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le droit de la concurrence au Maroc

Publié le 29/11/2012 Par maitre hadri samir Vu 31 536 fois  1


     
La liberté du commerce et de l’industrie suppose la liberté de la concurrence, c’est-à-dire la libre compétition
entre les agents économique, qui offrent des produit ou services identique, ou similaires, susceptibles de
satisfaire une même clientèle, La liberté totale de la concurrence est susceptible d’engendrer la création de
monopoles, lorsque l’un des compétiteurs aura éliminé tous les autres sur le marché considéré, ce qui aboutit à
une situation dans laquelle toute concurrence a disparu. Par ailleurs, en l’absence de tout contrôle,
apparaissent puis se développent des pratique aux loyaux usages du commerce, si bien que le « gagnant » dans
cette compétition n’est pas toujours le meilleur, mais peut être le plus dénué de scrupules, IL est donc apparu
nécessaire de préserver la concurrence elle-même, contre les pratique déloyales des autres agents économiques.
Au Maroc, la liberté du commerce est un principe constitutionnel énoncé par l’article 15 de la constitution de
1996 et confirmé par l’article 35 de la constitution de 2011 qui garantie le droit de propriété et la liberté
d’entreprendre tout en respectant certaines règles et des formalités particulières à chaque commerce. La
concurrence et donc légitime mais peut dans certaines mesure devenir un acte déloyale par l’utilisation de
moyens et d’outils contraire aux pratique du commerce et de la bonne foi. C’est pour cette raison que les
autorités publiques sont astreintes à organiser la liberté de la concurrence pour la protection de l’intérêt public
en maintenant les règles de marché mais aussi de commerçants entre eux.
L’expérimentation du principe de libre concurrence dans les pays du tiers-monde : l’exemple marocain.
Introduction:
La liberté du commerce et de l’industrie suppose la liberté de la concurrence, c’est-à-dire la libre compétition  entre
les agents économique, qui offrent des produit ou services identique, ou similaires, susceptibles de satisfaire une
même clientèle, La liberté totale de la concurrence est susceptible d’engendrer la création de monopoles, lorsque l’un
des compétiteurs aura éliminé tous les autres sur le marché considéré, ce qui aboutit à une situation dans laquelle toute
concurrence a disparu.
Par ailleurs, en l’absence de tout contrôle, apparaissent puis se développent des pratique aux loyaux usages du
commerce, si bien que le « gagnant » dans cette compétition n’est pas toujours le meilleur, mais peut être le plus
dénué de scrupules, IL est donc apparu nécessaire de préserver la concurrence elle-même, contre les pratique
déloyales des autres agents économiques.
Au Maroc, la liberté du commerce est un principe constitutionnel énoncé par l’article 15 de la constitution de 1996 et
confirmé par l’article 35 de la constitution de 2011  qui garantie le droit de propriété et la liberté d’entreprendre tout
en respectant certaines règles et des formalités particulières à chaque commerce.[1]
La concurrence et donc légitime mais peut dans certaines mesure devenir un acte déloyale par l’utilisation de moyens
et d’outils contraire aux pratique du commerce et de la bonne foi.
C’est pour cette raison que les autorités publiques sont astreintes à organiser la liberté de la concurrence pour la
protection de l’intérêt public en maintenant les règles de marché mais aussi de commerçants entre eux.
Ce dernier cas consiste en la sanction prévue en cas de concurrence déloyale et ces différentes applications possibles. 
La liberté de la concurrence comme toute liberté s’arrête donc quand commerce la liberté des autres, elle nécessite
pour son efficience et efficacité certaines règles législatif mais surtout jurisprudentielles capable de s’adapter avec les
évolutions rapides et incessantes que connait l’activité commerciale.
Dans cet exposé nous allons essayer de relater les différents procédés que retient la notion de libre concurrence au
Maroc et l’évolution du principe de la libre concurrence.
 
1/ Définitions de la concurrence et la libre concurrence dans le droit marocain:
La concurrence se définit comme la compétition économique qui se joue sur un même marché pour atteindre une fin
économique déterminée.[2]
La concurrence est la loi du commerce. Les agents économiques peuvent utiliser tous procédés pour attirer ou retenir
la clientèle qui est l’élément essentiel du fonds de commerce.
La libre concurrence est un principe général du droit. Elle constitue une application particulière d’un autre grand
principe : celui de la liberté du commerce et de l’industrie, tant il est vrai que la concurrence n’est concevable que si
les agents économiques peuvent développer librement leurs activités.[3]
2/ Présentation de la loi 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence.
La loi 06-99 du 5juin 2000 relative à la liberté des prix et de la concurrence a rendu caduque la loi de 1971 (008-71)
sur le contrôle des prix et les conditions de vente des produits et marchandises.[4]
La liberté des prix devient la règle, L’encadrement administratif devient l’exception.
L’adoption de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence a pour finalité principale d’organiser la libre
concurrence qui représente le meilleur processus de régulation de l’économie de marché et le meilleur moyen de mise
à niveau de l’économie marocaine, de réguler la dominance économique et le pouvoir de marché.
Les objectifs de la loi peuvent se résumer comme suit : garantir la liberté des prix et leur formation par le libre jeu de
la concurrence, garantir la liberté d’accès de tous les opérateurs à toutes les activités, protéger les intérêts économique
des consommateurs, se conformer aux engagements auxquels le Maroc a librement souscrit notamment le Traité
d’association avec L’Union européenne, à la CNUCED, à L’OMC…[5]
Sous cet angle, il convient de rappeler que la réforme relative à la liberté des prix et de la concurrence, concrétisée par
la loi 06-99 du 5 juin 2000, est l’aboutissement d’un processus d’ajustement, de libéralisation et de mise à niveau de
l’économie marocaine.
En effet, l’évolution continue du Maroc vers l’économie de marché ouverte s’est accompagnée par de grandes
réformes sur le plan économique et juridique qui ont marqué la volonté du législateur marocain de s’engager dans un
processus de libéralisation et d’ouverture.
Ce processus de libéralisation et d’ouverture s’est concrétisé dans de nombreuses réformes législatives. On peut citer à
titre d’illustration le Dahir portant loi du 06 juillet 1993 relatif à l’exercice de l’activité des établissements de crédit et
de leur contrôle ; le Dahir portant loi du 21 septembre 1993 relatif à la bourse des valeurs, la loi 17-95 sur les sociétés
anonymes, la loi 5-96 mettant en place un régime applicable aux société en non collectif, en commandite, aux SARL
et aux société en participation, le code de commerce en 1997, la création des tribunaux de commerce.
En 1997, la loi sur la propriété industrielle en 2000, la loi sur les assurances en 2002, etc.…[6]
Parmi toutes ces réformes, la loi 06-99 clarifie la portée du principe constitutionnel de la liberté d’entreprendre et de la
garantie de la propriété privée. La loi prohibe les pratiques anticoncurrentielles telles l’entente et l’abus de position
dominante et les pratique restrictives de la concurrence comme le refus de vente, les vents liées ou les pratique
discriminatoires,                        Elle conditionne les opérations de concentration par un contrôle préventif qui consiste
à soumettre les projets de concentration à un accord préalable de l’autorité de la concurrence après avis du conseil de
la concurrence.[7]
Parallèlement à l’intervention de l’autorité de la concurrence, en l’occurrence le premier ministre, la loi 06-99 habilite
le conseil de la concurrence à émettre des avis, des conseils et des recommandations.
La loi confie par ailleurs aux tribunaux des compétences en matière de régulation de la concurrence. Les tribunaux de
première instance peuvent intervenir simultanément en tant que tribunaux civils dans les questions impliquant la
responsabilité civile autre que celles qui résultent d’une concurrence déloyale entre commerçants ou autres, et en tant
que tribunaux correctionnels chargés de réprimer les auteurs d’infractions pénales prévues notamment par la loi sur la
liberté des prix et de la concurrence. Les tribunaux de commerce sont compétents pour vider les litiges de nature
commerciale née à l’occasion de l’application de loi 06-99. Pour ce qui est des tribunaux administratifs, ihs peuvent
être appelé à se prononcer sur la légalité et la régularité des décisions prises par le premier ministre dans le cadre des
pratiques anticoncurrentielles et du contrôle des opérations de concentration.
Enfin au niveau des sanctions, la loi 06-99 juxtapose les applications multiples de la notion de sanction allant de la
réparation civile à l’emprisonnement en passent notamment par la nullité, le rétablissement de la situation antérieure,
l’amende et la publication des jugements.[8]
 
