DES ÉCHOS DE L’ŒUVRE MIRBELLIENNE

DANS LES ROMANS DE
ANTONIO DE HOYOS Y VINENT
Dans un pays submergé par une crise d’identité nationale s’essayant à trouver des
issues à des conflits provoqués par la désintégration du territoire, les guerres coloniales et le
retard séculaire de la culture en Espagne, et donc axé sur des questions internes, le
mouvement décadent ne trouva pas en Espagne l’écho qu’il eut dans d’autres pays européens.
Il est toutefois incontestable que certaines individualités, plus tournées vers l’extérieur, se sont
éloignées – du moins en ce qui concerne une grande partie de leur production littéraire – du
débat strictement idéologique et tentèrent d’ouvrir de nouvelles voies narratives, moins
focalisées sur les problèmes nationaux. C’est le cas, par exemple d’Isaac Muñoz (1881-1925),
qui ouvrit la littérature vers l’orientalisme et l’exotisme du Nord de l’Afrique, et surtout de
Antonio de Hoyos y Vinent (1884-1940), actuellement considéré comme le plus haut
représentant du décadentisme espagnol, dont l’univers littéraire constitue, tel que le définissait
José Francés à l’époque, « un monde hétéroclite et polychrome où, par le même feu
concupiscent, sont fondus les aristocrates et les plébéiens, les têtes couronnées et ceux qui se
traînent en haillons1 ».
Tombée dans les oubliettes de l’histoire littéraire2, son œuvre ressurgit aujourd’hui et réclame
l’attention de la critique, aussi bien universitaire 3 que purement journalistique ou essayiste 4.
Certains de ses romans – c’est le cas de La vejez de Heliogábalo (1993), A flor de piel (2006),
Cuestión de ambiente (2007), El monstruo (2009) – ou des recueils de nouvelles – Aromas de
nardo indiano que mata y de ovonia que enloquece (2010), Cuentos de crimen y locura
(2009), El pecado y la noche (2011) –, revoient le jour aujourd’hui, pour revendiquer, et une
œuvre injustement oubliée, et la figure de son auteur, curieux personnage très à la mode dans
les milieux littéraires5 (et autres) de son époque.
1 José Francés, « Figuras literarias. Antonio Hoyos y Vinent », La Esfera, nº 244, 31 août 1918, cité par Beatriz
Sáez Martínez, « Lirismos negros, novelas canallas: Las lobas de arrabal, por Antonio Hoyos y Vinent »,
Anales, 22, 2010, p. 213.
2 À titre d’exemple, dans le deuxième volume (1023 pages) concernant l’histoire de la littérature espagnole du
XIXe siècle, il n’existe que deux rapides références à Hoyos y Vinent. La première (p. 755) comme représentant
du roman érotique et des perversions sexuelles revêtues d’un voile « lúdico y amoral », et, page 894, dans un
passage consacré à Emilia Pardo Bazán et à son attitude vigilante sur la nouvelle littérature, en l’occurrence,
celle d’Antonio de Hoyos. Elle avait, en effet, préfacé le premier roman de Hoyos, Cuestión de ambiente, publié
en 1903 : Historia de la literatura española. Siglo XIX (II), Leonardo Romero Tobar (coord.), Madrid, Espasa,
1998. Begoña Sáez le confirme, en insistant sur les préjugés et la postérieure situation politique espagnole : «
Sus novelas son imprescindibles para penetrar en el universo del Decadentismo español. Sin embargo, los
prejuicios y los cuarenta años de dictadura lo han relegado al subterráneo del anonimato, situándolo en la
residencia de los marginados de la literatura. » Begoña Sáez, « Vida y literatura a contrapelo: Antonio de Hoyos
y Vinent, un dandi decadente », Revista Internacional d’Humanitats, n° 26, sept-déc. 2012, p. 144.
3 Cf. M. Carmen Alfonso García, Antonio de Hoyos y Vinent, una figura del decadentismo hispánico, Oviedo,
Departamento de Filología Española, 1998 ; Begoña Sáez Martínez, Las sombras del Modernismo. Una
aproximación al Decadentismo en España, Valencia, Institució Alfons el Magnanim, 2004 ; José Antonio Sanz
Ramírez, Antonio de Hoyos y Vinent: genealogía y elogio de la pasión, Thèse de Doctorat, Universidad
Complutense de Madrid, 2010.
4 Cf. le chapitre consacré à Antonio Hoyos y Vinent dans le livre de Luis Antonio de Villena, Corsarios de
guante amarillo. Sobre el dandysmo, Barcelona, Tusquets editores, 1983, p. 113-121. Luis Antonio de Villena a
été également le préfacier de nombre des rééditions des œuvres de Hoyos.
5 Cf. les références à Hoyos dans de nombreux livres de mémoires littéraires de l’époque : Ramón Gómez de la
Serna dans ses Retratos completos lui consacre un chapitre ; Ramón Pérez de Ayala dans son roman à clés,

