doivent être pris conformément aux dispositions de l’article 63 de la loi sur l’expro- priation pour cause d’utilité publique.

Ces décrets et décisions doivent être publiés et notifiés dans les formes prescrites par les articles 17 et suivants de ladite loi.

Le cas échéant, les indemnités non prescrites dues pour incorporation dans le domaine public de propriétés privées sont fixées conformément aux dispositions de cette réglementation.

TITRE II :

UTILISATION DU DOMAINE PUBLIC DE L’ETAT.

CHAPITRE I Occupation temporaire.

Art. 33. – Les autorisations d’occuper temporairement, les ports, havres, rades, rivières, canaux, routes et toutes autres dépendances du domaine public, à l’exclusion de la bande littorale de la mer et des emprises des voies publiques, les emplacements qui peuvent, sans inconvénient, être soustraits momentanément à l’usage de tous, pour être affectés à un usage privatif ou privilégié, sont accordés par arrêté du Ministre chargé des Domaines conformément à l’article 15 de la loi sur le domaine public

Toutefois, le Ministre chargé des Domaines peut déléguer en tout ou en partie sa compétence aux chefs de Régions en cette matière.

Art. 34. – Le service des Domaines est seul compétent pour fixer définitivement, après avis des services techniques et financiers les redevances relatives au domaine public de l’Etat, quels que soient la forme et l’objet de la jouissance privative accordée.

Toute redevance stipulée en espèce ou en nature au profit de l’Etat doit tenir compte des avantages de toute nature procurés au bénéficiaire. Révisable tous les cinq ans, elle est payable dans les mêmes condi- tions que celles fixées par le décret réglant les modalités d’application de la loi n° 2008-014 du 23 juillet 2008 relatif au domaine privé, et l’article 18 de la loi relative au domaine public.

Art. 35. – Toute demande d’autorisation d’occupation temporaire d’une parcelle du domaine public doit indiquer l’objet et la durée de cette occupation.

La forme de la demande, les conditions d’établissement du plan, le montant, la destination et les condi- tions d’imputation du cautionnement provisoire exigible, la procédure d’instruction sont les mêmes que celles prescrites par les articles 26 et suivants du décret réglant les modalités d’application de la loi n° 2008-014 du 23 juillet 2008 relative au Domaine privé de l’Etat, en ce que ce texte se rapporte aux de- mandes de location à temps, sous réserve des stipulations des articles 15 à 17 de la loi sur le Domaine Public quant à leur durée.

L’administration reste juge de l’opportunité d’accorder l’autorisation sollicitée, sans avoir à motiver sa décision en cas de refus.

La commission de reconnaissance est pour les terrains ruraux, celle prévue par l’article 38 du décret ré- glant les modalités d’application de la loi n° 2008-014 du 23 juillet 2008.sur le Domaine Privé

Le ministère chargé de l’aménagement du territoire est obligatoirement consulté avant toute délivrance d’une autorisation d’occupation du domaine public.

Art. 36. – Nul ne peut, sans autorisation délivrée par l’autorité compétente, occuper une dépendance du domaine public, ou l’utiliser dans des limites excédant le droit d’usage qui appartient à tous.

Le service des Domaines, après constatation des infractions aux dispositions de l’alinéa précédent, pour- suit contre les occupants sans titre le recouvrement des indemnités correspondant aux redevances dont le trésor a été frustré, le tout sans préjudice de la répression des contraventions.

Recueil de textes de lois sur le foncier

Art. 37. – Les extractions, sur toute portion du domaine public, de sables, terres, pierres, galets, maté- riaux et produits de toute nature, même considérées comme amendements marins doivent être autorisées par arrêté du Ministre chargé des Domaines qui peut déléguer tout ou partie de sa compétence aux Chefs de Régions

Les demandes d’autorisation sont adressées au chef de district intéressé. Elles sont instruites comme il est spécifié ci-dessus pour les occupations temporaires, lorsqu’elles ne portent pas sur une quantité détermi- née à extraire en une seule fois.

Le bureau régional de la défense est obligatoirement consulté lorsqu’il s’agit d’une portion du domaine public sise dans un rayon de vingt (20) kilomètres autour des bases militaires terrestres, aériennes ou navales.

Art. 38. – En ce qui concerne tant les occupations temporaires que les permis d’extraction, des arrêtés du Ministre chargé des Domaines peuvent, sur la proposition des chefs de régions, après avis des services intéressés, fixer les redevances et les conditions générales auxquelles ces autorisations individuelles sont soumises sur certaines portions du domaine public.

Art. 39. – Les autorisations sont alors délivrées directement par arrêté du chef de région, pris en confor- mité de ces textes sur proposition du service des domaines, après avis du service chargé de l’aménagement du territoire.

Art. 40. – Les demandes d’autorisation d’occupation temporaire des portions du domaine public sous la dépendance du ministère de la défense nationale ou des zones de servitudes militaires sont adressées aux autorités militaires locales compétentes. Elles sont instruites par celles-ci qui ont seule qualité pour apprécier l’opportunité de donner suite ou non à la demande. Elles sont transmises ensuite au service des domaines qui donne son avis au point de vue financier et foncier et a la charge du recouvrement des redevances exigibles.

Art. 41. – Cette autorisation, essentiellement précaire et révocable sans indemnité à la première réquisi- tion de l’administration, est accordée par arrêté du Ministre chargé du service des domaines.

Toutefois, et sur proposition des autorités militaires, des arrêtés pourront être pris dans les formes pré- vues par l’article 39 ci-dessus. Dans ce cas, les autorisations individuelles sont accordées par arrêtés des chefs de régions, après avis conforme de l’autorité militaire locale compétente et du service des domaines.

Les bénéficiaires des autorisations d’occupation ne peuvent prétendre à aucune indemnité ni aucune dimi- nution de redevance en aucun cas, même pour perte partielle ou totale de récoltes, stérilité, inondations, grêles, cyclones, sauterelles et autres événements prévisibles ou imprévisibles.

Toutefois, des remises ou réductions de redevance dans certaines circonstances exceptionnelles ou de plus larges facilités de paiement peuvent être accordées par arrêté du Ministre chargé du service des domaines après avis de Ministre des finances pour des considérations compatibles avec l’intérêt du trésor et moti- vées par des nécessités d’ordre économique et social.

Art. 42. – L’inexécution des conditions financières ou autres entraîne la révocation des autorisations.

Art. 43. – La révocation est prononcée par arrêté de l’autorité qui a délivré l’autorisation après que les intéressés aient été préalablement appelés à formuler leurs observations.

Art. 44. – Les autorisations d’occuper temporairement les portions du domaine public sous la gestion d’organismes ou de services publics de l’Etat possédant l’autonomie financière sont instruites et accordées par le représentant qualifiés de ces services, après avis du service des domaines.

Art. 45. – Les redevances exigibles sont perçues par ces organismes pour leur propre compte.

Art. 46. – L’utilisation des eaux du domaine public est réglementée par les textes spéciaux qui lui sont propres.

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CHAPITRE II Déclassement.

Art. 47. – Lorsqu’il y a lieu à déclassement d’une parcelle déterminée du domaine public sur la demande d’un service ou d’un particulier au profit exclusif de celui-ci, cette demande est portée à la connaissance du public par voie d’affiches apposées pendant quinze jours aux chefs-lieux du district et de la commune de la situation des lieux, dans les villages voisins et sur les lieux mêmes.

Le chef de région réunit ensuite la commission prévue par l’article 5 ci-dessus qui, après visite des lieux, rédige un procès-verbal de ses constatations et propose les conditions dans lesquelles le déclassement proposé peut être prononcé.

Un plan de la portion du domaine public à déclasser est établi aux frais du demandeur par un géomètre libre assermenté pour être présenté à la commission.

Art. 48. – Le chef de région adresse tout le dossier constitué accompagné de son avis motivé, au service des domaines et de la propriété foncière qui provoque l’avis du représentant local du ministère chargé de l’aménagement du territoire et, si la mesure proposée est de nature à intéresser la défense de Territoire, l’avis du chef du bureau régional de la défense. Celui-ci est obligatoirement consulté lorsqu’il s’agit d’une portion du domaine public sise dans un rayon de vingt kilomètres autour des bases militaires, terrestres, navales ou aériennes.

Le déclassement est prononcé par arrêté du Ministre chargé des Domaines.

Art. 49. – Le déclassement d’une voie ou d’un canal public peut cependant être implicite et résulter, soit de l’application d’un nouveau plan général d’alignement régulièrement homologué, soit de l’abandon définitif de l’usage de l’ancien tracé, soit enfin de toute situation de fait incompatible avec la destination à l’usage public. Dans ces deux cas, il n’y a plus lieu de recourir à la procédure de déclassement prescrite ci-dessus, et la constatation du fait par l’administration autorise celle-ci à en disposer comme une portion du domaine privé.