 
Champ d’application de la loi 06-99 :
L’article 2 alinéa1er dispose : « cette loi s’applique à toutes les activités de production, dedistribution et de
services ».
Au niveau des pratiques anticoncurrentielles :
En application de l’article 6 et 7 de la loi 06-99, certains accords peuvent constituer des pratiques anticoncurrentielles. 
L’article 6 et 7 loi 06-99 prohibe toutes les actions concertées, conventions, ententes ou coalitions expresses ou tacites
qui ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un
marché notamment lorsqu’elles tendent à limiter l’accès au marché ou limiter ou contrôler la production, répartir les
marchés ou les sources d’approvisionnement…
L’article 7 interdit expressément les pratiques anticoncurrentielles, la loi prohibe l’exploitation abusive par une
entreprise ou un groupe d’entreprises d’une situation de dépendance économique dans laquelle se trouve un client ou
un fournisseur ne disposant d’aucune autre alternative. La loi prévoit une liste de ces pratiques : refus de vente, ventes
liées…[9]
Au niveau des pratiques restrictives :
La loi prohibe ces pratiques en interdisant le prix de revente imposé, les ventes liées, les conditions de vente
discriminatoires, le refus de satisfaire aux demandes des acheteurs de produits ou aux demandes de prestations de
services.
Au niveau du contrôle préventif des opérations de concentrations  :
La loi permet le contrôle de ces opérations dans le secteur de la distribution en application de la notion de
concentration. La notion d’influence déterminante permet d’appréhender sous l’angle du contrôle des concentrations
toutes les formes modernes d’intégration contractuelle de sous-traitance de franchise. Le contrôle peut donc viser toute
opération qui permet de placer une ou plusieurs entreprises sous la dépendance d’un autre même en l’absence d’un
lien capitalistique.
3/ Le conseil de la concurrence marocain :
La présentation du conseil de la concurrence impose d’abord de situer son rôle dans le cadre de la politique
économique et sociale du Maroc. Plus que jamais et plus particulièrement lors de la dernière décennie, le Maroc aspire
à mieux se positionner en tant que pays émergent au sein d’un monde aux mutations infinies. Manifestement, il a
progressé dans cette voie parce qu’il est devenu conscient des impératifs d’ancrage à la globalisation des économies,
donc des défis de la mondialisation et de ses répercussions sur les plans stratégique, politique et organisationnel.[10]
Le Maroc reste en fait fidèle aux principes et fondements de l’économie de marché, ce qu’il a toujours mis en
évidence tout en veillant à la nécessité de la réguler et de la moraliser.
C’est dans ce cadre qu’il convient de situer l’activation du rôle du conseil de la concurrence à partir du 20Aout 2008,
sachant que si la loi 06-99 concernant la liberté des prix et la concurrence a été mise en œuvre depuis le début de
l’année 2001, le volet le concernant est resté sans application réelle jusqu’à l’installation de ses membres par le
premier Ministre en janvier 2009 Maintenant que le Maroc dispose d’un conseil de la concurrence, précisions que la
loi 06-99 lui confère au conseil la mission de contribuer à la régulation de la gouvernance économique.
La législation nouvelle a crée un conseil de concurrence qui a des attributions consultatives aux fins de donner des
avis, des conseils ou des recommandations en matière et de pratiques anticoncurrentielles.
Il est à signaler que la quasi-totalité des autorités de la concurrence, de part le monde, a une position d’instances
décisionnelles. C’est pour cela que le conseil de la concurrence du Maroc, tout en accomplissant sa tache dans le cadre
de la loi en vigueur, recommande aux autorités de tutelle la mise en harmonie des prérogatives et attributions du
conseil avec les normes internationales en le faisant passer du statut de conseil à celui d’une autorité indépendante,
décisionnelle et bénéficiant du droit d’auto-saisine et d’enquête.
4/ Le rôle du juge en matière de régulation de la concurrence  :
Un organe de régulation a été à cette fin par la loi 6.99, Il s’agit du conseil de la concurrence. Mais cette institution qui
a une mission purement consultative ne peut prétendre à une compétence exclusive : Le juge judiciaire joue aussi un
rôle considérable dans la mise en œuvre des finalités de ce droit. Rôle considérable, d’abord puisque le juge a toujours
été appelé à réguler les rapports entre agents économiques en tranchant les différends qui les opposent et qu’en
l’absence d’une l législation appropriée, le juge devait moduler les régimes juridiques existants en fonction des
exigences de la vie des affaires. Et si « L’histoire du droit nous enseigne que les tribunaux ont précédé les codes et
l’élaboration des règles de détaillées » (H. Lauterrpacht : « La théorie des différends non justiciables en droit
international » Rec., Cours la Haye 1930 IV) ce constat se justifie pleinement en droit de la concurrence, droit à la
base jurisprudentiel : La preuve en est la théorie de la concurrence déloyale (qui a été créée par le juge français au
19émé siècle à partir des règles de la responsabilité civile).[11]
Rôle considérable aussi, puisque le droit de la concurrence est un droit en constante évolution : il doit suivre
l’évolution de l’activité économique et doit s’adapter à l’ingéniosité et l’enthousiasme des opérateurs économiques.
Les compartiments qu’il établi et les concepts qu’il défini ne sont jamais définitifs et son toujours à reconstruire. 
Le rôle du juge est donc non seulement d’appliquer ce droit mais aussi l’interprète pour l’adapter à la complexité
croissante du monde des affaires, Or une difficulté peut se poser : le droit de la concurrence est un droit à caractère
essentiellement économique ; les règles qui le composent requièrent un recours à des concepts étrangers aux
raisonnements juridiques.
Le juge qui doit donc appliquer ce droit et l’interpréter, doit être en mesure de juger vite (la nature de la matière et
l’importance des intérêts en jeu l’exigent) et de maitriser une réglementation nouvelle, évolutive et touchant à des
domaines techniques (appelant donc une analyse économique et des concepts nouveaux que le juriste qu’est le juge,
n’a souvent pas eu l’occasion de rencontrer).[12]
 
