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Chromatographie en Phase Gazeuse (CPG)

1. Généralités
Les CPG sont des chromatographies analytiques qui se caractérisent par :
- La phase mobile est un gaz.
- La phase stationnaire peut être :
- un solide adsorbant, on parle alors de CPG d'adsorption ou CPG gaz-solide. L'adsorbant le plus
utilisé est la silice (adsorbant très polaire).
- un liquide imprégnant totalement la surface d'un support devenu inerte, on parle alors de CPG
gaz-liquide ou CPG de partage (terme impropre mais très utilisé). La phase stationnaire liquide doit être
non volatile dans les conditions de chromatographie pour ne pas s'épuiser au fil des analyses. Ce type
de support est en train de disparaître.
- un motif chimique déterminé greffé par liaison covalente sur un support devenu inerte (support
silice greffé d'un motif organique par exemple), on parle de CPG sur phase greffée. Cette technologie
permet une variété de phases stationnaires infinie (toute la gamme des polarités) et une résistance des
phases stationnaires très élevée (pas de phénomène d'épuisement de la phase stationnaire par
volatilisation).
Les gaz utilisés comme phase mobile sont le dihydrogène ou l'hélium ou le diazote ou le dioxyde de
carbone. La fonction du gaz phase mobile est d'être le vecteur d'entraînement à travers la colonne des
molécules analytes lorsqu'ils se trouvent à l'état gazeux en état de non rétention par la phase
stationnaire.
La phase mobile se comporte ainsi en gaz vecteur « inerte » (c'est à dire qu'elle n'occasionne aucune
interaction avec les analytes à séparer).
Remarque : en chromatographie liquide, la phase mobile joue un rôle plus actif puisqu' interviennent des
solubilisations des analytes dans la phase mobile et pas seulement des rétentions différentielles par la
phase stâtionnaire. De ce point de vue, CPG et CL sont très différentes.
Quels sont les facteurs de séparation des analytes en CPG ? Ils sont de deux ordres :
1) la volatilité (il suffira de comparer les valeurs de point d'ébullition des différents analytes à
séparer) différente des analytes. La phase mobile est un gaz, elle ne permet donc l'avancement que des
analytes qui sont à l'état gazeux à un instant donné. Ainsi, plus un analyte est volatil, plus son élution
sera rapide toutes choses étant égales par ailleurs.
2) les interactions (faibles) plus ou moins importantes entre les analytes et la phase stationnaire :
- interactions faibles de surface de type adsorption si CPG gaz-solide
- solubilisations différentielles dans la phase stationnaire liquide en CPG gaz-liquide
- interactions faibles différentielles avec le motif chimique greffé en CPG sur phase
On retiendra donc le couple (volatilité de l'analyte, interactions analyte-phase stâtionnaire) comme étant
le couple permettant de caractériser le comportement d'un analyte.

2. Les différents types de colonnes
On distingue les colonnes remplies classiques et les colonnes capillaires.
2.1. Colonnes remplies : il s'agit de colonnes de métal ou de verre (inerte vis à vis des composants à
analyser) de quelques mm de diamètre, de 1 à quelques mètres de longueur (en enroulement spiral).
Chaque colonne est remplie du support granuleux désiré :
- silice si CPG d'adsorption, par exemple ;
- polyethylène glycol imprégnant de la silice en CPG liquide, par exemple.
2.2. Colonnes capillaires : les colonnes se présentent sous forme d'un capillaire dont la surface interne
porte un fin film de phase stationnaire. Le diamètre interne est de 0,1 à 0,6 mm ; l'épaisseur de film de