Art.50.- Les terrains compris dans l’ancienne zone des pas géométriques, distraction faite de la bande littorale de vingt cinq (25) mètres, accroissent au domaine privé de l’Etat

CHAPITRE III :

Police.

Art. 51. – Constituent des contraventions tous aménagements, dépôts des matériaux, des constructions, fouilles, plantations et entreprises quelconques de nature à détériorer une portion du domaine public ou entraver sa libre utilisation, s’ils n’ont pas l’objet d’autorisations réglementaires.

Art. 52. – les chefs de circonscription domaniale et foncière, les chefs de circonscription topographique et leurs adjoints, et tous autres agents dûment commissionnés à cet effet, pour les autres dépendances du domaine public, constatent les contraventions aussitôt qu’elles sont reconnues. A cet effet, ils dressent des procès-verbaux qui font foi jusqu’à preuve du contraire.

Art. 53. – La répression des contraventions aux règlements concernant le domaine public est de la com- pétence du tribunal administratif. Elle est poursuivie selon la procédure spéciale à cette juridiction.

Recueil de textes de lois sur le foncier

TITRE II :

DU DOMAINE PUBLIC DES REGIONS, DES COMMUNES ET DES COLLECTIVITES PUBLIQUES

DOTÉES DE LA PERSONNALITÉ MORALE.

Art. 54. – Le domaine public des régions, des communes ou de toute autre collectivité publique dotée de la personnalité morale, visées par l’article premier de la loi sur le domaine public, est géré par ces col- lectivités dans le cadre de la réglementation générale édictée par ladite loi, le présent décret et les textes organiques de ces collectivités publiques.

En ce qui concerne cette catégorie de domaine public, le chef de région et le chef du bureau régional de la défense ne font pas partie de la commission prévue à l’article 5 ci-dessus. Celle-ci est présidée par le représentant légal de la collectivité publique intéressée ou son délégué.

Art. 55. – Les autorisations et révocations d’autorisations, le déclassement portant sur des portions de domaine public placées en la dépendance des personnes morales autres que l’Etat sont instruits et approu- vés selon les formes prescrites par le présent décret, par le représentant de la personne morale intéressée, sous réserve de l’approbation de l’autorité de tutelle s’il y a lieu, et après avis du service des domaines et du service chargé de l’aménagement du territoire .

Les redevances exigibles bénéficient au budget de ladite personne morale.

Art. 56. – Les communes sont habilitées, à l’occasion de certaines journées de manifestations privées régulièrement autorisées, des permis temporaires d’occupation ou stationnement sur certaines portions du domaine public de l’Etat, dans la mesure compatible avec leur destination, et moyennant redevance à percevoir pour le compte de leur budget.

TITRE III DISPOSITIONS GÉNÉRALES.

Art. 57. – Sont abrogés les dispositions du décret n° 64 -291 du 22 juillet 1964.fixant les règles de délimi- tation et bornage du domaine public,

Art. 58. – Le Ministre de la Réforme Foncière, des Domaines et de l’Aménagement du Territoire, le Mi- nistre de l’Intérieur et de la Décentralisation, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le Ministre des Finances et du Budget, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au journal officiel de la République.

Fait à Antananarivo, le

Par le Premier Ministre, Chef du Gouverne- ment,

Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

Bakolalao RAMANANDRAIBE

Le Ministre des Finances et du Budget

Haja Nirina RAZAFINJATOVO

Charles RABEMANANJARA

Le Ministre de la Réforme Foncière, des Domaines et de l’Aménagement du Territoire

Marius RATOLOJANAHARY

Le Ministre de l’Intérieur

et de la Décentralisation

Charles RABEMANANJARA

Édition 2015

LIVRE III : DOMAINE PRIVÉ DE L’ETAT

III.1 Loi 2008.014 du 23.07.08 sur le Domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes morales de Droit public

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana –Fahafahana- Fandrosoana

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Loi 2008-014 du 23 Juillet 2008 sur le Domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes morales de Droit public

présenté au nom de Monsieur le PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

par

LE MINISTRE DE LA REFORME FONCIÈRE, DES DOMAINES ET DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE.

EXPOSÉ DES MOTIFS

L’annulation du principe de la présomption de domanialité ainsi que la mise en place de la propriété foncière privée non titrée par la loi n°2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les statuts des terres à Mada- gascar implique une révision de la loi sur le domaine privé national.

Ont de ce fait été retirées du présent projet de loi les dispositions contraires à celles de la loi n° 2005- 019 du 17 octobre 2005 fixant les principes régissant les statuts des terres à Madagascar et de la loi n°2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée.

Le présent projet de loi établit les nouvelles modalités de gestion de son patrimoine, notamment immobilier et mobilier par l’Etat. Celui-ci agit, dans la gestion de son domaine privé, comme un proprié- taire privé et peut contracter tous les actes de droit commun des transactions.

La procédure de cession de terrain du domaine privé se trouve très allégée, car il s’agit dans la ma- jeure partie des cas de cessions de terrains déjà immatriculés au nom de l’Etat.

Cependant à la différence du droit commun, les cessions de terrain non ou insuffisamment mis en valeur sont soumises à une condition résolutoire de mise en valeur et régies par un cahier des charges déterminant les conditions de vente et annexé à l’acte de cession.

Le présent projet de loi apporte des améliorations aux dispositions de l’ancienne loi qui ont permis à certaines catégories de personnes de bénéficier de lot de terrain gratuit dans le but de les faire revenir à la campagne ou de les y retenir.

Néanmoins il reprend également la possibilité pour l’Etat de reconnaître des droits de propriété pour les occupants qui ont mis personnellement en valeur depuis dix ans les parcelles demandées.

Tel est l’objet de la présente loi.

Marius RATOLOJANAHARY

Recueil de textes de lois sur le foncier

REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA

Tanindrazana –Fahafahana- Fandrosoana

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

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LOI N°

2008-014

du 23/08/08

sur le Domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées

et des personnes morales de Droit Public

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté en leur séance respective en date du ……… et du ………

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution,

Vu la décision n°

HCC/D du …………….,

Promulgue la loi dont la teneur suit :

TITRE PRELIMINAIRE DÉFINITION

Article premier : Le domaine privé immobilier et mobilier de l’Etat , des collectivités décentralisées et des personnes morales de droit public s’entend de tous les biens et droits immobiliers et mobiliers qui sont susceptibles de propriété privée en raison de leur nature ou de la destination qui leur est donnée.

TITRE PREMIER LE DOMAINE PRIVÉ IMMOBILIER

CHAPITRE PREMIER le domaine privé immobilier de l’État

Section 1 Consistance et constitution

Article 2 - Le domaine privé immobilier se divise en deux fractions suivant le mode d’utilisation des biens qui en dépendent :

a. le domaine privé affecté comprenant les biens immobiliers mis à la disposition des divers ser- vices publics pour l’accomplissement de leur mission ;

b. le domaine privé non affecté comprenant tous les autres biens immobiliers.

Article 3- Le domaine privé immobilier est acquis :

1- en vertu du droit de souveraineté ;

2- en vertu de transmissions à titre gratuit, ou à titre onéreux ;

3- par suite de changement de statuts des dépendances du domaine public.

Édition 2015

Article 4 - Les biens de la première catégorie prévus à l’article 3 point 1 acquis au domaine sont :

a) les terrains non mis en valeur dans les conditions définies par l’article 33 de la loi n° 2005- 019 du 17 octobre 2005 fixant les statuts des terres à Madagascar ;

b) les terres vacantes et sans maître telles que définies par l’article 3 de la loi ci-dessus ;

c) tous les biens en déshérence, appréhendés et gérés conformément aux règles en vigueur, trente ans après l’ouverture des successions.

Article 5 - Les conditions des actes et contrats règlent les transmissions des biens de la deuxième caté- gorie (2° de l’article 3).

Les acquisitions amiables de biens appartenant à des particuliers ou à des sociétés sont décidées selon des modalités fixées par décret.

Article 6 - Les biens qui, ayant fait partie du domaine public, en ont perdu le caractère et accroissent au domaine privé (3° de l’article 3) sont :

a) les lais et relais de la mer et tous terrains cessant d’être recouverts par la mer de quelque façon que ce soit, sauf les terrains immatriculés antérieurement à l’époque de leur submersion, les- quels retournent aux propriétaires du titre foncier ;

b) les îles, à condition que l’atterrissement qui les forme :

1)

représente bien les caractères d’une île au sens géographique du mot ;

2)

provienne du lit du cours d’eau ;

c) les atterrissements dits « alluvions » qui se forment naturellement, successivement et imper- ceptiblement aux fonds domaniaux riverains d’un cours d’eau ;

d) les terrains dits « relais » délaissés par l’eau courante qui se retire insensiblement, lorsque ces relais sont riverains de fonds domaniaux ;

e) les terrains dits « délaissés » c’est-à-dire les parties du lit des cours d’eau abandonnés à la suite d’un changement de cours, opéré naturellement ou par l’effet des travaux publics lorsque le domaine peut faire valoir des droits reconnus à un propriétaire y compris un droit éventuel de préemption ;

f) les atterrissements formés artificiellement d’une manière plus ou moins soudaine, à la suite de travaux que l’administration a fait exécuter dans un cours d’eau, ou par suite d’apports de terre entraînant le retrait des eaux, sous réserve de tout droit éventuel de préemption.

