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Edition : La Table Ronde.

La pièce de théâtre proposée aux élèves de la première année du


baccalauréat s’intercale au milieu du programme pour donner goût aux élèves
d’un art qui n’a cessé de séduire, voire d’ébahir son public. C’est une pièce qui
n’est pas choisie au hasard, elle set bien ciblée vu son importance et sa valeur
culturelle.
En effet, quoiqu’elle soit proposée comme deuxième œuvre ; elle mérite
une attention particulière de la part des élèves : d’une part, c’est une pièce qui
présente des particularités nécessitant une analyse profonde. D’autre part, c’est
une tragédie antique sous une vision moderne, d’où sa distinction et sa
particularité.
Ainsi, notre intérêt à l’égard de cette pièce sera plus pesant vu les objectifs
et les messages que cherche son auteur à transmettre aux lecteurs et aux
téléspectateurs. De là, dons s’annonce notre axe de lecture, Antigone, une révolte contre le monde des
adultes, qui visera à travers l’analyse le développement de certaines compétences chez les apprenants, à
savoir :
☺ L’étude du rôle du prologue dans une tragédie moderne.
☺ Le repérage et l’étude des caractéristiques du héros tragique.
☺ L’analyse des mythes antiques dans la tragédie moderne.
☺ L’étude du dénouement dans une tragédie moderne.
Module ΙΙ :
Macro compétence : Lire méthodiquement une tragédie moderne repérer, ses caractéristiques et s’initier au
langage théâtral.

Problématique : Qu’est-ce qui fait de la réécriture d’un mythe de façon moderne, une originalité
particulière ?

Activité 1 :
Projection de la pièce.

T.encadrés et A. Orales: *Le mythe d’Œdipe.


*La généalogie de la famille royale.
*Biographie de l’auteur.
*Le contexte historique de la pièce.

Lecture méthodique :
Extrait 1 : Le prologue ; p 9. (Ses caractéristiques).

A. Langue : La caractérisation.

A.P.E :
Sujet : Du prologue vers l’incipit.

Lecture méthodique :
Extrait 2 : La nourrice / Antigone ; pp 40/44.

A. Langue : Le récit et le discours.

T.encadrés et A. Orales : La tragédie et son évolution.


→Caractériser un genre théâtral.

A.P.E :
Sujet : rédiger un portrait d’une personne de son choix.

Lecture méthodique :
Extrait 3 : Antigone / Hémon ; pp 45/50
De : « Ismène : Tu es malade… A… Antigone : C’est fini pour Hémon ».

A. Langue: La modalisation

T.encadrés et A. Orales : Travail de comparaison :


→Tragédie classique/tragédie moderne.

A.P.E :
Sujet : rédiger une réplique argumentative en exploitant l’expression de l’hypothèse.

Lecture méthodique :
Extrait 4 : Antigone / Créon ; pp 90/92.
De : « Ne reste pas trop seule… A… tu es folle, tais-toi »
A. Langue : Discours direct/indirect (1ère partie : verbe introducteur au présent ou futur)

T.encadrés et A. Orales : Schéma actanciel.

A.P.E :
Sujet : Rédiger un texte argumentatif selon le plan dialectique.

Lecture méthodique :
Extrait 5 : Antigone/ Le garde ; pp 98/110.
De : « Créon crie soudain… A… la fin ».

A. Langue : Discours direct/indirect (2ème partie : verbe introducteur au passé)

T.E et A.O : Analyser l’originalité du prologue de Jean Anouilh.

A.P.E :
Sujet : Rédiger un dialogue argumentatif dans lequel Antigone demande la clémence du roi.

T.encadrés et A. Orales:
1-Bilan de l’étude : Antigone contre le monde des adultes.
2-Fiche de lecture.
Niveau : 1ère A.bac
Activité : Travaux encadrés et activités orales.
Durée : 2 heures
Sujets : 1-
1-Le mythe d’Œdipe.
2-L’arbre généalogique de la famille royale.
3-Biographie de l’auteur.
4-Le contexte historique de la pièce.
Compétences ciblées
ciblées : amener l’élève à :
Effectuer des recherches pour informer et s’informer.
Communiquer oralement un contenu.

N.B : Ce travail doit être communiqué aux élèves d’avance pour qu’il soit présenté oralement.

1-Le mythe d’Œdipe :


Oedipe était le fils de Laïos, roi de Thèbes, et de la reine Jocaste. L’oracle de Delphes avait prédit à l’infortuné Laïos
une tragique destinée : il mourrait de la main de son fils Œdipe qui épouserait ensuite sa mère. Quand son enfant
naquit, il l’abandonna sur le Mont Cithéron. Oedipe fut recueilli et élevé par le roi de Corinthe, Polybe. Quelques
années plus tard, il apprenait lui-même de l’oracle delphien la terrible prédiction : atterré, il décida de fuir ceux qu’il
prenait pour ses parents sans savoir qu’il courait en fait au-devant de son destin. En cours de route, il se querella avec
un voyageur qu’il tua : c’était son père Laïos. Il arriva aux portes de Thèbes alors plongée dans la famine et menacée
par un monstre terrifiant, le Sphinx, qui dévorait tous ceux qui ne pouvaient résoudre l’énigme qu’il leur proposait.
Oedipe en débarrassa la cité ; les citoyens reconnaissants le prirent pour roi et c’est ainsi qu’il épousa la veuve du roi
défunt, Jocaste, sa mère.
Quatre enfants naquirent de cette union : deux fils, Etéocle et Polynice, et deux filles, Antigone et Ismène.
Oedipe apprit un jour l’horrible vérité de la bouche du devin Tirésias, le vieux prophète aveugle. Il se creva les yeux,
tandis que Jocaste se donnait la mort. Il quitta Thèbes, et erra guidé par sa fille Antigone. Quant à ses deux fils, ils
proclamèrent leur droit au trône et décidèrent de régner chacun à leur tour pendant une année. Mais Étéocle refusa de
rendre à Polynice le pouvoir annuel qui lui revenait et il le chassa de la ville. Celui-ci se réfugia à Argos et vint
assiéger Thèbes avec six autres chefs argiens. Les deux frères s’entre-tuèrent.
Créon, le frère de Jocaste, prit alors le pouvoir. À Étéocle, qui avait combattu pour défendre la cité contre les
assaillants, furent accordées des funérailles grandioses, tandis que le corps de Polynice fut destiné à être abandonné
sans sépulture aux chacals et aux oiseaux de proie. Tel fut le décret de Créon : quiconque oserait lui rendre les devoirs
funèbres serait mis à mort. Il bravait ainsi toutes les lois divines et sacrées, condamnant l’âme de Polynice à errer
éternellement sans jamais trouver le repos ni pouvoir entrer dans le royaume des morts. Antigone et lsmène apprirent
avec horreur la décision de Créon. Antigone ne voulut pas abandonner son frère et préféra affronter la mort pour
accomplir les rites funéraires. Ismène tenta de la raisonner et de la dissuader de s’opposer au pouvoir, mais en vain :
elle ensevelit le corps de Polynice au prix de sa vie.
2-La généalogie de la famille :
3-Biographie d’Anouilh :
Il naît en 1910 à Bordeaux d’un père tailleur et d’une mère violoniste, et reçoit tille éducation protes tante. A partir
de 1921, il vit à Paris et rentre au collège Chaptal. Pris très tôt de passion pour l’écriture théâtrale, il lit Shaw, Claudel
et Pirandello, et subit l’influence d’un auteur à la mode, Henri Bataille. De son propre aveu, le choc décisif vient d’une
représentation en 1928 de Siegfried, de Jean Giraudoux.
Il connaît un succès triomphal en 1938 avec Le Bal des voleurs, que monte André Barsac le futur metteur en scène
d’Antigone ; La Sauvage, qu’il a écrite en 1934, est montée et jouée par le célèbre couple Pitoëff avec une égale
réussite. Jean Anouilh devient alors une figure parisienne, un auteur à la mode. Il s’est dégagé de l’influence de
Giraudoux, de sa virtuosité et de son éclat, pour adopter un style plus personnel. Il collabore avec des célébrités, Pierre
Fresnay, Yvonne Printemps et le compositeur Francis Poulenc pour Léocadia en 1939, et fonde avec Jean-Louis
Barrault et René Barjavel la revue La Nouvelle Saison.
Il ne cesse pas d’écrire pendant l’Occupation, et donne Eurydice en 1941. Mais dans ce climat troublé il se sent
décalé, à l’écart, et refuse d’afficher une opinion tranchée. Face aux nazis et à la Résistance, il se veut au-dessus de la
mêlée et refuse de suivre quelque mouvement que ce soit, ce qui lui sera abondamment reproché. En 1944, un an après
Les Mouches de Sartre, Antigone est jouée pour la première fois. Elle connaît le succès, mais avec un parfum de
scandale. Dans le contexte de la fin de la guerre, la pièce est récupérée ou accusée par tous les bords.
Après la Libération, la rumeur accuse Anouilh de sympathies pro-nazies. Il s’en défend, mais affiche une certaine
compassion pour les vaincus et dénonce les excès de l’épuration. Il organise une campagne de signatures pour sauver
l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach qui a été condamné à mort en février 1945, mais cette tentative échoue.
L’exécution de Brasillach le marque profondément.
À Antigone et Eurydice doivent être ajoutées deux autres pièces d’inspiration mythologique, un Oreste inachevé et
publié en 1945, rédigé apparemment dans les mêmes années, qui deviendra Tu étais si gentil quand tu étais petit en
1972, et une Médée publiée en 1946 et jouée en 1953. Un médiocre Oedipe ou Le Roi boiteux vient en 1978 s’ajouter
tardivement à cet ensemble et donne une sorte d’introduction à Antigone.
Il mourut le 3 octobre 1987 à Lausanne.
Françoise P ALOS LP A. ESCOFFIER, Cagnes/me q Le MONDE, 8 août 1998
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Lecture méthodique
Durée : 2 heures
Extrait 1 : Le prologue. P 9.
Compétences ciblées
ciblées : amener l’élève à :
Identifier les caractéristiques du prologue.
Repérer l’intérêt du prologue par rapport à l’ensemble de la pièce.

Extrait 1

LE PROLOGUE
Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit
rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la
maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde,
seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien
aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce
rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme,
de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.
Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d'Antigone.
Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car
Ismène est bien plus belle qu'Antigone ; et puis un soir, un soir de bal où il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir où Ismène avait
été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant
ses genoux, et il lui a demandé d'être sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses
yeux graves sur lui et elle lui a dit « oui » avec un petit sourire triste... L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux
éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne
devait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.
Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c'est Créon. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il
joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il
aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont
morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches, et il a pris leur place.
Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s'il n'est pas vain de conduire les hommes. Si cela n'est pas un office sordide
qu'on doit laisser à d'autres, plus frustes... Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu'il faut résoudre, et il se lève,
tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.
La vieille dame qui tricote, à côté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c'est Eurydice, la femme de Créon. Elle tricotera
pendant toute la tragédie jusqu'à ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est
d'aucun secours. Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.
Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve adossé au mur, solitaire, c'est le Messager.C'est lui qui viendra annoncer la mort
d'Hémon tout à l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà...
Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leurs chapeaux sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de
mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les
accusés le plus tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute
imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d'eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu'à
ce qu'un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l'arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de
Créon.
Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment où les deux fils
d'Œdipe, Étéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les
murs de la ville, Étéocle l'aîné, au terme de la première année de pouvoir, ayant refusé de céder la place à son frère. Sept grands
princes étrangers que Polynice avait gagnés à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Maintenant la ville est
sauvée, les deux frères ennemis sont morts et Créon, le roi, a ordonné qu'à Étéocle, le bon frère, il serait fait d'imposantes
funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et
des chacals.. Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort.
Pendant que le Prologue parlait, les personnages sont sortis un à un. Le Prologue disparaît aussi. L'éclairage s'est modifié sur
la scène. C'est maintenant une aube grise et livide dans une maison qui dort. Antigone entr'ouvre la porte et rentre de l'extérieur
sur la pointe de ses pieds nus, ses souliers à la main. Elle reste un instant immobile à écouter. La nourrice surgit.
ANOUILH : ANTIGONE.

Ι-Mise en situation :
1-Situer le passage en question :
Situation :
• Identification du passage : extrait de la tragédie moderne de Jean Anouilh, Antigone écrite en 1942, présentée
pour la première fois en 1944 et publiée en 1946.
• Contenu : Dans ce prologue on découvre les personnages, le lieu, le temps et l’intrigue (Cf : l’indication
scénique p 13) : on peut considérer ce prologue comme scène d’exposition.

N.B : La situation doit être rédigée sous forme d’un paragraphe)

2-Quel est le type de ce prologue ? Justifiez. (Type de texte) .


• Texte à dominante descriptive :
Just : Les présentatifs : Voilà, ces, …
Les caractérisants : adjs, advs, relatives…
Temps verbal dominant : présent de l’énonciation : rendre les faits réels .

3-Relevez les éléments de l’énonciation contenus dans ce prologue.


• Qui parle ? Le Prologue
A qui ? Au public
De quoi ? Des personnages et de leurs rôles, ainsi que de l’histoire.
Où Sur la scène, dans une maison … Cf.13
Quand ? A l’aube.
Comment ? Dans un discours proche du familier : ex : voilà, bougres…
Dans quel but ? Informer…
Reque :
On peut aussi parler de focalisation à la place de l’énonciation :
→Focalisation zéro : Prologue omniscient, il sait tout de ses personnages : leur présent, passé et futur.

ΙΙ-Hypothèse de lecture :
En quoi consiste l’originalité de cette scène d’exposition par rapport à celle du théâtre classique ?

ΙΙΙ-Axe de lecture :

Un prologue qui s’éloigne de la tradition classique (prologue original) :


• Que désigne traditionnellement le « prologue » ? Quelle est la particularité du « Prologue »
d’Anouilh ? Citez le texte.
→Traditionnellement, le « prologue » signifie le discours qui introduit une pièce de théâtre / partie d’un drame
antique qui précède l’entrée du chœur (groupe de personnes qui exécutent une danse et des chansons dans le théâtre antique) ; alors que
chez Anouilh vise la personne/ le personnage qui met le spectateur dans la situation en lui présentant les
faits et les personnages.

N.B : En ce qui concerne « le Prologue » de J.Anouilh, il présente beaucoup de particularités en s’écartant


des contraintes de la tragédie classique et ce, par le fait de :
Présenter tous les personnages.
Employer un registre de langue familier (ex : Voilà…)
Recourir à des anachronismes (ex : cf. texte et didascalies)

• Relevez tous les éléments qui font de ce prologue une scène d’exposition :
→On a :
☺ Les personnages dans l’ordre : Antigone, Ismène, Hémon, Créon, la nourrice, Eurydice, le
Messager, les gardes.
☺ Le lieu : Thèbes (cf p 12) une maison (cf p 13)
☺ Le temps : Juste après la disparition d’Œdipe et le conflit entre Etéocle et polynice sur le trône
(cf12/13) une aube grise (cf p 13)
N.B : Attirer l’attention des élèves sur ce fait (lieu et temps) et pourquoi pas évoquer la rège des trois unités
dans le théâtre :

La règle des trois unités

Le XVIIe siècle a vu peu à peu s’imposer la règle des trois unités. Cette règle permet au dramaturge d’accroître l’efficacité
théâtrale, de rendre l’action plus vraisemblable.

• L’unité d’action : les intrigues secondaires sont proscrites. Cela permet de concentrer l’intérêt dramatique sur le sujet
principal de l’œuvre, de simplifier l’intrigue.
• L’unité de temps : la durée de la représentation théâtrale doit coïncider avec la durée de l’action représentée. À la
différence du théâtre baroque où les événements pouvaient s’étendre sur plusieurs jours, mois, voire plusieurs
années, l’action des pièces classiques n’excède pas les vingt-quatre heures. Cette règle permet d’éviter
l’invraisemblance.
• L’unité de lieu : l’action doit se dérouler en un lieu unique. L’espace scénique coïncide ainsi avec le lieu de l’action
représentée.

Il existait en outre d’autres exigences :

• L’unité de ton doit être respectée afin de maintenir la séparation des genres (tragédie / comédie) ;
• Les bienséances sont de deux ordres :
o Les bienséances externes doivent être respectées afin de ne pas heurter le public : tout ce qui va contre la
morale est banni (les scènes de violence, la mort, etc.) ;
o Les bienséances internes relèvent de la cohérence des caractères des personnages. Le personnage a un
caractère propre établi au début de la pièce et ce caractère est développé de manière cohérente jusqu’à la fin
de l’action.

Lire la suite sur : http://www.etudes-litteraires.com/regle-trois-unites.php#ixzz2k9Ju9jA8

☺ L’intrigue : cf § 3 pp 12/13.
• En vous appuyant sur le champ lexical du théâtre et sur les indices énonciatifs dans le prologue,
dites ce que le Prologue tient à rappeler aux spectateurs. Quelle est alors l’intention du
dramaturge ?
→Le champ lexical du théâtre : personnages, décor, rideau…
Les indices énonciatifs : vous, nous, discours du Prologue (cf pp 9, 10…)
Le Prologue tient à rappeler aux spectateurs qu’il s’agit d’un jeu de rôles. L’intention du dramaturge est
de montrer qu’il a violé les règles de la scène d’exposition classique (rappeler la scène d’exposition chez Molière) en
actualisant le mythe d’Antigone.