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Les dérivés ainsi obtenus sont volatilisables. Fanny Demay – BTS BioAnalyses & Contrôles 2/4 .doc from JF Perrin phase stationnaire est de 0. Pour mettre en œuvre une analyse CPG. atteint généralement 30 m ou plus. (Tout ce qui n'est pas volatilisé dans la chambre d'injection ne rentrera pas dans la colonne). il faudra en changer ou la nettoyer (certaines colonnes phase greffée sont rincables par des solvants). les oses peuvent être réduits en leurs polyols correspondants puis acétylés.Le gaz vecteur qui accède au système via la chambre de vaporisation va faire entrer les analytes (à l'état vapeur) dans la colonne. Cependant. en plus des composés volatils à analyser. La colonne va perdre peu à peu ses performances. on procède ainsi : . il faut envisager une analyse après dérivation : il s'agit de "transformer" les analytes en dérivés volatilisables stables. C'est pourquoi on injecte l'échantillon dans une chambre d'injection portée à une température telle que la volatilisation des analytes qui vont rentrer dans la colonne soit totale et immédiate. Ceci exclut l'analyse CPG des composés qui sont détruits par les hautes températures avant toute vaporisation. . par principe. la longueur dépasse 10 m. des composés totalement non volatilisables aux températures de l'analyse.5 µm . Les colonnes capillaires ont aujourd'hui la faveur des analystes et une très très grande variété de phases greffées sont disponibles sur le marché. D'une façon générale. Le solvant d'extraction conduira à un pic solvant puisqu'il sera chromatographie. . Une solution usuelle consiste à extraire les analytes volatilisables à chromatographier par un solvant très volatil qui n'extrait pas les substances non volatilisables non désirées. Les phases greffées utilisent la chimie du greffage covalent d'un motif organique choisi sur une base silice (voir le polycopié HPLC). La colonne est présentée en un enroulement spiral. . l'injection Les analytes doivent absolument être injectés à l'entrée de colonne à l'état de gaz (c'est fondamental !!). La construction obéit au schéma : 3.si l'échantillon contient.L'analyse quantitative exige l'utilisation d'étalon(s) interne(s) (voir chapitre sur les analyses quantitatives en chromatographie). toujours supérieure à celle de la colonne. La volatilisation de tous les composés à chromatographier doit y être immédiate.2 à 0. La méthylation des acides gras à longues chaînes les rend volatils et facilement analysables en CPG. Exemples : les oses ne sont pas volatilisables et donc sont a priori non analysables en CPG. L'échantillon à analyser.L'injection est réalisée dans la chambre d'injection-vaporisation en perforant un opercule étanche. La température de la chambre d'injection est donc. le volume exact injecté dans la colonne n'est pas exactement connu et l'utilisation d'étalons internes s'impose pour les analyses quantitatives. ceux-ci vont se déposer et encrasser la tête de colonne. Lorsque les analytes qu'on désire chromatographier ne sont pas volatilisables (cas des molécules dégradées avant volatilisation ou cas de colonnes ne supportant pas les températures théoriques qui seraient nécessaires). L'analyse CPG exige ainsi que les analytes à séparer dans l'échantillon soient volatilisables à des températures qui ne les dégradent pas. analysables en CPG.

