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Reassurance

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Publication Campus

3

A QUOI SERT LA REASSURANCE ?

page 5

HISTORIQUE ET DEFINITIONS

page 7

․ Rappel historique

․ Définition de la réassurance

․ Qui pratique la réassurance ?

․ La coassurance

․ La marge de solvabilité

LES DIFFERENTES FORMES DE REASSURANCE :

page 10

․ Deux formes juridiques :

o Facultative

o Obligatoire

․ Deux formes techniques :

o Proportionnelle

o Non proportionnelle

LA REASSURANCE PROPORTIONNELLE :

page 12

․ La quote-part

․ L'excédent de plein

․ Le plein de conservation et le plein de souscription

․ Les caractéristiques de la réassurance proportionnelle
La commission de réassurance
La participation bénéficiaire
Les provisions techniques
Les entrées / sorties de portefeuille

LA REASSURANCE NON PROPORTIONNELLE :

page 21

․ L'excédent de sinistre par risque ou par événement (XL)

․ L'excédent de perte annuelle (Stop Loss)

․ La prime de réassurance d'un traité non proportionnel
L'assiette de prime
Le taux de prime
La prime minimum et de dépôt

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4

LES CLAUSES DES TRAITES NON PROPORTIONNELS

page 28

․ La clause de reconstitution de garantie

․ La clause de franchise annuelle (Aggregate)

․ La clause d'indexation

․ La clause de stabilisation
Sans seuil
Avec seuil atteint
Avec seuil déduit
․ La clause de superposition

․ La clause de partage des intérêts

LE PLAN DE REASSURANCE

page 38

LE DOCUMENT CONTRACTUEL D’UN TRAITE DE REASSURANCE

․ Exemple d'un texte de traité en excédent de plein

page 40

LA COMPTABILITE D'UN TRAITE DE REASSURANCE

page 43

LA RETROCESSION

page 46

GLOSSAIRE

page 47

BIBLIOGRAPHIE

page 53

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5

A QUOI SERT LA REASSURANCE ?

La première finalité de la réassurance a été, et est toujours, de diminuer le risque pris par l'assureur.
Pour bien comprendre la réassurance, il faut tout d'abord rappeler certains principes de l'assurance,
puisque l'assurance est la « matière première » de la réassurance.

Pour une compagnie d'assurances, il est vital de savoir quelle part de ses fonds propres elle risque de
perdre au cours d'un exercice, et avec quelle probabilité. En effet, l'assurance est basée sur le calcul
des probabilités de survenance d'un sinistre. A partir de cette probabilité, la compagnie d'assurance
détermine la prime qu'elle demande à ses assurés pour couvrir leurs risques.

En réalité, les sinistres vont osciller autour d'une moyenne statistique. Pour coller au plus près à cette
moyenne statistique, conformément à la loi des grands nombres, l'assureur va souscrire le plus grand
nombre possible de risques, c'est à dire qu'il va collecter le plus grand nombre de primes sur des
risques similaires, de façon à être capable de payer les quelques sinistres qui vont survenir : c'est le
principe de la mutualisation.

Pour réduire sa probabilité de ruine, l'assureur va faire en sorte que les écarts autour de cette
moyenne statistique soient les plus faibles possibles. Il pourrait décider :
․ D'inclure des chargements importants dans ses tarifs, mais il risquerait de ne plus être
concurrentiel;
․ D'accroître ses fonds propres, mais ses actionnaires ne seraient peut-être pas d'accord ;
․ De limiter ses souscriptions, c'est à dire restreindre sa clientèle et ne pas se développer ;
․ D'utiliser la coassurance, avec le risque de perdre une certaine autonomie.

L'assureur préférera donc se réassurer, afin de pouvoir souscrire et se développer, tout en étant
protégé contre les écarts de sinistralité. La réassurance lui apportera :
․ Une protection contre les écarts de sinistralité,

․ Une capacité financière pour souscrire davantage de risques,
․ Des conseils sur les grands risques et sur les produits nouveaux.
En deux mots, nous pourrions dire que la réassurance lui permettra de protéger le bilan de sa
compagnie d'assurances.

Par conséquent, l'assureur va céder au réassureur :
․ Tous les risques dont la taille nuit à l'homogénéité de l'ensemble du portefeuille,
․ Tous les risques dont la loi statistique est encore mal connue,
․ Tous les risques dont les sinistres accumulés peuvent présenter un caractère catastrophique,
․ Tous les risques dont le nombre est insuffisant pour que la loi des grands nombres puisse
s'appliquer et donc pour que l'écart entre les sinistres réels et les sinistres théoriques reste dans
le seuil tolérable.

Par conséquent, le portefeuille d'un réassureur, composé de toutes sortes de cessions dans les
branches les plus variées, y compris les nouvelles branches, en provenance de toutes sortes de
marchés et couvrant, bien entendu, tous les types d'événements de nature catastrophique, est bien
différent de celui d'un assureur.

Quelques Ordres de Grandeur ...

Les assureurs ne conservent qu'une faible partie des risques qu'ils souscrivent. Leurs rétentions
varient en fonction de la taille des risques, de leur nature, et leur pays d'origine. Dans les pays
industrialisés, on observe que les assureurs conservent en moyenne entre 5% et 10% d'un risque.

Le volume mondial des primes d'assurances se monte à environ USD 2 500 Milliards, avec la
répartition suivante : 60% en Vie et 40% en Dommages.

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Le volume mondial des primes de réassurance, pour lequel on ne dispose pas de chiffres précis, peut
être estimé grosso modo à USD 150 Milliards, avec la répartition suivante : 15% en Vie, 85% en
Dommages, c'est à dire l'inverse de la répartition observée en assurance. En effet, un risque de
personne n'a pas une taille comparable à celle d'un risque industriel et la Vie fait donc beaucoup
moins appel à la réassurance que les Dommages.

Les primes des cessions en réassurance se répartissent schématiquement de la façon suivante :
USA 40% ; Europe 50% ; Japon 5% et reste du monde 5%.

La concentration de la profession est très forte : les 4 premiers groupes de réassurance détiennent
plus de 30% du marché (contre 20% en 1990).

Les primes de réassurance représentent moins de 6% des primes d'assurance totales, alors que nous
pouvons estimer que la réassurance couvre plus de 80% des risques assurés. Comment la
réassurance peut-elle survivre avec un tel déséquilibre ? :

․ Parce qu'elle est internationale,
․ Parce qu'elle participe à une grande variété de risques,
․ Parce qu'elle dispose de certaines techniques d'analyse et d'écrêtement des risques.
Et donc parce qu'elle pratique à la fois une mutualisation et une dispersion des risques :
géographique (entre les différents marchés) et technique (entre les différentes branches).