Article 7 - Les dons et legs faits à l’Etat sont acceptés par le Gouvernement dans des conditions fixées par décret.

Article 8 - Quelles que soient les règles du droit commun, tous actes portant donation en faveur de l’Etat peuvent être passés en forme d’actes administratifs ; il en reste minute.

Section 2 Conditions juridiques

Article 9 - Les biens du domaine privé immobilier de l’Etat sont soumis, sauf les règles spéciales de la présente loi, à la législation de droit commun des contrats et des biens et, lorsqu’il y a lieu, au règlement organisant le régime foncier de l’immatriculation.

§ 1 – Affectation

Article 10 - Le domaine privé immobilier de l’Etat affecté à tout service public, est indisponible tant que dure l’affectation ; l’Administration ne peut valablement en disposer qu’après désaffectation régulière.

Tout acte de disposition consenti en violation de cette règle, peut être annulé purement et simplement, sans dommages intérêts de part ni d’autre.

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§ 2 – Droit de préemption

Article 11 - Certaines dépendances du domaine privé peuvent être dans certains cas grevées d’un droit de préemption permettant à son bénéficiaire d’obtenir, par préférence à tous autres, tout ou partie desdites dépendances.

Article 12 - Le droit de préemption défini par l’article précédent s’applique exclusivement dans les cas suivants :

a. Au profit des riverains de cours d’eau qui abandonnent leur ancien lit, se donnant un nouveau cours naturellement ou à la suite de travaux légalement exécutés, dans les conditions et limites fixées par les règlements ;

b. Au profit des riverains des canaux de navigation et d’irrigation délaissés ou désaffectés;

c. Au profit des riverains des voies publiques déclassées et des délaissés de voies publiques déter- minés par les alignements réguliers.

Dans les trois cas précédents, le droit de préemption est exercé par chaque propriétaire riverain, sur la parcelle déterminée par des perpendiculaires tirées des deux limites extrêmes de sa propriété sur la ligne médiane du terrain délaissé, quand il existe des riverains des deux côtés ; sur la bordure des terrains dé- laissés, quand il n’existe de riverain que d’un côté.

Article 13 - Le droit de préemption visé par les articles 11 et 12 ci- dessus s’exerce dans un certain délai à partir d’une mise en demeure dans la forme administrative, délai par lequel l’Administration dispose selon les règles ordinaires du délaissé objet du droit de préemption.

Le délai ci-dessus prescrivant la forme de la mise en demeure et, d’une façon générale, le mode d’exercice du droit de préemption est déterminé par décret. Ce délai ne peut être inférieur à six mois.

Section 3 Conservation et gestion du domaine privé immobilier de l’Etat

Article 14 - Le Service chargé des Domaines gère les biens immobiliers appartenant à l’Etat.

§ 1 – Biens affectés

Article 15 - L’affectation des biens domaniaux aux services publics est déterminée par arrêté du Ministre chargé des Domaines.

L’arrêté d’affectation détermine la destination du bien affecté ainsi que le délai accordé au mi- nistère affectataire pour la réaliser.

Article 16. – A défaut de réalisation dûment constatée dans le délai imparti, à la diligence du service des domaines, un arrêté pris par le Ministre chargé des domaines peut en prononcer la désaffectation.

Article 17 - La désaffectation d’un immeuble n’entraîne aucune indemnité au profit de l’affectataire pour les dépenses faites dans l’immeuble.

§ 2 – Biens non affectés

Article 18 – Les terrains non titrés, non mis en valeur dans les conditions de l’article 4- a) de la présente loi sont immatriculés au nom de l’Etat selon une procédure simplifiée dont les modalités seront détermi- nées par décret.

Une commission dont la composition et le mode de fonctionnement sont déterminés par décret est char- gée de toutes les opérations de constatation de mise en valeur ci-dessus et /ou de disponibilité de terrain.

Cette commission peut s’adjoindre toute personne qu’elle juge compétente pour les travaux de constata- tion.

Elle peut également être appelée à siéger au sein de tout comité spécialisé notamment, dans le cadre de la mise en place du plan local d’occupation foncière prévu par l’article 4 de la loi n° 2006-031 du 24 No- vembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée.

Édition 2015

Article 19 – Après l’immatriculation de ses biens, l’Etat peut accorder :

- des baux ordinaires d’une durée de dix-huit ans au maximum,

- des baux emphytéotiques d’une durée supérieure à dix-huit ans, mais qui ne peuvent dépasser quatre vingt dix neuf ans.

Il peut être également procédé :

- à des ventes à l’amiable ou aux enchères publiques,

- à des échanges,

- à des transactions de toute nature autorisées par le droit commun des contrats et des biens.

- Toutefois, l’acquisition des biens du domaine privé par les étrangers reste soumise à l’obtention d’une autorisation délivrée dans les conditions prévues par la loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements à Madagascar.

Article 20 - Les droits réels qui n’emportent pas transfert de la propriété du terrain, notamment le droit au bail emphytéotique, ne peuvent être cédés que sous réserve d’approbation par l’autorité qualifiée pour l’accorder.

Ces droits sont transmissibles par succession héréditaire.

Article 21 - L’Etat conserve la faculté d’apprécier l’opportunité de la cession des terres de son domaine privé et reste seul juge du refus

Article 22 - Les îles ou îlots situés dans le lit des rivières ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée sous quelque forme que ce soit. Ils peuvent seulement être loués par bail ordinaire.

Article 23 – A l’acte administratif de cessions des terrains d’une superficie de plus de dix hectares est annexé un cahier des charges fixant les droits et obligations de l’acquéreur.

Les modalités du cahier des charges sont fixées par décret selon la vocation des terrains, les usages du moment et des lieux.

Tant que les conditions du cahier des charges ne sont pas levées, le droit de propriété comme le droit de bail ne peut être cédé que sous réserve de l’accord de l’autorité qui l’a approuvé. Ce droit est transmissible par dévolution héréditaire.

Article 24 – La constatation de la réalisation des conditions des cahiers de charges est déterminée par décret.

Article 25 - Après constatation de la mise en valeur prévue au cahier des charges, la commission peut proposer soit la radiation des clauses du cahier des charges inscrites au livre foncier, soit l’annulation des droits sur la partie non mise en valeur, soit la déchéance totale. A cet effet, le lot non mis en valeur fait retour au domaine de l’Etat, libre de toute charge ou droit à indemnisation.

Au vu du procès-verbal, le conservateur, selon le cas :

annule les inscriptions sur le livre foncier relatives aux conditions résolutoires si la constatation est positive ;

procède à la distraction de la parcelle retournée à l’État ;

procède à la mutation au nom de l’État, si la constatation est négative.

Article 26 - Sont considérés comme terrains urbains pour l’application de la présente loi les terrains situés dans les périmètres des communes urbaines.

Article 27 - Tous les actes relatifs à la cession ou à la location des biens du domaine privé immobilier de l’État sont approuvés et signés, dans les conditions ci-dessous :

1) dans les communes rurales, la compétence relève du représentant de l’État au niveau de la Région pour les terrains ruraux dont la superficie est inférieure ou égale à 50 hectares et du Ministre chargé des Domaines pour les terrains ruraux supérieurs à 50 hectares ;

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2)

dans les communes urbaines la compétence relève du représentant de l’Etat au niveau de la Ré- gion pour les terrains urbains dont la superficie est inférieure ou égale à 1000 mètres carrés et du Ministre chargé des Domaines pour les terrains urbains supérieurs à 1000 mètres carrés ;

3)

des terrains domaniaux peuvent être mis gratuitement à la disposition de sociétés ou de par- ticuliers ou de tous organismes publics ou privés, pour l’installation d’œuvre d’intérêt social, culturel, scientifique ou cultuelle, par arrêté du Ministre chargé du service des Domaines. Ces terrains restent la propriété de l’Etat, le bénéficiaire de l’arrêté devenant simplement superfi- ciaire dans les conditions définies par la loi sur la propriété foncière titrée.

L’Etat peut reprendre la pleine propriété de l’immeuble s’il entend poursuivre à son compte l’œuvre installée ;

4)

l’autorité compétente pour l’attribution des terrains l’est également pour prononcer le rejet des demandes.