1. c'est augmenter la force d'élution de la phase mobile. Catharomètre (détecteur à conductivité thermique) (très peu utilisé de nos jours) Deux propriétés fondent le principe de ce détecteur : . le détecteur à capture d'électrons. Il n'est pas possible d'expliquer en quelques lignes le couplage CPG-spectrométrie de masse et ce polycopié renvoie le lecteur . Pour des analyses complexes. Détecteurs On peut disposer : .la température prise par un fil métallique chauffé électriquement dépend de la conductivité thermique du gaz qui l'entoure . 5. Fanny Demay – BTS BioAnalyses & Contrôles 3/4 .la résistance électrique d'un conducteur varie avec la température. Toute élévation de la température se traduira par des temps de sortie plus courts (on favorise l'état gazeux. On augmente la température (le pouvoir éluant) au fur et à mesure de l'analyse.doc from JF Perrin 4. En s'exprimant avec un vocabulaire de chromatographie liquide.à des ouvrages spécialisés.ce sujet . le détecteur à ionisation de flamme (FID). Les équipement sont aujourd'hui très populaires car à des prix relativement accessibles et d'emploi assez simple. On travaille alors en gradient de température (équivalent à travailler en gradient de force éluante de phase mobile en chromatographie liquide). . l'entraînement par la phase mobile). il n'est pas possible d'obtenir une séparation convenable en technique isotherme (pics de tête non séparées ou pics de queue qui traînent trop). Dans certaines analyses (rarissime aujourd'hui).d'une analyse par spectrométrie de masse couplée à la sortie de colonne. pour des échantillons comportant des analytes aux températures d'ébullition très différentes et/ou aux interactions avec la phase stationnaire très différentes. Ces détecteur « signalent » la sortie des analytes de la colonne mais n'en révèlent aucune propriété chimique. On peut ainsi identifier chimiquement les analytes élues. on peut dire qu'augmenter la température en CPG. on travaille en technique isotherme : la température de la colonne est la même pendant toute l'analyse (équivalent à l'analyse isocratique en chromatographie liquide). 5.de détecteurs simples et quasi universels comme le catharomètre. En effet tout changement de température se traduit par la modification de la pression de vapeur saturante des analytes et modifie ainsi leur temps de sortie. Température de colonne La colonne d'analyse est placée dans un four dont la température doit être parfaitement réglée. .

doc from JF Perrin Le pont de Weahstone schématisé à droite est placé à une température assez élevée pour que tous les analytes élues soient l'état de gaz.3. Harris. – L'ensemble de détection est inclus dans un bloc réglé en température (en général 250°C). Burgot . Freeman and Company. Burgot et J. Supelco 1990. Tec&Doc Lavoisier 2002 Daniel C. électrophorèses et méthodes spectrales . M. Veron.2. Fanny Demay – BTS BioAnalyses & Contrôles 4/4 . sa présence modifie la conductivité thermique de l'atmosphère de celle-ci. Analysing fatty acids by capillary column gas chromatography. Bibliographie Méthodes instrumentales d'analyse chimique et applications. Clin. Un FID mesure les ions de combustion sous forme d'un courant électrique grâce à la polarisation du brûleur. Le détecteur à ionisation de flamme (FID) (très utilisé) Dans une flamme dihydrogène/dioxygène.1987. Ainsi. Garrigues . G. Ann Biol.. 2003. Lorsqu'un analyte sort de la colonne et arrive dans la cellule de mesure. chaque analyte donne un pic d'élution ou la relation surface de pic = coefficient X quantité d'analyte est applicable (voir chapitre analyse quantitative et chromatographie). Ainsi. chaque analyte donne un pic d'élution ou la relation surface de pic = coefficient X quantité d'analyte est applicable (voir chapitre analyse quantitative et chromatographie).L. 45. une source radioactive ionisante β (on utilise du tritium ou du 63 Ni) émet des électrons libres β dans une chambre d'ionisation et les électrons réagissent avec les molécules d'analytes qui atteignent la chambre. Selon ce qui a été décrit ci-avant. Quantitative chemical anarysis. 5. GC Bulletin 855. M. Remarque : – H2O (pas de combustion évidemment). Détecteur à capture d'électrons Dans un détecteur à capture d'électrons.-L. le pont de Weahstone se retrouve en déséquilibre et un courant électrique est mesurable par le microampèremètre mA Le déséquilibre est amplifié et enregistré sous forme d'un signal s de tension électrique. la combustion de tout composé organique conduit à du CO 2 et à des sous produits ionisés. 6° édition. Le FID est un détecteur plus sensible que le catharomètre. 6. Il est équilibré au départ lorsque la cellule de référence et la cellule de mesure sont traversées par le gaz vecteur (réglage de zéro en contrôlant R1 et R2). CS2 et HCOOH ne sont pas détectés . méthodes chromatographiques. 5. Apport de la chromatographie gaz-liquide au diagnostic microbiologique. 135-143.