Conclusion :
Le droit de la concurrence reste peu usité au Maroc. L’institution chargé de sa mise en application et établie selon
l’exigence de la législation, est inactive. Une assistance technique considérable et des formations en analyse
économique pour le personnel institutionnel de réglementation, seront nécessaires pour en faire une autorité durable,
œuvrant dans la promotion de la concurrence et de la protection du consommateur. La législation marocaine relative à
la concurrence a besoin d’être précisée et clarifiée. Ces améliorations ne nécessitent pas forcément une modification
de la loi. Elle peut être faite par l’adoption de décrets d’application qui viendraient préciser certains points encore
vagues.
Il ressort de l’analyse de la loi, de la pratique et des enquêtes menées que 1 loi est lacunaire et parfois tellement
imprécise que les dérogations qu’elle prévoit tendent à devenir la règle et non l’exception.
L’organe régulateur de la concurrence au Maroc bien qu’étant constitué ne joue pas son rôle, et le rôle essentiel en
matière de contrôle des pratiques anticoncurrentielles est joué par les services du premier Ministre. Cette législation ne
fait pas encore partie intégrante des comportements économiques locaux. Les magistrats des tribunaux de commerce,
chargés d’appliquer cette loi n’ont reçu aucune formation en la matière. Les associations de consommateurs qui
pourraient jouer un rôle moteur dans l’application de cette loi n’ont pas encore l’audience nécessaire ni la crédibilité
pour le faire.   
 -Constitution du Maroc référendum du 13/09/1996 révisé par la constitution du 17/06/2011
www.bladi.net
 
[2]-Mohammed EL MERNISSI, « le conseil de la concurrence organe de régulation de la concurrence », revue
marocaine de droit et d’économie de développement, N°49, 2004, page249.
[3] -Ibid.
[4]-Dahir N°1-00-225 du 05 juin 2000 portant promulgation de la loi N° 06-99 sur la liberté des prix et de la
concurrence, publié au journal officiel N° 4938 du 27/09/2001.
Aussi il y a lieu de signaler que cette loi n’est pas entrée en vigueur qu’une année après sa publication au journal
officiel et suivi d’un texte d’application qu’est le décret N° 2-00-854 du 17/09/2001.
[5]-Mohamed Hicham BOUAYAD, « les objectifs de la politique de la concurrence entre les flux de la pensée
théorique et les considérations de pragmatisme économique », la lettre d’information du conseil de la concurrence
marocain, MOUNAFASSA, N°4, mai 2010, page 04.
[6] -Mohammed EL MERNISSI, op.cit, pages 252-253.
[7] -Ibid., page258.
[8] -Amal LAMNIAI, « le rôle du juge en matière de régulation de la concurrence », rapport de l’atelier « la
concurrence dans le secteur de la distribution », ministère des affaires économiques et générales, direction de la
concurrence et des prix, CASABLANCA,  jeudi 14 décembre 2006, page12.

Le droit de la concurrence est une branche spécialisée du droit des affaires. Il regroupe l'ensemble des dispositions
législatives et réglementaires visant à garantir le respect du principe de liberté du commerce et de l'industrie au sein
d'une économie de libre marché. Il s'agit de l'une des branches importantes du droit de l'Union européenne. Il est
connu sous l'expression de droit antitrust dans le monde anglo-saxon.

Sommaire
 1Définition
o 1.1Le droit des pratiques anticoncurrentielles

o 1.2Le contrôle des concentrations

o 1.3Le contrôle des aides d'État

o 1.4L'avis de la doctrine

 2Fondements théoriques
 3Typologie des incriminations et prescriptions du droit de la concurrence
o 3.1Sanctions du droit de la concurrence