Article 28 - L’Etat peut, dans la mesure des terrains disponibles et jusqu’à concurrence de dix hectares, faire bénéficier de cession gratuite de terrains ruraux à usage agricole aux catégories de personnes ci-après non encore propriétaires de terrains agricoles:

1. Les paysans agriculteurs et/ou éleveurs;

2. Les fonctionnaires militaires ou civils ayant accompli 20 ans de service effectif ;

3. Les anciens élèves des établissements et de centre de formation en agriculture.

Ces cessions gratuites ne sont pas cumulables pour les différentes catégories.

Les actes de cession comportent une clause résolutoire de mise en valeur dont les modalités d’application de cette clause sont déterminées par décret.

Les terrains objet de cession gratuite sont frappés d’incessibilité à titre gratuit ou onéreux pendant 10 ans sauf en cas de dévolution héréditaire.

Article 29 - L’Etat, propriétaire, conserve la faculté d’apprécier l’opportunité de toute cession d’une par- tie de son domaine privé et reste seul juge du refus.

Article 30 - Les cessions entre l’Etat et les collectivités décentralisées, et les personnes morales de droit privé, de biens dépendant de leur domaine privé respectif, ont lieu à l’amiable et à titre onéreux soit en toute propriété, soit en jouissance et dans les formes du droit commun.

Cependant, par dérogation à cette règle, les collectivités décentralisées et les autres collectivités dotées de la personnalité morale, peuvent recevoir à titre de dotation des biens dépendant du domaine privé de l’Etat.

Les collectivités décentralisées peuvent également obtenir en dotation des terrains immatriculés au nom de l’Etat pour leurs besoins actuels et /ou futurs en fonction de la progression démographique constatée ou autres circonstances économiques ou sociales.

La dotation prévue à l’alinéa précédent est assortie de conditions générales et particulières dont l’inobser- vation peut entraîner sa réduction ou même sa suppression.

Lorsque les habitants exercent collectivement des droits de jouissance sur des terrains titrés au nom de l’Etat, la collectivité décentralisée de base dans le sens de la loi n° 2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée dont dépendent ces habitants, pourra obtenir lesdits terrains en dotation.

Les terrains dotés dans les conditions ci-dessus sont attribués gratuitement aux occupants.

Réciproquement, l’Etat peut bénéficier gratuitement de la part des collectivités décentralisées et des autres collectivités dotées de la personnalité morale, des emplacements qui lui sont nécessaires soit pour y instal- ler des services, soit dans un but d’intérêt général.

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Section 4 Règlement des litiges

Article 31 - Tout litige soulevé, soit par une Administration, soit par un particulier, relatif à l’acquisition, à l’exercice ou à l’extinction d’un droit réel portant sur un immeuble du domaine privé de l’Etat, relève de la compétence exclusive du Tribunal civil du lieu de la situation de l’immeuble conformément aux règles du droit commun.

Article 32 - Toute instance ayant pour objet le recouvrement des produits des redevances, des portions de fruits, des participations aux bénéfices et aux prix de vente ou à la recette des droits, actions et créances qui en dépendent est introduite par la signification au débiteur d’une contrainte décernée par le Receveur des Domaines compétent, visée et rendue exécutoire par le Président du Tribunal civil du lieu du ressort du bureau qui a décerné la contrainte.

L’exécution de celle-ci ne peut être interrompue que par une opposition formée par le redevable et motivée avec assignation à jour fixe devant le Tribunal civil. Dans ce cas, l’opposant est tenu d’élire domicile dans la localité où siège le Tribunal.

Article 33 - Le Gouvernement est le représentant de l’Etat en justice pour le règlement des litiges relatifs au domaine ou au recouvrement des produits domaniaux.

Mais les procédures et instances engagées ou soutenues à sa requête sont poursuivies devant les diffé- rentes juridictions à la diligence et par les soins du Service des Domaines, en qualité de mandataire légal.

Le Service des Domaines est chargé de la constitution des dossiers et de l’établissement de tout acte por- tant acquisition de biens immobiliers par l’Etat pour les besoins propres de ce dernier et/ou ceux de ses services.

Section 5 Dispositions pénales

Article 34 - Les déprédations, aménagements, fouilles, exploitations de matériaux du sol ou du sous-sol du domaine privé de l’Etat n’ayant pas le caractère de produits miniers ni forestiers ainsi que les occupa- tions qui n’ont pas fait l’objet d’autorisation des autorités compétentes, constituent des infractions de la compétence des Tribunaux judicaires.

Les contrevenants sont punis d’une amende de Ar 100 000 à Ar 1000 000, sans préjudice de la réparation du dommage causé, du remboursement de la valeur des produits extraits et de la remise en état des lieux.

Les atteintes sont constatées par des procès-verbaux dressés par les Chefs de circonscription domaniale et foncière ou leurs adjoints, les Chefs de circonscription topographique ou leurs adjoints, les opérateurs assermentés du Service topographique et tous autres agents du Service des Domaines dûment commis- sionnés à cet effet. Ils peuvent requérir les forces de l’ordre.

CHAPITRE 2 le domaine privé immobilier des collectivités décentralisées

Article 35 – Les collectivités décentralisées gèrent leur propre domaine privé immobilier.

Article 36 – Le domaine privé des collectivités décentralisées comprend :

a) les terrains immatriculés au nom de la collectivité, acquis à titre onéreux ou à titre gratuit ;

b) les terrains immatriculés reçus par celle-ci en don ou legs.

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CHAPITRE 3 le domaine privé immobilier des autres personnes morales de droit public

Article 37 - Au sens du présent texte, le domaine privé des autres personnes morales de droit public s’en- tend des biens immeubles et meubles des Etablissements Publics Administratifs.

La consistance et la constitution dudit domaine sont régies par l’acte instituant l’Etablissement Public Administratif.

CHAPITRE 4 dispositions transitoires

Article 38 – Les demandes de terrain en instance engagées antérieurement à la promulgation de la pré- sente loi sont instruites comme suit :

1- celles portant sur un terrain immatriculé au nom de l’Etat sont régies par les dispositions de la présente loi ;

immatriculé, occupé mais n’ayant pas encore fait l’objet

d’un acte domanial, sont régies par les dispositions de la loi sur la propriété foncière non titrée.

Article 39 – Tous les actes de cession, portant sur des terrains de plus de 10 ha, assortis de condition de mise en valeur déjà approuvés avant la promulgation de la présente loi sont régis par les cahiers des charges.

Pour ceux portant sur des terrains de moins de 10 ha, ils sont considérés comme définitifs.

Pour les actes assortis de conditions de paiement de prix déjà approuvés avant la promulgation de la pré- sente loi, la cession ne peut avoir lieu que sur présentation de justification de paiement de ce prix.

Article 40.- Les terrains affectés aux ministères depuis cinq ans à la date de promulgation de la présente loi, et qui n’ont reçu aucune mise en valeur, sont désaffectés dans les conditions des articles 16 et 17 de la présente loi.

Article 41 - Sont abrogées toutes les dispositions relatives aux réserves indigènes. Toutes les clauses d’indisponibilité grevant tous les terrains issus desdites réserves sont levées.

Les terrains constitutifs des réserves titrées au nom de l’Etat sont régis par les dispositions de la présente loi.

Les réserves indigènes non titrées sont soumises aux dispositions de la loi sur la propriété foncière privée non titrée.

2- celles portant sur un terrain non

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TITRE II LE DOMAINE PRIVÉ MOBILIER

CHAPITRE 1

Définition

Article 42 - Le domaine privé mobilier de l’Etat, des collectivités décentralisées et des personnes morales de droit public s’entend de tous les biens et droits mobiliers qui sont susceptibles de propriété privée en raison de leur nature ou de la destination qui leur est donnée.