Par ailleurs, l’œuvre de Hoyos remet également en question les paramètres utilisés par
l’histoire littéraire, cette historiographie n’ayant retenu que les œuvres de grands écrivains –
en l’occurrence Azorín, Baroja, Pérez de Ayala, Unamuno, Ortega, Miró… –, qui avaient,
curieusement, peu de lecteurs à l’époque, alors que d’autres auteurs, considérés par l’histoire
officielle comme des écrivains de deuxième rang – des noms comme par exemple Trigo,
Carrere, López de Haro, José Francés, Hoyos y Vinent –, plus près des goûts des nouvelles
classes moyennes urbaines (et d’une certaine couche du prolétariat conscient) 6, et prévoyant
les changements du marché littéraire, jouissaient d’un succès indéniable. C’est le cas de
Hoyos : « Par son ardente et industrieuse participation dans les nouveaux mécanismes
trouvés par le marché pour le roman, dans son rôle de plumitif habituel de la presse
périodique, fondateur même d’une revue [Gran Mundo y Sport (1906-1907)], voire par ses
flirts avec les positions intellectuelles ou bohémiennes, [Antonio Hoyos] apparaît comme un
passant diligent des carrefours de la nouvelle littérature7. » C’est donc par l’intermédiaire
d’une nouvelle formule éditoriale à périodicité fixe – collection de nouvelles ou de contes
édités à bon marché (El Cuento Semanal, Los Contemporáneos, El Libro Popular, La Novela
de Bolsillo, La Novela corta, La Novela Semanal, La Novela de Hoy, La Novela de Noche, La
Novela Mundial) – que s’introduit en Espagne un type de romans pseudo-naturalistes,
décadents ou pseudo-“modernistes”, qui ont un grand succès auprès du public. C’est cette
veine que Hoyos exploitera sans complexes.
Né à Madrid au sein d’une famille aristocratique, il passe une grande partie de son enfance et
adolescence à Vienne, où son père était ambassadeur d’Espagne, puis à Oxford. Rentré dans le
pays, ses fréquents voyages à l’étranger feront de lui un écrivain cosmopolite, largement
renseigné sur les littératures européennes, notamment la française8, dont l’influence sera très
Troteras y danzaderas (1913), le fait apparaître sous les traits du personnage de Honduras ; Rafael Cansinos–
Assens en parle également dans son livre La novela de un literato.
6 Cf. José Carlos Mainer, « La llamada generación del 98: otros puntos de vista », Actas del Congreso « Los 98
ibéricos y el mar » II. La cultura en la península ibérica (Madrid, Sociedad Estatal Lisboa 98-Fundación
Tabacalera, 1998, pp. 29-40), qui déplore l’étroitesse de l’étiquette « Generación del 98 » et plaide pour celle de
« modernismo »: « No se trata, pues, de una escuela, de una promoción, o de una lista de “características”. La
literatura española de fin de siglo es una respuesta a su tiempo y una fecunda encrucijada de descubrimientos y
de ratificaciones, de senderos proseguidos y de caminos recién abiertos. Y si el nombre de « modernismo » le
conviene más que cualquier otro es, entre otras cosas, porque tiene la virtud de recordarnos el verdadero
significado de aquella coyuntura: modernización de los problemas estéticos y tentadora proximidad al
modernismo-modernism europeo, que también y en las mismas fechas se planteó los mismos problemas. » (p.
40).
7 Mercedes Comellas Aguirrezábal, « EL Novecentismo como encrucijada: Antonio de Hoyos y Vinent »,
Philologia Hispalensis 15 (2001), p. 49.
8 Les exergues, en français, de certains des chapitres de La Vejez de Heliogábalo proviennent de Jean Moréas,

voyante dans tous ses ouvrages, ce qui – dans une Espagne repliée sur elle-même – généra
d’ailleurs les premiers reproches adressés à son œuvre. Ceci joint à son homosexualité
affichée et à ses mœurs scandaleuses, dans un Madrid bienséant et prude, firent de lui un
personnage mi-jalousé, mi-méprisé, par la société de son époque : « Cet aristocrate grand
d’Espagne, des deux côtés
de son lignage, élevé à Vienne et à Oxford, fut un marquis sourd-muet,
homosexuel et cosmopolite. L’élégance fut pour lui une marque distinctive, ainsi que son goût
un peu louche pour les taureaux, les cabarets et les bouges, alternant avec celui qu’il
manifestait pour les cercles non moins louches de la haute aristocratie. Les circonstances
politiques éclipsèrent l’image du marquis et firent apparaître celle du syndicaliste à monocle
et bleu de travail. D’une certaine façon, on assiste à un carnaval de masques, un amalgame
de mythes de l’artiste qui va du dandy au snob, de l’écrivain maudit à l’anarchiste pour
aboutir à la figure de l’écrivain martyr9. »