Le Métier de Réassureur

Ces deux composantes spécifiques de la réassurance permettent aux réassureurs de prendre des
engagements très élevés, mais il est bien évident que cela les oblige également à mener une politique
de réserve appropriée, et à disposer de fonds propres importants.

Contrairement à ce qui se pratique en assurance, les produits de réassurance ne peuvent pas être
standardisés ni définis à l'avance. L'acceptation ou le refus d'une affaire, le renouvellement d'un traité,
vont donner lieu à un examen des résultats passés et surtout à une estimation de leur évolution
future.

Pour exercer le métier de réassureur, il faut, sur chaque affaire, connaître :
- Les mécanismes d'assurance et de réassurance, ainsi que les mécanismes financiers,
- Le marché concerné (environnement politique et économique, situation de la concurrence, etc...),
- La cédante, sa politique commerciale, ses critères de tarifications, etc...

La réassurance est et restera un métier de spécialistes.

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HISTORIQUE ET DEFINITIONS

Repères Historiques

La réassurance n'est apparue que bien après l'assurance, car, tout naturellement, les premiers
assureurs se limitèrent à donner une garantie à hauteur de leurs propres ressources.

Quelques dates :

- 1347 : la première police d'assurance connue est une police maritime, établie à Gênes.
- 1370 : sur une police maritime couvrant un trajet de l'Italie aux Pays-Bas, la portion de voyage qui
semblait la plus dangereuse est réassurée, l'assureur gardant pour son propre compte le trajet
effectué en Méditerranée.
- 1584 : on note, sur un trajet de Marseille à Tripoli, une police maritime avec trois souscripteurs.
- 1666 : après le Grand Incendie de Londres, apparition des premières assurances terrestres, en
Grande Bretagne.
- 1681 : ordonnance maritime de Colbert, ministre de Louis XIV : "S'il advient que les assureurs ou
aucun d'eux, après avoir signé en quelque police, se repentent ou aient peur, ou ne voudraient
plus assurer sur tel navire, il sera en leur liberté de faire réassurer par d'autres, soit en plus grand
ou en moindre prix".
- 1688 : à Londres, Edward Lloyd ouvre un café qui devient rapidement un lieu de rencontre pour
les armateurs et les gens de mer. En 1696, Edward Lloyd décide de publier un quotidien, "Lloyd's
News", dont l'objet principal est de recueillir et de publier tous les renseignements concernant les
mouvements des navires. Le café Lloyd's sert aussi de boîte postale pour les clients, de salle des
ventes pour les navires, et les courtiers trouvent commode de fréquenter un lieu où se trouvent
réunies tant de personnes susceptibles de s'intéresser à l'assurance maritime. A la mort d'Edward
Lloyd en 1713, le café continue à fonctionner avec succès. Le Lloyd's List paraît à un rythme
hebdomadaire depuis 1734 (cf page 46 : comment fonctionnent les Lloyd's).
- 1821 : le 15 Décembre est conclu le premier traité de réassurance, entre la Compagnie Royale
d'Assurances, à Paris, et Les Propriétaires Réunis, à Bruxelles. C'est un Excédent de plein et sa
capacité, fort modeste, est de 1 plein.
- 1843 : création de la première société de réassurance, en Allemagne : la WESELER
RÛCKVEREIN, captive de la RHEINISCHE GÛTERASSEKURANZ.
- 1870 : présence de plusieurs réassureurs sur une même traité.
- 1871 : par un acte du Parlement britannique, le Lloyd's Coffee House devient une corporation,
c'est à dire une entité légale, sous le nom de LLOYD'S.
- 1880 : apparition de la première réassurance non proportionnelle, avec calcul d'une prime
spéciale qui n'a plus rien à voir avec la prime originale.
- 1891 : une loi anglaise précise qu'un assureur qui émet une police maritime est autorisé à la

réassurer.

Définition de la Réassurance

Plusieurs définitions sont possibles :
- "Contrat par lequel, moyennant une certaine prime, l'assureur se décharge sur autrui des risques
maritimes dont il s'est rendu responsable, mais dont il ne cesse pas d'être tenu vis-à-vis de
l'assuré primitif ; ce premier contrat subsiste tel qu'il a été conçu, sans altération ni innovation" (M.
Emerigon, 1783).
- "Contrat intervenant pour réaliser la compensation des écarts, soit par insuffisance du nombre de
risques, soit par dépassement anormal des sinistres espérés" (P. Blanc, 1960).
- Opération par laquelle un assureur cède une partie de ses risques à un réassureur qui en accepte
la charge, dans des conditions fixées par un contrat.

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- Opération par laquelle un réassureur s'engage, moyennant rétribution, à contribuer à
l'indemnisation des sinistres à laquelle l'assureur s'est engagé envers ses assurés.
- Epine dorsale de toutes les branches d'assurance.
- Assurance au deuxième degré.
- Non pas l'assurance de l'assurance, mais l'assurance de l'assureur.

La réassurance permet donc à l'assureur de se décharger d'une partie des risques qu'il a souscrits,
mais dont il continue à être juridiquement responsable, de sorte que le contrat d'assurance subsiste
entièrement, sans aucune modification, et que l'assuré n'a aucun recours légal contre le réassureur.

L'assurance et la réassurance sont fondées sur le même principe : la mutualisation des risques.

Un assureur est toujours préoccupé par la couverture de risques susceptibles d'entraîner des pertes
insupportables pour lui, et pouvant mettre en péril son équilibre financier, tels que :

- Les grands risques indépendants (avion, navire, raffinerie ...) ;
- Les risques nouveaux ou mal connus (pollution, risque atomique, RC Produits, RC de certaines
professions ...) ;
- Les petits risques dont un grand nombre peut être touché par un même événement, c'est à dire
les cumuls (catastrophes naturelles telles que tempêtes ou tremblement de terre, risques de
crédit, risques technologiques, etc.).

Les opérations de réassurance, qui utilisent à la fois la mutualisation et la dispersion des risques,
permettent à l'assureur :

- De conserver des risques plus homogènes,
- De redistribuer les risques importants,
- De compenser les risques catastrophiques,
- D'augmenter ses souscriptions grâce à une capacité,
- D'accéder à de nouvelles branches ou à des risques encore mal connus,
- D'alléger sa trésorerie par la procédure de sinistres au comptant.

Qui Pratique la Réassurance ?

