Vous êtes sur la page 1sur 17

TUBERCULOSE PULMONAIRE

ET GROSSESSE

Sous l'influence de la vaccination et des traitements spécifiques, la tuberculose des femmes enceintes a

perdu sa réputation de gravité. Elle

entre dans le cadre des tuberculoses banales, à ceci près qu'elle requiert des

soins encore plus rigoureux qu'en

dehors de la grossesse.

I Influence de la grossesse sur la

tuberculose

Grossesse et premières

manifestations de la tuberculose sont

contemporaines.

La tuberculose peut être découverte à la consultation prénatale par la

radiographie. La responsabilité de la

grossesse dans l'éclosion de la tuberculose a longtemps préoccupé

phtisiologues et obstétriciens. Certains

ont pensé la grossesse d'être cause déterminante dans l'apparition de la

tuberculose pulmonaire,

d'autres ont des idées contre cette

conception :

la découverte d'une lésion pulmonaire

en cours de grossesse ne prouve pas

que la tuberculose lui soit contemporaine car l'âge de la fécondité

est souvent apparaissent des

tuberculoses débutantes; à cet âge, la

proportion des atteintes masculines

est comparable à celle des atteintes

féminines. La grossesse aurait donc un rôle plus apparent que réel dans l'éclosion de la tuberculose.

Le rôle mauvais de état d'une première

grossesse, des grossesses rapprochées, plus encore des

allaitements répétés et prolongés, dans

des circonstances défavorables de fatigue physique, morale peuvent être

les causes.

Les variétés de tuberculose débutante

sont les plus accessibles aux

traitements, en raison de leurs

caractères limités, de l'absence

d'importants remaniements

anatomiques. et sont par conséquent

les plus favorables.

- La grossesse survient chez une

maladie porteuse de lésions depuis

longtemps connues et traitées. La

grossesse n'a aucune influence sur

l'évolution de la maladie. La mortalité maternelle est devenue nulle.

II

Influence de la tuberculose sur la

grossesse

Elle est à peu près nulle. Pas

d'avortements. Pas

d'accouchements prématurés.

III

Influence de la tuberculose sur le

fœtus

L'enfant est normal dans 85% des cas. Son poids est sensiblement celui d'un

enfant né d'une mère non tuberculeuse. L'atteinte congénitale est

exceptionnelle. Elle est le fait des

tuberculoses aiguës et généralisées (granulie).Toutefois l'élevage du

nouveau-né peut être difficile dans les

premières semaines: le poids reste stationnaire et parfois même décroît.

Mais en général, l'état de l'enfant

devient normal; au bout de quelques semaines ou de quelque mois, rien ne

le distingue des autres nourrissons.

A titre exceptionnel, l'altération de l'état général peut persévérer, réalisant

le syndrome de dénutrition

progressive. Cette complication, qui

n'excède pas 5% des cas, serait due à

la transmission transplacentaire des

formes filtrables du bacille tuberculeux.

Le véritable danger encouru par l'enfant est celui de la contagion post-

natale. La règle de séparer le nouveau-

né de sa mère quand elle est bacillifère, la création d'œuvres sociale son

application pratique, la vaccination par

le BCG dans les premières semaines préservent efficacement le nourrisson

de la contagion.

IV Formes cliniques

1/ La granulie pulmonaire apparaît souvent tardive au cours des suites

de couches, autrefois mortelle. Après

les médications chimiques et

antibiotiques, son pronostic en est

ainsi transformé. Le fœtus risque davantage d'être contaminé. Mais il

bénéficie à la naissance des

traitements antituberculeux s'il est

porteur de lésion.

2/ Les tuberculoses révélées au cours

des suites de couches, il est débuté au cours de cette période ou de

lésions ignorées lors de la grossesse, leur caractère est d'être très évolutives. Elles se manifestent par une ascension thermique inexplicable par l'état obstétrical. L'examen

radiologique peut mettre en évidence.

Leur traitement conduit aux mêmes succès que dans les autres formes.

V Traitement

1/- Le traitement de la tuberculose de la

femme enceinte est d'ordre

phtisologique.

Les traitements chimiques est combinés aux antibiotiques (la rifampicine et l'éthambutol, en revanche l'éthionamide

doit être proscrit en raison du risque

tératogène).

Le traitement se fait dès qu’on trouve le diagnostic et longtemps poursuives,

pendant au moins dix-huit mois.

Chez certaines tuberculeuses anciennes qui ne sont plus traitées, il sera souvent prudent de reprendre le traitement à la fin de la grossesse et

surtout pendant la période critique du

postpartum.

- Les moyens chirurgicaux sont tous

utilisables chez la femme enceinte; la chirurgie d'exérèse peut être pratiquée

jusqu'aux environs du sixième mois sans influencer l'évolution de la

grossesse.

- Le repos absolu au lit est souvent la condition de l'efficacité des divers

traitements. La cure sanatoriale peut

être utile.

2/- L'avortement thérapeutique est

indiqué lorsque les lésions pulmonaires ont abouti à la ruine de

la fonction respiratoire, au point que

l'effort imposé par la grossesse ne

puisse être supporté. Mais encore

pour qu'une telle situation puisse s'imposer, l'indication tient au déficit

respiratoire fonctionnel, non à la

tuberculose elle-même.

3/- Aspect obstétrical. Le travail est en

général rapide chez la tuberculeuse. L'accouchement spontané est permis

chez la multipare, mais on recours à

l’intervention dans la circonstance particulière comme la fatigue maternelle, la précarité de l'équilibre respiratoire due à l'étendue des

lésions ou à la réduction chirurgicale

des champs pulmonaires.

L'extraction artificielle par voie basse

est, au contraire, indiquée souvent chez la primipare.

La contre-indication à l'allaitement

maternel est formelle. Même chez la

tuberculeuse ancienne ou non

contagieuse, l'allaitement doit être proscrit, son action aggravante étant

plus certaine que celle de la grossesse

elle-même.