• Quels événements mythiques le Prologue évoque-t-il ? Quel est leur intérêt dramatique ?
→Le mythe d’Œdipe et le problème qui s’est déclenché entre Polynice et Etéocle (cf pp 12/13).
L’intérêt dramatique est de mettre le spectateur / le lecteur dans la situation pour qu’il puisse juger
correctement le comportement d’Antigone.

• Comment la tragédie est-elle annoncée ? Citez le texte.


→La tragédie est annoncée dans l’intrigue en évoquant les causes qui ont poussé Antigone à choisir une
destinée pareille (cf pp 12/13).

• Quelles autres informations apporte le Prologue ? Citez le texte.


→Le Prologue décrit (le portrait physique et moral) les personnages de la tragédie. (Cf support).

• Par quels moyens linguistiques sont présentés les personnages ?


→On a les présentatifs : c’est, ces, cet, ce… Cf support.
On a des caractérisants : verbes, adjs, advs, relatives… Cf support.

ΙV-Traces écrites :

Le Prologue chez Anouilh, quoiqu’il soit différent de la scène d’exposition dans le théâtre classique,continue
à remplir la même fonction de cette dernière.
En effet, il informe le lecteur/le spectateur sur tous les éléments nécessaires pour comprendre la tragédie (les
personnages, le lieu, le temps, l’intrigue…)

V-Prolongement :

Lire d’autres scènes d’exposition chez des auteurs classiques comme Corneille, Racine et établir une
comparaison avec le prologue de Jean Anouilh dans Antigone.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Langue
Durée : 1 heure
Sujet : La caractérisation
Compétences ciblées : amener l’élève à :
Identifier les moyens de la caractérisation.
Classer les éléments de la caractérisation selon leur nature grammaticale.

TEXTE :

(....) Antigone, c’est la petite maigre qui arrive, là bas (....) elle pense qu’elle va mourir. Le jeune homme avec qui
parle la blonde, la belle, l’heureuse Ismène, c’est Hémon. Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là,
prés de son page, c’est Créon, c’est le roi. Il a des rides, il est fatigué (....).
La vieille dame qui tricote, à côté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c’est Eurydice, la femme de Créon (....)
elle est bonne, digne, aimable.
Antigone, le prologue ; J.ANOUILH.

CONCEPTUALISATION :
• De quel type de texte s’agit-il ? Justifiez votre réponse →Texte descriptif : caractérisants…
• Complétez le tableau à partir du texte ci-dessus :

Noms Caractérisants Nature et fonction des


caractérisants.

• Comment appelle –t- on les moyens qui servent à décrire ? → Les caractérisants.
• Qu’est ce que la caractérisation ?
• Définition : La caractérisation consiste à doter un être, un objet, une chose… d’une qualité qui le
caractérise de façon permanente ou de façon accidentelle.
La caractérisation s’effectue par plusieurs moyens linguistiques (Cf tableau ci-dessus).
Réemploi :
Identifiez les caractérisants et classez-les selon leur nature grammaticale :
1-Un grand apaisement triste tombe sur Thèbes et sur le palais vide.
2-Morts pareils, tous biens raides, bien inutiles, bien pourris.
3-Antigone a un pauvre sourire.
4-Un décor neutre, trois portes semblables.
5-Ceux qui bavardent et qui sont en scène vont mourir.
6-Eurydice qui tricote, est une femme digne, bonne et aimable.
Production :
Phase réservée aux élèves pour produire des phrases.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Production écrite.
Durée : 1 heure
Sujet : Transformez le prologue de manière à ce qu’il soit un incipit d’un conte
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Reproduire un texte en passant du discours vers le récit.

1ère phase :
Lecture du sujet et repérage des mots-clés.
Réexpliquer les deux mots principaux : → Le prologue.
→ L’incipit.
Insister sur le rôle de l’incipit qui permet de connaitre : *les personnages.
*le lieu de l’action.
*le temps des faits.
*l’intrigue.
2ème phase : Plan du sujet :
Identification des personnages : Antigone, Ismène, Hémon, Créon, Eurydice, les gardes.
Caractéristiques des personnages : cf prologue p 9.
Lieu des actions : Scène un village primitif.
Le temps des faits : cinq cent ans avant J.C
L’intrigue : *Evoquer la vie paisible de la famille royale.
*le village qui commence à souffrir : famine, maladies…
*Consultation du sage du village qui dévoile la vérité choquante : résumer l’histoire
d’Oedipe et de ses deux fils, Etéocle et Polynice…
*Créon qui devient roi et impose son décret refusé par Antigone…
N.B : l’incipit doit s’arrêter ici comme quoi c’est le début de l’histoire…

3ème phase :

☺ Attribuer quelques minutes aux élèves pour qu’ils tentent de rédiger le texte.
☺ Lire quelques productions et choisir une pour la réécrire et l’affiner ensemble sur le tableau.
☺ Sinon, effectuer un travail collectif sur le tableau.
Texte exemple :

Il y avait cinq cents ans avant J.C, une famille royale vivait dans un village primitif. Tout le monde jouissait
de la quiétude et de la belle vie. Malheureusement, leur village ne connaissait que malheurs et famine.
Le roi décida alors de consulter le mire qui lui dévoila une réalité insupportable. Le village baigne dans le
mal à cause de l’adultère qu’il a commis, il a tué son père et épousé sa mère. Terrifié, Œdipe creva ses yeux
et disparut. Ses deux fils essayèrent de se mettre d’accord sur le trône, malheureusement ils ne parvinrent
guère et se tuèrent. On considéra alors, Polynice comme traitre et le nouveau roi prit la situation en main et
décida que ce dernier ne sera plus inhumé alors que son frère Etéocle aura des funérailles dignes d’un roi.
Personne n’osa s’en approcher sinon sa petite sœur Antigone. Elle se mit face au roi et entra avec lui en
conflit…
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Lecture méthodique
Durée : 2 heures
heures
Extrait 2 : La
La nourrice / Antigone pp 13/20.
13/20.
Compétence ciblée : amener l’apprenant à :
Repérer les caractéristiques du héros tragique.

Extrait 2 :

LA NOURRICE
D'où viens-tu ?

ANTIGONE
De me promener, nourrice. C'était beau. Tout était gris. Maintenant, tu ne peux pas savoir, tout est déjà rose, jaune, vert. C'est
devenu une carte postale. Il faut te lever plus tôt, nourrice, si tu veux voir un monde sans couleurs.
Elle va passer

LA NOURRICE
Je me lève quand il fait encore noir, je vais à ta chambre, pour voir si tu ne t'es pas découverte en dormant et je ne te trouve plus
dans ton lit !

ANTIGONE
Le jardin dormait encore. Je l'ai surpris, nourrice. Je l'ai vu sans qu'il s'en doute. C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux
hommes.

LA NOURRICE
Tu es sortie. J'ai été à la porte du fond, tu l'avais laissée entrebâillée.

ANTIGONE
Dans les champs, c'était tout mouillé, et cela attendait. Tout attendait. Je faisais un bruit énorme toute seule sur la route et j'étais
gênée parce que je savais bien que ce n'était pas moi qu'on attendait. Alors j'ai enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la
campagne sans qu'elle s'en aperçoive...

LA NOURRICE
Il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit.

ANTIGONE
Je ne me recoucherai pas ce matin

LA NOURRICE
A quatre heures ! Il n'était pas quatre heures ! Je me lève pour voir si elle n'était pas découverte. Je trouve son lit froid et
personne dedans.

ANTIGONE
Tu crois que si on se levait comme ça tous les matins, ce serait tous les matins aussi beaux, nourrice, d'être la première fille
dehors ?

LA NOURRICE
La nuit ! C'était la nuit ! Et tu veux me faire croire que tu as été te promener, menteuse ! D'où viens-tu ?

ANTIGONE, a un étrange sourire.


C'est vrai, c'était encore la nuit. Et il n'y avait que moi dans toute la campagne à penser que c'était le matin. C'est merveilleux,
nourrice. J'ai cru au jour la première aujourd'hui.

LA NOURRICE
Fais la folle ! Fais la folle ! Je la connais, la chanson. J'ai été fille avant toi. Et pas commode non plus, mais dure tête comme toi,
non. D'où viens-tu, mauvaise ?

ANTIGONE, soudain grave.


Non. Pas mauvaise.

LA NOURRICE
Tu avais un rendez-vous, hein ? Dis non, peut-être.

ANTIGONE, doucement.
Oui. J'avais un rendez-vous.
LA NOURRICE
Tu as un amoureux ?

ANTIGONE, étrangement, après un silence.


Oui, nourrice, oui, le pauvre. J'ai un amoureux.

LA NOURRICE, éclate.
Ah ! c'est du joli ! c'est du propre ! Toi, la fille d'un roi ! Donnez-vous du mal ; donnez-vous du mal pour les élever ! Elles sont
toutes les mêmes ! Tu n'étais pourtant pas comme les autres, toi, à t'attifer toujours devant la glace, à te mettre du rouge aux
lèvres, à chercher à ce qu'on te remarque. Combien de fois je me suis dit : « Mon Dieu, cette petite, elle n'est pas assez coquette !
Toujours avec la même robe, et mal peignée. Les garçons ne verront qu' Ismène avec ses bouclettes et ses rubans et ils me la
laisseront sur les bras. » Hé bien, tu vois, tu étais comme ta sœur, et pire encore, hypocrite ! Qui est-ce ? Un voyou, hein, peut-
être ? Un garçon que tu ne peux pas dire à ta famille : « Voilà, c'est lui que j'aime, je veux l'épouser. » C'est ça, hein, c'est ça ?
Réponds donc, fanfaronne !

ANTIGONE, a encore un sourire imperceptible.


Oui, nourrice.

LA NOURRICE
Et elle dit oui ! Miséricorde ! Je l'ai eue toute gamine ; j'ai promis à sa pauvre mère que j'en ferais une honnête fille, et voilà !
Mais ça ne va pas se passer comme ça, ma petite. Je ne suis que ta nourrice, et tu me traites comme une vieille bête ; bon ! mais
ton oncle, ton oncle Créon saura. je te le promets !

ANTIGONE, soudain un peu lasse.


Oui, nourrice, mon oncle Créon saura. Laisse-moi, maintenant.

LA NOURRICE
Et tu verras ce qu'il dira quand il apprendra que tu te lèves la nuit. Et Hémon ? Et ton fiancé ? Car elle est fiancée ! Elle est
fiancée et à quatre heures du matin elle quitte son lit pour aller courir avec un autre. Et ça vous répond qu'on la laisse, ça voudrait
qu'on ne dise rien. Tu sais ce que je devrais faire ? Te battre comme lorsque tu étais petite.

ANTIGONE
Nounou, tu ne devrais pas trop crier. Tu ne devrais pas être trop méchante ce matin.

LA NOURRICE
Pas crier ! Je ne dois pas crier par dessus le marché ! Moi qui avais promis à ta mère... Qu'est-ce qu'elle me dirait, si elle était là ?
« Vieille bête, oui, vieille bête, qui n'as pas su me la garder pure, ma petite. Toujours à crier, à faire le chien de garde, à leur
tourner autour avec des lainages pour qu'elles ne prennent pas froid ou des laits de poule pour les rendre fortes ; mais à quatre
heures du matin tu dors, vieille bête, tu dors, toi qui ne peux pas fermer l'oeil, et tu les laisses filer, marmotte, et quand tu arrives,
le lit est froid ! » Voilà ce qu'elle me dira ta mère, là-haut, quand j'y monterai, et moi j'aurai honte, honte à en mourir si je n'étais
pas déjà morte, et je ne pourrai que baisser la tête et répondre : « Madame Jocaste, c'est vrai. »

ANTIGONE
Non, nourrice. Ne pleure plus. Tu pourras regarder maman bien en face, quand tu iras la retrouver. Et elle te dira : « Bonjour,
nounou, merci pour la petite Antigone. Tu as bien pris soin d'elle. » Elle sait pourquoi je suis sorti ce matin.

LA NOURRICE
Tu n'as pas d'amoureux ?

ANTIGONE
Non, nounou.

LA NOURRICE
Tu te moques de moi, alors ? Tu vois, je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère. Ta sœur était plus
douce, mais je croyais que c'était toi qui m'aimais. Si tu m'aimais, tu m'aurais dit la vérité. Pourquoi ton lit était-il froid quand je
suis venu te border ?

ANTIGONE
Ne pleure plus, s'il te plaît, nounou. (Elle l'embrasse) Allons, ma vieille bonne pomme rouge. Tu sais quand je te frottais pour que
tu brilles ? Ma vieille pomme toute ridée. Ne laisse pas couler tes larmes dans toutes les petites rigoles, pour des bêtises comme
cela -pour rien. Je suis pure, je n'ai pas d'autre amoureux qu'Hémon, mon fiancé, je te le jure. Je peux même te jurer, si tu veux,
que je n'aurai jamais d'autre amoureux... Garde tes larmes, garde tes larmes ; tu en auras peut-être besoin encore, nounou. Quand
tu pleures comme cela, je redeviens petite... Et il ne faut pas que je sois petite ce matin.
Antigone, Jean Anouilh.
Ι-Mise en situation :

a-Situer le passage en question :


→Etant rentrée discrètement de sa promenade nocturne, Antigone affronte sa nourrice et sa sœur Ismène qui
se montrent toutes ses réactions.
b-Typologie :
Genre : extrait de la tragédie moderne d’Anouilh.
Type : discours (dialogue)
Structure : le texte n’est pas découpé en scènes ; les personnages le découpent.
c-Énonciation :
Relever les éléments de l’énonciation :
Qui parle ? La nourrice
A qui ? Antigone
De quoi ? Deux sujets opposés : la nourrice lui reproche son absence de sa chambre
alors qu’Antigone, lui parle de la beauté du petit matin.
Où ? A la maison. (Cf p 14)
Quand ? Le matin. (cf. p 15)
Comment ? Quiproquo (à définir pour les élèves)

ΙΙ-Hypothèse de lecture :

Qu’est-ce qui fait de ce dialogue (faux-dialogue) une ouverture sur les traits d’Antigone ? (le portrait)

ΙΙΙ-Axe de lecture :

Les traits d’Antigone

Quel type de dialogue trouve-ton dans ce passage ? * Quel autre trait caractérise Antigone ?
Citez le texte. Justifiez.
→ Le quiproquo : →Antigone, l’enfant :

*Elle est sincère : elle ne ment pas et avoue


avoir un amoureux (pp 16-17)
1er dialogue (discours) : 2ème dialogue (discours) : *Elle est discrète : elle est sortie enterrer son
La nourrice veut s’assurer Antigone évoque la beauté frère sans l’avouer à quiconque.
des bonnes intentions matinale et la joie d’être la *Elle est innocente : elle réagit sans lire les
d’Antigone : première à en profiter. (cf texte.) conséquences de ses gestes.
pourquoi est-elle sortie la
nuit ? (cf texte)

*Quel registre utilise-t-elle ? Justifiez.


→elle utilise le registre soutenu ; exactement
les figures de style :
Exs :-le jardin dormait…
-Je fais un bruit énorme…

Quel registre utilise-t-elle ?


Citez le texte.
→Elle utilise le registre familier et
+ le champ lexical de l’enfance (cf. texte)
Exs : mauvaise, le pronom « tu »,
fais la folle, gamine, ma petite (p 18)…
ΙV-Traces écrites : On a deux personnages opposés, la nourrice parle terre-à-terre et Antigone utilise le
registre soutenu : on a donc un quiproquo très particulier.

V-Prolongement :
Penser à des situations dans lesquelles on produit des quiproquos…
Exs : *Une maman et sa fille qui ne veut pas se détacher de son ordinateur
*Un locataire et son voisin qui lui pose chaque fois des ordures à côté de sa porte…
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Langue
Durée : 1 heure
Titre
Titre : le récit et le discours
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Identifier les caractéristiques du récit et du discours.

Ι-Compréhension et conceptualisation :
• A partir des deux textes, compléter le tableau ci-dessous :

Texte :
Extrait 1 : « C’était après cette dispute. Ton père n’a pas voulu le faire juger. Tout le peuple était là (…) moi
aussi, j’ai fait un discours (…). Tu penses que je ne vais tout de même pas m’offrir la lune
d’une crapule dans les deux camps. Mais je vais te dire quelque chose à toi, quelque chose que
je sais seul », Créon Antigone.

Extrait 2 : « Et tu l’as conservée, n’est-ce pas, cette fleur ? Et hier, avant de t’en aller, tu as ouvert ton tiroir
et tu l’as regardée, longtemps, pour te donner du courage ? », Créon. Antigone.

• Qui parle dans ces deux extraits ? → Créon.