Antonio de Hoyos

Nombreux sont les témoignages d’écrivains qui, dans leurs mémoires, évoquent sa
présence imposante, sa tenue impeccable et sa diction particulière (il était devenu sourd à
douze ans des suites d’une maladie mal soignée). Tous soulignent sa filiation française,
également développée par Juan Antonio Sanz Ramírez dans sa thèse de doctorat, Antonio de
Hoyos y Vinent : Genealogía y elogio de la pasión10. Quelques exemples : dans Troteras y
danzaderas (1913), roman à clé de Ramón Pérez de Ayala sur la bohème littéraire madrilène,
le personnage d’Honduras, avatar de Antonio Hoyos est signalé comme étant surtout un
imitateur de la littérature française11. Rafael Cansinos-Assens, pour sa part, cite, à plusieurs
Jean Lorrain, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Charles Baudelaire, Jean Richepin, Maurice Rollinat, Albert
Samain, Edmond Haraucourt et Remy de Gourmont. Le prénom du héros de ce même roman, Claudio, et la
référence à Héliogabale ne sont pas sans rappeler le Claudius Éthal de Monsieur de Phocas et Les Noronsoff. De
même dans son roman Las lobas de arrabal (1928) il existe un chapitre intitulé « El hombre que había leído a
Lorrain » ; El Monstruo s’ouvre sur des exergues de Mirbeau et de Flaubert. Les références à la littérature
française fin-de-siècle sont constantes. En ce sens, M. C. Alfonso termine sa description de la présence de Julito
Calabrés, alter ego du romancier paraissant dans nombre de ses romans : « Julito es, en fin, una metáfora, la de
la impropiedad en un conjunto correcto, que simboliza el decadentismo en estado puro, el héroe que Hoyos,
embebido de Huysmans, de Lorrain o de Wilde, pretendió ser y sin duda actualizó a los ojos de los demás. », M.
C. Alfonso García, « Decadentismo, dandismo, imagen pública: De cómo y por qué Antonio de Hoyos y Vinent
creó a Julito Calabrés, Archivum, 48-49 (1998-1999) [2001], p. 65. M. Carmen Alfonso insiste à plusieurs
reprises sur la sympathie de Hoyos envers la France : cf. Antonio de Hoyos y Vinent, una figura del
decadentismo hispánico, op. cit., p. 31.
9 Begoña Sáez Martínez « Vida y literatura a contrapelo: Antonio de Hoyos y Vinent, un dandi decadente »,
Revista Internacional d’Humanitats, n° 26, sept-dic. 2012, p. 137.
10 José Antonio Sanz Ramírez, Antonio de Hoyos y Vinent : Genealogía y elogio de la pasión, thèse doctorat,
Universidad Complutense de Madrid, 2010.
11 « Pero, hombre – replicó Honduras, un hombre deslavazado, rubicundo, rollizo y muy alto, noble por la cuna