o 3.2Autorités de concurrence

Définition[modifier | modifier le code]
Entendu au sens strict du terme, le droit de la concurrence englobe les matières juridiques issues, directement ou
indirectement, du droit de l'Union européenne :
 le droit des pratiques anticoncurrentielles ;
 le contrôle des concentrations ;
 le contrôle des aides d'État.
Le droit des pratiques anticoncurrentielles[modifier | modifier le code]
Le droit des pratiques anticoncurrentielles (ententes et abus de domination) est un contrôle dit  a posteriori, qui
consiste à sanctionner les acteurs économiques auteurs de pratiques ayant pour objet ou pour effet d'entraver le libre
jeu de la concurrence. Les sanctions sont prononcées par l'autorité de concurrence compétente (Autorité de la
concurrence en France, Commission européenne pour les pratiques anticoncurrentielles de dimension européenne). Il
s'agit de sanctions financières pouvant généralement atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise visée,
d'où le prononcé d'amendes-records dans certaines affaires médiatisées. Ce montant est jugé nécessaire pour garantir
l'effet dissuasif de la sanction ; sa nature est celle d'une sanction administrative (tel est notamment le cas en France et
devant la Commission européenne). Les décisions de sanction sont fréquentes en France, dont l'Autorité de la
concurrence a été classée en 2015 comme l'autorité nationale de concurrence la plus active du monde, suivie par le
« Bundeskartellamt » allemand et par l'« US Federal trade commission » (FTC) américaine1. En France, la décennie
2010 a assisté au prononcé de décisions de sanction assez médiatisées, parfois rendues spectaculaires tant par le
montant des amendes infligées que par la forte notoriété des entreprises sanctionnées (exemples : Cartel du yaourt en
2015 ou Cartel de la lessive en 2011). Au regard des effets réels des pratiques sanctionnées, le montant des sanctions
prononcées est parfois perçu comme un montant excessivement élevé, au point même de fragiliser les entreprises
auxquelles ces sanctions sont infligées 2. Les pratiques anticoncurrentielles sont également susceptibles de faire l'objet
de sanctions pénales : tel est par exemple le cas en France où l'article L.420-6 du code de commerce punit les ententes
et abus de domination économique de quatre ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Cependant, les
poursuites pénales en la matière sont quasi inexistantes à ce jour, les sanctions administratives précédemment
évoquées ayant un effet beaucoup plus dissuasif en raison de leur montant.
Le rapprochement entre le droit des pratiques concurrentielles de l'Union européenne et celui des États-Unis fait
l'objet de nombreuses études comparatives3.
Le contrôle des concentrations[modifier | modifier le code]
Le contrôle des concentrations est, à l'inverse du droit des pratiques anticoncurrentielles, un contrôle dit a priori. Il
attribue aux autorités nationales de concurrence (exemple : Autorité de la concurrence en France) ou, selon le cas, à
la Commission européenne, le pouvoir de donner ou non leur accord à un projet de rapprochement entre entreprises.
Un tel contrôle préalable est obligatoire dès lors que les entreprises qui souhaitent se rapprocher entre elles atteignent
une certaine taille4. Concrètement, l'entreprise qui projette de prendre le contrôle d'une autre doit déposer un dossier de
concentration auprès de l'autorité de concurrence compétente : ce dossier comporte principalement une analyse des
effets économiques de l'opération projetée. En substance, le contrôle des concentrations tend à vérifier, au préalable,
que la prise de contrôle d'une entreprise par une autre ne générera pas un niveau de part de marché tel que le nouvel
ensemble qui en résulte menacerait le jeu normal de la concurrence. En pratique, les décisions refusant de donner leur
accord sont très rares ; plus fréquentes sont les décisions assorties de conditions ou d'engagements pris par l'entreprise
qui prend le contrôle de l'un de ses concurrents.
Le contrôle des aides d'État[modifier | modifier le code]
Le contrôle des aides d'État est fréquemment rattaché au droit public et au droit fiscal, dès lors qu'il concerne les aides
émanant d'organismes publics (exemple : subventions, exonérations fiscales etc.) et susceptibles de créer une
distorsion de concurrence sur le marché, au profit des entreprises établies dans l’État-membre pourvoyeur de l'aide. Le
contrôle des aides d’État, à la différence du droit des pratiques anticoncurrentielles et du contrôle des concentrations,
est principalement mis en œuvre par les institutions européennes en ce qu'il vise à éviter toute mesure nationale qui
favoriserait les entreprises situées sur le territoire de l’État.
L'avis de la doctrine[modifier | modifier le code]
En droit français, la doctrine rattache parfois également au droit de la concurrence 5le droit des pratiques restrictives de
concurrence, inséré au titre IV du Livre IV du code de commerce (« De la transparence, des pratiques restrictives de
concurrence et d'autres pratiques prohibées »6), ainsi que le droit de la concurrence déloyale, ce dernier étant bâti
essentiellement sur le droit commun de la responsabilité civile. Ces deux branches sont quelquefois qualifiées de
« petit droit de la concurrence », par opposition au « grand droit de la concurrence » d'origine européenne7, ce dernier
correspondant au droit de la concurrence au sens strict (cf. supra). Mais ces rattachements sont très discutables.
En effet, le « grand droit de la concurrence » d'une part, et le droit des pratiques restrictives de concurrence, d'autre
part, poursuivent des objectifs différents, voire antagonistes. Alors que le « grand droit de la concurrence » a pour
objectif essentiel la protection de la concurrence sur le marché, et ce abstraction faite de ses effets éventuellement
néfastes pour les entreprises, le droit des pratiques restrictives de concurrence remplit au contraire un objectif de
protection des entreprises contre les déséquilibres existant dans les relations économiques. De même, le droit des
pratiques restrictives de concurrence demeure une branche juridique strictement française, dont aucun équivalent ou
exemple similaire n'est d'ailleurs connu à l'étranger (et encore moins à l'échelle de l'Union européenne).
Historiquement, le droit des pratiques restrictives de concurrence est avant tout perçu comme un droit sectoriel censé
faire contrepoids au déséquilibre important et souvent constaté dans la relation entre le secteur de la grande
distribution et ses fournisseurs, et ce bien que ses règles s'appliquent indistinctement à tous les secteurs économiques.
L'absence de véritable point commun entre « grand droit de la concurrence » et droit des pratiques restrictives de
concurrence est toutefois à nuancer : en effet, en droit des pratiques restrictives de concurrence, le ministre de
l’Économie, le ministère public et le président de l'Autorité de la concurrence disposent d'un droit d'action qui leur est
propre (cf. article L.442-6, III du code de commerce). Ce droit d'action autonome semble traduire l'idée selon laquelle
les déséquilibres existant dans les relations entre acteurs économiques peuvent, même de manière très indirecte, avoir
un impact sur le fonctionnement du marché, idée qui rejoindrait celle du « grand droit de la concurrence ». Ce droit
d'action autonome demeure toutefois assez rarement exercé, à l'exception de quelques actions exercées par le ministre
de l’Économie depuis la décennie 2000 (exemple : les « assignations Novelli » en 2009). Dans les faits, le contentieux
des pratiques restrictives de concurrence est quasiment devenu un contentieux de masse et de nature privée, marqué
notamment par le nombre important d'actions indemnitaires faisant suite à des ruptures de relations commerciales.
Quant au droit de la concurrence déloyale, celui-ci est le plus souvent analysé comme la pure application du droit
commun de la responsabilité civile aux relations entre acteurs économiques (les exemples les plus fréquemment
observés en étant le parasitisme, le détournement frauduleux de clientèle ou l'appropriation des signes distinctifs d'un
concurrent). En outre, le droit de la concurrence déloyale ne se traduisant guère que par un contentieux indemnitaire
privé, à l'exclusion de toute intervention d'une autorité publique dans le cadre des procédures, il apparaît difficile de le
relier au droit de la concurrence entendu au sens strict.
Fondements théoriques[modifier | modifier le code]
« La concurrence apparaît de plus en plus comme une forme d’organisation et non plus comme un état naturel,
spontané, normal »8.
À défaut de pouvoir décréter la concurrence, le rôle du droit de la concurrence est souvent d’obliger les  entreprises à
se faire concurrence, ou à la subir. Concrètement, le droit de la concurrence sanctionnera ou empêchera les entraves
apportées par les acteurs économiques eux-mêmes, de manière intentionnelle ou non, au libre jeu du marché. La
protection des concurrents n’est pas le souci premier du droit de la concurrence; ce qui le préoccupe, en principe, c’est
le fonctionnement macroéconomique du marché et notamment la recherche de l’efficience économique. L'efficience
économique est entendue comme « la plus grande satisfaction du consommateur par les producteurs compte tenu de la
rareté des ressources globales de la collectivité »9.
Le droit de la concurrence obéit ainsi à une démarche régulatrice, par opposition à la démarche interventionniste. Ses
origines historiques sont à trouver dans les premières lois Antitrust promulguées aux États-Unis (cf. infra). A cette
époque, le credo du « laisser-faire, laisser passer » appelle effectivement un complément régulateur. En effet, dans une
économie libérale de type traditionnel (fondée pour l'essentiel sur l'artisanat, le négoce et le petit commerce, ou encore
la petite industrie), le marché est le plus souvent atomisé et les acteurs économiques ont un poids trop insignifiant pour
que, même en cas de concertation entre eux, leur comportement ait une réelle incidence sur le jeu de la concurrence.
Tel n'est en revanche plus le cas lorsqu'un marché donné est de fait concentré entre quelques acteurs  : en pareille
situation, une concertation entre plusieurs acteurs (ou « cartel ») faussera, voire anéantira le jeu de la concurrence, et
ce au détriment du consommateur. De même, une entreprise en situation de monopole ou quasi-monopole sur un
marché peut aisément en évincer tout concurrent potentiel ou déjà existant, en mettant par exemple en œuvre des  prix
prédateurs, et ce sans même avoir à se concerter avec un autre acteur du marché (c'est le cas d'école de l'abus de
position dominante). Le droit de la concurrence naît ainsi avec l'ère du capitalisme moderne. Il constitue un ensemble
de mécanismes régulateurs répondant à l'idée que les acteurs économiques présents sur un marché n'ont aucun intérêt
ni aucune propension naturelle à se livrer concurrence.
En pratique, et en fonction de la pondération des politiques de concurrence, les règles de droit de la concurrence et
plus largement du droit économique ont vocation, concomitamment ou alternativement à :
1. autoriser, voir stimuler la concurrence entre les entreprises garantissant :
o l’accès au marché ;