• A qui s’adresse-t-il ? → à Antigone.
• Quels sont les pronoms personnels utilisés dans les Deux extraits ? → Je / tu
• Identifiez les temps verbaux dans les deux extraits :
*Extrait 1 : l’’impft + p. composé + présent (cf texte).
*Extrait 2 : p. composé (cf texte)
• Dégagez les indicateurs spatio-temporels →après, là, hier, avant, longtemps.
• De quel type d’énonciation s’agit-il ?→ Il s’agit d’un discours.

Discours Récit
Je (nous), tu (vous) Il(s), elle(s) :
→Pronoms du dialogue →pronoms extérieurs à la communication.
Pronoms personnels
N.B : Le « je » est utilisé quand l’auteur
essentiels
rapporte un fait personnel relatif à un passé
lointain.
Le présent : • Le P.S /L’impft :
Tous les tps sont utilisés sauf le →Le P.S (et le p.antérieur) marque la suite
passé simple. C’est le passé chronologique des faits.
Temps de base composé et l’imparfait qui →L’impft (et le P.Q.P) décrit le cadre de
dominent quand il s’agit d’un fait l’action et la commente.
passé ? • Le présent de narration : rapproche
les faits et fait du lecteur un témoin.
Aujourd’hui, hier, demain, lundi Ce jour là, la veille, le lendemain, lundi
Indicateurs spatio-
dernier, dimanche prochain, ici, ce précédent, dimanche suivant, là, là-bas, ce
temporels
matin… matin-là…

ΙΙ-Réemploi :

Faire la distinction entre les deux types d’énonciation à partir de la lecture de quelques passages tirés
d’Antigone : pages pp 61,62, 88, 89, 90 …

ΙV-Production :
Phase réservée aux élèves pour construire des passages discursifs et narratifs.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: T.encadrés et A. orales.
Durée : 1 heure
Sujet : Caractériser un genre théâtral,
théâtral, la tragédie et son évolution (découpage de la pièce)
Compétences ciblées : amener l’élève à :
Identifier quelques indices particuliers de la tragédie moderne.
Découper la pièce pour délimiter les scènes.

N.B : Travail autonome.


Après avoir lu la pièce, vous répondez aux questions suivantes :
1. Quel est le personnage présent le long de la pièce ? Pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
2. Existe-t-il des divisions (actes, scènes) ?
…………………………………………………………………………………………………………
3. Reconstruisez l’architecture traditionnelle d’une pièce (on marque un changement de scène chaque
fois qu’un personnage entre ou sort).

Pages Scènes Personnages

Source : Françoise Palos


4. La règle des trois unités est-elle respectée ?
…………………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
Réponses possibles :

Après avoir lu la pièce, vous répondez aux questions suivantes :


1. Quel est le personnage présent le long de la pièce ? Pourquoi ?
→Antigone est présente presque tout le temps. Elle est le personnage central et tragique parce que son
destin est scellé. (On parle de titre éponyme)
2. Existe-t-il des divisions (actes, scènes) ?
→Non, aucune, ni actes, ni scènes, ni entracte : pas de subdivisions. ( la structure interne de l’œuvre
-exposition, nœud, dénouement- sera dégagée lors de la correction)
3. Reconstruisez l’architecture traditionnelle d’une pièce, selon les entrées et sorties des
personnages :

Pages Scènes Personnages


9-13 1 Le Prologue
13-20 2 Antigone, la nourrice
21 3 Antigone, la nourrice, Ismène
22-31 4 Antigone, Ismène
31-36 5 Antigone, la nourrice
37-44 6 Antigone, Hémon
45-46 7 Antigone, Ismène
46-53 8 Créon, le Garde
53-55 9 Le Chœur
55-60 10 Antigone, le Garde, Le 2ème Garde, le 3ème Garde.
60-64 11 Antigone, Créon, les Gardes.
64-97 12 Antigone, Créon
97-99 13 Antigone, Créon, Ismène
99-100 14 Créon, le Chœur.
100-105 15 Créon, le Chœur, Hémon
105-106 16 Créon, le Chœur.
106 17 Créon, le Chœur, Antigone, les Gardes.
106-117 18 Antigone, le garde
117-119 19 Le Chœur, le messager
119-123 20 Créon, le Chœur, le Page.
122-123 21 Le Chœur, les Gardes
Source : Françoise Palos
4- La règle des trois unités est-elle respectée ?
→Oui, la pièce se déroule en un même lieu, Thèbes, dans le palais du roi, en un seul jour et il s’agit
bien d’une seule action, l’accomplissement du destin d’Antigone.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: production écrite
Durée : 1 heure
Sujet : Faites le portrait (physique et moral) d’une personne de votre choix.
Compétences ciblées : amener l’élève à :
☺ Produire un texte descriptif.
☺ Exploiter les éléments de la caractérisation dans un cadre écrit.
1ère phase :
♣ Lecture du sujet et repérage des mots-clés.
♣ Attirer l’attention sur : *le type de texte à produire → un texte descriptif.
*les temps verbaux : impft, présent.
*l’organisation de la description : du général vers les détails ou l’inverse, du
haut vers le bas ou l’inverse, de gauche à
droite ou l’inverse…
2ème phase : Plan exemple :
♣ Identification du/de la personnage/personne en question, de sa fonction, de son métier, de votre
relation, de son âge, de sa situation familiale…
→Notre voisin, M.Mbarek est un ingénieur. Il est âgé aux environs de Quarante cinq ans. Il est marié et il a
deux enfants, une fille de sept ans et un petit garçon de trois ans.

♣ Portrait physique : M.Mbarek est d’une taille moyenne, aux alentours d’1m70cm. Il s’habille
classiquement et le vendredi il porte une djellaba. Il a des cheveux noirs, des yeux marron avec des
sourcils bien épais et des cils très bien tracés. Son nez est pointu, ses dents offrent un beau sourire et
ses lèvres minces lui donnent un charme particulier…
♣ Portrait moral : C’est un homme très gentil, Chaque fois qu’il passe dans le quartier, il n’hésite pas
à saluer tout le monde dans son passage.
Ainsi, en peu de temps il a pu gagner la confiance et l’amour des gens surtout qu’il compatit aux
malheurs des autres plus qu’à leur bonheur.
En effet, il déploie tous ses efforts pendant les fêtes en distribuant l’argent sur les personnes pauvres,
particulièrement les orphelins, les veuves et les handicapés…

Remarque :
S’il s’agit d’un travail autonome, on écoutera la lecture de quelques productions puis on choisira un texte, on
l’écrira sur le tableau et on le corrigera ensemble, sinon on procédera à l’écriture d’un support ensemble en
faisant passer au tableau chaque élève qui produit une phrase…
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Lecture méthodique
Durée : 2 heures
Extrait 3 : Antigone/Hémon : de : « Antigone, court… à … c’est fini, Hémon ». pp 37/44
37/44
Compétence ciblée : amener l’apprenant à :
Identifier l’incertitude en soi et les choix bizarres d’Antigone.

Extrait 3 Là. De toute ma force.


ANTIGONE, court à Hémon.
Pardon, Hémon, pour notre dispute d'hier soir et pour tout. ANTIGONE, dans un souffle.
C'est moi qui avais tort. Je te prie de me pardonner. C'est bon. (Ils restent un instant sans rien dire, puis elle
commence doucement.) Ecoute, Hémon.
HÉMON
Tu sais bien que je t'avais pardonné, à peine avais-tu claqué
la porte. Ton parfum était encore là et je t'avais déjà
pardonné. (Il la tient dans ses bras, il sourit, il la regarde.) A qui HÉMON
l'avais-tu volé, ce parfum ? Oui.

ANTIGONE ANTIGONE
A Ismène. Je voulais te dire ce matin… Le petit garçon que nous
aurions eu tous les deux…
HÉMON
Et le rouge à lèvres, la poudre, la belle robe ? HÉMON
Oui.
ANTIGONE
Aussi ANTIGONE
Tu sais, je l'aurais bien défendu contre tout.
HÉMON
En quel honneur t'étais-tu faite si belle ? HÉMON
Oui, Antigone.
ANTIGONE
Je te le dirai. (Elle se serre contre lui un peu plus fort.) Oh ! ANTIGONE
mon chéri, comme j'ai été bête ! Tout un soir gaspillé. Un Oh ! Je l'aurais serré si fort qu'il n'aurait jamais eu peur, je te
beau soir. le jure. Ni du soir qui vient, ni de l'angoisse du plein soleil
immobile, ni des ombres… Notre petit garçon, Hémon ! Il
HÉMON aurait eu une maman toute petite et mal peignée -mais plus
Nous aurons d'autres soirs, Antigone. sûre que toutes les vraies mères du monde avec leurs vraies
poitrines et leurs grands tabliers. Tu le crois, n'est-ce pas ?
ANTIGONE
Peut-être pas. HÉMON
Oui, mon amour.
HÉMON
Et d'autres disputes aussi. C'est plein de disputes, un ANTIGONE
bonheur. Et tu crois aussi, n'est-ce pas, que toi, tu aurais eu une vraie
femme ?
ANTIGONE
Un bonheur, oui… Ecoute, Hémon. HÉMON, la tient.
J'ai une vraie femme.
HÉMON
Oui ANTIGONE, crie soudain, blottie contre lui.
Oh ! tu m'aimais, Hémon, tu m'aimais, tu en es bien sûr, ce
ANTIGONE soir-là ?
Ne ris pas ce matin. Sois grave.
HÉMON, la berce doucement.
HÉMON Quel soir ?
Je suis grave.
ANTIGONE
ANTIGONE Tu es bien sûr qu'à ce bal où tu es venu me chercher dans
Et serre-moi. Plus fort que tu ne m'as jamais serrée. Que mon coin, tu ne t'es pas trompé de jeune fille ? Tu es sûr que
toute ta force s'imprime dans moi. tu n'as jamais regretté depuis, jamais pensé, même tout au
fond de toi, même une fois, que tu aurais plutôt dû demander
HÉMON Ismène ?
ajoute plus bas.) Mais j'étais venue chez toi pour que tu me
HÉMON prennes hier soir, pour que je sois ta femme avant. (Il recule,
Idiote ! il va parler, elle crie.) Tu m'as juré de ne pas me demander
pourquoi. Tu m'as juré, Hémon ! (Elle dit plus bas,
ANTIGONE humblement.) Je t'en supplie… (Et elle ajoute, se détournant,
Tu m'aimes, n'est-ce pas ? Tu m'aimes comme une femme ? dure.) D'ailleurs, je vais te dire. Je voulais être ta femme
Tes bras qui me serrent ne mentent pas ? Tes grandes mains quand même parce que je t'aime comme cela, moi, très fort,
posées sur mon dos ne mentent pas, ni ton odeur, ni ce bon et que -je vais te faire de la peine, ô mon chéri, pardon !- que
chaud, ni cette grande confiance qui m'inonde quand j'ai la jamais, jamais, je ne pourrai t'épouser. (Il est resté muet de
tête au creux de ton cou ? stupeur, elle court à la fenêtre, elle crie.) Hémon, tu me l'as juré
! Sors. Sors tout de suite sans rien dire. Si tu parles, si tu fais
HÉMON un seul pas vers moi, je me jette par cette fenêtre. Je te le
Oui, Antigone, je t'aime comme une femme. jure, Hémon. Je te le jure sur la tête du petit garçon que nous
avons eu tous les deux en rêve, du seul petit garçon que
ANTIGONE j'aurai jamais. Pars maintenant, pars vite. Tu sauras demain.
Je suis noire et maigre. Ismène est rose et dorée comme un Tu sauras tout à l'heure. (Elle achève avec un tel désespoir
fruit. qu'Hémon obéit et s'éloigne.) S'il te plaît, pars, Hémon. C'est
tout ce que tu peux faire encore pour moi, si tu m'aimes. (Il
HÉMON, murmure. est sorti. Elle reste sans bouger, le dos à la salle, puis elle referme
Antigone… la fenêtre, elle vient s'asseoir sur une petite chaise au milieu de la
scène, et dit doucement, comme étrangement apaisée.) Voilà.
ANTIGONE C'est fini pour Hémon, Antigone.
Oh ! Je suis toute rouge de honte. Mais il faut que je sache
ce matin. Dis la vérité. je t'en prie. Quand tu penses que je
serai à toi, est-ce que tu sens au milieu de toi comme un
grand trou qui se creuse, comme quelque chose qui meurt ?

HÉMON
Oui, Antigone.

ANTIGONE, dans un souffle, après un temps.


Moi, je sens comme cela. Et je voulais te dire que j'aurais été
très fière d'être ta femme, ta vraie femme, sur qui tu aurais
posé ta main, le soir, en t'asseyant, sans penser, comme sur
une chose bien à toi. (Elle s'est détachée de lui, elle a pris un
autre ton.) Voilà. Maintenant, je vais te dire encore deux
choses. Et quand je les aurais dites, il faudra que tu sortes
sans me questionner. Même si elles te paraissent
extraordinaires, même si elles te font de la peine. Jure-le-
moi.

HÉMON
Qu'est-ce que tu vas me dire encore ?

ANTIGONE
Jure-moi d'abord que tu sortiras sans rien me dire. Sans
même me regarder. Si tu m'aimes, jure-le-moi. (Elle le
regarde avec son pauvre visage bouleversé.) Tu vois comme je
te le demande, jure-le-moi, s'il te plaît, Hémon… C'est la
dernière folie que tu auras à me passer.

HÉMON
Je te le jure.

ANTIGONE
Merci. Alors, voilà. Hier. d'abord. Tu me demandais tout à
l'heure pourquoi j'étais venue avec une robe d'Ismène, ce
parfum et ce rouge à lèvres. J'étais bête. Je n'étais pas très
sûre que tu me désires vraiment et j'avais fait tout cela pour
être un peu plus comme les autres filles, pour te donner
envie de moi.

HÉMON
C'était pour cela ?

ANTIGONE
Oui. Et tu as ri, et nous nous sommes disputés et mon
mauvais caractère a été le plus fort, je me suis sauvée. (Elle
l-Mise en situation :
1-Situez le passage par rapport aux événements.
→Situation : Après sa dispute brusque avec Hémon, Antigone finit par le rencontrer pour lui exprimer ses
sentiments et lui faire ses adieux.

ll-Etude formelle du texte :


♣ Qui parle plus dans cette scène ? → Antigone.
♣ Que remarquez-vous sur les répliques ? Pourquoi ?
→Les répliques d’Antigone sont plus longues que celles d’Hémon :
*Antigone = répliques et tirades.
*Hémon = stichomythies. Cela montre qu’elle a envie de parler plus que lui, elle est
Pressée, elle veut tout dire avant de le quitter.
lll-Hypothèse de lecture :
Qui ce-qui fait de cet extrait une ouverture sur certaines caractéristiques bizarres d’Antigone ?

lV-Axe de lecture :
1er axe : Antigone, proche de la vie :
*Dans quel état d’âme se présente Antigone
devant Hémon ? Pourquoi ? Citez le texte.
→ Elle est très heureuse. Elle veut se réconcilier
avec lui. Cf répliques 1,2 p 37.
*Dans quel état physique se présente-t-elle ?
Citez le texte.
Antigone, personnage tragique incertain → Elle est parfumée, a une jolie robe et elle est
Maquillée. Cf répliques p 37.
*Quelle est son souhait ? Son rêve ? Citez le texte.
→ Elle rêve devenir sa femme et souhaite avoir un
enfant avec lui. Cf pp 39, 40, 41,44
*Est-ce qu’elle s’attache à son souhait ? Justifiez.
→ Non, la preuve c’est qu’elle u8lise le mode
conditionnel qui marque l’incertitude.

2ème axe : Antigone, très proche de la mort :


*Quel indice montre qu’Antigone est pressée et
elle n’a pas de temps ?
→cf 1ère didascalie, p 37 + elle parle plus qu’Hémon
Cf ses répliques.
*Quel sens cherche-t-elle à donner à cette
rencontre ? Justifiez par le texte.
→ Elle veut souligner la fatalité de son sort et
demande à Hémon d’accepter la situation sans
trop poser de questions. Cf tirade et didascalie p 44.

☺ Conclusion :
Antigone n’est pas stable psychiquement : elle a tellement envie de vivre mais le devoir familial
(l’enterrement de son frère) l’empêche de réaliser son rêve. Elle doit donc mourir.

V-Traces écrites : Cf Axes

Vl-Prolongement : Identifier d’autres caractéristiques du héros tragique chez d’autres écrivains de la


tragédie :Racine, Corneille…
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Langue.
Durée : 1heure
Titre : La modalisation.
modalisation.
Compétence ciblée : amener l’apprenant à :
Identifier les marques de modalisation dans un discours.