reprises et sans beaucoup de sympathie, la figure de Hoyos dans ses Memorias de un literato12
: d’abord, lors d’une visite qu’il fit en compagnie de Colombine (Carmen de Burgos), rue
Marqués del Riscal, au palais qu’habitait Hoyos en compagnie de sa mère (de ces visites elle
tirera après un roman, El veneno del arte). Le regard insolent, frisant le mépris, que Cansinos
porte sur l’écrivain13, se confirme, quelques années plus tard : « Mais quoi qu’il en fût, le fait
est que l’auteur de Mors in vita présente l’aspect lamentable d’un Monsieur de Phocas ou
d’un Oscar Wilde à la fin de sa vie ; il a l’apparence d’une estampe d’un livre de Lorrain ou
de Rachilde… ou de ses propres romans, Papá Heliogábalo par exemple14… » César González
Ruano, quant à lui, le décrit, dans ses mémoires, dans les termes suivants : « Antonio de
Hoyos a vu, aussi bien sa vie que son œuvre, influencées par le précieux décadentisme
français de Huysmans, de Lorrain, de Rachilde, etc. Il fut, tout en ne l’étant pas de par sa
classe, le grand snob d’un Madrid encore petit, crâne et provincial. Son accoutrement était
un tantinet scandaleux et il promenait sa mauvaise réputation, son monocle en écaille et ses
bijoux presque fabuleux dans les derniers cabarets et bars à filles 15. » Ramón Gómez de la
Serna16, de son côté, outre le fait de noter qu’il s’agissait d’un écrivain aristocrate trop enclin à
la fréquentation des bas-fonds, met en valeur, l’incompréhensible, à ses yeux, dérive politique
de Antonio Hoyos, car l’écrivain espagnol adhéra en 1934 au Parti Syndicaliste, de tendance
anarchiste, fondé cette même année par Angel Pestaña ,et collabora assidûment au journal El
Sindicalista (1935-1939).
L’anarchisme final de Hoyos y Vinent a suscité toutes sortes de commentaires, qui vont de
l’incrédulité à la perplexité, sans oublier certaines réactions homophobes, ralliant
homosexualité et anarchisme17. Mercedes Comellas Aguirrezábal essaie d’aller au-devant et,
partant du portrait que de l’écrivain fait Luis Antón Olmet 18, remarque que, dans la passion de
y novelista perverso por inclinación – […] Te figuras que por haber escrito cuatro paparruchas imitadas de
Lorrain y La Rachilde, ya puedes mezclarte en cosas de arte… No, hijo, todavía no. » Ramón Pérez de Ayala,
Troteras y danzaderas, Madrid, Clásicos Castalia, 1977, p. 228.
12 Cf. Rafael Cansinos-Assens, « Antonio de Hoyos », La novela de un literato (Hombres-Ideas-EfeméridesAnécdotas…) 1. (1882-1914), Madrid, Alianza editorial, 1982, pp. 333-344.
13 « Aristócrata bohemio y golfo, que hace gala de su homosexualismo y va a todas partes acompañado de su
mignon, ese Luisito que, según opinión unánime de Carmen y de Violeta, es enteramente una señorita, menudo,
bonito y atildado, y forma contraste con su amigo, recio y atlético como un boxeador. » Rafael Cansinos-Assens,
op. cit., p. 334.
14 Rafael Cansinos-Assens, La novela de un literato (Hombres-Ideas-Efemérides-Anécdotas…) 3. (1923-1936),
Madrid, Alianza editorial, 1995, p.176.
15 César González-Ruano, Memorias. Mi medio siglo se confiesa a medias, Editorial Renacimiento, s.l., 2004,
p. 85.
16 « Antonio de Hoyos, que ha pagado con la muerte – demasiado – su pecado de snobismo, ese extraño
snobismo que hizo que personas pudientes y hasta aristocráticas, sin perder ninguna preeminencia de su
comodidad, alentasen la rebelón de las sociedades anárquicas, y que hizo que hasta el hijo de aquel a quien el
anarquismo había asesinado a su padre tuviese curiosidad por los medios revolucionarios. Antonio de Hoyos,
con su traje gris violeta de mangas estrechas, su camisa de seda y su monóculo, llevaba su carnet de
sindicalista en el bolsillo. El marqués de Vinent – marqués de Hoyos era su hermano mayor – exhibía de vez en
cuando en la España anterior a la revolución su carnet rojo, el carnet de por si acaso. » Ramón Gómez de la
Serna, « Antonio de Hoyos », Obras completas XVII. Retratos y biografías II [Retratos completos (1942-1961)],
Barcelona, Círculo de Lectores/Galaxia Gutenberg, 2004, p. 255.
17 Pour les détails sur le « Procedimiento sumarísimo de urgencia nº 1442 », recueillant la documentation
relative au conseil de guerre auquel fut soumis Hoyos y Vinent, ainsi que les diverses réactions à l’étape
anarchiste de l’écrivain, cf. Sáez, « Vida y literatura… », op. cit., pp. 147-149.
18 Hoyos, selon Olmet, se présentait soi-même comme « habitante de otra edad que se pasea por las calles de
Roma, en los días de Nerón. Como llevo la misma indumentaria que los otros, se me confunde con la gleba.
Como incurro […] en idénticos vicios que los otros, parezco un adaptado. No. Llevo en mí una protesta
incesante y una aspiración inmanente e inextinguible. », Olmet, cité par Mercedes Comellas Aguirrezábal, « La
trayectoria final de Hoyos y Vinent. Teoría literaria e ideología política », Boletín Museo e Instituto « Camón
Aznar », nº LXXXVIII, 2002, p. 41-42.

