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Institut National de Formation Supérieure Paramédicale

Module : biologie moléculaire et cellulaire


Cour : la réparation de l'ADN
Corps et grade : laborantins de la santé publique
Année pédagogique : 2015-2016
Enseignante : BERKANE /A

Introduction :

La réparation de l'ADN est un ensemble de processus par lesquels une cellule identifie et
corrige les dommages aux molécules d'ADN qui codent son génome. Dans les cellules, l'acide
désoxyribonucléique (ADN) est soumis continuellement à des activités métaboliques
normales et à des facteurs environnementaux portant atteinte à son intégrité. Ces facteurs
environnementaux sont le plus souvent de nature chimique comme les radicaux libres de
l'oxygène et les agents alkylants, ou physique, comme les radiations ultraviolettes et les
rayonnements ionisants. On estime entre mille et plus d'un million le nombre de lésions par
cellule et par jour. Beaucoup de ces lésions provoquent de tels dommages que la cellule elle
même ne pourrait se reproduire ou donnerait naissance à des cellules-filles non viables si
n'intervenaient les différents processus de réparation.

Les six grands systèmes de réparation :

Il existe six grands systèmes de réparation existent au sein des cellules vivantes :

 La réparation directe de la lésion (photolyase pour les dimères de thymine,


 La Réparation par excision de base ou base excision repair (BER)
 La Réparation par excision de nucléotides nucleotide excision repair (NER)
 La réparation des mésappariements ou mismatch repair (MMR)
 Le Non-Homologue End-Joining (NHEJ)
 La Réparation par recombinaison homologue

La première catégorie comprend des mécanismes ad hoc, spécifiques d'un type de lésion
donnée. Les cinq derniers systèmes sont généralistes et sont chacun capable de réparer un
ensemble de lésions diverses.

1) La photolyase :

La photolyase : est une enzyme qui répare certains des dommages causés dans l'ADN par les
ultraviolets et en particulier les dimères de thymine ou plus généralement de pyrimidine. La
protéine agit sous l'action d'une lumière bleue ou UV proche, qui excite un cofacteur : la
flavine réduite. Celle-ci peut alors transférer un électron au dimère de pyrimidines, ce qui
entraîne la scission de ce dimère et la réparation de l'ADN. Ce mécanisme très rapide (de
l'ordre de la pico seconde) est encore mal connu mais il implique deux photo-réactions bien
distinctes :
La photolyase est présente et fonctionnelle chez les procaryotes. Elle est également présente
chez de nombreux eucaryotes, comme les levures, les plantes et la plupart des animaux. Elle
n'est pas présente chez les mammifères placentaires, et donc chez l'homme,

2) Réparation par excision de base :

La réparation par excision de base (ou BER pour Base excision repair en anglais) est un
mécanisme de réparation d'un dommage au niveau d’une base individuelle de l’ADN. Un tel
dommage est réparé par simple élimination de la base, suivi du clivage du désoxyribose, puis
d’une nouvelle synthèse.

Dans ce processus, une ADN glycosylase élimine la base endommagée et une endonucléase
clive le désoxyribose. Une ADN polymérase remplit à nouveau l’espace libéré en utilisant la
base opposée comme matrice. Enfin, une ADN ligase suture le brin réparé. Donc, même si
une seule base est endommagée, une série d’enzymes différentes sont nécessaires pour assurer
une réparation correcte. La dernière étape de ce processus est également utilisée pour la
réparation de simples cassures de la chaîne d’ADN.

La réparation par excision de base est principalement limitée à une base déterminée et se
produit très rapidement; il peut se produire également dans des cellules nourrices une
réparation locale portant sur 6 bases. Plusieurs ADN-glycosylases correspondent
spécifiquement à l’élimination d’un type de base endommagée; c’est ainsi que l’uracile-ADN-
glycosylase n’éliminera que les bases d’uracile et certains produits d’oxydation de l’uracile.

3) Réparation par excision de nucléotides :

La réparation par excision de nucléotides ou NER (pour nucleotide excision repair) est un
des systèmes naturels permettant dans une certaine mesure la réparation de l'ADN dégradé
(par exemple par une exposition aux ultraviolets ou à la radioactivité).