Deux types de sociétés pratiquent des opérations de réassurance :

- Les compagnies d'assurance et de réassurance, mais l'essentiel de leur métier reste l'assurance

directe ;

- Les réassureurs professionnels, qui ne pratiquent que la réassurance et opèrent dans le monde

entier.

Du fait du principe de dispersion, la réassurance est forcément internationale. Les techniques de
réassurance sont spécifiques (le métier de réassureur est un métier de spécialistes.) et elles
impliquent des relations de confiance et à long terme entre un assureur et ses réassureurs.

La Coassurance

Historiquement, c'est la première technique utilisée par les assureurs pour partager les risques et
donc les niveler : un même risque est réparti horizontalement, chaque assureur n'étant engagé que
pour la fraction de risque qu'il a accepté. Contrairement à la coassurance, la réassurance présente
l'avantage de partager le risque sans partager le client, puisque, à juste titre, un assureur n'aime pas
que son assuré puisse être en relation avec ses concurrents.

Beaucoup de grands risques Incendie, Aviation, Corps Maritimes, sont couverts par le biais de la
coassurance, chacun des coassureurs étant lui-même réassuré par ailleurs.

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La coassurance est utile, mais reste limitée : la capacité est souvent insuffisante et, de plus, il est
nécessaire de trouver un bon apériteur. Cet apériteur, chargé de la tarification et de la gestion du
risque, doit en conserver pour son propre compte une part significative, afin de se comporter en
assureur responsable.

La coassurance pose des problèmes particuliers au réassureur : en effet, lorsqu'un sinistre frappe un
risque placé en coassurance, il peut affecter simultanément les traités de plusieurs cédantes. Il existe
donc un danger de cumul, difficile à déceler, et contre lequel le réassureur doit lui-même se prémunir.

La Marge de Solvabilité

Toutes les législations imposent un capital social minimum aux sociétés d'assurances. Mais, de plus
en plus, les législateurs imposent aux compagnies de proportionner leurs fonds propres à leur volume
d'activité.

Il existe deux méthodes pour calculer la marge de solvabilité : l'une basée sur les primes, et l'autre sur
les sinistres. Les normes européennes sont les suivantes :
- Fonds propres / primes nettes : minimum 16%,
- Fonds propres / sinistres nets : minimum 23%.

La marge de solvabilité est calculée sur les agrégats primes et sinistres nets de réassurance ; par
conséquent, les assureurs faiblement capitalisés feront davantage appel à la réassurance, afin de
satisfaire aux normes de solvabilité, tout en maintenant leur chiffre d'affaires brut.

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LES DIFFERENTES FORMES DE REASSURANCE

Deux Formes Juridiques

En terme juridique, il existe deux types de réassurance :
- Facultative : l'assureur n'est pas obligé de céder, et le réassureur n'est pas obligé d'accepter. La
réassurance facultative se fait risque par risque ;
- Obligatoire : l'assureur est obligé de céder et le réassureur est obligé d'accepter. La réassurance
obligatoire se fait sur un groupe de risques, ou sur la totalité d'un portefeuille, selon des modalités
définies dans un contrat appelé « traité de réassurance »

=> LA FACULTATIVE :

La réassurance facultative s'effectue au moyen d'une proposition décrivant précisément chaque
risque, que la cédante soumet à différents réassureurs, lesquels sont libres d'accepter ou de refuser.
La réponse doit être donnée dans les plus brefs délais (généralement moins de 48 heures) et le
réassureur s'accorde avec la cédante sur les conditions de la police : taux de prime, franchise
originale, limite contractuelle d'indemnité (LCI), commission etc...

Cette forme de réassurance est la plus ancienne. Elle est utilisée dans de nombreuses branches,
dans les cas où :

- Les capacités automatiques excluent ce risque ou sont saturées ;
- Le portefeuille est petit et ne peut pas donner de matière suffisante pour un véritable traité de
réassurance ;
- La taille du risque et/ou sa nature justifient d'une approche individuelle.

La réassurance facultative permet à l'assureur :

- D'obtenir une capacité plus grande,
- De recevoir une assistance technique du réassureur, qui, très souvent, se charge d'inspecter le
risque, voire de le tarifer.

Mais elle suppose :

- Une gestion affaire par affaire, avec un dossier parfaitement documenté et un « slip » (note de
caractéristiques) aussi détaillé que possible ;
- Un placement auprès de différents réassureurs, qui est parfois long et difficile ; si à la fin ce
placement n'est pas effectué à 100%, l'assureur ne pourra pas réaliser l'affaire.

=> L'OBLIGATOIRE :

L'assureur s'engage à céder une part déterminée de tous ses risques dans une branche clairement
définie, et selon des conditions pré-établies, et le réassureur s'oblige à accepter une part de tous les
risques qui entrent dans ce cadre.

Remarque : il existe une forme de réassurance facultative / obligatoire (FACOB), dans laquelle
l'assureur a la possibilité de céder ou non, mais le réassureur a obligation d'accepter tout ce qui lui est
cédé, selon des conditions définies au préalable.

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Deux Formes Techniques

En terme technique, la réassurance se fait de deux façons :

• Proportionnelle ;
• Non proportionnelle.

=> REASSURANCE PROPORTIONNELLE :

Tous les éléments du risque (capital, prime et sinistre) sont partagés proportionnellement entre
l'assureur et le réassureur : l'assureur cède au réassureur x% d'un risque, il lui donne x% de la prime
originale et si un sinistre survient, le réassureur prendra à sa charge x% de ce sinistre, quel qu'en soit
le montant.

Il existe deux formes techniques de réassurance proportionnelle : la quote-part et l'excédent de
plein.

=> REASSURANCE NON PROPORTIONNELLE :

Le réassureur s'engage à payer à l'assureur un certain montant, à condition qu'une probabilité (un
sinistre, une perte, une catastrophe ...) se réalise. En contrepartie, le réassureur reçoit une prime,
qu'il calcule de façon à compenser le risque qu'il accepte. La prime que reçoit le réassureur et les
sinistres qu'il s'engage à indemniser ne sont plus du tout calculés comme une proportion des primes
et des sinistres originaux ; c'est pourquoi cette forme de réassurance est dite non proportionnelle.

Contrairement à la réassurance proportionnelle qui est basée sur un partage des conditions
originales entre l'assureur et le réassureur, en réassurance non proportionnelle le réassureur évalue
son risque et le tarifie indépendamment des conditions originales.

Il existe deux formes techniques de réassurance non proportionnelle : l'excédent de sinistre et
l'excédent de perte.