Hoyos pour les bas-fonds et la canaille, pointent son inadaptation sociale, son esprit de
contestation et sa quête de la justice, « justice qu’il a toujours prêchée et à laquelle on ne crut
jamais, tout comme à sa personne, devenue un fantoche, pure pose théâtrale, affecté par sa
propre caractérisation et par les portraits que nous ont laissés ceux qui le connurent 19 ». Face
à l’embarras que suscite l’évolution idéologique de l’écrivain chez la plupart de ses
commentateurs, Mercedes Comellas insiste sur la logique et la cohérence de cette évolution et
l’interprète comme le dernier avatar des masques dont il avait besoin pour se protéger :
« Après avoir longuement recherché le salut dans l’art et sans que cet esthétisme pût lui offrir
autre chose que des voies de garage, son dernier masque – il ne pouvait vivre sans eux – fut
l’espoir libertaire, moins productif littérairement parlant que les précédents, plus
sophistiqués, du modernisme et de la décadence, mais beaucoup plus adéquat aux
circonstances des dernières années de sa vie 20. » Dans un travail précédent, Comellas
soulignait également le fait que les aspects naturalistes de l’œuvre de Hoyos favorisaient, non
seulement la présence d’une thématique érotique, mais aussi sa connexion avec l’anarchisme,
deux vecteurs auxquels elle attribue une origine également française : « […] Les doctrines
positivistes du naturalisme figurent comme ingrédient naturel de l’idéologie de l’anarchisme
espagnol ; naturalisme, roman érotique et mouvement libertaire partagent entres autres les
mêmes lectures : Zola, Mirbeau, Ibsen, pour ne citer que trois auteurs indispensables21. »
Le rapprochement entre l’œuvre de Mirbeau et celle de Antonio de Hoyos constitue une
référence obligée quand on aborde les romans de l’écrivain espagnol. Il y a entre eux
plusieurs points de convergence : du point de vue politique, l’anarchisme final de Hoyos
rejoint celui de Mirbeau, même s’il est vrai que l’écrivain français n’a jamais fréquenté
l’aristocratisme de l’Espagnol qui, de ce point de vue — joint à l’affichage de son
homosexualité, ainsi qu’à son hantise des bas-fonds et son goût des masques— serait plus
près du parcours narratif et existentiel de Jean Lorrain. Indépendamment de cette quête de la
justice, ci-dessus évoquée, il est également vrai que, ne renâclant pas à montrer certaines
perversions du comportement humain, on retrouve, chez Hoyos, tout comme chez Mirbeau, le
besoin d’aller à l’encontre des préjugés moraux de leur époque : tous deux ont dû se défendre
des accusations de pornographie nourries par la presse la plus conservatrice de l’époque. En
outre, c’est sans doute la question érotique, de par la liaison étroite entre l’amour et la mort 22,
qui tend à rapprocher les deux écrivains : l’allusion à Mirbeau revient sans cesse sous la
plume des commentateurs de Hoyos, notamment lors de la lecture de El Monstruo (1915) —
divisé en deux grandes parties symétriquement construites, « Le livre de la luxure » et « Le
livre de la mort » —, qu’ils classent dans la lignée du Jardin des supplices23. D’ailleurs
19 Ibid., p. 42.
20 Ibid., p. 81.
21 Mercedes Comellas Aguirrezábal, « El Novecentismo… », op. cit., p. 58.
22 Un exemple, au hasard : « El amor seguía siendo para ella la misma cosa enervante, malsana, pesada y
caliginosa, como el aire de un invernadero viciado por el paludismo de tierra sembrada de portentosas plantas
de veneno. Era la misma sensación de anhelo y de vencimiento, de crueldad y de masochismo [sic] ; una sed
inextinguible de lascivia, una impresión ambigua, que ponía fuego en sus entrañas y hielo en su piel; una
lubricidad obscena, desvergonzada y cínica, que necesitaba de groseras exhibiciones, de espectáculos inmundos
y feroces, de caricias que eran flagelaciones y bestialidades que eran caricias ; una sensación que le mecía en
los linderos de la vesania furiosa. […] Era un anhelo de cosas bajas y abyectas, de infamias morales y groserías
físicas, de suciedad y de miseria, de ordinariez y de infamia […]. Y, además de aquellos momentos, cada vez
más breves, había un elemento nuevo: la Muerte. La Muerte era un testigo irónico […]. » El Monstruo,
Logroño, Pepitas de calabaza, 2009, pp. 122-123.
23 « El origen más inmediato de la obra de Hoyos se encuentra […] en una de las novelas más conocidas de
Octave Mirbeau, en Le Jardin des supplices, como ya ha señalado Gimferrer, caracterizándola de “flojo
plagio” del original francés. A la vista de las dos novelas no encontramos de manera tan evidente la afirmación
del crítico, aunque es cierto que hay una serie de elementos de la novela de Mirbeau que pasan a la narración
de Hoyos, sobre todo en la segunda parte, pero otros rasgos pertenecen al mundo peculiar de nuestro novelista.