Texte :
Exclure les exclus

Sale temps pour les mendiants, l'été venu. Passe encore en hiver, le froid et la faim suscitent des réflexes de
compassion. Et puis, en janvier, on les voit moins, n'est-ce pas? Mais à l'arrivée des beaux jours, les arrêtés
municipaux pleuvent, qui interdisent les mains tendues ou les regroupements des nouveaux gueux et de leur
chiens. Ici, on leur enjoint de quêter sans leurs animaux, là de ne pas stationner abusivement dans la rue,
ailleurs on les chasse carrément. La palme à la ville de Menton, qui refuse aux errants le droit de quêter et de
vendre des journaux à la criée. Le pompon à Bagnères-de-Bigorre, qui autorise la mendicité entre 13 heures
et 14 heures. Pourquoi pas entre 2 heures et 3 heures du matin? L'exclusion pour endiguer l'exclusion, une
trouvaille.
Il est loin le temps où, dans une France de plein emploi et de certitudes républicaine, le brave vieux clodo,
folklorique et intégré, tendait paisiblement sa sébile et recevait sa pièce. Il était comme un ornement
humanitaire qui soulageait la bonne conscience du citoyen consommateur. En 2007, le SDF accroupi devant
la boulangerie ou à la sortie du métro est un reproche vivant à la mauvaise conscience du passant, qui a
réussi à survivre à vingt années ininterrompues de crise et qui sait qu'il peut connaître un jour la même
dérive. Déclassé, le marginal fait peur, il étale crûment les plaies d'une société chavirée par le chômage, la
drogue, la maladie, la violence. Panique à bord, le quart monde est à nos portes, qu'est-ce qu'on en fait?
jean BELOT
Extrait de l’éditorial, Télérama n°2425, 3 Juillet 1996.

l-Compréhension :
1-Quel est le thème du texte ? → L’interdiction de la mendicité dans les villes françaises.
2-Quel est le type de ce texte ? → Texte informatif « descriptif ».
3-Repérez dans le texte l’indice grammatical qui marque la présence de l’auteur. → Le pronom « on » +
L13 « nos »
4-Quelle hypothèse pouvez-vous formuler à partir du titre pour éclaircir la position de l’auteur/
journaliste ?
→Quelle position prend l’auteur/journaliste vis-à-vis le phénomène de mendicité dans les villes françaises ?
5-Repérez dans le texte tous les signes de ponctuation qui indiquent un sentiment.
→L 2, 6 : Question rhétorique l’ironie. La compassion.
L 14 : phrase interrogative la peur
6-Identifiez tous les mots (noms, verbes, adjs…) qui indiquent le jugement du journaliste sur les faits
qu’il rapporte : → Cf. texte.
7-A qui s’adressent les questions contenues dans le texte ? → Les responsables, le public…
8-Comment appelle-t-on ces marques de l’auteur ?→ C’est la modalisation.
ll-Conceptualisation :
Reque : L’énoncé porte souvent des marques de l’émetteur qui communique ses sentiments et ses opinions.
Il peut également prendre une position sur l’information qu’il rapporte en utilisant :
☺ La probabilité avec les verbes : devoir, pouvoir, sembler, paraitre…, en plus de la forme affirmative.
Exs : *Pierre doit arriver pour le dessert.
*Pierre aura raté son train.
☺ Le vocabulaire de jugement et d’évaluation : exs : heureusement, hélas, à ma grande surprise, par
bonheur…
☺ L’intonation (à l’oral) et la ponctuation et la typographie ( à l’écrit): ex : Quoi ! tu me soupçonnes…
☺ Certains types de phrases : l’exclamation, la question oratoire…
Ex : Qu’est-ce qu’il mange, ton copain !
☺ Certaines figures de style comme l’ironie.
☺ La prise de distance par rapport à l’information citée en utilisant le conditionnel ou en citant la
source de l’information : Exs : *La destitution du président aurait lieu le prochain congrès.
*Selon la presse de jeudi, le président sera destitué le prochain congrès.

lll-Réemploi :

Exercice1
Indiquez la nature de la marque de modalisation utilisée dans chaque phrase: adverbe (locution
adverbiale), auxiliaire de modalisation, conditionnel, expression toute faite, figure de style ou verbe
(locution verbale) de pensée.

1. La jeune fille que la police recherche aurait été aperçue près des quais.
2. À l’évidence, les peintres n’auront pas fini dans les délais.
3. Je crois qu’ils n’oseront pas venir.
4. Hélas, on ne peut faire revivre le passé!
5. Elle hurlait et s’agitait comme une folle.
6. Ils doivent partir en vacances demain.
7. Le Président serait en fuite et les militaires auraient pris le pouvoir.
8. Elle est peut-être rentrée à cette heure.
9. Ce spectacle semble beaucoup les ennuyer.
10. Notre employée de maison est une perle.
11. À ce qu’il parait, ils se marient en juin.
12. Mais si, je t’assure, elle a maintenant son permis de conduire.

Exercice 2

Indiquez la nuance qu’apporte à l’énoncé le modalisateur en gras : certitude, doute, jugement,


probabilité ou sentiment.
1. Les habitants de l’île redoutent l’arrivée du cyclone.
2. Il aurait mieux fait de ne pas se mêler de cette histoire.
3. Elle est peut-être passée hier au bureau.
4. Je ne suis pas du tout sûr qu’il soit coupable.
5. Il est évident que c’est la meilleure solution.
6. La police aurait arrêté le coupable.
7.À cause de ce mouvement de grève, les transports sont malheureusement très perturbés.
8. La boulangerie doit encore être ouverte.
9. Les abondantes chutes de neige de ces derniers jours ont sûrement endommagé le réseau électrique.
10. Il s’est bêtement blessé en bricolant. ..........................................................................................

Source : Fenêtres ouvertes 3è, Bordas, 2012


Niveau : 1ère A.bac
Niveau
Activité:
Activité: T.encadrés et A. orales.
Durée : 1 heure
Sujet : Caractériser un genre théâtral, la tragédie et son évolution.
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Identifier la différence entre la tragédie moderne et la tragédie classique.
ère
1 phase :
• Donner le travail d’avance et proposer aux élèves de cibler certains auteurs classiques comme
Corneille et Racine.
• Expliquer aux élèves qu’ils sont appelés à effectuer un travail de comparaison entre les écrits en
question et l’œuvre de Jean Anouilh, Antigone.
2ème phase :
Partager la classe en groupes, leur accorder un peu de temps pour qu’ils organisent leurs recherches et passer
après, à la présentation sous forme d’un tableau :

Genre Tragédie classique Tragédie moderne


Titre de la pièce et nom de l’auteur Cinna (1662), Corneille.
Andromaque (1667) Racine.
Date de l’écriture
Personnages
Epoque de l’action
Lieux de l’action
Intrigue
Dénouement
Composition et registre de l’écriture
Ton de la pièce, effets sur le spectateur
Traces écrites :
Recopier le tableau sur le cahier de cours.
Eléments de réponse :
Genre Tragédie classique Tragédie moderne
Titre de la pièce et nom de l’auteur Cinna (1662), Corneille. Antigone (1942)
Andromaque (1667) Racine. Jean Anouilh.
Date de l’écriture XV117ème S XX ème S
Personnages Héros de l’antiquité, rois, nobles Antigone, Ismène : princesse de
l’antiquité grecque. Créon, roi de
Thèbes
Epoque de l’action Antiquité grecque ou romaine, époque Antiquité grecque, cité de Thèbes
biblique
Lieux de l’action Plais, pays lointains… Palais de Thèbes (Grèce).
Intrigue Simple, soumise à la fatalité Simple, soumise à la fatalité, dès
le début, on sait qu’Antigone va
mourir
Dénouement Tragique : meurtre, suicide, punition Tragique : mort d’Antigone…
Composition et registre de l’écriture Souvent en 5 actes, en vers, style Pas d’actes ni de scènes.
soutenu, qui respecte « la bienséance ». Langage courant, parfois familier
Ton de la pièce, effets sur le spectateur Tragique : peur, pitié, admiration Tragique : admiration pour
Antigone qui accepte et affronte
la mort.
Auteur : Françoise Palos
Remarque :
• La tragédie antique proposait des idées sur les rapports de l’Homme et du destin, de la justice et de
l’ordre, de l’individu et de la cité.
• La tragédie classique du XV11ème siècle illustre « le conflit d’un héros face à quelque chose qui le
dépasse et qui est d’ordre transcendant » (Bréal, p.17)
• La tragédie moderne permet aux auteurs de poser des problèmes ou d’exprimer des sentiments de
leur temps : le mythe d’autrefois est devenu prétexte pour énoncer des idées neuves, propres à
l’époque ou personnelles à l’auteur, sous une forme nouvelle.
Auteur : Françoise Palos
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: production écrite
écrite
Durée : 1 heure
Sujet : Antigone explique à sa sœur qu’elle aussi, elle aimerait vivre si..
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Rédiger une tirade argumentative.
Exploiter les éléments de l’expression de l’hypothèse dans un cadre écrit.

1ère phase :

Lecture du sujet et repérage des mots-clés.


Attirer l’attention des élèves sur : *la forme du texte à produire : une tirade.
*le mode verbal à respecter : le conditionnel vu qu’il s’agit de
l’expression de l’hypothèse.
2ème phase :

Réaliser un travail avec toute la classe en passant à la chasse aux idées pour construire un corpus sur
lequel on construira la tirade en question.

3ème phase / Plan exemple :

Reprendre la phrase d’Antigone sous forme d’une condition générale :


→J’aurais bien aimé vivre si mon père avait été parmi nous. Il n’aurait laissé quiconque nous approcher. Il
aurait été le roi fort et juste que Thèbes aurait connu…

Evoquez les conditions qui ont entrainé Antigone vers ce sort en utilisant un lien logique
convenable :
→En effet, s’il avait été présent, nos deux frères auraient jouis de la vie des princes comme toute famille
royale. J’aurai été une princesse heureuse, je serais mariée et j’aurais eu de petits princes et princesses.
J’aurais alors aimé vivre et profiter de la vie comme toutes les filles de Thèbes, je n’aurais laissé jamais
tomber ni Hémon, ni ma nourrice, ni toi. J’aurai aimé vivre pour construire une famille honorable et digne
du nom du grand roi Œdipe…

Emettez une concession/réfutation pour conclure le sujet et guider Antigone vers son destin :
→Or, mon père qui n’est plus là et Créon et Créon est le roi, mon destin est alors tracé. Je dois enterrer mon
frère et je dois mourir…

4ème phase :
Affinement et relecture du sujet en finissant par le recopier sur les cahiers.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Lecture méthodique
Durée : 2 heures
Extrait
Extrait 4 : Antigone/Créon : de : « Il y a un silence, ils ne bougent pas…
pas… à … tais-
tais-toi ». pp 90/92
Compétence ciblée : amener l’apprenant à :
Identifiez la tension dramatique et les conflits traités dans l’œuvre.

Extrait 4
Il y a un long silence, ils ne bougent pas, sans se regarder, puis Antigone dit doucement :
ANTIGONE
Pourquoi m'avez-vous raconté cela ?

Créon se lève, remet sa veste.

CRÉON
Valait-il mieux te laisser mourir dans cette pauvre histoire ?

ANTIGONE
Peut-être. Moi, je croyais.

Il y a un silence encore. Créon s'approche d'elle.

CRÉON
Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

ANTIGONE, se lève comme une somnambule.


Je vais remonter dans ma chambre.

CRÉON
Ne reste pas trop seule. Va voir Hémon, ce matin. Marie-toi vite.

ANTIGONE, dans un souffle.


Oui.

CRÉON
Tu as toute ta vie devant toi. Notre discussion était bien oiseuse, je t'assure. Tu as ce trésor, toi, encore.

ANTIGONE
Oui.

CRÉON
Rien d'autre ne compte. Et tu allais le gaspiller ! Je te comprends, j'aurais fait comme toi à vingt ans. C'est pour cela que je buvais
tes paroles. J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner lui-aussi…
Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le
savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose
dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tout le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les
écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Etéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est
vrai que ce qu'on ne dit pas… Tu l'apprendras, toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos
pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais
de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir ; la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.

ANTIGONE, murmure, le regard perdu.


Le bonheur…

CRÉON, a un peu honte soudain.


Un pauvre mot, hein ?

ANTIGONE
Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle
fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui
sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

CRÉON, hausse les épaules.


Tu es folle, tais-toi
l-Mise en situation :
a-Situation :
Une fois entre les mains des gardes, ces derniers la présentent devant le roi qui tente de la persuader de ne
pas réaliser son projet.
b-Forme du texte :
De quoi se compose cet extrait, du point de vue forme ?
→Il s’agit d’un dialogue qui se compose de répliques et de tirades (cf. extrait)

ll-Hypothèse de lecture :
Qu’est ce qui fait de cette scène une tension dramatique ?

lll-Axes de lecture :
a-1er axe : La tension dramatique apaisée :
♣ Dans quel tempérament apparait Antigone ? Comment ses réponses ? Justifiez par le texte.
→Elle est calme. Ses réponses sont très courtes (stichomythies).Cf pp 90-91

♣ Comment justifiez-vous ce changement ? Pourquoi ? Justifiez par le texte.


→Elle parait qu’elle est convaincue car Créon lui a racontée l’histoire sale de sa famille. Cf p90 puis pp88-89.

♣ Quel est l’objectif de Créon ? justifiez par le texte. (repérez également les figures de style)
→Persuader Antigone de ne pas enterrer son frère. Cf pp 90-91.

b-2ème axe : La tension dramatique relancée :


♣ Antigone reste-t-elle dans le même état ? Pourquoi ? Justifiez par le texte.
→Non, elle est troublée, énervée, perturbée, déséquilibrée…-cf p 92- une fois que Créon a prononcé le mot
« bonheur » cf p 92
♣ Comment réagit-elle ? Comment répond-elle à Créon ? Quelle tonalité use-t-elle ? Justifiez par le
texte.
→Elle refuse la proposition de Créon (son bonheur comme il le conçoit) et lui répond par des questions
oratoires. Elle use de la tonalité ironique pour se moquer de son bonheur. Cf p 92.
lV-Traces écrite :
♣ A quel type de texte peut-on rattacher le discours de Créon, qu’il adresse à Antigone ? Justifiez votre
réponse sous forme d’un schéma.
→on une tirade argumentative : Cf pp 91-92.

Thèse : Tu dois oublier l’enterrement de ton frère et choisir la vie.

Arguments : *La vie n’est pas ce que tu crois.


*Marie-toi avec Hémon et vis en bonheur.
*oublie le passé et profite de la vie et de l’avenir.
V-Prolongement :
☺ Exposé : La conception du « bonheur »
☺ Visionner le film de Will Smith et le faire suivre par un débat : « A la poursuite du bonheur »
Informer les élèves en avance de la projection et demander à l’un d’eux de préparer une fiche
technique à propos du film.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Langue.
Durée : 1heure
Titre : le discours direct/indirect (1ère partie).
Compétences
Compétences ciblées
ciblées : amener l’apprenant à :
Identifier les caractéristiques du discours direct/indirect.
Effectuer le passage du discours direct au discours indirect et l’inverse.

l-Observation :
Exemples :
1- Antigone déclare : « Je ne veux pas vivre ».
2- Antigone affirmera : « Je ne voudrais plus vivre ».
3- Créon répond à Antigone : « Tu dois oublier ton frère et te marier »
4- Ismène proposera à Antigone : « nous devions oublier, à cet endroit l’enterrement de notre frère ce
jour »

ll-Conceptualisation :
A quel type de discours appartiennent ces phrases ? → discours direct.
Quels sont ses composants ? → le verbe introducteur, les deux points, les guillemets, l’émetteur et
Le récepteur. Cf exemples.

Transformez ces exemples au discours indirect. Que remarquez-vous ? Pourquoi ?


→Exemples :
1- Antigone déclare qu’elle ne veut pas vivre.
2- Antigone affirmera qu’elle ne voudrait plus vivre.
3- Créon répond à Antigone qu’elle doit oublier son frère et se marier.
4- Ismène proposera à Antigone qu’elles devaient oublier, à cet endroit là l’enterrement de leur frère ce
jour-là.

Remarque s:
En passant du discours direct au discours indirect, nous remarquons :
☺ La disparition des éléments de la ponctuation (deux points et guillemets).
☺ L’apparition de la conjonction de subordination « que » qui remplace les éléments de la ponctuation.
☺ Les verbes entre guillemets ne subissent aucun changement.
☺ Les pronoms personnels et possessifs entre guillemets changent.
☺ Les indicateurs spatio-temporels changent.
N.B :
Le temps des verbes entre guillemets ne subit aucun changement si le temps du verbe introducteur est
au présent de l’indicatif ou au futur.
Les indicateurs spatio-temporels changent quel que soit le temps du verbe introducteur.
Les pronoms personnels, possessifs, démonstratifs et réfléchis changent selon la situation de
l’énonciation.