o la transparence du marché ;

2. protéger la concurrence existante en sanctionnant


o la concurrence déloyale ;

o les pratiques élusives de concurrence ;

3. limiter ou interdire la concurrence dans certains cas :


o en autorisant certaines entités à échapper à l’application du droit de la concurrence (but exclusivement
social, prérogatives de puissance publique…) ;
o en concédant provisoirement certains monopoles pour encourager la recherche (propriété
intellectuelle des brevets).
Typologie des incriminations et prescriptions du droit de la concurrence[modifier | modifier le code]
Le droit de la concurrence prévoit un certain nombre d'incriminations et de prescriptions.
On distingue traditionnellement :

1. la surveillance des structures qui consiste à contrôler, avant leur réalisation, les fusions d'entreprises, c’est-à-
dire leur concentration. L'autorité de concurrence compétente est appelée à analyser les effets sur le marché
des projets de fusion entre entreprises concurrentes.

2. La surveillance des comportements par l'identification des différentes pratiques anticoncurrentielles :

o Les ententes illicites entre entreprises, terme générique désignant les accords entre entreprises, les
décisions d'associations d'entreprises, les pratiques concertées, etc.
o Les situations de domination et de dépendance, notamment les abus de position dominante.

La concurrence déloyale entre entreprises n'est pas une incrimination de droit de la concurrence dans la mesure où elle
ne sanctionne pas le comportement d'une entreprise sur le marché mais le manquement d'une entreprise à une
concurrence loyale envers une autre entreprise. Elle appartient au droit de la responsabilité délictuelle et se résout
en dommages-intérêts.
Sanctions du droit de la concurrence[modifier | modifier le code]
 Sanctions pécuniaires :
o Amendes imposées par les autorités de concurrence

o Dommages et intérêts : les victimes de pratiques anticoncurrentielles peuvent également introduire


une action en Responsabilité civile. À l'échelle de l'Union européenne, le régime indemnitaire dont
peuvent se prévaloir les victimes a été harmonisé par la Directive (UE) n°2014/104 du 26 novembre
2014, transposée ultérieurement dans les États-membres. En substance, ce texte déroge à certains
principes du droit commun de la responsabilité civile, pour adapter ce dernier aux spécificités des
dommages causés par des infractions aux règles de concurrence.
 La nullité des conventions (contrats) ou de certaines dispositions de celles-ci,
 Le démantèlement antitrust, comme le permet notamment le droit américain.
Autorités de concurrence[modifier | modifier le code]
L’application du droit de la concurrence est assurée par les autorités de concurrence. Les fonctions de ces dernières
sont assumées conjointement ou alternativement par un juge, des autorités politiques ou des institutions
indépendantes, dont certaines peuvent être des autorités de régulation sectorielle. Les recours formés contre ces
décisions sont déférés devant un juge du second degré.