Hoyos lui-même avait placé le roman sous l’égide de l’écrivain français, car la première
épigraphe figurant dans le roman est une citation de Mirbeau concernant les monstres en tant
que « formes supérieures ». La coïncidence entre ces deux romans est remarquable : le
triangle amoureux, le voyage en Chine, le jardin « des fleurs prodigieuses trouvant dans la
pourriture la merveille de leur beauté », la présence de la lèpre, les bordels des quais, la
population des pêcheurs et des pirates… et le personnage de Helena dans le roman de Hoyos
qui semble, par moments, et le mysticisme final en moins, un calque de la Clara du roman de
Mirbeau24.
Ses dernières années, consacrées à des écrits politiques25 plutôt qu’à l’écriture de romans, se
terminent dans la prison madrilène de Porlier, où il mourut en 1940, presque aveugle et
abandonné par les différents milieux, aussi bien sociaux que littéraires, qu’il avait traversés.
Puis, le silence jusqu’à ce regain contemporain de l’intérêt pour son œuvre, qui commence
sans doute avec Pere Gimferrer qui, en 1999, abandonne le clinquant et le tape-à-l’œil de la
figure de l’écrivain, pour la resituer dans un contexte littéraire : « Il existe chez Hoyos y
Vinent un problème littéraire qui lui est propre, et un autre qu’il partage avec bon nombre
d’écrivains espagnols oubliés de son temps. Ce dernier est de caractère presque
générationnel : quelle considération doit-on accorder aux modernistes attardés, excessifs et
anachroniques et, tout particulièrement à ceux qui, oscillant entre le paroxysme postnaturaliste, la sciure sordide de la vie frivole et le décadentisme exaspéré et visionnaire, ont
fondé et entretenu le roman érotique espagnol. […] Néanmoins, le problème individuel de
Hoyos persiste : son œuvre, très abondante, éparpillée et inégale est une gesticulation
ininterrompue dont l’écriture ne connaît pas de moyen terme entre le déplorable et le
fascinant26. »
Son œuvre, immense en effet, se compose d’une centaine de romans, de longueur variable,
mais aussi une quantité considérable de nouvelles et de contes, et s’accompagne de
nombreuses collaborations dans les journaux de l’époque : Nuevo Mundo, ABC, La Esfera, El
Día, Heraldo de Madrid ou le ci-dessus évoqué, El Sindicalista, ses plus importants
triomphes littéraires demeurant les titres publiés entre 1910 et 1925, parmi lesquels, il faudrait
souligner La vejez de Heliogábalo (1912), El horror de morir (1914), El monstruo (1915),
Las hetairas sabias (1916), El oscuro dominio (1916), El árbol genealógico (1918), Las lobas
de arrabal (1920), La curva peligrosa (1925). Nombre de ses ouvrages furent traduits à
plusieurs langues, notamment en France, où Hoyos y Vinent était introduit dans certains
milieux littéraires, car il était collaborateur de certaines revues françaises, telles que
Akadémos ou Au Jardin de l’Infante27. Après 1925, tout en gardant ses collaborations à La
Novela de Hoy, Hoyos commence une dérive pseudo-scientifique et pseudo-philosophique,
dans de curieux volumes tels El secreto de la vida y la muerte (1924), América. El libro de
», Antonio Cruz Casado, « La novela erótica de Hoyos y Vinent », op. cit., p. 110.
24 Cf. Marie Stéphane Bourjac, « Un romancier de l’éros dolent, Antonio de Hoyos y Vinent », Sémiologie de
l’amour dans les civilisations méditerranéennes. II Hommage à André Gousonnet, Paris, Les Belles Lettres,
1989, pp. 69-77. Cf. également José Antonio Sanz Ramírez, op. cit., p. 230.
25 Cf. les écrits de Antonio de Hoyos figurant dans la Bibliografía del anarquismo en España 1868-1939 de
Ignacio C. Soriano et Francisco Madrid: http://www.cedall.org/Documentacio/IHL/Antologia%20Documental
%20del%20Anarquismo%20espanol_Bibliografia.pdf ; et surtout le minutieux dépouillement des collaborations
de Hoyos dans El Sindicalista (« De la decadencia al anarquismo : Hoyos y Vinent en El Sindicalista (19351939), effectué par M. Carmen Alfonso García et publié dans Archivum, XXXIX-XL, 1989-1990, pp. 7-50, qui
considère que son adhésion au syndicalisme « fuese para Hoyos y Vinent la última ofensiva contra un entorno
hostil que le había marginado y al que él necesitaba para hacer valer su singularidad. » (Ibid., p. 13).
26 Pere Gimferrer, « Antonio de Hoyos y Vinent. El ineludible », Los Raros, Palma de Mallorca, Bitzoc, 1999,
p. 127.
27 Un portrait de Hoyos, réalisé par Federico Beltrán Masses, apparut dans le numéro 231 (décembre 1921) de
la Revue d’Art.

los orígenes (1927), ou La hora española (1930), où il s’intéresse à la naissance et à
l’évolution de l’univers ou au passé historique national.