Équivalence des indicateurs temporels les plus fréquents

Discours direct Discours indirect (rapporté)

Maintenant Alors / À ce moment-là


En ce moment À ce moment-là
Aujourd'hui Le jour même / Ce jour-là
Hier La veille
Avant-hier L'avant-veille
Demain Le lendemain
Après-demain Le surlendemain
Ce soir Ce soir-là
Cette semaine Cette semaine-là
Ce mois (-ci) Ce mois-là
Cette année Cette année-là
(le mois...) prochain (le mois...) suivant /... d'après
(la semaine...) prochaine (la semaine...) suivante /... d'après
(le mois...) dernier (le mois...) précédent /... d'avant
(la semaine...) dernière (la semaine...) précédente /... d'avant
L'autre jour Quelques jours avant / ... auparavant
Il y a deux jours Deux jours plus tôt /... avant / ... auparavant
Dans deux jours Deux jours plus tard / ... après

A-TABLEAU DES PRONOMS PERSONNELS:


PERSONNELS

Équivalence des pronoms personnels du discours direct au discours indirect


Pronoms personnels sujets Pronoms personnels compléments / toniques
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
ème
Transposition du discours à la 3 personne
Nous
Je Moi Nous
Vous
Tu aIl / Elle a Ils / Elles Toi a Lui / Elle Vous a Eux / Elles
Ils / Elles
Il / Elle Lui / Elle Ils / Elles
(On**)
Autres cas
a Moi / Toi
Je a Tu / Je * Nous a Nous / Vous * Moi Nous a Nous / Vous*
*
a Toi / Moi
Tu a Je / Tu * Vous a Vous / Nous * Toi Vous a Vous / Nous*
*
a Lui / Elle
(a On** / Vous a Eux / Elles
On a On (On**) Lui / Elle a Moi / Toi Eux/Elles
*) a Nous / Vous
*

B. TABLEAU DES POSSESSIFS (déterminants et pronoms):

Équivalence des possessifs du discours direct au discours indirect


Déterminants Pronoms
Personnes du Singulier Personnes du Pluriel Personnes du Singulier Personnes du Pluriel

a Le/la leur
Mon / Ma Notre a Leur Le mien Le/la nôtre
a Son / Sa a Le sien (Le/la
Ton / Ta Votre Le tien Le/la vôtre
(Mon / Ma (Le mien / nôtre,
Son / Sa Leur (Notre/Votre Le sien Le/la leur
Ton / Ta *) Le tien *) Le/la vôtre
*)
*)
a La sienne
La mienne (La mienne
La tienne /
La sienne La tienne
*)
Mes Nos Les miens a Les siens Les nôtres a Les leurs
Tes a ses Vos a leurs Les tiens (Les miens Les vôtres (Les
Ses Leurs Les siens / Les leurs nôtres,
(Mes / (Nos / Vos*) Les tiens *) Les vôtres
Tes*) *)
a Les
Les siennes
miennes (Les
Les tiennes miennes /
Les siennes Les
tiennes *)

C. TABLEAU DES DÉMONSTRATIFS (déterminants et pronoms):

Équivalence des démonstratifs du discours direct au discours indirect


Déterminants Pronoms
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin
ce... (-ci)* cette...(- celui... celle... ceux... celles...
ces...(-ci)*
cet... (-ci)* ci)* celui-ci celle-ci ceux-ci celles-ci
I i i i i i I
ce... -là celui...** celle...** ceux...** celles...**
cette...-là ces...-là
cet...-là celui-là celle-là ceux-là celles-là
Pronoms Démonstratifs neutres
Ce g Ce
ça
ceci g cela
cela (ça / ceci ***)
Source :
http://www.prof2000.pt/users/anaroda/pfrances/discours_direct_indirect.htm#discours_direct_cimo..
http://www.prof2000.pt/users/anaroda/pfrances/discours_direct_indirect.htm#discours_direct_cimo

lll-Réemploi :
Exercices :
l-Transformez au discours indirect :
1-Il lui avoue: « Je vous aime depuis le premier jour. »
2-Il fond en larmes en s’écriant : « Je ne recommencerai plus. Je ne savais pas que mon geste aurait de
telles conséquences. »
3- Il marche dans la ville sale et noire en rêvant : « Demain, je serai loin. Je me prélasserai sur une plage
écrasée de soleil. »
4- Il reprend conscience et dit: «C’est moi qui l’avait tué il y a un an»
5- Il s’apitoyait sur son sort : « C’est toujours la même chose, c’est toujours à moi que cela arrive. Ah ! si
j’avais su… »
6-Il dit : « il pleuvra demain »
7-On annoncera : « Le train serait en retard la semaine prochaine »
8-Il déclare : « Demain nous ne serons plus ici »
9-« Marlène travaille jusqu’à 21 heures », me dira Julien.
10-J’ai reconnu : « Je n’aime plus le fromage depuis ce jour ».

lV-Production :
Phase réservée aux phrases que les élèves sont appelées à produire.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: T.encadrés et A. orales.
Durée : 1 heure
Sujet : L e schéma
schéma actanciel
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Identifier les éléments essentiels du schéma actanciel.

1-Phase théorique :

N.B :(Pour le prof : à reformuler de façon simple sous forme d’idées convenables pour les élèves)

Le schéma actantiel (ou modèle actantiel) rassemble l'ensemble des rôles (les actants) et des relations qui
ont pour fonction la narration d'un récit, par acte. Il a été créé par A. J. Greimas en 19661.
Un personnage, le héros, poursuit la quête d'un objet.
Les personnages, événements, ou objets positifs qui l'aident dans sa quête sont nommés adjuvants. Les
personnages, événements ou objets négatifs qui cherchent à empêcher sa quête sont nommés opposants.
La quête est commanditée par un émetteur (ou destinateur, ou énonciateur — voir l'article énonciation),
au bénéfice d'un destinataire. D'une façon générale, tous les personnages qui tirent profit de la quête sont
les bénéficiaires.
Pour bien comprendre le schéma actantiel de Ed-diani, il ne faut pas oublier que les rôles actantiels, c'est-
à-dire, à proprement parler, les « actants », ne doivent en aucun cas être confondus avec des « acteurs ».
Les actants sont des positions au sein d'une structure ; ils se définissent par leurs relations. Les acteurs
d'une histoire, d'un conte, d'un roman… se déplacent d'une position à l'autre et voyagent au sein de cette
structure. De plus, les actants sont situés par Greimas sur 3 axes qui les relient de manière significative :
le sujet et l'objet sont situés sur l'axe du désir (ou de la quête) ;
le destinateur et le destinataire sont situés sur l'axe de la communication ;
les adjuvants et les opposants sont situés sur l'axe du pouvoir (pouvoir positif dans le cas des
adjuvants, négatif dans le cas des opposants).
Le schéma actantiel doit être complété par la théorie des trois épreuves, ou étapes formelles, de tout récit
(sur un axe temporel) :
Épreuve qualifiante.
Épreuve principale.
Épreuve glorifiante.
Encore une précision importante sur le rôle du destinateur : le plus souvent, cet actant constitue la ou les
valeurs au nom de laquelle (ou desquelles) agit le sujet ; en effet, le sujet fait ou agit, tandis que le
destinateur fait faire ou fait agir le sujet. En fin de récit, c'est aussi le destinateur qui « sanctionne » la
réussite ou l'échec de la quête du sujet, c'est-à-dire l'obtention ou non de l'objet convoité.
Plusieurs rôles peuvent être cumulés par un personnage, un objet ou un événement ; ou ils peuvent être
répartis entre plusieurs personnages, objets ou événements.
Il peut y avoir plusieurs schémas actantiels dans un même récit, pour son ensemble — deux quêtes ou plus
sont menées conjointement par un ou plusieurs héros — ou au cours du récit, le héros devant réaliser
plusieurs quêtes successives (récits où le héros subit plusieurs épreuves) ou une quête incidente prenant
place dans l'histoire (récits enchâssés).
Exemples :
Un roi (émetteur) demande à un chevalier (héros) d'aller chercher une fleur magique (objets), et la
lui remettre (l'émetteur est ici le destinataire). Sur son chemin, le chevalier devra se protéger d'un orage
(opposant) dans une grotte (adjuvant), puis combattre un dragon (opposant) qu'il tuera grâce à une épée
magique (adjuvant) donnée par un lutin (adjuvant).
Un vieil homme (émetteur et récepteur) demande à son petit-fils (héros) de lui voler un lama
(objet) du cirque. Le petit garçon, dans son épopée, devra vaincre le terrible lion du cirque (opposant),
mais sera aidé par son père (adjuvant).
Plus moderne : Le commissaire Dupont (émetteur) charge de l'enquête notre héroïne Martine
(héros), afin de découvrir le meurtrier de Hans (objet). Des indicateurs (adjuvants) fourniront des indices,
des preuves seront trouvées, un suspect (opposant) se croyant inculpé tentera de tuer Martine. Le coupable
(opposant) sera confondu, s'ensuivra une course-poursuite et des échanges de coups de feu avant
l'arrestation et la remise du coupable au juge d'instruction (destinataire).
Par ailleurs, le schéma narratif canonique, proposé par Greimas, remplace en principe le modèle actantiel.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sch%C3%A9ma_actantiel
2-Phase pratique :
a-Construire les schémas actantiels : celui d’Antigone et de Créon afin d’évaluer les forces agissantes :
b-Comparez les deux schémas. Quelle conclusion tirez-vous ?
a-Schéma 1 :

Objet :
Destinateur : *L’éternelle jeunesse, la Destinataire :
• Fidélité à son pureté, l’amour, l’absolu. *Elle-même.
père. *Enterrer Polynice.
• Et à elle même *Dire « non » à une vie sale.
*Mourir

Opposants :
*Créon, la loi.
*Ismène.
Adjuvants : *La vie.
• Son hérédité. Sujet :
Antigone *L’amour d’Hémon.
• Son courage. *L’absurdité de
• Son orgueil. l’acte.
• Ivresse des gardes.

Schéma 2 :

Objet :
Destinateur : Sauver Antigone.
• Sa conception de Assumer son rôle Destinataire :
la raison d’Etat, politique. • L’Etat.
de sa fonction. Vivre, dire « oui ».

Opposants :
• Antigone.
• Hémon.
Adjuvants : • Le chœur.
• La loi. • Sa conscience.
• Les soldats.
Sujet : • Son adolescence.
Créon • Lui-même.

Source : Françoise Palos


b-Remarque :
Les deux schémas actanciels soulignent la totale contradiction des deux protagonistes. L’une veut mourir
pour rien, sinon sauvegarder ses valeurs ; l’autre veut vivre en « retroussant ses manches ».
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: production écrite
Durée : 1 heure
Sujet : Certains adultes prétendent que les jeunes sont des personnes irresponsables et irrespectueuses.
Développez une argumentation dans laquelle vous présentez les causes, les conséquences et les
solutions à ce fait.
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Rédiger une argumentation selon
selon un
un plan précis : « plan analytique »

1ère phase :
*Lecture du sujet et repérage des mots-clés.
*Attirer l’attention sur le plan à suivre :

☺ Qu’est-ce qu’un plan analytique ?


Le plan analytique répond aux sujets qui demandent une réflexion approfondie. Il ne s’agit pas de discuter,
mais de décrire une situation, d’en analyser les causes et les conséquences. Cela revient parfois à traiter un
problème selon des divisions temporelles : description actuelle des faits, analyse de ce qui a causé la
situation actuelle et évocation de la situation future.

☺ Quels sont les sujets concernés par le plan analytique ?


• Généralement, ce sont les sujets qui suggèrent, dans la citation ou dans le libellé, les idées directrices
de la dissertation. Il convient alors de trouver / de regrouper les idées majeures contenues dans le sujet.
• Les sujets qui demandent d’évaluer la pertinence ou l’invalidité d’un jugement. L’énoncé du sujet
précise alors : « Commentez cette réflexion en vous appuyant sur des exemples précis qui en montrent la
validité. », « À l’aide d’exemples, développez la thèse soutenue par ce critique. », « Vous montrerez, dans
un développement argumenté et organisé, les limites de cette appréciation. », etc.

Lire la suite sur : http://www.etudes-litteraires.com/dissertation-types-de-plan.php#ixzz2mRmGhHkg

Source : http://www.etudes-litteraires.com/dissertation-types-de-plan.php

2ème phase :
Phase pratique :

Introduction : *Courte définition / Constat / exemple…

→De nos jours les conflits entre adolescents et adultes ne cessent de croitre…
*Donner quelques situations de conflits…
→Certains d’entre eux n’hésitent pas à proliférer même des menaces, des injures envers les personnes âgées,
ce qui les pousse à les qualifier d’irresponsables et d’irrespectueux.
*Poser les questions sur lesquelles on est appelé à y répondre…
→Quelles sont donc les causes et les conséquences de cette situation ? Quelles sont les solutions pour établir
un lien de confiance entre les deux générations ?

Développement : *Confirmer la thèse/l’idée avancée dans le sujet :

→En effet, l’idée d’irrespect et d’irresponsabilité est calquée sur hante plusieurs jeunes…

*Quelques causes :

→Lien logique +Aucun comportement de la part des jeunes ne plait aux adultes… s’habiller mal en
choisissant des vêtements qui sont loin de notre culture…
-Lien logique + leur dialogue avec leurs parents dépasse, dans certains cas, ses limites et ce, au nom de la
liberté…
-Lien logique + leur goût, parfois, provoque un certain dégoût chez les plus âgés et montre une grande
irresponsabilité quoique pour eux, la mode produise ce type de marchandise sans tenir compte des cultures
des peuples…

♣ Idée pour relier entre le 1er et le 2ème paragraphe avant de parler des conséquences :
→Or, cette situation n’engendre que des conséquences négatives sur le côté relationnel…

*Quelques conséquences :

→Lien logique + absence de compréhension de la part des adultes, ce qui fait naitre une relation tendue
entre les deux parties…
-Lien logique + les personnes âgées refusent d’ouvrir un dialogue avec les jeunes, basé sur la liberté
d’expression…
-Lien logique + les jeunes préfèrent rester entre eux, loin du monde des adultes ce qui peut être dangereux…
la délinquance (drogue, vol, agression…)

Conclusion :
*Proposer quelques solutions :
→Lien logique (Bref…) + penser à s’unir pour affronter les conflits tous ensemble… « L’union fait la
force »
-Se rapprocher des jeunes et les pousser intelligemment à profiter des expériences des adultes…
-Ouvrir le dialogue, comprendre et se faire comprendre… l’essentiel c’est pouvoir se former afin d’être
capable d’affronter l’avenir…

3ème phase :
Affinement collectif du texte sur le tableau
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Lecture méthodique
Durée : 2 heures
Extrait 5 : Antigone/Créon
Antigone/Créon : de : Créon, crie soudain : « Gardes !… à … La fin ». pp 99/123.
Compétences
Compétences ciblées
ciblées : amener l’apprenant à :
Identifier les caractéristiques de la scène de clôture dans une tragédie moderne (le dénouement ?)
Déceler le message d’Anouilh.
d’Anouilh.