Il permet de corriger principalement les lésions étendues ou qui déforment de manière


importante l'ADN, comme par exemple les pontages avec des molécules exogènes. Il freine le
vieillissement de l'organisme, limite les mutations délétères et le risque d'apparition de
tumeurs et cancer.
ADN ligase I réparant des dommages causés à un chromosome

4) La réparation des mésappariements ou mismatch repair (MMR) :

En biologie moléculaire, le mismatch repair désigne le système de reconnaissance et de


réparation des mésappariements de l'ADN. Ce mécanisme s'est conservé au cours de
l'évolution, si bien qu'il est aujourd'hui partagé par les Eucaryotes et les Procaryotes. Il est
essentiel pour maintenir l'intégrité de l'information génétique contenue dans le génome au
cours des multiples divisions cellulaires.

Principe :

Lors de la réplication de l'ADN par le réplisome, il arrive que l'enzyme responsable de la


recopie de l'ADN, l'ADN polymérase, commette des erreurs de réplication. Ceci conduit à
l'incorporation d'un nucléotide incorrect dans le brin d'ADN synthétisé, en face du brin
matrice. Il en résulte un mésappariemment, c'est-à-dire la présence en vis-à-vis dans la double
hélice de deux bases non complémentaires. Ce défaut doit être réparé pour éviter la
transmission d'une information erronée, c'est-à-dire une mutation aux générations ultérieures.

Le Mismatch repair est un mécanisme de surveillance de l'ADN lors de la réplication qui


permet de réparer préférentiellement ces erreurs dans le brin nouvellement synthétisé. La
reconnaissance du brin matrice par rapport au brin nouvellement synthétisé est basée sur la
présence de méthylations spécifiques dans le premier, ce qui permet à la cellule de reconnaître
la copie de l'original et d'éviter de modifier ce dernier. Il implique plusieurs protéines très
conservées, connues sous le nom de Mut chez les bactéries, qui tirent leur nom du fait que
leur dysfonctionnement engendre l'apparition de nombreuses mutations dans les souches
bactériennes. Chez l'homme, l'altération des gènes correspondants est responsable de
l'apparition de cancers précoces avec une forte prévalence.

5) Non-Homologue End-Joining :

Le Non-Homologue End-Joining (NHEJ) est un mécanisme de réparation biochimique c'est-à-


dire qu'il ne restaure pas la séquence initiale mais seulement la continuité de l'ADN
endommagé par une cassure double brin (CDB). Cette réparation conduira ainsi au
changement de l'information génétique et donc à l'apparition d'une mutation pour le gène
concerné.
Cette réparation est possible grâce à l'intervention de la protéine Ku70 qui va interagir avec
les deux extrémités de la CDB. Cette protéine va ensuite agir par essais et erreurs pour tenter
d'établir une interaction transitoire entre les deux extrémités de la CDB. Pour cela, Ku70
possède plusieurs activités :

 activité terminale transférase : permet l'ajout de nucléotides à l'extrémité 3' sans


matrice
 activité nucléase : détruit ce qui vient d'être synthétisé si l'hybridation n'est pas
possible

À chaque fois, la protéine Ku70 vérifie si l'hybridation est possible et si oui, c'est-à-dire s'il y
a homologie de 2 à 4 bases, la CDB est stabilisée et a été transformée en deux lésions simple
brin. Il y a alors synthèse par rebouchage des deux trous grâce à une ADN polymérase qui
prend comme matrice le brin d'ADN qui vient d'être réparé par la protéine Ku70. La séquence
initiale a ainsi été réparée mais elle est changée par cette réparation biochimique : il y a donc
mutation.

6) La Réparation par recombinaison homologue :

Recombinaison génétique :

La recombinaison génétique est « le phénomène conduisant à l’apparition, dans une cellule
ou dans un individu, de gènes ou de caractères héréditaires dans une association différente de
celle observée chez les cellules ou individus parentaux ».

Cette définition recouvre deux processus complémentaires que sont les brassages intra et
interchromosomiques, et est toujours la définition utilisée en génétique, génétique des
populations ou virologie, et peut être considérée comme synonyme de brassage génétique.

Cependant le développement de la biologie moléculaire a mené vers une interprétation


différente de cette définition par une partie de la communauté scientifique. En biologie
moléculaire le terme recombinaison génétique sera souvent utilisé comme synonyme de la
recombinaison de l'ADN, c'est-à-dire les processus par lesquels une molécule d'ADN (ou
d'ARN) est coupée, puis jointe à une autre.

Les recombinaisons génétiques provoquées artificiellement sont également un outil essentiel


en biologie moléculaire et génie génétique en générant de nouvelles combinaisons génétiques.
Les recombinaisons naturelles sont un des mécanismes à l'origine de la diversité d'une
population. Ce brassage génétique, facilité par la reproduction sexuée, est un des mécanismes
essentiels de l'évolution des espèces.