CHAPITRE 2 Consistance et constitution

Article 43 - Le domaine privé mobilier de l’Etat, des collectivités décentralisées et des personnes morales de droit public se divise en fractions suivant le mode d’utilisation des biens qui en dépendent :

1. le domaine privé affecté comprenant les biens mobiliers mis à la disposition des divers services publics pour l’accomplissement de leur mission ;

2. le domaine privé non affecté comprenant tous les autres biens mobiliers ;

3. les choses mobilières abandonnées avec l’intention qui résulte implicitement de l’abandon, de les laisser venir au premier occupant lorsque aucun particulier ne peut se prévaloir du droit du pre- mier occupant ;

4. la part revenant éventuellement au domaine dans la valeur des trésors ;

5. les valeurs adressées à l’administration par anonyme à titre de don ou de restitution ;

6. les valeurs et effets mobiliers confisqués en vertu des décisions des différentes juridictions pé- nales ;

7. les biens provenant de la prescription :

a) le montant des coupons, intérêts ou dividendes atteints par la prescription quinquennale ou conventionnelle et afférents à des actions, parts de fondateurs ou obligations négociables, émises par toute société commerciale ou civile ou toute collectivité soit privée, soit publique ;

b) les actions, parts des fondateurs, obligations et autres valeurs mobilières des mêmes collectivités, lorsqu’elles sont atteintes par la prescription trentenaire ou conventionnelle ;

c) les dépôts de sommes d’argent et, d’une manière générale, tous avoirs en espèces dans les éta- blissements publics, les banques, les établissements de crédit et tous autres établissements qui reçoivent des fonds en dépôt ou en compte courant, lorsque ces dépôts ou avoirs n’ont fait l’objet de la part des ayants droit d’aucune opération ou réclamation depuis trente années ;

d) les dépôts de titres et, d’une manière générale, tous avoirs ou titres dans les banques et autres établissements qui reçoivent des titres en dépôt ou pour toute autre cause lorsque ces dépôts ou avoirs n’ont fait l’objet de la part des ayants droit d’aucune opération ou réclamation depuis trente années ;

e) le prix des épaves fluviales c’est-à-dire des objets trouvés sur les bords ou le lit des cours d’eau, ca- naux, marais, lacs, étangs et pièces d’eau dépendant du domaine public fluvial, si ledit prix n’a pas été réclamé dans les six mois de la vente, laquelle ne peut avoir lieu qu’un mois après la découverte et à défaut de revendication dans ce délai ;

f) le prix des objets déposés dans les lazarets et non réclamés dans le délai de cinq ans, à partir de la vente qui doit être effectué dans le délai de deux ans du jour du dépôt. Si ces objets sont périssables, ils pourront être vendus immédiatement en vertu d’une ordonnance rendue par un magistrat de l’ordre judiciaire ;

Recueil de textes de lois sur le foncier

g) le prix des objets laissés dans les bureaux des douanes et non réclamés, ainsi que des marchan- dises non retirées des entrepôts réels, dans le délai d’un an à partir de la vente ;

h) les valeurs de toute nature trouvées dans le service des postes insérées ou non dans les boîtes ou dans les lettres, régulièrement déposées aux guichets des bureaux et qui n’ont pu être remises aux destinataires ni renvoyées aux personnes qui les ont expédiées après un délai d’un an. Ce délai court pour les sommes versées aux guichets des bureaux de poste, à partir du jour de leur versement et pour les autres valeurs à partir du jour où ces valeurs ont été déposées ou trouvées dans le service. Les mandats originaires de Madagascar ainsi que les mandats internationaux à l’expiration du délai légal de prescription ;

i) le produit des objets abandonnés ou laissés en gage par les voyageurs aux aubergistes ou hôteliers, à concurrence du produit net de la vente après prélèvement des frais et de la créance du déposi- taire, et deux ans après la consignation de ce produit ;

j) les objets abandonnés chez les ouvriers et industriels à concurrence du produit net ci-dessus dési- gné mais cinq ans après la consignation ;

k) le produit des ballots, caisses, malles, paquets et tous autres objets qui auraient été confiés aux entrepreneurs de roulage ou de messageries, aux compagnies de chemin de fer, aux services de transport par eau (mers, rivières et canaux) ou par la voie des airs, pour être transportés dans les conditions normales, deux ans à compter de la vente des colis abandonnés ;

l) les colis postaux internationaux non réclamés par les destinataires dans le délai légal ; les colis postaux d’origine intérieure, qui sont laissés en souffrance après le délai régulièrement fixé ;

m) généralement le produit de tous les meubles et animaux égarés ou perdus par leurs propriétaires inconnus, trente ans après la vente desdits biens ; à la condition expresse qu’aucun particulier ne soit fondé à se prévaloir à leur encontre du droit d’inventeur ;

n) tous les biens en déshérence, appréhendés et gérés conformément aux règles en vigueur, trente ans après l’ouverture des successions, ou de l’appréhension en ce qui concerne les biens vacants.

Article 44 - Les dons ou legs faits à l’Etat sont acceptés par le Gouvernement, et ceux faits aux collectivi- tés décentralisées et aux personnes morales de droit public sont acceptés par la personne responsable de l’exécutif, dans des conditions fixées par décret.

Article 45 - Quelles que soient les règles du droit commun, tous actes portant donation en faveur de l’Etat, des collectivités décentralisées et des personnes morales de droit public peuvent être passés en la forme d’actes administratifs lorsque la valeur du don est égale ou inférieure à cent mille Ariary ; il en reste minute.

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CHAPITRE 3 Régime juridique

Article. 46 – Le mobilier nécessaire à chaque ministère et aux services qui en dépendent, ou mis à la disposition personnelle de certains fonctionnaires, est régi par les dispositions en vigueur sur la compta- bilité matière.

Lorsque ce mobilier ne peut être réemployé et est susceptible d’être vendu, il est remis au Service des Do- maines en vue de sa mise en vente dans les formes prescrites pour les ventes d’objets appartenant à l’Etat, sauf dispositions contraires résultant de textes réglementaires particuliers.

Article 47 - A l’exception des biens relevant des dispositions de la présente loi, ceux du domaine mobilier de l’Etat, des collectivités décentralisées et des personnes morales de droit public sont soumis à la législa- tion de droit commun des contrats et des biens.

TITRE III DISPOSITIONS FINALES

Article 48 - Les modalités d’application de la présente loi sont fixées par voie réglementaire.

Article 49 – Sont abrogées les réglementations et dispositions antérieures contraires notamment la loi n° 60-004 du 15 février 1960 relative au domaine privé national et ses textes subséquents.

Article. 50 – La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République. Elle sera exécutée comme loi de l’Etat.

Promulguée à Antananarivo,

Le Président de la République,

Marc RAVALOMANANA

Recueil de textes de lois sur le foncier

III.2 Décret n°2010-233 portant application de la Loi n°2008-

014

REPOBLIKAN’ I MADAGASIKARA

Tanindrazana – Fahafahana – Fandrosoana

***

DECRET N°2010-233

fixant les modalités d’application de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 sur le Domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes morales de Droit public.

LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,

Vu la Constitution ;

Vu la loi n°2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les statuts des terres à Madagascar ;

Vu la loi n°2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée ;

Vu la loi n°2008-013 du 23 juillet 2008 sur le domaine public ;

Vu la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 sur le domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes morales de Droit public ;

Vu l’ordonnance n°2009-001 du 17 mars 200 Vu le décret n°2009-1161 du 8 septembre 2009 portant nomination des Membres du Gouvernement ;

9 conférant les pleins pouvoirs à un Directoire Militaire ;

Vu l’ordonnance n°2009-002 du 17 mars 2009 portant transfert des pleins pouvoirs à Monsieur Andry Nirina RAJOELINA ;

Vu l’ordonnance n°2009-012 du 18 décembre 2009 relative à la réorganisation du Régime de la Transi- tion vers la Quatrième République ;

Vu la décision exprimée dans la lettre n°79-HCC/G du 18 mars 2009 de la Haute Cour Constitutionnelle ;

Vu le décret n°2007-1109 du 18 décembre 2007 portant application de la loi n°2006-031 du 24 novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titrée ;

Vu le décret n°2009-1388 du 20 décembre 2009 portant nomination du Premier Ministre, Chef du Gou- vernement de la Transition ;

Vu le décret 2009-1161 du 8 septembre 2009 modifié par les décrets n°2010-081 du 24 février 2010 et n°2010-187 du 7 avril 2010 portant nomination des Membres du Gouvernement ;

Vu le décret n°2009-326 du 7 avril 2009 modifié et complété par les décrets n°2009-491 du 8 mai 2009, n°2009-1165 du 15 Septembre 2009 et n°2010-023 du 25 janvier 2010 fixant les attributions du Ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation ainsi que l’organisation de son Ministère ;

Sur proposition du Ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation ;

En Conseil de Gouvernement ;

Édition 2015

DECRÈTE :

CHAPITRE I Du domaine privé immobilier de l’Etat

Section 1 Des attributions

Article premier – Le Service des Domaines est chargé de gérer tous les biens et droits immobiliers appartenant à l’Etat ainsi que ceux qu’il détient sous l’expectative d’une appropriation définitive à l’expi- ration des délais déterminés par les lois en vigueur en la matière.

Cette gestion s’applique également à tous les biens sur lesquels l’Etat exerce un pouvoir d’attribution ou de surveillance, tels que les biens des contumax.

Toutefois, les biens affectés sont, pour tout ce qui concerne leur conservation et leur gestion, sous la main du service affectataire.

Art. 2 – L’administration régionale, l’administration communale et les établissements publics restent respectivement chargés de la conservation et de la gestion de leurs domaines privés propres dans le cadre de la réglementation générale édictée par la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée, le présent décret et les textes organiques de ces Collectivités publiques secondaires et établissements.