Elle a parlé maintenant. Tout Thèbes sait ce quelle a fait. Je


Extrait 5 : suis obligé de la faire
mourir.
CRÉON, crie soudain. Hémon, s’arrache de ses bras.
Jean Anouilh – Antigone - - 60 - Lâche-moi!
Gardes! Un silence. Ils sont l’un en face de l’autre. Ils se regardent.
Les gardes apparaissent aussitôt. LE CHOEUR, s’approche.
CRÉON Est-ce qu’on ne peut pas imaginer quelque chose, dire quelle
Emmenez-la. est folle, l’enfermer?
ANTIGONE, dans un grand cri soulagé. CRÉON
Enfin, Créon! Ils diront que ce n’est pas vrai. Que je la sauve parce quelle
Les gardes se jettent sur elle et l’emmènent. Ismène sort en allait être la femme de
criant derrière elle. mon fils. Je ne peux pas.
ISMENE LE CHOEUR
Antigone! Antigone! Est-ce qu’on ne peut pas gagner du temps, la faire fuir
Créon est resté seul, le chœur entre et va à lui. demain?
LE CHOEUR CRÉON
Tu es fou, Créon. Qu’as-tu fait? La foule sait déjà, elle hurle autour du palais. je ne peux pas.
CRÉON, qui regarde au loin devant lui. HEMON
Il fallait quelle meure. Père, la foule n’est rien. Tu es le maître.
LE CHOEUR CRÉON
Ne laisse pas mourir Antigone, Créon! Nous allons tous Je suis le maître avant la loi. Plus après.
porter cette plaie au côté, HEMON
pendant des siècles. Père, je suis ton fils, tu ne peux pas me la laisser prendre.
CRÉON CRÉON
C’est elle qui voulait mourir. Aucun de nous n’était assez Si, Hémon. Si, mon petit. Du courage. Antigone ne peut plus
fort pour la décider à vivre. Je le vivre. Antigone nous a
comprends, maintenant, Antigone était faite pour être morte. déjà quittés tous.
Elle-même ne le savait HEMON
peut-être pas, mais Polynice n’était qu’un prétexte. Quand Jean Anouilh – Antigone - - 63 -
elle a dû y renoncer, elle a Crois-tu que je pourrai vivre, moi, sans elle? Crois-tu que je
trouvé autre chose tout de suite. Ce qui importait pour elle, l’accepterai, votre vie? Et
c’était de refuser et de tous les jours, depuis le matin jusqu’au soir, sans elle. Et
mourir. votre agitation, votre
LE CHOEUR bavardage, votre vide, sans elle.
C’est une enfant, Créon. CRÉON
CRÉON Il faudra bien que tu acceptes, Hémon. Chacun de nous a un
Que veux-tu que je fasse pour elle? La condamner à vivre? jour, plus ou moins
Hémon, entre en criant. triste, plus ou moins lointain, où il doit enfin accepter d’être
Père! un homme. Pour toi, c’est
CRÉON, court à lui, l’embrasse. aujourd’hui… Et te voilà devant moi avec ces larmes au
Oublie-la, Hémon; oublie-la, mon petit. bord de tes yeux et ton cœur qui
HÉMON te fait mal mon petit garçon, pour la dernière fois… Quand
Tu es fou, père. Lâche-moi. tu te seras détourné, quand
CRÉON, le tient plus fort tu auras franchi ce seuil tout à l’heure, ce sera fini.
Jai tout essayé pour la sauver, Hémon. Jai tout essayé, je te Hémon, recule un peu, et dit doucement.
le jure. Elle ne t’aime C’est déjà fini.
pas. Elle aurait pu vivre. Elle a préféré sa folie et la mort. CRÉON
Hémon, crie, tentant de s’arracher à son étreinte. Ne me juge pas, Hémon. Ne me juge pas, toi aussi.
Mais, père, tu vois bien qu’ils l’emmènent! Père, ne laisse Hémon, le regarde, et dit soudain.
pas ces hommes l’emmener! Cette grande force et ce courage, ce dieu géant qui
CRÉON m’enlevait dans ses bras et me
sauvait des monstres et des ombres, c’était toi? Cette odeur ANTIGONE
défendue et ce bon pain du Que je te regarde…
soir sous la lampe, quand tu me montrais des livres dans ton LE GARDE, s’éloigne, gêné.
bureau, c’était toi, tu crois? Ça va.
CRÉON, humblement. ANTIGONE
Oui, Hémon. C’est toi qui mas arrêtée, tout à l’heure?
HEMON. LE GARDE
Tous ces soins, tout cet orgueil, tous ces livres pleins de Oui, c’est moi.
héros, c’était donc pour en ANTIGONE
arriver là? Etre un homme, comme tu dis, et trop heureux de Tu mas fait mal. Tu n’avais pas besoin de me faire mal. Est-
vivre? ce que j’avais l’air de
CRÉON, vouloir me sauver?
Oui, Hémon. LE GARDE
Hémon, crie soudain comme un enfant, se jetant dans ses Allez. allez, pas d’histoires! Si ce n’était pas vous, c’était
bras. moi qui y passais.
Père, ce n’est pas vrai! Ce n’est pas toi, ce n’est pas ANTIGONE
aujourd’hui! Nous ne sommes pas Quel âge as-tu?
tous les deux au pied de ce mur où il faut seulement dire oui. LE GARDE
Tu es encore puissant, toi, Trente-neuf ans.
comme lorsque j’étais petit. Ah! je ten supplie, père, que je ANTIGONE
t’admire, que je t’admire Tu as des enfants?
encore! Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux LE GARDE
plus t’admirer. Oui, deux.
CRÉON, le détache de lui. ANTIGONE
On est tout seul, Hémon. Le monde est nu. Et tu mas admiré Tu les aimes?
trop longtemps. LE GARDE
Regarde-moi, c’est cela devenir un homme, voir le visage de Cela ne vous regarde pas.
son père en face, un jour. Il commence à faire les cent pas dans la pièce: pendant un
Hémon, le regarde, puis recule en criant. moment on n’entend plus
Antigone! Antigone! Au secours! que le bruit de ses pas.
Il est sorti en courant. ANTIGONE, demande tout humble.
LE CHOEUR, va à Créon. Il y a longtemps que vous êtes garde?
Créon, il est sorti comme un fou. LE GARDE
CRÉON, qui regarde au loin, droit devant lui, immobile. Après la guerre. J’étais sergent. Jai rengagé.
Oui. Pauvre petit, il l’aime. ANTIGONE
LE CHOEUR Il faut être sergent pour être garde?
Créon, il faut faire quelque chose. LE GARDE
CRÉON En principe, oui. Sergent ou avoir suivi le peloton spécial.
Je ne peux plus rien. Devenu garde, le sergent
LE CHOEUR perd son grade. Un exemple: je rencontre une recrue de
Il est parti, touché à mort. l’armée, elle ne peut pas me
CRÉON, sourdement. saluer.
Oui, nous sommes tous touchés à mort. ANTIGONE
Antigone entre dans la pièce, poussée par les gardes qui Ah oui?
s’arc-boutent contre la porte, LE GARDE
derrière laquelle on devine la foule hurlante. Oui. Remarquez que, généralement, elle le fait. La recrue
LE GARDE sait que le garde est un
Chef, ils envahissent le palais! gradé. Question solde: on a la solde ordinaire du garde,
ANTIGONE comme ceux du peloton spécial,
Créon, je ne veux plus voir leurs visages, je ne veux plus et, pendant six mois, à titre de gratification, un rappel de
entendre leurs cris, je ne supplément de la solde de
veux plus voir personne! Tu as ma mort maintenant, c’est sergent. Seulement, comme gardes, on a d’autres avantages.
assez. Fais que je ne voie plus Logement, chauffage,
personne jusqu’à ce que ce soit fini. allocations. Finalement, le garde marié avec deux enfants
CRÉON, sort en criant aux gardes. arrive à se faire plus que le
La garde aux portes! Qu’on vide le palais! Reste ici avec sergent de l’active.
elle, toi. ANTIGONE
Les deux autres gardes sortent, suivis par le chœur. Ah oui?
Antigone reste seule avec le LE GARDE
premier garde. Antigone le regarde. Oui. C’est ce qui vous explique la rivalité entre le garde et le
ANTIGONE, dit soudain. sergent. Vous avez peut-être
Alors, c’est toi? pu remarquer que le sergent affecte de mépriser le garde.
LE GARDE Leur grand argument,
Qui, moi? c’est l’avancement. D’un sens, c’est juste. L’avancement du
ANTIGONE garde est plus lent et plus
Mon dernier visage d’homme. difficile que dans l’armée. Mais vous ne devez pas oublier
LE GARDE qu’un brigadier des gardes,
Faut croire. c’est autre chose qu’un sergent chef.
ANTIGONE, lui dit soudain. ANTIGONE
Ecoute… Je te donnerai cet anneau si tu acceptes.
LE GARDE LE GARDE
Oui. C’est de l’or?
ANTIGONE ANTIGONE
Je vais mourir tout à l’heure. Oui. C’est de l’or.
Le garde ne répond pas. Un silence. Il fait les cent pas. Au LE GARDE
bout d’un moment, il reprend. Vous comprenez, si on me fouille, moi, c’est le conseil de
LE GARDE guerre. Cela vous est égal,
Dun autre côté, on a plus de considération pour le garde que à vous? (Il regarde encore la bague.) Ce que je peux, si
pour le sergent de l’active. Le garde, c’est un soldat, mais vous voulez, c’est écrire sur
c’est presque un fonctionnaire. mon carnet ce que vous auriez voulu dire. Après,
ANTIGONE j’arracherai la page. De mon écriture,
Tu crois qu’on a mal pour mourir? ce n’est pas pareil.
LE GARDE ANTIGONE, a les yeux fermés: elle murmure avec un
Je ne peux pas vous dire. Pendant la guerre, ceux qui étaient pauvre rictus.
touchés au ventre, ils Ton écriture…(Elle a un petit frisson.) C’est trop laid, tout
avaient mal. Moi, je n’ai pas été blessé. Et, d’un sens, ça ma cela, tout est trop laid.
nui pour l’avancement. LE GARDE, vexé, fait mine de rendre la bague.
ANTIGONE Vous savez, si vous ne voulez pas, moi…
Comment vont-ils me faire mourir? ANTIGONE
LE GARDE Si. Garde la bague et écris. Mais fais vite… Jai peur que
Je ne sais pas. Je crois que j’ai entendu dire que pour ne pas nous n’ayons plus le temps…
souiller la ville de votre Ecris: «Mon chéri…»
sang, ils allaient vous murer dans un trou. LE GARDE, qui a pris son carnet et suce sa mine.
ANTIGONE C’est pour votre bon ami?
Vivante? ANTIGONE
LE GARDE Mon chéri, j’ai voulu mourir et tu ne vas peut-être plus
Oui, d’abord. m’aimer…
Un silence. Le garde se fait une chique. LE GARDE, répète lentement de sa grosse voix en écrivant.
ANTIGONE «Mon chéri, j’ai voulu mourir et tu ne vas peut-être plus
O tombeau! O lit nuptial! O ma demeure souterraine!… m’aimer…»
(Elle est toute petite au milieu ANTIGONE
de la grande pièce nue. On dirait quelle a un peu froid. Elle Et Créon avait raison, c’est terrible, maintenant, à côté de
s’entoure de ses bras. Elle cet homme, je ne sais plus
murmure.) Toute seule… pourquoi je meurs. Jai peur…
LE GARDE, qui a fini sa chique. LE GARDE, qui peine sur sa dictée.
Aux cavernes de Hadès, aux portes de la ville. En plein «Créon avait raison, c’est terrible…»
soleil. Une drôle de corvée ANTIGONE
encore pour ceux qui seront de faction. Il avait d’abord été Oh! Hémon, notre petit garçon. Je le comprends seulement
question d’y mettre l’armée. maintenant combien
Mais, aux dernières nouvelles, il paraît que c’est encore la C’était simple de vivre…
garde qui fournira les piquets. LE GARDE, s’arrête.
Elle a bon dos, la garde! Etonnez-vous après qu’il existe une Eh! Dites, vous allez trop vite. Comment voulez-vous que
jalousie entre le garde et le j’écrive? Il faut le temps tout
sergent d’active… de même…
ANTIGONE, murmure, soudain lasse. ANTIGONE
Deux bêtes… Où en étais-tu?
LE GARDE LE GARDE, se relit.
Quoi, deux bêtes? «C’est terrible maintenant à côté de cet homme…»
ANTIGONE ANTIGONE
Des bêtes se serreraient lune contre l’autre pour se faire Je ne sais plus pourquoi je meurs.
chaud. Je suis toute seule. LE GARDE, écrit, suçant sa mine.
LE GARDE «Je ne sais plus pourquoi je meurs…» On ne sait jamais
Si vous avez besoin de quelque chose, c’est différent. Je pourquoi on meurt.
peux appeler. ANTIGONE, continue.
ANTIGONE Jai peur… (Elle s’arrête. Elle se dresse soudain.) Non. Raye
Non. Je voudrais seulement que tu remettes une lettre à tout cela. Il vaut mieux
quelqu’un quand je serai que jamais personne ne le sache. C’est comme sils devaient
morte. me voir nue et me toucher
LE GARDE quand je serais morte. Mets seulement: «Pardon.»
Comment ça, une lettre? LE GARDE
ANTIGONE Alors, je raye la fin et je mets pardon à la place?
Une lettre que j’écrirai. ANTIGONE
LE GARDE Oui. Pardon, mon chéri. Sans la petite Antigone, vous auriez
Ah! ça non! Pas d’histoires! Une lettre! Comme vous y tous été bien tranquilles.
allez, vous! Je risquerais gros, Je t’aime…
moi, à ce petit jeu-là! LE GARDE
« Sans la petite Antigone, vous auriez tous été bien Antigone, l’embrassant dans une
tranquilles. Je t’aime…» C’est tout? immense flaque rouge.
ANTIGONE CRÉON, entre avec son page.
Oui, c’est tout. Je les ai fait coucher l’un près de l’autre, enfin! Ils sont
LE GARDE lavés, maintenant, reposés. Ils
C’est une drôle de lettre. sont seulement un peu pâles, mais si calmes. Deux amants
ANTIGONE au lendemain de la
Oui, c’est une drôle de lettre. première nuit. Ils ont fini, eux.
LE GARDE LE CHOEUR
Et c’est à qui quelle est adressée? Pas toi, Créon. Il te reste encore quelque chose à apprendre.
A ce moment, la porte s’ouvre. Les autres gardes paraissent. Eurydice, la reine, ta
Antigone se lève, les femme…
regarde, regarde le premier garde qui s’est dressé derrière CRÉON
elle; il empoche la bague et Une bonne femme parlant toujours de son jardin, de ses
range le carnet, l’air important… Il voit le regard confitures, de ses tricots, de
d’Antigone. Il gueule pour se donner une ses éternels tricots pour les pauvres. C’est drôle comme les
contenance. pauvres ont éternellement
LE GARDE besoin de tricots. On dirait qu’ils n’ont besoin que de
Allez! Pas d’histoires! tricots…
Antigone a un pauvre sourire. Elle baisse la tête. Elle sen va LE CHOEUR
sans un mot vers les autres Les pauvres de Thèbes auront froid, cet hiver, Créon. En
gardes. Ils sortent tous. apprenant la mort de son
LE CHOEUR, entre soudain. fils, la reine a posé ses aiguilles, sagement, après avoir
Là! C’est fini pour Antigone. Maintenant, le tour de Créon terminé son rang, posément,
approche. Il va falloir quils y comme tout ce quelle fait, un peu plus tranquillement peut-
passent tous. être que d’habitude. Et puis
LE MESSAGER, fait irruption, criant. elle est passée dans sa chambre, sa chambre à l’odeur de
La reine? où est la reine? lavande, aux petits
LE CHOEUR napperons brodés et aux cadres de peluche, pour s’y couper
Que lui veux-tu? Qu’as-tu à lui apprendre? la gorge, Créon. Elle est
LE MESSAGER étendue maintenant sur un des petits lits jumeaux démodés,
Une terrible nouvelle. On venait de jeter Antigone dans son à la même place où tu las
trou. On n’avait pas vue jeune fille un soir, et avec le même sourire, à peine un
encore fini de rouler les derniers blocs de pierre lorsque peu plus triste. Et sil ny avait
Créon et tous ceux qui pas cette large tache rouge sur les linges autour de son cou,
l’entourent entendent des plaintes qui sortent soudain du on pourrait croire quelle
tombeau. Chacun se tait et dort.
écoute, car ce n’est pas la voix d’Antigone. C’est une plainte CRÉON
nouvelle qui sort des Elle aussi. Ils dorment tous. C’est bien. La journée a été
profondeurs du trou… Tous regardent Créon, et lui, qui a rude. (Un temps. Il dit
deviné le premier, lui qui sait sourdement) Cela doit être bon de dormir.
déjà avant tous les autres, hurle soudain comme un fou: LE CHOEUR
«Enlevez les pierres! Enlevez Et tu es tout seul maintenant, Créon
les pierres!» Les esclaves se jettent sur les blocs entassés et, CRÉON
parmi eux, le roi suant, Tout seul, oui. (Un silence. Il pose sa main sur l’épaule de
dont les mains saignent. Les pierres bougent enfin et le plus son page.) Petit…
mince se glisse dans LE PAGE
l’ouverture. Antigone est au fond de la tombe pendue aux Monsieur?
fils de sa ceinture, des fils CRÉON
bleus, des fils verts, des fils rouges qui lui font comme un Je vais te dire, à toi. Ils ne savent pas, les autres; on est là,
collier d’enfant, et Hémon à devant l’ouvrage, on ne
genoux qui la tient dans ses bras et gémit, le visage enfoui peut pourtant pas se croiser les bras. Ils disent que c’est une
dans sa robe. On bouge un sale besogne, mais si on
bloc encore et Créon peut enfin descendre. On voit ses ne la fait pas, qui la fera?
cheveux blancs dans l’ombre, au LE PAGE
fond du trou. Il essaie de relever Hémon, il le supplie. Je ne sais pas, monsieur
Hémon ne l’entend pas. Puis CRÉON
soudain il se dresse, les yeux noirs, et il na jamais tant Bien sûr, tu ne sais pas. Tu en as de la chance! Ce qu’il
ressemblé au petit garçon faudrait, c’est ne jamais
d’autrefois, il regarde son père sans rien dire, une minute, et, savoir. Il te tarde d’être grand, toi?
tout à coup, il lui crache au LE PAGE
visage, et tire son épée. Créon a bondi hors de portée. Alors Oh oui, monsieur!
Hémon le regarde avec ses CRÉON
yeux d’enfant, lourds de mépris, et Créon ne peut pas éviter Tu es fou, petit. Il faudrait ne jamais devenir grand. (L’heure
ce regard comme la lame. sonne au loin, il murmure)
Hémon regarde ce vieil homme tremblant à l’autre bout de Cinq heures. Qu’est-ce que nous avons aujourd’hui, à cinq
la caverne, et, sans rien dire, heures?
il se plonge l’épée dans le ventre et il s’étend contre LE PAGE
Conseil, monsieur.
CRÉON
Eh bien, si nous avons conseil, petit, nous allons y aller.
Ils sortent, Créon s’appuyant sur le page.
LE CHOEUR, s’avance.
Et voilà. Sans la petite Antigone, c’est vrai, ils auraient tous
été bien tranquilles. Mais
maintenant, c’est fini. Ils sont tout de même tranquilles.
Tous ceux qui avaient à mourir
sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui
croyaient le contraire même
ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans
l’histoire sans y rien
comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles,
bien pourris. Et ceux qui
vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier
et à confondre leurs noms.
C’est fini. Antigone est calmée, maintenant, nous ne saurons
jamais de quelle fièvre. Son
devoir lui est remis. Un grand apaisement triste tombe sur
Thèbes et sur le palais vide
où Créon va commencer à attendre la mort.
Pendant qu’il parlait, les gardes sont entrés. Ils se sont
installés sur un banc, leur litre de
rouge à côté deux, leur chapeau sur la nuque, et ils ont
commencé une partie de cartes.
LE CHOEUR
Il ne reste plus que les gardes. Eux, tout ça, cela leur est
égal; c’est pas leurs oignons.
Ils continuent à jouer aux cartes…
Le rideau tombe rapidement pendant que les gardes abattent
leurs atouts.

l-Mise en situation :

a-Situer le passage en question :


→Situation : Il s’agit du dernier du dernier extrait de l’œuvre dramatique de Jean Anouilh. C’est un texte de
clôture qui trace la destinée d’Antigone qui a refusé de céder à Créon et à ses demandes.

b-Identifiez les personnages dans cet extrait et leur rôle dans la tragédie :
→Créon/Antigone : accélèrent le rythme de la tragédie. Cf p 99.
Le chœur : raisonne et fait raisonner Créon. Cf pp 99-100.
Hémon : reflète les sentiments dans la tragédie. Cf pp 100-101
Le garde : soulage Créon et applique les ordres. Cf p 99.

ll-Hypothèse de lecture :

Dans quelle mesure peut-on considérer le texte de clôture comme dénouement de cette tragédie ?

lll-Axe de lecture :
Les caractéristiques du texte de clôture dans la tragédie moderne :

Quel est le rôle du chœur dans cet extrait ? Citez le texte.