MAROC | DROIT DE LA CONCURRENCE AU MAROC : RÉFORME ET AVANCÉES | FLASH INFO AFRIQUE


03/02/2015
Depuis sa réactivation en 2009, le Conseil de la concurrence marocain a amorcé une campagne active de
sensibilisation au droit de la concurrence et a rendu plus d'une quarantaine d'avis en matière de pratiques
anticoncurrentielles. Mais il ne pouvait intervenir de son propre chef et n'exerçait de fait qu'un rôle consultatif sans
aucun pouvoir de sanction.
En lui conférant la qualité "d'institution administrative indépendante chargée d'assurer la transparence et l'équité
dans les relations économiques", la nouvelle Constitution du Maroc promulguée le 30 juillet 2011(1) avait marqué la
première étape importante d'une évolution sensible du droit de la concurrence au Maroc.
Cette évolution a été confirmée par la publication de deux lois le 7 août 2014 : la loi n°104-12 relative à la liberté des
prix et de la concurrence et la loi n°20-13 relative au Conseil de la concurrence, lesquelles consacrent les missions du
Conseil de la concurrence marocain et l'érigent en véritable organe régulateur de la conurrence au Maroc(2).
Ainsi, les cas de saisine du Conseil de la concurrence ont été élargis (1). En qualité d'institution administrative
indépendante, le Conseil de la concurrence dispose également de nouveaux pouvoirs de contrôle et de sanction (2). Au
delà, cette réforme du droit de la concurrence marocain permet l'appréhension de nouvelles considérations
économiques, ce qui devrait permettre une véritable modernisation de l'arsenal juridique marocain en ce domaine (3).
Voici une brève présentation du nouveau dispositif.
1- Saisine élargie du Conseil de la concurrence
Avancée majeure : il est désormais possible au Conseil de la concurrence de s'autosaisir sur proposition de son
rapporteur général, de toutes les questions affectant la concurrence au Maroc2.
Les possibilité de saisine sont également ouvertes aux entreprises : les entreprises ne sont donc plus obligées de
solliciter les chambres professionnelles pour saisir le Conseil de la concurrence.
Nul doute que ces modifications relatives aux possibilités de saisine du Conseil de la concurrence favoriseront
l'effectivité du droit de la concurrence au Maroc.
2- Nouvelles compétences et nouveaux pouvoirs
De nouvelles compétences sont reconnues au Conseil de la concurrence en sa qualité d'institution administrative
indépendante.
Ainsi, les notifications de projet de concentration dépassant un seuil réglementaire ne sont plus effectuées au Chef de
Gouvernement mais directement au Conseil de la concurrence. Ce dernier dispose dorénavant d'un pouvoir
décisionnel en matière de concentrations et de pratiques anticoncurrentielles (ententes anticoncurrentielles et abus de
position dominante).
Outre le pouvoir d'instruire, le Conseil de la concurrence peut mener des enquêtes nécessaires à l'application des
dispositions de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence concernant les pratiques anticoncurrentielles et le
contrôle des opérations de concentration économique.
Enfin, le Conseil de la concurrence est à présent habilité à prendre des mesures conservatoires et à prononcer des
sanctions pécuniaires pouvant représenter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires mondial ou national de l'entreprise (ou des
parties intéressées) contrevenante.
3- Elargissement et modernisation du champ d'application matériel du droit de la concurrence
La loi n°104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence ne se limite pas à la réforme institutionnelle : elle
modernise en profondeur le droit matériel de la concurrence marocain.
Le seuil de notification préalable d'une concentration a été élargi. Au seul et restrictif critère de 40% de parts de
marché réalisé par les entreprises parties à l'opération justifiant une notification préalable de cette dernière, la loi
n°104-12 et son décret d'application(3) ont ajouté d'autres critères alternatifs de notification :
 le chiffre d'affaires total mondial supérieur ou égal à 750 millions de dirhams, hors taxes, de l'ensemble
des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration ;
 le chiffre d'affaires total supérieur ou égal à 250 millions de dirhams, hors taxes, réalisé  au Maroc par deux
au moins des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales concernées.
En matière de contrôle des pratiques anticoncurrentielles, s'inspirant de la pratique de la Commission européenne
(règle dite de minimis), le législateur marocain a introduit une exclusion au contrôle des pratiques anticoncurrentielles
pour les "accords d'importances mineures ne restreignant pas sensiblement le jeu de la concurrence", notamment les
accords entre les PME(4).
Les seuils fixant ces accords d'importance mineure doivent encore être précisés par des textes réglementaires
d'application en attente d'adoption.
Autre élément de modernisation : à l'instar du droit français et européen de la concurrence, le droit marocain connait
désormais l'infraction de pratique de prix abusivement bas de produits ou de services vendus aux consommateurs.
Soulignons en dernier lieu que l'exception au principe de libre concurrence concernant une liste de produits et de
services dont les prix de vente sont réglementés a été maintenue(5) et ce, alors même qu'à la suite de l'avis du Conseil
de la concurrence en 2010, la loi n°06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence avait été amendée en vue de
limiter à quatre ans l'établissement d'une liste de produits et de services dont les prix seraient à titre dérogatoire
réglementés.
Conclusion
L'adoption de cette réforme du droit de la concurrence marque une avancée majeure au Maroc et devrait améliorer
favorablement l'environnement des relations économiques qui se nouent au Maroc.
En qualité d'institution administrative indépendante, le Conseil de la concurrence dispose de nouveaux pouvoirs
d'auto-saisine, d'instruction, de sanctions et surtout de décision. Pour l'heure, nous observons que le Conseil de la
concurrence mène une campagne de communication en vue de sensibiliser les entreprises sur l'intérêt du droit de la
concurrence dans une économie en pleine évolution.

Pratiques anticoncurrentielles: Ce qui restait à préciser


Par L'Economiste | Edition N°:1140 Le 09/11/2001 | Partager 
. Les dispositions du décret concernent les exceptions à ces pratiques Depuis le 6 juillet dernier, la loi n°06-99 a posé
le principe de la liberté des prix et de l'accès libre à tous les secteurs et les marchés. Elle a renforcé les conditions
d'une concurrence saine et loyale par l'interdiction des pratiques anticoncurrentielles ou des comportements tendant à
fausser le jeu. Ces pratiques peuvent se manifester soit par des ententes (art. 6) sur les prix ou sur la répartition des
marchés, soit par des abus de position dominante (art. 7) qu'occupe un opérateur ou un groupe d'opérateurs sur un
marché. A côté de ces dispositions, l'article 8 introduit deux exceptions aux pratiques anticoncurrentielles. Les
premières concernent les pratiques résultant d'un texte législatif ou réglementaire. Les secondes visent les accords qui
ont pour effet d'assurer un progrès économique sans gêner la concurrence. Une attention particulière a été accordée au
secteur agricole et à celui des PME. Ainsi, certaines catégories d'accords ou certains accords sont permis lorsqu'ils ont
pour objet d'améliorer la gestion des PME ou la commercialisation par les agriculteurs de leurs produits. Ces accords
peuvent être reconnus comme satisfaisants aux conditions prévues après avis du Conseil de la concurrence. C'est à ce
niveau qu'intervient le décret d'application, à travers son article 6, qui stipule que ces accords sont reconnus
satisfaisants par décision du Premier ministre après avis du Conseil de la concurrence.Concernant les opérations de
concentrations économiques, le décret (art. 7) vient préciser la liste des documents devant accompagner tout projet de
concentration qui doit être notifié au Premier ministre.Il s'agit ainsi d'une copie du projet de l'acte soumis à
notification et une note sur les conséquences attendues de l'opération, de la liste des dirigeants et des principaux
actionnaires ou associés des entreprises parties à l'acte ou qui en sont l'objet. Autres documents à fournir, les états de
synthèse annuels des quatre derniers exercices comptables des entreprises concernées et l'évolution de leurs parts de
marché. Doit également figurer une note sur les principales opérations de concentration réalisées au cours des quatre
dernières années par ces entreprises. Pourrait s'ajouter la liste des filiales, avec, le cas échéant, pour chacune, le
montant de la participation au capital et la liste des compagnies qui leur sont économiquement liées au regard de
l'opération.Le silence gardé pendant 2 mois vaut acceptation du projet de concentration. Ce délai est porté à 6 mois si
le Premier ministre saisit le Conseil de la concurrence et commence à courir à compter de la date de saisine du
Premier ministre.
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Pour mieux comprendre