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LA REASSURANCE PROPORTIONNELLE

La Quote-Part

C'est la forme de réassurance la plus simple : l'assureur cède au réassureur un pourcentage constant
des risques qu'il souscrit. Le réassureur prendra à sa charge le même pourcentage de tous les
sinistres qui surviennent, et reçoit, pour prix de ce service, exactement le même pourcentage des
primes originales.

Exemple :

Capacité : 1 000 000
Rétention (ou conservation) : 40%
Cession en réassurance : 60%

L'assureur conserve sur chaque risque un pourcentage constant ; par conséquent, sa rétention est
variable en montant.

Exemple :

Risque A : capital assuré 1 000 000

Risque B : capital assuré 500 000

Conservation 40% = 400 000

Conservation 40% = 200 000

Cession 60% = 600 000

Cession 60% = 300 000

Risques C, D, E etc....

Schéma d'une quote part 40 / 60

0

100

200

300

400

500

600

700

risque A

risque B

risque C

risque D

risque E

sommes assurées

rétention

cession

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13

Cette répartition assureur / réassureur en pourcentage est contractuelle, et s'applique à l'identique sur
les primes et sur les sinistres.

Exemple :

Risque A : sinistre 800 000

Risque B : sinistre 250 000

Sinistre conservé 40% = 320 000

Sinistre conservé 40% = 100 000

Sinistre réassuré 60% = 480 000

Sinistre réassuré 60% = 150 000

Un traité en quote-part présente pour l'assureur l'avantage d'être très simple à gérer, mais en cédant
beaucoup de primes. En effet, l'assureur cède au réassureur une grosse partie de son portefeuille, y
compris de petits risques qu'il pourrait fort bien garder pour son propre compte.

De plus, même si la quote-part réduit l'engagement de l'assureur, elle ne permet aucun nivellement
des risques, et un mauvais résultat réassuré en quote-part restera toujours un mauvais résultat.

C'est pourquoi ce mode de réassurance tend à disparaître, mais dans certains cas une réassurance
en quote-part peut néanmoins se justifier :

- Pour une compagnie qui démarre ses activités et qui veut simplifier sa gestion, ou qui commence
à souscrire dans une nouvelle branche, car elle ne connaît pas la façon dont le portefeuille va se
comporter, en terme de taille de risque et de sinistralité ;

- En cas de faiblesse des fonds propres, pour respecter la marge de solvabilité définie par la
réglementation ;

- Pour servir de réciprocité dans le cas où deux compagnies décident de s'échanger leurs cessions
en réassurance, afin de diversifier leurs expositions.

La part que l'assureur conserve pour son propre compte doit être significative (au moins 5%), sinon il
s'agit d'un simple "fronting" (un assureur servant de façade légale à un autre assureur, voire à un
réassureur) et non plus d'une véritable cession en réassurance. Plus la rétention est élevée et plus
l'assureur montre qu'il a confiance dans le risque qu'il a souscrit et plus le réassureur sera enclin à lui
apporter son soutien, en sachant que le partage du sort sur ce risque sera équitable.

La rétention à l'intérieur de la quote-part peut être protégée par un excédent de sinistre ; ce cas sera
étudié dans la partie "Réassurance non proportionnelle".

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L’Excédent de Plein

L'assureur conserve sur chaque risque un montant identique, appelé plein de conservation, et cède au
réassureur, sur chaque risque, la partie qui dépasse ce plein. Du fait que le plein de conservation est
un montant fixe, les pourcentages de rétention et de cession doivent être calculé pour chaque risque.
Une fois que cette répartition en pourcentage a été calculée, elle reste constante pendant toute la
durée de réassurance du risque, tant que la police originale ne subit aucune variation. En cas de
sinistre, le réassureur prendra à sa charge la portion déterminée par son pourcentage de cession.

Exemple :

Plein de conservation : 100 000
Traité de réassurance : 8 pleins, donc capacité du traité : 800 000
Le plein de souscription est donc de 900 000

Exemple :

Risque A : capital assuré 250 000

Risque B : capital assuré 500 000

Conservation 1 plein = 100 000 / 250 000 = 40%

Conservation 100 000 / 500 000 = 20%

Cession = 150 000 / 250 000 = 60%

Cession = 400 000 / 500 000 = 80%

Risque C : capital assuré 750 000

Risque D : capital assuré 1 000 000 (*)

Conservation 100 000 / 750 000 = 13,33%

Conservation 100 000 / 1 000 000 = 10%

Cession 650 000 / 750 000 = 86,67%

Cession maxi 8 pleins = 800 000 = 80%

(*) Les capitaux assurés étant supérieurs à la capacité de l'excédent, l'assureur a deux possibilités :

-

Soit il reprend à sa charge les 100 000 qui restent, et sa conservation atteint 200 000, ce qui n'est guère raisonnable
puisqu'il a lui-même déterminé qu'il ne pouvait pas s'engager au-delà de 100 000

-

Soit il cherche à placer en facultative les 100 000 restants.

Schéma d'un excédent de plein

0

100

200

300

400

500

600

700

800

risque A

risque B

risque C

risque D

sommes assurées

rétention

cession

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C'est ce pourcentage de cession, calculé sur les capitaux assurés au moment où se fait l'application
de réassurance, qui déterminera la part du réassureur lorsqu'un sinistre surviendra.

Exemple :

Risque A : sinistre 200 000

Risque B : sinistre 250 000

Conservation 40% = 80 000

Conservation 20% = 50 000

Cession 60% = 120 000

Cession 80% = 200 000

Risque C : sinistre total 750 000

Risque D : sinistre 500 000 (*)

Conservation 13,33% = 100 000

Conservation 10% = 50 000

Cession 86,67% = 650 000

Cession 80% = 400 000

(*) Même remarque que précédemment : l'assureur a dû décider, au moment d'appliquer la réassurance, soit de garder les 10%
dans sa conservation, soit de les placer en facultative, auquel cas les 50 000 restants seront pris en charge par les réassureurs
de la facultative, selon leurs parts respectives.

La part du réassureur est exprimée en nombres de pleins, ou en pourcentage.

Exemple :

Plein de conservation : 100 000 par risque
Traité de réassurance : 20 pleins

Parts des réassureurs :
Réassureur A : 5 pleins, soit 5/20 = 25%
Réassureur B : 2 pleins, soit 2/20 = 10%
Réassureur C : 0,5 plein, soit 0,5/20 = 2,5% etc

L'assureur peut décider de faire varier son plein en fonction de la nature du risque et, dans ce cas, les
pleins sont inversement proportionnels à la probabilité de réalisation du risque. Dans ce cas, le
tableau de pleins fait partie intégrante du traité de réassurance et la capacité de l'excédent,
déterminée en nombre de pleins, varie elle aussi selon la catégorie de risque.