Oscillant, comme le rappelait Gimferrer à l’instant, entre une littérature déplorable et des
moments fascinants, l’œuvre de Hoyos devient le carrefour où se rejoignent toutes les
tendances agissant dans la fin de siècle espagnole, où les traces de Mirbeau sont plus
qu’évidentes : post-naturalisme, modernisme, vitalisme et décadentisme, le commun
dénominateur, étant sans doute l’érotisme : « Hoyos apporta au roman la monstruosité
sexuelle, les complexes esthétiques ou diaboliques, les délires à la frontière même de la folie,
l’atroce combat entre la chair et l’esprit et les aberrations à la manière des peintures noires
de Goya 28. » La production de Hoyos fut, en effet, classée sous l’étiquette de « roman
érotique » où, selon la critique conservatrice de l’époque, étaient exposées, l’influence
française aidant29, les pires perversions, étrangères – toujours selon ces mêmes commentateurs
– à la tradition espagnole, alors qu’il existait à l’époque toute une série d’écrivains, considérés
comme mineurs il est vrai, consacrés presque exclusivement à une littérature plus ou moins
grivoise : Felipe Trigo, Nora, Pedro Mata, Eduardo Zamacois, Rafael López de Haro, Alberto
Insúa, El Caballero audaz (José María Carretero), Alvaro Retana 30… Cansinos-Assens, dans
le chapitre qu’il consacre à la littérature érotique dans son livre Nueva literatura IV, distingue
trois modalités (roman licencieux, roman galant de souche française et roman érotique comme
dénonciation sociale), où il n’inclut pas Hoyos, car il lui consacre une place à part, qu’il
désigne sous l’étiquette d’ « amour monstrueux », jugeant que l’écrivain développe surtout le
côté noir de la liturgie sexuelle. Hoyos en effet, ne se contente pas d’écrire de simples romans
licencieux, plus ou moins libertins ; il y place surtout un univers de sensualisme-volupté-mort,
28 Federico Carlos Sainz de Robles, « Raros y olvidados: Hoyos y Vinent, Díez de Tejada », ABC, 9/12/1966.
29 « Con estos nombres [symbolistes et décadents] conócense hoy día en París unas tendencias literarias que
ya no son sólo simples neurosis sino verdaderas vesanias. Estamos en plena frenopatía. El simbolismo y el
decadentismo delicuescente, no son una escuela, sino una enfermedad. Para ser iniciado en estos misterios, se
necesita una cierta degeneración de la sustancia nerviosa cerebral. » Gener, Literaturas malsanas. Estudios de
patología literaria contemporánea, (1894), cité par Sáez, « Vida y literatura… », op. cit., p. 145.
30 Pour connaître la portée de la production érotique espagnole de l’époque, cf. Jean-Louis Guereña, « La
producción erótica española en los siglos XIX y XX », Actas del XIII congreso de la Asociación Internacional
de Hispanistas, Madrid 6-8 de Julio 1998, ed. F. Sevilla y C. Alvar, Madrid, AIH-Castalia-Fundación Duques de
Soria, II, 2000, p. 195-202 ; et, du même auteur, Un infierno español. Un ensayo de bibliografía de
publicaciones eróticas españolas clandestinas (1812-1939), Madrid, Libris, 2011, ainsi que « Un infierno
español. Hacia una bibliografía de las publicaciones eróticas españolas (siglos XIX-XX). Problemas y
realizaciones », Analecta Malacitana (AnMal electrónica), nº. 32, 2012 , pp. 483-516. Sur l’érotisme fin de
siècle espagnol, axé sur l’œuvre de Juan Ramón Jiménez, Valle Inclán et Felipe Trigo, cf. Lily Litvak, Erotismo
fin de siglo, Barcelona, Antoni Bosch, 1979.

souvent claustrophobe, de perversions pathologiques que certains commentateurs ont tenté de
racheter par la voie de la moralité du vice 31 et dont la spiritualité – dans la lignée de
Baudelaire – est également défendue par Hoyos y Vinent lui-même, veine mystique pourtant
inexistante dans l’œuvre de Mirbeau. Ce dernier aspect mis à part, il reste évident que nombre
des caractéristiques de l’œuvre d’Octave Mirbeau, où l’érotisme est toujours associé à la mort,
retrouvent un écho manifeste dans celle de Hoyos.
Ses romans présentent ainsi une iconographie de l’anormal et de l’excès, peuplée de
nymphomanie, prostitution, dégénérescence (physique et morale), sexualité morbide, sadisme
et criminalité, un monde traversé de la quête du plaisir, voisin de l’ennui, un monde de losers,
harcelés par la mort32. La dédicace de La vejez de Heliogábalo, dont le héros n’est pas sans
rappeler le roman de Fersen, Lorrain et d’autres écrivains décadents 33, semble, à ce propos un
condensé des personnages qui déambulent dans les romans de Hoyos : « Aux femmes
adultères, aux disqualifiés, aux lâches, aux déserteurs, aux vaincus, aux ratés, à tous ceux qui
ont vu pour toujours couler leurs rêves de gloire dans le gouffre des passions, je dédie ces
pages de tristesse, de cruauté et de sarcasme ». Le péché et la nuit, empreints du lyrisme du
mal, deviennent ainsi, tel que le définissait Hoyos lui-même, le motif central de presque tous
ses récits : « Le péché et la nuit sont le leitmotiv de mes livres. Trois choses dans la littérature
m’ont obsédé : le mystère, la luxure et le mysticisme. On dit que mes livres sont immoraux.
Mais il n’y a en eux aucune volupté, dans mes livres l’amour est une chose horrible et
terrifiante 34 ! » – comme chez Mirbeau !
Des fantômes noctivagues — plus près cette fois-ci des personnages lorrainiens —
poussés par le désir, comme une force irrationnelle et dissolvante, fréquentant les milieux de
la pègre où se donnent rendez-vous des aristocrates ambigus et des gens du milieu, ce qui,
dans le roman, se traduit par un « style baroque et abusif, où la prose du Modernisme le plus
pomponné côtoie des scènes naturalistes avec de fréquentes incursions dans les parlers