- L'entente: Ce sont les actions concertées, conventions, ententes tacites ou expresses ou coalitions concernant les prix,
les conditions de vente, de répartition de marchés ou encore visant à éliminer un concurrent du marché. La loi interdit
ainsi le fait de limiter l'accès au marché ou le libre-exercice de la concurrence à d'autres entreprises, de faire obstacle à
la formation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse, de limiter ou
contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique et le fait de répartir les marchés ou
les sources d'approvisionnement.- L'abus de positions dominantes: L'article 7 de la loi sur la liberté des prix et de la
concurrence réprime l'exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d'entreprises d'une position dominante sur
le marché intérieur ou une partie substantielle de celui-ci, lorsqu'elle a pour objet d'empêcher, de restreindre ou fausser
le jeu de la concurrence. L'abus, c'est notamment le refus de vente, les ventes liées ou encore l'imposition d'un prix
minimum de revente. - Les opérations de con-centrations économiques:L'article 11 de la loi définit la notion de
concentration. Celle-ci “résulte de tout acte, quelle qu'en soit la forme, qui emporte le transfert de propriété ou de
jouissance sur tout ou partie des biens, droits et obligations d'une entreprise ou qui a pour objet ou pour effet de
permettre à une entreprise ou à un groupe d'entreprises d'exercer, directement ou indirectement, sur une ou plusieurs
autres entreprises une influence déterminante”.Le texte tolère un plafond de 40% pour la concentration, taux considéré
comme un seuil de vigilance. Au-delà, les autorités publiques et le Conseil de la concurrence doivent être avisés.M. O.
Thème 2 : l’histoire du droit de la concurrence au Maroc :
La liberté du commerce et de l’industrie suppose la liberté de la concurrence, c’est-à-dire la libre compétition entre les
agents économique, qui offrent des produit ou services identique, ou similaires, susceptibles de satisfaire une même
clientèle, La liberté totale de la concurrence est susceptible d’engendrer la création de monopoles, lorsque l’un des
compétiteurs aura éliminé tous les autres sur le marché considéré, ce qui aboutit à une situation dans laquelle toute
concurrence a disparu.
Par ailleurs, en l’absence de tout contrôle, apparaissent puis se développent des pratique aux loyaux usages du
commerce, si bien que le « gagnant » dans cette compétition n’est pas toujours le meilleur, mais peut être le plus
dénué de scrupules, IL est donc apparu nécessaire de préserver la concurrence elle-même, contre les pratique
déloyales des autres agents économiques.
Au Maroc, la liberté du commerce est un principe constitutionnel énoncé par l’article 15 de la constitution de 1996 et
confirmé par l’article 35 de la constitution de 2011 qui garantie le droit de propriété et la liberté d’entreprendre tout en
respectant certaines règles et des formalités particulières à chaque commerce.
La concurrence et donc légitime mais peut dans certaines mesure devenir un acte déloyale par l’utilisation de moyens
et d’outils contraire aux pratique du commerce et de la bonne foi.
C’est pour cette raison que les autorités publiques sont astreintes à organiser la liberté de la concurrence pour la
protection de l’intérêt public en maintenant les règles de marché mais aussi de commerçants entre eux.
Ce dernier cas consiste en la sanction prévue en cas de concurrence déloyale et ces différentes applications possibles.
La liberté de la concurrence comme toute liberté s’arrête donc quand commerce la liberté des autres, elle nécessite
pour son efficience et efficacité certaines règles législatif mais surtout jurisprudentielles capable de s’adapter avec les
évolutions rapides et incessantes que connait l’activité commerciale.
Dans cet exposé nous allons essayer de relater les différents procédés que retient la notion de libre concurrence au
Maroc et l’évolution du principe de la libre concurrence.
1/ Définitions de la concurrence et la libre concurrence dans le droit marocain:
La concurrence se définit comme la compétition économique qui se joue sur un même marché pour atteindre une fin
économique déterminée.
La concurrence est la loi du commerce. Les agents économiques peuvent utiliser tous procédés pour attirer ou retenir
la clientèle qui est l’élément essentiel du fonds de commerce.
La libre concurrence est un principe général du droit. Elle constitue une application particulière d’un autre grand
principe : celui de la liberté du commerce et de l’industrie, tant il est vrai que la concurrence n’est concevable que si
les agents économiques peuvent développer librement leurs activités.
2/ Présentation de la loi 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence.
La loi 06-99 du 5juin 2000 relative à la liberté des prix et de la concurrence a rendu caduque la loi de 1971 (008-71)
sur le contrôle des prix et les conditions de vente des produits et marchandises.
La liberté des prix devient la règle, L’encadrement administratif devient l’exception.
L’adoption de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence a pour finalité principale d’organiser la libre
concurrence qui représente le meilleur processus de régulation de l’économie de marché et le meilleur moyen de mise
à niveau de l’économie marocaine, de réguler la dominance économique et le pouvoir de marché.
Les objectifs de la loi peuvent se résumer comme suit : garantir la liberté des prix et leur formation par le libre jeu de
la concurrence, garantir la liberté d’accès de tous les opérateurs à toutes les activités, protéger les intérêts économique
des consommateurs, se conformer aux engagements auxquels le Maroc a librement souscrit notamment le Traité
d’association avec L’Union européenne, à la CNUCED, à L’OMC…
Sous cet angle, il convient de rappeler que la réforme relative à la liberté des prix et de la concurrence, concrétisée par
la loi 06-99 du 5 juin 2000, est l’aboutissement d’un processus d’ajustement, de libéralisation et de mise à niveau de
l’économie marocaine.
En effet, l’évolution continue du Maroc vers l’économie de marché ouverte s’est accompagnée par de grandes
réformes sur le plan économique et juridique qui ont marqué la volonté du législateur marocain de s’engager dans un
processus de libéralisation et d’ouverture.