Exemple d'un tableau de plein :

Risque simple

: 1 000 000
Risque commercial : 700 000
Risque industriel 1ère

catégorie 500 000

Risque industriel 2ème

catégorie 300 000 etc.

L'assureur peut également décider de souscrire tous ses risques sur la base d'un plein unique, en
sachant que le taux applicable à chaque risque est calculé selon son degré d'exposition.

L'excédent de plein fonctionne avec des risques exprimés en sommes assurées ou en SMP1

: il ne

peut pas s'appliquer lorsque la garantie est illimitée (cas de la RC, par exemple).

1

Sinistre Maximum Possible (Maximum Foreseeable Loss, MFL) : estimation du dommage matériel le plus important pouvant
résulter d'un seul événement garanti touchant le bien assuré, et qui est faite selon les pires hypothèses de sinistre (Worst Case
Loss Scénario). Cette définition suppose que tous les systèmes de détection et de protection, fixes ou mobiles, y compris les
moyens de lutte externe, sont inopérants. Il est préférable de bannir les abréviations PML (Probable Maximum Loss) et EML
(Estimated Maximum Loss) qui sont basées sur des hypothèses optimistes.

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16

Pour l'assureur, l'excédent de plein présente de nombreux avantages : nivellement du portefeuille,
conservation homogène, capacité, aliment conservé puisque beaucoup de petits et moyens risques
sont conservés. La gestion se fait risque par risque, au moyen d'un bordereau de cession dont la
périodicité est fixée dans les conditions du traité.

Mais pour le réassureur, l'excédent de plein présente un inconvénient majeur : la différence de
résultats entre la partie conservée et la partie réassurée, essentiellement constituée par les pointes
des risques, et donc déséquilibrée.

S'il souscrit fréquemment des risques supérieurs à la capacité de son 1er

excédent de plein, l'assureur

aura intérêt à négocier avec ses réassureurs un 2ème

excédent, parce que la gestion des facultatives

est très lourde.

Un traité Facob (ou Open Cover - facultatif pour la cédante, obligatoire pour le réassureur) peut être
mis en place lorsque les capacités des excédents sont insuffisantes. Sa limite est fixée par un accord
préalable entre l'assureur et le réassureur, soit en capitaux, soit en SMP. Une fois fixé, le traité
fonctionne comme un excédent de plein.

Le plein de conservation lui-même est souvent protégé par un excédent de sinistre ; ce cas sera
étudié dans la partie "Réassurance non proportionnelle".

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17

Le Plein de Conservation et le Plein de Souscription

Le plein de conservation ou plein de rétention est le montant maximum que l'assureur décide de
conserver à sa charge sur chaque risque qu'il souscrit, sans mettre en péril ni sa trésorerie ni son
patrimoine.

Une fois que l'assureur a fixé son plein de conservation, il doit déterminer de quelle capacité il a
besoin pour pouvoir souscrire. Le plein de souscription sera la somme de son plein de rétention et des
capacités qu'il a pu obtenir en réassurance ; c'est donc le montant maximum sur lequel il peut
s'engager vis à vis de son client assuré.

La détermination du plein de conservation relève d'une décision stratégique, qui est fonction :

- Du niveau des fonds propres : il est d'autant plus important que la compagnie est plus riche ;
- De la composition du portefeuille : il varie selon les branches ;
- De la répartition des capitaux assurés : plus l'éventail des sommes assurées est large, plus le
nombre de risques qui devront être réassurés sera important ;
- De la probabilité de sinistre : le plein est d'autant plus bas que la probabilité de sinistre est plus

élevée ;
- Des marges de sécurité sur les tarifs ;
- De la politique commerciale menée par la compagnie d'assurance ;
- De la législation locale ;
- Et enfin, last but not least, du marché international et des conditions imposées par les
réassureurs.

Aucune formule actuarielle n'est capable de modéliser un plein de conservation, mais, à titre indicatif,
nous pouvons observer qu'il peut varier de :

- 0,5% à 5% des fonds propres,
- 0,2% à 2% des primes brutes de la branche,
- 1‰

à 6‰ de l'encaissement toutes branches.

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18

Les Caractéristiques de la Réassurance Proportionnelle

La commission de réassurance :

C'est la participation du réassureur aux frais de l'assureur, puisque celui-ci a dû rémunérer l'agent ou
le courtier qui lui a apporté l'affaire. Cette commission correspond aux frais réellement engagés par
l'assureur. Dans les traités Vie, la commission peut être supérieure à la prime, car le réassureur
accepte de financer une partie des charges de production pendant les premières années, pour la
récupérer ensuite.

Cette commission varie en fonction :
De la branche couverte ;
Du type de traité : plus le traité est déséquilibré2

, plus la commission de réassurance aura

tendance à diminuer ;
Du marché : les frais de gestion changent d'un pays à l'autre, selon le niveau de vie ;
Des résultats du traité : si les résultats sont favorables, la cédante voudra augmenter le taux
de commission. A l'inverse, si le traité est en perte, le réassureur cherchera à diminuer cette
commission, ce qui donne lieu à de longues négociations.

En réalité, la commission de réassurance tend à devenir le prix que le réassureur est prêt à payer
pour participer à un traité, en intégrant des notions comme l'exposition catastrophe et la rentabilité
attendue.
La commission de réassurance peut être fixe ou à échelle, avec un maximum et un minimum, en
fonction de la sinistralité. Dans tous les cas, elle est toujours définie dans le contrat de réassurance.

Exemple de commission à échelle :

Commission maximum 38% et minimum 30%, pour une sinistralité variant de 46% à 60% :

Sinistralité S/P en %

Commission %

supérieure à 60
de 58,1 à 60
de 56,1 à 58
de 54,1 à 56
de 52,1 à 54
de 50,1 à 52
de 48,1 à 50
de 46,1 à 48
inférieure à 46

30
31
32
33
34
35
36
37
38

Avec S = sinistres payés et en suspens pour un exercice donné.
et P = primes acquises pour le même exercice.

• La participation bénéficiaire :

Dans les traités en quote-part assortis d'une commission fixe, on prévoit souvent qu'en cas de résultat
bénéficiaire, le réassureur devra ristourner à l'assureur une partie de ce bénéfice, diminuée de ses
frais généraux. Pour être équitable, cette participation bénéficiaire doit être assortie d'une clause de
report de pertes des années antérieures, parfois limitée à 3 ou 5 ans, mais de préférence jusqu'à
extinction.

2

On appelle « équilibre » d'un traité le rapport aliment/engagement. Ce rapport sera toujours plus élevé sur une quote-part
(parfois même supérieur à 1 !) que sur un 1er

excédent de plein, et a fortiori que sur un 2éme

excédent de plein.