Section 2 Des mesures de conservation

Art. 3 – Le défaut de classement et de délimitation des immeubles domaniaux ou gérés comme tels ne peut être, à aucun moment, opposé à l’administration.

Art. 4 – Sauf les règles spéciales résultant de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée et du présent décret, le domaine privé est susceptible de toutes les mesures conservatoires de droit commun ou décou- lant des règlements en vigueur pour la conservation des biens des particuliers.

S’il y a lieu, l’assurance des bâtiments domaniaux contre les risques d’incendie est autorisée par décision ministérielle. En cas de sinistre, les indemnités exigibles sont recouvrées par le Service des Domaines, alors même que les immeubles assurés seraient affectés et que l’assurance n’aurait pas été contractée par ledit service.

Dans tous les cas, la recette en résultant profitera au budget auquel appartient l’immeuble.

Art. 5 – Toute mesure conservatoire que nécessite la gestion des biens des tiers administrés par le Service des Domaines est prise aux frais des intéressés.

Cependant, lorsque le patrimoine administré pour le compte de tiers ne présente pas de dispo- nibilités suffisantes, les frais peuvent être exceptionnellement avancés par l’Etat, sauf recouvrement ulté- rieur sur l’avoir du patrimoine suivant les principes posés en matière de curatelle d’office.

Section 3 De la gestion

Art. 6 – Outre le patrimoine des Collectivités territoriales soumis à des règles particulières, prévues à l’article 2 du présent décret, l’accomplissement des actes d’administration autres que les mesures conser- vatoires ci-dessus indiquées concerne :

1. le patrimoine géré par le service des Domaines à titre de séquestre ;

2. le patrimoine possédé par l’Etat sous l’expectative d’une appropriation définitive conformé- ment aux textes en vigueur en la matière ;

3. le patrimoine définitivement acquis au domaine.

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Art. 7 – Les biens indiqués à l’article 6-1 sont administrés selon les règles spéciales à la matière.

Art. 8 – Les biens indiqués à l’article 6-2 afférents :

1. à des valeurs et objets mobiliers et à du numéraire ;

2. aux biens de successions en déshérence, donnent lieu aux prescriptions suivantes :

a) les valeurs et objets mobiliers désignés au numéro 1° ci-dessus sont réalisés dans les formes et conditions ci-après prescrites pour la vente des mêmes effets définitivement acquis au domaine ;

b) le numéraire et le produit desdites valeurs et objets mobiliers sont recouvrés par le Service des Domaines et sont imputés au compte « Epaves » du budget de l’Etat, que le propriétaire soit ou non connu au moment de la réalisation ou de l’encaissement.

Cette imputation n’a pas lieu lorsque, d’après les règlements, les valeurs précitées doivent être consignées au Trésor. En cas de restitution aux ayants droit, le remboursement du produit net de la vente a lieu par les soins du ministère chargé des Finances, sur proposition du Service des Domaines et au vu des documents ci-après :

1° Demande de l’intéressé ;

2° Copie du procès-verbal de vente ;

3° Certificat de propriété délivré par l’autorité administrative compétente ;

4° Etat de liquidation dressé par le chef de la circonscription domaniale et foncière intéressé ;

c) Les sommes qui sont consignées au Trésor sont portées en recette définitive à l’expiration du délai réglementaire de prescription, dans la fore arrêtée entre les ministères compétents ;

d) Les biens dépendant des successions en déshérence sont administrés comme les biens acquis au domaine, sous les restrictions que comporte la législation sur la curatelle d’office.

Les revenus des biens en déshérence et le produit de ces biens à la cessation de la déshérence sont recouvrés par le Service des Domaines et imputés les premiers au compte « recouvrements effectués pour les déshérences non définitivement acquises au Domaine », les seconds, au compte « revenus domaniaux ».

Art. 9 – Les biens indiqués à l’article 6-3 et qui comprennent d’une part, les biens affectés à des services publics, d’autre part, les biens non affectés, sont administrés d’après les règles ci-dessous.

§ 1 – Des biens affectés

1) Des meubles

Art. 10 – Le mobilier nécessaire à chaque Ministère et aux démembrements qui en dépendent, ou mis à la disposition personnelle de certains fonctionnaires, est régi par les dispositions en vigueur sur la comp- tabilité matière.

Lorsque ce mobilier ne peut être réemployé et est susceptible d’être vendu, il est remis au Service des Do- maines en vue de sa mise en vente dans les formes prescrites pour les ventes d’objet appartenant à l’Etat, sauf dispositions contraires résultant des textes réglementaires particuliers.

2) Des immeubles

Art. 11 – L’affectation des immeubles est prononcée par arrêté du Ministre chargé des Domaines.

Si l’immeuble est disponible entre les mains du Service des Domaines, le Ministre qui désire en obtenir l’affectation en adresse la demande au Service des Domaines qui, après instruction, la soumet au Ministère dont il dépend avec le cas échéant, un projet d’arrêté.

La demande doit préciser la destination du terrain à affecter et la durée probable de la réalisation du projet.

Le Ministère demandeur est tenu de fournir les bornes à employer éventuellement, lesquelles doivent être

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conformes au modèle réglementaire.

Tout immeuble dépendant du domaine public doit être régulièrement déclassé avant affectation à un Mi- nistère, à moins que cette affectation ne comporte une utilisation compatible avec le caractère de doma- nialité publique.

Lorsque l’affectation nécessite l’acquisition de l’immeuble et s’il n’y a pas lieu à expropriation, le Service des Domaines, en accord avec le Ministère intéressé, prépare l’acte d’acquisition.

La notification de l’arrêté d’affectation constitue le point de départ de la gestion du Ministère ou du service affectataire.

Toutes diligences doivent être faites par les Ministères intéressés pour provoquer dans les formes ci-des- sus prévues l’affectation régulière des immeubles occupés en fait par les divers services.

Les services publics ne doivent en aucun cas occuper un terrain à quelque titre que ce soit en dehors des propriétés à eux affectées, avant d’en avoir référé au Service des Domaines chargé de les renseigner sur la situation juridique du terrain.

Art. 12 – L’affectation des immeubles du domaine privé s’opère gratuitement, à condition qu’il n’y ait au- cune mutation de propriété d’une personne morale à une autre personne morale. Dans le cas de mutation, l’arrêté de dotation fait connaître si celle-ci a lieu gratuitement ou non et indique, le cas échéant, le prix à payer par la personne morale qui devient propriétaire des immeubles.

Art. 13 – A l’expiration du délai imparti dans l’arrêté d’affectation, le Service des Domaines procède d’of- fice ou à la demande de toute personne intéressée à la constatation de mise en valeur.

La commission prévue à l’article 29 du présent décret procède à cette constatation de mise en valeur.

Art. 14 – Dès qu’un immeuble affecté est reconnu inutile au ministère qui le détient, soit à cause du dé- faut de mise en valeur, soit pour non respect des dispositions de l’arrêté d’affectation, un arrêté pris par le ministre chargé du Service des Domaines, soit sur proposition du ministère intéressé, soit à la diligence du Service des Domaines, en prononce la désaffectation.

La remise de l’immeuble aux Domaines est constatée pour les terrains nus par la notification de l’arrêté de désaffectation, et pour les autres propriétés, par un procès-verbal dressé contradictoirement entre le re- présentant du Service des Domaines et celui du Ministère qui détenait l’immeuble. S’il s’agit de construc- tion, un représentant du Ministère chargé des Travaux Publics assiste obligatoirement à la remise et signe également le procès-verbal qui contient alors une indication de l’état des constructions.

Le Service des Domaines centralise tous les renseignements relatifs aux immeubles affectés et non affec- tés, et tient le matricule des propriétés de l’Etat.

Art. 15 – L’attribution des logements domaniaux aux fonctionnaires et aux agents de l’Administration demeure régie par les règlements particuliers en la matière.

§ 2 – Des biens non affectés

Art. 16 – Les biens non affectés ou ne rentrant pas dans la catégorie de ceux visés par les articles 10 à 15 ci-dessus se subdivisent, quant à leur mode de gestion, en :

1. Biens meubles ;

2. Biens immeubles ;

3. Terrains urbains ;

4. Terrains ruraux.

Art. 17 – Conformément à l’article 3 de l’ordonnance n°62-086 du 29 septembre 1962 fixant les règles de détermination de la propriété des immeubles et meubles construits ou acquis à l’aide de fonds publics par les maîtres d’œuvres délégués, aucune construction définitive ne peut être édifiée sur un terrain apparte- nant à une autre personne physique ou morale de droit privé, sans le consentement de celle-ci ou, à défaut, sans qu’ait été suivie la procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique.

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Art. 18 – Les actes d’acquisition amiable par l’Etat de biens immeubles appartenant à des personnes physiques ou morales de droit privé sont établis par le service des Domaines, à la diligence du ministère intéressé qui doit indiquer le budget sur lequel sera imputé le prix.