Ce processus de libéralisation et d’ouverture s’est concrétisé dans de nombreuses réformes législatives. On peut citer à
titre d’illustration le Dahir portant loi du 06 juillet 1993 relatif à l’exercice de l’activité des établissements de crédit et
de leur contrôle ; le Dahir portant loi du 21 septembre 1993 relatif à la bourse des valeurs, la loi 17-95 sur les sociétés
anonymes, la loi 5-96 mettant en place un régime applicable aux société en non collectif, en commandite, aux SARL
et aux société en participation, le code de commerce en 1997, la création des tribunaux de commerce.
En 1997, la loi sur la propriété industrielle en 2000, la loi sur les assurances en 2002, etc.…
Parmi toutes ces réformes, la loi 06-99 clarifie la portée du principe constitutionnel de la liberté d’entreprendre et de la
garantie de la propriété privée. La loi prohibe les pratiques anticoncurrentielles telles l’entente et l’abus de position
dominante et les pratique restrictives de la concurrence comme le refus de vente, les vents liées ou les pratique
discriminatoires, Elle conditionne les opérations de concentration par un contrôle préventif qui consiste à soumettre
les projets de concentration à un accord préalable de l’autorité de la concurrence après avis du conseil de la
concurrence.
Parallèlement à l’intervention de l’autorité de la concurrence, en l’occurrence le premier ministre, la loi 06-99 habilite
le conseil de la concurrence à émettre des avis, des conseils et des recommandations.
La loi confie par ailleurs aux tribunaux des compétences en matière de régulation de la concurrence.
Droit de la concurrence
Introduction
Le droit de la concurrence regroupe l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires visant à garantir le
respect du principe de la liberté du commerce et de l'industrie au sein d'une économie de libre marché. Cette branche
du droit est l'un des fondements du droit communautaire. Il est connu sous l'expression de droit antitrust dans le
monde anglo-saxon. Au sens strict du terme le droit de la concurrence désigne essentiellement le droit des pratiques
anticoncurrentielles (ententes et abus de domination), le contrôle des concentrations ainsi que le contrôle des aides
d'État.
En France, la doctrine rattache également au droit de la concurrence1, le droit des pratiques restrictives de
concurrence, inséré au titre IV du Livre IV du Code de commerce ("De la transparence, des pratiques restrictives de
concurrence et d'autres pratiques prohibées") ainsi que le droit de la concurrence déloyale, bâti essentiellement sur le
fondement du droit commun de la responsabilité civile. Ces deux branches sont parfois qualifiées de "petit droit de la
concurrence", par opposition au "grand droit de la concurrence" d'origine communautaire.
I. Pourquoi un droit de la concurrence ?
1. Fondements théoriques
« La concurrence apparaît de plus en plus comme une forme d’organisation et non plus comme un état naturel,
spontané, normal ».
À défaut de pouvoir décréter la concurrence, le rôle du droit de la concurrence est souvent d’obliger les entreprises à
se faire concurrence, ou à la subir. La protection des concurrents n’est pas le souci premier du droit de la concurrence;
ce qui le préoccupe, en principe, c’est le fonctionnement macro-économique du marché et notamment la recherche de
l’efficience économique. L'efficience économique est entendue comme « la plus grande satisfaction du consommateur
par les producteurs compte tenu de la rareté des ressources globales de la collectivité ».
En pratique, et en fonction de la pondération des politiques de concurrence, les règles de droit de la concurrence et
plus largement du droit économique ont vocation, concomitamment ou alternativement à :
- autoriser, voir stimuler la concurrence entre les entreprises garantissant :
- l’accès au marché ;
- la transparence du marché ;
- protéger la concurrence existante en sanctionnant
- la concurrence déloyale ;
- les pratiques élusives de concurrence ;
- limiter ou interdire la concurrence dans certains cas :
- en autorisant certaines entités à échapper à l’application du droit de la concurrence (but exclusivement social,
prérogatives de puissance publique…);
- en concédant provisoirement certains monopoles pour encourager la recherche (propriété intellectuelle des brevets).
2. Typologie des incriminations et prescriptions du droit de la concurrence
Le droit de la concurrence prévoit un certain nombre d'incriminations et de prescriptions.
On distingue traditionnellement :
- la surveillance des structures qui consiste à contrôler, avant leur réalisation, les fusions d'entreprises, c’est-à-dire leur
concentration. L'autorité de concurrence compétente est appelée à analyser les effets sur le marché des projets de
fusion entre entreprises concurrentes.
- La surveillance des comportements par l'identification des différentes pratiques anticoncurrentielles :
Les ententes illicites entre entreprises, terme générique désignant les accords entre entreprises, les décisions
d'associations d'entreprises, les pratiques concertées, etc.
Les situations de domination et de dépendance, notamment les abus de position dominante.
La concurrence déloyale entre entreprises n'est pas une incrimination de droit de la concurrence dans la mesure où elle
ne sanctionne pas le comportement d'une entreprise sur le marché mais le manquement d'une entreprise à une
concurrence loyale envers une autre entreprise. Elle appartient au droit de la responsabilité délictuelle et se résout en
dommages-intérêts.
2.1. Sanctions du droit de la concurrence
- Sanctions pécuniaires :
Amendes imposées par les autorités de concurrence
Dommages et intérêts : les victimes de pratiques anticoncurrentielles peuvent également introduire une action en
Responsabilité civile.
- La nullité des conventions (contrats) ou de certaines dispositions de celles-ci,
- Le démantèlement antitrust en droit américain notamment
2.2. Autorités de concurrence
L’application du droit de la concurrence est assurée par les autorités de concurrence. Les fonctions de ces dernières
sont assumées conjointement ou alternativement par un juge, des autorités politiques ou des institutions
indépendantes, dont certaines peuvent être des autorités de régulation sectorielle. Les recours formés contre ces
décisions sont déférés devant un juge du second degré.