Publication Campus

19

En principe, on n'ajoute pas de participation bénéficiaire à une commission à échelle, puisqu'elle
prend déjà en compte la sinistralité du traité.

Exemple de participation bénéficiaire :

Commission 40%; participation bénéficiaire 20% ; frais généraux pour le réassureur 5%, pour une
prime de 100 et une sinistralité de 50 :

Primes

100

Commissions

40

Sinistres payés + réservés

50

Frais généraux du réassureur

5

Bénéfice brut

5

Report de pertes

Participation bénéficiaire

1

Bénéfice net technique

9

• Les provisions techniques :

o La provision pour primes non acquises (PNA), ou risques en cours (REC)3

:

Dans la plupart des compagnies d'assurance, les contrats sont souscrits tout au long de l'année, et
leurs durées ne coïncident pas avec les dates d'ouverture ou de clôture de l'exercice social, si bien
qu'une partie des primes émises au cours d'une année correspond à des risques qui seront courus
durant l'année suivante. Cette portion des primes n'est donc pas acquise à l'exercice, mais doit être
transférée en recette à l'exercice suivant, et donc provisionnée au bilan. L'informatique permet de
calculer exactement la part de prime non acquise par la méthode de calcul au 365ème

, c'est à dire en

multipliant cette prime par le nombre de jours restant à couvrir, divisé par 365.

Il existe également des méthodes de calculs forfaitaires qui ne prennent pas le jour comme période de
base, mais le mois (la méthode d'approximation au 24ème

, avec 12 mois x 2) ou le trimestre (la

méthode d'approximation au 8ème,

avec 4 trimestres x 2).

Pour pouvoir déterminer les engagements du réassureur à la fin d'un exercice N, et établir le compte
de réassurance pour ce même exercice, il convient de déterminer la portion de prime cédée au traité
de réassurance pendant cette année N qui rétribuera le maintien de la garantie pendant l'année N+1
suivant la date d'échéance de la police. Si on admet que les différentes polices réassurées sont
réparties tout au long de l'année, logiquement la moitié des primes cédées devrait être provisionnée
en fin d'année, en retirant la commission de réassurance qui a déjà été payée à la cédante. La
formule serait la suivante : (Primes - Commissions) / 2, mais dans la grande majorité des cas, le traité
prévoit un taux forfaitaire, entre 35% et 40% suivant les marchés.

Les primes acquises se résument donc comme suit : PNA ou REC en début d'exercice + primes
cédées au titre de l'exercice - PNA ou REC en fin d'exercice.

Remarque : certaines sociétés d'assurances, par obligation statutaire ou par décision de Direction,
émettent tous leurs contrats d'assurance de façon à ce qu'ils arrivent à échéance à la date de clôture
de l'exercice social, le plus souvent le 31 Décembre. Les contrats sont ensuite ré-émis pour un an à
compter du 1er

Janvier. Ces sociétés n'ont donc pas à constituer de provisions pour primes non

acquises.

3

Certaines compagnies pratiquent une distinction entre PNA et REC : en appliquant au montant de PNA d'un exercice la même
sinistralité (supérieure à 100%) que celle enregistrée sur les primes acquises de cet exercice, on obtient la REC.

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20

o La provision pour sinistres à payer ou sinistres en suspens (SAP) :

De même, il convient de calculer en fin d'exercice la masse des sinistres intervenus qui sont à la
charge du réassureur, mais qui ne lui ont pas encore été débités, puisque l'assureur lui-même ne les a
pas encore réglés.
L'évaluation des sinistres connus n'est pas toujours facile (par exemple : perte d'exploitation après
incendie, ou RC avec des corporels graves). Quant aux sinistres inconnus, déjà survenus mais pas
encore déclarés (Incurred But Not Reported, ou IBNR), ils sont estimés à partir des statistiques de la
branche concernée.
Les sinistres de compétence se résument donc comme suit : SAP en fin d'exercice (N -1) + sinistres
payés durant l'exercice - SAP en fin d'exercice N.

o Le dépôt des provisions par le réassureur :

Dans les comptabilités d'assurance inspirées du modèle français (par opposition au modèle anglo-
saxon), la cédante doit représenter ses engagements dans son bilan au brut de la réassurance. La
solvabilité de la cédante est donc liée à la capacité du réassureur à faire face à ses engagements,
capacité sur laquelle il ne serait pas admis d'avoir le moindre doute. Afin de disposer des actifs
nécessaires, les cédantes demandent à leurs réassureurs de déposer leurs parts des provisions
techniques, soit en espèces (rémunérées selon un intérêt fixé au traité), soit en titres.

Les mouvements de portefeuille :

o Portefeuille primes :

Nous avons vu que la période de validité du traité de réassurance et celle des polices originales
réassurées dans ce traité ne coïncident pas, ce qui nous amène à répartir la prime émise entre prime
acquise et prime non acquise. Cette distinction est cruciale puisque d'une année sur l'autre la liste des
réassureurs participant à un traité connaît des changements (résiliations, modifications de parts,
nouveaux entrants).

La méthode des entrées et sorties de portefeuille primes permet au réassureur de l'année N de
recevoir les primes acquises au cours de cette année N :
- A l'ouverture de l'exercice N, le réassureur reçoit sous forme d'entrée de portefeuille primes la
portion de prime non acquise de l'exercice (N-1).
- On détermine en fin d'exercice N, selon la date d'émission ou de renouvellement de chaque police
réassurée, la portion des Primes Non Acquises (PNA) au 31 Décembre N, ou la provision pour
Risques en Cours (REC).
- En fin d'exercice N, le réassureur de l'année N sera débité d'une sortie de portefeuille primes,
tandis que le réassureur de l'année N+1 (le même ou un autre) sera crédité de la somme
correspondante, qui sera alors dénommée entrée de portefeuille de l'exercice N+1. Et ainsi de
suite, chaque année.

o Portefeuille sinistres :

De même que pour les primes, le portefeuille des sinistres restant à payer (SAP) à la fin de l'exercice
(N -1) est crédité au réassureur de N qui, à son tour, sera débité d'une sortie de portefeuille sinistres à
la fin de l'exercice N. De cette façon, le réassureur prend à sa charge tous les sinistres payés par
l'assureur au cours de l'année N, pour autant qu'il ait reçu l'entrée de portefeuille sinistres
correspondante. A l'inverse, après la sortie de portefeuille sinistres, il ne sera plus redevable d'aucun
paiement de sinistre au titre de l'exercice N.