Ils sont approuvés, après visa du Ministre des Finances, par le Ministre chargé des Domaines.

En matière d’échange d’immeubles, la compétence est déterminée, conformément aux règles édictées par l’article 26 de la loi 2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée.

Art. 19 – Le Ministre chargé des Domaines, après avis conforme du Ministre chargé des Finances, est compétent pour accepter les dons et legs à l’Etat, lorsqu’ils ne donnent lieu à aucune contestation et ne contiennent ni charges, ni conditions, ni affectations immobilières. Il est également habilité à refuser les dons et legs de toute nature faits à l’Etat.

Par contre, l’acceptation des dons et legs contenant des charges, conditions ou affectations immobilières ou faisant l’objet de réclamations de la part des familles ou d’un avis défavorable du Ministre chargé des Finances ne peut être prononcé que par décret en Conseil de Gouvernement.

Art. 20 – Le droit de préemption reconnu par les articles 11 à 13 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008, ne s’exerce que lorsque l’Administration décide de procéder à la mise en vente de biens grevés.

L’Administration fixe souverainement les conditions particulières à imposer au concessionnaire qui, en cas de refus, sera déchu du bénéfice de son droit et l’Administration peut, sous les mêmes conditions, disposer des biens grevés au mieux de ses intérêts, en faveur d’autres personnes.

En aucun cas, l’Administration ne peut être obligée de les aliéner.

Art. 21 – Dans tous les cas envisagés par l’article 20 ci-dessus, les propriétaires sont, à la diligence de l’Administration, mis en demeure d’acquérir, au prix moyen des terrains de même catégorie et valeur, les parcelles sur lesquelles ils sont fondés à exercer le droit de préemption.

En ce qui concerne particulièrement le droit de préemption prévu par l’article 12 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée, il est tenu compte, pour la fixation de ce prix, de l’augmentation ou de la diminu- tion de valeur relative pour le propriétaire, que peuvent entraîner :

1. Le plus ou le moins de profondeur du terrain cédé ;

2. La nature de la propriété ;

3. Le reculement à plus ou moins grande distance de la nouvelle voie du terrain bâti ou non bâti.

A défaut d’accord amiable sur la valeur des terrains à céder en vertu du droit de préemption, cette valeur

est fixée comme en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique.

La mise en demeure ci-dessus prévue s’opère au moyen de trois insertions successives à quatorze (14)

jours de date au Journal officiel de la République et par affiches rédigées en langues officielles (française

et malgache), apposées administrativement, en une seule fois, et dès la première insertion faite au Journal

officiel, dans la localité de la situation des immeubles. Un certificat des autorités administratives compé- tentes justifie que l’affichage a été régulièrement effectué.

Il est imparti aux intéressés un délai de six mois du jour de la dernière insertion au Journal officiel pour

faire connaître au Chef de la Circonscription Domaniale et Foncière compétente, qu’ils entendent user de leur droit de préemption. Il en est donné récépissé. Ce délai passé, l’Administration peut disposer définiti- vement desdits immeubles au mieux de ses intérêts.

Toutefois, cette procédure ne met pas obstacle à ce que les intéressés provoquent soit individuellement, soit collectivement, la cession par l’Administration qui reste cependant juge de l’opportunité d’accepter ou de refuser cette cession.

A l’égard du droit de préemption du paragraphe 3 de l’article 12 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008

susvisée, si le propriétaire du terrain bénéficiaire de ce droit ne veut pas acquérir la parcelle grevée du droit de préemption, il peut disposer des biens grevés au mieux de ses intérêts en faveur d’autres personnes.

Art. 22 – Tant qu’il n’a pas été effectivement exercé, le privilège de préemption engendre au profit de celui

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qui peut y prétendre une action réelle pouvant être cédée, mais uniquement aux propriétaires ou conces- sionnaires des immeubles situés en bordure du délaissé et immédiatement voisins.

Section 4 De l’immatriculation au nom de l’Etat des terrains non titrés non mis en valeuret de l’accession des particuliers et des Collectivités à la propriété.

§ 1- De l’immatriculation au nom de l’Etat des terrains non titrés non mis en valeur

Art 23 - En application de l’article 18 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée, l’Administration des Domaines procède à l’immatriculation des terrains non titrés et non mis en valeur, dans les conditions de l’article 4-a de la loi précitée au nom de l’Etat.

Cette immatriculation peut être soit à l’initiative de l’Administration soit à la suite d’une demande d’ac- quisition.

Le Chef de la Circonscription Domaniale et Foncière dépose une réquisition d’immatriculation au nom de l’Etat.

Cette réquisition peut se cantonner soit sur la parcelle objet d’une demande d’acquisition soit sur le terrain non immatriculé ni occupé autour de la demande.

Il transmet la réquisition au Service Topographique.

Le géomètre du Service Topographique procède au bornage et au levé de plan.

Le procès-verbal de bornage indique notamment la consistance du terrain borné. Ledit procès-verbal de bornage est transmis au Chef de la Circonscription Domaniale et Foncière qui procède après examen des pièces à l’immatriculation au registre foncier.

L’Administration des services fonciers prend toutes les mesures nécessaires et utiles pour accélérer la procédure d’immatriculation.

§ 2- De l’accession des particuliers et des Collectivités aux terrains de l’Etat

Art. 24 – Toute personne physique de nationalité malagasy ou morale désirant acquérir, à quelque titre que ce soit (onéreux, gratuit, location ou bail de longue durée), un terrain du domaine privé de l’Etat doit en faire la demande sur des formulaires mis par l’Administration à la disposition du public, et y joindre :

1. Soit le plan officiel de la propriété sur lequel est délimitée la parcelle objet de la demande ;

2. Soit à ses propres frais un plan régulier dressé selon les normes du Service Topographique par un géomètre assermenté ; dans ce dernier cas, le plan doit être accompagné d’un procès-verbal descriptif des limites.

Les plans annexés aux demandes portent la mention des repérages préalables.

La demande, accompagnée du récépissé de versement d’un cautionnement, est déposée au bureau du chef de la circonscription domaniale et foncière.

La demande doit contenir tous les renseignements indiqués à la formule et notamment la déclaration, par le demandeur, qu’il a pris connaissance des règlements domaniaux et entend s’y conformer, ainsi que l’engagement de payer, en plus du loyer ou du prix du terrain, le montant des frais de procédure.

Elle doit contenir également une déclaration de nationalité et, le cas échéant, être accompagnée de l’auto- risation préalable correspondante, susceptible d’être exigée des étrangers.

Art. 25 – Si la demande est faite par une personne morale, celle-ci doit préciser et justifier sa nationalité, déterminée dans les conditions fixées par les textes en vigueur ; elle est accompagnée, le cas échéant, de l’autorisation préalable correspondante exigée des étrangers.

La demanderesse doit en outre, avoir un représentant ayant domicile élu à Madagascar et investi des pou- voirs nécessaires pour passer contrat et, s’il y a lieu, assurer l’exécution des obligations imposées à ladite

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demanderesse. Un exemplaire en bonne et due forme de ces pouvoirs et des statuts est déposé en même temps que la demande.

L’élection de domicile à Madagascar est également imposée à tous demandeurs autres que les personnes morales.

Art. 26 Toute demande formulée par un mandataire est appuyée d’une procuration régulière, et conte- nant les pouvoirs nécessaires à la passation du contrat avec le Service des Domaines. Le mandataire doit avoir domicile élu à Madagascar.

Art. 27 - Préalablement au dépôt d’une demande d’acquisition de terrain du domaine privé de l’Etat,

le demandeur soumet le plan de la parcelle convoitée au repérage du Service Topographique aux fins de

vérifier l’existence de demande antérieure.

La réception d’une nouvelle demande concernant un terrain déjà objet d’une demande en cours d’instruc- tion ne peut avoir lieu jusqu’à la décision finale sur le sort de cette dernière.

Art. 28 – Avant les opérations de constatation de l’état des lieux, le demandeur doit matérialiser sur le sol les limites du terrain sur lequel porte sa demande, au moyen de signaux bien apparents.

Sont convoqués sur les lieux par les soins de la commission prévue pour la constatation du terrain, en la forme administrative, le demandeur, les voisins, les personnes intéressées qui se sont faits connaître, ainsi que le fokonolona du lieu.

Après identification du terrain, la commission procède à la constatation de l’état des lieux de la parcelle demandée.

Si des contestations s’élèvent entre le demandeur et l’un des propriétaires riverains ou d’autres personnes

sur les limites du terrain demandé, la commission enregistre les déclarations des réclamants et les ré- pliques faites par l’intéressé. La partie litigieuse est, le cas échéant, délimitée sur le plan, à toutes fins utiles.

La commission est habilitée à recevoir les demandes d’inscription et procède, le cas échéant, à la concilia- tion des parties.