→Il tente de faire revenir Créon sur sa décision (Cf p 99)

Quelle explication Créon donne-t-il à son refus d’intervenir ? Citez le texte.


→Il confirme au chœur qu’elle est faite pour mourir. (Cf p 99)

Quel est le rôle de Hémon ? Citez le texte.


→Il essaye d’attendrir son père. (Cf. pp 100/102)
Comment réagit Antigone ? Citez le texte.
→Elle est soulagée par la décision de Créon. (Cf p 99)

Comment réagit le Garde ? Citez le texte.


→Le garde est hors sujet, il applique la loi… (Cf p 106)

Que remarquez-vous sur le dialogue d’Antigone et du Garde ? Peut-on parler de la peur


d’Antigone ? Citez le texte.
→C’est un discours de bois, chacun d’entre eux réfléchit sur son monde et sur sa destinée : autant que le
garde est terre-à-terre ; Antigone voyage dans l’au-delà et cherche à déguster la mort avant même son
arrivée (Cf pp 108-109). Ainsi, on peut dire qu’il n’a pas du tout peur, elle attend sa destinée. (Cf pp 106-107)

Que constitue le message d’Antigone à Hémon ? Citez le texte (Cf p 112)


→Elle se voit l’origine du mal à Thèbes. (Cf p 116).

Comment s’achève la tragédie ? Qui l’annonce ? Citez le texte.


→La tragédie s’achève sur deux voix :
♣ Celle du messager qui annonce la mort d’Antigone et de Hémon (suicide des deux personnages : Antigone s’est
pendue et Hémon s’est fait planter l’épée de son père) (Cf pp 118-119).

Relevez les figures de style, les champs lexicaux dans la tirade du messager (Cf pp 118-119)

♣ Celle du chœur qui résume les faits. (Cf p 120)


Relevez les figures de style, champs lexicaux possibles dans sa tirade. (Cf p 120).

Conclusion :
☺ Peut-on parler d’un dénouement ? Pourquoi ?
→Il ne s’agit pas d’un dénouement mais d’un texte de clôture tant qu’on n’a pas une solution ; on a une
fin tragique.

☺ Peut-on parler d’un message de la part d’Anouilh ? Comment ?


→On peut parler d’un double message :
Message d’ordre esthétique qui se manifeste dans le recours aux anachronismes.
Message d’ordre moral qui consiste à réfléchir sur la destinée de soi-même et de l’être humain en
général, autrement dit chacun d’entre-nous possède sa destinée entre ses propres mains.

lV-Traces écrites :
Cf. la conclusion.

V-Prolongement :
Etude comparative : comparer la tirade d’Antigone pp 111-112 chez Anouilh et chez Sophocle.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: Langue.
Durée : 1heure
direct/indirect (2ème partie).
Titre : le discours direct/indirect
Compétences
Compétences ciblées
ciblées : amener l’apprenant à :
Identifier les caractéristiques du discours direct/indirect.
Effectuer le passage du discours direct au discours indirect et l’inverse.

A-La complétive par « que » :


l-Observation :
Exemples :
1-Antigone a déclaré : « Je ne veux pas vivre ».
2-Antigone affirmait : « Je n’ai plus voulu vivre ».
3-Créon répondit à Antigone : « Tu devras oublier ton frère et te marier »
4-Ismène proposa à Antigone : « nous aurons dû oublier, à cet endroit l’enterrement de notre frère ce
jour »
5-Antigone a répondu : « je ne cédai plus à Créon »
ll-Conceptualisation :
A quel type de discours appartiennent ces phrases ? → discours direct.
Quels sont ses composants ? → le verbe introducteur, les deux points, les guillemets, l’émetteur et
Le récepteur. Cf exemples.
Que remarquez-vous sur le verbe introducteur ?→ tous les verbes sont au passé.

Transformez ces exemples au discours indirect. Que remarquez-vous ? Pourquoi ?

Transformations :

1-Antigone a déclaré qu’elle ne voulait pas vivre.


2-Antigone affirmait qu’elle n’avait plus voulu vivre.
3-Créon répondit à Antigone qu’elle devrait oublier son frère et se marier.
4-Ismène affirma à Antigone qu’elles auraient dû oublier, à cet endroit-là l’enterrement de leur frère
ce jour-là.
5-Antigone a répondu qu’elle n’avait plus cédé à Créon.

Remarque :
Lorsque le verbe introducteur est au passé, les verbes entre « … » changent sauf l’imparfait, le P.Q.P, le
conditionnel et le subjonctif :
Ex : Le chœur dit à Créon : « Vous ne devait pas tuer Antigone ».
→Le chœur dit à Créon qu’il ne devait pas tuer Antigone.

Ainsi aurons-nous les changements suivants :


Verbe introducteur
au passé

Discours direct Discours indirect


Présent Impft
P.C P.Q.P
F.simple Conditionnel présent
F.antérieur Conditionnel passé
P. simple P.Q.P
N.B :
Les indicateurs spatio-temporels et les pronoms subissent le changement. (Voir le 1er cours)
B- L’injonction :
Ex : Ismène a conseillé : « laisse le corps de Polynice sans enterrement »
→Ismène a demandé de laisser le corps de Polynice sans enterrement.
Remarque :
« L’impératif » dans le discours direct devient « de + infinitif » dans le discours indirect.

C-L’interrogation :
Exemples :
1-Je me demande : « Est-ce que Antigone a raison ? »
→Je me demande si Antigone a raison.
2-Il s’interrogeait : « Que faisait Antigone dehors en pleine nuit ? »
→Il s’interrogeait ce que faisait Antigone dehors en pleine nuit.
3-Créon s’interrogea : « Qu’est-ce qu’elle veut de moi ? »
→Créon s’interrogea ce qu’elle voulait de lui.
4-Créon veut savoir : « Antigone l’écoutera-t-il ? »
→Créon veut savoir si Antigone l’écoutera.
Attention !
5-Il s’est interrogé : « combien de temps restera-t-elle têtue ? »
→Il s’est interrogé combien de temps elle resterait têtue.
6-Elle se demanda : « Quand son heure sonnera ? »
→Elle se demanda quand son heure sonnera.
Remarque :

Mots interrogatifs

Discours direct Discours indirect


Est-ce que Si
Que, qu’est-ce que/ Qu’est-ce qui Ce que/ ce qui
Quand, combien, comment… Invariable
L’intonation Si

lll-Appropriation :
Transformez au discours indirect :
1/Il déclara : 'demain nous ne serons plus ici'=>………………………………………………………………
2/Pierre m'a demandé: 'Manges-tu ici ce midi'? =>……………………………………………………………
3/Philippe dit: 'Je travaille ici =>………………………………………………………………………………
4/'Marlène arrivera à 21 heures' me dit Julien. =>……………………………………………………………
5/'Accepteras-tu de relire mon texte'? me demande Paul. =>…………………………………………………
6/'Viens tout de suite' dit la maman à son enfant. =>…………………………………………………………
7/Mon collègue m'a dit 'Je ne m'occupe pas de ce secteur aujourd'hui'. =>…………………………………….
8/Luc m'a dit : 'J'ai toujours eu peur du noir'. =>………………………………………………………………
9/Alain me demande ' veux-tu me prêter ton stylo'? Je lui ai répondu 'je suis d'accord mais rappelle-toi qu'il
est à moi' =>……………………………………………………………………………………………………

Transformez au discours direct ::


1/Elle m'a avoué que j’avais peur de monter en avion. ……………………………………………………
2/ Vous avez déclaré que vous déménagiez à la fin de cette semaine là………………………………………
3/Nous avons annoncé à nos amis que notre fille s'installait à Paris cette année là…………………………..
4/Ils ont demandé si quelqu'un les accompagnait. ……………………………………………………………
5/J'ai reconnu que je n'aimais pas le fromage. …………………………………………………………………
6/ Tu as ajouté que tes voisins organiserait une fête ce jour là……………………………………………
7/Elle a assuré que les enfants étaient très calmes.…………………………………………………………
8/ Tu as admis que tu n’avais pas mangé trop de chocolat en ce moment même…………………………
9/ Elle a ajouté qu’ils auraient marché très lentement ce jour là.………………………………………………
10/Nous avons précisé que notre avion avait décollé à 4 heures du matin.……………………………………
C/ Transformez au discours indirect :
1. Où est-il? ==> Je ne sais pas………………………………………………
2. Pourquoi as-tu dit une chose pareille? ==> Je ne comprends pas………………................................... une
chose pareille.
3. Avez-vous trouvé une solution? ==> Je ne sais pas……………………………………….. une solution.
4. Comment viendront-ils? ==> Est-ce que tu sais……………………………………………………………..
5. Que voulez-vous? ==> Dites-moi……………………………………………………………………………
6. Quel âge a-t-il? ==> J'ignore…………………………………………………………………………………
7. Qu'est-ce que tu penses de tout ça? ==> Je voudrais bien savoir…………………………….. de tout ça.
8. Est-ce qu'il y a du pain pour ce soir? ==> Je ne sais pas………………………….. du pain pour ce soir.
9. Que se passe-t-il? ==> Je ne sais pas……………………………………………………………………..
10. Qu'est-ce qu'il veut? ==> Je me demande……………………………………………………………….

D/Même exercice :
1. Le médecin lui ordonna : 'Faites-le attendre cinq minutes à cet endroit '.
→………………………………………………………………………………………………………………..
2. Elle m'a précisé : 'Votre dossier sera étudié dès demain '.
→………………………………………………………………………………………………………………
4.L'hôtesse annonça : « Les passagers pour Rio sont priés de se rendre dans le hall d’embarquement »
→…………………………………………………………………………………………
4. 'D'où arrive cet avion 'demanda t-il ?→………………………………………………………………
5. 'Faites attention à la falaise ' leur conseilla le guide.→……………………………………………………
6. Elle m'a répondu : 'Je n'ai qu'une chambre libre demain maintenant'.
→………………………………………………………………………………………………
7. Elle lui avoua : 'J'ai perdu mon bracelet, hier '→……………………………………………………………
8. Le médecin m'a dit : 'Votre perfusion sera terminée le lendemain'.
→………………………………………………………………………………………………………………
9. Une affiche annonçait: 'Nous recherchons une vendeuse en ce moment '.
→……………………………………………………………………………………………………………

Le discours indirect libre

Exemple :
Rahma […] revint tout en pleurs. Elle se mit à se lamenter depuis l’entrée de la maison, à s’administrer des
claques sonores sur les joues. […] Je suis la plus misérable des mères ; je ne pourrai jamais survivre à cette
douleur. Personne ne pourra soulager ma peine.
Extrait de la Boite à Merveilles, chapitre IlI p 45, Sefrioui,A
Questions :

1 -A quel type de texte peut-on rattacher ce passage ? Justifiez.


→extrait narratif : certains verbes sont au passé simple.

2-Combien de personnages peut-on repérez dans cet extrait ? Délimitez le début et la fin de leur discours.
→On a le narrateur (Rahma… les joues) et Rahma (Je suis… ma peine).

3-A quel type de discours peut-on rattacher les paroles de Rahma ? Transformez-le au discours indirect
libre. Que remarquez-vous ?
→C’est un discours direct libre, ce qui lui manque c’est le verbe introducteur :
TRANSFORMATION :

Rahma […] revint tout en pleurs. Elle se mit à se lamenter depuis l’entrée de la maison, à s’administrer des
claques sonores sur les joues. […] Elle était la plus misérable des mères ; elle ne pourrait jamais survivre à
cette douleur. Personne ne pourrait soulager sa peine.

4-Que remarquez-vous ? Comment appelle-t-on ce discours.


→on remarque qu’il n’y a aucun changement au niveau de la structure interne du texte, mais il y a un
changement dans les pronoms personnels et temps verbaux à l’instar du discours indirect avec, bien sûr
l’absence claire du verbe introducteur et de la conjonction de subordination « que » : on a donc le
discours indirect libre.

Exercice :(Avec le corrigé)


Transformez ces énoncés au discours indirect puis au discours indirect libre :

1-« Je ne l’ai pas vu. Je le jure. Si vous ne me croyez pas, allez voir mes amis. Quelqu’un pourra-t-il vous
dire le contraire ? »
• Il criait qu’il ne l’avait pas vu. Qu’il le jurait. Que s’ils ne le croyaient pas, qu’ils aillent voir ses
amis. Si quelqu’un pourrait dire le contraire.

• Il ne l’avait pas vu. Il le jurait. S’ils ne le croyaient pas, qu’ils aillent voir ses amis. Quelqu’un
pourrait-il leur dire le contraire ?

2-« Le professeur se mit alors en colère. Je ne supporte plus la paresse de mon élève. Je finirai par ne plus
m'en occuper si celui-ci trouve sans arrêt des excuses pour ne pas faire ses devoirs »…

• Le professeur se mit en colère et dit qu’il ne supportait plus la paresse de son élève. Qu’il finirait
par ne plus s’en occuper si celui-ci trouvait sans arrêt des excuses pour ne pas faire ses devoirs…

• Le professeur se mit alors en colère. Il ne supportait plus la paresse de son élève. Il finirait par ne
plus s'en occuper si celui-ci trouvait sans arrêt des excuses pour ne pas faire ses devoirs …

3-Très en colère, Antigone affronte Créon et lui dit : « je ne veux plus ton bonheur. Ce n’est pas ce que je
veux. C’est l’enterrement de mon frère que je cherche à réaliser en ce moment »
• Très en colère, Antigone affronte Créon et lui dit qu’elle ne veut plus son bonheur. Que ce n’est pas
ce qu’elle veut. Que c’est l’enterrement de son frère qu’elle cherche à réaliser en ce moment
même.

• Très en colère, Antigone affronte Créon. Elle ne veut plus son bonheur. Ce n’est pas ce qu’elle
veut. C’est l’enterrement de son frère qu’elle cherche à réaliser en ce moment même.
Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: T.encadrés et A. orales.
Durée : 1 heure
Sujet : Caractériser un genre théâtral, la tragédie et son évolution
Travail de comparaison : comparer des rôles .
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Comparer la confrontation
confrontation des personnages chez Anouilh et Sophocle.

Travail par groupes

DÉMARCHE :
1- Partager la classe en 4 groupes.
2- Distribuer les supports surtout pour le groupe 4 qui travaillera sur l’extrait de Sophocle.

SUPPORTS :
♣ Antigone / Ismène : De : « Nous ne pouvons pas… A … Pauvre Ismène !... ». pp 23/31.
♣ Antigone / Hémon : De : « Pardon, Hémon… A … C’est fini pour Hémon, Antigone ». pp 37/44
♣ Antigone/Créon : De : « Les Gardes sont sortis, … A … pendant un mois ». pp 64/77.
♣ Antigone / Créon de Sophocle : De : « Et toi qui courbe la tête… A … une femme ne commandera
pas » à distribuer comme photocopie aux élèves.

QUESTIONS À DISTRIBUER AUX ÉLÈVES :

l : Antigone de Jean Anouilh (groupe 1)


☺ Antigone / Ismène :
1- Quel est le sujet de conversation des deux sœurs ?
2- Quel est le point de vue d’Ismène ? Relevez une expression qui le montre.
3- Quelles sont les raisons qui la pussent à ce choix ?
4- Quel est le point de vue d’Antigone ?
5- Relevez, dans les répliques d’Antigone, les phrases négatives qui expriment sa position.
6- Que veut-elle alors ? Expliquez-le, sans recopier, grâce à la tirade d’Antigone, « Comprendre… »

☺ Antigone / Hémon : (groupe 2)


1- Comment apparaît Antigone ?
2- Comment envisage-t-elle le bonheur ?
3- Pourquoi l’abandonne-t-elle ?
4- Comment se révèle cet abandon ?
5- Que peut-on conclure du personnage d’Antigone ?