La moindre variation dans l'évaluation des sinistres d'une année sur l'autre ayant une répercussion sur
la réserve pour sinistres en suspens, cette méthode comptable d'entrée / sortie de portefeuilles ne
peut s'appliquer que dans les branches à déroulement court, telles que l'Incendie ou l'Accident. Elle
ne peut donc pas être appliquée dans les branches à déroulement long, telle que la Responsabilité
Civile, en raison de l'incertitude sur le coût final d'un sinistre corporel grave ou d'un sinistre latent ou
sériel, ni dans les traités de rétrocession, où il est fréquent que les sinistres mettent plusieurs années
à se révéler.

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21

LA REASSURANCE NON PROPORTIONNELLE

En réassurance non proportionnelle, le réassureur prend à sa charge :
- Soit tout sinistre au-delà d'un certain montant : c'est ce qu'on appelle un excédent de sinistre,
par risque et/ou par événement.
- Soit le montant annuel global des sinistres, au-delà d'un certain pourcentage ou d'un certain
montant : on parle alors d'excédent de perte annuelle, ou Stop Loss.

La notation la plus couramment utilisée pour ces deux types de traités non proportionnels (Excédent
de sinistre ou Stop Loss) est :

Portée XS priorité

Avec les définitions suivantes :
Priorité : borne inférieure au-delà de laquelle le réassureur intervient.
Portée : étendue de l'engagement du réassureur.
Plafond : priorité + portée.

Sinistres

Plafond

Portée

Priorité

Dès que le sinistre ou l'événement excède la priorité, le réassureur prend en charge le montant qui
dépasse, mais sa prise en charge ne peut pas être supérieure à la portée.

Il est fréquent que le besoin de couverture soit trop important pour faire l'objet d'un seul traité ; la
couverture est alors découpée en plusieurs tranches (en anglais, "layer"). Chaque tranche donne lieu
à un traité distinct, et, dans le cas où le sinistre ou l'événement se produit, les réassureurs des
différentes tranches paient leurs parts respectives selon les différentes limites.

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22

L’Excédent de Sinistre par Risque ou par Evénement (XL)

L'assureur détermine le montant maximum qu'il peut conserver sur un seul sinistre pour une branche
donnée, et le réassureur prend en charge l'excédent de ce sinistre (en anglais Excess of Loss, abrégé
en XS ou XL).

L'XL présente de nombreux avantages pour l'assureur :
- Diminution considérable des frais généraux,
- Révision annuelle du taux de prime et de la priorité,
- Protection efficace en cas de sinistre majeur.

Par contre, le réassureur de l'XL est confronté à deux difficultés :
- il doit disposer de statistiques fiables pour pouvoir coter une telle couverture ;
- la prime qu'il reçoit est très faible comparé à son engagement en cas de sinistre.

Excédent de sinistre par risque :

Le réassureur s'engage à payer un montant inférieur ou égal à la portée à chaque fois qu'une police
est sinistrée pour un montant supérieur à la priorité. Ce type d'XL est utilisé pour donner de la
capacité ou pour limiter son exposition par risque.

Schéma d'un traité Xl
en plusieurs tranches

0

250

500

750

1000

600

200

550

900

Sinistres

non compensé

Charge réassueur

Charge assureur

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23

Excédent de sinistre par événement :

L'événement qui constitue le sinistre n'est plus limité à une police mais à un ensemble de polices
appartenant à une même branche et sinistrées par une seule et même cause.

L'événement est défini contractuellement :
․ Dans sa nature : tempête, tremblement de terre, inondation, feu de forêt etc...
․ Dans l'espace : la zone géographique où se produit l'événement couvert est bien précisée
․ Dans le temps : on définit la durée maximale pendant laquelle les dommages imputables à une
même cause sont pris en compte dans l'événement. Si une même cause provoque des
dommages pendant une durée supérieure à celle stipulée dans le traité (par exemple, 72 heures
consécutives), on considère qu'il s'agit de deux événements.

L'XL par événement peut être utilisé en complément d'un XL par risque, lorsque l'assureur veut être
certain, en cas de cumul, de ne pas payer plus d'une fois la priorité si jamais deux ou plusieurs polices
de son portefeuille venaient à être touchées par un seul et même événement.

Notions « Working » et « Cat » :

Un Working XL ou Working Layer est une tranche "travaillante", c'est à dire une tranche basse qui
est fréquemment touchée parce que sa priorité est peu élevée (cas classique des XL Auto).

Un Cat XL ou Cat Layer est une couverture Catastrophe : contrairement à la Working Layer, la Cat
Layer est une tranche haute, qui n'est pas "travaillante". Très souvent, il s'agit d'un XL par événement
assorti d'une clause "Two Risks Warranty" (un sinistre affectant une seule police ne peut pas faire
jouer le traité ; il faut au minimum que deux polices soient impliquées dans un même sinistre) et sert à
protéger l'assureur contre les cumuls inconnus.

NB : Dans la plupart des cas, un Working Layer est un XL par risque, tandis qu'un Cat Layer est un XL
par événement, mais il ne faut pas confondre ces notions : le fait de fonctionner par risque ou bien par
événement est une définition juridique ; le fait d'être une tranche « travaillante » ou « non travaillante »
est une constatation technique.

Sinistres

0

250

500

750

500

200

350

TRACNHE CAT

TRANCHE WORKING

Priorité

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24

Un traité XL protège soit les affaires souscrites par la cédante (XL sur souscription), soit sa
conservation dans un trait proportionnel (XL sur rétention).

Dans certains cas, plus rares, le traité XL peut protéger ensemble la cédante et les réassurances d’un
traité proportionnel : c’est ce qu’on appelle la Réassurance Pour Compte Commun (RPCC – en
anglais ROJA, Reinsurance on Joint Account).

Xl sur rétention

Réassurance pour compte commun (RPCC)

40%
QP

Réassureurs

40%

QP

Réassureurs

4ème

tranche

4ème

tranche

3ème

tranche

3ème

tranche

2ème

tranche

2ème

tranche

1ère

tranche

1ère

tranche

60%
rétention
nette

Assureur

Priorité

60%
rétention
nette

Assureur

Priorité

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25

L’Excédent de Perte Annuelle (Stop Loss)

L'assureur cherche à se protéger, en considérant les montants de sinistres, non plus individuellement
sur un risque ou sur un événement, mais au total sur une période donnée.