Pour les terrains, objet de demande et nouvellement immatriculés, le contenu du procès-verbal de bornage peut être tenu en compte lors de la constatation de l’état des lieux.

Art. 29 - La commission , prévue par l’article 18 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée, chargée de constater l’état des lieux, la mise en valeur et la disponibilité des terrains objets d’une demande d’ac- quisition est composée de :

- Président : agent du Service des Domaines ;

- Membres :

o

Agent du Service Topographique ;

o

Représentant de la Commune ;

o

Chef de Fokontany du lieu de la situation de l’immeuble.

La commission se réunit sur convocation de son Président.

A l’issue de ces travaux, un procès-verbal avec la proposition de la commission est dressé.

La commission peut fonctionner en la présence du Président et de l’agent du Service Topographique. Elle peut s’adjoindre toute personne qu’elle juge compétente pour les travaux de constatation

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Art. 30 – Le procès-verbal de la commission doit faire connaître :

1.

Le jour et l’heure de l’opération ;

2.

La composition de la commission (noms, prénoms et qualité des membres) ;

3.

Les noms, prénoms, qualité et domicile des assistants ;

4.

La disponibilité du terrain demandé ;

5.

L’énonciation de la superficie, de la nature et de la consistance de l’immeuble s’il y échet ;

6.

La délimitation de la demande d’inscription reçue ;

7.

La déclaration qu’il ne s’est produit aucune demande d’inscription ou de réclamation ;

8.

La valeur du terrain ;

9.

Le résultat de la conciliation ;

10.

L’avis de la commission à l’égard des réclamations formulées et, en tous cas, sur la suite qu’elle propose de réserver à la demande instruite, observation n’étant faite qu’en cas de divergence d’avis entre les membres de la commission, l’avis de chacun sera rapporté sans que celui-ci soit indiqué nominativement.

Le procès-verbal est signé par le Président et par les membres de la commission. Si un membre de la com- mission est illettré, mention en est faite au procès-verbal.

Le terrain est considéré comme disponible s’il est libre de toute occupation, ou si l’occupant est le deman- deur lui-même.

Art. 31 – Le plan mentionné à l’article 24 du présent décret, est dressé aux frais du demandeur, par un géomètre assermenté, avec un procès-verbal descriptif des limites, conformément aux règlements tech- niques régissant la profession et après avis émis par la commission.

L’agent du Service Topographique membre de la commission est tenu d’apporter sur le plan les rectifications nécessaires selon les indications de la commission.

Art. 32 – Après avoir vérifié la régularité du procès-verbal de la commission, et constaté l’accomplis- sement de toutes les prescriptions prévues par la loi et le présent décret et la disponibilité du terrain en cause, le Chef de la Circonscription Domaniale et Foncière procède :

- en premier lieu, soit au bornage de morcellement de la parcelle objet de la vente, soit l’immatriculation au profit de l’Etat Malagasy ;

- en second lieu, à l’établissement de l’acte de cession.

En cas de mutation totale d’une propriété déjà titrée au nom de l’Etat malagasy, le bornage prévu par l’alinéa précédent n’est pas nécessaire.

Art. 33 – Les contrats passés par le Service des Domaines sont soumis aux règles du droit commun, sauf prescriptions contraires de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée et du présent décret.

Art. 34 – Toute demande faite par une personne physique ou morale qui est reconnue débitrice envers le Service des Domaines de sommes exigibles ne peut être accueillie, tant que ces sommes ne sont pas intégralement payées ; auquel cas, son droit éventuel de priorité n’est reconnu qu’à partir de sa libération.

Art. 35 – En toute hypothèse, le demandeur se met en mesure de justifier auprès de l’administration de moyens suffisants et en rapport avec l’importance du terrain sollicité et la nature de la mise en valeur exigée.

Art. 36 – Le dépôt d’une demande portant sur un terrain du domaine privé de l’Etat ne confère en lui- même aucun droit d’occupation au demandeur.

L’occupant irrégulier, notamment celui qui aurait construit sur un terrain du domaine privé de l’Etat sans aucun titre et en violation des règlements régissant les constructions dans certaines villes ou localités vi-

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sées par lesdits règlements, peut se voir, si sa demande est rejetée pour quelque cause que ce soit, contraint à enlever à ses frais ses plantations, constructions et ouvrages, sans aucune indemnité.

Si l’occupation irrégulière d’un terrain du domaine privé de l’Etat est postérieure au dépôt par un tiers d’une demande concernant ce même terrain, l’occupant irrégulier, outre son expulsion qui sera prononcée par ordonnance du Président du Tribunal civil territorialement compétent, rendue sur référé, peut faire l’objet d’une condamnation à des dommages et intérêts au profit du tiers demandeur.

En tout état de cause, l’instruction d’une demande d’acquisition d’une portion du domaine privé de l’Etat doit respecter les prescriptions spéciales édictées par les textes en vigueur.

Art. 37 – Si à la suite d’erreurs de repérage, des demandes s’empiètent, la cession a lieu en principe dans l’ordre des demandes déposées.

Art. 38 – Conformément à l’article 29 de la loi n° 2008-014 du 23 juillet 2008, l’Administration conserve la faculté d’apprécier l’opportunité de l’attribution des terres de son domaine privé et reste seul juge du refus.

Si l’Administration estime devoir proposer le rejet de la demande, l’autorité compétente selon les distinc- tions prévues par l’article 27 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 pour l’attribution des terres l’est également, pour prononcer le rejet de la demande.

Les revendications classées sans suite par l’Administration sont notifiées par le Chef de la Circonscription Domaniale et Foncière du ressort par voie d’un avis de décision.

L’avis de décision n’est susceptible d’aucun recours.

Art. 39 – De même, l’Administration se réserve le droit de modifier les demandes portant sur des terrains qui, par leur forme anormale ou exagérément étendue, présenteraient des inconvénients pour l’aliénation ou l’utilisation future des terrains avoisinants ou pour l’usage des sources et autres points d’eau ou qui démontreraient une tentative de spéculation.

En tout état de cause, l’Administration peut imposer toutes servitudes utiles.

Art. 40 – La date de versement du cautionnement constitue la date légale de la demande.

En cas de rejet de la demande, ledit cautionnement, est acquis purement et simplement à l’Etat.

En cas d’attribution du terrain, le cautionnement est imputé sur les frais mis à la charge du demandeur.

Art. 41 – En principe, les terrains, loués ou cédés ne peuvent avoir, sur les rues ou chemins publics, un développement excédant le quart du périmètre total. Il en est de même des terrains situés en bordure des cours d’eau, des rivages de la mer et des voies de communication de toute nature.

Cette disposition s’applique quelle que soit la superficie du terrain loué ou cédé. Toutefois, elle ne s’exerce ni à propos des lots urbains ou ruraux préparés par l’Administration, ni aux terrains urbains se trouvant à l’intersection des rues ou chemins, ni aux terrains ruraux qui, pour des motifs tirés de l’intérêt général, de la situation topographique ou foncière, de l’état des lieux ou de toute autre cause dont l’Administration est seule juge, ne sauraient, sans inconvénient pour leur exploitation et leur mise en valeur rationnelle, être assujettis à ces prescriptions, ni au délaissé d’alignement ou autres soumis à un droit de préemption en vertu des articles 11 et 12 de la loi n°2008-014 du 23 juillet 2008.

Section 5 De l’attribution gratuite

Art. 42 – Le bénéfice de l’attribution gratuite de terrain à vocation agricole du Domaine privé de l’Etat prévue par l’article 27 de la loi n° 2008-014 du 23 juillet 2008 susvisée est soumis aux conditions sui- vantes :

On entend par paysan agriculteur ou éleveur les personnes vivant à la campagne et dont l’agriculture et/ou l’élevage sont leur occupation principale et auxquelles ils en tirent leur ressource.

Les fonctionnaires civils et militaires doivent verser dans leur dossier de demande d’acquisition les pièces justificatives de leur ancienneté.

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Les anciens élèves issus des centres de formation agréés par l’Etat doivent produire les pièces justificatives de leur formation sanctionnée par une attestation de fin d’études.

L’instruction de la demande est celle prévue par les articles 24 et suivants du présent décret.

L’acte d’attribution est approuvé et signé par le Représentant de l’Etat au niveau de la Région.

Section 6 De la dotation

Art. 43 – La demande de dotation par le représentant légal de la Collectivité décentralisée, appuyée de la délibération du Conseil de la Collectivité, est instruite dans les conditions indiquées ci-dessous.

Aucun cautionnement n’est exigible à l’appui de la demande.

La parcelle objet de la demande de dotation est délimitée sur le plan annexé à la délibération.

Celui-ci est soumis à la formalité de repérage préalable aux fins d’identifier les demandes des particuliers antérieures y incluses ainsi que les propriétés déjà titrées, cadastrées et en cours d’immatriculation.