31 Cf. à ce propos la préface de Gregorio Marañón à son recueil de nouvelles, Sangre sobre el barro : G.
Marañón, « Alma y paisaje », in A. de Hoyos y Vinent, Sangre sobre el barro, s.l., Cairel editores, 1993, pp. 919.
32 « Sin duda, todas las obsesiones decadentes encuentran eco en su obra: la complacencia en el ocaso y la
decrepitud ; la presencia insistente y pegajosa del spleen ; el Oriente lujurioso y violento; los escenarios
bárbaros y turbios ; la belleza medusea, doliente, aliada, como el amor, a la muerte ; la rutina del gouffre de los
tugurios, de las pupilas glaucas; el sadismo y el satanismo; la manía por los jóvenes efébicos, malsanos o
voluptuosos, cansados y angustiados por la decadencia de la civilización; la seducción del andrógino o el
cortejo de mujeres fatales. », Beatriz Sáez Martínez, « Eros decadente: la escritura de Antonio Hoyos y Vinent »,
Magazine modernista, 10 08 2009 (www.magazinemodernista.com, consulté le 28/11/2013).
33 Cf. à ce propos Jean de Palacio, « Jacques d’Adelswärd-Fersen et la figure d’Héliogabale », Romantisme,
n°113 (2001-3), pp. 117-126, et Marie-France David, « Héliogabale, figure du désordre », Roman 20-50, nº 21,
juin 1996, pp. 149-161.
34 Déclarations de Hoyos y Vinent dans un entretien réalisé le 5 février 1916 dans La Esfera par José María
Carretero (« El Caballero audaz »). Un exemple de l’écriture de Hoyos où pointent les motifs ci-dessus évoqués :
« Un soplo perverso había animado a la Esfinge. En la desolación infinita del desierto, una desolación de
cataclismo geológico, era el monstruo quimérico, el Misterio, el Remoto, hecho pecado, pero no un pecado
vulgar, sino eso, el pecado que vive en el fondo oscuro del Misterio y del Remoto, el pecado monstruoso y
horrendo de la leyenda, el pecado tremendo y alucinante, el pecado de la Biblia y de la antigüedad, el que hizo
rameras de las Emperatrices, y convirtió en bestias a los Sátrapas, el pecado infame y terrible que vive en el
fondo de nuestras vidas como el Dragón en el fondo de los círculos infernales. El vendaval de Lujuria que,
como un ardiente soplo del arenal, había hecho temblar la estatua, se alejaba. Los gestos de la danzarina se
hacían más lentos, más cansados, se iban extinguiendo, y, al fin, Judith Israel cayó sobre su pedestal para
tornar a su inmutable serenidad. » http://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/la-zarpa-de-la-esfinge-0/html/ff1dbf90-82b1-11df-acc7-002185ce6064_1.html#I_1. Sur le motif de la nuit, cf. « La noche, un tiempo
para el dolor y el misterio », in M. Carmen Alfonso, Antonio de Hoyos y Vinent, una figura del decadentismo
hispánico, op. cit., p. 131-137.

argotiques et de la pègre. Métaphores et images somptueuses – souvent des topoï – et des
mots faubouriens35 ».
Des personnages monstrueux, des femmes insatiables et criminelles 36, des amours
monstrueuses – l’ombre tutélaire du Mirbeau du Jardin des supplices dans El Monstruo a déjà
été signalée – aboutissent à un roman également monstrueux, défiant la norme, aussi bien
dans le fond que dans la forme, un roman nourri de littérature trouble, montrant des états, à
leur tour, turbulents ; bref un roman défiant « le provincialisme et la bigoterie ambiants37 ».
En tout cas, un roman qui atteste la présence de l’œuvre de Mirbeau et du décadentisme
français en Espagne et témoigne de l’imbibition de la littérature européenne par certains
secteurs de la littérature espagnole, brisant ainsi l’image d’un séculaire isolement.
Lola BERMÚDEZ
Université de Cadix

35 Luis Antonio de Villena, « Antonio de Hoyos y Vinent, la pose y la decadencia », Corsarios de guante
amarillo. Sobre el dandysmo, Barcelona, Tusquets editores, 1983, p. 119.
36 Pour la description de certains personnages féminins des romans de Hoyos, cf. Solange Hibbs-Lissorgues,
« “L’obscur objet du désir” : crimes de femme(s) dans l’œuvre romanesque de Antonio Hoyos y Vinent (18441940) », Femmes criminelles et crimes de femmes en Espagne (XIXe et XXe siècles), Lasman editeur, 2010, pp.
145-163 (Lettres Langages et Arts; 31) in http://www.cervantesvirtual.com/obra/lobscur-objet-du-desir-crimesde-femmes-dans-loeuvre-romanesque-de-antonio-hoyos-y-vinent-1844-1940/, consulté le 26 novembre 2013.
Cf. également Antonio Cruz Casado « La novela erótica de Antonio Hoyos y Vinent », Cuadernos
Hispanoamericanos, nº 426, diciembre 1985, p. 101-116.
37 Beatriz Sáez Martínez, « La novela monstruo: La vejez de Heliogábalo de Antonio de Hoyos y el
decadentismo », Olivar, nº 13, año 10, 2009, p. 119.

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