La priorité d'un Stop Loss est définie comme la sinistralité annuelle que l'assureur conserve à sa
charge, le réassureur intervenant au-delà. Les limites sont généralement exprimées en pourcentage
du rapport sinistres / primes, mais on peut également trouver une double limitation :

- En pourcentage sinistres totaux / primes acquises,
- En montants en valeur absolue.
Ce qui permet de maintenir les limites en cas de baisse anormale ou au contraire de croissance
imprévue de l'encaissement de l'assureur.

Ce type de traité est recherché dans les branches où la sinistralité haute est due à un grand nombre
de petits sinistres (grêle, maladie...) ou encore dans le cas d'une branche à développement très
rapide, où le réassureur intervient pour financer les écarts qui peuvent être d'autant plus importants
que le portefeuille est encore très petit. Comme pour l'XL, il existe des Stop Loss sur conservation et
des Stop Loss sur souscription.

Le réassureur doit apprécier exactement les raisons pour lesquelles la cédante choisit de se protéger
par un Stop Loss : il n'est pas question de couvrir des résultats qui se dégradent, ni un portefeuille
systématiquement en perte.

Dans tous les cas, le risque de perte ne doit pas être supporté en totalité par le réassureur ; il faut que
la cédante elle-même assume une partie de la perte dans la branche protégée par le Stop Loss. C'est
pourquoi, afin de "moraliser" la couverture, les priorités ne doivent pas être inférieures à 100% des
primes acquises (90% s'il existe une taxe de 10% sur les primes, par exemple).

Schéma d’un Stop Loss

Stip Loss : 50% xs 100%

Portée = 50% des primes annuelles de la
branche protégée

Priorité = 100% des primes annuelles de la
branche protégée

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26

La Prime De Réassurance D’un Traité Non Proportionnel

Contrairement à ce qui se passe dans un traité proportionnel, la prime de réassurance d'un traité non
proportionnel est déterminée par le réassureur, plus exactement par ses actuaires, qui la calculent à
partir de différents modèles mathématiques appliqués aux statistiques de la cédante et/ou du marché
pour une branche donnée.

La prime de réassurance non proportionnelle est déterminée par un taux en multiplié par une
assiette, définie comme la prime originale de la partie du portefeuille qui est protégée par ce non-
proportionnel. Ce taux est un taux commercial, c'est à dire qu'il a été majoré de divers chargements
de gestion, et peut se décomposer de la façon suivante :
․ Taux de prime pure : modélisation actuarielle de la charge moyenne des sinistres,
․ + chargement de gestion, destiné à couvrir les frais de gestion du réassureur.

Exemple :

Avec un taux de 2,25% et une assiette de 120 millions, la prime de réassurance sera :
120 millions * 2,25% = 2,7 millions.

L'assiette de prime :

Cette assiette étant définie sur des primes originales, il faudra préciser s'il s'agit des primes acquises
ou émises. Egalement, le traité non proportionnel peut protéger la rétention de la cédante, ou la
totalité d'un portefeuille qu'elle souscrit, ou encore être pour compte commun ; il faudra donc toujours
préciser si l'assiette est sur 100% des primes ou uniquement sur le pourcentage conservé.

Le taux de prime :
․ II peut être exprimé de deux manières : fixe, ou variable selon la sinistralité.

Taux fixe :
La compagnie paie au réassureur un pourcentage fixe de l'assiette de prime, telle qu'elle est définie
dans le traité. Ce taux est re-négocié chaque année.

Taux variable :
Le but est d'ajuster le coût de la protection non proportionnelle en faisant varier le taux de prime en
fonction des résultats. Ce taux variable est défini avec un minimum et un maximum, avec application
d'un chargement sous forme de coefficient multiplicatif ( par ex : 100/70 ; 100/75 ; 100/80).

Schéma de fonctionnement :
․ On calcule pour l'exercice le rapport charge de sinistres / assiette ;
․ On applique le chargement, c'est à dire qu'on multiplie par 100/70 ou 100/75 ou 100/80 ;
․ On compare le taux ainsi obtenu aux bornes du taux variable :
Si c'est inférieur : on applique ce minimum,
Si c'est compris entre le minimum et le maximum : on applique ce taux exactement,
Si c'est supérieur : on applique le taux maximum.

Seuls les sinistres et les primes d'un même exercice sont pris en considération pour calculer
l'ajustement annuel, les exercices successifs étant indépendants les uns des autres.

Exemple :

Taux variable de 2% à 5%, avec un chargement au 100/80.

Année

Charge de sinistres / assiette

Taux chargé

Taux

appliqué

1995

1,25%

1,56%

2,00%

1996

6,00%

7,50%

5,00%

1997

2,50%

3,13%

3,13%

1998

3,33%

4,16%

4,16%

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27

Prime forfaitaire :

La prime d'un traité non proportionnel peut également être forfaitaire, mais ce cas est relativement
rare.

Application aux différents traités :

Excédent de sinistre par risque : pour ce type de traité, il est rare que la prime soit forfaitaire;
elle est généralement à taux fixe ou à taux variable.

Excédent de sinistre par événement : un XL par événement étant par nature une couverture
déséquilibrée, le principe d'une prime à taux variable doit être éliminé. Le taux est donc fixe, ou
bien la prime est forfaitaire parce qu'elle est très faible, parce que l'assiette elle-même est très
petite, ou encore parce qu'elle est très difficile à estimer (par ex : branche nouvelle).

Excédent de perte annuelle : la prime est généralement à taux fixe, mais on rencontre des taux
variables annuels, voire même variables inverses pluriannuels.

Prime minimum et de dépôt (en anglais : minimum and deposit premium, ou mindep) :

Pour éviter que les réassureurs ne perçoivent que tardivement la prime qui leur est due, les traités
prévoient le paiement par l'assureur d'une prime provisionnelle, en général équivalente à 80% de la
prime définitive estimée.

Cette prime est :

․ Provisoire : elle sera ajustée en fin d'année, lorsque l'assiette sera connue ;

․ Minimum : pour protéger le réassureur contre une sous-tarification brutale des polices de
l'assureur, ou la non-réalisation de ses objectifs commerciaux ;
․ Fractionnée : son paiement s'effectue en avance, par moitié ou par quart. Lorsque le taux est
variable, elle est calculée sur 100% du taux minimum.

Remarques :

- La réassurance non proportionnelle ne se faisant pas à la prime originale, il n'y a pas de
commission de réassurance.

- A l'exception de quelques XL qui fonctionnent par exercice de souscription (Risk Attaching) dans
les branches Transports ou TRC, les traités non proportionnels fonctionnent par exercice de
survenance (Loss Occurring) ; leur prime est calculée pour 12 mois, sans notion de prime acquise
ou non acquise ; par conséquent, il ne peut pas y avoir de dépôt de prime dans les comptes.

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