☺ Antigone / Créon : (groupe 3)


1- Quelle est l’attitude de Créon ? Que recherche-t-il ? Citez une expression qui le montre.
2- Par quels moyens cherche-t-il à agir sur Antigone ?
3- Quelle est la réaction d’Antigone ? Citez une expression qui le prouve.
4- Aucun des deux ne croit à la nécessité de l’enterrement. Qu’en pensent-ils finalement ? Relevez une
expression fréquente qui le prouve.
5- Comment comprenez-vous la réplique d’Antigone « Pour personne. Pour moi ». Expliquez votre
réponse.
ll-Antigone de Sophocle. (groupe 4)
☺ Antigone /Créon :
1- Quels sont les personnages en présence ?
2- Quelle est l’attitude Créon ?
3- Quelles raison Antigone donne-t-elle à son acte ?
4- A la huitième réplique, de quelle manière Créon s’adresse-t-il à Antigone ? Pourquoi ?
5- Retrouvez les arguments de Créon pour condamner Antigone.

Le face à face, Créon/Antigone de Sophocle :

Antigone, Sophocle
CRÉON : Et toi qui courbes la tête contre terre, je te parle : avoues-tu [avoir enterré Polynice] ?
ANTIGONE : Je l'avoue, je ne nie pas l'avoir fait.
CRÉON (au garde) : Pour toi, va où tu voudras ; tu es absous de ce crime. Mais toi, réponds-moi en peu de mots et brièvement :
connaissais-tu l'édit qui défendait ceci ?
ANTIGONE : Je le connaissais. Comment l'aurais-je ignoré ? Il est connu de tous.
CRÉON : Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?
ANTIGONE : C'est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siège auprès des dieux souterrains. Et je n'ai pas cru que tes
édits pussent l'emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n'es qu'un mortel. Ce n'est point d'aujourd'hui
ni d'hier qu'elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées.
Je n'ai pas dû, par crainte des ordres d'un seul homme, mériter d'être châtiée par les dieux. Je savais que je dois mourir un jour,
comment ne pas le savoir ? Même sans ta volonté et si je meurs avant le temps, ce me sera un bien, je pense. Quiconque vit
comme moi au milieu d'innombrables misères, celui-là n'a-t-il pas profit à mourir ?
Certes, la destinée qui m'attend ne m'afflige en rien. Si j'avais laissé non enseveli le cadavre de l'enfant de ma mère, cela m'eût
affligée ; mais ce que j'ai fait ne m'afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement,
peut-être suis-je accusée de folie par un insensé.
LE CORYPHÉE : L'esprit inflexible de cette enfant vient d'un père semblable à elle. Elle ne sait point céder au malheur.
CRÉON : Sache cependant que ces esprits inflexibles sont domptés plus souvent que d'autres. C'est le fer le plus solidement
forgé au feu et le plus dur que tu vois se rompre le plus aisément. Je sais que les chevaux fougueux sont réprimés par le moindre
frein, car il ne convient point d'avoir un esprit orgueilleux
à qui est au pouvoir d'autrui. Celle-ci savait qu'elle agissait injurieusement en osant violer des lois ordonnées; et, maintenant,
ayant accompli le crime, elle commet un autre outrage en riant et en se glorifiant de ce qu'elle a fait. Que je ne sois plus un
homme, qu'elle en soit un elle-même, si elle triomphe impunément, ayant osé une telle chose ! Mais, bien qu'elle soit née de ma
sœur, bien qu'elle soit ma plus proche parente, ni elle, ni sa sœur n'échapperont à la plus honteuse destinée, car je soupçonne cette
dernière non moins que celle-ci d'avoir accompli cet ensevelissement. Appelez-la. Je l'ai vue dans la demeure, hors d'elle-même
et comme insensée. Le cœur de ceux qui ourdissent le mal dans les ténèbres a coutume de les dénoncer avant tout. Certes, je hais
celui qui, saisi dans le crime, se garantit par des belles paroles.
ANTIGONE : Veux-tu faire plus que me tuer, m'ayant prise ?
CRÉON : Rien de plus. Ayant ta vie, j'ai tout ce que je veux.
ANTIGONE : Que tardes-tu donc ? De toutes tes paroles aucune ne me plaît, ni ne saurait me plaire jamais, et, de même, aucune
des miennes ne te plaît non plus. Pouvais-je souhaiter une gloire plus illustre que celle que je me suis acquise en mettant mon
frère sous la terre ? Tous ceux-ci diraient que j'ai bien fait, si la terreur ne fermait leur bouche ; mais, entre toutes les félicités
sans nombre de la tyrannie, elle possède le droit de dire et de faire ce qui lui plaît.
CRÉON : Tu penses ainsi, seule de tous les Cadméens1.
ANTIGONE, désignant le chœur : Ils pensent de même mais ils compriment leur bouche pour te complaire.
CRÉON : N'as-tu donc point honte de ne point faire comme eux ?
ANTIGONE : Certes, non, car il n'y a aucune honte à honorer ses proches.
CRÉON : N'était-il pas ton frère aussi celui qui est tombé en portant les armes pour une cause opposée ?
ANTIGONE : De la même mère et du même père.
CRÉON : Pourquoi donc, en honorant celui-là, es-tu impie envers celui-ci ?
ANTIGONE : Celui qui est mort ne rendrait pas ce témoignage.
CRÉON : Il le ferait sans doute puisque tu honores l'impie autant que lui.
ANTIGONE : Polynice est mort son frère et non son esclave.
CRÉON : Il est mort en dévastant cette terre, tandis que l'autre combattait vaillamment pour elle.
ANTIGONE : Hadès2 applique à tous les mêmes lois.
CRÉON : Mais le bon et le mauvais n'ont pas le même traitement.
ANTIGONE : Qui peut savoir si cela est ainsi dans l'Hadès ?
CRÉON : Jamais un ennemi, même mort, ne devient un ami.
ANTIGONE : Je suis née non pour une haine mutuelle mais pour un mutuel amour.
CRÉON : Si ta nature est d'aimer, va chez les morts et aime-les. Tant que je vivrai, une femme ne commandera pas.
1- Cadméens : habitants de Cadmée, la citadelle de Thèbes.
2-Hadès : dieu des Enfers.
QUESTIONS / RÉPONSES :

l : Antigone de Jean Anouilh.


☺ Antigone / Ismène :
1- Quel est le sujet de conversation des deux sœurs ?
→L’enterrement de Polynice et la désobéissance.

2- Quel est le point de vue d’Ismène ? Relevez une expression qui le montre.
→Ismène ne veut pas l’enterrer, mais obéir au roi. Elle dit : « C’est une bêtise » p 24.

3- Quelles sont les raisons qui la pussent à ce choix ?


→Elle se soumet aux ordres du roi, parce que la ville est d’accord avec lui et qu’elle a peur de la souffrance. Elle ne se
sent pas la force de s’opposer car elle est une fille et elle n’est pas courageuse.

4- Quel est le point de vue d’Antigone ?


→Antigone refuse de trop réfléchir et accepte son devoir : « à chacun son rôle, ça été distribué ». Elle va l’enterrer et
désobéir.

5- Relevez, dans les répliques d’Antigone, les phrases négatives qui expriment sa position.
→ « je ne veux pas avoir raison ».
« je ne veux pas comprendre ».
« moi, je ne suis pas le roi ».
« il ne faut pas que je donne l’exemple ».

6- Que veut-elle alors ? Expliquez-le, sans recopier, grâce à la tirade d’Antigone, « Comprendre… »
→Elle veut agir selon son point de vue, sa morale, sa conscience, sans chercher à raisonner, spontanément,
instinctivement…

☺ Antigone / Hémon :
1- Comment apparaît Antigone ?
→C’est un personnage humain, qui doute de sa séduction. Elle se montre à la fois femme, épouse et mère.

2- Comment envisage-t-elle le bonheur ?


→Elle veut un bonheur passionné, simple, familiale…

3- Pourquoi l’abandonne-t-elle ?
→Elle n’y croit pas : répétition du mot « vrai ». Elle doute aussi, craint une erreur d’Hémon et le pouvoir de séduction
d’Ismène.

4- Comment se révèle cet abandon ?


→Elle emploie le conditionnel : « le petit garçon que nous aurions eu, je l’aurai défendu, l’aurais serré, il aurait eu, tu
aurais eu ». Elle sait, elle, ce qui ne s’accomplira pas, elle sait son destin. Il y a décalage entre elle et Hémon.

5- Que peut-on conclure du personnage d’Antigone ?


→Il devient tragique : elle abandonne le projet de bonheur, elle plonge Hémon dans le malheur (didascalie : il s’éloigne).
Elle se condamne par là et condamne les autres au destin qu’elle a choisi pour eux tous. Le destin ne peut que
s’accomplir.

☺ Antigone / Créon :
1- Quelle est l’attitude de Créon ? Que recherche-t-il ? Citez une expression qui le montre.
→Créon tente de désamorcer le conflit, préférant étouffer le scandale et raisonner la jeune fille : « tu vas dire… que tu n’es pas sortie
depuis hier ».

2- Par quels moyens cherche-t-il à agir sur Antigone ?


→Il cherche à lui faire exposer les motifs de son geste parce qu’ils ne sont pas clairs dans l’esprit d’Antigone. Il lui montre qu’elle a
agit malgré : l’interdiction du roi, le fait que son frère soit un traitre, le châtiment encouru.
Puis, il lui prouve qu’elle l’a fait par orgueil « l’orgueil d’Œdipe », et montre une affection bourrue envers elle.
3- Quelle est la réaction d’Antigone ? Citez une expression qui le prouve.
→Antigone réfute tous ces arguments et se montre doucement résolue : « je ne joue pas ».

4- Aucun des deux ne croit à la nécessité de l’enterrement. Qu’en pensent-ils finalement ? Relevez une
expression fréquente qui le prouve.
→Ils parlent de « folie », de « geste absurde », adjectif repris par Créon « c’est absurde ».

5- Comment comprenez-vous la réplique d’Antigone « Pour personne. Pour moi ». Expliquez votre
réponse.
→Antigone n’agit ni contre le pouvoir, ni par respect du rite religieux dont Créon vient de peindre l’absurdité (et elle en convient), mais
par fidélité à elle-même, à sa conscience, à son idéal de vie.

ll-Antigone de Sophocle.
☺ Antigone /Créon :
1- Quels sont les personnages en présence ?
→Antigone, Créon et le Coryphée (= le Chœur).

2- Quelle est l’attitude Créon ?


→il se montre agressif, menaçant : c’est un tyran jaloux de son autorité et dont la fureur ne connaîtra plus de bornes.

3- Quelles raisons Antigone donne-t-elle à son acte ?


→Elle n’a pas respecté la défense de Créon car « ce n’est pas Zeus qui l’avait proclamée ». Elle oppose deux types de lois : lois divines
et lois humaines, lois indicibles et lois écrites. Antigone échappe ainsi à la souffrance de n’avoir pas fait son devoir et accepte la mort
comme une gloire. Elle ne craint pas de s’opposer au tyran.

4- A la huitième réplique, de quelle manière Créon s’adresse-t-il à Antigone ? Pourquoi ?


→Il utilise la 3ème personne du singulier, manifestant ainsi une autorité absolue… il vise par là à l’ignorer…

5- Retrouvez les arguments de Créon pour condamner Antigone.


Comme tyran :
Il vient à bout des volontés les plus dures,
Il punit de mort la désobéissance « en passant outre à des lois établies »,
La fierté d’Antigone, son insolence, « s’en vanter et de ricaner »,
et ce, malgré leurs liens familiaux.
Il tente de lui prouver l’impiété de son frère :
« le bon ne se met pas sur le rang du méchant », l’ennemi, même mort, n’est jamais un ami.
Dernier argument : « tant que je vivrai, ce n’est pas une femme qui me fera la loi.

Source : Françoise PALOS


Niveau : 1ère A.bac
Activité:
Activité: production écrite
Durée : 1 heure
Sujet : En vous inspirant du dialogue entre Créon et Antigone, rédigez un autre dans lequel cette
dernière regrette son geste et souhaite la clémence du roi.
Compétence ciblée : amener l’élève à :
Rédiger un dialogue. (un pastiche)

1ère phase :
Lecture du sujet et repérage des mots-clés.
Attirer l’attention des élèves sur :
→la forme / le type du texte à produire : dialogue / discours.
→le temps verbal : variable selon la situation de l’énonciation.
→l’utilisation des indications scéniques.

2ème phase :
Texte exemple :

(Antigone se détache des mains des gardes et se met à genoux devant Créon)

Antigone : Pardon Oncle, je suis Antigone, la fiancée de votre unique fils.

Créon (tout calme) : Tu aurais dû m’écouter dès le début !

Antigone : Oui, vous avez raison mais je suis jeune, incapable de raisonner et c’est mon frère.

Créon : Je t’ai dit qu’il faut l’oublier, c’était un traitre.

Antigone : Oui, cher Oncle, je souhaite votre clémence et je vous promets d’être correcte le reste de ma vie.

Créon (en colère) : Ta vie ! Quelle vie ? Tu seras exécutée !

: Ayez pitié de moi, de ma jeunesse ; pensez à votre fils, à notre


Antigone (S’accroche à ses vêtements en pleurant)
amour, aux petits enfants que nous aurons…

Créon (la repousse) : Non, il faut que tu sois l’exemple !

Antigone : Pitié ! Pitié ! Je suis de votre famille ! Je suis de votre sang ! Laissez-moi vivre comme tout le
monde.
Créon : tu n’es pas comme tout le monde ! Il fallait m’écouter !

Antigone : Je vous écoute, je suis prête à vous écouter ; épargnez ma vie pour l’amour du ciel ! Emprisonnez
moi sauf me faire mourir ! Pensez à Hémon, à tes petits fils qui seront vos successeurs !

Créon (baisse la tête puis ordonne aux gardes de sortir et de la laisser avec lui) : Comment faire alors ? Quel autre jeu dois-je
jouer te sauver la vie encore une fois ?

3ème phase :
Affinement et rédaction sur les cahiers de cours.
Niveau : 1ère A.bac
Activité de clôture : bilan de l’étude/
Durée : 2 heures.
heures.
Sujet S : 1-
1- Antigone contre le monde des adultes.
2-Fiche de lecture.
Compétences ciblées
ciblées : amener l’élève à :
Repérer les phases importantes dans l’œuvre.
Identifier les critères de la révolte dans l’œuvre.
Réaliser une fiche de lecture.

1ère partie : Antigone contre le monde des adultes :

Les mouvements de la pièce :


La nourrice.

a- L’exposition : Antigone contre Ismène.

Hémon.

b- Le ressort du drame :

Gardes.
• Antigone s’oppose à/au (x)

Créon.

• Le chœur s’oppose à Créon.

c- Le nœud :
• Antigone s’affole contre Créon.
• Le chœur fait raisonner Créon.

d- Le dénouement :
• Hémon s’oppose à son père Créon.
• Antigone adoucit le Garde message à Hémon.
• Le messager (l’information) la mort d’Antigone et d’Hémon.

Reque :
Normalement la pièce s’achève quand Créon prend la décision et appelle les Gardes pour emmener
Antigone (cf p 99).

N.B :
Toute la pièce d’Antigone repose sur un mot-clé que Créon prononce et Antigone reprend « bonheur » pp
92-93, d’où la révolte d’Antigone contre son monde :

♣ 1ère phase : Antigone, furieuse contre le monde où elle vit, rompt avec tout le monde : elle fait des
scènes d’A dieu.
♣ 2ème phase : Antigone se révolte contre le roi (Créon), refuse les lois et s’affole contre le mot
« bonheur ».
♣ 3ème phase : Antigone refuse la vie et choisie le suicide pour créer son propre monde, peut-être dans
l’au-delà…

2ème partie : fiche de lecture


Travail par
groupes

1ère phase :
☺ Partager la classe en groupes et distribuer une fiche-bristol pour chacun.
☺ Leur demander de réaliser une fiche de lecture de façon collective.
☺ Les guider pendant le travail en insistant sur :
→le collecte des informations nécessaires à partir de ce qui a été vu.
→la bonne présentation de la fiche vu qu’elle sera présentée devant leurs camarades.

2ème phase :
☺ Afficher tous les travaux sur le tableau en demandant à chaque groupe de désigner un représentant.
☺ Faire passer chaque représentant pour présenter le travail de son groupe et le défendre.
☺ Demander aux autres groupes de prendre des notes et d’insister sur ce qui a été négligé par le groupe
en question.
☺ Finir par évaluer le travail et si c’est possible intégrer les élèves dans la notation pour les sensibiliser
de l’opération de la correction et sa difficulté.

Si c’est possible, cette deuxième activité doit être


notée, il est préférable qu’elle soit intégrée dans
la note de l’oral pour motiver les élèves.

Projet réalisé par :

Abderrezak Berbara.
Professeur du cycle secondaire qualifiant.
Lycée qualifiant DERFOUFI, Tikiouine.
Agadir.